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Signature le 15 : les pour et les contre

by sur 13 mai 2015

Nous avons déjà eu l’occasion d’exposer, dans cette revue de presse, les points de vue de personnalités s’exprimant sur la valeur du pré-accord conclu à Alger et la manière dont il convient de l’interpréter.

Le débat est toujours aussi vif pour ou contre la signature de ce pré-accord à Bamako, toujours prévue après-demain vendredi 15 mai.

Illustration ci-dessous

Crise du nord : Les élus de Kidal veulent la présence de l’Etat

Aguibou Sogodogo –  Le republicain mali – 13 mai 2015

Les responsables du collectif des ressortissants de la région de Kidal (Correk) étaient devant la presse hier mardi 12 mai 2015 à la maison de la presse pour affirmer leur soutien à la signature de l’accord d’Alger prévue le vendredi 15 mai 2015.

Au cours de ce point de presse, les conférenciers ont déploré l’absence de l’Etat à Kidal. En outre, ils invitent la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) à signer le document issu des pourparlers d’Alger. Le point de presse était animé par le président du Correk, Akory Ag Iknane en présence du président du conseil régional de Kidal, Homeny Belco Maïga, du ministre de la communication, porte parole du gouvernement, Choguel Kokala Maïga, des élus de Kidal et de nombreuses autres personnalités.

« Dans la logique de l’acte historique prévu pour le vendredi 15 mai  2015 à Bamako, nous cadres, élus, leaders communautaires et d’opinion, jeunes, femmes, membres de la société civile et sympathisants de la région de Kidal à Bamako : déclarons notre entier et indéfectible attachement à la forme républicaine, laïque et unitaire du Mali, soutenons une issue heureuse du processus d’Alger par la signature le 15 mai 2015 à Bamako et lançons un appel fraternel à l’engagement de nos frères de la Cma pour qu’ils participent à l’événement et signent l’accord de paix dans le soucis de préserver l’unité nationale et la cohésion sociale et soulager les paisibles populations des affres de la sécheresse et des incertitudes liées au conflit », c’est en résumé la déclaration lue par le président du Correk, Akory Ag Iknane et remis au ministre Choguel Kokala Maïga.

Pour sa part, le président du conseil régional de Kidal, Homeny Belco Maïga a déploré l’absence de l’Etat dans la région. A l’en croire, la crise à fortement secoué la région de Kidal empêchant du coup l’éducation durant 4 ans.

Il a mis l’accent sur le problème de santé, d’électricité et d’eau potable dans ladite région. Enfin, il a prôné l’unité et la cohésion sociale.

L’honorable député de Tessalit, Mme Assory Aïcha Belco Maïga a fait savoir que Kidal demeure aujourd’hui l’unique et la seule région qui échappe toujours au contrôle de l’Etat. « L’absence des forces armées de sécurité et de défense maliennes, de l’administration et des services sociaux de base ont accentué le niveau de précarité des populations en général et des femmes en particulier », a-t-elle dit.

Selon elle, l’un des défis majeur est la relance de l’économie à travers le soutien aux activités génératrices de revenu. Le député Almoudène Ag Iknass abonde également dans le même sens.

 Mali: les rebelles du Nord attendus à Alger mercredi pour parapher « en principe » l’accord (rébellion et source sécuritaire)

(c) maliactu.net – 12 mai 2015

Des délégations des groupes de la rébellion à dominante touareg du nord du Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), se rendront mercredi à Alger pour parapher « en principe » l’accord de paix, ont indiqué mardi à l’AFP un responsable rebelle et une source de sécurité régionale.

Le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mongi Hamdi, avait annoncé le 8 mai que l’ONU tentait d’organiser pour la fin de la semaine dernière une réunion à Alger pour faire cesser les hostilités entre rebelles et camp gouvernemental et pousser la CMA « à venir signer l’accord » le 15 mai à Bamako.

