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Ménéka repris au MNLA par le Gatia

by sur 29 avril 2015

Au fur et à mesure que la date du 15 mai, fixée par la médiation pour signer le pré-accord d’Alger approche, la tension monte. Vols de véhicules et de bétail, attaques à mains armée, assassinats de « loyalistes » se succèdent.

Jusqu’à la reprise par le Gatia, lundi, de Ménaka, berceau de l’insurrection touareg, occupée par les indépendantistes du MNLA, où les troupes de la Minusma et de l’armée malienne sont cantonnées sans pouvoir bouger.

Le Gatia, présenté comme une milice clanique de touareg pro-Bamako a trouvé des alliés pour cette opération qui ne manque pas d’être saluée par la population locale comme par la foule bamakoise.

Mais qui inquiète sérieusement les chancelleries et la « communauté internationale »; d’où la réaction  hostile du gouvernement.

L’ensemble des informations ci-dessous.

Regain de violences au Nord : menaces sur l’accord d’Alger

Adam Thiam – Le Républicain du 29 Avril 2015

« Tombouctou va tomber dans quelques heures » : toute la nuit du lundi au mardi, les ressortissants de la sainte cité ont gardé leurs doigts croisés face à la menace proférée par les mouvements séparatistes de l’Azawad qui ont très vite maîtrisé les techniques de la guerre psychologique par réseaux sociaux interposés.

Il y eut même quelques frayeurs, des bruits d’armes lourdes ayant été entendus tôt hier autour de la ville. Heureusement que les radios libres ont vite rassuré : ces bruits étaient ceux des armes de soldats maliens qui s’entraînaient en brousse. Plus loin dans la région de Gao, notamment à Menaka, la guerre n’est pas du tout psychologique.

Les forces qui s’y affrontent font tout pour éviter le coup de feu et les bilans macabres -un mort déclaré- mais la tension est vive et la veillée d’armes réelle. Le lundi en effet, sous la pression du Gatia qui était prêt à en découdre militairement, les troupes du Mnla ont quitté la ville.

Ce mardi, alors que le chef politique du Gatia, Fahad déclarait dans la presse internationale que son mouvement contrôle la situation et la ville, plusieurs sources locales font état d’une marche à laquelle plusieurs centaines de Menakois ont participé pour demander le retour de l’armée malienne. Une ambiance de triomphe en total contraste avec l’état d’âme de la Cma et du Mnla en particulier. Pour ce mouvement, Gatia c’est le gouvernement malien et il assimile l’attaque de Menaka à une violation du cessez le feu du 23 mai 2014.

Menaces sur la paix et inquiétudes pour le 15 mai

Le porte-parole des mouvements de l’Azawad déplore que les événements de Menaka surviennent « au lendemain d’un engagement définitif de la CMA à parapher l’accord dans les plus brefs délais, transmis au chef de la Minusma et représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu ».

Et il menace : il est hors de question que son mouvement reste les bras croisés devant ce qu’il qualifie d’attaques dictées par Bamako, avant d’inviter la communauté internationale à condamner de tels agissements et à prendre leur responsabilité.

Le 27 avril, le Représentant Spécial du Secrétaire général interpelle les parties prenantes sur les risques que leurs actions peuvent entrainer pour le fragile processus de paix malien.

Dans un communiqué qualifié de problématique par un site d’informations de Bamako, l’Onu s’agace : « des mois de négociations intenses impliquant toutes les parties en vue de mettre un terme à la crise malienne pourraient être menacés ». Ces actions, poursuit le communiqué, « constituent de graves violations des accords de cessez-le-feu ». Jusque-là, rien de vraiment méchant. Mais le communiqué affirme qu’à Nouakchott le 26 avril, les représentants de la CMA ont « réaffirmé leur pleine adhésion au processus de paix en cours, et ont confirmé leur intention de parapher l’Accord » et il appelle au retour des positions initiales. Pour bien des Bamakois, cela sent le souffre.

D’abord comment croire la Cma sur parole et surtout comment peut-on demander à Gatia de rétrocéder sa victoire ?

