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Le point sur une situation inquiétante

by sur 31 janvier 2015

Depuis quatre jours une succession d’événements témoignent de la situation inquiétante que connaît le Mali.

Comme-ci un agenda parallèle empêchait réellement la reprise des pourparlers de paix à Alger.

Combats dans le Nord, enlèvements près de Ber, manifestations à Gao, tentative d’assassinat d’un général à Bamako, armée malienne qui n’en finit pas de se remettre à flot…

Pendant ce temps, une délégation de la société civile, composée notamment des chefs religieux, visite l’Europe pour tenter de rassembler autour de l’aide à la Paix.

Sur Arte, la chaîne franco-allemande, un documentaire intitulé « Guerre de l’ombre au Sahara » n’est pas passé inaperçu.

Plus d’une dizaine de personnes et des motos enlevées ce vendredi dans le cercle du Gourma-Rharous

A.Diakité – MaliJet – 30 janvier 2015

Cercle de Gourma Rharous.

Plus d’une dizaine de personnes et plusieurs motos ont été enlevées ce vendredi 30 janvier 2015 dans le village de Kano, Commune rurale de Madiakoye, cercle de Gourma Rharous.

Selon des témoins sur place, l’enlèvement a été fait par des individus non identifiés mais connus pour des assaillants à la peau blanche. Ils sont venus à bord de véhicules 4X4 et ont surpris les fidèles dans la mosquée lors de la grande prière du vendredi. Ils ont donc embarqué l’imam et des fidèles et plusieurs motos. Des sources indiquent que même le chef du village fait partie des otages.

En tout, plus d’une dizaine de personnes ont été enlevées, des gaillards pour la plupart. Après leur sale besogne, les assaillants se sont évaporés dans la nature tout peinards.

Pour l’instant personne ne sait où se trouvent les otages et le sort qui les attend, mais plusieurs témoins soupçonnent les séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Kano est un village situé à 15 km de Ber, mais relève de la Commune de Madiakoye, cercle de Gourma Rharous, région de Tombouctou.

La violence au Mali inquiète ses voisins africains

Par Bakari Guèye à Nouakchott pour Magharebia

L’insécurité qui règne dans le nord du Mali inquiète l’ensemble de la région du Sahel-Sahara. Les dernières violences en date, dans la soirée du mardi 27 janvier, ont impliqué plusieurs kamikazes. Douze personnes ont trouvé la mort dans l’affrontement entre groupes armés à Tabankort, non loin de Kidal.

Cet incident meurtrier s’est produit quelques jours après que le chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) a exprimé sa profonde préoccupation face à la dégradation de la situation.

Les troubles persistants qui secouent le nord sont “de nature à dangereusement compromettre les chances de succès des pourparlers de paix d’Alger”, a déclaré Pierre Buyoya le 22 janvier, ajoutant que toutes les parties maliennes devraient mettre les objectifs de “paix durable dans le pays” au-dessus de tout autre objectif.

“Depuis la fin de l’opération Serval, nous avons assisté à un retour progressif des groupes jihadistes […]. Ils deviennent de plus en plus offensifs et les opérations se multiplient contre les troupes internationales et l’armée malienne”, a expliqué Django Coulibaly, spécialiste malien de la sécurité.

Ces groupes jihadistes “constituent une menace non seulement pour le Mali, mais aussi pour des pays comme l’Algérie et la Mauritanie”, a-t-il ajouté. “Ce qui se passe au Mali aura forcément un impact direct sur la région.”

“Il est nécessaire de coordonner les efforts pour mener une riposte régionale contre ces groupes. De ce fait, l’aide d’un pays comme l’Algérie, qui avait soutenu Serval, est toujours nécessaire”, a précisé Coulibaly.

Selon lui, l’Algérie “est la seule puissance régionale à disposer d’une solide expérience en matière de lutte contre le terrorisme”.

Pour Jidou Ould Sidi, spécialiste des questions sécuritaires : “la fin de la crise malienne n’est pas pour demain, car le nord du Mali demeure une zone de non-droit où prolifèrent les trafics en tous genres. Il ne s’agit donc pas d’une simple affaire de terrorisme, mais de crime organisé basé sur les stupéfiants, le blanchiment d’argent et bien d’autres crimes.”

