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Le flirt malsain entre le politique et le religieux

by sur 18 février 2015

Le souvenir de l’énorme manifestation organisée par le Haut Conseil Islamique du Mali dans le stade du 26 mars, qui avait conduit le président d’alors à retirer le texte du code de la famille pourtant voté par la quasi unanimité a marqué plus d’un esprit.

Ou comment la religion majoritaire au Mali peut obliger le pouvoir politique dépositaire de la République laïque a se parjurer…

Depuis, je suis attentif aux articles concernant les interférences entre le politique et le religieux au Mali, d’autant plus que ce n’est un secret pour personne que la victoire d’IBK aux présidentielles est en partie due à l’appui discret mais efficace, du HCIM.

Tentative de charme du Président IBK auprès de ses amis religieux : le médecin après la mort

Youssouf Z KEITA – Le Républicain du 18 Février 2015*

Le Président IBK chercherait-il à reconquérir le cœur des responsables de Sabati 2012 après les avoir trahis et écartés de sa gouvernance depuis son arrivée à la magistrature suprême ? Aujourd’hui, tout porte à le croire. Car à en croire notre confrère de L’Indépendant dans sa parution du 17 février, le Président de la République après 18 mois de gestion solitaire du pays, a rencontré, à sa demande, le samedi 14 février 2015, les Présidents du Haut conseil islamique et de Sabati 2012 à sa résidence à Sébénikoro.

En prenant cette initiative, IBK affiche sa volonté à redescendre sur terre et semble désormais engager à réparer son acte de trahison. Mais, trop tard. Car les religieux sont déjà déçus et voient avec beaucoup de pessimismes la suite de son mandat.

Venu au pouvoir grâce à la bénédiction des jeunes leaders religieux regroupés dans le mouvement « Sabati 2012 », le Président IBK a très vite oublié ses soutiens de premières heures en leur tournant le dos au profit des opportunistes et de sa famille depuis son investiture à la magistrature suprême. A l’époque, le Président de Sabati 2012, Moussa Boubacar Ba n’avait pas porté des gants pour dénoncer la trahison du chef de l’Etat dans une interview donnée à votre quotidien « Le Républicain » en ses termes : « Le Président IBK n’écoute pas et ne consulte pas ». Mais il ne sera pas entendu.

Car le Président IBK continuera à faire cavalier seul. Le résultat : aujourd’hui, l’on assiste à un véritable statu quo dans la gestion de la crise sécuritaire au nord et le pays s’engouffre dans une mauvaise gouvernance financière sans précédente. Pire aujourd’hui, le Président de la République se trouve, aussi, isolé par les Maliens et perd ses soutiens dans le milieu religieux qui ont largement contribué à son élection à la magistrature suprême en 2013.

En désespoir de cause, car indexé, aujourd’hui, comme étant le seul responsable de la situation catastrophique du pays, le Président IBK semble jurer de partager sa défaite avec ceux qui lui ont porté au pouvoir. Cette tentative de charme du Président auprès des religieux dissipera-t-elle le désamour qui s’est installé entre lui et le peuple malien déçu ?

En tout cas, rien n’est sûr, car le mal semble déjà être fait. Les Maliens et les leaders religieux savent bien que : qui trahit une fois, trahira toujours.

Le divorce est-il consommé entre IBK et ses amis musulmans ?

Diango COULIBALY – Le Reporter du 17 Février 2015

C’est un secret de polichinelle que le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a bénéficié du soutien de taille de ses amis musulmans regroupés au sein du mouvement Sabati 2012, lors de la campagne présidentielle de 2013.

Un soutien qui lui a permis de battre largement son adversaire Soumaïla Cissé lors du second tour. Ce choix était motivé, selon ces musulmans, par le fait qu’IBK est le seul candidat qui puisse relever les défis sécuritaires et mettre le pays sur de bons rails. Mais depuis quelques mois, la désillusion s’est installée sur les visages des religieux qui l’ont soutenu.

Aujourd’hui, le divorce est presque total entre IBK et ses amis musulmans. Le dernier congrès du mouvement Sabati 2012, tenu récemment, en dit long sur ce désamour. Ce mouvement, soutenu par l’Imam Mohamoud Dicko et le Chérif de Nioro, ne cache plus sa colère contre IBK.

