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Le scandale des engrais frelatés

by sur 11 juin 2015

Dernière remise à jour lundi 15 juin 201

Le démarrage de la campagne agricole 2015-2016 a eu lieu le 26 mai à l’occasion d’une double manifestation dont vous lirez le compte rendu dans l’article précédent sur cette revue de presse.

L’ennui, c’est qu’elle démarre dans un climat pour le moins obéré par la corruption dans une sale affaire d’engrais subventionnés frelatés importés et dont 40 000 tonnes ont déjà été distribuées aux paysans.

Avec le risque de voir des récoltes moins abondantes que nécessaires et le pays en difficulté alors qu’il y aurait déjà actuellement près de 3 millions de Maliens en état d’insécurité alimentaire…

Une affaire levée par un député de la majorité Bafotigui Diallo (RPM) , qui a bien l’intention d’aller jusqu’au bout.

Aux dernières nouvelles, le ministre du développement rural Bocary Tréta, devrait se présenter devant les députés le 18 juin pour répondre à leurs questions.

L’honorable Bafotigui Diallo, le député le plus célèbre de l’ère IBK !

Aboubacar Berthé – Malijet – 15 juin 2015

Les leaders des associations et mouvements des jeunes de la Commune VI ont organisé dimanche un meeting de soutien à l’honorable Bafotigui Diallo pour avoir démasqué l’affaire des engrais frelatés importés au Mali. C’était au Centre Olympa de Banankabougou en Commune VI du district.

Des responsables et jeunes de différents partis politiques ont pris part à ce meeting qui avait un seul objectif : soutenir  l’honorable Bafotigui Diallo dans son combat contre les engrais frelatés dont l’affaire  fait  couler beaucoup d’encre et de salive  depuis un certain temps.

En effet, selon diverses sources, plus  de 40 000 tonnes d’engrais frelatés ont  été importés au Mali pour la campagne agricole 2015-2016. Ces engrais, d’après de nombreux tests, sont d’une très mauvaise qualité, voire toxiques.  Des engrais qui seraient malheureusement déjà  distribués dans les zones agricoles.

Pour la jeunesse de la Commune VI, circonscription électorale de l’honorable Bafotigui Diallo, l’affaire des engrais frelatés ne doit pas être une affaire de parti politique encore moins de quelques individus, mais de tous les Maliens. Surtout quand on sait que le secteur agricole fait vivre plus de 80% des Maliens.

Le scandale des engrais toxiques vient à un moment où le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a inscrit l’agriculture parmi les priorités de ses priorités.

«Si le président de la République ne prend garde, le problème des engrais frelatés constituera un complot contre son régime. Il s’agit d’une politique pour affamer le peuple qui va sans nul doute se retourner contre le régime d’IBK », a affirmé  Habib Diallo, un jeune RPM.  Même s’il se trouve que ce sont  des gros calibres du parti présidentiel qui sont derrière cette affaire de faux engrais.

En tout cas, les jeunes de la Commune VI demandent à l’honorable Bafotigui Diallo, qui est aussi un député RPM, d’aller jusqu’au bout de cette affaire. Pour ceux-ci, c’est un «exemple d’intégrité et de courage à suivre»

«L’honorable Bafotigui peut compter sur la jeunesse malienne. Nous savons que certains responsables du parti présidentiel, dont il fait partie, sont décidés à le combattre. Mais nous allons le soutenir jusqu’au retrait effectif de ces engrais dans les villages et campagnes où ils sont déjà distribués», a affirmé Ibrahim Diallo, président de la Coordination des associations et mouvements des jeunes  de la Commune VI. Avant d’ajouter que le combat ne fait que commencer.

Aux dernières nouvelles, le ministre du Développement Rural, Bocari Treta, s’expliquera  dans quelques jours,  devant l’Assemblée national  sur  cette question d’engrais qui  est en train de mettre en ébullition le parti présidentiel.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le scandale des engrais frelatés est en passe de faire de l’honorable Bafotigui Diallo, le député le plus célèbre de l’ère IBK pour avoir mis les intérêts du peuple avant ceux de son parti, le RPM.

Affaire d’engrais frelatés: Ras Bath démystifie la personne du ministre Tréta !