“L’influence de cette crise s’est fait ressentir très loin et son impact sur la sécurité de la région est avéré. C’est ainsi que la Mauritanie qui abrite plus de 100 000 réfugiés maliens, est en première ligne. Et la menace est certaine”, a estimé Ould Sidi.

En outre, les activités du groupe dissident d’al-Qaïda du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), “qui recrute dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest est une menace directe pour tous les pays limitrophes”, a prévenu l’analyste.

D’après le journaliste malien Alpha Mahamane Cissé, la “crainte de voir le nord basculer de nouveau dans l’occupation terroriste” s’est accrue avec l’annonce du retour d’un groupe jihadiste conduit par Sanda Ould Bouamama (alias Abou Mohamed).

“Dans le nord du Mali, le retour en catimini de l’ex-porte-parole officiel du groupe Ansar al-Din coupe le sommeil aux populations”, a indiqué Cissé.

“Accompagné d’un petit groupe d’idéologues, le terroriste parcourt les contrées,” a expliqué le journaliste malien à Magharebia. “Il dispose de moyens conséquents.”

Ould Bouamama recrute activement “de jeunes gens prêts à tout prix à se lancer dans le jihad”, a conclu Cissé.

 

TENTATIVE D’ASSASSINAT DU GENERAL MEYDOU : Une opération secrète en plein cœur de Bamako

KONDO et I. KABA L’Express de Bamako du 28 jan vier 2015

Depuis son intégration dans l’armée nationale, le général Mohamed Abdrahamane Ould Meydou est resté fidèle à la nation. Il a participé à toutes les grandes batailles menées par notre armée de son intégration à nos jours, notamment la grave crise de 2012 ou il a été un élément clé des Forces armées maliennes (FAMA) dans la lutte contre les bandits armés et les terroristes du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

Connu sous l’appellation du colonel Ould Meydou, Mohamed Abdrahamane Ould Meydou est de la communauté arabe du Mali. Ses frères qui sont en révolte contre la république lui soupçonnent d’être parmi les instigateurs du GATIA (Groupe d’Autodéfense Touareg Imghas et Alliés) et du MAA (Mouvement Arabe de l’Azawad) branche fidele à la République. Faut-il le rappeler, ces mouvements ont infligé une défaite cuisante aux séparatistes du MNLA et autres vendeurs de rêves dans le désert.

En coupant le sommeil aux séparatistes et leurs alliés, le général Meydou, qui est une référence dans le milieu arabe est vite devenu une cible à éliminer. Il lui est reproché également  sa participation salvatrice à défendre la nation. Il est un fin connaisseur du désert et permet de déjouer certains plans machiavéliques des bandits armés du MNLA, MAA et autres.

En somme, les diables «Touarègues et arabes» égarés n’ont jamais pardonné le colonel Meydou et cherche à tout prix de  l’éliminer.

Ils viennent de passer à l’acte dans la nuit du lundi à mardi jusque dans son domicile qui pourtant est situé en plein cœur de Bamako. Selon des informations, deux hommes en turban, l’entendaient devant  la porte de son domicile sur une moto.

Notre source de continuer : «le général ne se doutant de rien s’avança  vers les deux hommes qu’il croyait être des visiteurs ordinaires. C’est alors qu’il découvre qu’ils étaient armés de pistolet automatique. Les deux bandits armés, en mission sécrète, ouvrent le feu et le général Ould Meydou est touché. Ils prennent la poudre d’escampette, satisfaits d’avoir accompli  leur mission. Heureusement pour les Maliens, et les Famas en particulier et malheureusement pour «les vermines» l’ami fidele du général Gamou est bien vivant».

Cependant, il a reçu une balle à l’épaule et une autre à la jambe. Transporté à l’hôpital pour recevoir des soins, le général Meydou se portait très bien au moment ou nous mettions cet article sous presse.

Toute fois cette opération secrète dénote une certaine fébrilité dans le système  sécuritaire de notre pays. Sinon, comment comprendre qu’un officier supérieur de cette trempe soit attaqué à son domicile sans que les auteurs ne soient tués ou appréhendés et surtout que le brave général a une histoire particulière avec la situation qui prévaut.

Encore une fois de plus, Moussa Diawara et ses fantoches avaient les yeux ailleurs ! Pauvres de nous !

