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Un attentat en préparation à Bamako ?

by sur 6 avril 2015

Alors qu’on n’a plus aucune nouvelle des arrestations de présumés complices dans l’attentat qui a visé le restaurant « La Terrasse », c’est l’explosion d’une maison appartenant à un ressortissant du Burkina dans un quartier de Bamako, qui fait monter la tension.

Les rumeurs de préparation d’un attentat de grande ampleur vont bon train et touchent jusqu’à la diaspora malienne à Paris.

A Bamako, la presse s’interroge sur l’insécurité grandissante et la multiplication des attentats et attaques; elle pose la question : se dirige-t-on vers un embrasement général ?

Revue de détail ci-dessous.

EXPLOSION À BAMAKO : L’ENQUÊTE S’ORIENTE VERS UN RÉSEAU JIHADISTE

Samedi 4 avril 2015 16:09

24 heures après l’explosion d’une maison qui a fait un mort à Sirakoro Meguétana à Bamako, l’enquête s’oriente vers un réseau jihadiste. Ses membres préparaient semble-t-il une série d’attentats même si le gouvernement évoque dans un communiqué un événement malheureux. A Gao le 23 mars dernier une explosion dans un domicile privé avait elle aussi provoqué la mort de deux personnes. Selon la gendarmerie, elle a été causée, elle aussi par la manipulation d’engins explosifs dans le but de commettre des attentats.

Hier matin, une forte explosion s’est produite dans une maison à Sirakoro Meguétana, dans la périphérie de Bamako, tuant le gardien de la résidence, un homme de 22 ans. Peu de temps après le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre. Quatre personnes ont été blessées par la déflagration, qui a aussi détruit en partie la résidence et causé d’importants dégâts sur les maisons voisines.

Pour le gouvernement malien il s’agirait d’un « événement malheureux ». La gendarmerie est plus alarmiste et évoque la découverte d’un projet d’attentat de grande envergure ». Un de ses responsable a fait état de l’arrestation du propriétaire de la maison, un commerçant burkinabè. Ce dernier aurait commencé à donner des détails.
Pour ce responsable c »est un attentat de grande envergure qui se préparait » dans la maison où s’est produite l’explosion.

« La police et la sécurité de la Minusma qui se sont rendues sur les lieux estime qu’il s’agit clairement d’un acte terroriste en préparation.

Les enquêteurs s’interrogent sur le lien possible entre cette maison de Sirakoro et le camp de Samanko, où des armes ont été découvertes avant l’attentat » du 7 mars.

Pour l’avocat Amadou Tiéoulé Diarra, la situation actuelle impose à l’Etat l’adoption de nouvelles techniques de sécurisation, car selon lui, les méthodes classiques ont montré leurs limites. L’avocat estime aussi que cette situation pourrait, à la longue, inciter les populations à l’auto-défense.

Maître Amadou Tiéoulé Diarra, président de la ligue malienne pour la justice et les Droits de l’Homme, a été joint par Sékou Gadjigo : « Nous devons convenir que cette insécurité aujourd’hui à Bamako est consécutive aux grandes crises que nous vivons, parce que nous n’avions pas connu ce genre d’insécurité. Mais quand les citoyens se rendront compte que l’Etat ne peut plus assurer leur sécurité, dans ce cas nous irons vers un système d’auto-défense et c’est là où l’insécurité totale va s’installer. La résorption de cette crise ne peut pas reposer sur les instruments classiques traditionnels de lutte contre l’insécurité, cela n’est pas possible aujourd’hui parce que nous comprenons aujourd’hui que les commissariats de police, les brigades de gendarmerie à eux seuls ne peuvent pas assurer la sécurité pour la simple raison que ceux qui sont le moteur de cette insécurité sont incrustés dans les populations ».

Mali : un projet d’attentat «de grande envergure» découvert

AFP – 3 AVRIL 2015 À 21:41

Un homme de nationalité burkinabè a été arrêté après une explosion dans un domicile privé à Bamako, la capitale. Il aurait avoué préparer un attentat.

Un projet «d’attentat de grande envergure» a été découvert après une explosion dans un domicile privé de Bamako, qui a fait un mort vendredi, a affirmé un responsable de la gendarmerie malienne. Un homme de nationalité burkinabè a été arrêté sur le site de l’explosion, il a «commencé à donner des détails. (…) C’est un attentat de grande envergure qui se préparait» dans cette maison, a déclaré ce responsable.

