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Un otage néerlandais libéré dans le Nord Mali

by sur 7 avril 2015

Article mis à jour le 8 avril à 8h45

Les forces spéciales françaises ont libéré un otage néerlandais. Récits de sa libération et d’expériences similaires.

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Otages, quand il faut tenir malgré tout

LAURENT LARCHER – La Croix – 7/4/15 – 17 H 42 – Mis à jour le 7/4/15 – 18 H 02

Libéré par l’armée française, lundi 6 avril, après plus de trois ans de captivité dans le nord du Mali, Sjaak Rijke a tenu en imaginant refaire sa maison tous les jours. Les ex-otages Francis Collomp et Jean-Louis Normandin ont vécu une expérience comparable. Pour le psychoclinicien Cyril Cosar, les otages stimulent leur cerveau pour tenir.

1 224 jours de détention dans le nord du Mali pour Sjaak Rijke avant d’être libéré, lundi 6 avril, par les forces spéciales françaises. Isolé dans le massif des Ifoghas, il n’a eu que ses geôliers pour discuter… Malgré une détention de plus de trois ans, il est tout de même apparu « en bonne santé mentale et physique. Il a réussi à garder le cap », a confié le chef du commandement des opérations spéciales (COS), le général de Saint Quentin sur Europe 1.

Comment a-t-il fait pour tenir aussi longtemps ? Il a imaginé tous les jours« refaire sa maison, pierre par pierre et brique par brique, a raconté le militaire français. Voire, quand il le pouvait et avec les matériaux qu’il trouvait dans le désert avec le peu de liberté de mouvement qu’il avait, d’en faire la maquette dans le sable pour se concentrer sur ce qui lui était cher. »

SE PROJETER VIVANT DANS UN LIEU IDÉAL

C’est aussi ce qu’à vécu Jean-Louis Normandin, le cadreur d’Antenne 2 enlevé en mars 1986 à Beyrouth avec Philippe Rochot, Georges Hansen et Aurel Cornéa, avant d’être libéré le 27 novembre 1987 : « C’est un grand classique. Construire et reconstruire sa maison, avec mes deux codétenus, nous sommes tous passés par la case architecture », dit-il à La Croix.

« J’ai commencé par refaire la décoration de mon apparemment parisien avant d’imaginer ce que pourrait être ma maison future. Je me projetais vivant dans un lieu idéal où j’allais pouvoir recevoir mes proches. »

Francis Collomp (1), enlevé le 19 décembre 2012 dans le nord du Nigeria, détenu pendant onze mois par Ansaru avant de réussir à s’échapper le 16 novembre 2013, raconte à La Croix qu’il a tenu en « écrivant sur la manière d’améliorer l’autonomie des voitures électriques ».

L’ancien otage s’obligeait aussi « à faire du sport, à tourner autour de mon matelas ». Et enfin, à écouter la radio, les émissions de RFI : « Juan Gomez, les infos, le football et les messages destinés aux otages: je pense à celui de ma femme à l’occasion de notre anniversaire de mariage. »

STIMULER SON CERVEAU

Cyril Cosar, psychoclinicien, expert auprès de l’association Otages du monde, constate : « Les otages sont privés de stimulation extérieure. Le cerveau en a besoin. Selon les personnes et les conditions de détention, répondre à cette nécessité prend mille formes: apprendre par cœur les mots anglais ou arabes qui se trouvent sur l’étiquette d’une bouteille d’huile, jouer avec des fourmis, se remémorer le nom de toutes les capitales du monde. »

Il y a aussi des choses qu’il ne faut pas faire. En premier lieu, ne pas se laisser gagner par des idées toxiques. « Je me suis constitué un blockhaus intérieur afin de me protéger de certains affects, de certains sujets comme penser à mon fils. C’était trop éprouvant, raconte Jean-Louis Normandin. Il fallait que je garde le contrôle de mon mental. »