Modibo Dolo – Tjikan du 12 Juin 2015 

Le Collectif pour la Défense de la Patrie à travers son porte parole, Mohamed Ras Bath a tenu ce mercredi 10 juin 2015, une conférence de presse au Carrefour des Jeunes pour demander la démission immédiate du trio fautif dont Bakary Treta, Bakary Togola et le DG de la CMDT, Kalifa Sanogo dans le cadre de l’affaire d’engrais frelatés démasquée par l’Honorable Bafotigui Diallo de la CV.

L’affaire d’engrais frelatés démasquée par le député de la Commune V n’a pas fini de faire des bruits. La concernant, le  Collectif pour la Défense de la Patrie, par l’entremise de son porte parole Mohamed Bathily dit Ras Bath à travers une conférence de presse, tenue le mercredi 10 juin 2015, au Carrefour des Jeunes de Bamako a donné sa position. Et dénoncer ce complot contre l’honneur du Mali, avant de demander des sanctions urgentes contre les trois personnes directement impliquées dans l’affaire. Il s’agit du Ministre du Développement Rural, Dr Bocar Tréta pour sa négligence et son irresponsabilité, son conseiller Technique, Bakary Togola de l’APCAM ainsi que le Directeur de la Compagnie Malienne pour le Développement du Textile (CMDT), Kalifa Sanogo.

A cette conférence on notait la présence de représentants de nombreuses associations comme Ançar Dine du Chérif Madani Haidara, de l’AMUPI, du Haut Conseil Islamique, ainsi que des éminentes personnalités dont Daniel Téssougué, Procureur Général.

Ras Bath dans ses propos introductifs est revenu sur les tenants de l’affaire proprement dite. Qui selon lui, est née à la suite du mécontentement de Seydou Nantoumé de ‘’Toguna Agro Industries’’. C’était à la suite de la répartition des pourcentages des entreprises habilitées à fournir le Mali en engrais dont l’Etat a subventionné à hauteur de 12 milliards FCFA. A la surprise générale l’entreprise Toguna Agro Industries a eu moins de parts. C’est ainsi que cette dernière a saisi à son époque le Ministre de l’Industrie, Moustapha Ben Barka pour signaler la qualité dérisoire des engrais fournis par certaines sociétés.

Ce dernier à son tour, adressera une correspondance à Moussa Mara, à l’époque PM. Dès réception de la lettre poursuit Ras Bath, Moussa Mara à son tour fera parvenir une correspondance d’explication au Ministre du Développement Rural, le puissant du régime Dr Bocar Tréta qui n’a jamais daigné répondre au Premier ministre Mara. C’est ainsi que la nouvelle fut dévoilée.

Et le député Bafotigui Diallo va se procurer d’un échantillon des engrais en question pour faire des analyses auprès de 3 sociétés  afin de se rassurer de leur bonne qualité. Selon Ras Bath, les résultats des analyses ont démontré que 40 000 tonnes (y compris ceux livrés par Toguna Agro) des engrais ne possèdent que 10% d’azotes contre 14, taux normal et 12% seulement de phosphates contre 18 recommandés. Ce qui, selon le conférencier, constitue un danger potentiel non seulement pour la terre et la production avec une réduction de 40% de rendements, mais aussi pour la santé des animaux aquatiques et humains car polluant l’environnement et pouvant provoquer des maladies pulmonaires.

Pour le conférencier, la faute incombe au Ministre Tréta. Qui, au lieu de se donner une obligation de contrôle sur les qualités des engrais, a fait le tri entre les Maliens qui doivent mourir et ceux qui doivent vivre en laissant les sociétés adjudicataires fournir des engrais de telles qualités programmant des maladies, une mauvaise saison agricole avec forte réduction des rendements due à la mauvaise qualité de l’engrais. Ce qui pour Ras Bath, constitue un signe qui prouve l’irresponsabilité et l’incompétence du Ministre.

En plus de Treta, il a touché du doigt la responsabilité de Bakary Togola de l’APCAM également. Pour Ras Bath, ce dernier est le complice N°1 de cette affaire en tant que Président de la Commission d’Adjudication à travers son GIE et en tant que Conseiller Technique de Tréta, avec qui il a été en connivence criminelle pour faire ce coup, à en croire le conférencier.