Selon lui, l’homme arrêté est le propriétaire de la maison, située dans le quartier de Sirakoro Meguetana (périphérie sud-est de Bamako). Le gardien des lieux a été tué, et trois civils membres du voisinage ont été blessés, selon la police. La déflagration a détruit en partie la maison. Le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont également vu sur place des experts de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), dont des démineurs.

«UN ACTE TERRORISTE EN PRÉPARATION»

«La police et la sécurité de la Minusma se sont rendues sur les lieux. Pour nous, il s’agit clairement d’un acte terroriste (qui était) en préparation»dans cette maison, a affirmé une source sécuritaire au sein de la mission onusienne. Selon la police, l’explosion a été causée par la manipulation d’engins explosifs, dont les types n’ont pas été précisés. «A l’intérieur de la maison, il y avait plusieurs détonateurs (…) L’explosion a été causée par la manipulation de ces détonateurs», avait auparavant expliqué Moussa Diallo, inspecteur de police présent sur les lieux. «L’enquête va déterminer exactement l’intention des auteurs. Mais c’est sûr, c’est une explosion criminelle», avait ajouté le policier.

Selon une source sécuritaire et des riverains, le domicile où l’explosion s’est produite fait face à celui d’une ressortissante française, qui a été évacuée des lieux. Mais aucun lien ne permettait dans l’immédiat d’affirmer qu’elle était visée. De premières informations avaient indiqué que le propriétaire de la maison, un commerçant de nationalité burkinabè, était absent des lieux au moment de l’explosion. Mais les enquêteurs l’ont arrêté sur place, selon le responsable de la gendarmerie. «Nous nous interrogeons sur le lien possible entre cette maison de Sirakoro et le camp de Samanko, où des armes ont été découvertes (début mars, ndlr) avant l’attentat contre un bar-restaurant de Bamako», le 7 mars, a-t-il précisé.

Cet attentat, qui avait visé La Terrasse, haut-lieu de la vie nocturne de la capitale, avait fait cinq morts – trois Maliens, un Français et un Belge. Il était le premier à frapper des Occidentaux à Bamako et a été revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Le 13 mars, un suspect présenté comme un des auteurs présumés de l’attentat a été abattu par les forces spéciales de la police dans un quartier de la périphérie de Bamako et de nombreuses armes et munitions saisies dans l’appartement qu’il louait, selon les forces spéciales et les autorités. Et le 19 mars, les forces de sécurité ont annoncé avoir arrêté à Bamako trois complices présumés des assaillants.

D’après des sources proches du dossier, les investigations ciblaient au total une dizaine de personnes, qualifiées par les mêmes sources de «véritables terroristes organisés».

 Attentat : ce qu’en pense et en dit la diaspora

Par Founé Diarra – Le Point.fr –  03 Avril 2015  

La Terrasse à Bamako, le Bardo à Tunis : le sentiment d’horreur est le même face aux attentats. Les Maliens installés en France ne font pas exception.

Paris, le samedi 7 mars 2015. Cette date devrait être inscrite dans les annales pour la jeunesse malienne. Et pour cause : l’association des diplômés et étudiants maliens (Adem-France) a organisé son premier colloque sur les actions citoyennes dans l’enceinte du conseil régional d’Ile-de-France.

Mais, à la suite de l’attentat perpétré dans le bar-restaurant La Terrasse, à l’Hippodrome, quartier cossu de la capitale malienne et très apprécié des expatriés, dans la nuit du 6 au 7 mars, la réalité au pays a pris le pas sur toute autre considération dans cette journée. Étudiants, jeunes actifs et même politiciens, présents au forum, ils ont livré au Point Afrique leurs sentiments sur la situation socio-politique du Mali.

L’onde de choc de Bamako à Paris

« Je termine ma discussion en adressant mes sincères condoléances aux familles déplorées, suite au drame qui a secoué notre pays ce matin. » Voilà qui clôt l’allocution d’ouverture du ministre malien de l’Emploi, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne du Mali, Mahamane Baby. Quelques heures, à peine, après la catastrophe, c’est une audience un peu secouée qui est présente dans l’hémicycle du conseil régional d’Ile-de-France. Un acte que le ministre n’a pas manqué de condamner avec la plus grande fermeté.

« Cet attentat est un acte barbare que je condamne, bien sûr, avec la dernière énergie. J’estime qu’aujourd’hui ce que nous voulons, c’est mettre en avant une résolution non violente des conflits grâce aux dialogues et aux échanges afin de trouver des solutions réelles pour pallier les problèmes que rencontre le Mali », a-t-il dit.