N’étant pas associés à la gestion du pays, les responsables ont indiqué que le mémorandum sur lequel IBK s’est engagé pendant la campagne présidentielle n’est pas appliqué. À en croire plusieurs religieux, le président IBK a trahi ses engagements. En fait, lors de la cérémonie d’ouverture du congrès de Sabati 2012, l’Imam Mahmoud Dicko n’a pas caché son courroux. Il a ouvertement lancé des critiques contre IBK, en disant qu’il a trébuché, que son bilan n’a pas été élogieux.

Abondant le même sens, le président du mouvement Sabati 2012, Moussa Boubacar Ba, a regretté la dégradation actuelle de l’Etat avec la corruption généralisée, la libération des terroristes, l’occupation de certaines localités du Nord par les rebelles.

C’est dire que les religieux qui ont massivement contribué à l’élection du président IBK à la Magistrature suprême ne sont pas sur la même longueur d’onde que lui. Le divorce est-il consommé à jamais puisqu’« il n’y a pas de partage de gâteau » ? La question garde toute son acuité.

 IBK reçoit l’imam Mahmoud Dicko et le président de “Sabati 2012” pour réchauffer leurs rapports

Bruno D SEGBEDJI – L’Indépendant du 17 Février 2015

Déception chez certains des soutiens du président de la République : IBK reçoit l’imam Mahmoud Dicko et le président de “Sabati 2012” pour réchauffer leurs rapports

Dans L’Indépendant N° 3682 du jeudi 12 février 2015, nous titrions à la « Une » : « Incapacité à reconquérir le nord du Mali, mauvaise gouvernance financière, promesses électorales non tenues : IBK lâché par certains de ses soutiens religieux et politiques ».

Parmi ces soutiens, le président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) Mahmoud Dicko et le président du mouvement » Sabati 2012 « , Boubacar Moussa Bah, qui avaient menacé de prendre leur distance de la gouvernance IBK, viennent d’être… sensibilisés par IBK à ne pas rompre avec lui. C’était au cours d’une rencontre qu’ils ont eue avec le chef de l’Etat en sa résidence, dans l’après-midi du samedi 14 février 2015.

Lors du récent forum du mouvement religieux Sabati 2012, tenu le samedi 7 février 2015 au Centre International de Conférences de Bamako, le président du HCIM, Mahmoud Dicko, et Boubacar Moussa Bah, le président de Sabati ont clairement exprimé leur déception face à la gouvernance IBK. Ils n’ont pas porté de gants pour marteler la nécessité pour le pouvoir de se ressaisir pour accomplir les promesses électorales et impacter positivement sur le destin des Maliens à travers une politique vigoureuse de résolution du problème du nord, de lutte contre la corruption, de création d’emplois, etc.

En outre, selon plusieurs sources, depuis son acception au palais de Koulouba, le chef de l’Etat, du fait d’un agenda trop chargé, n’arrive pas à afficher la disponibilité souhaitée à certaines personnalités qui ont contribué à son élection comme le président du HCIM. Ce qui est très mal accepté par l’imam Dicko et ses collaborateurs.

C’est donc pour calmer cette colère dans les milieux proches du président du HCIM que le président de la République, de sources crédibles, a reçu, sur sa demande, le samedi dernier, dans sa résidence de Sébénikoro, Mahmoud Dicko et Boubacar Moussa Bah de Sabati 2012 pour « des explications » par rapport à sa sortie au CICB. Cet entretien a duré environ 3 heures d’horloge et a porté sur les grands sujets de la nation.

De sources concordantes, IBk et ses hôtes ( au nombre de cinq personnalités) ont eu des échanges assez francs au cours desquels IBK a dû appeler l’imam de la grande mosquée de Badalabougou, qui est son « ami personnel de longue date » , à rester serein et à ne plus se donner dans l’avenir à de telles prises de position. Un message similaire aurait été adressé au jeune président du mouvement religieux, Sabati 2012, qui a soutenu le candidat IBK lors de l’élection présidentielle de 2013.

Rappelons que l’imam Dicko avait laissé entendre, lors de sa sortie, qu’IBK avait trébuché et qu’il doit se ressaisir. Car lui, en tant que responsable religieux, il tient au bien-être du Maliba et ne peut se satisfaire des promesses électorales non tenues.

Signalons en outre, qu’en réaction à l’expression de cette déception par Mahmoud Dicko et Boubacar Moussa bah de Sabati 2012, le président intérimaire du RPM, Dr Boulkassoum Haïdara, a appelé, la semaine dernière, tous les alliés du chef de l’Etat à plutôt resserrer les rangs autour du pouvoir pour l’aider à faire face aux défis que le pays rencontre. Avant de souligner que personne ne doit oublier qu’IBK est arrivé à la tête d’un Mali au passif plus que lourd.

