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La situation à Ménaka et à Kidal

by sur 7 février 2015

Ménaka,  une préfecture de la région de Gao située à l’extrême-est du Mali, aux frontières algériennes et nigériennes; lieu emblématique de toutes les révoltes touareg et actuellement sous contrôle des indépendantistes alors que l’armée malienne est cantonnée sous la surveillance de la force d’ l’ONU.

Une fédération des associations et communes françaises jumelées avec les communes de cette zone a reçu, des informations du terrain au moment même où un soldat faisant ses emplettes dans la ville de Ménaka a été gravement blessé par un militant séparatiste du MNLA.

Un dernier article fait le point sur la situation scolaire. A Kidal, mais ce n’est pas le seul endroit, voilà trois ans que les enfants ne fréquentent quasiment plus l’école…

Ménaka : le MNLA tire sur un soldat malien et le blesse grièvement

Samedi 7 février 2015

Le climat est présentement tendu dans le camp de l’armée malienne à Ménaka. La raison ? Un membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a tiré sur un soldat malien dans la ville.

Ledit soldat s’était rendu en ville ce samedi matin aux environs de 9 heures pour des petits besoins. C’est au cours de cette commission qu’un membre du groupe séparatiste, l’ayant identifié comme soldat de l’armée malienne, a tiré sur lui. Il a été atteint à l’épaule et a été gravement blessé, mais ses jours ne sont pas comptés.

Du coup la tension est montée d’un cran dans le camp de l’armée nationale où les militaires ont protesté contre cet acte crapuleux en faisant des tirs de sommation.

Face à cette colère des soldats maliens, la Minusma s’est employée fortement pour faire revenir le calme. Ce que les militaires maliens ne conçoivent pas pour le moment tant ils sont remontés contre les séparatistes. Des enquêtes seraient ouvertes pour situer les responsabilités et punir le coupable.

 

FLASH INFO N°30 de FRCDM-Fédération Française du Cercle de Ménaka

4 Février 2015

Quelques informations reçues du terrain par un correspondant local :

Peu d’activité à Gao, la tension est forte

  • Présence sur le marché de Ménaka d’un kiosque Orange Money (les utilisateurs créditent leurs cartes de téléphone comme ils créditeraient un compte bancaire et peuvent retirer leur argent dans le kiosque). Ils peuvent retirer jusqu’à 1 500 000FCFA
  • Apparition de plus en plus de 4X4 Toyota à Ménaka (15 à 20 millions de CFA à l’achat)
  • Les militaires maliens sont cantonnés sous la protection de la Minusma
  • Le MNLA contrôle la ville de Ménaka et les flux de marché (jeudi 22 janvier, le marché n’a pas pu ouvrir car il y a eu une manifestation contre la Minusma suite aux évènements de Tabankort)
  • Médecins du Monde est au centre de santé et soigne les malades.
  • Le directeur du CAP est revenu quelques jours en novembre mais il est reparti bien vite à cause de l’insécurité
  • Les écoles fonctionnent de moins en moins. Quelques cours au lycée.
  • La radio rurale est en panne et n’émet plus.
  • Bayes le Maire de Ménaka est revenu semaine dernière à Ménaka escorté par des hommes de sécurité. Il a essayé de parler à la population mais a dû se réfugier à Tin Abaw à cause des tensions
  • Beaucoup de tensions entre les communautés entre les pro et les contre MNLA et pour et contre le MALI
  • Les barbus se mélangent à la population
  • Mairie, Conseil de Cercle et poste de commandements n’ont plus ni fenêtre ni porte

Le bureau de FCDM devrait bientôt faire une réunion pour réfléchir sur la situation, le contexte et le positionnement de FCDM au cours de cette nouvelle année qui s’annonce d’ores et déjà difficile.

Mali : Kidal, trois ans sans école pour les enfants

© Par maliactu.net – 7 février 2015

En matière d’éducation (et pas que) Kidal manque de tout. La crise multidimensionnelle engendrée par la énième rébellion née en 2012 a hypothéqué l’avenir de milliers d’enfants maliens.

Pour la première fois, une enquête du ministère de l’éducation, en partenariat avec Global Education Cluster fait état de la situation éducative dans la région de Kidal.

La huitième région administrative du Mali, malgré le manque criard de services sociaux de base, n’avait jamais fait l’objet, depuis la crise, d’une enquête globale évaluant précisément les besoins dans le domaine de l’éducation.

Du rapport final de cette enquête, publié en octobre 2014, il ressort que la grande majorité des enfants kidalois n’ont pas eu accès à l’éducation depuis le mois  de mars 2012, soit bientôt trois ans. Les quelques enfants qui ont pu reprendre le chemin de l’école n’ont malheureusement pas pu terminer l’année scolaire 2013-2014.

En effet, au cours de ladite année scolaire, environ 7 écoles publiques seulement sur 62 étaient fonctionnelles. « Cependant, indique-t-on dans le rapport, après les événements de mai 2014 toutes les écoles publiques ont cessé de fonctionner en raison de la situation sécuritaire ».

Les conséquences de la dégradation du contexte sécuritaire à Kidal sur l’éducation

Plus de 22 % des infrastructures scolaires n’ont pas été « directement affectées » par le conflit mais se trouvaient « déjà en très mauvais état bien avant la crise », rappelle-t-on dans le rapport.

Cependant, les conséquences de la crise sécuritaire sur l’environnement scolaire restent tout de même énormes à Kidal. Plus de 45 % des écoles ont été pillées ou détruites. On note également que plusieurs écoles ont servi ou servent toujours de sites d’hébergements aux groupes armés ou à la population.

L’insécurité qui est devenue chronique à Kidal ne peut que causer le départ des enseignants déployés dans la région. Cet environnement invivable qui a amené de milliers d’autochtones à fuir leurs terres ne pouvait pas rester sans conséquences sur les enseignants.

« En effet, nous éclaire l’enquête avec des chiffres, sur 398 enseignants des écoles publiques déployés avant la crise seulement 26 étaient dans les salles de classes des écoles fonctionnelles jusqu’à mai 2014, soit 7% ».

Comment faire reprendre le chemin de l’école à ces enfants dans ce contexte d’insécurité ?

Il est important de noter que le rapport relève le désir des enfants de Kidal à bénéficier, comme tous les autres enfants du Mali, de l’éducation qui reste un droit fondamental. Comme action urgente, l’enquête note l’intérêt des kidalois pour des programmes scolaires radiophoniques.

« La mise en place d’un tel programme faciliterait la diversification de l’offre éducative et une plus grande participation des enfants aux activités éducatives », commente-t-on dans le rapport.

Par ailleurs, le rapport recommande notamment, comme autres actions à mettre en œuvre, la réhabilitation des infrastructures scolaires, un plaidoyer auprès des occupants des écoles afin de les amener à libérer les lieux, la prise en compte de la motivation des enseignants, les encourager à retourner et à rester dans la région.

 

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