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Corruption et mauvaise gestion prospèrent

by sur 11 mai 2015

La corruption et la mauvaise gestion des finances publiques ne connaissent pas la crise au Mali.

C’est la conclusion des rapports remis par le Vérificateur Général (pour les années 2013 et 2014) au Président de la République.

Ce dernier s’est déclaré surpris de l’ampleur des chiffres… qui n’étonnent pas le Malien de base.

Tour d’horizon.

FINANCES PUBLIQUES : La corruption prospère malgré la crise

Yaya Sidibé – Le 22 Septembre du 11 mai 2015

Le Bureau du Vérificateur Général vient de remettre deux rapports au Président de la République. Ces rapports, qui portent essentiellement sur les exercices 2013 et 2014, fait ressortir un manque à gagner pour l’Etat de …153 milliards de FCFA.

Comparé au rapport portant sur l’exercice 2011, dans lequel le BVG avait épinglé un «trou» de seulement 10,5 milliards de nos francs, l’on peut dire, sans risque de se tromper, que le phénomène de la corruption a connu, malgré la crise – grâce à la crise même, nous a suggéré une collègue – une progression exponentielle.

Au grand dam de la bonne gouvernance économique et des pauvres populations du Mali. Et pour cause! Avec 153 milliards de FCFA, combien d’écoles, de centres de santé, peut-on construire, combien d’hectares de terres peut-on aménager, combien d’activités génératrices de revenus peut-on financer au profit des femmes rurales, combien d’enfants peut-on sauver d’une mort certaine, à cause de malnutrition? La corrélation est vite faite entre la corruption et le sous-développement.

Certains se plaisent à dire que la corruption existe sous tous les cieux, même aux Etats-Unis, censés être un modèle de bonne gouvernance économique. Oubliant de signaler, au passage, que là-bas c’est un épiphénomène, une exception qui, si elle est avérée, est punie avec la dernière rigueur.

Alors que chez nous, c’est plutôt la règle générale, élevée en mode de gouvernance. C’est sur le terreau de l’impunité que prospère cette Hydre à cent têtes. Tout près de nous, le procès Karim Wade n’a-t-il pas défrayé la chronique? Les Sénégalais ont, au moins, le mérite d’essayer de lutter contre le phénomène.

Au Ghana, où la corruption et l’incivisme étaient aussi prégnants que chez nous, le Capitaine John Jerry Rawlings n’a-t-il pas réduit ces fléaux socioéconomiques à leur plus simple expression, en passant par la manière forte?

Au point que le pays de Kwamé N’krumah est devenu aujourd’hui un modèle envié, en matière de bonne gouvernance économique et de bonne gouvernance tout court.

La crise multidimensionnelle dont nous peinons toujours à sortir a, certes, des causes exogènes et géopolitiques, mais ne pas reconnaître les facteurs endogènes, dont, en particulier, la corruption, équivaudrait à opter pour la politique de l’autruche.

Ce que le BVG n’a pas épinglé, ou plus plutôt ne peut pas épingler, ce sont les «bakchichs» pour le recrutement dans l’armée, l’entrée «payante» dans la Fonction publique, la «petite corruption» chez les fonctionnaires et les policiers, les faux-diplômes et autres Notes Sexuellement Transmissibles, toutes pratiques corruptrices qui fragilisent les fondations mêmes de la Nation.

Là, on peut également faire le lien entre sécurité et corruption. Ce n’est, peut être, pas encore «la République des voleurs et des escrocs» que le vieux Boubacar Kéïta de «La Roue» se plaisait à pourfendre. Mais on n’en est plus très loin.

En définitive, on doit cesser de faire semblant de lutter contre la corruption et la délinquance économique et financière, pour déclarer réellement une guerre sans merci contre ces fléaux.

Contre ces «mercenaires du statu quo», dont l’ambition n’est pas d’amener le Mali à fabriquer des «V8», mais plutôt de s’offrir un «V8» pour épater la galerie, même s’il faut pour cela se servir impunément des deniers publics, c’est-à-dire de la sueur et du sang des contribuables.

Vivement une lutte implacable, mais sans que cela ne tourne à une chasse aux sorcières. Il ne faut pas non plus faire de la lutte contre la corruption une arme fatale d’élimination ou de dissuasion d’adversaires politiques.

