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Alger : reprise sous tension

by sur 12 février 2015

La reprise des pourparlers d’Alger a débuté hier mercredi midi par un déjeuner offert par la médiation algérienne, histoire de dégeler l’atmosphère.

Car la reprise du dialogue, après plus de trois mois d’interruption et une situation catastrophique sur le terrain, ne s’annonce pas comme une partie de plaisir… et la France est aussi concernée.

Eclairages ci-dessous.

Résolution de la crise malienne : La France, la seule solution

Amadou SANGHO – Le Prétoire – 15 janvier 2015

Depuis la nuit des temps, le pouvoir central qu’il soit d’essence coloniale ou souverainiste du Mali se bat contre une nébuleuse touareg au nord du Mali.

Si le caractère irrédentiste de cet épiphénomène a longtemps été retenu comme étant la norme des résurgences, il va s’en dire que les facteurs déclencheurs, qu’ils soient endogènes ou exogènes, sont de facto liés à la conjonction d’éléments de jouissance dont la convoitise est à l’origine de ce cataclysme.

Les grands enjeux miniers

Nul n’ignore l’importance des ressources naturelles dont regorge le sous-sol malien au sud du sahara. Pendant des années, l’ancienne métropole en a fait une fixation. Grace à une technologie de pointe, elle réussit à établir une carte minière du Mali à des échelles variables leur permettant de mesurer au pifomètre, le grammage des minerais contenus dans les différentes sédimentations.

Ce faisant, des stratégies sont minutieusement élaborées  afin de faire main basse sur ces différentes ressources. On le sait, cette zone possède  la plus grande réserve  d’eau douce au monde.

Que des pépites de diamant effleurent les surfaces dans le massif montagneux du Teghar ghar ; que la roche métamorphique emprisonnant les indices d’uranium, déjà exploité au Niger voisin, a un important appendice dans la région de Kidal et que le Bassin  pétrolier du sud Algérien prend sa source dans les roches magmatiques à quelques encablures de Tin zawaten.  On se perdra dans la métallogénie.

Voila pourquoi, la France, avec fard, tact et diplomatie, tente de remettre le Nord sous coupe réglée. La crise actuelle lui en donne une occasion inouïe de concrétiser un vieux rêve.

Une zone de prédilection pour trafic en tous genres

En raison de l’immensité du désert, il est illusoire de croire que l’Etat malien seul pourrait  assurer une quelconque sécurité dans cette zone. Une raison de valable pour développer et servir de passoire pour le trafic international de stupéfiants qui prend ses origines en Amérique latine avant d’atteindre les cotes mauritaniennes. De là, ces produits traverseront le Mali, le Niger, le Tchad puis le Soudan avant d’atteindre  le Yemen, véritable sanctuaire de la drogue.

Une position géostratégique de haut vol

Qu’on se le tienne pour dit, le Nord  du Mali, reste un des enjeux majeurs dans la guerre  que se livrent les grandes puissances. Le point géodésique de Tessalit est le plus prisé. En ces temps où le terrorisme international défie toutes les intelligences, il est vital de se prémunir de moyens en réelle adéquation avec les objectifs de l’heure. Le pays de l’oncle Sam a longtemps gardé le profil bas à ce sujet, mais rien ne dit qu’il a renoncé à cette convoitise. La Russie et, à un degré moindre, la Chine ne s’en débineront pas.

La France, la Solution :  

A la lumière de tout ce qui précède et en vertu du droit d’ingérence  conféré à la France de par son statut d’ancienne métropole, il est indéniable que la résolution de la crise au Nord du Mali passe par Paris et non Alger. Pour autant que le Président  Ibrahim Boubacar Keïta, au nom du Mali, voudrait trouver une issue diligente à cette crise, il pourrait  faire sienne la posologie susvisée. En effet,  un tête à tête IBK-Hollande, dans le secret des dieux pourrait faire  effet plus que cette série de rounds à n’en pas finir à Alger. Mais de quel tête à tête s’agit –il, surtout que les deux hommes se sont maintes fois entretenus entre quatre yeux.