 Mali : Politique et religion : IBK lâché par les islamistes ?

Issa B Dembélé – L’Aube – 13 février 2015

C’était lors d’un congrès, présidé par le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko qui a, lui aussi, surpris plus d’un en fustigeant la gestion de son « ami IBK». Pour des observateurs, ce sont là des signes révélateurs du malaise profond qui s’est installé, depuis plusieurs mois, entre IBK et ceux (les islamistes) qui ont largement contribué à son élection.

Pourquoi ce malaise ? Que reprochent ces islamistes à IBK ? Réponses.

Rupture consommée? En tout cas, le temps de la complicité, entre IBK et ses alliés islamistes, semble révolu. Les seconds ne manquent plus aucune occasion pour faire le procès du premier, accusé de n’avoir pas tenue ses promesses électorales. Lors du congrès de Sabati 2012, les critiques ont été particulièrement virulentes.

Tenez : « les Maliens, en votant pour IBK à plus de 77%, lui ont confié des missions claires parmi lesquelles figurent en bonne place la résolution de la question du nord, la réconciliation nationale, la refonte de l’armée, la lutte contre la corruption et la délinquance financière, la restauration de l’honneur du Mali. Aujourd’hui, aucun de ces problèmes ne sonnait un début de solution. Pis, la situation du nord se dégrade de plus en plus ; la corruption et la délinquance financière atteignent des proportions inquiétantes. Le pays est très mal géré. Le responsable de cette mauvaise gestion n’est autre que le premier responsable du pays en la personne d’Ibrahim Boubacar Keïta. Et bien qu’il reste mon ami, je ne le suivrai jamais dans cette voie au détriment du peuple et de ma religion ! ». 

Cette sortie à la fois surprenante et cinglante est signée de Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali. Et au président de Sabati, Moussa Boubacar Bah, d’enfoncer le clou en amenant sur la place publique les petits secrets. « Nous avons affaire au président de la République qui avait demandé au Mouvement Sabati 2012 de voter pour lui, afin de prendre en compte les valeurs cardinales du pays, lutter contre l’impunité et mettre fin à toutes pratiques transgressant nos mœurs. Sabati a fait son boulot et il reste au président de remplir sa part du contrat » a-t-il déclaré.

C’est dire que des critiques fusent de tous côtés à l’adresse du chef de l’Etat. La lecture à faire de ces déclarations ? C’est l’existence d’un malaise entre Ibrahim Boubacar Keïta et ses soutiens musulmans.  Un malaise qui s’est forgé au fil des actes posés par IBK.

Marche pour Charlie : IBK désavoué à Bamako

L’élément déclencheur de cette furie des islamistes a été la participation du président à la marche dite « Républicaine », à Paris. Dans la capitale française, non content de s’afficher en 1ère ligne, IBK a déclaré dans certains médias : « nous sommes tous Charlie ». Ces propos furent très mal perçus dans les milieux islamistes de Bamako où la réplique ne sait fait pas attendre.

Une marche a été organisée, lors de laquelle  les islamiste ont véhément clamé leur désaccord avec le IBK. « IBK est Charlie, nous nous ne sommes pas Charlie » ont-il laissé entendre. Cette manif de Bamako et à travers plusieurs villes de l’intérieur, a été un cinglant désaveu pour le président qui a cautionné, de l’avis des musulmans, les caricatures du prophète Mahomet (Paix et salut sur lui), faites par les journalistes de Charlie Hebdo.

Fossé entre les promesses et les actes !

Mais, il faut dire que d’autres faits, antérieurs à la marche de Paris, ont catalysé cette rupture. Il s’agit notamment de l’organisation de la « Nuit Ortm », édition 2014. Le gouvernement, après avoir reporté sine die (pour raison d’Etat) l’évènement, finira par reculer devant le syndicat de l’Ortm qui menaçait d’aller en grève.

Or, ce sont les milieux islamistes, fortement politisés de Bamako, qui s’étaient opposés à l’organisation de cette manifestation qui se tient tout les ans pour magnifier la beauté de la femme malienne.

Ils avaient brandi la menace depuis l’élection d’IBK; et ils ont battu campagne sur certaines radios privées afin que soit interdit dorénavant l’organisation de toute forme d’élection de beauté au Mali.

Ayant échoué, puisque la « Nuit Ortm 2014 » a vécu, les islamistes se sont sentis trahis par le président qui, dit-on, «  avait promis, lors de la campagne électorale, d’interdire tout ce qui va à l’encontre de l’islam».