Parallèlement à la manière forte, il faut une vaste campagne de sensibilisation et de conscientisation, pour enlever de la tête du citoyen lambda l’idée, sigillée dans son subconscient au fil des années,  selon laquelle voler l’Etat, donc le bien public, n’est voler personne.

En réalité, voler l’Etat et le bien public est le plus grand crime qu’un citoyen puisse commettre. Dans cette lutte, l’élite politico-administrative doit jouer un rôle de premier plan, car c’est à elle de montrer la voie et de donner le bon exemple.

En fait, une loi contre l’enrichissement illicite n’a-t-elle pas été votée par l’Assemblée nationale? Depuis, nous attendons de voir venir…

Gestion des affaires publiques : Corruption et délinquance financière, une marque du règne d’IBK

Amadou Coulibaly – Le Malien du 11 mai 2015

Depuis fort longtemps et ce n’est un secret pour personne, le vol, la corruption, le pillage de l’économie nationale sont devenus les sports les plus pratiqués par les cadres de notre pays. Mais naïvement depuis l’arrivée d’IBK aux affaires avec son discours populiste, tous avaient pensé qu’à défaut de leur éradication complète, ils seraient au moins réduits. Malheureusement, l’espoir suscité a vite cédé place au désarroi.

Le dernier rapport du  Bureau du Vérificateur Général fait état d’un préjudice de 153 milliards de francs CFA de détournements  au titre seulement de deux années. Impunité quand tu nous tiens !

Rien n’est plus contraignant  pour un homme que d’avoir supporté une charge qui pèse plus lourde que son organisme.

En seulement deux années de gestion des affaires du pays, plus personne au sein du cercle restreint du pouvoir n’ose engager le débat. En recevant le Rapport du Vegal, le  »Kankeletigui » a subitement perdu son verbe. Devant les faits, le président donnait toute l’impression d’être à bout de souffle dans la lutte contre le fléau, en appelant les Maliens au sens élevé du civisme.  Bonne foi, opération de charme politique ou aveu d’impuissance ?

Honnêtement,  beaucoup plaideront la thèse de la culpabilité dans cette tentative de rebuffade. Comment comprendre que le Chef de l’Etat ne se soit pas rendu à l’évidence de l’ampleur de la corruption et de la délinquance financière qu’à travers le rapport du BVG ?

Aujourd’hui, les relatives prouesses que les indicateurs macro-économiques s’évertuent à meubler contrastent d’avec une corruption jamais égalée. Les services administratifs deviennent de véritables rues marchandes dans lesquelles l’âge d’or du laisser-aller impose sa loi.

De l’affaire du fameux Boeing présidentiel ayant impliqué plusieurs proches du président, au  sulfureux  contrat d’achat d’équipements militaires pour les forces armées et de sécurité, les intentions du pouvoir à mener une lutte sans merci contre le fléau n’emballe plus personne.

La diversification de vérification opérée, en 2013 et 2014 a révélé, selon le vérificateur Général, Amadou Ousmane Touré, un essor considérable d’une gestion publique qui cacherait des formes nouvelles de fraude et traduirait  les contours de l’imagination audacieuse et tendancielle de certains gestionnaires. Faiblesses et irrégularités récurrentes, la mauvaise gestion des dépenses effectuées au niveau des régies, la multiplication injustifiée des contrats simplifiés, la non justification et la non éligibilité de dépenses, la réception de biens non conformes aux commandes, l’octroi d’avantages injustifiés, la fabrication et l’usage de faux documents pour justifier des dépenses fictives, des manipulations des offres par les commissions de dépouillement et d’évaluation dans les opérations de passation des marchés publics, le non reversement au Trésor Public de ressources collectées, sont, entre autres, les  constats faits par les équipes de vérification.

Des pratiques frauduleuses et/ou mafieuses qui ont occasionné d’importants manques à gagner pour le Trésor Public. Selon le rapport du BVG, les 153 milliards de francs CFA, détournés, sont ainsi repartis : une partie (non recouvrable) portant sur 80,21 milliards de francs CFA, dont 12 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion, au titre du rapport de 2013.

