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Après la signature, les réactions

by sur 3 mars 2015

Après la signature d’un document sur la paix à Alger (on ne peut pas encore parler d’accord de Paix, puisque les groupes armés rebelles ne l’ont pas signé), les réactions sont très nombfreuses.

Soulagées ou dubitatives, franchement contre ou pleines d’espoir, elles s’étalent sur un large panel.

Mali : Pourparlers inter-maliens à Alger : Que vaut un accord sans le MNLA ?

Amadou SANGHO  – Le Prétoire – 2 mars 2015

Depuis ce dimanche 1er mars, les rideaux sont tirés sur le 5ème round des négociations inter-maliennes à Alger sous l’égide de l’Algérie auquel s’est adjoint tout le gotha international.

Si au sortir de ces joutes oratoires, le  sourire était au coin, et les mines débridées, suite au paraphe du document final par une partie des protagonistes, il reste que la position figée des irrédentistes touaregs du Mnla suscite bien d’’intérrogations sur, d’abord, le règlement de fond de la crise et ensuite sur la marge de manœuvre réelle qui restera au gouvernement dans la mise en œuvre efficiente des termes de l’accord.

Or donc, les velléités aussi malveillantes soient-elles peuvent ainsi se diluer allégrement dans les effluves de la bonne foi pour autant que les conditions idoines s’y prêtent.

C’est cette démonstration cartésienne qui eut droit de cité dans la capitale algérienne avec le paraphe du document de synthèse faisant foi d’accord entre les différents protagonistes de la crise du nord.

Sans toutefois jouer au rabat joie, il est impérieux d’ausculter au mieux cette option de paraphe partielle sous toutes ses coutures, si tant est qu’on veuille bien éclairer l’opinion nationale.

Donner dans le dilatoire et utiliser la forme biaisée de la communication institutionnelle pourraient conduire à un effet boomerang dont le gouvernement a bien pu, opportunément, se passer en se fendant d’une déclaration apaisante à fort relent de supplication.

Très en verve, le Premier ministre Modibo Keita dans un style rappelant l’adresse normative de l’eclesiat aux corinthiens, a parlé sans fards, avec le cœur et dans une litanie rappelant les grands principes de la nation, les prescriptions fortes servant de ferment à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

Ainsi soit-il ! Au delà de l’émotion suscitée par cet acte de haute portée à la fois symbolique et historique posé par des protagonistes visités par la grâce, une véritable énigme demeure pourtant sur la suite du processus global de sortie de crise, au moment où le symbole même de la résistance touareg, le Mnla décide de rompre les amarres et se mettre en travers de la République.

D’aucuns verront de ce paraphe de l’accord, un simple pis-aller pour donner l’occasion au gouvernement de se présenter sous un bon jour lors de la restitution devant le peuple malien. D’autres y verront même un signe de fébrilité consécutif à une forte pression de la communauté internationale peu ou prou encline à mettre le holà.

De toutes ces supputations, l’histoire retiendra qu’un accord a été paraphé entre parties à Alger en économie des lassitudes et des dénis fâcheux qui ont tout le temps émaillés ces négociations. Reste maintenant à savoir l’étape suivante, après ce paraphe de l’accord, d’autant que le document reste entier, autrement qu’il demeure le bréviaire pour la redéfinition du nouveau cadre institutionnel devant régir la nation entière de Kidal à Kayes.

Mais force est de reconnaitre que ce vœu, pour qu’il sorte de l’univers de la vacuité, doit être accompagné  d’une bonne dose de réalisme avec le sempiternel problème d’insécurité dont les dépositaires attitrés restent le Mnla. D’où la question de savoir la portée réelle de ce document paraphé à Alger. Procède-t-il, d’une stratégie de fractionnement devant aboutir, à terme, à l’isolement donc à l’amenuisement complet des capacités de nuisance du Mnla ?

On peut le penser sans toutefois le jurer d’autant que les damnés de Kidal en affichant cette posture de repli intégral sur soi, dissimulent, on s’en doute, des velléités négationnistes souvent actés sous la grande mansuétude de la communauté internationale.

Aujourd’hui, le malien lamda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord.

L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le Mnla est très différent d’un accord impliquant celui-ci.

Cela est d’une évidence criarde. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le Mnla au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord.

De même que la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour  conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentira floué. Touchons du bois !

 Comment l’accord d’Alger est-il perçu sur le terrain?

Par RFI

A Kidal, la population est plutôt contre l’accord d’Alger qui ne prévoit ni autonomie, ni fédéralisme.AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Ce n’est pas encore la paix dans le nord du Mali, mais c’est une nouvelle étape. Dimanche, le gouvernement malien et les groupes armés favorables à Bamako ont accepté de parapher le texte d’accord proposé par la médiation. La Coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe plusieurs mouvements armés, demande néanmoins un délai supplémentaire pour consulter sa base. La nouvelle étape qui s’engage partage les populations.

