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La Méditerranée, cimetière des rêves…

by sur 24 avril 2015

Vingt quatre Maliens dans le naufrage du cargo, dont 22 du cercle de Bafoulabé

Carte communes Bafoulabé Sidibéla 001

Les communes rurales de Sidibela et de Tomora sont situées au Nord de la commune de Bafoulabé, constituant avec 13 autres communes rurales, le cercle de Bafoulabé, dans la région de Kayes.

Un nouveau drame touche le cercle de Bafoulabé, et particulièrement les communes rurales de Bafoulabé (dont des villages sont jumelés avec Lesquin, Lezennes et Roncq), et de Sidibela, toute les deux situées au Nord du cercle de Bafoulabé au Mali.

22 villageois sont disparus dans le naufrage du cargo il y a trois jours :

15 dans la commune rurale de Sidibela

– 8 de Sawaramé  (encore écrit Sarouane)

– 7 natifs de Maradibou

 3 du village de Madalaya dans la commune de Tomora

4 dans la commune de Bafoulabé :  1 de Sélinkégny (Boubou Kébé, 30 ans, père d’une petite fille de 7 ans) , 1 de Dibatoumania, 1 de Gangontéry et 1 de Farako.

Le 28 juillet dernier, 69 jeunes de 7 villages du cercle de Bafoulabé avaient déjà trouvé la mort en Méditerranée.

Toutes nos condoléances aux familles, et avec une grande tristesse car les jumelages coopérations, initiés depuis 1985 pour les plus anciens, devaient permettre à ces jeunes de « vivre et travailler au pays »….

A la suite de la publication de l’information sur la page de présentation de la revue de presse, nouos avons reçu de nombreux messages de solidarité et de condoléances de France et du Mali.

Mme Majdouline Sbaï, vice-présidente du conseil régional Nord-Pas de Calais en charge des relations internationales travaillait à une tribune et à un message en faveur de la coopération décentralisée avec Cités-Unies France.

Mgr Ulrich, archevêque de Lille, évoque, dans un message appelant à la Fraternité, la mémoire des migrants « livrés à d’ignobles trafiquants ».

La ville de Roncq a mis ses drapeaux en  berne.

Les informations disponibles ce matin du vendredi 14 avril sont ci-dessous.

Hubert Ledoux

Naufrages : 24 Maliens périssent en Méditerranée

Zoumana Coulibaly – L’Indicateur du Renouveau du 23 avril 2015

Qualifié de tsunami par certains médias, le dernier naufrage dans la nuit du 18 au 19 avril 2015 sur la cote méditerranéenne, dont le bilan a été revu à la hausse, a fait environ 800 tués parmi lesquels 24 Maliens.

Selon nos informations reçues par voie de presse, un habitant de Kayes a confirmé le bilan de 24 Maliens disparus dans le naufrage du 18 au 19 avril 2015.

Au ministère des Maliens de l’extérieur, la chargée de communication, contactée par nos soins n’a ni confirmé ni infirmé, se contentant de nous dire que le ministère est en contact permanent avec l’ambassade du Mali en Italie pour être situé. De toute façon, le phénomène interpelle tous et en premier rang les dirigeants et décideurs de politiques.

L’immigration clandestine est devenue le pire cauchemar du continent africain. Elle semble directement liée à la mal gouvernance ou au manque de vision des politiques de développement local. Elle pousse sur le chemin de l’aventure beaucoup de jeunes à la recherche d’un mieux-être, de meilleures conditions de vie.

Malheureusement, lors des traversées ils vivent l’enfer. L’Organisation internationale des migrations et les ONG dénoncent le manque d’humanisme des pays européens. Pour démentir cette thèse, des présidents et chefs de gouvernement comme François Hollande, Angela Merkel, Matteo Renzi se sont mobilisés pour chercher une solution à cette situation, qui n’a que trop duré

 

La Méditerranée ou le tombeau des rêves

Par Boubacar SANGARE – Journal du Mali du 22 avril 2015

400 morts en 2014 au large de Lampedusa. Depuis début 2015, 800 morts non loin des côtes libyennes. A cela viennent s’ajouter les noyades anonymes, les naufrages passés inaperçus…

Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent ce jeudi 23 avril 2015 à Bruxelles pour proposer une réponse aux drames des migrations en Méditerranée. Une rencontre qui cristallise l’attention de tous ou presque, tant ce sujet fait l’objet d’intenses débats. «Il faut donner une réponse qui ne soit pas seulement une réaction émotive », disait il y a quelques jours Matteo Renzi, le premier ministre italien.

Il y a un deux ans, à Lampedusa, plus 127 corps de femmes et d’enfants ont été repêchés, 200 personnes ont disparu et 155 personnes sauvées, sur les 500 migrants qui étaient dans le bateau qui a fait naufrage à presque 550 m de Lampedusa, cette île italienne de 600 habitants, plus proche de l’Afrique, et dont les habitants vivent essentiellement de la pêche et du tourisme. Un bilan meurtrier devant lequel la maire de Lampedusa, GiusiNicolini, n’a pu contenir ses larmes, même le pape François avait réitéré son soutien à ces migrants.