En somme, IBK semble incapable de tenir les promesses faites à « ses amis » qui ont finalement compris qu’il existe un énorme fossé entre ses discours, ses promesses électorales et les actes qu’il pose depuis 18 longs mois.

D’où la froideur (rupture ?) actuelle dans leurs relations. Réussira-t-il à se ressaisir et revenir dans les bonnes grâces des islamistes?

Difficile cohabitation entre religion et politique

 Youssouf Diallo – Le 22 Septembre – 12 Février 2015 

L’AMUPI s’oppose à la loi sur la promotion du genre dans les postes nominatifs et électifs A l’évidence, la loi instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonc-tions nominatives et électives va prendre du temps pour intégrer l’ordonnancement juri-dique au Mali, tant les divergences sont nombreuses.

Plusieurs fois inscrite à l’ordre du jour des plénières de l’Assemblée nationale, elle a toujours été renvoyée, à cause des nombreuses dissensions qu’elle suscite. Aux dernières nouvelles, il semble que l’Association malienne pour l’unité et la promotion de l’islam (AMUPI) n’est pas d’accord avec son vote.

Selon nos sources, l’AMUPI ne serait pas la seule organisation islamique à s’opposer à ce texte. Elles rapportent que, lors des écoutes, la Commission de l’emploi et de la promotion de la femme aurait rencontré de nombreuses contestations. Ce qui fait qu’elle a prolongé les écoutes pour tenter d’aplanir les divergences.

Comme on le sait, les organisations islamiques sont très peu enclines à accepter la gouvernance des femmes. Ce qui fait certains de leurs représentants à l’Assemblée nationale ont pris la parole. Parmi ceux-ci, l’Honorable Mamadou Lamine Guikiné, député élu en Commune VI du District de Bamako. Dans une interview accordée à un confrère de la place, il a vigoureusement protesté contre le vote de cette loi par l’Hémicycle et est même allé jusqu’à demander un référendum pour réviser la Constitution avant.

Ce n’est pas tout. Une radio de la place, réputée elle aussi proche des organisations islamiques, a déjà commencé des campagnes contre cette loi, qui va permettre plus de représentativité des femmes dans les instances de décision. Outre les religieux, certains députés femmes ne sont pas non plus pressés d’adopter ce texte. Car, cela pourrait réduire de beaucoup leurs chances de revenir à l’Assemblée nationale.

En effet, ce texte, qui devait être présenté devant l’Assemblée nationale le jeudi 5 février dernier, comprend trois précieux articles, qui permettront pas à l’ensemble des députés de la 5ème législature de revenir à Bagadadji. Son article 1 stipule: «à l’occasion des nominations dans les Institutions de la République ou dans les différentes catégories de services publics au Mali, par décret, arrêté ou décision, la proportion de personnes de l’un ou de l’autre sexe ne doit pas être inférieure à 30%».

L’article 2 va plus loin. «A l’occasion de l’élection des députés à l’Assemblée Nationale, des membres du Haut conseil des collectivités ou des Conseillers des collectivités territoriales, aucune liste d’au moins trois personnes, présentée par un parti politique, groupement de partis politiques ou regroupement de candidats indépendants, n’est recevable si elle présente plus de 60% de femmes ou d’hommes». Voilà tout le problème des députés maliens, dont la plupart sont  obnubilés par un second mandat.

Il y a très peu de députés galants, donc prêts à faire de la place aux femmes.

 En un mot : Dicko fait trembler l’Assemblée

DAK – L’Indicateur du Renouveau du 12 Février 2015

Au forum du mouvement politico-religieux Sabati-2012, le samedi 7 février 2015 au CICB, le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko, a mis en garde IBK contre une loi en cours de préparation et qui attribuerait aux femmes un quota sur les listes électorales et dans les postes publics.

Il demande à IBK de « se ressaisir très vite pour le bonheur de la nation ». Sans dévoiler les actions qu’ils entreprendraient si le président ne changeait pas de politique, Dicko et les siens promettent de jouer leur rôle d’acteurs de la société civile.

Une menace très prise au sérieux parce que l’Assemblée nationale a vite fait de reporter le vote de la loi qui risque de ne jamais voir le jour au grand dam des organisations féminines et des partenaires techniques et financiers qui fulminent contre la volte-face du Parlement et la mollesse du gouvernement dont des financements sont d’ores et déjà menacés.

Comme on a l’habitude de dire, un affrontement entre politiques et religieux qui ont déjà remporté une victoire éclatante par le passé, n’est pas à écarter, il faut même se préparer à ça.