Cyril Cosar note que penser à ses enfants, est douloureux pour beaucoup d’otages. « Le lien qui unit l’otage à son enfant est très fort. Penser à lui peut créer une forte douleur et de la culpabilité. » Mais, nuance-t-il, ce n’est pas vrai pour tout le monde : « Penser à ses proches, se remémorer des moments heureux passés ensemble, se laisser gagner par le réseau inépuisable d’images de bonheur et de joie soulève en soi des sentiments positifs, crée comme un bain de jouvence. On reprend des forces. »

LA DÉTENTION, VECTEUR D’UNE EXPÉRIENCE SPIRITUELLE OU RELIGIEUSE

La détention, pour un otage, c’est aussi le lieu d’une expérience spirituelle voire religieuse. « Les questions liées à la foi, à l’au-delà, à Dieu surgissent d’une manière ou d’une autre », constate Cyril Cosar. « L’un des détenus avec lequel j’étais retenu en otage, se souvient Jean-Louis Normandin, s’est converti à l’islam. »

Francis Collomp qui, avant sa détention, n’était guère touché par la foi, se souvient qu’il a prié pour revoir sa femme : « C’était indirect, dit-il, je ne voulais pas me l’avouer à moi-même. Par exemple, je chantais des airs appris chez les religieux quand j’étais enfant. »

La règle, pour un otage, résume Cyril Cosar, c’est « garder l’espoir par tous les moyens qu’un jour, on va retrouver sa liberté, que cela va s’arrêter. Dans cette perceptive et dans la mesure du possible, prendre soin de soi ».

(1) Vient de publier L’Évasion, XO, 2015, 302 p., 18,90 €

Mali: l’ancien otage néerlandais, Sjaak Rijke, est arrivé à Bamako

Source: RFI le 7 avril 2015

Au Mali, l’otage néerlandais est arrivé dans la capitale Bamako. Détenu depuis 2011 par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Sjaak Rijke a été libéré, lundi, lors d’une opération de l’armée française dans le nord du pays.

L’avion s’est posé à Bamako ce mardi en fin de matinée. L’otage néerlandais a été accueilli par plusieurs ministres maliens, dont celui de la Sécurité. Sjaak Rijke portait une casquette, des lunettes noires et une petite barbe. Sa démarche semblait un peu difficile.

Lorsque le ministre malien lui a demandait en bas de la passerelle comment il se sentait, Sjaak Rijke a eu un seul mot : « Liberté ». Ensuite, il s’est dirigé vers le salon d’honneur de l’aéroport de Bamako où attendait sa famille, un moment d’intense émotion.

Il n’a pas encore parlé à la presse, mais l’ambassadeur des Pays-Bas à Bamako, qui a effectué le trajet en avion avec lui, a déclaré aux journalistes que l’otage lui a confié quelques mots, en lui disant par exemple que l’intervention française était très risquée, qu’il a souffert pendant sa longue détention, notamment de la chaleur, et que ses ravisseurs, ses geôliers, étaient très jeunes.

Sjaak Rijke a ensuite été conduit au palais présidentiel de Koulouba, situé sur les hauteurs de Bamako. Il doit y être reçu par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.

Mali : ce qu’il faut savoir de la libération de l’otage néerlandais Sjaak Rijke

07/04/2015 à 08:57 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Le Néerlandais Sjaak Rijke, retenu en otage par le groupe islamiste Aqmi depuis novembre 2011, a été libéré lundi à l’aube lors d’une opération des forces spéciales françaises dans l’extrême-nord du Mali.

Une opération des forces spéciales françaises

La libération de Sjaak Rijke a été annoncée dans la matinée du lundi 6 avril par le ministère français de la Défense. Selon son communiqué, « l’otage néerlandais Sjaak Rijke, enlevé à Tombouctou le 25 novembre 2011 », a été libéré lors « d’une action militaire conduite par les forces spéciales de l’armée française. Cette action de combat a permis la capture de plusieurs individus. M. Rijke a été évacué et mis en sécurité à Tessalit (…) il est sain et sauf. »

En déplacement à Izieu, dans le centre de la France, le président François Hollande a confirmé cette libération. « Il y a quelques heures, les forces spéciales françaises ont pu porter une attaque contre un groupe terroriste et ont pu non seulement neutraliser ce groupe, mais obtenir la libération, sauver donc, un Néerlandais », a-t-il dit. « C’est une grande fierté » pour les forces françaises, a salué le chef de l’État.