Depuis le Coup d’État de mars 2012, c’est la première fois que Bamako est prise pour cible. Dans un premier temps blasée, le choc et l’inquiétude se sont vite emparés d’Aïssata Diallo, étudiante en master de droit et éthique des affaires. « Ce matin (NDLR : samedi 7 mars 2015), en lisant un article sur l’attaque, j’aurai dû être choquée et révoltée, mais j’étais tellement fâchée que j’ai éteint mon téléphone et j’ai décidé de passer à autre chose », avoue la jeune femme.

« Ensuite, ma sœur m’a appelée et m’a demandé si j’étais au courant et je lui ai répondu Oui, oui, je suis au courant de ce qui s’est passé dans le Nord. Et là, elle m’apprend que ça s’est produit à Bamako. J’ai paniqué  et j’ai immédiatement pensé à ma famille qui vit sur place. Je me suis remise à lire l’article attentivement. Je suis totalement perdue et je ne sais où l’on en est », nous confie l’étudiante. Un sentiment partagé par Diby Magassa, blogueur franco-malien, influent sur la Toile depuis onze ans et conseiller du PDG de la marque Airness, Malamine Koné, entre autres.

« On avait le sentiment que la situation s’était apaisée, comme je l’ai dit une fois, au bout du tunnel, il y a peut-être un autre tunnel, mais on espère, un jour, voir la lumière au bout », dit-il.

La crainte que ne soit sabordé l’accord d’Alger 5

Il faut dire qu’en moins d’une semaine l’espoir et la crainte se sont côtoyés. L’espoir puisque, le 1er mars dernier, les discussions qui se sont tenues dans le cadre de l’accord Alger 5 avaient débouché sur une issue plutôt encourageante.

« Il survient au pire des moments, au moment où nous avons paraphé l’accord qui fait suite aux différents pourparlers d’Alger ou, en tout cas, la majorité des parties prenantes à donner son accord pour la paix et une paix durable à l’exception de la coordination des mouvements de l’Azawad, qui avaient demandé un peu de temps pour parapher, aussi, l’accord », déclare le ministre Mahamane Baby.

Mais tous ne sont pas du même avis et apportent une nuance aux propos du ministre. »Je ne présage pas de ce qui s’est passé lors des pourparlers, je sais que des discussions sont parfois compliquées, mais je n’ai pas le sentiment qu’une partie des décideurs maliens a pris conscience à un moment donné de la gravité de la situation au Mali », estime Ali Soumaré, conseiller régional (Parti socialiste) d’Ile-de-France depuis 2010. Pour ce Français d’origine malienne, « il y a une vraie lutte à mener contre les islamistes, contre ceux qui veulent semer la terreur vis-à-vis des démocraties, et donc le Mali n’a pas besoin d’un Mali divisé.

En tout cas, si cet événement peut permettre au pays d’avoir un sursaut semblable à celui que nous avons eu lors des attentats de janvier 2015, cela est la preuve que la peur n’aura pas pris le dessus ».

Des avis pas toujours convergents

De par son propre vécu, Diby Magassa a un avis qui peut contraster avec l’opinion publique et Bamako. « Je pense qu’il y a une vraie hypocrisie au niveau de l’État. Durant toutes ces années, l’État malien ne s’est pas occupé du Nord. S’il veut vraiment œuvrer pour le Nord, il le fera. J’ai travaillé pour une institution de micro-finance pendant deux ans qui avait une agence à Tombouctou. Pour certaines personnes, travailler à Tombouctou était considéré comme une punition.

Tous les Maliens qui disent vouloir garder le Nord, est-ce qu’ils accepteront d’aller sur place pour faire avancer les choses ? Rien n’est fait pour les populations au Nord qui sont livrées à elles-mêmes. Si le pouvoir voulait vraiment y remédier, depuis longtemps cela aurait été fait », dit-il.

Et si la clé de la réconciliation et de l’entente nationale passait par un certain fédéralisme ? C’est l’hypothèse émise par Aïssata Diallo, pour qui il faudrait « penser à donner aux Touareg une certaine autonomie pourra, peut-être, leur donner le sentiment de se sentir maliens et de combattre efficacement l’islamisme qui sévit au nord du pays ».

Quant au socialiste M. Soumaré, il entend bien « la spécificité du Nord, mais ne pense pas qu’il faille accorder une autonomie. Le Mali doit rester un et indivisible». Afin d’illustrer au mieux ses dires, la France est citée en exemple.

