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Quelle presse au Mali ?

by sur 5 mai 2015

Entre soumission au pouvoir en  place et tentation de faire plaisir au plus offrant, la presse malienne a des difficultés à exister, voire, pour une partie d’entre elle, à vivre tout simplement.

Mali : Une Presse Libre ?

Ousmane THIÉNY KONATÉ –  © maliactu.net – 4 mai 2015

L’avènement de la démocratie au Mali a conduit à une explosion de la presse écrite et audiovisuelle.

Notre pays est un des pays de la sous-région où les radios privées sont les plus nombreuses car on en dénombre plus de 300. La presse écrite est riche de plusieurs dizaines de titres qui augmentent régulièrement.

La télévision compte deux chaines publiques et bientôt  quatre chaines privées. Cette situation dénote de la vitalité de la presse mais en même temps elle pose d’énormes problèmes dont celui de la liberté.

S’il y a un domaine où cette liberté fait défaut, c’est celui de la presse d’Etat. Si la chronique hebdomadaire de Gaoussou DRABO, « L’avenir politique au Mali » dans le quotidien national L’Essor, a ses lecteurs assidus du fait de la qualité et de la pertinence des analyses et une certaine liberté du ton, il n’en va pas de même du reste du journal où on chercherait en vain autre chose que des reportages plats, des comptes rendus fastidieux qui sont très souvent des reprises in extenso de communiqués de presse.

L’ORTM ne fait guère mieux embourbée qu’elle est dans la lecture ennuyeuse du communiqué hebdomadaire du conseil des ministres et des reportages d’inauguration de mosquées et de visites de responsables de partis politiques.

La situation du nord du pays, même si elle est une question sensible, nous est rapportée à coups de communiqués du ministre chargé de la communication gouvernementale. Comme s’il n’existait à l’ORTM aucun journaliste capable de faire des analyses indépendantes pour mieux éclairer des millions de Maliens qui s’empressent tous les soirs pour suivre le journal de 20Heures.

Censure et autocensure semblent être la règle qui transforme les journalistes en de simples lecteurs. C’est ainsi depuis le temps de Modibo KEITA.

La radio nationale puis la télé ne sont rien d’autres que des instruments au service du pouvoir qui leur fait dire son seul point de vue. Il est très décevant que l’ORTM soit le même instrument sous Modibo KEITA, Moussa TRAORE et Ibrahim Boubacar KEITA qui se dit « démocrate convaincu ».

La situation dans la presse écrite n’est que partiellement différente. Les journaux privés sont, dans leur majorité, des organes qui paraissent de façon aléatoire avec toutes les difficultés du monde. Partout, les invendus rendent la vie difficile aux directeurs de publication qui en sont réduits à traiter du sensationnel.

Ils sont très rares les titres qui font un véritable travail d’analyse, d’enquête, se contentant très souvent de reprendre les rumeurs qui circulent dans les gins de Bamako.

Pour se faire un peu d’argent, certains journaux n’hésitent pas à ouvrir leurs colonnes aux plus offrants, des personnes qui ont des comptes à régler avec d’autres personnes et qui se servent des journaux pour les vilipender.

Rares sont les journaux qui arrivent à payer les journalistes qui travaillent pour eux et qui touchent des salaires d’éboueurs.

On les rencontre, ces journalistes qui se battent pour recevoir des per diem qui leur sont accordés quand ils sont invités à couvrir des événements.

Aussi longtemps que les journalistes maliens se battront pour assurer leur quotidien au détriment du traitement professionnel de l’information, aussi longtemps que n’importe qui peut se prévaloir du titre de journaliste sans avoir subi aucune formation dans ce sens, la presse malienne pataugera dans la fange.

Elle sera très loin d’être une presse performante et libre. Cependant c’est dans la presse privée que de grands scandales d’Etat ont été révélés, notamment la fameuse affaire de l’avion présidentiel et l’achat des matériels de l’armée. La presse privée tire régulièrement à boulets rouges sur le président de la république dont la famille est loin d’être ménagée en la circonstance. Certains articles sont franchement outranciers. Mais à aucun moment, depuis l’accession au pouvoir d’IBK, pas un seul journaliste n’a été inquiété pour ce qu’il aura écrit pour critiquer et le président et le gouvernement du Mali. Et à l’heure actuelle, aucun journaliste malien n’est inquiété par la justice malienne dans le cadre de son travail. Cette situation est à saluer et devrait pousser nos confrères à plus de professionnalisme pour rehausser la qualité de la presse malienne qui est de façon générale très médiocre.

Quand la galère se généralise : L’Aide à la presse 2013, tombera-t-elle un jour ?

Sory de Motti – La Nouvelle Patrie – 5 mai 2015

Le département qui donne l’impression de ne pas se presser, prendra – t – il un jour le décret y affairant ? Et pourtant, contrairement à la Presse nationale, les partis politiques eux, ne se plaignent pas. Ils ont touché l’aide aux partis politiques 2014.

A moins d’une surprise de dernière minute, sinon, au jour d’aujourd’hui, plus personne ne croit, pas en tout cas dans les milieux proches des Directeurs des publications des journaux et radios. Jamais, une aide à la Presse, au Mali, ne s’était autant fait désirer, même pas sous le temps du règne de la terreur et du  KO.

Depuis son initiation par le président Alpha Oumar Konaré, l’aide à la Presse n’avait jamais connue un tel sort. Elle tombait pratiquement toujours à la même période, c’est-à-dire, au cours du second semestre de l’année. Les difficultés nées de la grave crise politico- institutionnelle et sécuritaire de 2012, ont sensiblement modifié la donne. Avec des caisses vidées, l’Etat a quand bien même consenti le sacrifice de verser au moins ce qui lui était financièrement possible.

Depuis plus rien, à croire qu’on est tenté de le gommer définitivement, sinon, comment comprendre que la Presse soit obligée de courir derrière une aide d’il y a deux ans ? Quand est-ce que l’Etat du Mali, songera à verser celle de 2014, en attendant 2015 qui a presque bouclé son premier semestre ? Aux dernières nouvelles, nous apprenons, que des instructions fermes sont données depuis la semaine dernière, pour qu’elle soit remise dans ses droits.

 

 

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