La troisième personne accusée par Ras Bath dans le cadre de cette affaire, est le Directeur de la CMDT qui a manqué lui aussi à ses obligations de contrôle sur la qualité de ces engrais mais également à cause de son silence.

Après avoir établi la responsabilité des 3 personnes impliquées, le Collectif pour la Défense de la Patrie a demandé des sanctions administratives contre ces trois personnes. Sinon, leur démission pure et simple des fonctions respectives qu’ils occupent.  Comme ce qui s’est passé dans le cadre de l’affaire de la fourniture des équipements d’armement.

En plus de ces sanctions, Rath Bath a aussi demandé des sanctions civiles avec le remboursement par les sociétés fautives de livraisons d’engrais frelatés et des dommages et intérêt à l’Etat. A ces sanctions, s’ajoutent des sanctions pénales demandées par Ras Bath contre ces trois personnes pour association de malfaiteurs et de crime en vertu de l’article 193 du code pénal du Pénal avec la peine de réclusion à perpétuité.

Ras Bath s’est dit étonné aussi du mystère entretenu autour de la personne de Treta dont IBK n’arrive pas à se défaire. Pour lui, Treta n’a pas une bonne base, il n’est pas riche non moins intelligent pour créer autant de mystères autour de sa personne pour faire peur à IBK qui s’est fait élire non pas par le RPM mais plutôt par le peuple à 77%. Avant de reconnaitre que c’est un trio puissant qui peut intimider l’enquête dont l’urgence s’impose de les isoler.

Le conférencier a aussi félicité la bravoure de Bafotigui Diallo qui s’est fait distinguer par son acte. Avant de l’encourager dans ce sens.

Le CDR parle d’engrais frelaté : « Bakary Togola, Bocari Tréta, Kalifa Sanogo ont commis un crime… »

Bréhima Sogoba – L’Indicateur du Renouveau – 12 juin 2015

Le Collectif pour la défense de la République (CDR) a établis des preuves intangibles et irréfutables contre le président de l’Apcam, Bakary Togola, le ministre du Développement rural, Bocary Tréta et le PDG de la CMDT, Kalifa Sanogo dans la procédure d’attribution du marché des intrants agricole pour la campagne 2015-2016.

De la lettre du ministre de l’Industrie et de la promotion des Investissements privés en passant par la correspondance de la Primature, le CDR se dit avoir réuni les ingrédients pour un procès de crime contre l’humanité aux personnalités impliquées dans l’affaire.

« L’acte viole les articles régissant le code de passation de marché. Ils doivent répondre devant la justice pour crime contre l’humanité« .

Le Collectif pour la défense République ne mâche ses mots pour dénoncer l’affaire dite engrais frelaté déjà livré aux paysans aux comptes de la campagne agricole 2015-2016.

A la faveur d’une conférence de presse organisée mercredi, au Carrefour des jeunes, le mouvement a informé l’opinion nationale et internationale sur les conséquences des produits des responsables de l’agriculture.

Ces engrais de mauvaise qualité de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) sont importés par la société Somadeco-SARL. « L’agriculture qui est le moteur du développement économique du Mali est au centre des préoccupations est confronté aujourd’hui à une pratique peu orthodoxe de la part des premiers responsables. Pour satisfaire leurs sales besognes, ils ont introduit dans notre pays de quantités d’engrais de qualité douteuse importée par la société Somadeco qui a décroché un appel d’offres de la CMDT pour des intrants agricoles en vue de la campagne agricole qui s’annonce », a expliqué le porte-parole du CDR, Mohamed Youssouf Bathily.

Le produit, selon le mouvement, servi par les 39 GIE de Bakary Togola, a beaucoup d’inconvénients. « Les engrais azotés peuvent être malsains pour l’environnement quand ils sont soumis à un épandage excessif. Dans ce cas, on assiste alors à une non-assimilation d’une bonne partie de l’azote, qui est ainsi rejetée dans l’atmosphère à travers des rivières et les océans. Il s’agit des engrais lessivés sur les sols par la pluie qui s’accumulent dans les rivières, les lagunes, les estuaires, où ils favorisent la prolifération des algues vertes et l’eau s’appauvrit ainsi en dioxygène, entraînant alors la mort des poissons et de la vie aquatique. On appelle cela des zones mortes ou l’eutrophisation des rivières…  »

La pollution atmosphérique est provoquée par le rejet intempestif de substances diverses dans l’atmosphère comme le NO2 (dioxyde d’azote), le NH4 (méthane) et le CO2 (dioxyde de carbone). Ces éléments sont en grande partie responsables des bouleversements climatiques tels que des canicules…dit-il.