Si la rue bamakoise jubile, c’est pourtant la grosse angoisse dans les chancelleries de la capitale malienne. Le porte parole du gouvernement peut en appeler, comme il veut à la retenue des acteurs. Mais il aura du mal à convaincre la communauté internationale que Gatia n’est pas une milice gouvernementale agissant par et pour Bamako. D’où l’inquiétude que la Cma ne boude la signature le 15 mai à Bamako de l’accord d’Alger.

Situation explosive à Ménaka : La population défie l’Etat et la Minusma

Bréhima Sogoba – L’Indicateur du Renoouveau du 29 avril 2015

Un jour après la libération de Ménaka par le Gatia, la population n’en démord pas. Les habitants ont exigé mardi la présence des Forces armées du Mali (FAMa) et de sécurité pour appuyer les éléments du Gatia dans la sécurisation de la ville.

Les habitants de Ménaka dans la région de Gao se sont mobilisés mardi pour manifester leur soutien aux éléments du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) qui se sont lancés depuis lundi dans une opération de reconquête de la ville, occupée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) depuis mai 2014.

Selon plusieurs habitants que nous avons contactés, la ville a souhaité le retour de l’Etat du Mali à Ménaka. Les populations ont fait un trajet de 7 km pour exiger l’appui des militaires maliens et de la Minusma au Gatia et pour inviter le gouvernement à prendre sa responsabilité.

Vert-jaune-rouge…

Joint au téléphone, le président de la commission d’organisation de la marche a souligné que le Mali est composé de trois couleurs et trois mots. « C’est ce que Ménaka a fait savoir à l’opinion nationale et internationale », a-t-il fait remarquer.

Il a aussi rappelé que la ville de Ménaka est très remontée contre le communiqué du gouvernement et de la Minusma relatif au retrait du Gatia. « La ville de Ménaka est prête à soutenir le Gatia pour bouter les ennemis de la paix de la zone. Cette force de résistance locale a déjà reçu des centaines de volontaires pour sécuriser la ville… »

Les raisons qui ont poussé la population à manifester dans le camp militaire de Ménaka s’explique par les actes de terroristes du MNLA. « Les habitants sont martyrisés et terrorisés sous le nez et la barde des soldats de la paix. Nous demandons le renfort de l’armée pour sécuriser les personnes et leurs biens », a déclaré un manifestant, ajoutant que c’est un ouf de soulagement pour la population, car le drapeau malien flottait dans toute la zone.

Les manifestants ont quitté à la place de l’Indépendance pour la mairie et le camp militaire où ils ont été reçus par le chef des opérations de la Minusma et l’opération Maliba cantonnée dans ce camp. Dans une déclaration remise à ces personnalités, la population a souligné le respect des engagements de neutralité de la force étrangère entre les parties en conflit.

En un mot : Les revers du MNLA

Par DAK – L’Indicateur du Renouveau – 29 avril 2014

Après la perte de Ménaka, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a échoué à convaincre ses partenaires à l’aider à riposter pour reprendre la ville, désormais sous contrôle du Gatia soutenu bénédiction par les populations, meurtries par un an d’occupation.

Le MNLA a aussi perdu le pari de mobiliser la communauté internationale contre le Mali, en présentant, avec le soutien de médias occidentaux, le Gatia comme le bras armée du gouvernement. Pour une fois, l’Etat a eu le réflexe qu’il fallait : condamner rapidement la reprise des hostilités.

Mais le prochain combat contre les rebelles aura lieu demain à Dakar où se tiendra le sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) auquel le MNLA veut participer. C’est un nouvel affrontement qui verrait le gouvernement boycotter cette rencontre si on devait y admettre les séparatistes en perte de vitesse. Il en va de sa crédibilité.

Affrontement entre MNLA et GATIA à Ménaka : Plus 70 combattants du MNLA tués, 18 prisonniers et 15 véhicules saisis

Par M. KONDO – L’Express de Bamako – 29 avril 2015

Le combat entre les combattants des Groupes d’autodéfense touareg imghads et alliés (GATIA) et ses alliés du MAA loyaliste et du MNLA à Ménaka aura d’une violence sans précédent. Pendant plusieurs heures du lundi dernier.