Des « moyens d’infiltration assez sophistiqués »

Intervenant lundi soir sur la radio française Europe 1, le général Grégoire de Saint-Quentin, chef du Commandement des opérations spéciales (COS), a raconté les grandes lignes de l’opération. Selon lui, elle a été « précédée d’une phase de renseignement : localiser le campement sur lequel l’otage était détenu a été extrêmement long. Une fois qu’on a eu une bonne vision de ce qui était sur zone, on a déclenché cette action. L’otage était détenu dans un endroit loin de tout, dans une zone désertique (…) Il faut rester discret jusqu’à l’approche ultime. Cela a nécessité des moyens d’infiltration assez sophistiqués pour amener l’équipe d’assaut au plus près ».

La vingtaine de membres des forces spéciales s’est approchée, sous couvert de la nuit, mais « dans les dernières dizaines de mètres une équipe de sentinelles des preneurs d’otages a ouvert le feu sur nous. Nous avons engagé une riposte et tout de suite l’otage a été libéré », a précisé le général de Saint-Quentin. « Ils ont tué deux preneurs d’otages, les deux autres se sont rendus et l’otage a été libéré. Tout ça s’est passé en quelques secondes ».

La fin de 1 224 jours de détention

Selon le général Grégoire de Saint-Quentin, Sjaak Rijke est « en bonne santé, mentale et physique. Il a réussi à garder le cap malgré 1 224 jours de détention, dans cet univers minéral dans lequel il n’y a pas un bruit ». Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a de son côté indiqué que l’ancien otage, un conducteur de train en vacances au Mali, recevait des « soins » et était entouré par des soldats néerlandais et du personnel de l’ambassade.

Le 25 novembre 2011, un groupe d’hommes armés avait fait irruption sur la terrasse d’un hôtel à Tombouctou et menacé un groupe d’Occidentaux. L’un d’eux, un Allemand, avait tenté de résister et été tué. Un autre, également allemand, était parvenu à se cacher. La femme de Sjaak Rijke, présente à l’hôtel, avait aussi réussi à échapper aux kidnappeurs. Le commando avait emmené son époux ainsi qu’un Sud-africain, Stephen Malcolm McGown, et un Suédois, Johan Gustafson, qui sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

En novembre 2014, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avait diffusé sur internet une vidéo sur laquelle Sjaak Rijke s’exprimait à l’occasion de son 1 000e jour de détention. Il était accompagné sur ce film de Serge Lazarevic, otage français relâché peu après par Aqmi, en échange de la libération de quatre jihadistes emprisonnés au Mali.

Stephen Malcolm McGown et Johan Gustafson, les derniers otages d’Aqmi

Le Sud-africain Stephen Malcolm McGown et le Suédois Johan Gustafson, enlevés par Aqmi en même temps que Sjaak Rijke, sont toujours retenus en otages par le groupe jihadiste. « Nous savions de manière précise que les derniers otages étaient détenus par le terroriste touareg Abdelkrim Taleb, a déclaré une source sécuritaire malienne. L’opération s’est déroulée dans un secteur où plusieurs otages européens libérés dans le passé ont été détenus ».

L’otage sud-africain « n’était pas sur place, car il avait été déplacé depuis au moins 48 heures », a ajouté cette source. Une source militaire onusienne au Mali a par ailleurs estimé que l’otage suédois « est probablement détenu par un autre sous-groupe d’Aqmi ».

 Le récit de la libération de Sjaak Rijke par le chef du COS

Le Point – Publié le 06/04/2015 à 19:50 – Modifié le 07/04/2015 à 06:43

Les sentinelles des ravisseurs d’Aqmi ont tiré sur le commando des forces spéciales françaises qui a répliqué, tuant deux preneurs d’otages.

Le commando des forces spéciales françaises qui a libéré lundi à l’aube l’otage néerlandais Sjaak Rijke dans le nord du Mali s’est approché le plus près possible du camp des ravisseurs, puis, visé par des sentinelles, a ouvert le feu, a raconté leur chef. Intervenant lundi soir sur Europe 1, le général Grégoire de Saint-Quentin, chef du Commandement des opérations spéciales (COS), a expliqué que l’opération « a été précédée d’une phase de renseignement : localiser le campement sur lequel l’otage était détenu a été extrêmement long ».