Les dangers pour l’environnement sont évidemment liés aux problèmes de santé de l’homme. Le produit azote peut également nuire à l’homme, du fait de l’épanchement de l’azote dans les plantes (légumes couramment consommés par l’homme.

Pour le CDR, les responsables de l’agriculture ont fait le choix entre les Maliens et leur intérêt. « En décembre 2014, lorsque le produit a été livré au marché, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Moustapha Ben Barka a adressé une lettre à la Primature pour attirer l’attention du gouvernement sur le soupçon de concurrence déloyale dans le cadre du marché de fournitures d’engrais du GIE UN-SCPC/CMDT OHVN.

Dans cette lettre, il était précisé des irrégularités dans l’exécution de l’appel d’offres et à la qualité de l’engrais douteux fourni par la société Somadeco-SARL. Après réception des lettres, le département de l’Industrie a organisé des rencontres entre les parties prenantes.

Aussi la Primature dans une lettre de dispositif de suivi des engrais subventionnés par l’Etat a indiqué que le processus de sélection des fournisseurs d’engrais a soulevé quelques reproches de soumissionnaires cette année.

Le Premier ministre Moussa Mara a invité le ministre Bocary Tréta à instruire à toutes les administrations impliquées le suivi du respect scrupuleux par tous les fournisseurs de l’ensemble du cahier des charges afin que les quantités et qualités livrées soient strictement conformes aux marchés, diligenter un audit technique et financier du processus et qui couvrira la procédure de sélection des attributaires et engager une réflexion pour proposer avant la fin du second trimestre 2015 des mesures d’améliorations du dispositif de gestion des intrants subventionnés par l’Etat afin d’en améliorer la transparence, la pertinence et l’efficacité », a-t-il fait savoir, ajoutant malgré les correspondances, le ministre Tréta et ses complices ont livré  la mauvaise qualité d’engrais aux paysans. L’acte n’a pas été du tout dans les règles de l’art.

« Les articles 224, 227 de l’Ohada sont violés et l’article 193 du Code pénal aussi. Les auteurs doivent faire l’objet de poursuite judiciaire pour crime contre l’humanité au regard des faits. Le Collectif pour la défense de la République exige la démission du ministre Bocary Tréta et le président de l’Apcam, Bakary Togola. Le mouvement va entreprendre une série d’activité pour exiger un mandat de dépôt aux auteurs… »

Un autre député de la majorité interpelle le MDR : L’Assemblée nationale élève le ton à propos de l’engrais frelaté

Maliki Diallo – L’Indicateur du Renouveau – 12 juin 2015

Le ministre du Développement rural (MDR), Dr. Bocar Tréta, comparaîtra devant l’Assemblée nationale le 18 juin prochain à la demande de l’honorable Bakary Koné, député Adéma élu à Koutiala, dans affaire d’engrais frelaté fourgué à la CMDT pour la campagne agricole 2015-2016.

L’Assemblée nationale se jette corps et âme dans le scandale de l’engrais frelaté. Après l’honorable Bafotigui Diallo, député élu en Commune VI sous les couleurs du Rassemblement pour le Mali (RPM, parti au pouvoir), qui a dévoilé cette affaire en interpellant le ministre du Développement rural le 19 mai par des questions écrites, un autre élu de la majorité présidentielle s’engouffre dans la brèche.

Le député Bakary Koné a saisi le bureau de l’A. N. pour interpeller le ministre Tréta sur des questions orales, a-t-on appris du président du Groupe parlementaire de l’Adéma/PASJ, l’honorable Issa Togo.

Selon lui, la demande du député de Koutiala a été acceptée par le bureau de l’institution et si tout va bien le ministre du Développement rural s’expliquera au peuple le 18 juin prochain sur l’affaire des engrais de mauvaise qualité.

