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L’azawad est porteuse de partition du Mali

by sur 25 février 2015

On est revenu à la case départ à Alger, avec d’un côté les séparatistes qui, rèclament toujours la création et la reconnaissance de l »Azawad », et de l’autre, le gouvernement malien qui ne veut rien céder sur l’indivisibilité du pays.

André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS, à propos des pourparlers d’Alger : « S’ il y a des concessions qui sont faites sur la notion d’AZAWAD, ça veut dire que c’est porteur de partition»

Propos recueillis – par Baba Dembélé le 25 février 2015

André Bourgeot est anthropologue, Directeur de recherche émérite au Centre National de la Recherche Scientifique, affecté au laboratoire d’anthropologie sociale.

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Le centre de ses préoccupations scientifiques concerne l’ensemble de l’espace saharo-sahélien, particulièrement le Mali et aussi le Niger où il a longtemps travaillé. Nous l’avons interrogé, vendredi dernier, à l’Azalaï Hôtel Salam, sur la problématique du Nord du Mali.

Quel est votre point de vue sur les pourparlers d’Alger ?

La première observation que je ferai, c’est  qu’on en est au 5ème round. Donc si on en est au 5ème round, c’est qu’il y a eu des blocages dans les précédentes négociations. Il semblerait que ces blocages sont en train d’être levés, mais je ne pense pas qu’ils soient levés d’une manière définitive. Je crois savoir qu’ils ont signé, hier, un accord de cessez-le feu, mais pas plus, pas sur le résultat de négociations qui iraient vers la fin. C’est un résultat appréciable puisque ça recrée les conditions du dialogue.

 

Récemment, la Minusma a signé, avec le MNLA, un communiqué qui a soulevé un grand tollé et entraîné des morts à Gao. Il y a aujourd’hui  une certaine défiance de la population envers la MINUSMA. Qu’en pensez-vous ?

Au vu des informations que j’ai lues, il semblerait qu’il y ait eu une signature entre la MINUSMA et les cadres du MNLA, pour créer une zone de transition sécuritaire, je crois et que ça serait fait à l’insu des autorités maliennes.

Si effectivement, c’était le cas, c’est quand même quelque chose d’absolument inquiétant. Jusqu’à présent et en ma connaissance, le Mali est un Etat souverain. Donc,  il aurait du être quand même informé de cette signature, ce qui, apparemment, n’a pas été le cas.

Finalement, il y a une reconnaissance implicite de ce fait là, puisque la MINUSMA a retiré ce document en disant que « non, en définitive,  c’était simplement  un document de travail qui n’est pas officialisé, etc. » Même si c’est un document de travail, ça ne peut pas se faire à l’insu des autorités maliennes, dans lesquelles intervient une représentation de l’ONU.

 

Concernant les problèmes au Nord du Mali, faut-il faire l’amalgame entre le terrorisme ou « djihadisme et la rébellion ?

En tout cas, c’est un amalgame que je ne ferai pas, parce que c’est quand même deux objectifs et des stratégies différentes. D’un côté, vous avez la nébuleuse Al Qaïda incarnée par AQMI, le MUJAO, Ansardine, qui se réclament exclusivement du salafisme djihadiste, donc, pour  l’instauration d’un émirat ou peut-être à terme d’un khalifat.

Alors qu’à côté de la rébellion à dominante touarègue, les objectifs sont différents, puisque ça concerne essentiellement, à l’origine, l’indépendance et la laïcité. Je rajoute immédiatement qu’il y a eu une convention qui a été signée entre le MNLA et la nébuleuse Al Qaïda. Convention qui a duré, je crois, 4 ou 5 jours. En tout état de cause, elle a quand même été signée, d’une part.

D’autre part, tout le monde sait aussi qu’il y a une mouvance islamiste, cette fois-ci au sein du MNLA.

Quelles sont vos remarques sur la situation générale de notre pays ?

Indépendamment du Nord, je pense qu’il y a au Mali, un climat de tension qui est particulièrement inquiétant. Les critiques s’expriment, c’est très bien, parce que c’est une nation démocratique et puis surtout sur le Nord,  ça va déboucher sur quoi ?

Les problèmes de fond ne sont toujours pas abordés. On va aller sur des mesures dilatoires qui font en sorte qu’on gagne du temps et  qu’il n’y a pas une réelle volonté d’aborder les problèmes de fond.