« Ça a été pour nous, pour nos forces, une surprise de pouvoir libérer cet otage, car nous n’avions pas d’information sur (sa) présence », avait expliqué en début d’après-midi le président François Hollande lors d’un déplacement dans le centre de la France. « Une fois qu’on a eu une bonne vision de ce qui était sur zone, on a déclenché cette action », a-t-il ajouté. « L’otage était détenu dans un endroit loin de tout, dans une zone désertique (…) Il faut rester discret jusqu’à l’approche ultime. Cela a nécessité des moyens d’infiltration assez sophistiqués pour amener l’équipe d’assaut au plus près. »

Un otage « en bonne santé mentale et physique »

La vingtaine de membres des forces spéciales s’est approchée, sous couvert de la nuit, mais « dans les dernières dizaines de mètres une équipe de sentinelles des preneurs d’otages a ouvert le feu sur nous. Nous avons engagé une riposte et tout de suite l’otage a été libéré », a précisé le général de Saint-Quentin. « Ils ont tué deux preneurs d’otages, les deux autres se sont rendus et l’otage a été libéré. Tout ça s’est passé en quelques secondes. »

Sjaak Rijke a été pris en charge par les soldats français et « nous paraît en bonne santé, mentale et physique », a ajouté le chef du COS. « Il a réussi à garder le cap malgré 1 224 jours de détention, dans cet univers minéral dans lequel il n’y a pas un bruit. » Il avait été enlevé à Tombouctou le 25 novembre 2011, en compagnie d’un Sud-Africain et d’un Suédois, qui restent aux mains de leurs ravisseurs.

MALI. Un otage néerlandais d’Aqmi libéré par l’armée française

Par L’Obs avec AFP – Publié le 06-04-2015 à 14h34

Sjaak Rijke avait été enlevé à Tombouctou le 25 novembre 2011.

Un Néerlandais détenu par le groupe islamiste Aqmi depuis novembre 2011 a été libéré lundi 6 avril à l’aube par des soldats des forces spéciales françaises lors d’une opération dans l’extrême-nord du Mali.

« L’otage néerlandais Sjaak Rijke, enlevé à Tombouctou le 25 novembre 2011 », a été libéré lors « d’une action militaire conduite par les forces spéciales de l’armée française. Cette action de combat a permis la capture de plusieurs individus », a annoncé le ministère français de la Défense dans un communiqué diffusé en début d’après-midi.

Monsieur Rijke a été évacué et mis en sécurité à Tessalit, sur la base temporaire avancée de l’opération Barkhane (menée au Sahel contre les groupes djihadistes). Il est sain et sauf », a ajouté le ministère.

« Sa libération vient rappeler la détermination sans faille de la France à lutter contre les groupes terroristes armés dans la région du Sahel ».

Le président français François Hollande, qui était dans le centre de la France pour un hommage à 44 enfants juifs raflés par la Gestapo il y 71 ans, a ajouté pour la presse : « Il y a quelques heures, les forces spéciales françaises ont pu porter une attaque contre un groupe terroriste et ont pu non seulement neutraliser ce groupe mais obtenir la libération, sauver donc, un ressortissant néerlandais qui était retenu en otage depuis novembre 2011, c’est-à-dire près de quatre ans. Il a été mis en lieu sûr. »

« Ça a été pour nous, pour nos forces, une surprise de pouvoir libérer cet otage car nous n’avions pas d’information sur (sa) présence », a également confié le président François Hollande.

Le président a précisé cette intervention s’était soldée par « des morts et des blessés » parmi les djihadistes.

« Il va bien étant données les circonstances »

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders a assuré depuis les Pays-Bas que l’otage « va bien étant données les circonstances ». C’est une formidable nouvelle pour Sjaak et sa famille. Je suis heureux et reconnaissant que cette horrible période d’incertitude et de détresse soit terminée. »

Le ministre a indiqué que Sjaak Rijke recevait des « soins » et était entouré par des soldats néerlandais et du personnel de l’ambassade. Depuis un an, 500 militaires néerlandais participent à la stabilisation et à la sécurité du Mali dans le cadre de la force onusienne Minusma.

