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Les discussions se poursuivent à Kidal

by sur 15 mars 2015

Depuis le 10 mars, et alors qu’elles avaient été annoncées rapides,  les discussions se poursuivent dans le Nord du Mali, entre les mouvements et groupes armés qui ont participé aux discussions à Alger et la base.

Actuellement, les représentants des régions de Gao et Tombouctou semblent favorables à une signature; mais ceux de Kidal maintiennent leur refus.

Mais au fait, : qui sont les vrais maîtres du Nord ?

Les mouvements rebelles poursuivent leurs discussions

AFP – 14 mars 2015

Les mouvements rebelles à dominante touareg du nord du Mali poursuivaient samedi à Kidal leurs discussions sur l’accord de paix d’Alger déjà paraphé par le gouvernement, a indiqué à l’AFP un des organisateurs.

«Les travaux continuent. Nous n’allons pas prendre de décision aujourd’hui (samedi). Nous ferons une synthèse des points de vue», a affirmé Mohamed Ag Ayoub, membre du comité d’organisation, joint dans cette ville à plus de 1500 km de Bamako, la capitale.

Les discussions, entamées mercredi, «se poursuivront au moins jusqu’à demain (dimanche)» entre «responsables politiques et militaires» des mouvements rebelles, a-t-il indiqué, sans plus de détails.

Entre 150 et 200 personnes venues de toute la région étaient présentes à Kidal à l’ouverture de ces consultations de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), selon un autre membre du comité d’organisation.

La CMA comprend le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), la Coalition des peuples de l’Azawad (CPA) et une branche du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Leur décision est très attendue sur l’«accord de paix et de réconciliation» établi au terme de huit mois de négociations à Alger, et paraphé le 1er mars par le gouvernement malien et des groupes armés qui le soutiennent.

La CMA avait demandé le 1er mars un «délai raisonnable» pour consulter sa base après avoir exigé, en vain, des amendements au document.

Cet accord vise à créer les conditions d’une paix durable dans le nord du Mali, en proie à des affrontements sanglants depuis plus de deux ans, et qui a connu une série de rébellions des Touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960.

La pression déjà forte sur les rebelles pour signer l’accord s’est intensifiée à la suite de l’attentat anti-occidental du 7 mars à Bamako, revendiqué par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, qui a fait cinq morts: trois Maliens, un Français et un Belge.

Un suspect dans l’enquête, présenté comme un des auteurs présumés de l’assaut, a été tué vendredi à Bamako lors d’une opération policière, d’après des sources officielles et sécuritaires.

Le nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été partiellement chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle de Bamako.

Mali : qui sont les vrais maîtres du Nord ?

Jeune Afrique 13/03/2015 à 17:49 Par Dorothée Thiénot, Benjamin Roger

En dépit de l’annonce à Alger d’un préaccord pour mettre fin au conflit dans le Nord du Mali, les principaux leaders des mouvements de l’Azawad estiment que leurs revendications sont loin d’être satisfaites.

Ce devait être la cinquième et dernière étape avant la paix. Le 1er mars, un projet d’accord a été paraphé dans la douleur à Alger. Mais avec de nombreuses interférences – Maroc, Mauritanie, médiations privées… -, une Minusma (la mission de l’ONU au Mali) dotée d’un nouveau chef qui prend encore ses marques, et des groupes armés toujours plus nombreux et en proie à des divisions internes, les médiateurs algériens se sont peut-être réjouis un peu vite en annonçant la signature d’un accord.

Seuls le gouvernement et la Plateforme des mouvements d’autodéfense (pro-Bamako) ont effectivement signé le document. Et pour cause : fédéralisme et autonomie, les revendications des groupes rassemblés au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), n’y figurent pas. Seul le terme d’Azawad en tant qu' »entité séculaire » a été retenu. Indirectement, ce dernier round semblait avoir pour objectif d’isoler le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), dont les revendications (autonomie de gestion, tant territoriale que sécuritaire) semblent utopiques aux yeux des médiateurs. En vain.

« Individuellement, ils semblaient tous d’accord pour signer cet accord », observe un diplomate. Mais « s’ils avaient signé, ils n’auraient jamais osé remettre un pied à Kidal ! » assure un membre du MNLA.

Les chefs de la CMA sont donc repartis consulter leur base et leurs influents chefs militaires à Kidal, où une consultation a lieu depuis le 10 mars. En attendant une signature définitive, peut-être, à la fin du mois.

