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La contagion de la tentation séparatiste

by sur 18 février 2015

La situation malienne est d’autant plus préoccupante que l’insécurité se développe dans des régions qui, jusqu’ici n’étaient pas touchées.

Les dernières attaques de Nampala et de Ténékoun touchent désormais la région de Mopti tandis que se confirme la présence des djihadistes dans la forêt du Ouagadou, à la frontière mauritanienne dont l’aviation a, il y a deux ans, bombardé un camp.

Dans celle de Tombouctou, qui a été touchée par l’occupation des groupes armés, ce sont les cris d’alarme des éljus et leaders traditionnels ne cessent de s’amplifier.

Les communautés de la région de Tombouctou mettent en garde contre la recrudescence de l’insécurité au nord du Mali : « Des risques de conflits intra et inter communautaires sont nettement perceptibles »

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 17 Février 2015

Une assemblée générale initiée par la communauté Kel Antessar a réuni le weekend dernier au stade du 26 mars, des cadres et élus de la région de Tombouctou principalement du cercle de Goundam (cible d’une série d’attaques ces derniers temps) sur la recrudescence des attaques narco terroristes qui compromettent de plus en plus la cohésion sociale.

C’était en présence du nouveau patriarche des Kel Antessar, Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, de l’ancien premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani, de l’honorable Alassane Abbas et de plusieurs notables et cadres de la région de Tombouctou. Les représentants des communautés arabes, Touareg, Songhaï et Peuls ont réaffirmé leur soutien sans faille et indéfectible à l’Etat unitaire avant d’attirer l’attention des autorités et de la communauté internationale sur les risques d’une implosion sociale.

Pour l’ancien chef de Gouvernement sous le régime du président Amadou Toumani Touré, Ahmed Mohamed Ag Hamani « face à la détérioration de la situation sécuritaire, les communautés tamasheq, arabe, songhoï, ont ressenti la nécessité d’intervenir pour préserver le tissu social ». L’ancien premier ministre a insisté sur le rôle que chaque communauté doit jouer pour aider à stabiliser davantage les régions du nord.

Le nouveau patriarche de la communauté Kel Antessar, Abdoul Magid Ag Mohamed dit Nasser, l’initiateur de la rencontre, a déclaré que « depuis un certain temps, notre unité nationale est mise à rude épreuve. La cohabitation multiséculaire de nos communautés est particulièrement malmenée. Il est donc évident que notre devoir, en tant que simples patriotes, n’est pas de croiser les bras face à cette dangereuse situation ».

Et d’ajouter que l’heure est à la mobilisation de tous ceux qui sont conscients des drames quotidiens que vivent les populations du nord. Conscient de l’influence des cadres et notables sur l’état de l’opinion publique des régions du nord, Abdoul Magid Ag Nasser les a appelés pour une implication sincère de « chacun pour réconforter le vivre ensemble en péril dans les villes, les villages et campagnes. Les informations qui nous viennent de ces localités sont alarmantes et personne ne peut dormir, voyager ou travailler à sa guise » en raison des nombreuses attaques qui ne cessent d’endeuiller plusieurs familles.

Les cadres et élus ont tiré la sonnette d’alarme et informé les pouvoirs publics et la communauté internationale sur « les risques de conflits intra et inter communautaires de plus en plus perceptibles ».

Et face à l’urgence, ils se sont engagés à « aider les pouvoirs publics à recoudre le tissu social, rétablir l’entente et la complémentarité dans les rapports sociaux et désamorcer, pendant qu’il est encore temps, toute tension larvée localisée qui menace la cohésion ».

En outre, ils se sont engagés à combattre les » démons de la haine et de la division » afin d’apporter un appui inestimable aux populations. Les cadres et élus ont décidé de se rendre dans les différentes localités du nord principalement de la région de Tombouctou jusqu’à la frontière mauritanienne pour prêcher la paix entre les communautés.

Insécurité dans les régions de Mopti et de Ségou : quand la rébellion prend un visage noir

Mohamed A. Diakité

Djihadisme ou rébellion touarègue qui se métamorphose en rébellion des peaux noires ? La question a tout son sens, eu égard à la nouvelle situation sur le terrain. Depuis un certain temps, le front des hostilités entre les militaires maliens et les groupes armés s’est déplacé de la région de Kidal vers la zone inondée du delta intérieur du fleuve Niger. Le spectre de la guérilla s’étend du côté du sahel oriental (Nampala, Djouara, Ténekoun, Léré, etc.) à la lisière de la forêt de Ouagadou.