Deux preneurs d’otages tués

Selon le chef du commando des forces spéciales françaises qui a libéré l’otage néerlandais, les soldats se sont approchés le plus près possible du camp des ravisseurs, puis, visé par des sentinelles, ils ont ouvert le feu.

Intervenant lundi soir sur Europe 1, le général Grégoire de Saint-Quentin, chef du Commandement des opérations spéciales (COS), a expliqué que l’opération « a été précédée d’une phase de renseignement : localiser le campement sur lequel l’otage était détenu a été extrêmement long ».

Une fois qu’on a eu une bonne vision de ce qui était sur zone, on a déclenché cette action », a-t-il ajouté. « L’otage était détenu dans un endroit loin de tout, dans une zone désertique (…) Il faut rester discret jusqu’à l’approche ultime. Cela a nécessité des moyens d’infiltration assez sophistiqués pour amener l’équipe d’assaut au plus près. »

La vingtaine de membres des forces spéciales s’est approchée, sous couvert de la nuit, mais « dans les dernières dizaines de mètres une équipe de sentinelles des preneurs d’otages a ouvert le feu sur nous. Nous avons engagé une riposte et tout de suite l’otage a été libéré », a précisé le général de Saint-Quentin.

Ils ont tué deux preneurs d’otages, les deux autres se sont rendus et l’otage a été libéré. Tout ça s’est passé en quelques secondes. »

Sjaak Rijke a été pris en charge par les soldats français et « nous paraît en bonne santé, mentale et physique », a ajouté le chef du COS. « Il a réussi à garder le cap malgré 1.224 jours de détention, dans cet univers minéral dans lequel il n’y a pas un bruit. »

Une vidéo avec Serge Lazarevic

Le 25 novembre 2011, un groupe d’hommes armés avait fait irruption sur la terrasse d’un hôtel à Tombouctou, la grande ville du nord du Mali. Ils avaient menacé un groupe d’occidentaux pour les forcer à les suivre. L’un d’eux, un Allemand, avait tenté de résister et avait été abattu. Un autre, également allemand, était parvenu à se cacher. La femme de Sjaak Rijke, qui était présente à l’hôtel avait aussi réussi à échapper aux kidnappeurs.

Le commando avait emmené Sjaak Rijke, conducteur de train en vacances, ainsi qu’un Sud-africain, Stephen Malcolm McGown et un Suédois, Johan Gustafson, qui sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

En novembre 2014, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avait diffusé sur internet une vidéo sur laquelle Sjaak Rijke s’exprimait à l’occasion de son 1.000e jour de détention. Il était accompagné sur ce film de Serge Lazarevic, otage français aux mains d’Aqmi qui sera libéré peu après, en échange de la libération de quatre djihadistes emprisonnés au Mali.

En août 2013, des journalistes de la chaîne d’information Al Jazeera avaient pu rencontrer Sjaak Rijke, Stephen Malcolm McGown et Johan Gustafson, alors qu’ils étaient aux mains de leurs ravisseurs. Dans le reportage, où on ne peut pas entendre leur voix, on les voit sortir de plusieurs 4×4, s’assoir dans le désert sur des tapis, vêtus de longues tuniques traditionnelles. Un mois plus tôt, une autre vidéo avait été diffusée, dans laquelle les trois otages disaient être aux mains d’Aqmi et être en bonne santé.

« La France poursuivra ses actions contre-terroristes au Sahel aussi longtemps que notre sécurité sera menacée par ces groupes », a déclaré le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian, qui a ajouté : « aux côtés de nos cinq alliés et partenaires dans la région, les 3.000 militaires de l’opération Barkhane reçoivent ce matin le soutien et les félicitations de toute notre nation ».

 Un otage néerlandais d’Al-Qaida au Maghreb islamique libéré au Mali

Le Monde.fr avec AFP Le 06.04.2015 à 12h27 • Mis à jour le 07.04.2015 à 07h33

L’essentiel

L’armée française a libéré Sjaak Rijke, un Néerlandais retenu par AQMI, au cours d’une opération menée lundi matin dans l’extrême nord du Mali.