 

Un général malien échappe à une tentative de meurtre à Bamako

Par RFI Publié le 26-01-2015 Modifié le 27-01-2015 à 01:06

Le général Mohamed Abderrahmane Ould Meydou a échappé ce lundi soir à une tentative d’assassinat à son domicile à Bamako. L’homme est membre de la communauté arabe du Mali. Officier loyaliste, il avait notamment combattu les groupes armés dans le nord du Mali début 2012.

Lorsqu’Ould Meydou arrive à son domicile bamakois, deux hommes l’attendent. Ils sont à moto. L’un a la peau noire, l’autre la peau plutôt claire, et il porte un turban. Très rapidement, à l’aide de pistolets automatiques, ils ouvrent le feu. Plusieurs coups de feu sont entendus. Ould Meydou est touché, notamment à la jambe, et à l’épaule. Le général vient d’échapper à un assassinat, il est conduit à l’hôpital. Les deux auteurs de la tentative disparaissent, toujours à moto.

Mohamed Abderrahmane Ould Meydou est un officier malien de la communauté des Arabes du nord du Mali. Lorsque la crise éclate en janvier 2012 dans le septentrion malien, on le retrouve à la tête de l’armée nationale pour combattre les groupes armés. C’est après ces événements qu’il a été promu au grade de général de brigade.

La tentative d’assassinat n’a pas encore été revendiquée, mais à Bamako, plusieurs personnes s’interrogent : comment cela a pu arriver au cœur de la capitale malienne ?

 

Deux ans après l’intervention française : L’armée malienne en question

Publié le 28 jan 2015 –  L’Informateur

Le 11 janvier 2013, l’armée française intervenait au Mali pour aider les militaires maliens à défendre leur territoire face à l’assaut des groupes jihadistes vers le sud du pays. Deux ans plus tard, l’armée malienne est-elle sur la bonne voie ?.

Quels sont les effectifs de l’armée malienne ?

Au 1er janvier 2015, l’armée malienne comptait entre 8 000 et 8 200 soldats. Parmi eux, environ 3 400 ont suivi le programme de formation militaire d’EUTM Mali , la mission de formation de l’Union européenne. Lancé en janvier 2013, dans la foulée du déclenchement de l’opération Serval, ce programme a pour but de renforcer les capacités militaires, tactiques, et déontologiques des Forces armées du Mali (Fama).

Cinq bataillons, d’environ 700 soldats et quatre-vingt véhicules chacun, ont déjà été formés au camp de Koulikoro, près de Bamako. Ils sont actuellement déployés sur le théâtre d’opérations. Un sixième bataillon est en cours de formation et deux autres doivent être entrainés d’ici la fin du second mandat d’EUTM, en mai 2016.

Où est-elle positionnée ?

Depuis la débâcle de Kidal  consécutive à la visite de l’ex-Premier ministre Moussa Mara , en mai 2014, l’armée malienne a difficilement repris pied dans le Nord du pays. Selon plusieurs sources militaires, les soldats maliens sont essentiellement positionnés le long de boucle du Niger, avec un centre de commandement opérationnel basé à Gao. Ils sont en revanche absents de la plupart des « points chauds » de l’extrême-nord du pays, tels Kidal, Aguelhok, ou la région de Taoudenni. Seule une poignée de Fama sont présents à Tessalit, aux côtés de militaires français déployés dans le cadre de l’opération Barkhane.

Principales positions de l’armée malienne dans le nord du Mali.

Des pertes régulières

Depuis la fin de l’opération Serval, l’armée malienne continue régulièrement d’affronter les groupes rebelles ou jihadistes présents dans le nord du pays, subissant parfois d’importantes pertes humaines et matérielles. Le début d’année 2015 a ainsi été particulièrement meurtrier dans les rangs des Fama.

Le 5 janvier, un groupe de jihadistes probablement membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a attaqué le camp militaire de Nampala , au nord-ouest de Mopti, près de la frontière avec la Mauritanie. Le bilan est très lourd : onze soldats maliens sont tués, c’est l’une des pires attaques contre l’armée depuis six mois. Une dizaine de jours plus tard, le 16 janvier, un nouveau raid de jihadistes a lieu dans la même région, ciblant cette fois la localité de Ténenkou . Trois soldats y perdent la vie.

