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C’est signé, et maintenant ?

by sur 16 mai 2015

Le pré-accord d’Alger a été signé en grandes pompes à Bamako, mais sans la Coordination des Mouvements de l’Azawad, même si quelques-uns de ses groupes (dits modérés) étaient présents.

Les plus importants : le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad, indépendantistes tourareg) et le HCUA (Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad, djihadistes proches d’Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali) notamment, se sont contentés de « parapher sans signer »  la veille à Alger… subtilités sémantiques du langage diplomatique.

Reste que le plus difficile n’était pas de signer (même si ça n’a pas été simple !) : il faudra appliquer les accords sur le terrain, pour que l’on n’entre pas dans une guerre de tranchée prenant la forme d’une « paix armée »…

2015-05-15 Signature accord-paix ccib bamako

Processus de paix au Mali : l’accord d’Alger signé, sans l’aile dure de la Cma

Le 15 Mai 2015 – Seydou Coulibaly –  Afribone

L’accord de paix et de réconciliation au Mali a été signé ce vendredi 15 mai 2015 au Centre internationale des conférences de Bamako. L’événement marquant un tournant décisif du processus de paix dans le pays s’est tenu en présence d’une partie des groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) dont la réticence a retardé la signature du document paraphé depuis le 1er mars par l’Etat, les mouvements d’autodéfense et la médiation internationale.

Quelle influence dispose l’aile modérée de la Cma pour engager cette organisation séparatiste sur la voix de l’unité nationale ?

Fruit d’un processus de dialogue engagé, il y a huit mois dans la capitale algérienne, cette cérémonie de signature couronne les efforts d’une médiation internationale qui, en vertu d’une feuille approuvée par les parties en belligérance, le 24 août 2014, a eu souci de la préservation de l’intégrité du territoire malien et la laïcité de la République.

C’est en présence d’au moins dix chefs d’Etat (Robert Mugabé du Zimbabwé, Alpha Condé de la Guinée, Mahamadou Issoufou du Niger, John Dramani Mahamat du Ghana, Michel Kafando du Burkina Faso, Good Luck Jonathan du Nigéria, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Faure Gnasimbé du Togo, Mohamed Abdel Aziz de la Mauritanie et Paul Kagamé du Rwanda) qu’a eu lieu cette signature considéré, par le ministre malien des affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, comme un moyen de « sceller la paix, la réconciliation et le développement » dans le pays.

Cette panoplie de personnalités, face auxquelles le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a dit sa fierté et sa satisfaction est annonciateur d’un événement Hi-tech dont les participants avaient été triés au volet : représentants d’institutions de la République et d’organisations faitières de la société civile, diplomates, déplacé s et réfugiés, etc.

Au chapitre des organisations regardantes de la perspective de la mise en œuvre de l’accord, on note des organisations régionales et internationales telles que la Commission de la Cédéao, la mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (Misahel), l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), l’Organisation des nations unies à travers la Minusma mais aussi et surtout les Etats unis, la France, le Niger, la Mauritanie, le Tchad.

C’est « un grand rendez-vous de l’histoire du pays », s’est exclamé, le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui appelle les groupes encore réticents à mettre « fin à l’effusion de sang » et à « construire le Mali de demain ». Si Lamamra y a participé en qualité de chef de l’équipe de la médiation algérienne, le président de ce pays, Abdel Azis Boutflika, s’est fait personnellement représenté par le président du conseil de la nation (Assemblée nationale), Abdelkader Bensalah. L’accord qui n’a été paraphé que le 14 mai dernier par des « représentants qualifiés » de la Cma, selon des termes de Ramtane Lamamra, n’a pas été signé par l’aile dure de cette organisation.

Il s’agit notamment du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua). Par contre, deux mouvements membres perçu comme modérés ont apposé leur signature au cours de cette cérémonie. Il s’agit de la Coalition des peuples de l’Azawad (Cpa) et de la CMF/PR 2 dont le porte-parole à cette cérémonie, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, dira que « le Mali est redevenu notre terre commune », sans pour autant se défaire du qualificatif de « population de l’Azawad » qu’il a prononcé à deux reprises dans son discours.