François Hollande a précisé que des djihadistes avaient été tués et d’autres blessés lors de l’intervention.

Deux membres des forces spéciales françaises escortent le Néerlandais, Sjaak Rijke. Retenu en otage par AQMI depuis 2011, il a été libéré le 6 avril.

Après mille deux cent vingt-quatre jours de détention, Sjaak Rijke est un homme libre. Ce Néerlandais, otage d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a été libéré par les forces spéciales françaises lors d’une opération dans l’extrême nord du Mali, lundi 6 avril. « M. Rijke a été évacué et mis en sécurité à Tessalit, sur la base temporaire avancée de l’opération “Barkhane”. Il est sain et sauf », précise le ministère de la défense français dans un communiqué .

L’opération s’est déroulée à 5 heures du matin, a raconté le général Grégoire de Saint-Quentin, chef du commandement des opérations spéciales (COS), interrogé lundi soir sur Europe 1.  Selon lui, l’opération avait été précédée d’une longue « phase de renseignement », notamment car l’otage « était détenu dans un endroit extrêmement reculé, loin de tout, au milieu d’une zone désertique ». Selon nos informations, le campement était situé près de la frontière algérienne.

Il s’agissait par conséquent d’« une manœuvre extrêmement complexe d’y amener des moyens et des capacités militaires, car il faut rester discret jusqu’à la fin pour avoir la meilleure finesse possible dans l’action », a expliqué Grégoire de Saint-Quentin, qui a précisé qu’une « vingtaine d’hommes a[vait] été mobilisée ». Livrant des détails de l’opération, le chef du COS a rapporté que les sentinelles des ravisseurs avaient tiré sur les soldats français quand une vingtaine de membres des forces spéciales s’étaient approchés, sous couvert de la nuit.

« Dans les dernières dizaines de mètres, une équipe de sentinelles des preneurs d’otages a ouvert le feu sur nous. Nous avons engagé une riposte et tout de suite l’otage a été libéré. (…) [Les membres du commando] ont tué deux preneurs d’otages, les deux autres se sont rendus et l’otage a été libéré. Tout ça s’est passé en quelques secondes ».

L’otage « reçoit des soins »

Le ministre des affaires étrangères néerlandais, Bert Koenders, a assuré, des Pays-Bas, que l’ancien otage « (allait) bien, étant donné les circonstances ». Il a aussi précisé que M. Rijke recevait des « soins » et était entouré par des soldats néerlandais et du personnel de l’ambassade. Depuis un an, cinq cents militaires néerlandais participent à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali ( Minusma).

Le 25 novembre 2011, un groupe d’hommes armés avait fait irruption sur la terrasse d’un hôtel de Tombouctou, la ville historique du nord du Mali, et menacé un groupe d’Occidentaux pour les forcer à les suivre. L’un d’eux, un Allemand, avait tenté de résister et avait été abattu. Un autre Allemand était parvenu à se cacher, et la femme de M. Rijke avait réussi à échapper aux preneurs d’otages.

Le commando avait emmené Sjaak Rijke, ainsi qu’un Sud-africain, Stephen Malcolm McGown, et un Suédois, Johan Gustafson, qui sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

En captivité avec le Français Lazarevic

En novembre 2014, AQMI avait diffusé une vidéo dans laquelle Sjaak Rijke s’exprimait à l’occasion de son millième jour de détention. Il y était accompagné de Serge Lazarevic, otage français libéré peu après, en échange de la libération de quatre djihadistes emprisonnés au Mali.

La force française « Barkhane », qui compte trois mille hommes et a succédé à celle de l’opération « Serval » au Mali, à l’été 2014, est déployée dans cinq pays (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso) contre les djihadistes opérant dans la bande sahélo-saharienne.

En mars, le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé le renforcement des troupes militaires françaises présentes au Sahel dans le cadre de cette opération « pour […] donner des moyens de soutien et d’accompagnement sur les tensions qui se produisent autour du lac Tchad ».

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