Devant des membres de la classe politique et des représentants de la société civile, le Premier ministre malien a expliqué pourquoi le gouvernement a décidé de parapher le projet d’accord proposé par la médiation. Modibo Keïta : « Nous n’avons pas adhéré à des compromissions mais à des compromis de nature à sauver l’essentiel. »

Autre réaction au projet d’accord, celle des habitants de Bamako. Dans l’ensemble, ils considèrent que c’est un bon document, puisque le texte rejette l’idée de partition du pays, mais aussi parce qu’ils sont fatigués d’une situation de conflit qui a trop duré. Selon eux, il fallait accepter cette proposition d’accord de paix pour aller de l’avant.

« A mon avis, le gouvernement a bien fait, parce que ce problème a trop perduré. Il y a un blocage au niveau de l’économie et de la sécurité. Il faut régler ça, d’autant plus que le gouvernement a fait un effort. Je pense qu’au niveau des rebelles, eux aussi doivent faire un effort », insiste cet habitant de Bamako. « Oui, il fallait bien le signer pour sortir de la crise. Si cette signature peut nous permettre de sortir de la crise tant mieux », explique cet autre. « Tout ce qui nous intéresse ici, c’est la paix. Si le texte, le contenu permettent la paix, ça nous arrange. »

Kidal contre l’accord

Mais à Bamako, d’autres restent prudents. C’est une chose d’obtenir la paix sur le papier. C’en est une autre d’obtenir la paix sur le terrain. A Kidal, fief des groupes rebelles, on réagit d’ailleurs tout autrement. Le texte proposé par la médiation consacre l’unité du Mali et la souveraineté de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Pas question de fédéralisme, ni d’autonomie.

Ce dimanche, plusieurs centaines de manifestants ont donc à nouveau défilé pour exprimer leur hostilité à un texte qui, selon des témoignages recueillis au téléphone, ne tient pas compte de leurs aspirations. Les manifestants ont demandé aux groupes rebelles de ne pas accepter cette proposition d’accord.

Mais parmi les notables du nord, certains craignent déjà les conséquences d’un refus de signer cet accord de paix. C’est le cas de Bajan ag-Hamatou, joint par RFI. Ce député de Ménaka, par ailleurs amenokal de la communauté des Iwallamadane, explique :

« Honnêtement, je regrette qu’ils n’aient pas compris la souffrance qu’impose cette situation à la population du nord du Mali et plus particulièrement aux populations touarègues. Ça, vraiment je le regrette. Moi je crois que l’on n’aura jamais un texte qui soit bénéfique pour toutes les populations du Mali. Je voudrais appeler mon frère Bilal Ag Acherif, que je considère être le chef du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad. Je pense qu’ils doivent vraiment prendre leurs responsabilités, parce qu’en toutes choses il y a des limites, en toute chose il y a un temps qu’il faut respecter. »

Selon lui, « il faut qu’ils signent cet accord, parce que les populations n’attendent que ça, parce que ça ne va pas chez les populations, ça ne va pas dans la zone, la criminalité ne fait que prendre des proportions graves, il n’y a pas d’écoles, il n’y a pas de services de santé, il n’y a absolument rien. Il faut qu’ils acceptent de signer parce que la vie des populations en dépend. »

La cérémonie de signature est prévue d’ici la fin du mois à Bamako, des semaines qui vont être déterminantes. Selon les informations obtenues par RFI, la CMA devrait rendre sa décision le 10 mars.

Accord de Paix : les dés sont jetés

Par Mame Diarra DIOP – 02/03/2015

Les représentants du gouvernement malien, étaient face à la presse ce lundi pour restituer. Après le paraphe de l’accord dimanche à Alger, le texte final devra être signé à Bamako le 26 Mars.

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, s’est une nouvelle fois prêté à l’exercice de restitution de la dernière phase d’Alger. En compagnie de ses pairs, Hamadoun Konaté, ministre du développement du Nord et Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre de la réconciliation nationale, il a fait la restitution des dernières évolutions d’Alger. D’emblée, Diop a jugé ce round appréciable, du fait qu’il offre un bon consensus. Pour le diplomate, ce document ne fait état d’aucune forme de compromissions, et répond à cette urgence des populations en attente de développement et de bien être.

L’avant dernière étape du processus

Pour clarifier les choses, contrairement aux premières impressions qui ont fait croire à une signature dans les médias internationaux, Abdoulaye précise que cet accord est une étape dans le processus. Ce paraphe met ainsi fin à la phase de négociations, puis interviendra la vraie signature en fin mars à Bamako. Une date symbolique, le 26 Mars a été choisie. Elle marque la révolution démocratique au Mali dans les années 90, lorsque le pays se libérait du joug de la dictature de Moussa Traoré.

Révolution ? Cette fois, il s’agit de pacifier et d’unir les fils du Mali, de mettre en œuvre ce futur accord de paix, ce qui constituera la phase la plus cruciale et la plus difficile pour le ministre. A la question d’un journaliste sur certains aspects laissés à plus tard, Diop ajoute qu’un accord n’est pas la paix, mais il permet dans un premier temps de répondre aux souffrances des populations, et d’enfin se consacrer aux questions de développement.