Quant à celui de 2014, il constate un gap de 72,97 milliards dont 37,95 milliards de fraude et 39,02 milliards de mauvaise gestion. Pour le vérificateur, les vérifications ont démontré que presque seules les périodes administratives et les responsables publics changent, mais les pratiques et les faits accablants de la gestion publique semblent demeurer et se renforcer. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que la société malienne est sujette  à un malaise profond et tous les jours le rang des mécontents grossit.

Les corrompus, les accapareurs, les incompétents, les grands délinquants régulièrement dénoncés restent toujours impunis et narguent le peuple. Pas de place pour la rancune, la haine, les rancœurs et la revanche. C’est juste. Mais pas d’impunité pour ceux qui ont rempli leurs poches de l’argent du peuple et qui continuent aujourd’hui encore à le faire. Soyons conséquents, aucun discours si raffiné soit-il ne peut mettre les Maliens au travail indispensable de la lutte contre la corruption, si les premiers responsables de l’Etat ne donnent pas l’exemple.  Il faut d’abord de la confiance et elle se gagne par des actes concrets. Le Mali ne pourrait jamais se construire sur  la pourriture, la puanteur et l’opacité. Ne le sait- on pas sous l’ère IBK ?

Mali – Corruption : IBK s’est dit surpris par le montant 153 milliards F CFA et par la montée de la corruption dans le pays

Idrissa Sako – lesEchos.ml – 10 mai 2015

Pour la seule année 2013, les vérifications menées ont mis à nu un manque à gagner de l’ordre de 80,21 milliards F CFA : 12,28 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion.

Dans son adresse à la nation à l’occasion de la fête du nouvel an, Ibrahim Boubacar Kéita a décidé de faire de la lutte contre la corruption sa priorité en 2014.

Cette volonté exprimée par le président de la République n’a visiblement pas produit l’effet escompté. En effet, le rapport 2013 et 2014 du Bureau du Vérificateur général est assez révélateur : 153 milliards F CFA irrécouvrables pour fraude et corruption.

            Pour la seule année 2013, les vérifications menées ont mis à nu un manque à gagner de l’ordre de 80,21 milliards F CFA : 12,28 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion.

Pour 2014, en tout 72,97 milliards F CFA n’ont pu être justifiés. Mais le plus accablant, c’est que sur ce montant, environ 34 milliards F CFA sont au compte de la fraude et 39,02 milliards liés à la mauvaise gestion. Ce qui fait un manque à gagner total de 153 milliards F CFA pour l’Etat malien en 2013 et en 2014.

Les chiffres sont éloquents et les faits têtus. A l’analyse du document, l’on se rend compte que beaucoup a été dit et fait dans la lutte contre la corruption au Mali, sans que les résultats escomptés soient atteints. En réalité, le régime d’IBK n’a jamais engagé une véritable lutte contre la corruption malgré qu’il ait décrété 2014, année de lutte contre la corruption. Les autorités n’ont jamais eu une véritable volonté de lutter contre la corruption.

Tout ce qui est fait, c’est pour distraire le peuple et l’endormir davantage. En remettant son rapport au président IBK, le Végal a dit que ces situations concernent, pour certains cas, des montants irrécouvrables. Sans compter qu’il existe de nombreux cas de corruption, de détournements de fonds publics que les différentes structures de contrôle n’ont pu déceler.

Dépité par l’ampleur du phénomène, le peuple malien, dans sa grande majorité pense qu’une catégorie de fonctionnaires maliens et quelques hommes politiques se sont appropriés de toute la fortune du pays. D’ailleurs, il faut rappeler que bon nombre de responsables maliens sont souvent très mal placés pour parler de la lutte anti-corruption parce qu’ayant trempé dans des histoires sordides.

De toutes les façons, la solution est entre les mains du peuple malien qui doit, après 55 ans d’indépendance, refuser d’applaudir dans le vide et imposer aux gouvernants d’enclencher une véritable coup de balai pour assainir le Mali. Ce qui passera par un activisme plus accru de la jeunesse qui doit veiller au « grain » et montrer aux décideurs que le peuple a tout compris.