Le recours aux milices

En août 2014, quelques semaines après la défaite de l’armée malienne à Kidal, est officiellement créé le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), dirigé par Fahad Ag Almahmoud. Opposée à toute forme d’autonomie dans le Nord du Mali, cette milice progouvernementale est composée d’Imghad, une tribu touarègue rivale des Ifoghas, qui sont à la tête des principaux groupes rebelles tels le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ou le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

Le Gatia s’allie rapidement aux autres groupes loyaux aux autorités maliennes, comme le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) « pro-Bamako » ou la Coordination des mouvements et Front patriotique de résistance (CM-FPR). Depuis la fin de l’année 2014, les accrochages se multiplient entre milices pro-gouvernementales et groupes rebelles dans les régions de Tabankort et d’Anéfis, près de Kidal. Selon plusieurs observateurs, les militaires maliens, incapables de tenir leurs positions, s’appuieraient désormais sur le Gatia pour affaiblir les groupes rebelles. Un célèbre officier Imghad de l’armée, le général El Hadj Ag Gamou , est ainsi fortement suspecté d’être le vrai patron de cette milice.

La corruption toujours présente

Trois ans après le début de la crise malienne, l’état d’esprit de certains militaires et de leurs dirigeants prête le flanc aux critiques. Les problèmes de corruption sont encore bien présents et entachent la réputation de l’ensemble de l’institution militaire, du soldat de première classe au sommet du ministère de la Défense. Outre des problèmes de vol de matériel, certains commandants de bataillons ont par exemple parfois tendance à pas déclarer les soldats tués ou ceux qui ont déserté pour continuer à toucher leurs salaires.

Pourtant, le principal scandale de ces derniers mois ne concerne pas directement les hommes de rang ou leurs officiers mais les responsables du ministère de la Défense et du gouvernement, épinglés pour l’achat de l’avion présidentiel et plusieurs contrats d’armement surfacturés. Ces « anomalies » financières, se chiffrant en dizaines de milliards de francs CFA, ont valu au Mali une suspension temporaire des aides budgétaires de ses bailleurs internationaux, au premier rang desquels le Fonds monétaire international.

 

Point de presse MAEE du 28 janvier 2015

 
1-Mali – Entretien de Mme Annick Girardin avec une délégation de la société civile malienne (Paris, 28 janvier 2015)

Mme Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la francophonie, a reçu aujourd’hui une délégation de la société civile du Mali composée de représentants religieux, syndicaux, politiques et du tissu associatif. Cette délégation était dirigée par M. Chérif Ousmane Madani Haïdara, coordinateur du groupement des leaders spirituels musulmans du Mali.

Mme Girardin a eu un échange approfondi avec ses interlocuteurs sur la situation qui prévaut au Mali. Elle a rappelé le soutien de la France aux négociations inter maliennes d’Alger, qui vont reprendre prochainement. Cet entretien a permis à la secrétaire d’État de souligner l’importance du rôle de la société civile, y compris les autorités religieuses, pour promouvoir le vivre-ensemble.

 

PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE : Une délégation « de la société» civile malienne en tournée en Europe

Par Notre Printemps – 28 janvier 2015

«Patrons de syndicats, chefs religieux musulmans, catholiques et protestants parmi lesquels figurent l’archevêque de Bamako et le président du Haut conseil islamique ainsi que des responsables d’associations, ce sont de grandes figures de la société civile malienne qui ont quitté dimanche soir Bamako, pour entamer, ce lundi, une tournée en Europe dont Paris sera la première étape. L’objectif est de rencontrer des officiels et des religieux pour leur demander notamment de contribuer au retour de la paix dans le nord du Mali.

A leurs interlocuteurs, notamment politiques et religieux, les membres de l’importante délégation de la société civile malienne demanderont de contribuer encore une fois au retour de la paix dans le nord du Mali. Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique et membre de la délégation, confirme cette priorité : « Ce que nous allons demander, c’est un appui pour le Mali pour que nous puissions vraiment sortir de cette situation. Bien sûr qu’il faut le dialogue. La situation, aujourd’hui, se dégrade tous les jours et il ne faut pas entretenir cette crise qui n’a que trop duré. »

«Le constat est juste. Dans le Nord, la situation sécuritaire se dégrade de plus en plus. Ce week-end, un gendarme malien a été, par exemple, tué dans une embuscade près de Tombouctou. Au Nord-est, la tension reste vive entre différents groupes armés qui violent allègrement le cessez-le-feu alors que de nouvelles manifestations hostiles à la mission de l’ONU au Mali sont annoncées.