D’ailleurs, la garantie de la communauté internationale est là pour observer la mise en œuvre, même si rien n’est jamais certain à 100%. En définitive, pour Diop, mieux vaut avoir un accord que pas du tout. Si les groupes de la coordination n’ont pas encore paraphé le document, les membres du gouvernement restent confiants : « Rien n’indique que les mouvements réfractaires ne signeront pas », précise Hamadoun Konaté. D’ailleurs, ces derniers étaient dans la salle à Alger, et ont demandé entre 72h et deux semaines, pour consulter leurs bases, afin d’être en mesures de signer dans le meilleur des scénarios.

L’Azawad renvoyé à plus tard… 

Si les journalistes, ont aussi mentionné le terme Azawad, qui fait tant débat. Il est dans le texte sujet à controverse. Et un débat national devra trancher définitivement sur l’appellation, dont rêvent les sécessionnistes pour leur territoire. Mais « l’Azawad, cela est très clair, ajoute Abdoulaye Diop, ne représente nullement une entité politico-juridique qui regroupe les trois régions du nord du Mali ». Et ne le représentera sans doute jamais…

Ce qui conforte aussi Bamako sur la viabilité de ce futur accord, c’est que selon Zahabi Ould Sidi Mohamed, le processus a été différent de celui des accords précédents signés au Mali. La médiation s’est largement ouverte à un panel d’organisations et même de pays, voulant apporter leur aide dans le processus de paix malien. Le Maroc, le Burkina, et même la Suisse un moment…

Le choix de la médiation, aura aussi joué en faveur de ce processus, qui a vu des rencontres exploratoires, une large concertation de la société civile, afin d’être le plus inclusif possible. Les Assises sur le nord et les Etats Généraux de la Décentralisation, auront, également par leurs recommandations, servies de base de travail à la médiation internationale.

Au vu et au regard de tout cela, Alger, qui dirige cette médiation espère une signature finale dans les meilleurs délais. La France aussi le souhaite et fait pression sur le MNLA et consorts. Les Etats-Unis ont eux salué ce préaccord et n’ont montré aucun veto.

Si cet accord était enfin signé par toutes les parties, en fin mars, il faudra sans doute, après la satisfaction générale, penser immédiatement à la mise en œuvre adéquate. Tout en préservant les engagements généraux et l’inviolabilité les principes d’unité, et d’intégrité territoriale, lignes rouges. « Nous avons en tout cas prouvé notre bonne foi aux yeux du monde », pour avoir la paix, souligne Zahabi.

Aux groupes armés désormais de montrer la leur…

Fin du dialogue inter-maliens inclusif d’Alger : Le Gouvernement a paraphé un accord de paix avec certains groupes armés, hier

Moussa TOURÉ – Soir de Bamako le 2 mars 2015

Les Mnla-Hcua-Maa se sont abstenus de signer. Ils ont demandé « un délai raisonnable » pour consulter leurs bases

Le Gouvernement Modibo Kéïta a signé hier dimanche à Alger avec une partie des groupes armés du nord du pays un « accord de paix et de réconciliation » pour mettre fin aux violences. Il s’agit notamment du Mouvement Arabe de l’Azawad-dissident (Maa-dissident), de la Coordination pour le Peuple de l’Azawad (Cpa) et de la Coordination des Mouvements et Fronts Patriotiques de Résistance (Cm-Fpr). Cet accord « a valeur d’une boussole crédible et efficace vers la paix », a observé le Ministre algérien des Affaires Étrangères, Ramtane Lamamra, chef de file de la médiation internationale dans ce dossier. Il « sera signé par toutes les parties », a-t-il insisté.

Le document paraphé en milieu de matinée dans un palace algérois après huit mois de laborieuses négociations n’a pour l’instant pas reçu l’approbation de la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe plusieurs groupes rebelles comme le Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla), le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua), le Mouvement Arabe de l’Azawad (Maa). Cette Coordination a demandé un “délai raisonnable” en vue de consulter les populations qu’elle représente car un “accord non partagé avec les populations” a “peu de chance d’être appliqué sur le terrain”, a expliqué à la tribune un de ses représentants.

Le délai demandé exprime tout simplement “l’ambition d’obtenir le maximum de soutien” à l’accord et non une volonté de de “se désolidariser”, a relativisé M. Lamamra. Selon son porte-parole, la présence des membres de la Coordination à la cérémonie “signifie qu’ils acceptent l’accord”. “Les négociations sont terminées”, a-t-il affirmé, alors que le texte doit être désormais ratifié à Bamako par les différents groupes.

Cet accord est destiné à conclure les négociations débutées en juillet 2014 à Alger, les premières à rassembler l’ensemble des parties prenantes au conflit dans le nord du Mali.

Le Ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a qualifié d’“excellente nouvelle” cet accord et appelé tous les groupes armés à le signer “sans délai”.

« VIVRE FRATERNELLEMENT »

Un porte-parole des mouvements armés pro-gouvernementaux, Harouna Toureh, a affirmé leur engagement à “respecter l’esprit et les termes” du texte. “Nous ferons tout pour que cet accord vive et qu’il permette à toutes les populations de se retrouver, de vivre ensemble comme par le passé solidairement et fraternellement”, a-t-il ajouté.

Le texte appelle à “reconstruire l’unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle”.