Le problème qui demeure, c’est le recours à la notion de l’AZAWAD. Si effectivement, il y a des concessions qui sont faites sur la notion d’AZAWAD,  ça veut dire que c’est porteur de partition. L’AZAWAD, c’est l’espace géographique entre Tombouctou et Arawane. Ça, c’est occupé par les pasteurs nomades berrabiches, c’est 300 km2. En aucun cas, ça ne représente un territoire politique qui était le territoire des Touarègues. C’était leur propagande, quand ils ont dit  «  l’AZAWAD, c’est le territoire de nos ancêtres, on a été colonisé par le Mali. »

Tout ça, j’insiste là-dessus, c’est de l’imposture politique, ils ne peuvent pas se prévaloir d’une antériorité historique.

La deuxième signification de l’AZAWAD, c’est 3 régions administratives : Tombouctou, Gao et Kidal, ce n’est pas un territoire touarègue. Ensuite, il y a eu cette notion qui avait été avancée dès le début, par le MNLA, pour revendiquer l’indépendance, c’est l’accusation de colonisation qui est typiquement une fabrication politique.

Ils ont le droit de fabriquer, mais se prévaloir d’une antériorité historique pour légitimer leur revendication,  ce n’est pas acceptable. Ça veut dire que s’il y a des concessions qui sont faites là-dessus, c’est porteur d’un statut particulier et si  c’est porteur d’un statut particulier, c’est aussi porteur d’un  processus de début de démantèlement de l’intégrité territoriale.

Pourparlers d’Alger : La plaidoirie du gouvernement pour l’unité du pays

Maliactu – 24 février 2015

Pour cette étape cruciale des négociations inter-maliennes en cours à Alger, le gouvernement à renforcer son argumentaire pour barrer la route à tout projet de division du Mali.

Dans son nouveau mémorandum, le gouvernement semble avoir étudié de fond en comble tout le document servant de « projet d’accord de paix » de la médiation afin d’y identifier les points pouvant, d’une manière ou d’une autre, consacrer une division de fait ou pouvant prêter à confusion.

Tout en ne remettant pas en cause le projet d’accord de la médiation qui demeure « une bonne base de travail », le gouvernement a apporté un certain nombre de réserves qui touchent pratiquement à la globalité du document. Toujours reste-t-il que les amendements proposés par le gouvernement sont dominés par les questions se rapportant au caractère unitaire du Mali.

L’unité du territoire malien

La première observation du gouvernement dans ce sens porte sur la notion ou l‘expression « Azawad » dont se servent les groupes séparatistes pour désigner les trois régions du nord du Mali (Tombouctou, Gao, Kidal), des supposés territoires de l’Etat du même nom qu’ils revendiquent.

Pour diverses raisons, notamment son rejet par une écrasante partie de la population, le gouvernement ne veut pas du terme « Azawad » dans l’accord final.

« Nous proposons que l’expression « Azawad » ne soit pas retenue dans l’accord pour désigner les trois régions du nord du Mali ».

S’il est admis généralement que l’expression « Azawad » sous-entend clairement la division du Mali, d’autres dispositions du projet d’accord, beaucoup moins évidentes et qui laissent entrevoir la même idée, n’ont pas échappé à la vigilance des experts maliens. C’est le cas de la création d’une « zone de développement des régions du nord », une proposition insérée dans le chapitre des questions politiques et institutionnelles du projet d’accord.  Elle n’y a pas sa place, soutient le gouvernement.

Car « de par sa finalité implicite à moyen et à long terme qui peut laisser penser à des velléités de divisions du pays entre nord et sud, ce qui suscite beaucoup de remous au sein de l’opinion nationale qui y voit une façon de porter atteinte à l’intégrité du territoire national », il faut la ramener au chapitre des questions de développement, recommande-t-il.

Autre point que le gouvernement avait d’ailleurs relevé dans son premier mémorandum sur les « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali » : la notion de « régions intégrées ». Puisque la médiation n’a apporté aucune modification dans son dernier document, le gouvernement récidive dans sa critique.

Dans le projet d’accord, cette disposition se lit ainsi : « Deux ou plusieurs autres régions peuvent, dans des conditions déterminées par la loi, constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises, afin de mieux promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences en ce domaine, telles qu’énumérées dans l’Accord ».

De l’avis du gouvernement, ceci institue une nouvelle entité supra-regionale alors que « dans l’organisation administrative du Mali, la région est l’échelon territorial situé juste en dessous de l’Etat centrale ».

« Pour éviter toute équivoque », la solution serait donc, puisqu’il « ne s’agit pas d’une nouvelle collectivité territoriale mais plutôt d’une action de coopération décentralisée », de sursoir à l’idée de permettre à ces régions de « constituer des entités intégrées », tout en continuant leur collaboration.