Au même moment, deux ans après le départ forcé des jihadistes des principales villes du nord du pays, grâce à l’intervention militaire étrangère, de nombreux Maliens réfugiés dans des pays voisins attendent toujours de pouvoir retourner chez eux».

Mali : que viennent faire les leaders de la société civile en Europe ?

26/01/2015 à 16:32 Par Jeune Afrique avec AFP

Une délégation de la société civile malienne est attendue lundi à Paris où elle doit avoir des échanges avec les autorités françaises, avant de se rendre en Allemagne et en Belgique. Mais quel est l’objet de ce périple ?

Qui prend part au voyage ?

Un avion a quitté Bamako, le dimanche 25 janvier au soir, avec à son bord plusieurs personnalités de la société civile malienne.

Il s’agit entre autres du plus influent des prêcheurs du Mali, Chérif Ousmane Madani Haïdara, de l’archevêque de Bamako, Monseigneur Jean Zerbo, de l’ancien Premier ministre touareg malien, Mohamed Ag Hamani, du président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), Mahmoud Dicko, ainsi que du président de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la présidente des Organisations féminines du Mali.

Où vont-ils se rendre ?

Première étape du voyage : Paris. « En France, nous allons rencontrer Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, des responsables du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, du ministère de l’Intérieur, ainsi que des responsables de la Conférence des évêques de France », a commenté Mahmoud Dicko, quelques minutes avant le décollage.

Des rencontres sont également prévues avec des responsables de la Fédération protestante de France, de l’Union des mosquées de France et de l’Observatoire de la laïcité.

La délégation se rendra ensuite en Belgique et en Allemagne.

Quel est l’objet du voyage ?

C’est une tournée dans trois pays européens pour un objectif bien précis : chercher des appuis pour résoudre la crise dans le nord du pays. « Nous allons rencontrer des responsables politiques français, européens, des religieux comme nous, pour demander de l’aide pour trouver une solution à la crise dans le nord du Mali », a expliqué Mahmoud Dicko.

« La situation se dégrade dans le Nord, il faut que les autorités institutionnelles et religieuses de l’Europe nous aident encore une fois », a-t-il poursuivi.

 

Pour la paix au Mali, la société civile en tournée internationale

Par Célia d’ALMEIDA – Le Journal du Mali avec AFP – 26/01/2015

C’est par Paris que commence le périple des leaders d’opinion maliens. Religieux, hommes politiques et syndicalistes, ils vont porter la voix des Maliens en quête de paix durable.

La délégation a quitté Bamako hier dimanche. Objectif de la mission, chercher des appuis auprès des amis du Mali afin de résoudre la crise dans le nord du pays.

Première étape de la tournée, la France. A Paris, »nous allons rencontrer des responsables politiques français, européens, des religieux comme nous, pour demander de l’aide pour trouver une solution à la crise dans le nord du Mali », a déclaré Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM). « En France, nous allons rencontrer Mme Annick Girardin, secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, des responsables du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, du ministère de l’Intérieur, ainsi que des responsables de la Conférence des évêques de France », a ajouté l’Imam Dicko. Des rencontres sont également prévues avec des responsables de la Fédération protestante de France, de l’Union des mosquées de France et de l’Observatoire de la laïcité.

Les discussions dont la reprise est prévue à Alger début février risquent de pâtir de la dégradation ces derniers jours de la situation dans le nord du pays. Il urge de trouver une solution pour que les armes se taisent, afin que les négociations se tiennent dans la sérénité. L’appui de toutes les bonnes volontés ne serait pas de trop pour influer sur les parties. « Il faut que les autorités institutionnelles et religieuses de l’Europe nous aident encore une fois.[…]Bien sûr qu’il faut le dialogue. La situation, aujourd’hui, se dégrade tous les jours et il ne faut pas entretenir cette crise qui n’a que trop duré. », a poursuivi M. Dicko.

La délégation est composée de personnalités telles que le Président du Haut Conseil Islamique, l’archevêque de Bamako, l’ancien Premier ministre Ag Amani, le prêcheur Chérif Ousmane Madani Haïdara ainsi que le président de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la présidente des Organisations féminines du Mali.

Les étapes suivantes sont la Belgique et l’Allemagne.

