Skip to content

Guerre au Nord, paix au Sud ?

by sur 5 mai 2015

Avec 25 morts en une semaine, les affrontements reprennent au Nord de manière sanglante.

Alors qu’au Sud la « société civile » malienne (à dominante islamique) prône la Paix lors d’un  meeting qui n’a pas attiré les foules, on sent quelques troublantes différences d’appréciation de la situation.

Quant à l’opposition parlementaire, désormais dotée officiellement d’un statut (avec un  chef de l’opposition ayant rang de ministre et quelques avantages pécunières non  négligeables), un confrère se demande si elle est républicaine ou simple spectatrice…

Mali. Le Nord replonge dans la guerre

COURRIER INTERNATIONAL – PARIS – Publié le 04/05/2015 – 18:47

Malgré l’annonce d’un accord de paix, la guerre entre les indépendantistes touaregs et l’armée malienne a repris. Plusieurs attaques ont eu lieu la semaine dernière, les plus meurtrières depuis bien longtemps.

         ”Nouvelle guerre ?” s’interrogeait déjà, le 30 avril, l’éditorialiste du quotidien Le Républicain  de Bamako, Adam Thiam. Les armes ont répondu : quatre jours d’offensives et de contre-offensives dans le nord du pays entre rebelles touaregs, qui revendiquent l’indépendance de l’Azawad (région du nord) et forces gouvernementales, soucieuses de préserver l’unité du pays.

“Goudam, Léré, Bintagoungou, Diré, les bandits armés ont multiplié les attaques ces derniers jours dans la région de Tombouctou”,s’indigne le journal national L’Essor . Dans la nuit du 29 au 30 avril, une attaque à Léré a notamment fait 9 morts parmi les soldats gouvernementaux, tandis que “les assaillants comptent 10 morts dans leurs rangs”. La veille, deux autres soldats et un civil avaient été tués dans l’attaque de Goundam, un village situé entre Tombouctou et Léré.

Ces attaques ont été revendiquées par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui fédère plusieurs groupes rebelles, et qui avait promis de riposter après la prise, le 27 avril, de Ménaka par le Gatia (groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés), favorable au gouvernement de Bamako, ce qui constitue une violation du cessez-le-feu.

Pour le quotidien Les Echos , la CMA veut, à tout prix, faire échouer l’accord d’Alger dont la signature maintes fois annoncée puis repoussée est devenue l’Arlésienne. “Après le paraphe de l’accord d’Alger [le 1er mars] par le gouvernement malien et les unionistes du Nord, c’est toujours l’attente. La CMA récuse le document de paix avec l’argument que ce dernier ne prend pas en compte ses préoccupations.” 

Prochaine tentative le 15 mai 2015, “la nouvelle date que le médiateur a retenue pour la signature de l’accord à Bamako ‘avec ou sans la CMA’. Assistera-t-on à “un autre rendez-vous manqué ?” se demande le quotidien, qui souligne que “la question qui taraude vraiment les esprits est de savoir ce que ferait l’ONU si les sécessionnistes ne signaient finalement pas l’accord”.

Combats au Nord, mobilisation populaire au Sud

Selon le journal burkinabé Le Pays , “les Maliens semblent désormais disposés à faire l’union sacrée autour de leur armée et de leurs alliés, pour défendre l’intégrité de leur pays à laquelle ils tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Ils l’ont prouvé ce week-end, à travers une marche à Bamako et un rassemblement dans un stade de la capitale pour, ont-ils dit, défendre le Mali et soutenir Ménaka.”

Meeting pour la Paix : Les vérités de Mohamed Ag Hamani

Par Modibo FOFANA – 04/05/2015
Pour l’ancien Premier ministre, « La situation au Mali est un problème géostratégique politique entretenue par certaines puissances internationales »

Pour Mohamed Ag Hamani, ancien premier ministre, le problème du nord Mali est un problème géostratégique et politique entretenu par une certaine communauté internationale. Ag Hamani s’insurge contre l’esprit communautariste qui alimente le germe de la partition du Mali. «Le Mali est un pays arc-en-ciel. Partout dans notre pays, on trouve des bambaras, des sénoufos, des sonrhais, des touaregs et des peulhs qui vivent ensemble ». De son côté, Mahmmoud Dicko, « le sang des Maliens A assez coulé. Le peuple malien a assez souffert. L’heure est au pardon et à la paix. Je lance un appel pressant à nos frères doivent raison savoir garder». Il en est de même pour le représentant de la communauté chrétienne, Mgr Jean Zerbo, qui appelé les frères des groupes armés à embarquer dans le bateau de la paix pour un Mali uni.