Me Harouna Toureh, porte-parole des mouvements d’autodéfense, appelé mouvement de la plate forme d’Alger composé du Gatia (Groupe armé touareg imghad et alliés) du Maa (Mouvement arabe de l’Azawad), et de la CMF/PR (Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance) a souligné que son organisation envisage de « respecter l’esprit et la lettre de l’accord » mais aussi disposé à se liguer toute initiative de subversion de groupes « islamo-fascistes et alliés ». « Nous avons été, malgré nous, engagé dans une lutte de légitime défense », a clamé Me Harouna Toureh, qui a réitéré l’attachement de la plate forme à la République et à l’unité nationale.

Cérémonie de signature de l’accord de paix inter-Maliens à Bamako aujourd’hui : Hama Ag Mahmoud, Zakiyatou Ouallett Halatine, son époux et deux mouvements séparatistes parmi les participants

 M.D –  L’Indépendant – 15 mai 2015

Bien qu’ayant paraphé hier l’accord de paix issu des pourparlers inter-Maliens d’Alger, les narco-séparatistes de la CMA ne devraient pas être au grand complet à la cérémonie de signature prévue ce vendredi à Bamako. Ils ont d’ailleurs fait savoir après le paraphe du document à Alger qu’il n’était pas question pour eux de faire partie des signataires de l’accord. Malgré cela, il est quand même important de signaler que des éléments de première heure de la rébellion seront bel et bien à Bamako.

Parmi ceux-ci, on peut noter Hama Ag Mahmoud, ex-ministre et pressenti pour être président de la fantomatique  » République de l’Azawad « . On devrait aussi voir parmi les invités l’ex-ministre Zakayatou Ouallett Halatine et son époux El Mehdi. Il faut noter que ces trois personnes étaient parmi les instigateurs, voire les concepteurs de la rébellion de 2012 qui a entrainé une grave crise au Mali. C’est récemment qu’ils auraient revu leur position pour s’inscrire désormais dans la République. On annonce également la présence, au cours de cette cérémonie, des leaders de deux des cinq mouvements que compte la CMA.

Même si la présence à Bamako des chefs du MNLA, du MAA-dissident et du HCUA est toujours incertaine, la cérémonie devrait se dérouler normalement. Ce qui devrait sûrement montrer au monde entier que c’est pratiquement toute la République qui est favorable à la signature de cet accord pour ramener la paix et la réconciliation dans le pays. Il convient de rappeler que des leaders communautaires, des chefs de tribu et de fraction, des nouveaux comme anciens élus, dont certains sont issus des rangs séparatistes, sont déjà dans la capitale pour participer à cette cérémonie. A cela s’ajoutent tous les leaders des mouvements de la plateforme, près d’une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement, des représentants d’organisations régionales et internationales.

En tout état de cause, l’absence des principaux leaders séparatistes risque de laisser un goût de travail inachevé. Rappelons que lors du paraphe du document par les séparatistes qui s’est déroulé hier à Alger, les séparatistes ont justifié leur adhésion au processus par le fait qu’ils ont convenu avec la médiation de l’ouverture de nouvelles négociations avec les autorités maliennes avant la signature d’un accord définitif.

On se demande bien dans quel intérêt ? Puisqu’il a été dit et redit qu’aucune modification ne sera apportée à ce document. Reste maintenant à savoir sur quoi porteront ces nouvelles discussions et si elles auront un impact dans l’accord.  Il convient de rappeler que les séparatistes avaient demandé une reconnaissance officielle de «  l’Azawad comme entité politique et géographique »  » la gestion des régions du nord par une assemblée interrégionale  » et  » un quota de 80% de leurs éléments dans les forces de sécurité qui seront déployées au nord « . Au cas où ces amendements seront acceptés, il n’est pas exclu que Bamako et les groupes armés de la plateforme posent aussi sur la table leurs doléances non prises en compte dans l’accord d’Alger.

Ce qui risque de rendre le processus totalement biaisé d’où les risques de pérenniser la tension en cours.

L’accord de paix signé par deux groupes se réclamant de la CMA

Par Studio Tamani

Le centre international des conférences de Bamako a accueilli ce vendredi la signature de l’accord de paix négocié durant 9 mois à Alger. La cérémonie s’est déroulée, devant un aréopage de chefs d’Etat et de gouvernement africains mais en l’absence des principaux groupes de la CMA qui réclame des discussions supplémentaires.

Juste avant de parapher jeudi à Alger l’accord pour la paix et la réconciliation, au bout de deux mois et demi de pressions et d’atermoiements, la Coordination des mouvements de l’Azawad a prévenu qu’elle ne viendrait pas le signer à Bamako.