Polémique

Toutes autorités agricoles du pays ont reconnu que des engrais hors normes ont été fournis par des opérateurs économiques à la Compagnie malienne du développement du textile (CMDT). Récemment, le PDG de la CMDT reconnaissait que « tous les engrais fournis au Mali sont hors normes ». De même, le ministre Tréta, sur la chaîne nationale, a affirmé que 40 % des engrais pour cette campagne n’était pas de bonne qualité.

Pour sa part, le président du GIE d’adjudication du marché de fourniture des engrais, Bakary Togola, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), a invité 20 fournisseurs indélicats à enlever et à remplacer leurs mauvais produits.

Le président de la République surtout a parlé de ce scandale. Lors du Conseil supérieur de l’agriculture, il y a deux semaines, il avait juré de faire sanctionner les sociétés « d’ordre criminel » qui ont importé ces intrants incriminés dans notre pays.

Une polémique s’invite sur la quantité de ces engrais jugés hors normes. Quand le député Bafotigui parle de 40 000 tonnes, Bakary Togola, à travers son GIE, évoque 3404 tonnes d’engrais de mauvaise qualité. Seule l’enquête ouverte par le gouvernement sur instruction du président IBK départagera les protagonistes.

Le députe Bafotigui Diallo évoque l’affaire d’engrais frelaté : « Un réseau mafieux est organisé autour de notre système agricole »

Propos recueillis par Maliki Diallo –  L’Indicateur du Renouveau dui 9 juin 2015

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L’honorable Bafotigui Diallo, député élu en Commune VI

L’honorable Bafotigui Diallo, député élu en Commune VI, explique comment il a pu se saisir du dossier dit « affaire d’engrais frelaté ». Selon l’honorable Diallo, c’est un véritable réseau mafieux qui est organisé autour de notre système agricole.

Interview exclusive d’un partisan fieffé du chef de l’Etat qui promet de révéler d’autres scandales.

Vous êtes celui qui a creusé le scandale de l’engrais frelaté. Comment vous vous êtes retrouvé au cœur de cette affaire ?

C’est vraiment un scandale. J’ai appris dans la presse qu’il y a de l’engrais de mauvaise qualité au Mali. J’ai saisi ma commission qui est la Commission du développement rural et de l’environnement pour qu’il y ait une collégialité autour de ce dossier. La Commission a écrit au bureau de l’Assemblée nationale pour nous autoriser à visiter les sites d’engrais. A notre grande surprise, nous avons appris que notre demande n’est pas acceptée, mais cela ne nous a pas été notifié par écrit.

J’ai demandé au président de ma Commission d’exiger du bureau de nous notifier son refus par écrit, mais sans suite. Bafotigui Diallo étant un député et le contrôle de l’action gouvernementale faisant partie de mes prérogatives, j’ai acheté un sac du soi-disant engrais de mauvaise qualité pour des analyses. Après avoir eu tous les arguments, j’ai formulé des questions écrites au ministre du Développement rural au lieu des questions orales qui peuvent être discutées et programmées en conférence des présidents.

Quel intérêt aviez-vous en débusquant un tel lièvre ?

Le seul intérêt est l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens. Pour la petite histoire, j’étais le mandataire du candidat IBK en Commune VI à l’élection présidentielle. J’ai battu campagne avec ce slogan pendant la présidentielle et les élections législatives. Je n’ai pas d’intérêt personnel à chercher dans cette affaire si ce n’est pas l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens.

En tant que député pensez-vous que c’est un réseau mafieux qui s’est organisé autour de notre système agricole ?

Le terme réseau mafieux correspond. Je vais vous apprendre que tout cela est organisé et géré par une petite structure dénommée Groupement d’intérêt économique (GIE) présidé par Bakary Togola. Tous les appels d’offres et autres sont signés par Bakary Togola. Je ne pense pas, mais je confirme qu’à travers ce GIE que c’est un réseau mafieux organisé autour de notre système agricole.

Avez-vous le soutien des plus hautes autorités du Mali ?