Sidi Brahim Ould Sidati : Mouvement arabe de l’Azawad (MAA)

Il est la caution arabe de la coordination. Chef de la branche dissidente du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), créé en 2012, Sidi Brahim Ould Sidati n’a pas toujours été proche des séparatistes du MNLA : son mouvement, avant même sa scission en deux branches, l’une acquise à Bamako, l’autre irrédentiste, avait combattu le groupe de Bilal Ag Acherif. Mais il partage avec la CMA l’exigence d’une large autonomie pour la région.

Cet Arabe issu de la communauté Bérabiche attendait « la reconnaissance de l’Azawad comme entité juridique et politique, une large autonomie et une défense qui prenne en compte les spécificités du territoire [une armée spéciale pour la région]. »

Et il ne veut pas s’entendre dire que la CMA, en refusant de parapher le document, est responsable de l’échec des pourparlers : « Si un problème ne trouve pas de solution, c’est qu’il a mal été posé », lâche-t-il.

Ibrahim Ag Mohamed Assaleh : Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA)

En mars 2014, alors qu’il est cadre dirigeant du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh annonce qu’il claque la porte du groupe séparatiste dirigé par Bilal Ag Acherif pour fonder la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA). Ce Touareg idnan âgé de 49 ans s’est finalement réconcilié avec son ancienne formation et il est aujourd’hui un des leaders de la CMA. Réfugié à Ouagadougou, il a multiplié les allers-retours à Alger depuis le lancement de la médiation algérienne, au début de l’année 2014.

Ex-député de Bourem, il affirme respecter l’unité territoriale du Mali mais se dit mécontent du projet d’accord paraphé le 1er mars. « Nous avons fait beaucoup de concessions, affirme-t-il. Aujourd’hui, nous ne souhaitons pas une simple décentralisation, mais une vraie autonomie pour l’Azawad. » Il réclame la mise en place d’une Assemblée territoriale chargée des questions politiques, économiques et administratives regroupant des élus des trois régions du Nord.

Alghabass Ag Intalla : Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA)

Fils d’Intalla Ag Attaher, l’ancien aménokal des Ifoghas décédé en décembre 2014, il est le patron du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Ce groupe armé, maître à Kidal, qui est devenu l’un des plus puissants de la région, a vu le jour en mai 2013 après une scission d’Ansar Eddine, l’organisation jihadiste d’Iyad Ag Ghali.

Alghabass Ag Intalla affirme avoir rompu avec son ancien compagnon d’armes, converti au salafisme, mais de nombreux observateurs en doutent.

Au moment des négociations à Alger, il a imposé son leadership à la tête de la CMA. Alors qu’il était absent à l’ouverture des dernières négociations, les médiateurs l’ont fait venir pour les deux derniers jours de discussion. Il estime que « tout est encore négociable », et réclame des amendements au texte de préaccord de paix.

Bilal Ag Acherif : Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA)  

Pas une décision sans qu’il en réfère aux puissants ou à la base. C’est ainsi qu’il arrive à se maintenir comme un des leaders de la CMA malgré les fréquentes rivalités internes.

Âgé de 38 ans, ce natif de Kidal a étudié l’économie en Libye. Il multiplie les voyages, à Moscou, à Paris ou à Rabat, et passe pour être proche des positions marocaines. Il a d’abord été membre du MNA, mouvement purement politique à l’époque, puis du MNLA, son successeur armé. Lors de la consultation du 10 mars, il devra faire appel à toute son habileté face à l’intransigeance du HCUA et à une base exaspérée par la lenteur du processus de paix.

Ils ont tous les deux faits leurs armes dans la Libye de Kadhafi. Basés à Kidal, ces quinquagénaires tiennent les combattants sur le terrain : ce sont notamment eux qui ont infligé une cinglante défaite aux forces régulières maliennes, fin mai 2014, à Kidal. Aucun accord de paix ne sera signé sans leur assentiment.

Mohamed Ag Najim, ancien chef militaire du MNLA, est le chef d’état-major de la CMA et commande l’ensemble des troupes rebelles. Cet Idnan, ex-colonel de l’armée libyenne, est réputé brillant officier.

 

Cheikh Ag Aoussa est le chef militaire du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad. Ifogha comme Alghabass Ag Intalla, il est suspecté, comme lui, d’être toujours en contact avec Iyad Ag Ghali, le chef du groupe jihadiste Ansar Eddine, dont il fut l’un des lieutenants.

L’aménokal, un rôle pivot

Frère d’Alghabass Ag Intalla (le patron du HCUA) et héritier du titre d’aménokal des Ifoghas après le décès de son père en décembre, Mohamed Ag Intalla est une personnalité incontournable. Mais ce député du Rassemblement pour le Mali (au pouvoir), qui a refusé d’adhérer au MNLA, est considéré par la ligne dure de la CMA comme trop favorable à Bamako.

 

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