Comme le souhaitait Bamako, l’accord ne parle pas d’autonomie ni même de fédéralisme, et insiste sur l’unité territoriale, l’intégrité territoriale de l’État du Mali, ainsi que sur son caractère républicain et laïc.

En revanche, il cite l’appellation d’Azawad, par laquelle les groupes rebelles à dominante touareg désignent cette région, comme une “réalité humaine”, en réponse aux revendications des rebelles. Il prévoit la création d’Assemblées régionales élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants dans un délai de 18 mois, ainsi qu’une “plus grande représentation des populations du Nord au sein des institutions nationales”.

Sur la question de la sécurité, il stipule une refonte de l’armée notamment par l’intégration de combattants des mouvements armés du Nord. En outre, une Commission d’enquête internationale devra faire la lumière sur tous les crimes de guerre, contre l’humanité, de génocide et autres violations graves des droits de l’homme pendant le conflit, selon ce document.

Crise malienne: la presse parle du « retour » de la paix et salue la médiation algérienne

 ALGÉRIE Presse Service –  Lundi, 02 Mars 2015 12:40

ALGER- Les journaux paraissant lundi ont consacré de larges espaces au paraphe la veille à Alger de l’accord de paix et de  réconciliation nationale, qui augure d »’un retour à la paix » au Mali, saluant par la même l' »efficacité » de la diplomatie algérienne.

Pour le quotidien l’Expression, l’accord est le « résultat d’un processus de négociation, dans le cadre d’une médiation internationale menée par l’Algérie ».

Le même journal, qui a titré par: « la paix est de retour au Mali », mentionne le rôle joué par l’Algérie, en tant que chef de file de la médiation internationale, dans le dialogue intermalien.

Le journal El Moudjahid qualifie de son coté le paraphe de l’accord de « pas décisif », reprenant des déclarations faites à l’occasion, notamment celles du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui affirme que le document sert de « boussole crédible pour la paix au Mali. »

Quant à Liberté, qui souligne le « temps de consultation » demandé par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CAM) avant de parapher le document, il titre: « Mali: un accord de paix signé à Alger », ajoutant dans son éditorial que l' »aboutissement de ce long processus (dialogue) devrait ouvrir la voie à la consolidation des efforts de stabilisation du Sahel. »

« Lamamra réussit son pari », titre pour sa part, Le Soir d’Algérie, qualifiant le cinquième round du dialogue malien d' »historique », malgré, a-t-il ajouté, la demande faite par la CMA de lui accorder une pause pour « consulter sa base ».

« Un détail qui ne semble pas inquiéter Ramtane Lamamra, puisqu’il assure que +très prochainement+ tout sera +comme convenu+ », écrit le Soir d’Algérie.

Le Quotidien d’Oran mentionne de son côté, qu’officiellement, et avec la signature de l’accord par Bamako et les mouvements politico-militaires du nord engagés dans  la plateforme d’Alger, « la crise malienne est fini ».

Evoquant également la pause demandée par le MNLA, membre de la CMA, le journal analyse que la signature de l’accord a été présentée comme constituant « une avancée décisive dans la solution finale de la crise malienne ».

Le même sujet a été traité par le quotidien Echourouk, qui a constaté que l' »Algérie a réussi à conduire les protagonistes maliens à signer l’accord », signalant la position de trois autres mouvements ayant demandé du temps pour « expliquer » le contenu de l’accord aux populations du nord Mali.

« L’Algérie réussit la réconciliation entre les bilégerants maliens », écrit Sawt al Ahrar, mettant en exergue l’hommage de la médiation internationale au président de la République, Abdlaziz Bouteflika, pour son engagement pour la paix au Mali.

Le journal évoque également le temps demandée par le CMA avant de parapher le document, rappelant qu’une telle attitude ne signifie pas « un rejet » de l’accord, mais plutôt une « pause » de consultation.

En outre, El Khabar a titré par: « l’Algérie met fin à la crise au Mali et s’intéresse à la situation en Libye », estimant qu’à la faveur de la signature, par une partie des mouvements maliens, « la médiation algérienne à traversé la moitié du chemin vers l’instauration de la paix au Mali ».

« La médiation algérienne couronnée par la signature d’un accord de paix et de réconciliation », écrit Ennahar, qui reprend les réactions positives enregistrées après le paraphe de l’accord à Alger.

El Watan, de son côté, parle d' »accord partiellement paraphé en attendant la paix », indiquant que « la médiation internationale (…) voulait la conclusion d’un accord de paix (…) c’est désormais chose faite ou, du moins à moitié faite puisque l’un des principaux protagonistes de la crise, la CMA, a demandé +une pause pour mobiliser le maximum de soutien à cet acte fondateur+ ».