Le président lui-même a besoin du soutien de tous les Maliens. Je lui apporte ainsi mon soutien. Je n’ai pas besoin du soutien des autorités de l’Etat, mais je leur rappelle simplement qu’IBK a été élu président par 77 % des votants maliens et ces Maliens attendent tout de lui malgré qu’il ait hérité d’une administration minée et malsaine. Les Maliens savent qu’il a la tâche difficile et il doit avoir la volonté et le courage politique d’assainir l’administration.

L’Assemblée nationale vous soutient-elle ? Quelle est la position de votre parti, le RPM ?

Je n’ai pas demandé le soutien de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas aussi une question de parti politique. Jusqu’à ce jour je n’ai pas connu une réaction officielle de mon parti, le RPM. C’est ce parti qui a entretenu l’image d’BK durant 13 ans. C’est ce parti qui a proposé IBK candidat à l’élection présidentielle. C’est le RPM qui a signé la plateforme avec les partis politiques alliés pendant les élections.

Quoi qu’on dise, c’est le RPM qui a fait élire IBK comme président du Mali. Ce parti est obligé de soutenir toute action allant dans le sens de l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens. J’ai le soutien affiché de beaucoup de députés. Je salue de passage Mamadou Diarrassouba. Quoi qu’on dise de lui, je le considère comme l’un des plus sincères de ce pays. Il est venu à moi pour se renseigner, me donner ses conseils et m’a dit que Bafotigui n’est contre personne et qu’il est dans son rôle de député.

Et si c’était à refaire, le referiez-vous ?

Bien sûr que oui, si c’était à refaire, je ferai mieux que pour cette année pour le bonheur des Maliens. Je suis en train de préparer beaucoup de dossiers similaires dans d’autres départements ministériels comme la Santé, entre autres. Aucun département ne sera épargné.

Unissons-nous pour l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens !

Affaire d’engrais frelatés : IBK passe à côté de la plaque

Oumar KONATE – Le Prétoire du 11 juin 2015

Au regard de l’importance de la quantité d’engrais (40 000 tonnes) déclarée non conforme aux normes, la réaction du président de la République, au nom du bonheur des Maliens, aurait dû être beaucoup plus vigoureuse. Mais, Ibrahim Boubacar Keïta s’est contenté de menaces de routine. Sauf que celles-ci ne font plus peur à personne au Mali.

Pays à vocation agro-sylvo pastorale, le Mali, selon les données statistiques, compte plus de 80% de sa population dédiée à l’agriculture. Le président de la République, élu sur la base d’un slogan populiste, à savoir «pour l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens, le Mali d’abord », était censé défendre les intérêts du peuple souverain du Mali. Mais du fait de son laxisme avéré dans la gestion de précédentes malversations financières, personne n’a plus peur de lui.

Si l’on s’en tient aux révélations de Bafotigui Diallo, député élu en Commune VI, des brebis galeuses de la haute sphère de l’administration malienne tentent, en effet, de saper les efforts déployés pour la réussite de la campagne agricole 2015-2016.

A en croire l’élu, le dossier dit «affaire d’engrais frelatés’’ révèle l’existence d’un véritable réseau mafieux, organisé autour de notre système agricole.  Chargés de la bonne gestion du secteur, certains responsables n’ont trouvé mieux que d’inonder nos champs avec des engrais impropres à l’usage agricole, parce que ne contenant pas de fertilisant. En clair, ils n’apportent rien aux plantes en termes de développement ou de rendement.

Informé de ce scandale, apprend-on, l’honorable Diallo, soucieux de la santé de ses compatriotes, a envoyé hors du Mali des échantillons de l’engrais incriminé aux fins d’analyses. A l’issue desquelles, les résultats furent sans appel: 40 000 tonnes d’engrais importées au Mali, soit environ 40% du besoin national en engrais, sont déclarées de mauvaise qualité.

Toute chose qui fut confirmée par le gouvernement. Nonobstant l’interpellation du ministre du Développement rural, Bocary Tréta, connu sous le sobriquet de ‘’vice-président de la République’’, aucune explication viable n’a été fournie. Seulement, des personnes de moindre importance ont déclaré sur les antennes de l’Ortm que ces engrais ne répondaient pas aux normes, mais qu’ils ne sont pas  pour autant nuisibles à la santé humaine.