«Dans son arrogance et dans sa provocation, le MNLA qui s’est mis en marge du processus de paix en refusant de parapher l’accord pour la paix et la réconciliation a mobilisé ses combattants depuis hier pour terroriser les paisibles populations de la localité de Azoli, située à 40 kilomètres de Ménaka.

Ce lundi matin, poussant la provocation, ses combattants se sont crus en position d’attaquer une position du Gatia à Azoli. La réplique a été foudroyante. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’à Ménaka où les combattants du MNLA ont été vaincus et chassés…», écrivait M. Sambi Touré, directeur du journal «Info Matin», dans les réseaux sociaux aux premières heures de l’affrontement entre MNLA et GATIA.

En effet, hier mardi, une source proche du renseignement militaire faisait état de plus de 70 combattants du MNLA tués et de 11 du côté GATIA. La même source nous a indiqués de la saisie de 15 véhicules de combats des éléments du MNLA et plusieurs prisonniers dont un haut responsable du mouvement séparatistes.

Selon une source proche du GATIA, «après le premier combat dans lequel le GATIA n’avait envoyait que deux unités de combat, les rebelles du MNLA ont envoyé des troupes supplémentaires pour renforcer les positions à Ménaka. Il était 10 heures, toujours le Lundi. S’attendant à cette tactique du MNLA, le GATIA et le MAA loyaliste ont alors engagé d’autres unités de combats pour anéantir définitivement les positions du MNLA qui avait entre temps envoyé tous ses hommes au renfort. Certains n’ont pas hésité à fuir à même à pieds pour échapper à la mort ou simplement se rendre en déposant les armes et se mettre à genoux suppliant de ne pas les tuer. Ils ont été faits prisonniers…», a expliqué notre source d’ajouter que le GATIA après avoir chassé les rebelles, a automatiquement occupé toutes les positions stratégiques de la ville pour ne pas dire quadriller la ville de Ménaka.

Selon plusieurs témoignages relayés dans les medias depuis le lundi, nous avons vu combien les populations souffraient de l’occupation de la ville par les rebelles du MNLA. Cette énième défaite des séparatistes prouve que le retour de la paix définitive n’est plus loin.

Sécurisation du Nord du Mali : Ménaka libéré, il reste Kidal

Abdel HAMY- Le Katois du 29 Avril 2015

Pour le médiateur algérien comme pour les autorités maliennes, la récréation est terminée, il faut maintenant aller à la signature d’un accord de paix durable, voire définitif, au forceps s’il le faut. Le Gatia aussi l’a compris, lui qui vient de déloger le Mnla de Ménaka.

La médiation internationale conduite par l’Algérie semble déterminée à faire signer l’accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali. Elle avait fixé la date de signature au 15 mai sans même avoir le quitus de la Coordination des mouvements rebelles et terroristes de l’Azawad (Cma) qui n’avait même pas daigné parapher le document le 15 avril, comme on le lui demandait gentiment.

Depuis cette date, alors que tout le monde s’attendait à une signature sans la Cma, le ton avait été durci par la communauté internationale, dont certains membres ont menacé de sanctions les récalcitrants « ennemis de la paix. » Ces menaces semblent avoir payé car la CMA vient d’affirmer son intention de signer à la date indiquée l’accord pour la paix. Aux dires de certains de ses porte-paroles, ses responsables se seraient entendus avec les autorités maliennes sur leurs points de revendication.

Or, ceux-ci tournent essentiellement autour de la reconnaissance de l’Azawad comme une entité politique, juridique et autonome. Revendication rejetée à la fois par la médiation internationale, les autorités maliennes, la majorité du peuple malien regroupé dans l’opposition, classe politique et société civile confondues, et, surtout par la plateforme des mouvements d’autodéfense.