A la Une : l’accord d’Alger

Par Frédéric Couteau – RFI – lundi 2 mars 2015

« L’accord de paix et de réconciliation au Mali a donc été signé hier à Alger, constate le quotidien algérien La Tribunemais sans la Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA, qui a demandé un délai de quelques jours  » pour expliquer la teneur de ce document aux populations du Nord-Mali « . (…) Le porte-parole de la CMA, Mouloud Ramdane, poursuit le journal, a expliqué que les mouvements belligérants tenaient à leur principale revendication qu’est la  » reconnaissance de l’appellation de l’Azawad  » par le gouvernement malien.  » Nous n’avons pas pris les armes pour rien, a-t-il affirmé. Nous voulons une définition claire du statut de l’Azawad et une reconnaissance politique et juridique » de ce territoire du Nord-Mali. Interpellé à ce propos, maître Harouna Toureh, le porte-parole des mouvements pro-Bamako de la Plateforme d’Alger, a répondu qu’il était  » impossible d’introduire le moindre article en ce sens dans le document« . » Conclusion, constate La Tribune : la CMA pourrait ne pas signer cet accord. Ce qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau cycle de violences armées.

Que vaut un accord sans le MNLA ?

La presse à Bamako est partagée entre soulagement et inquiétude. Pour le quotidienL’Indépendant, « il n’est pas étonnant que les séparatistes kidalois n’aient pas paraphé l’accord de paix proposé à Alger. La question est de savoir maintenant s’ils pourront conserver ce comportement totalement négatif longtemps. (…) Il n’est assurément pas dans leur intérêt de s’enfermer dans l’isolement, de s’exclure de la dynamique de paix portée par la communauté internationale. Une telle conduite ne leur laisserait d’autre choix que la poursuite de la guerre,affirme encore L’Indépendant, dont ils ont de moins en moins les moyens, à en juger par les nombreux revers subis ces dernières semaines face aux groupes armés dédiés à la sauvegarde d’un Mali un et indivisible. »

« Que vaut un accord sans le MNLA ? », s’interroge pour sa part Le Prétoire, toujours à Bamako. « Aujourd’hui, le Malien lambda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord. L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le MNLA est très différent d’un accord impliquant celui-ci. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, estime Le Prétoire, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le MNLA au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord. De même, pointe encore le journal, la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des Touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentirait floué. Touchons du bois ! »

Premier palier…

Pour le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou, il faut malgré tout positiver… « Après sept mois à ahaner à Alger, tel l’éternel Sisyphe avec sa pierre sur la montagne, les protagonistes du dialogue intermalien ne pouvaient pas s’attendre à mieux, à savoir, une sorte de premier palier, avant peut-être un accord définitif. En refusant pour l’instant, d’apposer leur paraphe, la CMA veut se donner un délai, le temps de consulter en quelque sorte, sa base et de soupeser les tenants et les aboutissants du document. Car si bien sûr, du côté d’Alger, on a discuté, pinaillé sur de nombreux détails, tous ramenant à l’autonomie du Nord-Mali, sur le terrain justement, les choses ne sont pas aussi simples. (…) En dépit donc de l’absence de la signature du mouvement de l’Azawad sur le texte, il faut positiver, estime Aujourd’hui, car palier après palier, on parviendra un jour à trouver une solution à cet épineux problème malien qui est vieux de plusieurs décennies. »

Enfin, le site d’information Fasozine exprime son impatience : « A l’allure où vont les choses, on a l’impression que plus les pourparlers durent, moins on se rapproche du bout du tunnel. Or, il faudra bien siffler la fin des négociations pour passer aux actions concrètes de développement dont les populations ont besoin pour recommencer à croire aux vertus du vivre-ensemble dans un seul et indivisible Mali. »

 Le Mali accepte-t-il l’autonomie du nord ?

Tiékorobani –  Procès Verbal – 02 Mars 2015 

Ce que dit le nouveau projet d’accord algérien

Le 25 février 2015, le médiateur algérien a proposé aux représentants du Mali, des groupes armés du nord et des milices d’autodéfense pro-Mali un projet dont nous décrivons ci-dessous les points saillants et les pièges.

Adhésion formelle à l’intégrité du territoire et à la laïcité de la République.

A l’article 1, le projet d’accord  présenté par l’Algérie souligne l’attachement des parties au rejet de la violence et au « respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc ». La manoeuvre est fort adroite: elle permet de faire avaler le reste de la pilule qui, au vrai, a un goût de nivaquine. En effet, la belle profession de foi chantonnée plus haut est aussitôt édulcorée par l’obligation faite aux parties de promouvoir « la diversité culturelle et linguistique » et de permettre « la prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques ». 

Rhétorique séparatiste.

En poursuivant la lecture, on découvre que le projet d’accord prévoit « un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali ». La chose n’est pas mauvaise en soi, sauf qu’elle reprend la rhétorique du MNLA: chaque fois qu’il plastronne sur les plateaux de télé étrangers, ce groupe séparatiste ne parle, en effet, que de « spécificités » du nord, de « prise en charge de leurs propres affaires par les populations locales » et de « développement équilibré de l’ensemble des régions » du Mali. Sous-entendu: toute oeuvre de développement doit désormais prioriser le nord qui aurait été délaissé depuis l’indépendance par l’Etat malien. 

Révision constitutionnelle.

Le texte algérien annonce qu’au besoin, l’accord sera mis en oeuvre à travers une révision des lois et de la Constitution du Mali. Cette annonce est lourde de périls car toute révision de la Constitution nécessite un référendum populaire; or, on peut d’ores et déjà tenir pour certain que le peuple malien, majoritairement situé au sud, rejettera tout accord, même passablement favorable aux groupes rebelles. Que ferait-on en cas de rejet ?