Il s’agira   plutôt d’une entrevue de vérité aux relents d’intérêts hautement stratégiques. Pour mieux appréhender les contours de cette rencontre, certains questionnements pourraient apporter un brin de luminosité. Au regard du foisonnement des ressources minières dont regorge le Nord du Mali, la France pourrait-elle  en garantir l’exploitation optimale sans écorcher notre souveraineté et en contrepartie, y développer des industries profitables aux populations locales en terme de main d’œuvre et de bien être social ?

Oui, de cela IBK pourrait bien en parler discrètement à Hollande et le Mali en tirera un double avantage. D’abord, le vent d’un nouvel essor économique soufflera sur cette zone de turbulence, en même temps que l’insécurité grandissante sera reléguée aux oubliettes d’autant que la France en veillant sur ses intérêts dans la région, mettra en place un dispositif de sécurité à tolérance zéro. Les cas des installations d’exploitation de l’uranium au Niger et du pétrole au Tchad en sont des exemples patents.

Le cas du point névralgique de Tessalit étant en partie pris en charge par l’accord de défense signé entre le Mali et la France, il va de soi qu’en réitérant à l’ancienne métropole son droit exclusif à disposer de cette base stratégique, cela pourrait dissiper bien de suspicions. C’est dire que l’alibi de la rébellion touareg n’est qu’une fourberie, surtout que les populations du nord vivaient en parfaite harmonie.

La France a la solution, mais assurons-nous, elle ne franchira pas le rubicond par simple convenance diplomatique, en faisant au Mali des propositions allant dans le sens de la thèse susvisée même si elle sautera au plafond si d’aventure, le Mali venait à faire le premier pas. Une telle initiative va sonner le glas de la rébellion touareg, pacifiera la région, et amorcera le développement du nord et partant du Mali.

De même, elle mettra un terme à des négociations inscrites dans la durée et dont l’aboutissement demeure la balkanisation du pays, donc à une atteinte grave à l’intégrité du territoire national d’autant qu’aucun traite mot du préaccord ne fait référence à la constitution malienne. Comme si celle-ci est suspendue de fait et pour sa réhabilitation future, elle doit intégrer les desideratas des marionnettes du Mnla devenus le nombril de la terre.

Gageons que le Président Ibrahim Boubacar Keïta changeât d’approche et optât pour celle qui touchera la France au cœur de ses intérêts économiques et géostratégiques. Il y va dans l’intérêt du Mali et de son intérêt personnel parce que la résolution de la crise du nord a été pour beaucoup dans le choix porté sur lui lors de la dernière présidentielle.

Alors Monsieur le Président, affronte Hollande de front, dis-lui qu’il a la solution, que vous savez que la rébellion touareg n’est que du vernis prêt à s’écailler si la France le veut aujourd’hui, que la sécurité peut revenir dans le Nord du Mali si la France y trouve son compte et que les négociations d’Alger ne sont que des subterfuges pour faire accepter ce qu’aujourd’hui, l’orgueil national empêche d’exprimer clairement.

Dites à Hollande que la France a la solution. Advienne que pourra !

 Le ministre Diop a la veille de la reprise des pourparlers : «Nous n’accepterons pas n’importe quoi; on n’est pas désespéré à ce point»

Bakary SOGODOGO – Le Prétoire -12 février 2015

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée quelques heures avant de s’envoler pour Alger, le ministre des Affaires étrangères a appelé les Maliens à ne pas être exagérément optimistes, mais à ne pas être non plus pessimistes.

Chef de file de la délégation gouvernementale aux négociations, Abdoulaye Diop a rappelé que si le document proposé par la médiation ne franchit pas les lignes rouges tracées par le chef de l’Etat, il comporte toutefois des points qu’il faut revoir.

Le moins que l’on peut dire, c’est que le ton, côté gouvernemental, est on ne peut plus confiant, même si le chef de la diplomatie malienne se dit conscient des difficultés qui les attendent à Alger. Devant un parterre d’hommes de média, ce lundi 9 février 2015, en compagnie de son collègue de la Communication, le ministre Diop a réaffirmé la volonté du gouvernement malien à faire en sorte que le futur accord ne contienne pas de compromissions.