 

Une délégation civile malienne en tournée en Europe

Par RFI – Date: 26 Janvier 2015 

Patrons de syndicats, chefs religieux musulmans, catholiques et protestants parmi lesquels figurent l’archevêque de Bamako et le président du Haut conseil islamique ainsi que des responsables d’associations, ce sont de grandes figures de la société civile malienne qui ont quitté dimanche soir Bamako, pour entamer, ce lundi, une tournée en Europe dont Paris sera la première étape. L’objectif est de rencontrer des officiels et des religieux pour leur demander notamment de contribuer au retour de la paix dans le nord du Mali.

A leurs interlocuteurs, notamment politiques et religieux, les membres de l’importante délégation de la société civile malienne demanderont de contribuer encore une fois au retour de la paix dans le nord du Mali. Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique et membre de la délégation, confirme cette priorité : « Ce que nous allons demander, c’est un appui pour le Mali pour que nous puissions vraiment sortir de cette situation. Bien sûr qu’il faut le dialogue. La situation, aujourd’hui, se dégrade tous les jours et il ne faut pas entretenir cette crise qui n’a que trop duré. »

Le constat est juste. Dans le Nord, la situation sécuritaire se dégrade de plus en plus. Ce week-end, un gendarme malien a été, par exemple, tué dans une embuscade près de Tombouctou. Au Nord-Est, la tension reste vive entre différents groupes armés qui violent allègrement le cessez-le-feu alors que de nouvelles manifestations hostiles à la mission de l’ONU au Mali sont annoncées.

Au même moment, deux ans après le départ forcé des jihadistes des principales villes du nord du pays, grâce à l’intervention militaire étrangère, de nombreux Maliens réfugiés dans des pays voisins attendent toujours de pouvoir retourner chez eux.

 

GUERRE DE L’OMBRE AU SAHARA”

PAR THALIA BAYLE – Publié le 28 Jan, 2015

Le documentaire de Bob Coen et Eric Nadler, « Guerre de l’ombre au Sahara », diffusé sur Arte, lance un débat riche et controversé sur les ressorts des interventions américaines en Afrique.

Les guerres des puissances occidentales au Sahara dissimulent une compétition à couteaux tirés pour le contrôle des ressources naturelles. Voilà en somme le propos résumé du documentaire « Guerre de l’ombre au Sahara » diffusé hier soir sur Arte.

A travers de nombreux entretiens, des archives et des images tournées par l’armée française et américaine, le film rappelle à juste titre que l’Afrique sahélienne fait désormais l’objet de convoitises stratégiques et économiques mondiales, de la Chine aux Etats-Unis.

Simplification

En s’appuyant sur cette impressionante compilation, les réalisateurs Bob Coen et Eric Nadler concentrent leur démonstration sur le développement du dispositif américain de lutte antiterroriste au Sahel. En dressant l’état des lieux des interventions militaires et des instruments d’influence des Etats-Unis en Afrique, le film fournit à ce titre une synthèse historique remarquable, toujours illustrée.

Après l’horreur du fiasco de l’armée américaine à Mogadiscio en Somalie où dix-huit soldats ont été massacrés, le téléspectateur assiste à l’entraînement de soldats africains initiés par des militaires américains aux techniques d’embuscades et d’assaut dans les vastes étendues désertiques du Sahara.

Des exercices qui se sont multipliés dans les différents pays africains, assurant à Washington un levier d’action supplémentaire sur le continent. Comme le rappellent les auteurs, l’influence américaine s’appuie par ailleurs sur la mise en place de huit bases de drones de surveillance et la création en 2007 de l’Africom, un commandement de l’armée américaine spécialement dédié à l’Afrique.

Toutefois, malgré quelques pépites et un travail de mise en scène bien ficelé, l’argument d’une guerre contre le terrorisme servant de prétexte au contrôle des ressources naturelles n’offre qu’une vision schématique des dernières interventions occidentales dans cette zone. L’hypothèse d’une guerre secrète pour les ressources pétrolières conduit à mettre dans le même sac les pays sahéliens pauvres, largement dépendants de l’aide internationale et dont les ressources en hydrocarbures sont encore incertaines comme le Mali, les pays pétroliers d’Afrique du Nord comme la Libye et l’Algérie, et ceux qui bordent le Golfe de Guinée.