La société civile unie pour la paix 

Quand au président de la plateforme de la société civile, Ousmane Madani Chérif Haidara, un mauvais accord vaut mieux que la partition du Mali. « Aujourd’hui, il n’est ni question de l’opposition ni de la majorité, mais il s’agit surtout de sauver le Mali ». Avant, le président du Conseil National de la Jeunesse, Mohamed Salia Touré a fustigé la recrudescence des violences au nord et l’exigence de la médiation à déloger le Gathia de Ménaka au profit de la CMA. Ce qui fait dire au représentant de la communauté arabe et non moins membre du Gatia que « les groupes armés de la CMA ont été les premiers à violer le cessez-le-feu du 21 mai pour s’installer à Ménaka. «La ville de Ménaka a été libérée par ses propres fils » conclut-il.

Appel de Mahamoud Dicko aux groupes armés: Iyad Ag Ghaly et la Force de libération du Macina épargnés

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau – 4 mai 2015    

L'iman Mahmoud Dicko Président du HCIMMahmoud Dicko, président Haut Conseil Islamique

Les attaques armées se multiplient dans le Nord et le Centre du pays, mais à la lecture de l’intervention d’El hadj Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique ni Iyad Ag Ghaly, ni la Force de libération du Macina de Hammadoun Koufa n’est épinglé.

Samedi dernier, au stade Omnisports Modibo Kéita, au meeting des leaders religieux et de la société civile sur la situation sécuritaire dans le Nord du Mali, l’imam et président du Haut conseil islamique du Mali, El hadj Mahmoud Dicko, a lancé un appel qualifié de vibrant. Mais ce qui est rend son cri du cœur incompréhensible, c’est bien de s’adresser uniquement aux mouvements de la Coordination des mouvements de l’Azawad (MNLA, HCUA, MAA), en oubliant de citer Iyad Ag Ghaly, chef du mouvement terroriste Ançar Eddine et Hammadoun Koufa, leader de la Force de libération du Macina dans l’escalade de la violence.

Sur le terrain, en plus de ces trois groupes armés cités du CMA, d’autres, notamment les éléments fidèles au terroriste Iyad Ag Ghaly et les forces de libération du Macina (FLM) ne semblent pas être concernés par l’appel de Dicko. Ce qui a donné  lieu à des interrogations sur  le traitement et le qualificatif que réserve le président du haut conseil islamique du Mali à ces deux entités qui aux côtés de ces trois groupes du mal sèment aussi la terreur dans le septentrion et le centre du pays.

En tout cas, l’appel de Mahmoud Dicko a laissé un gout d’inachevé : « Je lance un appel à nos frères du Mouvement de libération de l’Azawad (MNLA), du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA) et du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA). Je leur lance un appel pressant, un cri de cœur qui vient du fond du cœur pour leur dire assez, assez, assez ! Assez de sang, assez de misère ! Nous leur tendons la main fraternelle, la main du pardon et de la réconciliation.

Cet accord, il est différent d’autres accords parce que c’est le peuple du Mali qui se fait son garant. C’est le peuple qui prendra en charge la mise en application de cet accord, c’est ça qui le différencie des autres. C’est une occasion inédite que nos frères doivent saisir, ils doivent savoir raison garder parce que nous sommes les mêmes, tout nous unit.

Encore une fois, je me permets de leur lancer cet appel, leur demander d’arrêter immédiatement le sang qui est en train de couler dans le Nord du Mali. Je peux me permettre de leur demander cela parce que je les considère comme des frères, des coreligionnaires, des gens avec qui nous avons partagé beaucoup de choses. Nous pensons que cet appel ne pas tomber dans l’oreille d’un sourd mais ceux qui sont là-bas vont écouter.

C’est un appel qui vient du fond du cœur. Le peuple malien a assez souffert, il y a eu assez de misère. Nos frères et parents qui sont en train de croupir en Mauritanie, au Burkina, en Algérie et ailleurs, je crois qu’il faut avoir pitié d’eux. Avoir pitié de nos enfants qui sont dans cette situation pour enfin revenir à la raison et qu’ensemble nous puissions bâtir notre Mali qui nous est commun ».