Comme dans le naufrage de Lampedusa, celui survenu le dimanche dernier à offert à d’aucuns l’occasion, trop belle d’ailleurs, de tirer sur une Europe qui ne veut pas de ces immigrants. Ces immigrants qui sont excédés, auxquelles on fait miroiter les chances, fausses, d’une réussite dans une Europe qui les repousse comme on décline une offre, et qui veut se débarrasser d’eux, par tous les moyens, y compris en les laissant se noyer en mer. Mais, disons-le, il ne faut pas refuser de se laver la figure parce qu’on a les yeux crevés, pour parler comme les bamanan.

Ce qu’il faut dire en revanche, c’est que ces naufrages sont d’abord ceux d’un continent- l’Afrique – dont les pays ne sont jamais parvenus à assurer à leurs populations des conditions de vie « sortables ». Des pays où la famine sévit comme un feu de brousse sous l’harmattan, et,résultat, la Méditerranée est devenue le tombeau des rêves d’une vie meilleure de ces migrants qui, la misère aux trousses, préfèrent tourner le dos à leur pays socialement, politiquement et économiquement en panne. Leurs pays figurant en bonne place au nombre des pays peu respectueux des libertés et des droits de l’homme avec le parti unique, une justice tout sauf indépendante, des oppositions en exil, en Europe et aux Etats-Unis.

Et nombreux sont ceux qui sont d’avis aujourd’hui qu’il faut renforcer la surveillance des côtes d’où partent« ces voyages de désespoir et de la mort. » Il est clair que surveiller les côtes ne suffit pas, car ce n’est pas aujourd’hui, en 2015, que les jeunes Africains ont commencé à monter au casse-pipe pour rallier l’Europe. Hier, en 2003, l’Espagne était une destination prisée pour ces immigrés clandestins, Africains majoritairement, qui tentaient de passer le détroit de Gibraltar (entre le Maroc et l’Espagne) au péril de leur vie.

Et, encore plus important, parmi ces immigrés 10 % étaient des femmes, qui arrivaient en Espagne enceintes, ce qui facilitait d’ailleurs leur régularisation (la loi espagnole sur l’émigration clandestine prévoyait la régularisation des personnes les plus vulnérables, dont les femmes enceintes ou avec enfants). Mais, on sait que depuis 2001, l’Espagne avait renforcé son système de surveillance du détroit sous la pression sécuritaire de l’Europe. Ce qui n’a dissuadé ni les passeurs ni les candidats à cette immigration clandestine.

Et pour finir, disons-le clairement, s’il y a aujourd’hui un mensonge qu’on jette aux Européens comme des os aux chiens, c’est de leur faire croire que l’immigration est la seule menace. Au point que les politiques prennent des mesures pour tarir le flux de migrants qui arrivent à Lampedusa, traversent le détroit de Gibraltar… Personnellement, je crois à cette règle, qui n’est écrite nulle part, selon laquelle « rien ni personne ne peut arrêter un être humain qui a décidé de quitter sa terre pour un ailleurs qu’il juge meilleur».

Pour faire court, il faut dire que l’Europe et le monde entier n’assisteront plus à une tragédie de cette sorte le jour où la Mondialisation sera une réalité !

 Nouveau drame de l’émigration: Sélinkégny de nouveau endeuillé

Site de la ville de Roncq (jumelée avec Sélinkégny au Mali) 

Le 28 juillet 2014, parmi 69 victimes issues de sept villages de la commune de Bafoulabé, trois figures de Sélinkégny disparaissaient dans le naufrage d’une embarcation de fortune, suscitant un immense chagrin au coeur de ce village malien jumelé avec Roncq depuis 1987. Vincent Ledoux a appris le 22 avril avec émotion le décès, parmi les derniers migrants naufragés, de Boubou KEBE, âgé de 30 ans, étudiant en médecine à Bamako, grand frère d’un grand ami de Roncq, Kebe Lino Khalidou. Le Maire présente en son nom et au nom du Conseil Municipal roncquois ses condoléances attristées à la famille du défunt et aux habitants de Sélinkégny.

« Pour nous ce drame porte le visage de Boubou », souligne Vincent Ledoux, « puisse-t-il nous habiter dans l’accomplissement redoublé de notre action de jumelage-coopération! Nos pensées vont aussi vers sa femme et sa fillette de sept ans ».
Le jeudi 23 avril, les drapeaux ont été mis en berne en mémoire de Boubou et des 799 autres disparus – comme autant de vies sacrifiées au nom du désespoir – et pour lesquels le Conseil Municipal avait observé une minute de silence lors de la séance publique du 21 avril dernier.