Dédaigneusement et péjorativement qualifiés de milices progouvernementales par une certaine presse tendancieuse et pervertie, ces mouvements d’autodéfense ont été jusque-là le principal rempart à la prise de contrôle des régions du nord par les mouvements rebelles terroristes (Mouvement national de libération de l’Azawad ‘’Mnla’’, Haut conseil pour l’unité de l’Azawad ‘’Hcua’’, Mouvement arabe de l’Azawad ‘’Maa’’, Coalition des peuples de l’Azawad ‘’Cpa’’, des mouvements rebelles terroristes qui ont pris leurs quartiers à Kidal sous la protection bienveillante des forces françaises et onusiennes. Toujours sous la protection bienveillante de la Minusma et de Serval puis Barkhane, ces mouvements étaient parvenus à étendre leurs tentacules sur des localités des autres régions du nord.

En l’absence de l’armée loyaliste, des services de sécurité et de l’administration, handicapés par la présence des troupes étrangères et de prétendues considérations sur le respect des droits de l’homme, ils auraient très bien pu prendre le contrôle de toutes les localités si les mouvements d’autodéfense n’étaient pas là. Notamment le Groupe d’autodéfense des Touareg Imghad et alliés (Gatia). Qui, avec l’assistance d’autres, était parvenu à cantonner les mouvements rebelles terroristes à Kidal et à Ménaka (région de Gao).

Lundi dernier, une offensive du Gatia a permis de libérer cette localité du nord-est de la présence nocive du Mnla qui l’occupait depuis mai dernier. Libérer, c’est bien le terme qui convient au vu des images des scènes de liesses et de réjouissances populaires qui ont suivi l’intervention salvatrice du Gatia.

Quelques heures après avoir été chassés de Ménaka comme les chiens errants qu’ils sont, les membres du Mnla se sont rendus dans leurs canaux de communication habituels pour dénoncer la violation des accords de cessez-le-feu et de respect des positions d’avant juin 2013. Des accords de cessez-le-feu avaient effectivement été signés par les groupes armés et les autorités légales, en particulier après la débâcle de l’armée à Kidal en mai dernier.

Mais les autres accords qui ont suivi avaient surtout été imposés au gouvernement malien quand les mouvements d’autodéfense étaient montés en puissance, infligeant de lourdes pertes militaires aux membres de la Cma traqués comme des bêtes sauvages. Leurs plus grandes défaites, ils les ont enregistrées dans le Gourma des cercles de Gao et d’Ansongo où ils n’avaient rien à faire s’ils avaient effectivement respecté leurs positions après la signature de l’accord de Ouagadougou. Et s’ils avaient aussi respecté cet accord, les éléments du Mnla n’auraient jamais dû se trouver à Ménaka d’où ils viennent d’être chassés comme les bêtes malfaisantes qu’ils sont.

De plus, ces accords imposés au gouvernement malien n’engagent en rien les mouvements d’autodéfense obligés, par devoir, de se battre pour la survie de leurs populations. Ils avaient déjà eu tort de cesser le feu à la demande de la Minusma lorsqu’ils étaient pratiquement aux portes de Kidal. Ils auraient tort encore plus de s’arrêter en si bon chemin sur la libération de tout le nord.

Car leur entrée, assez facile du reste, à Ménaka est la preuve de ce que les observateurs ne cessent de dire depuis longtemps : le Mnla ne représente plus rien sur le plan militaire. Il est vrai que grâce à certaines radios internationales ses responsables sont encore habiles en propagande, mais sur le terrain ils font office de lavettes, sous le couvert du Hcua et des jihado-narcotrafiquants. Au Gatia de tirer tous les enseignements de cette libération, et à l’armée malienne de prendre enfin ses responsabilités.

Nord du Mali : Le Mnla et ses alliés chassés de Ménaka

SORO – Le Katois du 29 avril 2015

Plus aucune trace du Mouvement national de libération de l’azawad et ses alliés de la Cma dans la ville de Ménaka, localité située dans la région de Gao. Le Mnla et ses renforts de la coordination y ont été chassés ce lundi par les mouvements de la plateforme avec à sa tête le Gatia.