«Il faut qu’il y ait des spécificités comme on en a chez nous. La Corse, c’est une spécificité, je pense que l’on peut faire vivre cette spécificité tout en restant dans l’intégrité du Mali. »

Vers un avenir incertain ?

Celle qui est arrivée en France à l’âge de 11 ans est désormais sceptique quant à son retour – imminent – au pays. « Il y a quelques années, je me voyais terminer mes études et rentrer au Mali pour créer mon entreprise, mais tout ça est remis en question par les événements qui se sont passés.

Maintenant, je ne sais pas si je crée mon entreprise en France. » Cela dit, l’espoir subsiste toujours. « J’espère que les Maliens de l’intérieur pourront entreprendre et monter des projets. Aujourd’hui, avec ce premier colloque organisé par l’Adem-France, j’ai de l’espoir.

Les jeunes restés au pays qui font des choses par le biais des associations ont envie d’être des acteurs de leur destin et ça me réjouit », conclut-elle. »Comme on le dit souvent, le navire du Mali peut tanguer, mais nous travaillons tous pour qu’il ne chavire jamais.

Le gouvernement du Mali et le peuple malien sont plus que jamais déterminés à ce que des extrémistes ne puissent pas mettre à mal l’unité nationale et la cohésion sociale et l’intégrité du territoire », déclare au Point Afrique le ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et la Construction citoyenne du Mali, Mahamane Baby.

 

Insécurité grandissante : L’embrasement se généralise

B . Daou – Le Républicain du 3 avril 2015

Si certaines attaques sont revendiquées par des groupes armés organisés islamistes qui ne tiennent compte d’aucune frontière, d’autres sont commises dans l’anonymat total et sont attribuées à des bandits armés sans nom.

Elles sont aussi meurtrières les unes que les autres faisant des victimes humaines et des dégâts matériels, sans que personne ne puisse compter sur des sanctions frappant les auteurs, qui disparaissent toujours dans la nature.

Cette insécurité grandissante qui accable les populations, et qui était une réalité du nord, est devenue aujourd’hui une peine partout au Mali, et qui frappe même la capitale, Bamako. Personne n’est plus épargné, des citoyens ordinaires aux généraux de l’armée malienne, et aux camps des casques bleus.

Pas plus tard qu’hier jeudi, un communiqué du gouvernement malien du 2 avril  2015, fait état de « tirs de roquettes sur le camp de la Minusma à Ansongo et affrontements à Boulkessi entre l’armée malienne et des assaillants ».

Les positions des Forces Armées Maliennes (FAMA) à Boulkessi vers la frontière du Burkina Faso ont  été attaquées par des assaillants terroristes dans la matinée du mercredi 1er avril 2015.

« Les FAMAs ont repoussé l’attaque et  récupéré du matériel de guerre. On enregistre trois morts et deux prisonniers du côté des assaillants. Il n’y eu aucune perte dans les rangs de nos forces armées », précise le communiqué.

Le Gouvernement de la République du Mali a appris également avec consternation que le Camp de la MINUSMA et de Barkhane, situé entre Monzonga et Zakoyra sur la route d’Ansongo, a fait l’objet de tirs nourris  à l’arme lourde le mercredi 1er Avril 2015. Dans la même zone, un enfant a trouvé la mort suite à l’explosion d’une mine piégée, indique le communiqué signé par le ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Dr Choguel Kokalla MAIGA. « Le Gouvernement de la République du Mali  s’indigne devant cetterecrudescence de la violence et la grave dégradation de la situation sécuritaire et  saisit l’occasion pour en appeler à la Communauté Internationale et à la médiation internationale afin qu’elles usent par tous les moyens pour emmener les Mouvements  armés de la Coordination à parapher et signer l’Accord du 1er Mars 2015 », indique le communiqué.

Selon studiotamani.org, une source sécuritaire a indiqué que du côté des forces armées maliennes, « deux véhicules ont été légèrement endommagés » et deux militaires qui étaient à bord, « ont été très légèrement blessés ». Une source sécuritaire au sein de la Minusma a, de son côté, fait état d’un « très violent accrochage » survenu mercredi dans la même zone, « à un peu plus de 200 km de Douentza » au nord-est de Mopti.

Selon cette source, les combats, qui ont cessé le mercredi en fin d’après-midi, ont opposé « l’armée malienne et une bande de criminels armés qui sèment la terreur sur les populations civiles d’une partie du nord du Mali ». L’armée était intervenue dans la même zone il y a deux mois, a indiqué une source militaire malienne, sans plus de détails. Pour certains observateurs, cet accrochage entre l’armée et les bandits était prévisible. En effet cette localité était devenue « une zone de non droit et de persécution sur les populations civiles ».