La pression déjà forte sur la CMA pour parapher le texte, comme l’ont fait le 1er mars à Alger le gouvernement et ses alliés, s’est intensifiée au cours des dernières semaines. Lors de la cérémonie officielle, les rumeurs qui annonçait la signature de groupes membres de la coordination se sont confirmées.Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune de la CPA et Younoussa Touré du CMFPR 2 ont tour à tour signé le document final. La CMA a anticipé cette signature en récusant la légitimité de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune dans un communiqué.

Le chef de la Mission de l’ONU au Mali Mongi Hamdi a estimé qu’après ce paraphe, le “processus de paix entrera dans une phase déterminante avec la signature”. Le chef de l’Etat zimbabwéen Robert Mugabe, président de l’Union africaine et ses homologues mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, nigérien Mahamadou Issoufou, burkinabè Michel Kafando, ivoirien Alassane Ouattara, guinéen Alpha Condé, togolais Faure Gnassingbé, et rwandais Paul Kagame étaient présents à la mi-journée à Bamako.

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean a elle aussi fait le déplacement, tandis que les présidents tchadien Idriss Deby et ghanéen John Dramani Mahama étaient attendus à cette signature.

‘Etape’ vers la paix

La secrétaire d’Etat chargée du Développement Annick Girardin, représentant la France a estimé que la signature aujourd’hui à Bamako “est une étape très importante du processus” tout en regrettant l’absence le la CMA.

De son côté la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini a minimisé l’absence des principaux groupes rebelles, jugeant que la signature “par la plupart des parties prenantes est une étape décisive” et pressant les autres de “le faire dans les meilleurs délais”.

Au cours des dernières heures l’espoir de la communauté internationale de persuader au moins certains des principaux groupes rebelles de signer semble s’être amenuisé, ceux-ci ayant tenu une ligne commune lors de ce paraphe in extremis.

“Mission accomplie mais pas terminée”, a résumé jeudi à Alger le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, parrain des négociations. A Alger, M. Lamamra a annoncé avoir reçu une communication du président malien Ibrahim Boubacar Keïta – qui “tend la main (aux rebelles) et est prêt à les recevoir à tout moment et discuter avec eux de l’avenir du pays, de l’avenir des régions du Nord et de la mise en oeuvre rigoureuse de l’accord”.

La CMA a réclamé une série d’amendements, dont la “reconnaissance officielle de l’Azawad commeune entité géographique, politique et juridique”, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de “80% de ressortissants de l’Azawad” dans les forces de sécurité de la région.

La cérémonie s’est déroulée dans un climat de tension dans le nord Des manifestants hostiles à l’accord de paix s’en sont pris vendredi à des casques bleus à Kidal, tandis que de nouveaux combats éclataient à Ménaka.

Cérémonie de signature de l’accord d’Alger : IBK a eu un discours de vrai chef d’état

Elijah de Bla – Source: RP Medias du 15 mai

Annoncée en grande pompe dans le monde entier, la cérémonie de signature officielle de l’accord d’Alger sensée faire renaître l’espoir entre les maliens s’est déroulé au CICB avec une pléthore de chef d’état invités et de représentants de chefs absents.

La presse outre l’ORTM n’avait pas droit au chapitre ;  notre correspondant à Bamako Sadio NIAKATE disposant d’une accréditation a été prié de rejoindre d’autres représentants de médias dans une salle équipée d’un écran géant pour suivre l’évènement. Côté retransmission, on ne va pas s’en offusquer car l’ORTM n’a ni les hommes ni l’intention de valoriser sa prestation quel que soit l’évènement.  Le manque de culture de la chose de la part des commentateurs fut flagrant, les blancs succédaient aux approximations.

Aucune surprise sur la qualité de cette retransmission, la passion de se servir du public est son slogan. Le maître de cérémonie sortie des cavernes n’avait pas compris que le moindre petit bruit proche d’un micro directionnel faisait grand effet. Il avait la manie de respirer très fort avant chaque prise de parole ce qui était un supplice pour tous ceux qui ont suivi la cérémonie durant les quatre heures. Mention spéciale pour lui qu’on ne devrait pas revoir de sitôt.

On pourrait s’autosatisfaire de la présence de nombreux chefs d’état et de responsables d’institutions mais il y a des absences qui se font plus remarquer que certaines présences. Du début de cette crise jusqu’à aujourd’hui, la France fut la pièce maîtresse au point que son président a fixé la date de la présidentielle malienne de façon unilatérale pour débroussailler le chemin vers la légitimé du président malien – chose nécessaire pour négocier la paix.

Aujourd’hui, le président IBK qui aime affectueusement appeler François HOLLANDE « mon ami François HOLLANDE » aurait été heureux de sa présence à ses côtés. L’ombre de François HOLLANDE a plané sur cette cérémonie que le président IBK a voulue solennelle.

Non seulement le président français n’a pas jugé nécessaire de se déplacer à Bamako, mais il n’a pas délégué Laurent FABIUS ni Manuel VALLS et encore moins son ministre de la défense. Il a posté une simple secrétaire d’état comme pour la formalité. Cette attitude a été remarquée par tous et certainement dénoncée. Ceci indique le niveau de l’attachement de la France pour la paix au Mali.

Le président Macky Sall, voisin du Mali et partageant plus que des frontières avec le Mali n’a pas daigné faire quelques kilomètres à bord de son avion présidentiel. Lui, Macky SALL, le Christophe Magellan des temps modernes qui s’est rendu en larmes à Paris le 11 Janvier 2015. Lui, l’oiseau voyageur qui s’est rendu en Guadeloupe sur invitation de la France pour l’inauguration du mémorial acte n’a pas trouvé nécessaire de venir soutenir son voisin presque de la même famille. Il s’est fait représenter par un parlementaire car certainement son premier ministre, son ministre des affaires étrangères étaient occupés à mieux faire.

Du côté des chefs d’état présents, Robert MUGABE du haut de son âge et de la distance a joué le jeu. Il est sorti des discours creux pour meubler son temps de parole. Il a fait du MUGABE dans le texte. A part MUGABE, toutes les personnalités ayant pris la parole ont distillé des discours de circonstance pour contenter toute le monde puisqu’il s’agit de faire la paix.

On s’interrogeait sur l’attitude du président IBK pour sa prise de parole. Certains avaient parié sur des larmes puisque le moment était unique dans une vie de président. Mais ce fut autre, un nouveau IBK qui a regardé droit dans les yeux le représentant du secrétaire général des nations unies et le responsable de la MINUSMA  pour leur rappeler que le peuple malien et le Mali méritent plus d’égard et de respect.

Il a rappelé la situation intenable des soldats maliens cantonnés qui ne bénéficient d’aucune amélioration. Il a dit que jamais le peuple malien n’avait manqué à ses engagements ni commis une entorse dans les relations internationales. « Nous sommes un pays tolérant mais pas lâche, le Mali ne demande que son dû, ni plus ni moins ». « Tous les enfants maliens vont à l’école sauf ceux de Kidal, j’en ai mal au cœur ». « Nous ne sommes pas des gueux ». Ces phrases qui deviendront certainement célèbres sont les invectives d’IBK envers ses invités qui détiennent les clés du problème.

Il continua en disant qu’il a dû informer la CEDEAO de la situation intenable des soldats maliens cantonnés alors que l’accord de Ouagadougou était sensé désarmer les combattants et rétablir l’ordre. Selon lui, certaines parties se sont permis des arrangements avec la loi. IBK a loué les qualités de son premier ministre Modibo KEITA qui aurait fait preuve de patience et de clairvoyance pour aboutir à cet accord. « Mon aîné » est le nom affectif par lequel il nomme son premier ministre qui lui aurait évité des excès. Les chefs religieux et la société civile ne sont pas en reste : IBK leur reconnait un rôle dans l’apaisement des uns et des autres. Sur le plan diplomatique, le discours du président fut musclé à hauteur de souhait. Il a lancé des piques et des rappels des missions de ceux qui sont mandatés pour la résolution de la crise malienne. On a aperçu un homme d’état pour une fois qui a pris ses responsabilités devant le parterre de chefs d’état et d’institutions.  On aime voir un IBK de poigne qui rappelle celui des années où il était encore à la primature.

La fausse note du discours fut le fait qu’il n’ait pas fait allusion aux jeunes soldats maliens morts et qui continuent de mourir tous les jours sur le champ de l’honneur. Il aurait fallu profiter de cette occasion pour les célébrer solennellement en citant des noms et quelques anecdotes pour revigorer ceux qui sont mobilisés sur le terrain afin que ces derniers se reconnaissent dans l’hommage.  Ces femmes violées, ces hommes et femmes dont les mains ont été tranchées sous le règne d’Ansar dine auraient pu trouver une reconnaissance aux yeux du président de la république. La diaspora malienne qui soutient l’économie à travers les transferts de fond aurait pu être saluée pour glorifier son rôle dans l’effort de paix.

Globalement si l’on peut douter de la bonne foi de tous les signataires de l’accord d’Alger, si l’on peut se poser la question des moyens qui seront mis à la disposition du Mali pour appliquer cet accord, on peut dire que cette cérémonie fut un bon moyen de communication qui donnera du temps politique et de la visibilité au Mali sur le plan international. Cela pour afficher sa bonne foi d’aboutir à la paix réelle sur toute l’étendue du territoire.

“Le Mali appartient aux Maliens”, et la paix et l’unité du pays relèvent d’eux, a lancé Robert Mugabe.

AFP – 15 mai 2015

Le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale ont signé vendredi à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg, qui ont dénoncé une “signature unilatérale”, devant un parterre de dirigeants africains.

Au même moment, preuve que la paix restait une perspective lointaine, des affrontements opposaient des groupes pro-gouvernementaux aux rebelles près de Ménaka (nord-est), selon une source militaire au sein de la force de l’ONU au Mali (Minusma) et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion), sans autre détail.

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement de l’opération militaire française Serval en janvier 2013.

La cérémonie a été maintenue contre vents et marées par Bamako et la médiation internationale conduite par l’Algérie malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis deux semaines.

Serval Elle a rassemblé autour du président malien Ibrahim Boubacar Keïta une dizaine de ses homologues africains, dont le Zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l’Union africaine (UA), longuement applaudi, ainsi que le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Rwandais Paul Kagame.

Etaient également présents des chefs de gouvernement et représentants de plusieurs autres pays, ainsi que les ex-présidents maliens Moussa Traoré et Dioncounda Traoré.

L’accord a été signé au nom du gouvernement par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, par trois représentants de groupes pro-gouvernementaux, ainsi que des représentants de deux organisations membres de la CMA.

Mais la CMA, dont les trois principaux groupes – le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et la branche rebelle du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) – n’assistaient pas à la cérémonie, a affirmé en début de soirée n’être “nullement concernée par la signature unilatérale” de l’accord.

Déniant dans un communiqué aux participants tout droit à parler en son nom, elle a réaffirmé qu’après avoir paraphé jeudi à Alger en “signe de bonne volonté” cet accord, deux mois et demi après Bamako et ses alliés, elle ne le signerait qu’après “des discussions (…) pour la prise en compte de ses préoccupations”.

– ‘Le Mali appartient aux Maliens’ –

A Alger, M. Lamamra avait assuré que le président malien était prêt à “recevoir (les rebelles) à tout moment et discuter avec eux de l’avenir du pays, de l’avenir des régions du Nord et de la mise en œuvre rigoureuse de l’accord”.

Les négociations ont été compliquées par la volonté de la médiation que les parties “s’alignent sur son agenda anti-terroriste, afin de tracer une démarcation nette entre les mouvements armés fréquentables et les mouvements armés infréquentables”, a expliqué à l’AFP Yvan Guichaoua, spécialiste du Sahel.

L’accord a également été signé à Bamako par des représentants de plusieurs pays et organisations au nom de la médiation internationale, dont l’ONU, l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie, l’UA et l’Union européenne (UE).

Les intervenants ont félicité la médiation pour ses efforts, exhorté les parties signataires à respecter leurs engagements, les autres à le signer, et tous au dialogue.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit convaincu que l’accord “est une base solide sur laquelle construire une paix juste et durable au Mali”

A Bamako, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean a parlé d’”une étape essentielle pour la sécurité et la stabilité non seulement au Mali mais dans toute la région, voire le continent”.

“Le Mali appartient aux Maliens”, et la paix et l’unité du pays relèvent d’eux, a lancé Robert Mugabe.

“On aurait aimé la présence de tout le monde, mais c’est important que le processus avance”, a déclaré à l’AFP la secrétaire d’Etat chargée du Développement Annick Girardin, représentant la France.

A Bruxelles, la chef de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a jugé que la signature “par la plupart des parties prenantes est une étape décisive”, pressant les autres à les imiter.

Selon Yvan Guichaoua, “ce 15 mai n’est pas un jour très glorieux mais rien n’empêche la poursuite du travail”.

Les jihadistes, un temps alliés aux rebelles, ont été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali par l’opération Serval – déclencheur de l’intervention internationale, toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des autorités.

 

Accord d’Alger 2015 : Si seulement cet accord pouvait être synonyme de paix pour le Mali

B. Sidibé – L’Indicateur du Renouveau du 15 Mai 2015

Dans quelques heures, le gouvernement du Mali, la communauté internationale et la Plateforme des mouvements armés du Nord du pays vont procéder à la signature officielle de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. La cérémonie se déroulera au CICB en présence du président Ibrahim Boubacar Kéita et plusieurs de ses homologues du continent et d’ailleurs, en l’absence remarquée de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) contrôlant la région de Kidal et qui mène ces jours-ci plusieurs attaques en divers endroits du pays.

Bamako, la capitale du Mali, s’apprête à abriter la cérémonie historique de la signature de l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation nationale au Mali. A cette occasion, plusieurs chefs d’Etat et hautes personnalités du monde entier sont annoncés.

En vue d’assurer le succès et la réussite de l’événement, le gouvernement n’a lésiné sur aucun moyen pour mobiliser toutes les énergies, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Malheureusement, certains estiment qu’un aspect important, voire essentiel, a été souvent occulté dans ce déploiement d’efforts extraordinaires. Il s’agit notamment de la communication ou de la simple information sur le contenu réel dudit accord, comme si personne en réalité ne souhaitait ou n’avait intérêt à ce que cela se sache véritablement. Alors, le contenant a été plutôt vulgarisé en lieu et place du contenu.

Les rares curieux ayant essayé de corriger cette « lacune » ont été savamment présentés comme « ennemis de la paix », sinon traités « apatrides ». Et pourtant, le sujet est si important qu’il s’agit non pas de partisans ou d’adversaires politiques, mais plutôt du Mali. Cette nation est bien précieuse que nous avons hérité de nos parents et grands-parents.

Il est certes vrai que les populations ont souffert ces dernières années et continuent toujours de souffrir du Nord au sud et d’Est en ouest. C’est une lapalissade que de le rappeler. Car, c’est une vérité indéniable et incontestée. Mais, pour autant, un accord, si important, qui déterminera l’avenir de notre vivre ensemble sur l’étendue de l’espace géographique que nous avons en partage depuis les temps immémoriaux, aurait pu mériter un bien meilleur traitement qu’un simple battage médiatique sur la forme et non le fond du sujet.

A tort ou à raison, il est clair et évident que l’accord issu des pourparlers d’Alger divise les Maliens. Nul besoin de nier cette évidence. Ce qui expliquerait d’ailleurs l’absence de certains acteurs de la classe politique, notamment de l’opposition, et de la société civile à la cérémonie de signature d’un accord de paix au contenu duquel ils disent ne pas adhérer en plusieurs aspects.

Malgré ces divergences de fond sur l’appréciation du contenu de l’accord de paix, le peuple malien, dans son entièreté, aspire à la paix et rien d’autre que la paix. Mais encore faudrait-il que tous partagent et adhèrent au bien-fondé de cette paix en toute connaissance de cause, avec sincérité, sans démagogie, sans faux-fuyants et sans tromperie aucune.

Un accord de paix se signe entre belligérants. Mais dès lors que des acteurs majeurs de la crise à résoudre sont en « dehors » de la démarche, l’application peut s’en ressentir. Aujourd’hui, il est évident qu’outre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) d’autres forces négatives opérant sur le territoire national ne se sentiront malheureusement pas concernées par l’accord de paix qui sera signé par certains des acteurs à Bamako ce 15 mai 2015.

C’est bien dommage, mais c’est une réalité que l’on ne peut objectivement ignorer dans la recherche d’une paix durable et définitive à l’issue de cette crise multiforme et multidimensionnelle que le Mali traverse depuis des années. N’est-ce pas là l’une des raisons fondamentales qui fondent les inquiétudes et les incertitudes de certains maliens quant à l’effectivité des résultats recherchés à travers l’acte historique que notre pays s’apprête à poser demain 15 mai ?

S’il y a cependant une certitude qui unit l’écrasante majorité des citoyens maliens, c’est leur attachement sans réserve à leur pays, leur patrie, leur nation. Tôt ou tard, ils se retrouveront autour de cette terre qui les unit et pour laquelle leurs illustres devanciers n’ont reculé devant aucun sacrifice. Ce jour, aussi lointain qu’il puisse être, viendra, inch Allah !

 En un mot : L’ombre d’Iyad Ag Ghaly

DAK – L’Indicateur du Renouveau du 15 Mai 2015

Même si tous les mouvements armés ne signeront pas aujourd’hui l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, un pas important a été franchi hier à Alger avec le paraphe du document par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Toutefois, il reste des questions épineuses comme le traitement individuel des leaders rebelles qui occuperaient depuis plusieurs semaines la médiation internationale, particulièrement divisée sur le cas d’Iyad Ag Ghaly. Le sort de celui-ci est au cœur des derniers rounds de négociations.

Cette semaine, certains de ses poulains ont bruyamment réclamé son retour. Cette perspective rencontrerait l’adhésion de l’Algérie et de la France, qui a négocié avec lui la libération de ses otages. Mais elle n’a pas du tout l’assentiment des Etats-Unis d’Amérique, qui ont mis à prix la tête de cet allié d’Al-Qaïda et ne souhaiteraient pas le voir remis en selle dans une région où il a suffisamment fait du mal.

En attendant, l’ombre d’Iyad Ag Ghaly continue de planer sur le processus de sortie de crise.

Cérémonie de signature de l’accord : Un évènement grandeur nature !

Moustapha Diawara – Tjikan – 15 Mai 2015

Rarement dans notre pays, un événement a été organisé avec professionnalisme dans la gestion du volet sécurité comme celui de cet après-midi. A savoir, la cérémonie de signature de l’accord de paix et de réconciliation au Mali, qui se tiendra au CICB. Aucun détail n’a été pris à la légère pour mettre les hôtes du Mali dans des meilleures conditions, mais aussi, assurer un bon déroulement de cette cérémonie.

Annoncée il y’a moins d’un mois de cela, la cérémonie de signature de l’accord paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, se tiendra ce vendredi 15 Mai au Centre Internationale des Conférences de Bamako. Pour la réussite de cet événement historique, les organisateurs (représentants des différents départements impliqués) ont mis les bouchées doubles. Et le gouvernement sous l’égide du Premier ministre, à travers le ministère de l’Economie et des Finances n’a pas lésiné sur les moyens pour répondre favorablement aux demandes de chaque département impliqué dans l’organisation de cet événement. A en croire certaines sources, le budget le plus important, celui du ministère de la Réconciliation Nationale n’atteint même pas les 100 Millions de F CFA, contrairement à certaines informations.

Initialement annoncée pour se tenir au Palais des Sports, cette cérémonie aura lieu finalement au Centre International des Conférences de Bamako. Pourquoi ce changement ?

Un membre de la commission d’organisation, qui a requis l’anonymat a expliqué cet état de fait par deux raisons : le coût et la sécurité.

A l’en croire, le palais des sports de l’ACI 2000, avec sa capacité d’accueil de 5000 places est bâti pour abriter des événements sportifs. Si cette cérémonie devrait se tenir en ce lieu, il revenait à la commission d’organisation d’engager des budgets supplémentaires pour non seulement accroitre la capacité de climatisation de la salle, mais aussi offrir des commodités au niveau des différents compartiments de ce local, dont le parking pour permettre aux véhicules des différentes délégations internationales d’avoir un point de stationnement convenable et des issues faciles à la fin de la cérémonie.

En termes de sécurité le palais des sports était mal loti, en raison de sa situation géographique (dressé entre de nombreux immeubles en chantier), ainsi que la disposition du public dans la grande salle, qui ne favorise le maintien de la sécurité autour de la trentaine des grandes personnalités annoncées.

« Au CICB, nous attendons la présence de 2000 invités », affirme notre source, qui soutient que toutes les organisations du pays seront représentées par deux représentants. Ainsi quatre salles ont été réquisitionnées, dont deux pour accueillir les invités : la salle Djéli Baba Cissoko et celle de la Presse. Quant à la presse, elle sera installée dans la salle des banquets.

Parmi les grandes mesures de sécurité salutaires misent en œuvre, on peut citer le bouclage des accès du CICB et des hôtels de tous les officiels 72 heures durant ; la distribution en retard des badges (avec la différenciation de leur couleur selon les quatre salles) et l’interdiction du téléphone dans toute l’enceinte du CICB.

C’est environ une trentaine de Chefs d’Etat, de gouvernement et des Institutions du continent et du monde entier. D’ailleurs le ballet d’arrivée des hautes personnalités à débuter depuis hier par le président de la République sœur de la Guinée, Alpha Condé, suivi de la secrétaire d’Etat française à la coopération et à la Francophonie Annick Girardin (accompagnée par une forte délégation), de Robert Mugabé du Zimbabwé. Aujourd’hui, arriveront dans notre pays des chefs d’Etat bien connus sur le plan international dont Paul Kagamé du Rwanda. On annonce aussi l’arrivée du président du Sénat algérien avec la délégation de la CMA.

En tout état de cause, au regard de l’atmosphère qui règne dans la capitale malienne, ainsi que de son nouveau visage, cet événement est annoncé pour être grandiose cet après midi. Un pari gagné par le Maliba.

PARAPHE SOUS PRESSION DE L’ACCORD D’ALGER PAR LA CMA : Va-t-on vers une paix armée ?

Outélé KEITA – Le pays du 14 Mai 2015

Hier, 14 mai 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a finalement fait contre mauvaise fortune bon cœur, en acceptant de « parapher le document du 1er mars 2015 issu du processus d’Alger pour honorer les engagements antérieurement pris », selon ses propres termes. Toutefois, elle a annoncé qu’elle ne serait pas présente, ce vendredi 15 mai à Bamako, pour la cérémonie officielle de signature dudit document.

Cela dit, en se résolvant à parapher l’accord d’Alger, la CMA fait preuve de lucidité et de réalisme, pour ne pas se compliquer davantage la tâche. En effet, sur le plan diplomatique, elle semble de plus en plus isolée, principalement en raison de l’attitude réfractaire dont elle avait jusque-là fait montre. Pourtant, sur le terrain, la situation ne semble guère meilleure, avec la reprise de certaines localités qui étaient sous son contrôle par des groupes armés proches de Bamako.

A cela s’ajoutent les fortes dissensions internes qui sont en passe d’avoir raison de sa cohésion. Aussi, pour ne pas se mettre définitivement hors-jeu, la meilleure perspective pour continuer à avoir voix au chapitre était d’aller dans le sens de la volonté générale, notamment de la communauté internationale et du médiateur algérien qui a bataillé dur pour aboutir à cet accord dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est équilibré.

Cela donne une chance à la paix. Mais en paraphant le document pratiquement le couteau sous la gorge, l’on se demande si l’on ne va pas finalement vers une paix armée où les protagonistes attendront la moindre occasion pour reprendre les hostilités.

Le véritable enjeu se trouve sur le terrain, c’est-à-dire l’application de l’accord

En effet, au regard des derniers développements sur le terrain, tout porte à croire que la CMA est en perte de vitesse et qu’elle a besoin de garder la tête hors de l’eau. C’est pourquoi l’on se demande quelle sera son attitude face à Bamako, au lendemain de la clôture des pourparlers d’Alger. Car une chose est de prendre des engagements, une autre est de les tenir, surtout lorsque cela est fait du bout des lèvres comme c’est visiblement le cas de la CMA ici.

Sinon, comment comprendre qu’elle accepte de parapher le document et trouve en même temps des raisons pour ne pas participer à la cérémonie officielle de sa signature ? Cela laisse un goût d’inachevé qui peut pousser au scepticisme quant à la sincérité de l’acte posé. Et l’on peut se demander ce que vaut un document paraphé et non signé. Surtout venant de la part de gens qui ont souvent cherché à ruser pour ne pas faire de concessions qui pourraient les écarter de leur objectif.

C’est pourquoi cette étape peut paraître une victoire de la diplomatie algérienne qui y jouait quelque part son honneur. Mais le véritable enjeu se trouve sur le terrain, c’est-à-dire l’application de l’accord. En cela, le médiateur algérien devrait maintenir la pression, avec l’aide de la communauté internationale, pour donner une véritable chance à la paix dans ce pays. C’est à ce prix, et seulement à ce prix que tous les efforts consacrés jusque-là auront la chance d’être couronnés de succès.

Autrement, on court le risque d’un retour prématuré à la case départ, et tous les efforts n’auront finalement servi à rien.

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