Selon des témoins, joints dans la ville, c’est sans être confronté à une résistance que les groupes d’auto-défense de la plate-forme ont pris le contrôle de la ville de Ménaka le lundi matin. Les mouvements de la plate-forme seraient rentrés dans la ville sous les yeux des Casques bleus. Le Mnla et ses alliés de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) qui contrôlaient la localité depuis près d’une année ont fuit les combats. Les différents protagonistes ont confirmé que le Gatia et ses alliés ont pris le contrôle de Ménaka.

Pour l’instant, personne ne peut dire comment les hostilités ont repris. Les deux parties qui sont tenues par l’accord de cessez-le-feu qu’elles ont signé en février à Alger, se rejettent la responsabilité. Chacune affirme avoir agi en situation de légitime défense. Les mouvements de la coordination qui venaient de confirmer sa décision de parapher l’accord d’Alger, après moult revirements, demande le retrait de la plate-forme de cette zone. Si dans un communiqué le gouvernement du Mali a condamné ce regain de violence, aucune réaction n’a pour le moment été entendue du côté de la Communauté internationale.

Cette reprise des affrontements pourrait compromettre le processus de paix comme elle pourrait le faire avancer. Comment comprendre aujourd’hui l’attitude attentiste de la Minusma. Pour beaucoup d’observateurs, la force onusienne s’attendrait à une défaite du Gatia. Mais comme cela n’a pas été le cas, elle lui demande maintenant de se retirer immédiatement de Ménaka.

Pour d’autres observateurs, cette attaque serait une ruse de la part de Communauté internationale pour faire la pression sur les mouvements de la Cma à participer à la signature de l’accord. Depuis mai 2014, la ville de Ménaka ainsi plusieurs autres localités au Nord étaient sous le contrôle du Mnla et ses alliés. Ce qui leur a valu d’être plus intransigeant dans les négociations. La prise de Ménaka et celle d’autres localités comme Djebok, où le Mnla a déjà plié bagage changerait les rapports de force sur le terrain et pourrait amener les mouvements rebelles à revenir plus rapidement dans le processus.

Selon un responsable du Gatia, c’est le Mnla qui les a attaqués en premier. « Nous voudrions aller sensibiliser nos parents qui sont là-bas par rapport à la mise en œuvre de l’accord et le Mnla a ouvert le feu sur nous, nous aussi nous avons riposté », a-t-il dit. Hier mardi matin, la population de Ménaka est sortie pour manifester contre le retrait du Gatia de la ville comme le demande la Minusma. La situation reste tendue dans la zone et les prochains jours s’annoncent décisifs.

Mali – Fahad Ag Almahmoud (Gatia) : « Notre occupation de Ménaka n’a pas été préparée »

Jeune Afrique – 28/04/2015 à 18:24 Par Benjamin Roger

Des militaires maliens surveillent les abords de la ville de Ménaka, en février 2014. © Dorothée Thiénot pour Jeune Afrique.

Le Gatia a repris lundi la ville de Ménaka aux rebelles du MNLA qui la contrôlaient depuis près d’un an. Joint par téléphone, Fahad Ag Almahmoud, le secrétaire général de cette milice touarègue proche du gouvernement, affirme que cette offensive s’est produite « de façon spontanée » et qu’elle ne remet pas en cause le fragile processus de paix malien.

Jeune Afrique : Quelle est la situation à Ménaka depuis que le Gatia (Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés) en a chassé le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) ?

Fahad Ag Almahmoud : La situation est désormais calme et sous contrôle. Maintenant que nous tenons la ville, nous allons remettre les choses en ordre en collaboration avec la médiation internationale.

Pourquoi êtes-vous passé à l’offensive ?

C’est un évènement qui s’est produit de façon spontanée. Notre occupation de Ménaka n’a pas été préparée. Une mission de nos chefs coutumiers devait participer à une rencontre préparatoire à la signature de l’accord de paix à Tarkint. Mais elle est tombée dans une embuscade des forces du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, NDLR) à environ 40 kilomètres au sud-ouest de Ménaka. Cet accrochage a dégénéré, nous avons poursuivi nos adversaires et la situation a rapidement tourné à notre avantage. Nous sommes entrés dans la ville après quelques affrontements.