Bamako – Concernant la capitale, les habitants de Bamako ne sont pas prêts à oublier l’attentat terroriste dans la nuit du vendredi au samedi 7 mars 2015, tuant cinq personnes, deux expatriés (Français et Belge) et trois Maliens, dont un policier en exercice. Pour la première fois dans l’histoire du Mali, des terroristes commettaient en plein cœur de la capitale un tel attentat. Le samedi, l’attentat a été revendiqué par le groupe islamiste Al Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar, groupe islamiste allié à Al-Qaïda.

Cet attentat qui survient en moins de deux mois après la tentative d’assassinat du Général Ould Meidou, par deux hommes à moto, qui ont tiré sur lui, trois coups de fusil automatique, devant sa porte à Bamako, achève de terroriser les populations maliennes.

Au même moment, la découverte d’une cache d’armes à Samanko dans la périphérie de la capitale, ainsi d’un camp d’entrainement des malfaiteurs, sont des illustrations parfaites de l’insécurité débordante qui échappe à tout contrôle des autorités maliennes. En outre, la présence de la mission onusienne ne semble être d’aucune dissuasion aux yeux des forces du mal. « Cette situation vient nous rappeler le contexte d’insécurité grandissante dans lequel le pays plus précisément les grandes villes et Bamako sont plongés. Des mesures idoines doivent être prises au sommet de l’Etat pour endiguer ce phénomène », mettait en garde notre confrère Le Combat.

Dans sa parution du 2 mars 2015, le bihebdomadaire La Sentinelle, a décrit comment « trois individus armés » ont ouvert le « feu sur la foule aux abords du marché rose » de Bamako, occasionnant « sept blessés » et une « panique généralisée à Bamako ».
Tombouctou

Selon l’Amap Tombouctou, des individus armés ont enlevé mardi [31 mars] aux environs de 11h30 un véhicule de  loué par l’ONG Welthungerhilfe (projet MLI 1076) à une vingtaine de km de Tombouctou, sur la route de Goundam, précisément dans la zone de Tintelout.

Les agents de cette ONG allemande se rendaient en mission de paie des populations dans le cadre de son programme « Cash for work » dans les communes de Douekiré, Goundam et Tonka. A bord de la voiture, il y avait le chef de mission, un assistant, le chauffeur propriétaire du véhicule.

Ils avaient par devers eux une somme de 8,56 millions de Fcfa destinée à la paie et une autre de 430 000 Fcfa pour les frais de mission. A peine 20 km parcourus, des individus armés ont obligé le chauffeur à stopper en tirant des coups de feu.

Deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années, bien armés, leur intimèrent de descendre de la voiture. Les mains liées derrière le dos, le chauffeur et l’assistant furent mis dans le coffre.

« Les populations de la Cité des 333 Saints ont du mal à comprendre que les FAMA et la MUNISMA ne soient pas en mesure de mettre fin aux actes de banditisme perpétrés fréquemment sur l’axe Tombouctou-Goundam. Selon certaines estimations, au cours d’un trimestre, environ 22 véhicules ont été enlevés sur ce tronçon. Jusqu’ici, les coupeurs de route opèrent en toute quiétude. Si rien n’est fait, cette situation finira par asphyxier la ville de Tombouctou du fait de l’arrêt du trafic avec les cercles de Goundam, Diré et Niafunké. Les organisations humanitaires pourraient plier bagages, privant les populations de leur précieuse assistance », écrit l’Amap (L’Essor).

Par ailleurs, « dans les rangs de la Coordination des mouvements de l’Azawad, des manœuvres sont en cours en vue d’une large représentativité des séparatistes dans la région de Tombouctou. Après Ber, Salam, Foïta, Fassala, ils  viennent d’investir Hassi Al Abiad », selon L’Indépendant du 2 mars. Non seulement  les rebelles refusent de parapher l’Accord d’Alger, mais en plus ils  poursuivent leur implantation dans plusieurs secteurs du nord du Mali, indique le confrère.