Du côté du président  du Groupement d’intérêt économique Un-Scpc/Cmdt /Ohvn,  Bakary Togola, qui a signé tous les appels d’offres, c’est le silence radio. Même si les articles de presse publiés sur ce sujet ont miraculeusement disparu des sites et portails internet. L’intervention d’IBK qui a déçu le monde rural

Désespérés de la gestion réservée à cette affaire, les Maliens comptaient sur leur Président qui, lors du Conseil supérieur de l’agriculture, tenu  le mardi 26 mai 2015, a effleuré l’affaire. Mais sa réaction a déçu plus d’un. Au lieu d’instruire au Département de tutelle de retirer purement et simplement la quantité d’engrais distribuée des mains des producteurs, le Président IBK a raconté du déjà entendu.

«Il faut que nous soyons sérieux. La question des intrants frelatés m’importe énormément. Je ne tolérerai aucune espèce de faiblesse dans ce domaine-là, que des gens puissent s’amuser à fournir à nos paysans des engrais frelatés. Non ! Il s’agit d’une question de santé publique, de morale et l’éthique avec laquelle je serai intraitable. Donc, tous ceux qui se cachent dans ce secteur-là et pensent pouvoir se jouer de nous, se jouent d’eux-mêmes. Ils se trompent parce que nous les démasquerons et ils auront le sort qu’ils méritent», a-t-il menacé.

L’intelligence d’homme d’Etat devrait guider le chef de l’Etat à instruire le retrait de ces engrais. Surtout que dans les zones Cmdt, ils ne sont pas encore utilisés. Sinon, sanctionner les coupables de cette forfaiture après l’usage de leur pourriture, ce serait le médecin après la mort. Car le mal serait déjà fait. Et la sanction annoncée ne pourra dédommager les pauvres paysans victimes de cette situation.

Engrais mauvais et empoisonneur : On prépare la famine au Mali pour l’année prochaine

Amadou Tall – Le Matin du 11 juin 2015

Un produit en deçà des normes qui n’agit pas mais qui empoisonne la terre, l’eau et l’air. Les citoyens ont une boule de feu dans le ventre. A la base de la manœuvre, trois hommes : le ministre en charge de l’agriculture, son conseiller président de l’Apecam et le Dg de la Cmdt. Sans polémique ni politique, voyons les contours du désastre de plus qui attend le pays.

Le Mali est passé maître dans la distribution de l’engrais et dans le pays profond et dans toute la sous-région ouest-africaine. Et pourtant et au moment où l’hivernage pointe du nez les engrais importés et déjà distribués aux acteurs concernés à la base est notoirement de mauvaise qualité. Ceci n’est pas un sujet à polémique et moins encore de politique.

C’est une question de survie du Mali dans ce contexte de devenir que tous connaissent et qui saute à l’œil : imaginons que les semences « ne donnent » à la fin de cet hivernage qui a déjà commencé théoriquement et dans les faits dans certains coins ? Et que, pire encore, les sols, l’air et cours et nappes d’eau soient empoisonnés ? C’est que l’on ne mette rien dans les greniers et qu’en plus, l’on récolte l’empoisonnement ?

Tels sont effectivement les données des deux catastrophes qui attendent le pays et ses populations au coin de l’hivernage 2015 ou la nation connaît la pauvreté la plus dure et le danger de déstabilisation la plus cruciale de tous les temps. Catastrophes qui seront immanquablement les mères d’autres détresses. Le pays est pauvre. Son Etat est pauvre.

Les citoyens sont pauvres. Les hors-la-loi nous prennent à la gorge. La communauté internationale nous attache les mains derrière le dos pour nous livrer à « la réparation de l’injustice » et aux rebelles au nom de l’amitié et de l’aide.

Et si en plus nous n’arrivons pas à produire de la nourriture et que par contre nous réussissons à empoisonner les sols cultivables, l’air et les eaux de surface et souterrain !

Entre famine ou catastrophe écologique que faire ?

Comment sait-on que l’engrais importé et distribué est de cette qualité mauvaise ? Par les analyses. C’est le député de la République Bafotigui Diallo qui a fait analyser le produit dans deux pays différents – dont la France. L’honorable est un élu Rpm, d’où le caractère ni politique et ni polémique de ce dossier. Les analyses ont montré que le produit était pauvre dans les deux éléments, dont l’azote, qui font pousser les semences. Et que ces deux éléments ne se dissolvaient pas dans le sol. D’où l’empoisonnement  du sol justement.

