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Le mausolée de Sékou Amadou dynamité

by sur 6 mai 2015

Ca s’est passé dimanche 3 mai dans la cité historique du Macina, Hamdalaye, à 30 km au sud de Mopti.

Des djihadistes salafistes ont dynamité,  en toute impunité, le mausolée de Sékou Amadou, à quelques jours du pèlerinage rassemblant de nombreux musulmans aux antipodes des convictions salafistes.

Plus qu’une provocation, c’est un avertissement à l’Etat malien : désormais, le ver est dans le fruit, au centre du Mali (cf. la publication  précédant celle-ci dans la revue de presse).

Mausolé du Saint Sekou Amadou

La cité légendaire d’Hamdallahi attaquée

Par Moussa MAGASSA – 06/05/2015

Dans la nuit d’hier des individus mal intentionnés non encore identifiés ont attaqué le mausolée du fondateur de l’empire Peul du Macina.

La profanation des sites du patrimoine national du Mali n’est plus étrangère aux Maliens depuis la sombre période des mausolées de Tombouctou détruits et saccagés lors des évènements de 2012.

C’est à seulement quelques jours du pèlerinage d’Hamdallahi et à cette période difficile pour la nation malienne où le gouvernement tente inexorablement de trouver un consensus avec les groupes armés du nord que l’un des sites du patrimoine national du Mali a fait l’objet d’une attaque terroriste.

Dans les faits, le mausolée de Sekou Amadou à Hamdallaye situé à 32 km au sud-est de la ville de Mopti a été attaqué par des terroristes qui jusque-ici ne sont pas encore identifiés. La question qui sur toutes les lèvres, c’est de savoir qui a pu s’adonner à une telle bassesse.

Un seul nom, Hamadoun Kouffa, le pêcheur à succès de la région de Mopti et imam de Konna lors de la prise de la ville par les djihadistes. Vite, Hamdoun Kouffa est déchu de ses fonctions avec la reprise de la ville par l’opération serval et traqué. Il rejoint Ansardine et se rapproche d’Iyad ag Ali. Sa femme qui restée à Konna l’a rejoint il y a peu. Il ne fait aucun doute donc que les yeux soient rivés sur ce pêcheur devenu djihadiste. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, cependant, la cité historique d’Hamdallahi qui fait partie des richesses culturelles du patrimoine malien a été réduite en poussière.

Hamdallahi, cité en architecture de terre

Naguère cité pieuse, Hamdallahi est aujourd’hui reconnu comme un site historique classé dans le patrimoine national. Elle tient son nom de la formule islamique « Al-Hamdou Lillahi », louange à Allah, le bienfaiteur, le miséricordieux. La fondation d’Hamdallahi, qui remonte aux années 1819-1821, est attribuée à Sékou Amadou, qui en fait la Capitale de l’empire peul du Macina, Etat théocratique.

Au sens du Décret N°07-283/P-RM du 8 août 2007, portant classement de la Cité historique de Hamdallahi dans le patrimoine national, le site couvre une superficie de 246 hectares pouvant contenir jusqu’à 3.000 fidèles.

 

Signature du jihadiste Hamadoun Kouffa ? : Le mausolée du saint Sekou Amadou dynamité près de Mopti

Adam Thiam –  Lerepublicainmali – 05 Mai 2015 

Mausolé du Saint Sekou AmadouLe mausolée de Sekou Amadou à Hamdallaye à moins de 30 km de Mopti n’est plus qu’un amas de poussière. Hier dimanche, vers 23h, une forte détonation a retenti dans la petite localité habitée surtout par les descendants de Sekou Amadou qui fonda la théocratie du Macina en 1818.

C’est son mausolée en terre cuite qui était visé. Aucune victime humaine n’est à déplorer mais l’acte ne manquera pas d’être perçu pour ce qu’il est: une provocation pour des centaines de milliers de musulmans locaux et un geste signé par l’intégrisme salafiste au détriment d’un islam identitaire pour lequel Sekou Amadou, au delà du saint adorateur de Dieu incarnait aussi le rayonnement peulh.

La profanation rappelle en effet la sombre période des lieux de culte passés au burin à Tombouctou du temps de l’annexion jihadiste en 2012. La destruction du mausolée prend une signification particulière à quatre jours du pélerinage de Hamdallaye qui compte habituellement plusieurs milliers d’adeptes venant surtout de la région de Mopti et des ressortissants de cette région installés dans d’autres localités du pays.