« Après l’occupation de Fassala et de Foïta, non loin de la frontière mauritanienne par le MNLA, c’est au tour du haut conseil unifié de l’Azawad (HCUA) la véritable force rebelle de Kidal,  de se lancer dans une occupation de l’espace. En témoigne la tournée effectuée, la semaine dernière, par une délégation de ce mouvement constitué de jihadistes recyclés  à Hassi Al Abiad, dans la région de Tombouctou. Le HCUA  a profité de l’occasion pour y  installer l’une de ses bases. Des habitants de la communauté Bellah ont été enrôlés de force pour en  faire partie. A Hassi Al Abiad, le HCUA a été rejoint par des Touaregs proches d’AQMI », selon le journal.

Cependant un camion du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été attaqué, lundi 30 mars dans le nord du Mali, et son chauffeur a été tué, ainsi qu’un employé du CICR blessé. Des hommes armés ont ouvert le feu sur le véhicule qui se dirigeait de Gao vers la capitale nigérienne, Niamey, pour aller chercher du matériel médical. L’attaque qui s’est produite à une quarantaine de kilomètres de Gao, et suite à laquelle le CICR a suspendu ses activités, a été revendiquée par le Mujao.

Niafunké-

Cinq membres d’un cortège de mariage et la nouvelle mariée ont été retrouvés ligotés et morts égorgés, le lundi 9 mars. Le cortège de mariage comprenant six membres dont la nouvelle mariée avait quitté le village le même jour. Mais à Tonka, ils étaient toujours attendus. Dès lors, c’était la panique car, la zone est infestée de bandits armés qui n’hésitent pas à tuer pour le simple plaisir de le faire. Le mois de mars a été particulièrement sanglant. Les villages de Kassoun, Niodougou, Dogo, Sambani ont tous reçu des visites d’hommes armés avec des fortunes diverses, les assaillants en plus d’emporter des biens se donnent souvent la liberté de tuer des innocents.

Mauritanie, Camp Mberra

Selon Dunes-Voices-Info, les mouvements islamistes recrutent des enfants soldats parmi les réfugiés maliens. Les enfants maliens réfugiés au camp de M’berra perdent leur vie pour que les groupes islamistes au Nord Mali combattent les gouvernements des pays limitrophes. Ils sont recrutés par les groupes armés actifs dans le Nord du Mali. Ils sont tués dans leurs combats et attentats, écrit Dunes Voices Info.

 Explosion à Bamako : un « projet d’attentat de grande envergure »

Par Célia d’ALMEIDA avec agence – 04/04/2015

Les constatations des enquêteurs qui se sont rendus sur place ce vendredi après l’explosion d’une maison en commune 6 poussent à croire qu’il s’agissait des préparatifs d’une action terroriste.

L’explosion s’est produite aux environs de 8h du matin ce vendredi, dans un domicile privé, sis dans le quartier périphérique de Sirakoro Méguétana. Elle a causé la mort d’une personne, le gardien de cette résidence appartenant à un ressortissant burkinabé. L’homme, arrêté sur le site de l’explosion, aurait révélé qu’il s’agit d’un « attentat de grande envergure qui se préparait » dans cette maison, rapporte une source sécuritaire.

Un propriétaire connu de la police

Trois civils membres du voisinage ont été blessés, selon la police et la déflagration a détruit en partie la maison. Le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre, et des experts de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), dont des démineurs étaient visibles sur place dans l’après-midi. Selon la police, l’explosion a été causée par la manipulation d’engins explosifs. « A l’intérieur de la maison, il y avait plusieurs détonateurs (…) L’explosion a été causée par la manipulation de ces détonateurs », avait auparavant expliqué à l’AFP Moussa Diallo, inspecteur de police présent sur les lieux.

« Nous nous interrogeons sur le lien possible entre cette maison de Sirakoro et le camp de Samanko, où des armes ont été découvertes (début mars, ndlr) avant l’attentat contre un bar-restaurant de Bamako », le 7 mars a déclaré un responsable de la gendarmerie. Le gouvernement a publié en fin de journée un communiqué dans lequel il rappelle les constatations faites sur place par les enquêteurs.

On y apprend que « les services spécialisés ont relevé dans les décombres la présence de composants explosifs dont les origines et la nature seront déterminées par lesdits services » et que « le propriétaire de la maison indiquée répond au nom de Monsieur Kindé Alhassane ». Il s’agit d’un commerçant qui opère dans le commerce de composants chimiques utilisés dans l’orpaillage et ayant des antécédents judiciaires au Mali.

Explosion mortelle à Bamako: les enquêteurs évoquent un «projet d’attentat»

Source: lapresse.ca – 3 avril 2015

Un homme a péri vendredi dans l’explosion d’une maison à Bamako, selon le gouvernement malien qui parle d’un «événement malheureux», tandis que la gendarmerie évoque la découverte d’un projet d’«attentat de grande envergure».