Quel est le bilan humain de ces combats ?

Nous n’avons pas recensé de morts, seulement deux blessés.

Comptez-vous poursuivre votre offensive sur d’autres localités tenues par les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ?

Cela dépendra de l’évolution de la situation. Si nous sommes menacés, nous prendrons nos dispositions partout où nous sommes.

Kidal fait-il partie de vos objectifs ?

Non, absolument pas. Comme je vous l’ai dit, ce qui s’est passé à Ménaka était un incident. Nous n’avons pas de volonté de récupérer un quelconque territoire.

La CMA affirme que vous avez violé le cessez-le-feu en reprenant Ménaka…

C’est plutôt eux qui ont violé le cessez-le-feu en nous tendant une embuscade. Jusqu’à présent, nous avons été irréprochables. Il faut maintenant qu’un accord soit vite signé et qu’on arrête avec ces regains de violences fratricides.

Selon vous, ces affrontements n’auront donc pas de conséquences sur les pourparlers de paix toujours en cours ?

Nous ne remettons pas en cause le processus de paix. Nous allons voir, en collaboration avec la Minusma, comment gérer cette situation qui nous est tombée dessus. La médiation internationale nous a fait savoir qu’elle ouvrira un document de soutien à l’accord de paix qui pourra être signé par tous les leaders communautaires du Nord qui le souhaitent. Nous verrons donc qui sera pour la paix et qui ne l’est pas.

Allez-vous rester à Ménaka ?

Nous allons en discuter avec la médiation internationale car nous ne voulons pas que cela empêche la signature d’un accord de paix. Donc nous n’excluons pas un retrait mais nous voulons avoir des garanties sur le sort des populations qui ont manifesté leur satisfaction après la libération de la ville.

Avez-vous été appuyé par les Forces armées maliennes ?

Non, les forces armées maliennes sont cantonnées et nous ne sommes pas en lien avec elles.

Libération de la ville de Ménaka : l’offensive porte la marque de la coalition Gatia, Maa et Ganda Iso

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 28 Avril 2015

Une coalition de mouvements d’autodéfense de la plate-forme d’Alger ont libéré hier la ville de Ménaka du joug de l’occupation des rebelles du mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla). L’initiative, selon un haut responsable du Ganda Iso, entre dans une logique de réponse aux « exactions de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ».

« Suite à des affrontements sanglants, le Groupe d’Autodéfense Imghad et Alliés (GATIA), avec l’appui du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) et du Mouvement GANDA IZO, a libéré ce lundi 27 avril 2015, la ville de Ménaka », a indiqué cette source. La localité était sous occupation des groupes séparatistes depuis le 21 mai 2015, après que ces derniers ait défait l’armée malienne à Kidal.

Les nouveaux hommes forts de la ville ont été accueillis en libérateurs. Après la liesse populaire de l’après-midi d’hier, une réunion des sages de la ville a décidé de la tenue d’une marche de soutien à ces groupes ce mardi 28 avril. « Nos populations longtemps prises en otages par ces groupes séparatistes, sont avant tous des citoyens maliens, ils sont nos frères et sœurs, qu’ils résident à Menaka, Anefis, Kidal ou ailleurs, ils ont le droit de se faire assister et secourir », a souligné le porte-parole des mouvements de plate-forme, Habala Ag Hamzata.

« Cela ne peut entacher le bon déroulement du processus de dialogue inter maliens que nous avons paraphé et auquel nous sommes profondément attachés », a-t-il reconnu, expliquant toutefois que les mouvements de la plate-forme ont toujours manifesté un intérêt particulier pour le processus de paix, prenant pour preuve leur participation à la cérémonie ratée de paraphe de l’accord par la CMA, le 15 avril 2015. Les groupes d’autodéfense demande à cet effet à la médiation « de prendre ses responsabilités en obligeant les parties à mettre un terme aux souffrances des populations sous contrôle de la CMA ».