Reconnaissance de l’Azawad

.        A l’article 2, le texte reconnaît l’« Azawad » comme « une realité socioculturelle, memorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali, constituant des composantes de la communauté nationale ». Pas sûr que le mot « Azawad », qui caractérise depuis des années le discours des rebelles, soit gobé par les Maliens.

Autodétermination par la base.

Le texte fait la part belle aux séparatistes en prévoyant la mise en place de « Collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus ». Il sera aussi institué « un système de défense et de sécurité basé sur les principes d’unicité, d’inclusivité et de représentativité ». Derrière ces jeux de mots, se cache à peine la ferme volonté de rebâtir l’armée et les forces de sécurité maliennes sur des bases ethniques; sinon, comment parler de « représentativité » dans l’armée comme s’il s’agissait d’une entité élue ?

D’autre part, élire les dirigeants des collectivités territoriales et les doter de « pouvoirs étendus » revient à diviser le pays par la base. Une manière de concéder l’audétermination locale des régions du nord, n’est-ce pas ?

Ainsi, chaque région du nord aura à sa tête une assemblée dirigée par un président élu au suffrage universel direct et qui sera « le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région ». Elu comme IBK et président comme lui, pourquoi ce chef régional irait-il lui rendre des comptes ? Comment ce chef local élu serait-il révoqué ? Qui assurerait sa tutelle administrative alors que l’article 9 du texte algérien déclare que « les délibérations des collectivités territoriales sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat » ?

Il en ira de même des cercles qui, selon  le projet d’accord, seront dirigés par des « présidents de conseil de cercle »élus. Soulignant les pouvoirs de cette  foule de baronnies qui parsèmeront, telles des épines, le territoire malien, le texte donne à chaque cercle ou région de prendre « la dénomination officielle de leur choix ». Pour couronner le tout, les chefs de tribus et autres grands chômeurs du nord entreront – sans élection – dans un Sénat qui verra le jour.

L’Etat spolié de ses pouvoirs au profit des régions

.  L’article 8 du projet d’accord donne aux régions du nord tous les pouvoirs pour régir elles-mêmes toutes questions liées aux domaines suivants: développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication, énergie, hydraulique et assainissement; agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme, transports interrégionaux; budgets et comptes administratifs; établissement et application d’impôts et de recettes propres; coopération décentralisée et jumelage; police territoriale et protection civile.

Sécurité et armée ethnicisées.

Le projet d’accord impose « une participation active et significative des populations, en particulier celles du nord à la gestion de la sécurité locale ». Et c’est quand l’armée et les forces de sécurité auront été ainsi« reconstituées » qu’elles entameront leur redéploiement « progressif » au nord. La « reconstitution » selon les critères dictés par les rebelles est donc une condition du retour de l’armée dans cette partie du territoire. Où est donc l’indépendance du Mali ?

L’article 22 enfonce le clou en stipulant: « Les forces (armées) devront inclure un nombre significatif de personnes originaires du nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et faciliter la sécurisation progressive de ces régions ». En clair, tant que l’armée n’aura pas été inondée de Ag et de Ould, les groupes armés ne se sentiront pas en « confiance » ! Et que ferait-on des officiers touaregs et arabes qui ont déserté l’armée puis ouvert le feu leurs anciens compagnons d’armes maliens ?

Zone spéciale de développement du nord.

Le projet d’accord prévoit « une Zone de Développement des Regions du Nord, dotée d’un Conseil consultatif interrégional et d’une Stratégie Spécifique de développement adaptée aux réalités socioculturelles et géographiques ainsi qu’aux conditions climatiques ». La fameuse« stratégie spécifique » susvisée tend, selon l’article 35 du projet, « à hisser les régions du nord au même niveau que le reste du pays en termes d’indicateurs de développement, et ce dans un délai n’excédant pas 10 à 15 ans ». Enfin, l’article 14 engage l’Etat malien à tansférer 30% de ses revenus aux régions, avec une« attention particulière pour les régions du nord ».

En somme, le nouveau projet ressemble comme deux gouttes d’eau au premier qui, après examen, a été rejeté par le gouvernement du Mali.

Il  porte les germes de la partition du pays même s’il se garde d’utiliser ce mot. Il semble que les représentants maliens à Alger, y compris le ministre des Affaires Etrangères, Abdoulaye Diop, aient marqué leur adhésion au texte dont le médiateur algérien aurit dit qu’il était « à prendre ou à laisser ». Si les groupes armés font mine de bouder le projet, c’est par ruse de guerre : le texte consacre l’autonomie parfaite du nord du Mali qui est même autorisé à s’appeler « Azawad » de Kidal à Tombouctou. Il ne faut cependant pas exclure un revirement de la position malienne: après avoir annoncé que le premier projet d’accord algérien était « une bonne base de discussion », Abdoulaye Diop n’a-t-il pas fini par être désavoué par le gouvernement malien ?