Société civile : que veulent les religieux ?

Amy SANOGO – L’Inter de Bamako du 2 Février 2015

La société civile africaine est en voie d’émergence. Les organisations syndicales et professionnelles étant limitées, la société civile a pris leur place par la force. Les syndicats ne concernent que les salariés notamment les fonctionnaires. La société civile est une famille dépendant d’un parti politique. Les partis politiques sont nombreux et ne ratissent plus auprès des électeurs. Même dévoyé, le multipartisme laisse ouvert un espace de débat public.

Les organisations et associations (ONG) ont émergé comme acteurs essentiels de la géopolitique.

Le Mali est qualifié d’ONG-land. Cet espace ouvert est occupé par les associations islamiques et les ONG. Les organisations de la société civile les plus en vue au Mali sont : le Haut Conseil islamique (HCI), la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), le Conseil national des jeunes (CNJ), Ançar-dine, l’Eglise catholique, SABATI 2012. D’où la création d’un ministère des Affaires religieuses et du Culte. Le religieux serait au cœur de la géopolitique.

En Afrique, il joue un rôle important. Le religieux ne peut ni être réduit à des croyances privées ni assimilé à une dynamique politique. Mais chez nous au Mali, le religieux porte deux casquettes. Il serait au cœur des représentations et du sens : la religion (qui relie) et le sacré (sacrifice, sacrilège) sont la pierre angulaire de toute institution sociale, politique et économique.

On observe une certaine radicalisation de l’islam, fonctionnant comme idéologie et stratégie de pouvoir depuis 1990. Ainsi, il y a la Charia au Soudan et au Nord du Nigeria, le djihad, guerre sainte contre le mal, à côté, coexiste un islam noir à une communauté de croyants dits (Umma al islamiya) supposée au-dessus des Etats et des individus.

L’Afrique a connu et continue de connaître certaines théocraties : Soudan, Mauritanie, Somalie, Comores, Djibouti. L’islam pur et dur, religion totalisante, refuse la laïcisation du politique et ne sépare pas la sphère politique de la sphère privée. Il vise non seulement à moraliser la société mais à changer l’Etat.

Montée du religieux

On assiste à la montée en puissance du religieux et ses liens avec la politique. Mais ? Les églises sont à la fois des forces d’opposition et de résistance et des forces de soutien aux pouvoirs politiques cherchant à les instrumentaliser.

Les églises chrétiennes contribuent aux compromis socio-politiques. Les églises et les réseaux religieux sont des relais des Etats défaillants comme lieux de socialisation, d’entraide, d’éducation, de soins et de redistribution. Ils contribuent au soulagement des misères. Les religions sont des fenêtres ouvertes sur le monde, par elles arrivent les flux monétaires et d’information et se constituent des réseaux transnationaux.

Selon Bayart, les « entrepreneurs politiques » utilisent le registre religieux en créant des cultes ou en récupérant une église comme instrument de pouvoir.

La déclaration des religieux a été facteur d’un plébiscité pour IBK en septembre 2013. Cependant, Dieu dit ceci : l’être humain doit vivre à la sueur de ses efforts. Une maxime rapporte : toutes associations ou tous regroupements dont les bénéfices sont détournés par quelques personnes finissent par éclater. Cette société civile, composée de religieux, de femmes d’ONG et de jeunes, roule pour elle et non pour les Maliens.

Les religieux musulmans pratiquent le commerce et font fi du fisc. Un religieux a récemment organisé le Maouloud à Bamako. Il n’a payé ni l’esplanade, ni les agents de sécurité. L’Etat lui a gratuitement tout donné. La Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) est une caisse de résonance du parti au pouvoir.

Quant au Conseil national des Jeunes (CNJ), c’est le gendarme du pouvoir. Les activités du Haut conseil islamique (HCI), du CNJ et de la CAFO sont prises en charge par le gouvernement. De ce point de vue, cette société civile politisée, devenue une société civile unipersonnelle, n’est pas représentative du peuple malien.

Pour avoir l’adhésion de cette Umma islamique, IBK nomme contre toute attente, Moussa Mara (Tidjanya) à la Primature pour mettre fin aux hostilités entre d’une part, le HCI et son gouvernement contre la nomination de certains ministres impliqués dans des malversations et d’autre part, entre le HCI et le ministre en charge des Affaires religieuses et du Culte (Thierno H. Diallo), qui, selon certaines indiscrétions ne serait pas un musulman pratiquant.

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