En effet, après qu’il se soit félicité du fait que les rounds précédents se sont déroulés dans une ambiance suffisamment responsable, l’orateur s’est dit conscient de l’urgence de la situation, due notamment à la recrudescence des attaques au Nord, y compris dans les zones qui n’en n’ont pas connu auparavant.

«Il faut que nous soyons conscients des dangers qui guettent les pourparlers», prévient-il, même s’il est par ailleurs vrai que des mesures sont en cours pour geler les différentes positions sur le terrain. Selon lui, ce serait faire le jeu de ceux qui ne veulent pas que la paix revienne si nous refusons le dialogue tant que les armes n’aurons pas arrêté de crépiter dans le nord de notre pays.

Parlant du préaccord proposé par la médiation conduite par l’Algérie, Abdoulaye Diop a estimé que le fait de croire que ce document est rejeté par les Maliens n’est ni plus ni moins qu’une question de perception. «Je n’ai pas fait de sondage en tant que tel. J’écoute tous ceux qui s’expriment. Il y a des débats, il y a des tables rondes qui s’expriment sur la question; il y a même eu une réunion parallèle ce week-end.

Je crois que c’est absolument normal que des points de vue divergents s’expriment sur la question. Même dans ces points de vue, il y a des éléments qui nous aident, nous», a estimé le ministre Diop. Quoi qu’il en soit, explique-t-il, tout le monde n’a pas à être d’accord avec le gouvernement dont cette affaire ne saurait être l’apanage.

Ce document constitue d’autant une bonne base de discussion, ajoute-t-il, que l’intégrité territoriale, la souveraineté, la forme territoriale et républicaine y sont préservées. Toutefois, rappelle l’orateur, cela n’occulte pas le fait qu’il contient toujours des éléments qui doivent être discutés. D’où son appel aux Maliens à ne pas être ni exagérément optimistes ni pessimistes.

Comment jongler les désidératas d’une communauté internationale qui, de plus en plus, exprime son impatience et la soif des Maliens de se doter d’un accord digne de ce nom ? En réponse à cette question, le conférencier trouve absolument normal que nos partenaires soient préoccupés par la situation et veuillent que l’on aille vite.

Mais, l’évidence, à l’en croire, c’est que le gouvernement malien ne signera un document que  s’il est conscient que celui-ci va dans le sens de l’intérêt du peuple malien. «Nous n’allons pas accepter n’importe quoi; on n’est pas désespéré à ce point», a rassuré le patron de la diplomatie malienne, convaincu qu’il n’y a pas d’alternative autre que le chemin de la paix.

Au sujet de l’ultime round des négociations qui s’ouvriras bientôt dans la capitale algérienne, Abdoulaye Diop affirme que le gouvernement sait cette fois-ci qu’il aura en face les vrais interlocuteurs. «Donc, nous fondons l’espoir au moins que nous allons discuter avec ceux qui décident et non ceux qui sont envoyés pour venir écouter et aller rendre compte à leurs bases», a-t-il fait savoir, espérant que cela leur permettra d’aller au fond des questions qui les divisent.

Appelé à se prononcer sur l’absence de l’opposition à la dernière rencontre du gouvernement avec les forces vives de la nation sur le préaccord, le ministre de l’Economie numérique, de l’information et de la Communication a dit vouloir éviter la polémique.

Ainsi, après qu’il soit brièvement revenu sur ce malentendu, Choguel Kokalla Maïga a estimé que dans la phase où nous sommes, et compte tenu de l’atmosphère de dialogue et de concertation que le Premier ministre a instaurée, le gouvernement souhaite enregistrer cette position de l’opposition et ne pas la commenter outre mesure. «Vous savez, l’opposition prend cette position pour ainsi dire en connaissance de cause. Nous devons respecter ce choix», a martelé le porte-parole du gouvernement.