« Demain (mercredi), les groupes armés de la CMA partiront de Ouagadougou (Burkina Faso) et de Kidal (nord-est du Mali) pour en principe parapher l’accord de paix », a déclaré à l’AFP un responsable rebelle, Almou Ag Mohamed, porte-parole du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), contacté par téléphone.

Mardi un peu plus tôt, M. Ag Mohamed avait indiqué à l’AFP que la CMA avait donné son accord pour se rendre à Alger avant la cérémonie de signature vendredi à Bamako.

« Pour la signature à Bamako, je ne peux pas me prononcer actuellement. Attendons le paraphe d’Alger, on verra le reste », a-t-il ajouté, interrogé sur la possibilité de signer ce document, paraphé le 1er mars à Alger par le camp gouvernemental, mais pas par la rébellion.

Une source sécuritaire régionale basée à Kidal a confirmé à l’AFP que la CMA se rendrait mercredi à Alger « pour, si tout se passe bien, parapher l’accord ».

« Sauf surprise de dernière minute, l’accord sera paraphé à Alger lorsque tous les délégués seront sur place mercredi », a précisé la même source.

Selon les recoupements de l’AFP, une délégation des rebelles, dont Alghabass Ag Intalla, chef du HCUA, devraient embarquer mercredi de Kidal dans un vol spécial pour la capitale algérienne, alors qu’une autre, comprenant Bilal Ag Achérif, secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), partirait de Ouagadougou.

Mardi soir, quelques centaines de ressortissants de Kidal résidant à Bamako ont au cours d’une conférence de presse soutenu l’accord de paix, et invité les rebelles de la CMA à le signer.

Les ministres français et algérien des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Ramtane Lamamra, ont appelé conjointement mardi à Alger toutes les parties à signer l’accord vendredi à Bamako.

Kidal demande à la CMA de signer l’Accord d’Alger le 15 mai

A.T.Dansoko – Malijet – 12 mai 2015

Le Collectif des ressortissants de la région de Kidal à Bamako soutient la signature de l’accord de paix le 15 mai prochain à Bamako. Il demande à la CMA de signer aussi le document. L’annonce a été faite ce mardi à la Maison de la presse au cours d’un point de presse.

Animée par Dr. Akory Ag IKnane, président dudit collectif, ce point de presse a enregistré la présence de plusieurs personnalités notamment le ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de  la Communication, Dr. Choguel Kokalla Maïga, le premier conseiller à l’Ambassade d’Algérie, le président du Conseil régional de Kidal, Homimy Belco Maiga, les députés Admoudène Asiknou et Aicha Belco Maïga de Kidal et plusieurs leaders de la région.

En effet, dans quelques jours, Bamako va assister à un événement historique relatif à la signature de l’accord de paix issu du 5e round des pourparlers inter-maliens d’Alger.

Un accord sur lequel la majeure partie des Maliens fondent leur espoir pour que le Mali reste debout. C’est pourquoi les ressortissants de la région de Kidal ont répondu massivement à l’appel du collectif cet après-midi pour sonner la grande mobilisation qui doit aboutir à la signature de l’Accord d’Alger le 15 mai prochain dans la capitale malienne.

Selon le président du collectif, Dr. Akory, malgré l’espoir, se dresse devant une montagne de désolation et de solitude. Face à cela, le président du Collectif des ressortissants de Kidal dira que la région a des hommes qui sont prêts à s’unir pour que le pays se lève.

Prenant la parole au nom des femmes de la région de Kidal, l’honorable Aicha Belco Maïga a rappelé que la crise a fragilisé le tissu social et a entrainé le déplacement massif des familles vulnérables.

Selon elle, sa région (Kidal) demeure toujours l’unique et la seule qui échappe au contrôle de l’Etat central.

