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L’attaque d’un camion de la Croix Rouge revendiquée

by sur 1 avril 2015

Le MUJAO a revendiqué l’attaque d’un camion de la Croix Rouge parti de Gao vers Niamey pour rapporter du matériel médical défaillant à l’hôpital de Gao. Cette action terroriste a fait un mort et un blessé parmi les convoyeurs.

Un groupe jihadiste revendique l’attaque d’un camion humanitaire dans le nord du Mali

Par Laurent Lagneau dans Zone de défense – OPEX – Le 31-03-2015

Le conducteur d’un camion du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été tué, le 30 mars, près de Gao (Nord du Mali), lors d’une attaque revendiquée plus tard par Abou Walid Sahraoui, un porte-parole Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Un membre de la Croix-Rouge malienne a également été blessé.

« Nous avons été très choqués d’apprendre la mort de notre collègue et ami Hamadoun. Il était parti de Gao au volant du camion qu’il conduisait jusqu’à Niamey, au Niger voisin, d’où il devait rapporter du matériel médical pour l’hôpital de Gao, qui en manque cruellement. Sa mort n’est pas seulement une tragédie pour sa famille et pour le CICR. Elle va avoir un impact sur la vie et la santé de dizaines de milliers de personnes », a déclaré  a déclaré Yasmine Praz Dessimoz, chef des opérations de l’ONG en Afrique du Nord et de l’Ouest, par voie de communiqué.

D’après une source militaire au sein de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), l’attaque a précisément eu lieu entre Gao et Ansongo et a été menée par au moins 6 hommes armés. On ignore si la cargaison du camion a été volée par les terroristes.

« Avec l’aide de la main d’Allah, nous avons tué à côté de Gao, en terre musulmane, un chauffeur qui travaillait pour l’ennemi », a affirmé le porte-parole du Mujao. « Nous avons eu ce qu’on voulait avec l’attaque », a-t-il ajouté, lors d’un entretien avec l’AFP.

Pour rappel, le Mujao a fusionné avec les Signataires par le sang de Mokthar Belmokhtar, un ex-commandant d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) pour former Al-Mortabitoune (les Almoravides). Cette organisation a revendiqué l’attentat commis à Bamako, le 7 mars (5 tus dont un Français et un Belge).

Ce n’est pas la première fois que le CICR est visé par le Mujao. En février 2014, ce groupe jihadiste, qui était implanté à Gao avant d’en être chassé par l’opération « Serval », avait enlevé 5 travailleurs humanaires maliens, dont 4 appartenaient à l’ONG. Ces derniers furent libérés quelques semaines plus tard lors d’une intervention des forces françaises.

Nord du Mali: des jihadistes revendiquent l’attaque d’un convoi humanitaire du CICR

(c) maliactu.net avec AFP – 30 mars 2015

Un porte-parole jihadiste a revendiqué lundi auprès de l’AFP une attaque d’un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) près de Gao, dans le nord du Mali, qui a fait un mort.

Dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako, Abou Walid Sahraoui, du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao): « Avec l’aide de la main d’Allah, nous avons tué à côté de Gao, en terre musulmane, un chauffeur qui travaillait pour l’ennemi ».

A la question de savoir s’il s’agissait du chauffeur du CICR dont la mort avait été annoncée peu auparavant par l’organisation internationale à Genève dans un communiqué, il a répondu: « Oui, c’est bien ça. Nous avons eu ce qu’on voulait avec l’attaque ».

Dans un communiqué publié lundi après-midi, le CICR annoncé qu’un de ses collaborateurs au Mali a été tué dans l’attaque d’un camion d’aide de l’ONG près de Gao, la plus grande ville du nord de ce pays, et qu’un membre de la Croix-Rouge malienne a été blessé.

L’employé décédé « était parti de Gao au volant du camion qu’il conduisait jusqu’à Niamey, au Niger voisin, d’où il devrait rapporter du matériel médical pour l’hôpital de Gao, qui en manque cruellement », a expliqué Yasmine Praz Dessimoz, chef des opérations du CICR en Afrique du Nord et de l’Ouest.