Hélas, la commune de Bafoulabé près de laquelle se trouve Sélinkégny, a été une nouvelle fois durement éprouvée dans le naufrage il y a quelques jours d’un cargo puisqu’on recense, outre Boubou KEBE, la disparition de 14 villageois dont sept étaient natifs de Maradibou, trois de Madalaya, trois de Dibatoumania, de Gangontéry et de Farako.

 

Extrait du message publié le 23 avril par Mgr Laurent Ulrich, Archevèque de Lille :

« Je confie enfin à vos prières Aurélie Châtelain, qui vivait à Caudry, dans le diocèse de Cambrai, et que tout indique comme victime de ce terroriste, après avoir résisté avec courage à son agresseur. N’oublions pas toutes les victimes des violences : les chrétiens éthiopiens exécutés dimanche dernier, aussi bien que les migrants naufragés, livrés à d’ignobles trafiquants.

Que les croyants s’adressent à Dieu : « Seigneur, notre humanité paraît si divisée, mais aussi tellement blessée de ce qu’elle s’inflige à elle-même. Donne-nous de lutter avec courage pour un apaisement des relations entre les nations, et à l’intérieur même des peuples. Désarme nos peurs et fortifie la détermination de chacun à construire la fraternité. » 

Sélinkégny est en deuil et Roncq a mis ses drapeaux en berne

La Voix du Nord – LE 23/04/2015 – ANNE Courtel

Au conseil municipal de Roncq, les élus ont observé une minute de silence en hommage aux migrants morts en mer. Le lendemain, la Ville mettait ses drapeaux en berne : le drame avait touché des jeunes de Sélinkégny, ville jumelée. Et le naufrage prenait un visage : celui de Boubou Kébé, frère de Khalidou.

L’été dernier, 69 jeunes de Sélinkégny (Mali) et des villages alentours étaient portés disparus lors du naufrage d’une embarcation au large de la Libye. Le drame s’est répété dimanche. Un bateau avec huit cents personnes a fait naufrage au large des côtes libyennes. Il n’y a eu que 28survivants. Quatorze habitants de Bafoulabé se sont noyés : sept sont originaires de Maradibou, trois de Madalaya, trois de Dibatoumania, de Gangontéry et de Farako et un de Sélinkégny. Il s’agit de Boubou Kébé. Cet homme de 30 ans est le grand frère de Khalidou, qui avait été mis à l’honneur aux vœux de Roncq, en janvier 2014.

Selon des proches du village, Boubou Kébé était médecin. Il était le père d’une fillette de 7 ans. « Au village, les habitants sont complètement déroutés. lls ne comprennent pas ce que Boubou faisait sur ce bateau, lui qui avait une situation, qui vivait dans un lieu qui n’est pas le pire au niveau économique… Mais que faisait-il dans cette galère ? », s’interroge Patrick Lecomte, président de Roncq Sélinkégny.

La page Facebook de Khalidou Kébé s’est parée de noir, hier. L’été dernier, le jeune homme, étudiant en informatique à Paris, avait rappelé que beaucoup de jeunes espèrent avoir une vie meilleure en Europe. « Vouloir sortir de la misère au péril de sa vie était leur dernier recours. »

Aider le développement économique

Mais pour les responsables du jumelage entre Roncq et Sélinkégny, c’est un terrible constat. Jusqu’à l’été dernier, les villages maliens avaient été épargnés par cette immigration clandestine. Mais la guerre, qui sévit dans une partie du Mali, a fragilisé le pays. « Elle a provoqué une véritable catastrophe économique dans un pays qui était en pleine expansion. Qui sait aujourd’hui ce qui va arriver », souligne Patrick Lecomte, qui équipe actuellement le village de trois nouvelles classes.

Pourtant, l’association, à plusieurs reprises, avait permis à des Maliens installés en France de témoigner des conditions difficiles de vie en France mais la peur de l’avenir et l’espérance que représente l’Europe sont plus fortes. Vincent Ledoux plaide aujourd’hui pour créer des conditions économiques qui retiennent ces jeunes au pays. « C’est une urgence, maintenant. L’Afrique a les moyens de se développer économiquement. Il y a une classe moyenne qui n’attend que ça, il y a moyen de faire du business avec humanité. Cela leur permettrait de se développer. C’est gagnant-gagnant. Il y a une vraie passerelle naturelle et fraternelle vers l’Afrique », martèle le vice-président de la MEL aux affaires économiques.

C’est aussi pour cela que Vincent Ledoux a apporté un fort soutien à Jean-Louis Borloo. «Le plan d’électrification de l’Afrique qu’il porte est une des réponses apportées à ce continent, paradoxalement en plein développement, tout comme l’ensemble des micro-projets de coopération décentralisée. »

En attendant, le Mali et Roncq pleurent ces morts victimes de la misère. La ville a mis ses drapeaux en berne.

 

 

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From → Revue de Presse

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