« L’absence de l’armée malienne, l’administration de l’Etat et les services sociaux de bases ont accentué le niveau de précarité des populations », a-t-elle indiqué

Par ailleurs, le Collectif des ressortissants de Kidal à Bamako déclare son entier et indéfectible attachement à l’Accord et souhaite une issue heureuse du processus par la signature du document le 15 mai 2015 par tous les protagonistes.

En outre, le collectif a lancé un appel fraternel à l’endroit de ses frères de la CMA afin qu’elle signe l’Accord dans le souci de préserver la cohésion sociale et soulager les paisibles populations.

Processus de paix : Les femmes du Mali battent le pavé pour la signature de l’accord

Aguibou Sogodogo – Lerepublicainmali – 13 mai 2015

2015-05-13 Manif femmes pour la paixPour contribuer à l’avènement de la paix et de la réconciliation nationale au pays, les femmes du Mali ont organisé hier mardi 12 mai 2015, une grande marche pacifique de la bourse du travail au monument de l’indépendance. Elles étaient environ un millier de marcheurs à crier pour la paix au Mali.

L’un des objectifs de ladite marche est de soutenir la signature de l’accord de paix prévue le vendredi 15 mai 2015 à Bamako. Au cours de cette marche, les femmes ont lancé un cri de cœur à la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) à signer le document issu des pourparlers d’Alger.

Indignées par la situation de violence et d’insécurité dans laquelle le pays se trouve, les femmes du Mali, toutes sensibilités confondues ont marché hier dans la matinée pour soutenir « l’accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ». Elles étaient environ un millier de marcheurs à scander « on veux la paix ».

Parmi les marcheurs, on notait la présence de certaines femmes leaders dont l’ancienne ministre, Mme Diallo Dédia Mahamane Kattra, l’ancien ambassadeur, Mme Fatoumata Siré Diakité, Mme Oumou Touré de la Cafo et bien d’autres.

Sur les banderoles on pouvait lire : « les femmes du Mali, pour un Mali uni, sécurisé et laïc soutiennent la signature de l’accord le 15 mai 2015 ».

Ladite marche est partie de la bourse du travail en passant par la devanture de l’Institut Français de Bamako pour prendre fin au Monument de l’indépendance.

Une déclaration fut lue par la représentante des femmes, Mme Diallo Nafissatou Cissé et remise au chargé de mission du ministre des affaires religieuses et du culte, Habib Kane.

« Nous femmes du Mali sommes mobilisées à ce jour mardi 12 mai 2015 pour soutenir de façon inconditionnelle notre gouvernement et tous les partenaires, la signature de l’accord de paix.

Nous femmes du Mali déplorons la situation d’insécurité permanente que vivent les populations du nord du Mali particulièrement les femmes et les enfants victimes de violation grave de droit humain de perte en vie humaine et de biens matériels poussant nos populations à l’exode.

Nous femmes du Mali crions de vive voix notre appartenance à un Mali laïc libre et indivisible».

Avant de remercier les peuples frères, les amis du Mali, toute la communauté internationale pour l’appui, l’assistance et l’accompagnement dont le Mali et ses populations ont pu bénéficier dans les dures épreuves de la crise jusqu’à ce jour. Enfin, elle a souhaité un Mali un et indivisible.

Quant à Mama Koïta de la plateforme des femmes pour la paix, la réconciliation et la sécurité au Mali, elle a appelé la Cma à signer l’accord d’Alger, gage de la paix et du développement au Mali. « Nous voulons être au cœur de la paix au Mali », a-t-elle dit.

De son côté, le chargé de mission du ministre des affaires religieuses et du culte, Habib Kane s’est réjoui de l’initiative entreprise par les femmes en faveur de la paix au Mali. Le Mali compte sur vous, a-t-il conclu. A signaler que la marche s’est déroulé sans incident majeur sous la supervision des forces de l’ordre.