En faisant l’amalgame, le scénario gomme la multiplicité des facteurs à l’origine des politiques menées par la France et les Etats-Unis dans ces pays, tout comme leurs différences.

Des guerres françaises

Au point de faire de l’intervention militaire de 2011 en Libye une guerre franco-étasunienne dont l’objectif aurait été de destituer le colonel Kadhafi dont le pouvoir menaçait les intérêts des majors américaines. Erreur.

A l’époque, Washington ne souhaite pas s’impliquer dans une nouvelle guerre après l’Irak et l’Afghanistan. Selon les termes du ministre de la défense d’alors, Robert Gates, la Libye ne représente pas un intérêt vital pour les Etats-Unis. Plus que l’insistance de Nicolas Sarkozy, c’est l’attitude du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, favorable à la guerre, qui finit par convaincre la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton d’arracher à contre-coeur l’accord d’Obama.

In fine, les volontés conjuguées de Nicolas Sarkozy et du Premier ministre britannique, David Cameron, persuadent le chef d’Etat américain d’annoncer une intervention militaire dont l’essentiel des opérations serait confié à une coalition de l’OTAN. Résultat, la grande majorité des frappes aériennes sont menées par les armées française et britannique.

La guerre au Mali, qui se raccroche encore moins aux Etats-Unis que le conflit libyen, souffre de la même démonstration forcée. En rappelant que le capitaine Sanogo, responsable du putsch contre l’ancien président malien ATT avait bénéficié des formations de l’Africom, les auteurs pointent une faille du dispositif. La référence aux Etats-Unis s’arrête là, brisant la continuité du raisonnement. Et pour cause.

La guerre au Mali est bien une guerre française. Pour preuve, lorsque Hollande s’apprête à lancer l’opération Serval, les Etats-Unis ne montrent guère d’enthousiasme. A l’époque, le New York Times conseille même aux Français « de résister à la tentative de lancer une offensive terrestre qui conduirait presque certainement à une contre-offensive insurectionnelle que la France n’aurait pas les moyens de réduire ». Enfin, l’ambassadrice américaine aux Nations unies Susan Rice, jugera avec une formule aimable : « It’s crap! « .

Ce n’est qu’après le raid d’une branche d’Aqmi contre le site gazier d’In Amenas qui se solde par la liquidation de citoyens américains que Washington change brutalement de perception. Du coup, les Etats-Unis acceptent, deux semaines après le lancement de Serval, de ravitailler en vol les avions de combat français.

Les mécanismes qui président à la présence américaine en Afrique saharo-sahélienne sont donc complexes. Trop contents de sous traiter aux Français la sécurisation de la zone tout en s’y assurant une présence militaire via Africom, les Etats-Unis préservent leur ancrage sur ce territoire où ils savent qu’à terme, la compétition pour la conquête des marchés se jouera avec la Chine.

Alger sous-estimé

Par ailleurs, le documentaire de Bob Coen et Eric Nadler laisse de côté le rôle déterminant de l’Algérie qui met pourtant tout en oeuvre pour s’imposer comme la grande puissance régionale. L’Algérie considère en effet traditionnellement la zone saharo-sahelienne comme son aire d’influence privilégiée et se méfie de toute ingérence française. Une pièce manquante qui aurait pourtant mérité d’être traitée, notamment sous l’angle de la compétition pour l’accès aux ressources naturelles dans la région.

Les faibles découvertes actuelles de nouvelles nappes en Algérie obligent en effet la Sonatrach, la société étatique, à regarder vers l’extérieur. Cette dernière nourrit des espoirs sur les gisements d’hydrocarbures du bassin de Taoudeni, à cheval sur la Mauritanie, l’Algérie et le Mali. En coulisses, une bataille feutrée oppose Algériens et Français désireux de se prépositionner pour de potentiels forages à venir.

Alger s’impose par ailleurs comme un acteur politique incontournable en parainant les négociations entre le pouvoir de Bamako et les rebelles du nord Mali. En plus des solides alliances nouées au sein des communautés touaregs ou arabes qui vivent dans cette zone, les généraux algériens connaissent parfaitement les arcanes des mouvements djihadistes nés sur leur sol et qui ont essaimé dans la région.