Meeting de la plateforme de la société civile et des leaders religieux dans la perspective du 15 mai : Une légitimité renouvelée

Sory de Motti – La Nouvelle Patrie – 5 mai 2015

Cheick Ousmane Haïdara - Ançar Dine

Ousmane Chérif Madani Haïdara

Ce n’était pas la grande mobilisation parce que, le stade Omnisport, théâtre des opérations n’a pas renvoyé de monde, bien au contraire, une insuffisance qui a choqué les organisateurs en raison de l’importance de l’appel.

Les maliens de Bamako ne sont pas sortis comme si l’accord de paix relatif au nord du Mali et attendu pour être signé  ici à Bamako, ne les concernait pas.

Une déception, une grande déception, toute chose qui illustre à suffisance l’insouciance du malien pour la chose publique. Ce meeting aurait été organisé par les politiques, avec la très faible mobilisation qu’on a constatée, on aurait vite crié au dégout et au rejet de la chose politique. Lesleaders religieux et ceux de la société civile, sont sans doute repartis avec le sentiment selon lequel, politique ou pas, les maliens n’ont de considération pour rien, absolument rien, pas même pour l’honneur et la dignité du Mali, leur pays, notre pays.

La grande surprise et la déception, sont venues du chef charismatique du mouvement Ansardine internationale, Ousmane Chérif Madani Haidara, du président du HCI, Mahmoud Dicko, j’en passe. Mais au delà de la faible mobilisation constatée, le meeting de samedi dernier aura eu le mérite de donner à cet accord quoique perçu comme faible par certaines personnes, une légitimité historique non seulement au document, mais aussi et surtout à l’homme sous l’impulsion duquel, les débats à Alger ont été conduits jusqu’à son paraphe.

Cet accord dont la signature est attendue ici à Bamako, le 15 mai prochain, est selon ses organisateurs de loin le plus important et le plus inclusif en ce qu’il est devenu la propriété de tous les maliens, de tout le Mali. L’accord du peuple, voilà la différence, s’élèvera Mahmoud Dicko.

Mauvais ou pas, l’accord de paix conçu sous la clairvoyante direction du président IBK, a en tout cas le mérite jamais égalé d’une onction populaire. Et pour la première fois, dans l’histoire politique du Mali, un président de la République, laissera à la postérité l’image d’un homme qui a réfléchi et agi sur la base d’un consentement général.

 Opposition malienne : Républicaine ou spectatrice ?

Sékou Tamboura – L’Ecole – 4 mai 2015

         Face à la gravissime crise que traverse notre pays, les langues commencent à se délier vis-à-vis de l’opposition politique : si elle n’est pas aussi coupable que le pouvoir dans le chaos actuel, sa part de responsabilité semble être suffisamment établie.

            Responsable par sa passivité face à la situation politico-sécuritaire du pays. Responsable pour sa quasi indifférence face au marasme économique et aux souffrances des citoyens dépourvus jusqu’au minimum vital. Responsable, aussi et surtout, pour son inactivisme avéré face aux dérives du régime. Responsable, enfin, pour son incapacité à gérer ses dissensions internes. Certes, l’option de l’opposition d’inscrire son action dans le cadre de la République et de la démocratie est saluée et appréciée de tous, mais l’opinion n’en attendait pas moins d’elle l’image d’une force de résistance et de proposition et une plus grande animation sociopolitique. Un véritable contre-pouvoir. Dans le respect de l’esprit républicain et démocratique dont elle se réclame.

« Mieux vaut le consensus qu’une opposition spectatrice », lâche un vieil homme politique, visiblement abasourdi par le silence étonnant de l’opposition malienne dans le contexte actuel du pays. Un autre va plus loin dans sa réflexion : « L’opposition radicale est toujours meilleure et plus porteuse d’espoir que l’opposition républicaine ».

Qu’il soit adepte du consensus ou du radicalisme politique, l’un et l’autre de nos interlocuteurs semblent sans doute mettre en cause le comportement de l’opposition politique actuelle qui se qualifie de républicaine et démocratique. Ce comportement se traduit par une absence remarquée sur la scène politique, mais aussi et surtout par un silence coupable face à l’état de la nation caractérisé par une situation sécuritaire précaire, une gouvernance sans repère, un marasme économique et une crise financière sans précédent, et un accord qui compromet le caractère unitaire de l’Etat, l’unicité de la nation, l’intégrité du territoire etc.