Des centaines de Maliennes marchent en soutien à l’accord de paix d’Alger
Anadolu Agency – 11 mai 2015

« Nous sommes fatiguées et meurtries dans nos chairs. Nous voulons la signature de l’accord de paix entre Bamako et les groupes armés« . Des centaines de femmes ont marché, mardi à Bamako, pour afficher leur soutien à l’accord de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord, dont la signature est prévue vendredi. Sous l’égide de plusieurs organisations de la société civile féminine, les marcheuses ont scandé « on veut la paix, on veut la paix au Mali », à travers les principales artères de la capitale.

Des banderoles en tête de cortège affichaient l’inscription « Nous femmes du Mali, sommes engagées dans la voie de la paix et du vivre ensemble dans un Mali Un et Indivisible ».

« Avec la signature de cet accord, nous espérons que la paix va revenir au Mali. Nous sommes fatiguées et meurtries dans nos chairs. Nos enfants et nos maris meurent. Nous voulons la signature de cet accord pour que l’exode cesse (les combats dans le Nord du Mali provoquant des milliers de déplacés au sein de la population) », lance Mme Traoré, venue marcher au milieu de centaines d’autres femmes engagées.

« C’est des mamans, des épouses, des citoyennes qui sont sorties pour lancer cet appel à la paix. Il y a un processus en cours et nous pensons qu’il peut nous amener vers la paix, et nous, femmes du Mali, y tenons particulièrement», soutient une autre participante.

« Nous voulons que les combats de ces dernières semaines qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines de soldats et de combattants du CMA (coordination des mouvements de l’Azawad, plateforme de groupes rebelles)cessent et nous comptons faire entendre nos voix en ce sens », surenchérit une autre marcheuse.

Des affrontements entre groupes armés et des attaques contre des civils et des militaires onusiens ou maliens ont gagné en intensité depuis plusieurs jours, notamment après l’annonce faite par les autorités maliennes du paraphe (15 mai) par les parties réfractaires de l’accord de paix issu des négociations d’Alger qui rassemblent, depuis juillet dernier, autour d’une même table, Bamako aux groupes soutenant l’indépendance de l’Azawad dans le nord du pays.

 Marche des femmes pour la paix ce mardi (déclaration)

JournalduMali – Anadolu Agency  le 11 mai 2015

Les organisations féminines ont manifesté ce 12 mai pour appeler les acteurs politiques à signer l’accord d’Alger ce 15 mai 2015.

Déclaration des femmes du Mali

« Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République du Mali

Mesdames et Messieurs les Ministres

Honorables Invités en vos rang, grade et qualité

Nous Femmes du Mali sommes mobilisées en ce jour Mardi 12 Mai 2015 pour soutenir de façon inconditionnelle notre Gouvernement et tous les Partenaires pour la signature de l’Accord de Paix.

Nous Femmes du Mali, déplorons la situation d’insécurité permanente que vivent les populations du nord du Mali particulièrement les femmes et les enfants victimes de violation grave de droit humains, de pertes en vies humaines et de biens matériels, poussant nos populations à l’exode

Nous Femmes du Mali, crions de vive voix notre appartenance à un Mali laïc , libre et indivisible.

Nous Femmes du Mali, prions le Tout Puissant qu’Il accorde à notre Pays le Mali : paix, prospérité, union, et une parfaite entente entre tous les Signataires.
Nous femmes du Mali remercions vivement tous ceux et toutes celles qui nous ont assisté dans notre démarche de paix.

Nous femmes du Mali remercions les peuples frères, les amis du Mali, toute la Communauté internationale, pour l’appui, l’assistance et l’accompagnement dont le Mali et ses populations ont pu bénéficier dans les dures épreuves de la crise, jusqu’à ce jour.

Vive la République

Vive le Mali Un et Indivisible »

La France appelle les rebelles du nord à signer l’accord de paix

Par Afrik – 12 mai 2015

Le gouvernement français a appelé, ce mardi, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), un groupe rebelle du nord du Mali, à signer l’accord de paix malien. Il a condamné l’attaque de lundi, revendiqué par le même groupe, au cours de laquelle neuf soldats de l’armée malienne ont été tués.