Il y a lieu de souligner que jamais, depuis l’ouverture des pourparlers à Alger en juillet 2014, les enjeux sécuritaires sur le terrain n’ont été aussi grands que maintenant. Toute chose qui complique davantage la tâche au gouvernement.

C’est pourquoi, des observateurs sont à se demander si, indépendamment même de la pression de plus en plus exercée par la communauté internationale, celui-ci peut se donner le luxe de faire fi des actes terroristes presque quotidiens et la menace d’insécurité alimentaire dans lesquelles baignent les populations nordistes pour poursuivre encore longtemps les négociations.

D’où la crainte que le futur accord ne réponde beaucoup plus à un souci de se conformer au calendrier des partenaires internationaux et aux contraintes sécuritaires sur le terrain, que de doter le pays d’un accord que les Maliens auraient souhaité. Surtout quand on sait que  le gouvernement veut éviter de tomber dans le piège de ceux-là qui entretiennent cette situation d’insécurité pour assouvir leurs intérêts.

 

4e round des négociations inter Maliens à Alger : Une ouverture dans une atmosphère tendue

Madiassa Kaba Diakité – Lerepublicainmali – 12 février 2015

Dans une atmosphère tendue, le 4e round des pourparlers inter Maliens s’est ouvert, le mercredi 11 février 2015, à l’hôtel El Aurassi d’Alger. Les différentes parties ont pris part, autour d’un déjeuner, à la cérémonie d’ouverture des discussions.

Selon notre confrère de Studio Tamani sur place, Issa Fakaba Sissoko, la cérémonie d’ouverture du 4eme round des négociations inter maliens a finalement pu avoir lieu, hier mercredi 11 février 2015, malgré une matinée tendue.

Autour d’un déjeuner offert par la médiation, explique notre confrère, les différentes parties étaient côte à côte, mais ne s’adressaient pas la parole. Dans la matinée du mercredi, la tension était palpable entre les groupes armés de la coordination et de la plateforme.

« Les délégations sont arrivées. La cohabitation est difficile et tendue entre les groupes armés de la coordination et de la plateforme, après les récents combats à Tabankort », décrit notre confrère de Studio Tamani.

Avant le départ de la délégation gouvernementale pour Alger, Abdoulaye Diop, lors d’une conférence de presse, tout en montrant son optimisme pour la reprise des discussions, n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes.

« Nous partons avec un esprit constructif et un grand sens des responsabilités avec le souci des enjeux et de notre responsabilité personnelle et collective dans ce processus. Nous ferons en sorte qu’il n’y ait pas de compromission et que l’intérêt supérieur du pays soit préservé lors du processus. Il faut une solution qui mettent tous les maliens à l’aise. Nous restons confiant que c’est possible malgré les difficultés qui se présentent.

Les maliens ont la ferme volonté d’aller vers une paix véritable et non factice. Nous sommes dans une situation d’urgence », a déclaré le chef de la délégation malienne. Il est extrêmement important, de l’avis du ministre Diop, d’avoir conscience des dangers qui guettent le processus de paix.

Selon le ministre, il y a des efforts en cours, aujourd’hui, pour activer des mécanismes qui permettent  d’arrêter les hostilités, de geler les positions et de permettre aux parties de reprendre le fil du dialogue dans les jours prochains.

 

Discours du Premier ministre, Modibo Kéita, à Alger à l’occasion de la reprise du dialogue inclusif inter-malien

Par Malijet – 11 février 2015

Monsieur le président, ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire,

Mesdames et Messieurs les membres de l’équipe de Médiation,

Mesdames et Messieurs les parties prenantes au processus de Dialogue inclusif inter-malien,

Distingués invités

Mesdames et Messieurs,

Mes premiers mots sont pour remercier le président Abdel Aziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire, le gouvernement et le peuple algériens, pour m’avoir adressé une invitation à une époque aussi cruciale pour le Mali.