Le 7 mars, la capitale malienne a été le théâtre d’un attentat qui a visé un bar très fréquenté par les locaux et les expatriés, faisant cinq morts sur place et dans les environs: trois Maliens, un Français et un Belge.

Cette attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Les forces maliennes ont depuis tué un suspect présenté comme un des auteurs de l’attaque.

Par ailleurs, trois complices présumés ont été arrêtés. Selon des sources proches du dossier, les recherches ciblaient au total une dizaine de personnes qui seraient de «véritables terroristes organisés».

Vendredi matin, «une forte explosion s’est produite (…) dans une maison à usage d’habitation à Sirakoro Meguétana, dans la périphérie de Bamako», tuant le gardien de la résidence, un homme de 22 ans, a affirmé le porte-parole du gouvernement malien, Choguel Maïga, dans un communiqué.

Le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont également vu sur place des experts de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), dont des démineurs.

Quatre personnes ont été blessées par la déflagration, qui a aussi détruit en partie la résidence et causé «d’importants dégâts sur les maisons voisines», a précisé M. Maïga.

«Des équipes sécuritaires, judiciaires et médicales ont été dépêchées sur les lieux pour situer les causes réelles de cet accident», le gouvernement assurant que «toute la lumière sera faite sur cet événement malheureux».

«Acte terroriste en préparation»

Plus alarmiste, un responsable de la gendarmerie évoque de son côté un projet d’«attentat de grande envergure» découvert par les enquêteurs après l’explosion et l’arrestation du propriétaire de la maison, un commerçant burkinabè.

Interpellé, l’homme a «commencé à donner des détails. (…) C’est un attentat de grande envergure qui se préparait» dans cette maison, a déclaré ce responsable.

«La police et la sécurité de la Minusma se sont rendues sur les lieux. Pour nous, il s’agit clairement d’un acte terroriste (qui était) en préparation» sur place, a aussi affirmé à l’AFP une source sécuritaire au sein de la mission onusienne.

Selon la police, l’explosion a été causée par la manipulation d’engins explosifs. «D’ores et déjà, les services spécialisés ont relevé dans les décombres la présence de composants explosifs dont les origines et la nature seront déterminées» ultérieurement, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Le propriétaire de la maison faisait «commerce de composants chimiques utilisés dans l’orpaillage» et il avait «des antécédents judiciaires au Mali», a encore indiqué M. Maïga.

Selon une source sécuritaire et des riverains, le lieu de l’explosion fait face à la maison d’une ressortissante française, qui a été évacuée. Mais rien ne permettait dans l’immédiat d’affirmer qu’elle était visée.

«Nous nous interrogeons sur le lien possible entre cette maison de Sirakoro et le camp de Samanko, où des armes ont été découvertes (début mars, ndlr) avant l’attentat» du 7 mars, a affirmé le responsable de la gendarmerie.

À Gao, la plus grande ville du nord du Mali, une explosion dans un domicile privé avait tué deux personnes le 23 mars. Selon la gendarmerie, elle a été causée par la manipulation d’engins explosifs dans le but de commettre des attentats.

Les propriétaires de cette maison sont soupçonnés d’être proches du Mujao, un des groupes djihadistes ayant contrôlé pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013 le vaste Nord malien, avant d’en être chassés en grande partie, à partir de janvier 2013, par une intervention militaire internationale toujours en cours.

Communiqué du gouvernement suite à l’explosion mortelle dans une résidence privée à Sirakoro Meguétana

Par Primature – 3 avril 2015

Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale qu’une forte explosion, s’est produite ce vendredi 03 avril 2015, aux environs de 8h00, dans une maison à usage d’habitation à Sirakoro Meguétana, dans la périphérie de Bamako et ayant fait un (01) mort et quatre (04) bléssés.

La victime répond au nom de Amadou Togo, âgé de 22 ans et gardien de la maison.

L’intensité de la déflagration a également causé la blessure de quatre personnes, la destruction d’une partie de la résidence et d’importants dégâts sur les maisons voisines.

Des équipes sécuritaires, judiciaires et médicales ont été dépêchées sur les lieux pour situer les causes réelles de cet accident. D’ores et déjà, les services spécialisés ont relevé dans les décombres la présence de composants explosifs dont les origines et la nature seront déterminées par lesdits services.

Le propriétaire de la maison indiquée répond au nom de Monsieur Kindé Alhassane, citoyen burkinabé, s’adonnant à des activités de commerce de composants chimiques utilisés dans l’orpaillage et ayant des antécédents judiciaires au Mali.