Le ministère français des Affaires étrangères a appelé, ce mardi 12 mai 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) à signer l’accord de paix malien. Ce groupe rebelle a attaqué un convoi de l’armée malienne, ce lundi 11 mai, faisant neuf morts. Assaut qui a été condamné par les autorités françaises, dans le même communiqué.

« La France appelle les représentants de la Coordination des mouvements de l’Azawad à la responsabilité. Elle les encourage à faire cesser immédiatement la violence et à se rendre à Bamako, le 15 mai, afin de signer l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali », peut-on lire dans le texte.

Une signature le 15 mai prochain ?

La médiation algérienne organise une rencontre, le 15 mai prochain, à Bamako avec les groupes rebelles n’ayant pas encore signé l’accord de paix fixé à Alger. Il avait été signé le premier mars dernier par le gouvernement du Mali ainsi que les groupes rebelles du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) dissident, la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), avaient refusé le texte en demandant une pause pour pouvoir en avertir leurs militants.

Depuis, les attaques se multiplient et leurs signatures se font attendre, fragilisant la mise en place d’un processus de paix. 

Cercle de réflexion et d’échanges au Mali : L’Accord d’Alger expliqué…

L’Aube – 11 mai 2015

Le cercle de réflexion et d’échanges au Mali (CREM) a organisé, le samedi dernier, au Centre Djoliba, une conférence-débat sur l’Accord de paix et de la réconciliation au Mali. C’est, en principe, ce 15 mai que sera signé, à Bamako, l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Un accord qui focalise aujourd’hui toutes les attentions et qui bénéficie d’une ébauche d’énergie de la part du gouvernement pour un soutien massif des populations à sa signature.

Prenant à contre-courant la tendance actuelle, une organisation de la société civile, le Crem a décidé d’organiser un débat sur le contenu du document qui, malgré tout ce boucan, reste peu expliqué aux Maliens. C’est à cet exercice que s’est livré le CREM, en organisant une conférence débat autour du thème : «l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali expliqué aux Maliens». Conférencier : Souleymane Koné, Conseiller des affaires étrangères et ancien ambassadeur du Mali en République de Mauritanie.

Avec sa très grande connaissance d’une crise dont il a suivi l’évolution depuis la signature de l’accord de Tamanrasset, le conférencier n’a pas porté de gan pour dénoncer un accord mauvais pour le Mali et pour sa souveraineté. «Des gens se battent aujourd’hui becs et ongles pour sa signature, tout en sachant qu’au fond, il n’est pas bon », a déclaré Souleymane Koné. Pour le conférencier, cet accord obéit à des logiques qui ne sont pas celles du Mali.

Pour montrer aux Maliens les vrais dangers de cet accord, le conférencier a d’abord fait des observations sur la nouvelle architecture institutionnelle qui apparaît dans le document. D’abord au plan local, il y a la région qui va devenir le centre du pouvoir local.

Le danger, selon le conférencier, c’est que pour des raisons non suffisamment élucidées par l’accord, on consacre une certaine autonomie aux régions par rapport à l’Etat central, en leur donnant un pouvoir de décision et également la possibilité de traiter des questions de leur co-développement. Le pays court aussi le risque d’aller vers un communautarisme. Surtout quand dans l’accord figure une disposition qui demande une plus grande représentation des ressortissants du nord au sein de l’administration. Ce qui est surtout recherché, a expliqué le conférencier, c’est une représentation plus importante des touaregs au sein de l’administration.