Enfin, une des cartes maîtresses d’Alger pour s’imposer comme la plus grande puissance régionale au Sahara est justement le soutien des américains qui s’inquiètent après les attentats du 11 septembre contre les tours de New York de l’apparition au Sahel d’un deuxième Aghanistan.

Tout en refusant d’abriter le siège d’Africom qui regroupe les troupes américaines en Afrique, le DRS, les redoutables services de renseignements algériens, partage volontiers sa base de renseignement avec la CIA. Jamais cette collaboration étroite qui a contribué à renforcer le rôle pivot joué par l’Algérie au Sahel n’est abordée dans le documentaire.

Le chercheur britannique Jeremy Keenan dont le sujet de prédilection est justement l’influence de l’Algérie dans cette région et ses liens avec les Etats-Unis est pourtant longuement interviewé. Dommage.

 

Guerre de l’ombre au Sahara

Téléobs. publié le 27-01-2015 à 08h00 par Alexandre Le Drollec

Le Sahel est devenu un front majeur de la guerre internationale contre le terrorisme. Mais cette lutte en cacherait-elle une autre ?

Bande de terre qui traverse l’Afrique d’est en ouest, de la mer Rouge à l’Atlantique, le Sahel est devenu un front majeur de la guerre internationale contre le terrorisme. Mais voilà. Cette lutte en cacherait-elle une autre, moins avouable, moins noble, moins dicible ? « Et si le récit officiel de cette guerre contre la terreur masquait une bataille d’une autre envergure »,avancent les documentaristes Bob Coen et Eric Nadler : une « guerre de l’ombre » avec, comme enjeu, le partage des ressources énergétiques d’un continent devenu, certes, le berceau du terrorisme mais qui est également un eldorado riche en matières premières (pétrole, gaz, cuivre, or, uranium…).

Parmi les protagonistes de cette nouvelle « guerre » : les Etats-Unis, la Chine et la France. Ex-puissance coloniale, cette dernière multiplie les interventions militaires sur le continent, en Lybie ou plus récemment dans le nord du Mali. Une région où la multinationale française Arevaexploite les mines d’Arlit. Et où il reste encore d’énormes gisements d’uranium inexploités.

Mardi 27 janvier à 22h45 sur Arte. Documentaire de Bob Coen et Eric Nadler (2013). 54 min.

Synopsis de Guerre de l’ombre au Sahara

Sur les pas de la France, les Etats-Unis s’efforcent d’asseoir leur pouvoir sur le continent africain. Après le drame du 11 septembre 2001, Washington met un pied au Sahara dans le cadre officiel de sa lutte contre le terrorisme.

Mais d’autres batailles se cachent derrière ce combat : la zone saharienne abrite les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, de l’uranium, du fer et de l’or.

Parallèlement, la France renforce sa présence militaire sur le territoire. Derrière ces opérations se joue le contrôle des ressources africaines.

La critique TV de télérama du 24/01/2015

Par Hélène Marzolf

Depuis la conférence de Berlin, de 1885, rien n’a vraiment changé. Les grandes puissances ont perdu leurs colonies, mais elles continuent à se disputer les meilleurs morceaux du continent africain. En revenant sur les conflits des dernières années, notamment sur les interventions françaises et américaines en Libye ou au Mali, le documentaire en explore les ramifications souterraines.

Car depuis le 11 Septembre, la lutte contre le terrorisme d’Aqmi ou d’Ansar Dine est devenue le paravent d’appétits économiques, concentrés en particulier sur les ressources du Sahara et du Sahel.

Spécialistes (historiens, responsables du département de la Défense américain, journalistes…) se relaient pour analyser les dessous de cette implantation militaire extrêmement stratégique, disséquant, en particulier, la manière dont la force Africom (le commandement militaire américain pour l’Afrique) s’impose désormais comme un instrument d’appropriation des ressources.

Le film évoque aussi les liens entre l’opération Serval au Mali et les intérêts français au Niger, où Areva exploite les mines d’uranium d’Arlit. Il évoque les convoitises des grandes puissances pour les réserves de pétrole du bassin de Taoudeni, qui s’étend de la Mauritanie à l’Algérie…

Comme l’explique le président du Haut Conseil islamique du Mali : « L’Occident vit des guerres. Il faut des guerres pour justifier sa puissance. » Constat tout sauf neuf, illustré de manière pertinente par ce film-dossier solidement documenté.

 

 

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From → Revue de Presse

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