L’employé de la Croix-Rouge malienne qui l’accompagnait « a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger. Les circonstances exactes de l’attaque ne sont pas clairement connues au stade actuel, mais le camion était clairement marqué de l’emblème du CICR », a précisé la même source.

Une source militaire africaine au sein de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et un humanitaire joint à Gao ont confirmé l’attaque qui, selon eux, s’est déroulée entre Gao et Ansongo (à moins de 100 km au sud-est Gao).

« Le camion allait effectivement de Gao à Niamey pour s’approvisionner en médicaments pour l’hôpital de Gao. Le principe est que chaque heure, le camion donne des nouvelles par radio, et à 45 km de Gao, l’attaque s’est déroulé », a affirmé l’humanitaire, sans plus de détails. La source militaire à la Minusma a estimé que l’assaut avait été « bien préparé ».

« L’attaque s’est déroulée entre Gao et Ansongo. Elle a été menée par aux moins six terroristes. Des coups de feu ont été tirés », a-t-elle dit, confirmant le décès du chauffeur du camion.

Nord du Mali: le CICR condamne l’attaque qui a coûté la vie à un de ses collaborateurs

Par CICR – le 30 mars 2015

Genève / Bamako (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est consterné par la mort d’un de ses collaborateurs au Mali. L’attaque du camion d’aide du CICR qu’il conduisait a eu lieu ce matin près de Gao, tuant ce collaborateur et blessant un membre de la Croix-Rouge malienne.

Le CICR condamne avec la plus grande fermeté cette attaque et en appelle à toutes les parties au conflit pour qu’elles respectent et protègent les travailleurs humanitaires.

« Nous avons été très choqués d’apprendre la mort de notre collègue et ami Hamadoun, a déclaré Yasmine Praz Dessimoz, chef des opérations du CICR en Afrique du Nord et de l’Ouest. Il était parti de Gao au volant du camion qu’il conduisait jusqu’à Niamey, au Niger voisin, d’où il devait rapporter du matériel médical pour l’hôpital de Gao, qui en manque cruellement. Sa mort n’est pas seulement une tragédie pour sa famille et pour le CICR. Elle va avoir un impact sur la vie et la santé de dizaines de milliers de personnes. »

Au moment de l’attaque, Hamadoun était accompagné d’un membre de la Croix-Rouge malienne. Ce dernier a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger. Les circonstances exactes de l’attaque ne sont pas clairement connues au stade actuel, mais le camion était clairement marqué de l’emblème du CICR.

« La situation humanitaire dans le nord du Mali est préoccupante, affirme Yasmine Praz Dessimoz. Nos équipes mettent tout en œuvre pour soutenir les communautés locales touchées mais le CICR est préoccupé par la violence croissante qui est exercée contre les travailleurs humanitaires et les empêche de venir en aide à des personnes et des communautés complètement démunies. »

Le CICR demande à tous ceux qui participent au conflit de protéger la population civile et de laisser les humanitaires faire leur travail. Il rappelle que l’emblème de la croix rouge doit être respecté.

Le CICR adresse ses condoléances les plus sincères à l’épouse d’Hamadoun et à ses quatre enfants, ainsi qu’à toute sa famille et ses amis.

Informations complémentaires :

Valery Mbaoh Nana, CICR Bamako, tél. : +223 20 29 72 14 / 15 ou +223 76 99 63 75
Claire Kaplun, CICR Genève, tél.: +41 22 730 3149 ou +41 79 244 64 05

 «Au Mali, le niveau de violence va en décuplant»

De passage à Genève, le ministre malien de la Justice a exhorté la communauté internationale à ne pas relâcher la pression sur les groupes islamistes.