L’autre menace ? L’idée de création d’une armée territoriale au niveau des régions. Et cerise sur le gâteau, les régions vont disposer de leur propre Assemblée pour prendre des décisions exécutoires, sans oublier qu’avec cet accord, chaque région sera désormais administrée par un président (de région) qui sera élu dans les mêmes conditions qu’est élu le président de la République du Mali. Ce qui fait dire au conférencier que l’accord met les régions dans la même situation que des Etats autonomes…

Le conférencier n’a pas manqué également d’évoquer ce qui sera un recul grave dans la démocratie malienne. Il s’agit, dira-t-il, de la création d’un Sénat où il est envisagé d’accueillir certaines personnes qui ont été des acteurs majeurs dans la crise.

Le conférencier insiste particulièrement sur le cas des autorités traditionnelles. «Nous avons des sociétés dominées par certains chefs traditionnels. Nous avons également vu l’émergence de leaders locaux plus ou moins affranchis des structures locales», a déclaré le conférencier. Qui émet les mêmes réserves au sujet de la création (envisagée) d’un Conseil national destiné à réorganiser l’armée. Pour le diplomate, une telle disposition n’est pas non plus sans poser des problèmes dans la mesure où elle laisse entrevoir le retour au sein des forces armées et de sécurité, d’anciens déserteurs et/combattants.

Pour le diplomate, il y a quelques années, avec la Commission Daba Diawara, le pays avait pris la décision d’une nouvelle carte administrative. Ce qui aurait pu apporter une solution à une bonne partie des préoccupations mises en avant pour justifier le phénomène de la rébellion. «Mais, avec cet accord, on a comme l’impression qu’on veut réformer le Mali à partir de l’extérieur», a affirmé le conférencier. Qui n’a pas de complexe à donner son avis : « l’accord dont la signature est annoncée pour le 15 mai, ne fait pas l’affaire du Mali. Et il n’y a aucune urgence à le signer en l’état ».

Moussa Mara : «Qu’on ne se leurre pas, certains ne signeront aucun texte»

Le Prétoire – 11 mai 2015

A cinq jours de la cérémonie officielle de signature de l’Accord de paix et de réconciliation nationale, les propos de l’ex-Premier ministre riment certainement avec ce que plusieurs autres observateurs redouteraient, au regard du contexte actuel de la crise malienne. Mais, quoi qu’il en soit, le président du parti Yèlèma se dit convaincu d’une chose; c’est qu’il ne saurait y avoir l’unanimité autour d’un accord. L’essentiel, de son avis, est qu’il soit accepté par la majorité.

L’atelier que son parti a organisé, le samedi dernier, a été une occasion pour l’ancien Premier ministre de se pencher largement sur le document issu du processus d’Alger, dont la signature est prévue, en principe, ce vendredi 15 mai 2015 à Bamako. A quelques jours de cette échéance, des propos tenus par Moussa Mara, président du parti Yèlèma, sonnent comme une invite à l’endroit des Maliens, du moins, en direction des militants de son parti à faire la part des choses.

En effet, après avoir dénoncé l’attitude de la Coordination des mouvements de l’Azawad qu’il accuse de schizophrénie, l’orateur a prévenu: «j’ai l’habitude de le dire, qu’on ne se leurre pas. Il y a une partie de ceux-ci [Ndlr: les mouvements de la Coordination] qui ne signeront aucun texte, quel qu’il soit; parce qu’ils n’ont simplement pas d’intérêt à ce qu’il y ait la paix».

Et M. Mara de rappeler qu’il ne peut d’ailleurs y avoir d’unanimité autour d’un texte. Ce qui est essentiel, de son avis, c’est que l’accord de paix est accepté par la majorité des Maliens ainsi que l’ensemble des organisations et pays membres de l’équipe de médiation qui l’ont tous paraphé. Si l’idéal voudrait que toutes les parties signent ce 15 mai, l’ex-Premier ministre souhaite toutefois que le document soit mis en œuvre avec ou sans la signature de ceux qui rechignent jusque-là à s’inscrire dans une démarche de paix et de réconciliation. Ce, dans le souci d’abréger les souffrances des populations, qui vivent quotidiennement les humiliations de toute sorte.