Les populations de Ménaka « ont enduré menaces, tortures et exactions, les pires horreurs sous le joug du MNLA qui les obligeait à se comporter comme des esclaves sous peine de recevoir des corrections dignes de celles qu’infligeaient les Nazis aux populations des zones occupées pendant la seconde guerre mondiale », a souligné le responsable du Ganda Iso. Si la Cma dans un communiqué estime que cette regain de tension compromet la signature de l’accord de paix négocié à Alger, les mouvements de la plate-forme soutiennent que leur initiative est une « réponse aux multiples crimes » de la CMA contre des populations civiles. Elle « ne constitue nullement une violation de la déclaration de cessation des hostilités encore moins, un acte pouvant porter atteinte à la signature de l’accord prévue le 15 mai 2015 », nous a indiqué Mohamed Attaib Sidibé, président du mouvement Ganda Iso.

Communiqué du gouvernement

C’est avec une grande surprise et une forte préoccupation que le Gouvernement de la République du Mali a appris que ce lundi 27 avril 2015, des affrontements ont eu lieu à Menaka, région de Gao, entre certains groupes armés.

Le Gouvernement de la République du Mali condamne cette reprise des hostilités et ce regain de violence au moment même où, avec la Communauté internationale et les parties prenantes, tous les efforts sont en train d’être déployés pour arriver à un accord de paix, gage d’une retour de la stabilité et de la reprise des actions de développement.

Dans cet esprit, le Gouvernement de la République du Mali rappelle à toutes les parties les engagements pris à travers l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 et la déclaration de cessation des hostilités signée le 24 juillet 2014 et reconduite le 19 février 2015. Le Gouvernement invite l’ensemble de acteurs à redoubler de vigilance afin que des actions de provocation ne viennent remettre en cause tous les efforts consentis par le Mali et la médiation internationale en vue du retour définitif de la paix.

Bamako le 27 avril 2015

Communiqué de la Minusma : le RSSG exhorte les parties à cesser immédiatement les hostilités à Ménaka

Bamako, le 27 avril 2015 – Aujourd’hui vers midi, la MINUSMA a été informée d’une attaque menée par le GATIA et MAA-Plateforme sur la ville de Ménaka tenue par les éléments de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

Des tirs ont été entendus, la MINUSMA a déployé des hélicoptères sur le terrain pour évaluer la situation.

Le Représentant Spécial du Secrétaire général a tenu à mettre en garde les parties prenantes sur les conséquences graves que leurs actions pourraient entraîner sur le processus de paix au Mali : « J’exhorte les parties à cesser immédiatement les hostilités et à retourner sur leurs positions. Cette résurgence de tensions met en péril les efforts de tous pour restaurer une paix durable au Mali, » a-t-il déclaré.

Le RSSG s’était rendu à Nouakchott le 26 avril pour rencontrer les représentants de la CMA qui ont réaffirmé leur pleine adhésion au processus de paix en cours, et ont confirmé leur intention de parapher l’Accord.

« Des mois de négociations intenses impliquant toutes les parties en vue de mettre un terme à la crise malienne pourraient être menacés. Ces actions constituent de graves violations des accords de cessez-le-feu, rappelées dans la déclaration du 19 février 2015, » a-t-il poursuivi.

Le RSSG a également rappelé la déclaration du 6 février 2015 du Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies évoquant des mesures appropriées, y compris l’imposition de sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu.

« Je lance donc un appel au calme et à la raison pour le bénéfice de tous les Maliens. La crise qui a secoué le Mali se résoudra uniquement par la voie du dialogue. Je reste convaincu que toutes les parties feront montre de sagesse et de raison pour signer un Accord de paix historique, » a conclu le RSSG.

Communiqué de la CMA

La Coordination des Mouvements de l’Azawad porte à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale que tôt dans la matinée du 27 avril, la ville de Ménaka a été attaquée par des éléments de l’armée malienne et de ses milices, occasionnant des combats et des souffrances supplémentaires pour les populations de Ménaka.