Je vois en cette invitation une marque d’attention particulière, un immense crédit d’intention, l’expression de la qualité des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre le Mali et la République algérienne démocratique et populaire.
Aujourd’hui, débute à Alger une séquence cruciale des pourparlers inter-maliens devant déboucher sur un accord de paix global et définitif pour engager le Mali, mon pays, dans la voie d’un développement équilibré, dans un environnement de paix, de sécurité et de stabilité sociale.

Que de chemins parcourus depuis l’accord préliminaire de Ouagadougou, depuis l’adoption, à Alger, de la feuille de route qui a encadré les pourparlers en cours.
Nous avons pu noter avec une réelle satisfaction et tout au cours de ce processus un engagement profond de la Communauté internationale aux côtés du peuple du Mali. Qu’il me soit, encore une fois, permis d’adresser à tous les acteurs les vifs remerciements du gouvernement et du peuple maliens et témoigner, à leur endroit, toute notre gratitude.

S’agissant de l’équipe de Médiation, dont l’Algérie est le chef de file, je lui adresse mes vives félicitations pour avoir conduit jusque-là, à notre satisfaction, la délicate mission qui est la sienne : mission d’équilibre, mission dédiée exclusivement à la restauration de la paix, au développement socio-économique, non seulement du Mali, mais aussi de toute la région.

Monsieur le président,

Il y a quelques mois, nous avons évolué ensemble dans cette même enceinte, vous dans le même rôle que celui d’aujourd’hui et moi dans celui de Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien. Je m’étais, à cette époque, assigné comme tâche essentielle de me maintenir à égale distance des parties en négociations, de m’inspirer de votre exemple pour pousser à des consensus, au rapprochement des points de vue. J’étais convaincu, et cela en exécution des instructions que le président de la République m’avait données, que tous les protagonistes étaient des Maliens à part entière et avaient donc le droit et le devoir de s’interroger sur le devenir de leur pays.

J’avais, à cette époque, noté de part et d’autre des convictions fortes et la qualité des relations humaines qui s’étaient établie entre nous et tous les acteurs m’inclinait et m’incline encore à croire que seules les droites parallèles ne peuvent se rejoindre.
J’étais réconforté à l’idée qu’il s’agissait de lignes qui se croisaient et qui pouvaient un jour ou l’autre s’interpénétrer pour donner naissance à un environnement qui réponde aux aspirations de tous. Environnement de paix, de sécurité où le bien-être et le mieux-être s’alliaient pour annoncer au monde entier que l’état de belligérance n’est pas une fatalité, qu’au-delà des positions personnelles, peut-être des ambitions personnelles, existait comme une donnée incontournable, l’avenir des générations présentes et celles à venir du Mali.

C’est pourquoi Monsieur le président, au moment où je vous parle, mes pensées vont à toutes les victimes du douloureux conflit qui nous occupe à présent.
Je considère toutes les victimes comme étant les victimes de la violence, de l’incompréhension des hommes. S’agissant de victimes non-maliennes, des soldats de la paix venus de différents horizons, je m’incline devant leur mémoire et réitère les condoléances les plus attristées du peuple et du gouvernement maliens aux Nations d’origine durement éprouvées.

A cet égard, nous sommes aujourd’hui émus et fortement impressionnés par la constance et la qualité du soutien apporté au Mali par la Communauté internationale, les organisations africaines, régionales, et du système des Nations unies.

La configuration de l’équipe de médiation comprenant en plus de la République algérienne démocratique et populaire, comme chef de file, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, l’Organisation de la Coopération islamique, l’Union africaine, la Cédéao, et des pays amis tels que le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Tchad auxquels il faut ajouter toutes les bonnes volontés, toutes les nations éprises de paix et de justice ; cette configuration, cet immense réseau de sympathie, de soutien multiforme impose aujourd’hui, aux parties maliennes, celles qui sont en négociations, c’est-à-dire les mouvements armés de la Coordination, les mouvements armés de la Plateforme, le gouvernement du Mali, de se révéler dignes de la solidarité internationale.