En tout cas, les revendications que la Coordination des mouvements de l’Azawad pose comme un préalable à son adhésion à l’accord ne sont, dit-il, acceptables nulle part, en ce sens qu’elles créent véritablement un Etat dans un l’Etat.

 Accord d’Alger : Al Carama invite la Cma à parapher le document

Le Républicain – 11 mai 2015

L’Association Alliance de la Communauté Arabe du Mali (Al Carama) en collaboration avec ses partenaires a organisé les 11 et 12 mai 2015 au Centre international de conférence de Bamako (Cicb), un atelier national sur le vivre ensemble et la sensibilisation sur l’accord d’Alger.

Placé sous le thème : « Rôle de la femme dans le processus de paix et du vivre ensemble». Cet atelier a pour objectif principal d’informer la population sur le contenu de l’accord Alger et le vivre ensemble selon les différentes communautés. La cérémonie d’ouverture dudit atelier était présidée par le ministre de l’emploi, de la formation professionnelle, de la jeunesse et de la construction citoyenne, Mahamane Baby, en présence de la présidente des femmes de l’Association Al Carama, Mme Zahabi Safia Moulaye et de nombreuses autres personnalités.

Au cours de cet atelier, l’Association, à travers sa présidente, appelle la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) à parapher l’accord d’Alger.

Après les mots de bienvenue de la représentante du maire de la commune III du district de Bamako et du ministre de la promotion de la femme, la présidente des femmes de l’Association Al Carama, Mme Zahabi Safia Moulaye a fait savoir que pendant deux jours, il y aura des débats sur le contenu de l’accord d’Alger paraphé le 1er mars 2015 et de convenir d’un vivre ensemble des communautés Bambaras, Arabes, peulhs, songhaï, Touaregs et Dogons. « je vous invite à l’assiduité doublée d’une participation active et sans complexe pour que ce séminaire sortent des recommandations pertinentes permettant de mieux comprendre l’accord, de transcender les susceptibilités, d’éviter les amalgames d’interprétation et d’avoir une vision partagée du processus pour un meilleur vivre ensemble », a-t-elle dit.

Avant d’appeler la Cma à parapher l’accord d’Alger.

En outre, elle a mis l’accent sur le rôle et la responsabilité des femmes dans le processus de paix au Mali. Quant au secrétaire général du ministère de la réconciliation nationale, Attaher Ag Iknane, il s’est réjoui de l’organisation de cet atelier qui, selon lui, permettra aux uns et aux autres de mieux cerner l’accord. Pour sa part, le ministre Baby a souligné que le défi de l’heure est la mise en œuvre de l’accord qui sera signé le 15 mai 2015.

A cet effet, il a invité les femmes à jouer leurs rôles dans ce sens car selon lui, la femme permet de souder la société. L’accompagnement de son département ne fera pas défaut pour preuve bientôt près de 100 millions de FCFA seront débloqués pour aider les femmes, a conclu le ministre.

 Nouveau groupe d’autodéfense « Nous avons créé ALPUNA pour défendre nos populations»

Malijet – 11 -05 -2015 – Radio Kounari, Mopti-105.4 Mhz

L’Alliance Populaire pour la Paix et l’Unité Nationale (ALPUNA) est une association créée en décembre 2014, par la communauté arabe et alliée de Tombouctou. Selon ses responsables, cette association avait pour but au départ de lutter « pacifiquement pour préserver l’unité et la cohésion nationale » dans la région. Au fil du temps les ambitions de ALPUNA ont varié. Aujourd’hui, l’Alliance a décidé de voler de ses propres ailes en matière de sécurité en créant une branche armée. Le Secrétaire administratif d’ALPUNA, Abdouti Ould Najim explique les raisons et le but de ce groupe d’autodéfense à Sahelien.com dans cette interview.

Sahelien.com : Quand est-ce que la branche armée de ALPUNA a été créée ?