Ici, la rébellion contre les militaires maliens a pris un visage local. Ce sont les jeunes des villages attaqués, qui sont en première ligne des affrontements. Certains ont été clairement identifiés par les militaires lors des face à face. Selon des sources militaires, lors d’une mission de patrouille, un des chefs de village de la commune de Djouara a reconnu le mal. « Ce sont nos enfants, qui sont dans cette rébellion. La preuve, un de mes neveux a tué son propre père dans un village environnant. Au motif, que celui-ci n’a pas une foi avérée à la religion. » a-t-il expliqué.

La même source de préciser que l’arrestation d’un imam dans un village proche de Nampala, après l’attaque de cette localité n’est pas un acte isolé. Le conflit implique même certaines autorités coutumières. La preuve, au moins deux chefs de village de la commune de Diouara ont perdu des enfants dans les affrontements avec nos hommes.

Selon nos sources, la zone compte deux Quatibas djihadistes « tropicalisés ». Ils recrutent les jeunes locaux, gagnés par le désœuvrement avant de les miroiter des propositions alléchantes. Ils vont jusqu’à les proposer qu’en chassant l’armée malienne, ils pourront devenir maîtres de leur propre destinée. Pour y parvenir, ils leur forment dans la technique de maniement des armes de guerre. Mais, le nouvel adhérant doit prouver son degré de loyauté pour se faire accepté du groupe.

L’avantage de cette nouvelle stratégie pour les djihadistes et/ou du MNLA, est de deux ordres.

Primo s’assurer d’une rapide diffusion des combattants dans la population aussi après l’attaque.

Secundo, disposé d’un relai fiable de source de renseignement sur les positions des militaires maliens.

Jusqu’aux dernières attaques, la méthode marchait à merveille. Car, faire face à une rébellion noire, c’était le dernier souci des hommes sur le terrain. C’est pour cette raison que l’attaque du camp de Nampala a été meurtrière. Parce que nos hommes ont été surpris de se voir en face des frères noirs comme eux leur pointés des armes.

Selon une source indépendante basée à Ténèkoun, les assaillants qui connaissaient bien la ville on réussi à s’échapper de l’étau de l’armée en utilisant un passage d’autochtone, tenu par seulement trois gendarmes. Ils ont profité de l’obscurité de la nuit pour perpétrer leur forfait. C’étaient malheureusement les trois victimes de l’attaque.

Un autre fait troublant a eu lieu le weekend passé sur la route de Niono. C’était à la faveur du transport des blessés de l’attaque du samedi dernier vers Niono. Sur la route, le convoi a essuyé des tirs dans une embuscade.

Rétablir le royaume de Macina !

C’est dire que le phénomène devient de plus en plus inquiétant. Car, selon nos sources, derrière ces attaques se cacheraient une nouvelle revendication territoriale et identitaire. Les assaillants et leurs mentors politiques ambitionneraient de rétablir les vestiges de l’ancien royaume du Macina dans tous ses compartiments (politiques, religieux et économique), d’où la tactique de harcèlement utilisée contre nos hommes en espérant que ces derniers, fatigués et découragés vont abdiquer en abandonnant les lieux.

S’agit-il d’une nouvelle tactique du MNLA et ses alliés djihadistes d’Ançar Dine, d’AQMI et du MUJAO ? A ce stade des informations, il n’y a pas de liens directs de subordination et/ou de complémentarité établis avec exactitude, mais tous les indices relevés tendent vers cette hypothèse.

Car, pendant l’occupation, les Djihadistes d’Ançar Dine et d’AQMI ont enrôlé beaucoup de combattants noirs du Gourma pour former le MUJAO. Or, cette communauté a des liens historique, linguistique et sociologique avec celle du sahel oriental. Le MNLA et ses alliés djihadistes peuvent user de cette relation pour élargir le spectre des affrontements dans le seul but d’épuiser nos forces et parvenir à leur but, à savoir le fédéralisme.

Car, ce ne serait plus une minorité d’une seule communauté qui se bat, mais un conglomérat de communautés aux velléités fédéralistes.

Dans ce plan machiavélique, des leaders et les moindres religieux et politiques sont fortement soupçonnés de connivence.

En tous les cas, la situation à Kidal peut donner des idées à n’importe quel opportuniste assoiffé de pouvoir. Surtout que les événements actuels ont mis à nu toute la faiblesse de notre capacité de défense. D’où des velléités sécessionnistes.

Comme on le dit en bambara « ni san ye mcgc ye toko kolo kcnc, o te tike » c’est-à-dire que « celui qui s’abrite dans un endroit de fortune pendant qu’il pleut a l’impression que cette pluie ne s’arrêtera jamais ».