Au-delà de nos deux retraités de la scène politique, c’est le sentiment général au sein des populations que l’opposition malienne n’existe que de nom ou tout au moins elle dort sur ses lauriers.

Et pourtant, le régime d’IBK l’a dotée de matières pour qu’elle se réveille et « chauffe » la scène. Comment ?

Investi aux fonctions suprêmes du pays le 04 septembre 2013, Ibrahim Boubacar Kéïta commet, deux mois seulement après (le 13 novembre), un premier gros impair, en passant, via un de ses « futurs » conseillers, un contrat d’armement de plus de 69 milliards de FCFA, montant porté à 108 milliards. Pour un pays qui sortait d’une crise institutionnelle sans précédent, la bourde était proportionnelle au montant injecté dans ce « marché ».

Plus, grave, quelques mois après, le président de la République commet sa deuxième erreur fatale : il achète un avion de commandement (alors qu’il y en a un qui a servi durant le régime d’ATT et la Transition de Dioncounda Traoré) à 16, 17, 20 ou 21 milliards de FCFA selon les interlocuteurs.

Troisième caviar offert à l’opposition : l’affaire Michel Tomi, qui éclate, en mars 2014, en même temps que les deux scandales cités plus haut.

A cela, viennent s’ajouter d’autres dossiers tout aussi scandaleux tels que la réfection du palais de Koulouba qui passe de 4 à 12 milliards, la rénovation de la résidence privée de Sébénicoro, l’affaire de signatures imitées par des conseillers, « Ma famille d’abord » etc.

Qu’est-ce que l’opposition a fait de ces « cadeaux » à elle offerts par IBK lui-même sur un plateau d’or. Rien ou presque. Parce que l’opposition était disparate et chacun de ses éléments agissait en singleton.

Par rapport aux affaires mentionnées, la réaction de rang qui reste dans les esprits, c’est une déclaration-document du Parena au vitriol. On comptabilise aussi des déclarations dans la presse du président de l’Urd. Plus rien.

Puis vint, la gaffe du siècle : la visite hasardeuse et inopportune du Premier ministre, Moussa Mara, à Kidal.

Accord d’Alger : divergence de vue

Sous certains cieux, cet épisode malheureux, qui fit perdre au Mali toute une région et même le nord aurait servi de choux gras pour l’opposition. Mais, l’opposition malienne se limitera encore à des sorties dispersées et sans aucun impact.

Quid de la situation économique et du quotidien des Maliens ? L’opposition ne lève pas haut le doigt pour être vue, entendue et pour faire mouche. Parfois, dans leurs déclarations, les partis membres de l’opposition évoquent certes  les conditions de vie difficiles des populations et condamnent l’incapacité du gouvernement à y faire face, mais ils s’arrêtent en bon chemin.

Il en est de même de la mauvaise gouvernance instaurée comme mode de gestion des affaires. L’opposition effleure cette tare dans ses réactions, mais seulement sous forme de dénonciation.

Toute cette attitude de pacifisme est à saluer, mais elle est jugée trop complaisante, même pour une opposition qui se veut républicaine et démocratique. L’opposition malienne n’agit pas, de l’avis de plusieurs spécialistes, en une force de résistance et de proposition, et en un véritable contre-pouvoir. Elle ne parvient à imposer ses idées et ses propositions au gouvernement. Même pas à se faire écouter et entendre.

La preuve palpable de ce triple état de fait est fournie par le débat autour de l’«Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger » qui a même failli consacrer la cassure au sein de l’opposition. La pomme de discorde ?

C’était une divergence de vue sur les terminologies « prendre acte » et « se démarquer » de l’Accord entre le parti Fare An ka wuli (favorable à la démarcation pure et simple) et les autres  membres de l’opposition (qui prônent plutôt la souplesse). Les deux parties se séparent dos à dos, chacune campant sur sa position et gardant, finalement, son expression fétiche. Finalité : deux communiqués pour une seule opposition.

L’Accord, déjà paraphé par le gouvernement et la Plateforme armée le 1er mars, sera signé à Bamako, en principe, le 15 mai. Mais, l’opposition n’a toujours pas de position commune qu’elle pourra faire valoir pour l’histoire.

Sa dernière arme, c’est cette lettre de protestation et de rupture envoyée en fin de semaine dernière au Premier ministre, Modibo Kéïta. Est-ce le début de la (vraie) bataille ? Ou bien l’opposition attendra que son chef de file soit réellement installé ?

 

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :