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Réponse aux critiques d’André Bourgeot

by sur 15 mai 2015

Autre réponse malienne aux critiques d’un chercheurs français, celle deANASSER AG RHISSA  à André Bourgeot.

Visiblement il y a débat, et c’est tant mieux !

La France, dans l’affaire malienne, si elle a eu raison de stopper l’avancée djihadiste vers Mopti et Bamako, a eu tort de penser qu’elle ne règlerait la question terroriste par les armes.

Car la lutte contre le terrorisme s’appuyant sur le narco-trafic et la religion, ne se gagnera pas sur le seul terrain désertique, mais en proposant aux populations une offre politique (démocratique, républicaine, laïque, « dé-corrompue ») supérieure à l’offre djihadiste .

Répliques de Dr ANASSER AG RHISSA aux critiques d’André Bourgeot relatives au projet d’accord d’Alger

            Accord d’Alger pour la paix et pour la réconciliation au Mali : Lettre ouverte en ligne au Président, aux Maliens et aux Partenaires portant sur les répliques de Dr ANASSER AG RHISSAaux critiques, d’André Bourgeot, relatives au projet d’accord d’Alger.

Excellence Monsieur le Président de la République du Mali,

Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU.

Excellence Monsieur le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU au Mali, Chef de la MINUSMA,

Excellence Monsieur le Chef de la File de la médiation,

Excellence Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires du Mali,

Excellences Messieurs les médiateurs pour la crise Malienne,

Excellences Messieurs les facilitateurs pour la crise Malienne,

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali,

Excellence Monsieur le Premier Ministre du Mali,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellence Monsieur le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs,

Excellence Monsieur le Haut représentant du Président Malien dans les pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Excellence Monsieur le Ministre de la réconciliation nationale,

Excellence Monsieur le Ministre de la défense et des anciens combattants du Mali,

Excellence Monsieur le Ministre de la sécurité et de la protection civile,

Excellence Monsieur le ministre de la communication, de l’économie numérique et de l’information du Mali, Porte-parole du gouvernement,

Mesdames et Messieurs les participants aux pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Chers frères et sœurs Maliens,

 

Nous vous remercions André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS, en France, pour votre analyse du projet d’accord d’Alger pour la paix et pour la réconciliation au Mali, qui, malheureusement, montre que vous n’avez pas lu tout le projet d’accord (vous ne vous limitez qu’à l’aspect institutionnel)et fait apparaitre certaines contradictions :

  • D’une part, vous vous gardez de dénaturer la philosophie générale du projet d’accord d’Alger,
  • Mais, en même temps, vous stipulez que ce projet d’accord n’apportera pas une paix durable car, entre autres, n’assurera pas le renforcement politique de l’Etat-nation et pas d’émergence du peuple Malien dans l’arène politique nationale,
  • Le projet d’accord régionalise l’Etat, ethnicise la Nation et révèle une dérive régionaliste qui met à mal l’extrême fragilité de l’Etat-nation en voie de démantèlement et soumis à des pressions étrangères  défendant, avant tout, leurs propres intérêts,
  • Vous trouvez que l’élection des conseillers régionaux est démocratique et celui du président de la région, qui est fait en utilisant le même suffrage universel direct, ne l’est pas et ne serait pas proche du peuple : Quelle contradiction,
  • Vous dites, qu’il faut, néanmoins,  parapher le projet d’accord sans illusion.

Avec ces contradictions et n’ayant pas lu tout le projet d’accord, pourquoi, André Bourgeot, avez-vous conseillé de parapher un projet d’accord qui n’apportera pas, selon vous, une paix durable et qui n’implique pas le peuple Malien ?

Vous trouverez ci-après mes répliques aux critiques d’André Bourgeot relatives au  projet d’accord d’Alger.

DANS MES  REPLIQUES, JE M’ADRESSE A ANDRE BOURGEOT.

  1. Pas de Paix durable sans implication du peuple

Sachez que le projet d’accord a utilisé une méthodologie inclusive basée sur des pourparlers inclusifs inter-Maliens et une feuille de route composée de quatre thématiques centrées sur les questions institutionnelles MAIS aussi les questions de sécurité et défense, d’économie, de réconciliation, de justice et d’actions humanitaires.

Comment pouvez-vous parler de paix durable et d’implication du peuple sans tenir compte de ces questions et de ces éléments ?

Le projet d’accord d’Alger met en avant la régionalisation dont une des clés de voûte, comme vous le dites,  est l’élection des présidents des régions au suffrage universel direct.

La décentralisation et son opérationnalisation, la régionalisation, prévoient un Etat décentralisé avec partage de pouvoir (art 6 du projet d’accord), des missions, des responsabilités, des compétences et des attributions  avec les collectivités territoriales.

Ce partage ne doit pas être vu comme un effondrement ou un démantèlement de l’Etat central (Etat-nation).

Malheureusement, c’est ainsi que vous l’interprétez à travers l’élection des présidents de régions au suffrage universel direct.

Vous trouvez que l’élection des conseillers régionaux est démocratique et celui du président de la région, qui est fait en utilisant le même suffrage universel direct, ne l’est pas et ne serait pas proche du peuple. Quelle contradiction.

Bien sûr que les régions seront autonomes dans le cadre de cette régionalisation à travers leur libre administration avec les populations et les ressortissants de ces régions qui seront au centre de leurs gestions et gouvernances.

Donc, contrairement à ce que vous craignez, le peuple sera au centre de la gouvernance et de la gestion des régions et des collectivités territoriales.

Malgré l’existence d’une zone de développement des régions du nord (art 33), les demandes de la coordination de l’azawad, à savoir la création d’une entité géographique, politique et juridique représentant les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni ainsi que l’assemblée interrégionale associée seraient impossibles car cette dernière constituerait une exception à l’architecture institutionnelle et, en plus, l’entité azawad ne pourra être validé que lors de la conférence d’entente nationale qui aura lieu après la signature de l’accord.

Le contrôle de la légalité des opérations des collectivités territoriales sera assuré par le représentant de l’Etat central.

La coopération entre l’Etat central et les régions existeront.

Ce n’est pas grave qu’il y ait des régions qui créent des services et établissent des relations, avec des partenaires  et/ou d’autres régions, leur permettant de se développer rapidement.

On aboutira à des régions puissantes mais ce n’est pas ce qui les rendra indépendantes.

Certaines de leurs ressources pourront être mises en commun avec celles d’autres régions et de l’Etat central pour éventuellement aider au développement des régions en retard ou créer de nouveaux investissements ou services.

Vous voyez, donc, qu’il y a bien renforcement politique de l’Etat-nation à travers la coopération et la mutualisation des ressources entre l’Etat-nation, les institutions  régionales et les régions autonomes dans le cadre de la régionalisation.

L’autonomie dans le cadre de la régionalisation est différente de l’autonomie dans le cadre de la fédération ou confédération ou de l’indépendance que vous insinuez.

La crise au Mali et la déchirure du tissu social et politique feront que le démarrage au Mali d’une fédération sera chaotique car au niveau fédéral la cohésion sera limitée, le courant décentralisateur sera très fort et le courant centralisateur sera affaibli par les cicatrices issues de la guerre (guerre de Kidal, tuerie d’Aguelhoc, effets de la crise) entre les parties à fédérer.

Au Mali, dans le cadre d’une fédération, le courant centralisateur sera difficile à impulser à cause des querelles internes au sein de la partie fédérée constituée par le nord du Mali et des conflits entre parties fédérées.

Il restera très faible par rapport au courant décentralisateur qui s’amplifiera.

D’où une INSTABILITÉ CONSTANTE de cette fédération, qui mènera à une guerre civile comme vous le dites dans votre analyse.

Ce n’est pas le cas d’une autonomie dans le cadre de la régionalisation.

La paix durable s’établira par l’implication des acteurs à travers la gouvernance participative (exigé dans le projet d’accord, dans tous les domaines y compris la sécurité, la défense et la réconciliation) et la conjonction de plusieurs éléments tels que :

– cette régionalisation et le développement équilibré qui s’appliqueront à toutes les régions mais aussi,

– les dispositions sécuritaires, de défense, de réconciliation, de justice et les actions humanitaires associées, et

– les garanties qu’apporte le dispositif de suivi-évaluation par le comité international de suivi de l’accord et l’observateur extérieur.

2 – Ethniciser la nation et possibilité de créer des états régionaux ethniques ou claniques

Vous parlez d’émergence d’une idéologie régionaliste à caractère ethnique qui mettra de côté l’unité nationale.

Vous savez, dans nos régions, à quelques rares exceptions près, les ethnies sont minoritaires et il sera difficile voire impossible, sans s’ouvrir aux autres (aux niveaux local, régional, national et international), de remporter les élections au suffrage universel direct.

D’où l’impossibilité au Mali de créer des états régionaux ethniques ou claniques.

Concernant les Touaregs, vous avez raison, il sera impossible de créer un état Touareg pour les raisons que vous évoquez (problèmes de leadership, fractions indépendantes les unes des autres et qui ont leurs propres histoires et qui coopèrent difficilement, dynamiques segmentaires (union/scission), amalgame entre communauté culturelle et communauté politique ethniquement homogène, …

3 – Pourquoi un irrédentisme sans issue même de secours ?

Comme vous le dites, devant la difficulté de revenir à un système démocratique, sans assises et sans base ou avec une base limitée, certains sont ramenés à cet irrédentisme sans issue même de secours.

  1. Alors, une paix inclusive avec qui, avec quoi et comment ?

A travers le projet d’accord d’Alger, cette paix inclusive, avec TOUS les acteurs, est réalisable à condition que TOUS les acteurs s’impliquent et l’entretiennent (à travers le renforcement du vivre ensemble par des initiatives communautaires en s’appuyant sur les outils du terroir).

Parmi les acteurs, les djihadistes ne doivent pas être mis de côté surtout pour la réinsertion de nos enfants qu’ils ont enrôlés de force et des djihadistes Maliens repentis sincèrement. J’ai déjà adressé en ligne, au Président, aux Maliens et aux Partenaires, une lettre ouverte dans ce sens          .

L’intégration/réintégration des ex combattants dans les forces de défense et sécurité Maliennes en utilisant des critères ou bien leur réinsertion dans le civil (dans des projets, …) est possible à travers le mécanisme DDR (Démobilisation et Désarmement et Réinsertion) intégré dans le projet d’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali.

  1. Conclusion

Quoique pouvant faire un clin d’œil à la fédération à travers l’appellation Azawad et la création de cette zone de développement des régions du nord  (article 33), l’article 32 offre la même possibilité à plusieurs autres régions de promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences.

En plus, les articles 1 à 4 apportent l’équilibre entre les régions du Mali à travers, entre autres, la promotion d’un développement équilibré de toutes les régions du Mali, l’application à l’identique des dispositions requises, réglementaires, législatives, voire constitutionnelles, dans toutes les régions et la régionalisation.

En somme, le projet d’accord met plus en avant la régionalisation au Mali et un système de gouvernance, basé sur la libre administration des régions, mettant les populations au centre du dispositif.

La paix durable s’établira par l’implication des acteurs à travers la gouvernance participative (exigé dans le projet d’accord, dans tous les domaines y compris la sécurité, la défense et la réconciliation) et la conjonction de plusieurs éléments tels que :

– cette régionalisation et le développement équilibré qui s’appliqueront à toutes les régions mais aussi,

– les dispositions sécuritaires, de défense, de réconciliation, de justice et les actions humanitaires associées, et

– les garanties qu’apporte le dispositif de suivi-évaluation par le comité international de suivi de l’accord et l’observateur extérieur.

Au nom de la réconciliation nationale et de la paix, ce projet d’accord doit être validé et mis en œuvre par toutes les parties prenantes sachant que, plus tard, une conférence d’entente nationale sera organisée pendant la période de transition, elle portera sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.

Pendant cette conférence le terme Azawad pourra être discuté.

Ce qui est important, aujourd’hui, c’est, indépendamment des bords politiques, de s’unir pour la mise en œuvre de l’accord pour paix et la réconciliation au Mali qui sera signé le 15 Mai 2015 à Bamako.

Dr ANASSER AG RHISSA

Expert TIC, Gouvernance et Sécurité

E-mail : Webanassane@yahoo.com

TEL 78 73 14 61

 

 

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