Feignant d’être impressionné par les chiffres avancés par le Végal, le président de la République s’est dit surpris par le montant (153 milliards F CFA) et surtout par la montée de la corruption dans le pays. « Il y a des aspects scandaleux dans la gestion des affaires publiques au Mali, qu’il faut sanctionner ».

Alors, qui doit sanctionner ? Quand ? Et comment ? N’est-il pas le mieux indiqué à hausser le ton ? Lui qui a décrété 2014, année de lutte contre la corruption ? En tout cas, il ne manque pas d’arguments, puisque jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’affaire de l’avion présidentiel, l’achat des équipements militaires et beaucoup d’autres scandales, notamment dans le foncier et la justice n’ont pu être traités.

Des deux choses l’une : soit IBK a tout simplement rangé sa stratégie de lutte contre le phénomène dans les tiroirs, soit il a épousé la théorie ATT qui consiste à ne pas humilier des chefs de famille, fussent-ils des sangsues du peuple.

Si aux premières heures du Mali indépendant, la corruption était quelque chose de honteux, aujourd’hui elle est banalisée. Certains Maliens n’ont pas conscience du délit du fait de son accentuation et s’adonnent innocemment à cette pratique. D’autres, du haut de leur puissance, agissent en toute connaissance de cause sans honte ni peur. Parce qu’ici, le laxisme et  l’impunité ont accordé à la corruption toutes ses lettres de noblesse.

En une année, 153 milliards sont partis en fumée. Corruption, quand tu nous tiens !

Fraude et mauvaise gestion ont fait perdre 153 milliards de F CFA au Mali

vendredi 08 mai 2015 17:03 – PAR JEUNE AFRIQUE

L’examen des performances de l’administration malienne indique que les malversations et la mauvaise gestion ont fait perdre 153 milliards de F CFA (233 millions d’euros) à l’État entre 2010 et 2013.

Les fraudes et la mauvaise gestion ont fait perdre 153 milliards de F CFA (233 millions d’euros) au Mali entre 2010 et 2013. Telles sont les conclusions des rapports 2013 et 2014 rendus au président Ibrahima Boubacar Keïta, le 4 mai, par Amadou Ousmane Touré, le Vérificateur général du pays.

Fruits de 34 vérifications conduites auprès des administrations publiques au sujet des exercices 2010-2013, les comptes-rendus du Vérificateur général font état de « 80,21 milliards de F CFA dont 12,28 milliards de F CFA de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion, au titre du rapport annuel 2013, et 72,97 milliards de F CFA dont 33,95 milliards de fraude et 39,02 milliards de F CFA de mauvaise gestion, au titre du rapport annuel 2014 ».

Si dans son discours de présentation, Amadou Ousmane Touré a indiqué que ces sommes étaient, dans certains cas, « irrécouvrables », il s’est réjouit du fait que la vérification de ces entités publiques ait permis, depuis 2011, le versement de 6 milliards de F CFA au Trésor public « en plus des versements spontanément faits au cours des missions de vérification ».

Dénonciations

Dénonçant les nombreuses pratiques ayant entraîné ce manque à gagner pour les caisses publiques, Amadou Ousmane Touré a condamné pêle-mêle : la non-application à dessein des textes législatifs et réglementaires, la multiplication injustifiée des contrats simplifiés pour éviter les appels d’offres, l’usage de faux documents pour justifier des dépenses fictives, des manipulations des offres par les commissions de dépouillement et d’évaluation dans la passation des marchés publics, le non-reversement au Trésor Public de ressources collectées…

Face à l’ampleur et à la persistance de ces pratiques, Amadou Ousmane Touré a indiqué que « dorénavant, en plus des dénonciations des faits susceptibles de constituer des infractions pénales et, en application de la loi l’instituant, le Vérificateur général saisira la Section des Comptes [de la Cour suprême] de toutes les fautes commises relativement à la législation budgétaire et financière ».

Instauré en 2003, le Vérificateur général du Mali est une autorité indépendante chargée notamment d’examiner la régularité et la sincérité des recettes et des dépenses publiques, ainsi que « la performance des structures publiques au regard des exigences d’économie, d’efficience et d’efficacité ». Le Bureau du Vérificateur général du Mali dispose d’un effectif de 113 employés.

 

 

 

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