Abdouti Ould Najim, Secrétaire Administratif d’ALPUNA : Depuis le premier mars où le projet d’accord a été paraphé par une partie, nous avons constaté qu’il y a beaucoup de braquages, de violations et des tueries dans notre zone venant de la Coordination des Mouvements de l’Azawad. C’est en ce moment que nous avons décidé de créer cette branche armée, en mars.

Quels objectifs visez-vous en prenant les armes à votre tour ?

A priori, notre but n’était pas de prendre les armes. Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de violations et de crimes organisés dans notre ville de Tombouctou, des paisibles citoyens étaient attaqués par des groupes appartenant à la CMA. Pour éviter l’amalgame, nous avons décidé de créer une armée qui défendra notre zone, notre ville et nos intérêts dans la région.

Quelle zone occupez-vous maintenant et de combien d’hommes disposez-vous ?

Pour le moment nous n’avons pas choisi de faire une base fixe, nous faisons juste des patrouilles régulières. Nous occupons de 20 km à l’est de Tombouctou jusqu’à 80 km au nord-ouest de la ville. Actuellement, nous avons 150 combattants, mais la liste peut s’allonger à tout moment, car il y aura des adhérents.

Il y a déjà les Forces armées maliennes et internationales, dans la ville de Tombouctou et environs, pour la sécurité des personnes et de leurs biens, quels sont ces intérêts que vous voulez protéger ? 

D’abord on est parti à Bamako, on a alerté les FAMas et la MINUSMA. Les FAMas nous ont dit qu’elles sont sous forme de cantonnement et que leurs moyens aussi sont limités pour la sécurisation de la zone. Nos populations sont des nomades qui vivent dans les villages et campements, elles sont isolés, elles n’ont pas d’aides et ne peuvent pas recevoir des médicaments, donc on a décidé de les protéger nous-mêmes. C’est notre seul intérêt.

D’où viennent vos armes et qui vous finance ?

C’est les populations. L’Alliance Populaire pour la Paix et l’Unité Nationale est composée de 57 fractions, il y a donc 57 chefs de fraction. Ces chefs de fraction se sont réunis pour qu’on se défende, ce sont eux la source de rentabilité de notre groupe armé.

Avez-vous reçu l’autorisation pour vous procurer des armes ?

Les Forces Armées Maliennes, nous ont tout simplement dit, qu’elles sont sous une forme de cantonnement et qu’elles ne peuvent pas sortir. Cependant la MINUSMA nous a fait savoir que c’est notre droit de faire de la légitime défense. Nous sommes couverts par cette loi. Donc c’est une branche d’auto-défense des paisibles citoyens et je pense que c’est notre droit.

Quels sont vos rapports avec le gouvernement central, depuis la création de cette branche armée ? 

Notre organisation était comme toutes les organisations de la société civile. On a alerté les autorités et la MINUSMA d’assurer la protection des personnes et de leurs biens, avant de créer cette branche. Elles nous ont montré que les moyens sont limités, et qu’il y a le cessez-le-feu à ne pas violer. Maintenant nous sommes prêts à collaborer avec toute personne qui œuvre dans l’intérêt de nos populations.

Avec la dégradation de la situation sécuritaire, pensez-vous que la signature de l’accord de paix aura lieu le 15 mai prochain, comme prévue?

Oui je pense qu’il aura un accord et il le faut. La situation commence vraiment à échapper à tout le monde. Il faut que la médiation mette vraiment les points sur les i, il faut que tout le monde signe. Nous souhaitons que tout se passe bien comme prévu, mais s’il n’y a pas de signature, il faut que nous restons sur le terrain.

Êtes-vous prêts à déposer les armes une fois l’accord signé ?

Si aujourd’hui on a n’a plus besoin des armes pour la protection des populations, on les déposerait. D’ailleurs ce n’était notre premier objectif de prendre les armes.

 

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