La situation au Mali est loin d’être stabilisée. Il y a quelques jours, un Malien soupçonné de jouer les informateurs pour le compte des militaires français de la force Barkhane a été tué par balle puis décapité par les hommes d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). L’exécution publique s’est produite sur un marché de Tichift, au nord du pays. Un phénomène nouveau. Les experts en terrorisme redoutent que les groupes islamistes qui opèrent dans le Sahel ne s’inspirent de Daech pour faire régner la terreur dans la région.

A cette menace s’ajoute la percée des tueurs sanguinaires de la secte Boko Haram, qui promettent de remonter vers le Mali pour faire couler le sang. Pour Mahamadou Diarra, le ministre malien de la Justice et des droits de l’homme, c’est l’illustration du travail qui reste à faire pour ramener la paix et la stabilité dans la région. De passage à Genève, il a multiplié les rencontres en marge du Conseil des droits de l’homme pour sensibiliser les Occidentaux et les inciter à assumer leurs responsabilités. La dégradation de la situation sécuritaire dans la région étant selon lui «une conséquence de la chute du colonel Kadhafi qu’ils ont eux-mêmes favorisée».

Risque d’embrasement

«Entre les bombes artisanales, les attaques de convois, les attentats sur les marchés et dans les localités, il y a comme un embrasement qui ne dit pas son nom», prévient le ministre, qui déplore l’aveuglement ayant conduit à cette situation. Mahamadou Diarra fait référence à la «complaisance et aux soutiens dont ont bénéficié les Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA)» auprès des élites européennes et même suisses ces dernières années.

«Les gens ont péché par méconnaissance. On voit le résultat. Le MNLA, qui se prétendait être un mouvement laïque combattant pour l’indépendance, cautionne aujourd’hui la mise en place d’une police islamique qui ampute, exécute et oblige les femmes à se voiler. Officiellement, Kidal se trouve sous le contrôle de la rébellion MNLA, mais en réalité c’est Ansar Eddine, le mouvement djihadiste antilaïque, qui dirige tout», affirme Mahamadou Diarra.

Le ministre malien s’étonne que les Américains n’aient encore rien fait pour éliminer le chef d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali. «C’est lui le maître du jeu et on sait où il est. Pourquoi personne n’agit ?» interroge-t-il. Sous la pression de la communauté internationale, tout au long de la crise, le Mali a veillé à respecter les valeurs et les principes de l’ONU en matière de respect des droits de l’homme, en allant parfois à l’encontre de son opinion publique. Ce qui semble nourrir quelques regrets.

Un défi énorme

«On a empêché l’armée malienne d’entrer à Kidal quand il y a eu la libération. Je pense que cette action est à la base de la poursuite de la rébellion et du retour des mouvements djihadistes et des narcotrafiquants au Mali», déplore Mahamadou Diarra.

«Aujourd’hui, ces groupes disposent d’un armement ultramoderne et sophistiqué dont n’est pas dotée notre armée. Tout cela contribue à alimenter un banditisme rampant qui prospère grâce au business des prises d’otages et des rançons», ajoute-t-il.

Le ministre malien de la Justice souhaite que la communauté internationale exerce la même pression que celle que son pays a subie sur les groupes qui refusent encore d’entrer dans le processus de réconciliation. S’il loue le travail de médiation de l’Algérie, de la France, des Etats-Unis, de l’Union africaine, de la CDAO… il en déplore les limites. Il aurait aimé une action plus forte et plus radicale de la Minusma (Mission des Nations Unies au Mali).

«Aujourd’hui, nous souhaitons que la communauté internationale soit à la hauteur de ses devoirs. De plus en plus, rébellion et djihadistes se confondent et le niveau de violence est décuplé chaque mois», explique Mahamadou Diarra. Pour le Mali, le défi à venir est énorme et pas seulement sécuritaire. «Maintenant, il va falloir déconstruire les idées qu’ont propagées les islamistes. Cela veut dire s’attaquer au problème de l’éducation et de l’emploi des jeunes», affirme-t-il.

 

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