L’événement  un « must » x annuel très fréquenté n’est pas reporté, à ce que nous en savons jusque-là. Il interviendra donc dans un contexte sécuritaire inhabituel qui sera sans doute apprécié par les organisateurs du pélerinage et les autorités nationales.

La main de Hamadoun Kouffa?

Une attaque consternante! C’est ce que disent plusieurs de nos interlocuteurs sur la destruction du mausolée d’une des plus grandes références religieuses et politiques de la région à laquelle Barth et Caillié ont consacré de longues pages dans leurs écrits au XIXè siècle. Naturellement qui a pu faire ça est une question qui trotte dans les têtes.

Des cercles religieux y voient la signature de Hamadoun Kouffa. Ce prêcheur à succès de la région de Mopti avait été introduit le 10 janvier à Konna comme l’imam de cette ville.  Un imamat qui sera de courte durée puisque Konna sera repris aux jihadistes par l’Opération Serval.

Kouffa a rencontre Iyad ag Ali dans la dawa, obédience pakistanaise -donc fondamentaliste- qui s’est très vite implantée dans la région de Mopti à la fin des années 1990.  Il a rejoint Ansardine à Tombouctou en 2012 et gage de sa forte amitié avec le jihadiste touareg, Kouffa vivrait aujourd’hui dans l’Adrar où sa femme l’a rejoint.

Mi avril, une belle Toyota 4X4 s’est garée à Sirakorola à une trentaine de minutes et sous les yeux ébahis de la population, elle a embarquée l’épouse du  prêcheur peul et ses bagages. Reste deux questions; pourquoi le fondateur présumé du Mouvement pour la Renaissance du Macina ferait ça et ce monsieur donné pour mort vit-il vraiment?

Rigorisme salafiste

Pour la deuxième question, nombre de pistes semblent être des preuves de vie pour Hamadoun Kouffa. A Konna où on dit qu’il a succombé aux frappes françaises, personne n’aurait  identifié son corps. Ce qui ne veut pas dire grande chose, car il aurait pu être parmi les dizaines de corps calcinés par l’aviation française et enterrés subrepticement

Mais il se trouve que plusieurs témoignages, après la bataille de Konna, le donnaient pour rescapé. Il aurait, selon des récits dignes de foi, séjourné à Mopti dans sa fuite vers le Burkina. Les sources sécuritaires de la région le donnent plus vivant que mort.

Plusieurs attaques dans la région de Mopti ces derniers mois lui ont été prêtés. « Lui et Iyad se voient encore et se sont rencontrés récemment » croit savoir une source avertie sur les mouvements des jihadistes. Que l’on croit mordicus qu’il a été rejoint par son épouse en avril finit de convaincre ceux pour qui le prêcheur peul est en vie.

Maintenant pourquoi s’attaquerait-il au mausolée de Sekou Amadou au point de devenir irréversiblement impopulaire dans le Macina, entité dont il passe pour professer la renaissance?  Réponses simples: d’abord, un salafiste refuse tout ce qui peut amener l’idolâtrie et les pélerinages autre que celui à la Mecque.

Ensuite, les prêches majeurs de Kouffa dénoncent les descendants de Sekou Amadou qui pour lui ne méritent pas le respect que leur vouent les populations. Il y a également que par le passé le prêcheur controversé n’a de pointer ce qu’il considère comme des hérésies de l’époque de Sekou Amadou.

Enfin, on ne peut pas rêver de meilleure publicité que de s’en prendre à un vestige aussi symbolique de cette époque que le mausolée de Sekou Amadou lui-même. Le coup n’aura pas la portée médiatique des marteaux de Tombouctou en   2012. Mais il aura fait saigner le coeur de toute une région. Et pour les jihadistes, ce n’est pas un mince butin.

 Un mausolée détruit au Nord de Mopti

par: APA publié le : 05/05/2015 à 11:17  

Le mausolée de Sékou Amadou dans le village de Hamdallaye, une localité située à une trentaine de kilomètres de Mopti, a été détruit dimanche soir, par de présumés fondamentalistes religieux.

Les autorités maliennes soupçonnent des hommes armés d’avoir utilisé de la dynamite pour faire sauter le mausolée de Sékou Amadou, le fondateur de la théocratie du Macina et mort au 19ème siècle. Le mausolée avait été désigné comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cette destruction de mausolée qui n’est la première du genre intervient à un moment où le nord Mali replonge une nouvelle fois dans un cycle de violence et d’insécurité.

En 2012 au fort moment de l’occupation djihadistes, les mausolées de Tombouctou avaient subi le même sort suscitant l’émoi et la consternation de l’opinion nationale et internationale.

 

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