Le Gouvernement de la République du Mali rassure les populations que toute la lumière sera faite sur cet évènement malheureux. Le Gouvernement de la République du Mali réaffirme sa détermination à renforcer la paix et la quiétude dans nos villes et campagnes et invite les populations à rester vigilantes et à coopérer avec les services de sécurité afin d’endiguer les menaces sous toutes leurs formes.
Bamako le 03 avril 2015

Le Ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement

Dr. Choguel Kokalla MAIGA

 

Un mort dans une explosion d’origine « criminelle » à Bamako (police)

Par Libération avec AFP – 3 avril 2015

Un homme a été tué vendredi dans une explosion survenue dans un domicile privé à Bamako, a indiqué à l’AFP la police, affirmant avoir ouvert une enquête mais estimant d’ores et déjà qu’elle est d’origine « criminelle ».

« A l’intérieur de la maison, il y avait plusieurs détonateurs (…) L’explosion a été causée par la manipulation de ces détonateurs », a expliqué à l’AFP Moussa Diallo, inspecteur de police présent sur les lieux.

L’explosion a en grande partie détruit cette maison située dans le quartier de Sirakoro Meguetana, dans la périphérie sud-est de la capitale. Le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre, a constaté un journaliste de l’AFP qui s’est rendu sur place.

Elle a tué « le gardien de la maison », qui appartient à un commerçant de nationalité burkinabè absent des lieux au moment des faits, selon la police et des riverains.

« L’enquête va déterminer exactement l’intention des auteurs. Mais c’est sûr, c’est une explosion criminelle », a assuré l’inspecteur Diallo.

Selon une source sécuritaire et des riverains, le domicile où l’explosion s’est produite fait face à celui d’une ressortissante française, qui a été évacuée des lieux.

Mais aucun lien ne permettait immédiatement d’affirmer qu’elle était visée.

Bamako a été le théâtre d’un attentat le 7 mars qui a fait cinq morts – trois Maliens, un Français et un Belge – au bar-restaurant La Terrasse, haut-lieu de la vie nocturne de la capitale.

L’assaut, le premier à frapper des Occidentaux à Bamako, a été revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Le 13 mars, un suspect présenté comme un des auteurs présumés de l’attentat a été abattu par les forces spéciales de la police dans un quartier de la périphérie de Bamako et de nombreuses armes et munitions saisies dans l’appartement qu’il louait, selon les forces spéciales et les autorités.

Et le 19 mars, les forces de sécurité ont annoncé avoir arrêté à Bamako trois complices présumés des assaillants.

D’après des sources proches du dossier, les investigations ciblaient au total une dizaine de personnes, qualifiées par les mêmes sources de « véritables terroristes organisés ».

 Un projet d’attentat de grande envergure découvert à Bamako

(©AFP / 03 avril 2015 21h03)

Bamako – Un projet d’attentat de grande envergure a été découvert après une explosion dans un domicile privé de Bamako, qui a fait un mort vendredi, a affirmé à l’AFP un responsable de la gendarmerie malienne.

Un homme de nationalité burkinabè a été arrêté sur le site de l’explosion, il a commencé à donner des détails. (…) C’est un attentat de grande envergure qui se préparait dans cette maison, a déclaré ce responsable.

Selon lui, l’homme arrêté est le propriétaire de la maison, située dans le quartier de Sirakoro Meguetana (périphérie sud-est de Bamako), où est survenue l’explosion. Le gardien des lieux a été tué, et trois civils membres du voisinage ont été blessés, selon la police.

La déflagration a détruit en partie la maison. Le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont vu sur place des experts de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), dont des démineurs.

La police et la sécurité de la Minusma se sont rendues sur les lieux. Pour nous, il s’agit clairement d’un acte terroriste (qui était) en préparation dans cette maison, a affirmé à l’AFP une source sécuritaire au sein de la mission onusienne.

Selon la police, l’explosion a été causée par la manipulation d’engins explosifs, dont les types n’ont pas été précisés.

A l’intérieur de la maison, il y avait plusieurs détonateurs (…) L’explosion a été causée par la manipulation de ces détonateurs, avait auparavant expliqué à l’AFP Moussa Diallo, inspecteur de police présent sur les lieux.

L’enquête va déterminer exactement l’intention des auteurs. Mais c’est sûr, c’est une explosion criminelle, avait dit l’inspecteur Diallo.

 

 

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