Ces acteurs sont aujourd’hui réunis dans cette salle. Je voudrais leur dire que le peuple du Mali, dans toutes ses composantes, est en attente de leur part, d’une décision cruciale. Une décision qui soulagera les cœurs et les esprits, une décision qui limitera la misère morale et matérielle, qui limitera la peur pour le présent, l’angoisse pour le souvenir traumatisant des scènes de violence vécues, l’inquiétude pour l’avenir des Maliens et des Maliennes.

Cette attente se nourrira de la décision que vous prendrez, vous Bilal Ag Achérif et vos alliés, vous Algabass Ag Intallah et vos alliés, vous Mohamed Lamine Ould Sidaty et vos alliés, vous le Pr. Ahmed Ould Sidi Mohamed et vos alliés, vous Me Harouna Toureh et vos alliés, vous Mohaned Ag Ibrahim Assaleh et vos alliés, vous tous, chers frères et sœurs, pourriez-vous accepter de cesser d’être les uns en face des autres, mais d’être tous les uns à côté des autres pour regarder dans la même direction, vous ouvrir au souffle de la paix, de la concorde, de la fraternité ? Ce faisant, vous vous révélerez tous unis, dignes de la confiance de la Communauté internationale, dignes de son soutien, aujourd’hui, et après la signature d’un accord de paix tant attendu.

En le faisant, pourriez-vous vous ouvrir aux messages d’outre-tombe, paix à leurs âmes, les voix sublimes d’Intallah Ag Attaher, de Baba Ould Cheick El-Moctar Kounta, de Mohamed El Mehdy Ag Attacher El Ansari, d’autres illustres compatriotes qui ne sont plus de ce monde, vous vous ouvrirez aux cris d’outre-tombe de ces milliers de maliens, d’hommes et de femmes brutalement arrachés à la vie, de ces milliers de jeunes arrachés aux joies de ce monde, comme des espérances assassinées, brisées ; vous vous ouvrirez aux cris de détresse de ces milliers de personnes ayant fuit la terre natale et qui attendent le jour ou ils pourront retrouver les leurs. Qu’il me soit permis de remercier les pays voisins qui les ont accueilli dans la tradition d’hospitalité et de générosité.

Ce message, celui que je vous délivre, ne voyez pas en lui, le message partisan du chef du gouvernement, mais celui d’un frère investi d’une légitimité octroyée, celle du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, porteur de la Nation malienne dans son ensemble, donc à égale distance par rapport à tous.

A mes frères et soeurs, toutes tendances confondues, je vous demande de desserrer les poings, de faire en sorte que le travail pour la paix devienne un service ; que ce service, pour le peuple malien tout entier, se transforme en un don de soi; que ce don de soi, pour un avenir radieux du peuple du Mali, devienne un sacrifice; que ce sacrifice, pour un idéal qui dépasse nos personnes, provoque en nous un enrichissement moral et spirituel, cet enrichissement nous aide à mieux servir l’intérêt général, celui de toutes les populations maliennes, sans exclusive; celle du Nord, du centre, du sud, de l’est et de l’ouest. Ces populations maliennes unies dans un élan formidable, n’aspirent qu’à vivre en paix.

Mes chers frères, mes chères soeurs, la paix n’a pas que des amis. je sais que vous saurez résister à la fascination des marchands d’illusion, ceux qui veulent ralentir le cours du processus ; ceux qui se réjouissent de la détresse de leurs semblables. Poursuivez imperturbablement votre chemin vers la paix et la concorde ; un chemin certes rocailleux, mais qui conduit vers des lendemains meilleurs.

N’empruntez pas les escaliers dérobés. La sincérité, la vérité de votre comportement vous aidera à refuser de porter le deuil de l’avenir.

Vive la paix, vive l’Amour entre les Hommes, vive la Solidarité internationale.

Vive le Mali uni et réconcilié avec lui-même.

Avec mes remerciements pour votre bien obligeante attention, je vous prie d’accepter les salutations du président de la République du Mali, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita ; celles du Gouvernement du Mali, du Peuple du Mali et les miennes bien fraternelles.

 

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