 

LE COREN PROTESTE : « La reconnaissance de l’Azawad dans le projet d’accord est une imposture »

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau du 02/03/2015

Alors que certains commencent déjà à se satisfaire de la signature imminente d’un accord de paix, le Collectif de ressortissants du Nord (Coren), botte en touche le document, estimant que la tentative de reconnaissance de l’Azawad est la pomme de discorde.

Dans un communiqué en date du 28 février 2015 et signé de son président, l’ancien ministre Malick Alhousseyni, le Collectif des ressortissants du Nord du Mali (Coren) monte au créneau et met en garde contre la signature d’un accord qui sape les fondements de la République. Le Coren dit suivre avec une attention soutenue les pourparlers en cours à Alger.

« A l’heure d’une signature imminente d’un accord entre les groupes armés et le Mali, le Coren attire l’attention des autorités du Mali et le peuple du Mali sur les pièges contenus dans lesdits accords projetés », selon le communiqué. La sortie de l’organisation est dictée par la tournure que les événements sont en train de prendre à Alger.

« En effet la reconnaissance de l’Azawad comme ‘une réalité socio culturelle mémorielle et symbolique’ telle que déclamée et proclamée dans le projet d’accord est une imposture sur laquelle s’appuieront les forces occultes, qui ont ourdi le complot contre le Mali, pour sceller définitivement dans un futur proche et immédiat la partition du Mali », prévient le Coren.

Le Collectif en appelle aux autorités du Mali pour récuser tout document comportant une telle imposture. Et au regard de la gravité de l’acte, il appelle « le peuple du Mali et particulièrement les populations du Nord du Mali à réfuter, au prix du sacrifice ultime, une telle contre-vérité (Azawad) qui est la négation de l’histoire et la culture séculaires partagées des régions nord du Mali ».

Pour toutes ces raisons, le Coren en appelle à la Méditation afin que les germes de la division et la guerre permanentes que constitue la reconnaissance du terme « Azawad » ne soient pas ensemencés sur les terroirs du Nord du Mali. L’organisation attire la vigilance et la clairvoyance des Maliens et des amis du Mali pour faire échouer toute tentative de falsification de l‘histoire.

La position  du Collectif des ressortissants du Nord nous rappelle la farouche opposition de la jeunesse de Gao contre la signature d’un accord limitant le mouvement de groupes d’autodéfense et la résistance des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur face au projet de fédéralisme clamé par le MNLA et ses alliés.

L’acceptation du gouvernement et des autres parties prenantes, notamment la communauté internationale, la médiation et autres du nom problématique et détestable Azawad est tout simplement une trahison et constitue une insulte pour les nombreuses victimes de la crise.

Et à ce train, il ne reste plus qu’à légitimer la rébellion armée.

Accord issu des pourparlers d’Alger : L’Association pour le développement du cercle de Goundam refuse

Aguibou Sogodogo  – Le Républicain du 2 mars 2015

Au cours d’un déjeuner de presse, organisé à Faladiè le samedi 28 février 2015, les responsables de l’Association pour le Développement du Cercle de Goundam (Adcg) ont émis des réserves au document issu des pourparlers d’Alger.

Ils ont montré leurs indignations face au mot « Azawad » inclus dans le document. C’était en présence du président de ladite Association, Oumar S Traoré, de son secrétaire général, Abdou Diop, du député élu à Goundam, Mohamed Sidi Ould Mohamed, du président du conseil de cercle de Goundam, Talfi Ag Hama, du chef de tribu Kel Ansar, Abdoul Majid et d’autres personnalités.

Selon le secrétaire général de l’Adcg, Abdou Diop, leur association a contribué au processus de paix et de réconciliation en témoigne la contribution à l’effort de guerre à hauteur d’un million de FCFA et la participation aux différents forums. A sa suite, le président de l’Adcg, Oumar S Traoré a eu le privilège de lire la déclaration produite par l’Association. L’Adcg réaffirme son attachement aux valeurs de la République du Mali (Unité, laïcité) et appelle ainsi à une réconciliation nationale.

« Nous ne sommes pas d’accord qu’on prenne les trois régions du nord du Mali pour l’Azawad. La précision est de taille. Nous allons faire des sit-in si le gouvernement signe l’accord en l’état actuel », indique le secrétaire chargé des questions jeunes de l’Association, Almami Alphamoye Haïdara.

Selon Oumar S Traoré, depuis le début du mois de février, les maires des régions du nord sont à Bamako pour sensibiliser les pouvoirs publics à prendre des mesures urgentes face à la recrudescence de la violence dans le nord du Mali ; mais aussi de mettre fin aux attaques, braquages et autres enlèvements par des bandits armés affiliés aux Mnla MAA et HCUA.

« Du 27 janvier 2013 au 5 Février 2015, le cercle de Goundam a connu une centaine de braquages et d’enlèvements avec mort d’hommes. Le 25 janvier 2015, le Commandant de Brigade (CB) de Goundam a été sauvagement assassiné sur la route Goundam-Tombouctou par des hommes armés qui tentaient d’enlever des véhicules dans la zone de Douékiré. Le 5 février dernier, Bintagoungou a été attaqué par des éléments du MAA de Ber. Les populations ont été épargné grâce à la détermination des groupes d’autodéfense qui ont repoussé avec les moyens de bord les assaillants et récupéré leur véhicule. Pour ne citer que ceux-ci », a-t-il dit.