L’unité du peuple malien

La division du Mali ne s’apprécie pas uniquement à travers la géographie, il s’agit également, dans les présentes négociations, de conserver l’homogénéité du peuple malien comme le suggère la devise de la république « Un Peuple, Un But, Une Foi ». On remarque que le mémorandum du gouvernement a tenu compte de cet aspect.

Un danger à ce principe a été détecté dans l’article 8 du projet d’accord. Ainsi lorsque la médiation suggère dans son document que « les Parties conviennent de mettre en place une architecture institutionnelle et de développement permettant aux populations du Nord de gérer leurs propres affaires », le gouvernement corrige en proposant que « les Parties conviennent de mettre en place une architecture institutionnelle et de développement permettant aux populations de gérer leurs propres affaires ».

La différence étant qu’il ne faille pas faire de distinguo entre la population du nord et celle du sud du Mali.

Et ce, soutient le gouvernement, parce que « l’architecture institutionnelle proposée concerne toutes les populations du Mali et non seulement celles du nord », même s’il est « également prévu de mettre prioritairement certaines dispositions à portée nationale dans les régions du nord d’abord ».

Par ailleurs, dans le projet d’accord de la médiation, il revient à plusieurs reprises l’instauration de quotas dans les institutions et administrations.

Sur le fait, par exemple, de réserver 50 % des postes à pourvoir dans la fonction publique aux ressortissants du nord, le gouvernement juge la mesure « contraire au principe de l’égal accès des citoyens à la fonction publique ».

C’est également pour préserver ce « principe d’égalité consacré par notre constitution » et dans le « souci de renforcement de l’unité nationale » que le gouvernement ne voit pas d’un bon œil le nouvel ratio de député/habitants du projet qu’il craint d’être « source de tensions » entre les circonscriptions des régions du nord.

« La réservation de quotas pour un groupe déterminé qu’il soit géographique ou ethnique, argumente le gouvernement, entraînera une résurgence des sentiments d’appartenance ethnique, car chaque groupe qu’on croit apparemment homogène se compose en réalité d’une multitude de sous- ensembles et chacun va se mettre à compter ses ressortissants et représentants aux différents niveaux, sans parler de la dimension légitimité ».

Ce que propose le gouvernement en lieu et place des quotas, tels que envisagés dans le projet d’accord, c’est de procéder à une réorganisation administrative du territoire. Toute chose qui « augmenterait le nombre de cercles (circonscriptions électorales) et à terme la déconnexion des circonscriptions électorales des députés avec les cercles ».

Ces propositions du gouvernement, ainsi que celles des groupes armés ont été remises à l’équipe de médiation qui les examine. En attendant un nouveau document de synthèse, les pourparlers sont gelés.

Les discussions promettent d’être longues avant d’aboutir à un consensus car si le gouvernement fait tout pour préserver l’unité du Mali, les groupes armés de la coordination des mouvements de l’Azawad œuvrent dans le sens diamétralement opposé. Malgré qu’ils aient souscrit au caractère unitaire du Mali, leur contre-proposition soutient encore le projet de la division de l’Etat malien en fédération.

Négociations d’Alger : quand les mouvements de la coordination provoquent le blocage

Le Journal du ali – Par Moussa CAMARA – 23/02/2015

En exhumant encore une fois leur projet de fédéralisme, le MNLA et ses alliés nous conduisent tout droit à un autre blocage après celui du 4ème. Les yeux sont désormais rivés sur l’équipe de médiation

Le spectre du blocage plane encore une fois sur les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. C’est du moins ce qu’on peut affirmer au regard de ce qui se passe actuellement dans la capitale algérienne. Après la signature, la semaine dernière, de la cessation des hostilités entre les protagonistes, la coordination des mouvements de l’Azawad a remis après les autres à la médiation internationale ses propositions.

Coup de théâtre : elle a remis, contre toute attente et au grand mépris de la feuille de route, sur la table, l’idée du fédéralisme qui vient comme un cheveu dans la soupe. Les indépendantistes réclament un État de l’Azawad avec Mopti comme capitale.

L’équipe de médiation internationale a déjà commencé depuis la fin de la semaine passée à examiner les documents reçus. Elle rendra certainement compte de son point des résultats de sa réflexion.

L’histoire bégaie ainsi à Alger. Déjà lors du 4ème round des négociations au mois de novembre 2014, les discussions avaient justement achoppé sur cette revendication indépendantiste et la notion d’Azawad pour désigner les régions du nord du Mali.