Depuis le début du processus de négociations, les violations du cessez le feu par le gouvernement malien sont flagrantes et récurrentes sans que cela ne soit dénoncé ou suffisamment souligner par la communauté internationale et la Minusma, pourtant, si prompt à faire pression tous azimuts sur la CMA pour parapher l’accord d’Alger du 1er mars dernier. La gravité de l’agression est d’autant plus inacceptable qu’elle intervient au lendemain d’un engagement définitif de la CMA à parapher l’accord dans les plus brefs délais, transmis au chef de la Minusma et représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU.

En lançant cette attaque, le gouvernement malien se rend responsable d’une grave violation des accords de cessez-le-feu du 23 mai 2014 signé à Kidal, ainsi que la déclaration de cessation des hostilités du 24 juillet 2014 d’Alger, réaffirmée le 19 février 2015.

Le gouvernement du Mali portera l’entière responsabilité des conséquences de telles attaques. La CMA ne peut se résoudre à subir indéfiniment les attaques et les agressions dictées par Bamako sans réagir. Cette position n’altère en rien l’attachement de la CMA à la recherche de la paix.

La CMA prend à témoin la Médiation et la communauté internationale, et les appelle instamment à condamner de tels agissements et à prendre leur responsabilité.

Pour la coordination

Moussa AG Acharatoumane

 Situation sécuritaire au nord et au centre : deux véhicules enlevés entre Diré et Goundam

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 28 Avril 2015

Le week-end écoulé a été marqué au nord et au centre du pays par une série d’actes criminels. En effet, la première opération s’est déroulée le vendredi 24 avril entre Goundam et Diré. Deux véhicules circulant sur l’axe compris entre ces deux cercles de la région de Tombouctou ont été interceptés, aux environs de 12 heures, par des hommes armés circulant sur des motos.

Les assaillants ont pris possession des deux véhicules qu’ils ont vidés de leurs passagers avant d’abandonner ces derniers à leur triste sort. Il nous revient qu’avant de disparaitre, les bandits ont pris soin de débarrasser ces passagers de leurs téléphones portables pour les empêcher de contacter les forces de sécurité. Auparavant, dans le cercle de Djenné, principalement non loin de Ouromodi, c’est une Toyota appartenant à un projet rattaché au ministère du développement rural qui a été enlevée.

Même si cette attaque n’a pas été revendiquée, les yeux sont tournés vers le Front de libération du Macina (FLM), l’organisation terroriste proche du prédicateur Hammadoun Kouffa et qui sème, depuis le début de l’année, la terreur dans les régions de Mopti et Ségou.

Après l’exécution le jeudi 23 avril du chef de village de Dogo, les assaillants du Front de libération du Macina viennent de lancer des menaces de mort à un maire de la localité accusé de collaboration avec l’administration.

Mali : le Gatia, drôle de milice

04/03/2015 à 18:20 Par Jeune Afrique

Le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) est devenu incontournable dans le Nord-Mali, mais son statut n’est pas clair. La présence de soldats dans une Mission de formation de l’UE prouverait qu’il existe bien des liens avec l’État malien.

Quelle ne fut pas la surprise des agents de la Minusma, fin janvier, en découvrant l’identité de certains éléments du Gatia, une milice d’autodéfense imghad, soignés dans l’hôpital provisoire des Nations unies à Gao – ils avaient été blessés dans des combats contre des groupes rebelles à Tabankort.

Quelques mois plus tôt, ces combattants avaient suivi une formation de la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM) à Koulikoro. Or le but de cette formation financée par l’Union européenne est d’aider à la reconstruction… des Forces armées du Mali (Fama). En dépit des dénégations officielles, les liens entre les autorités et cette milice sont donc clairement établis.

Selon plusieurs sources sécuritaires, le Gatia compte dans ses rangs des soldats, mais aussi des véhicules, des armes et des uniformes, fournis par lesdites Fama. En échange, les prisonniers faits par la milice leur sont semble-t-il remis.

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