Il urge donc pour les Pouvoirs publics de se mobiliser pour mettre en œuvre une stratégie de communication très agressive pour extirper les jeunes désœuvrés des mains de la tentation djihadiste pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’au Nigéria avec Boko Haram. Du fait de la sous estimation, cette secte musulmane a fini par gangréner la société, au point que les autorités ne savent plus par où commencer pour le combattre.

Pour cela, certains militaires réclament le retour effectif de l’appareil d’Etat dans tous ses compartiments dans cette partie de notre territoire, pendant qu’il est temps, notamment les Forces de sécurités, l’Administration (Préfets et sous préfets, Justice, Services financiers, etc.) et les Services sociaux (Ecole, Santé, Actions humanitaire).

Cette cohorte d’agents publics permet à l’Etat de réaffirmer sa présence, mais surtout permet d’entretenir un relais de renseignement, permettant d’anticiper sur les événements.

 

Le Samedi 24 janvier 2015 à Ke-Macina : une rumeur d’incursion de rebelles provoque la panique générale

Modibo Dolo – Tjikan du 17 Février 2015

Le 24 janvier 2015 sera sans doute, une date que les habitants de Ke-Macina et ses environs ne vont pas oublier de sitôt. A cause de l’inquiétude générale qui a suscité une panique généralisée dans cette ville, tout simplement à la suite d’une fausse rumeur de l’incursion des rebelles dans la ville. En réalité, il s’agissait de la mauvaise interprétation de l’euphorie des téléspectateurs après un but malien marqué lors de la CAN 2015 face aux Eléphants de la Côte d’Ivoire.

La population de Ke-Macina (région de Ségou) se souviendra très longtemps de cette date historique du samedi 24 janvier qui a semé une véritable panique au marché à la suite d’une fausse rumeur d’incursion des rebelles dans la ville. Alors qu’il s’agissait de manifestation de joie bruyante, entrainée par le but malien marqué face à la Côte d’Ivoire lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015 en Guinée Equatoriale.

Lorsque le Mali a marqué ce but face à la Côte D’Ivoire, il y a une forte manifestation de joie, jalonnée par des cris, que certains ont négativement interprétés en nouvelle d’une présence des rebelles dans la ville. Jetant du coup le marché principal de la ville dans le chaos total, poussant les uns et les autres à prendre leur jambe au cou.

Des jeunes aux vieilles femmes, personne n’a voulu attendre l’arrivée de ces rebelles. D’où une grande panique générale avec des courses à la ‘’sauve qui peut’’. Laissant au passage : argent et autres marchandises importants derrière eux. Ce qui a bien évidement profité à certains qui savaient les raisons du grand bruit, lesquels ne sont pas fait prier pour se procurer des biens abandonnés. Il a fallu de longues minutes pour faire baisser la tension et faire comprendre à certains l’importance d’un but malien marqué à la CAN, et surtout contre la Côte d’Ivoire.

Faut-il le signaler, cette panique s’explique par l’imminence de la menace des rebelles dans certaines localités proches de la ville comme Tenenkou, Diabaly qui ne sont qu’à quelques kilomètres seulement de Ke-Macina et qui ont font l’objet fréquemment d’attaques rebelles dont la dernière date du 16 janvier 2015 à Tenenkou (région de Mopti). Principale raison pour la laquelle, la population reste sur le qui vive et tout le temps prêt à détaler en cas de présence des rebelles dans la ville. Une leçon de sureté.

Insécurité : Mopti bascule dans la terreur

L’Aube du 16 Février 2015

Après les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, celle de Mopti connaît actuellement de gros problèmes sécuritaires avec la multiplication d’affrontements entre groupes armés, bandits armés et milices d’autodéfense. Et les attaques (au mois de janvier dernier) des localités de Dioura et de Teninkou qui ont fait des victimes, étaient des signaux inquiétants de cette situation qui prévaut actuellement à Mopti.

Mopti aussi, selon des témoignages, la zone frontalière entre le Mali et le Burkina Faso, ainsi que la zone du Gourma, connaissent de vives tensions avec la présence de bandits armés qui ciblent des éleveurs dont les troupeaux sont enlevés, puis acheminés de l’autre côté de la frontière.

Aujourd’hui, à Mopti les peulhs s’organisent et projettent de créer des milices d’autodéfense. La région court de gros risques d’affrontements inter ethniques si des mesures ne sont pas prises par les autorités afin de sécuriser les populations et leurs biens.

 

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