En réaction à cette supercherie des mouvements de la coordination, le gouvernement malien par l’entremise du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avait déclaré tout de go que sa délégation n’a pas mandat à venir discuter du fédéralisme. Il n’en fallait pas plus pour que le MNLA et alliés ruent dans les brancards.

La confusion qui en résultera marquera un coup de blocage aux travaux. Le fait pour les mouvements de la coordination d’exhumer à l’époque cette doléance aux antipodes de l’idée et l’esprit de la feuille de route et de tous engagements antérieurs signés par les parties prenantes au processus, avait provoqué l’ire de l’équipe de médiation qui n’avait pas manqué de le faire savoir.

C’est avec regret que la médiation internationale constatera l’échec de l’objectif assigné à ce 4ème round à savoir la signature d’un préaccord. Elle produira néanmoins un projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali remis aux différentes parties.
Après ce nouveau coup de théâtre de la coordination des mouvements armés de la coordination, l’on s’achemine sans doute vers un enlisement des négociations. Certaines sources n’excluent pas l’éventualité d’un blocage pur et simple qui se profile à l’horizon.

Que faudrait-il faire pour ramener le MNLA et ses acolytes pour dégager la voie des négociations ? La question est très souvent posée par des observateurs qui ont du mal à expliquer le comportement des indépendantistes. Et ils estiment en majorité que la balle est dans le camp de la médiation internationale. En termes clairs, ils attendent de celle-ci de bander les muscles pour contraindre les mauvais joueurs qui transgressent les règles du jeu.

Les heures à venir nous édifieront davantage.

Mali: Cédant aux menaces des radicaux du HCUA et de Iyad Ag Ghaly : Le nouvel Aménokal de Kidal Mohamed Ag Intallah déclare » ne plus faire partie du Mali

Abdoulaye     DIARRA –  L’indépendant – 24 février 2015

Il ne fait plus l’ombre de doute que le tout-nouvel Aménokal de Kidal, Mohamed Ag Intallah, qui était considéré comme un homme favorable à l’unité nationale et proche de Bamako, a désormais  pris fait et cause pour les irréductibles de Kidal qui réclament haut et fort  le fédéralisme.

L’homme a cédé face à la pression des extrémistes de son clan, notamment son frère Algabass Ag Intallah et  Cheick Haoussa, tous  deux membres du HCUA. Et c’est Iyad Ag Ghaly, fondateur de l’organisation terroriste dissoute Ansar Eddine dont est issu le HCUA, qui détient  la réalité des forces sur le terrain. L’aménokal Mohamed Ag Intallah a déclaré au cours d’un meeting que « Kidal ne fait plus partie du Mali ». C’était le 19 février dernier à Aguelhok.

En effet,  son bras droit, Cheick Haoussa et l’Aménokal des Iforas, Mohamed Ag Intallah, ont animé, le jeudi 19 février à Aguelhok, une réunion avec les populations de la localité pour les exhorter  à plus de soutien aux délégations de la Coordination des mouvements de l’Azawad présentes à Alger dans le cadre des pourparlers inclusifs inter-Maliens.

Il nous revient que Mohamed Ag Intallah, non moins député RPM, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale,  a demandé aux habitants d’Aguelhok et des autres villes qu’ils ont visitées de « ne plus compter sur le Mali » et de se considérer comme de « l’Azawad » . Cette première sortie du chef des Iforas, depuis son intronisation il y a quelques semaines, sera élargie à d’autres localités sous le contrôle des séparatistes.

Cette prise de contact est consécutive au revers subi par les séparatistes lors des derniers combats qui les  ont opposés à des groupes patriotes de la Plateforme. Mais aussi aux nombreuses défections constatées avec les ralliements  de chefs de guerre aux unionistes.

Mohamed Ag Intallah, qui se trouvait  dans une situation inconfortable après son intronisation a, semble-t-il, été menacé par les séparatistes d’opter pour l’Azawad au détriment de l’unité nationale. On se rappelle que sa désignation avait été rejetée par l’aile dure de la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui a désigné son frère Algabass Ag Intallah pour succéder au défunt patriarche. L’actuel  chef de la sécurité de Kidal, le colonel déserteur de la garde nationale du Mali, Hassane Fagaga, avait, lors d’une récente apparition publique, demandé au nouvel Amenokal de faire son choix entre le Mali et l’ « Azawad » avec le risque de perdre sa couronne.

Toutefois, les mises en garde de Iyag Ag Ghaly contre Mohamed Ag Intallah semblent avoir précipité les choses pour ce dernier qui a déclaré  » ne plus faire partie du Mali » et demandé à tous ses  partisans de le suivre.

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