L’Adcg ne peut rester indifférente à cette situation dramatique qui annihile tous les efforts de paix et de réconciliation. C’est  pourquoi, elle se joint aux maires du cercle de Goundam pour solliciter des plus hautes autorités : le déploiement des forces de défense et de sécurité sur toutes les zones non couvertes ; l’organisation de patrouilles permanentes entre les localités ; le retour effectif de l’administration et de tous les agents de l’Etat à leurs postes avant le démarrage des opérations électorales, l’aménagement, la réhabilitation des sites d’accueil des populations déplacées, refugiées et la reprise des rencontres intercommunautaires ; la reprise effective des travaux de la route Goma coura-Tombouctou, et la sécurisation des équipes et des partenaires au développement.

Par ailleurs, face à l’insécurité au Nord du Mali, l’Association signale l’impossibilité d’organiser les élections communales et régionales.

Mali : vers un accord de paix définitif ?

02/03/2015 à 09:45 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Le 5e et dernier round des négociations intermaliennes de paix engagées en juillet à Alger se sont soldées dimanche par un accord inachevé, paraphé par le gouvernement mais pas par les principaux groupes rebelles du Nord. Ceux-ci réclament un délai pour consulter leur base.

Que contient l’accord d’Alger ?

L’accord signé dimanche à Alger par le gouvernement malien et les groupes armés du Nord du pays – à l’exception notable de ceux rassemblés sous la bannière de la Coordination des mouvements de l’Azawad qui regroupe les principaux groupes rebelles à dominante touarègue, dont le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) – prévoit deux dispositions majeures.

La première est la création d’Assemblées régionales élues au suffrage universel direct et dotées de pouvoirs importants dans un délai de dix-huit mois, assortie d’une promesse de « plus grande représentation des populations du Nord au sein des institutions nationales ». La seconde – déjà utilisée sans grande réussite par le passé – est l’intégration des combattants des mouvements du Nord dans l’armée malienne, y compris à des postes de commandement.

Comme le souhaitait Bamako, le texte ne parle ni d’autonomie ni de fédéralisme et insiste sur l’unité et l’intégrité territoriale du Mali, ainsi que sur le caractère républicain et laïc de l’État. Il cite néanmoins l’Azawad (l’appellation du nord du Mali par les rebelles) comme une « réalité humaine », répondant ainsi à une revendication des rebelles.

Pourquoi les principaux groupes rebelles réclament un délai

Cet « accord de paix et de réconciliation » n’a pas été paraphé par la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui a demandé un « délai raisonnable » pour consulter les populations qu’elle représente, après avoir exigé en vain des amendements au texte final.

Dès lundi, les délégués de la CMA vont retourner dans leurs fiefs du nord malien pour tenter de convaincre une société civile opposée à un projet qui ne parle ni d’autonomie ni de fédéralisme. Pour les leaders de la Coordination, le raisonnement est simple : un accord non partagé avec les populations et sa base a peu de chances d’être appliqué sur le terrain. La tâche s’annonce difficile : samedi après-midi, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs localités du Nord, comme à Ber et Kidal, contre le texte élaboré à Alger.

Malgré cette épée de Damoclès supendue au-dessus du nouvel accord, les discours se veulent rassurants, tant du côté de la médiation algérienne que dans les rangs de la Coordination.

Selon Ramtane Lamamra, le texte sera signé « par toutes les parties » et le délai demandé exprime « l’ambition d’obtenir le maximum de soutien » au texte et non une volonté de s’en « désolidariser ». De son côté, Mohamed Ousmane Ag Mouhamedoun, un des porte-paroles de la Coordination, a expliqué que les non-signataires n’excluaient pas de parapher le texte en cas d’approbation de la population, se disant même « optimiste quant à une signature dans quelques semaines au Mali ».

Un accord définitif signé fin mars à Bamako ?

Une cérémonie de signature officielle de cet accord de paix est prévue fin mars à Bamako. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, chef de la délégation gouvernementale à Alger, s’est dit convaincu « que la signature aura lieu dans quelques semaines ». Le Premier ministre, Modibo Keïta, a pour sa part appelé les groupes rebelles à franchir le pas pour « construire l’édifice de la paix, du développement juste équilibré ». « Le projet d’accord soumis aux parties n’est certes pas parfait, mais il constitue un compromis que nous pouvons accepter tout en restant vigilants quant à sa mise en œuvre », a-t-il indiqué.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, chef de file de la médiation internationale, a qualifié cet accord, dont l’accouchement a nécessité huit mois de laborieux pourparlers, de « boussole crédible et efficace vers la paix ». Après cinq rounds de négociations, entamés en juillet 2014 à Alger, « les négociations sont terminées », a déclaré le porte-parole de la médiation algérienne. Un échec serait synonyme d’une nouvelle impasse, et donc d’une nouvelle crise dans un Nord du Mali de plus en plus en proie aux divisions tribales inter-touarègues et aux trafics de toutes sortes.

 

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