Quelles sont les alternatives face à de telles sombres perspectives ? Théoriquement, il y’en a deux : continuer sur la même lancée et dire aux paysans de ne pas écouter les balivernes (ce que l’Ortm fait la semaine dernière lors du JT) ou ne pas utiliser l’engrais en question- donc préserver la santé des hommes et des éléments mais à quel prix de manque à gagner céréalier et aussi financier pour un pays aussi pauvre que le Mali.

Les deux options induiront forcément des effets aux conséquences incalculables et il reviendra, de toutes les façons, aux autorités à prendre leur responsabilité ; toutes leurs responsabilités.

En terme de responsabilité, la question est inévitable de se demander comment avons-nous fait pour nous retrouver dans un tel pétrin  (Nous qui sommes champion régional en matière d’importation et de distribution d’engrais) ? Qui a fait quoi pour mettre le pays dans un tel dilemme ?  Le pays était rodé dans ce domaine mais cette année nous avons « innové » en adoptant d’autres procédures qui visaient à assurer le clientélisme et la recherche de gains autres que l’intérêt du paysan et de la population.

Le cerveau de cette « innovation » est logé au Ministère en charge du développement rural, le ministère qui a vu son budget monter en flèche – ce ne sont pas Rome, la Fao et Ptf qui vont démentir IBK non plus qui a eu droit à un bel satisfecit.

Bocari Tréta qui a voulu « innover » s’est appuyé sur son conseiller- et le nouvel adepte Rpmiste – son « homo » Bakary Togola et aussi sur le grand boss de la Cmdt, Kalifa Sanogo. C’est ce trio infernal qui a piloté ce non moins infernale innovation qui expose le pays, déjà en difficulté, au précipice. Le mal est déjà fait et d’habitude l’impunité est assurée aussi au Mali. Si cela était le cas, il faut déconseiller au ministre No 1 du gouvernement à certaines zones rurales avant quelques mois. Le temps que l’oubli fasse son travail ou qu’un autre problème vienne pousser l’autre.

 Scandale de l’engrais frelate : Les auteurs connus, les sanctions attendues

Oumar Babi –  Canard Déchainé – 11 juin 2015

Le fournisseur des 40.000 tonnes d’engrais frelaté aux cotonculteurs a été identifié. En dépit des manœuvres, entreprises au ministère  du Développement Rural, pour maintenir le flou artistique sur ce scandale, qui défie la chronique au sein du monde paysan. Mais les sanctions peinent à tomber. Comme d’habitude.

« Que des gens puissent s’amuser à fournir, à nos paysans, des engrais frelatés ! Non ! Il s’agit d’une question de santé publique, de morale et d’éthique avec laquelle je serai intraitable »

Les gestes hauts et forts, et le ton ferme, le président de la République laisse exploser sa colère, face à ce qu’il est convenu d’appeler « le scandale de l’engrais frelaté ». C’était le 26 mai dernier, à la faveur du Conseil Supérieur de l’Agriculture. Et d’ajouter, dans un tonnerre d’applaudissements : « Je ne tolérai aucune espèce de faiblesse dans ce domaine-là ! Tous ceux,  qui pensent pouvoir se jouer de nous, se jouent d’eux-mêmes. Nous les démasquerons et ils auront le sort qu’ils méritent ».

Ces menaces, à peine voilées, s’adressent à ceux qui auraient lancé et attribué   l’appel d’offres. Notamment, Bakary Togola, président de l’Assemblée Permanente de la Chambre d’Agriculture du Mali (APCAM) et le ministre  du Développement Rural ; mais aussi, la SOMADECO-SARL, fournisseur des 40.000 tonnes d’engrais frelaté.

L’enquête, sur cette affaire, a débuté le 1er juin dernier par une commission mise en place à cet effet. Objectif : faire toute la lumière sur cette affaire. Avec, à la clé, un rapport détaillé attendu, dans les jours à venir, par le président de la République.

Rappel des faits

Tout est parti d’une lettre confidentielle, envoyée par le ministre ivoirien de  l’Agriculture à son homologue malien, l’informant de la présence, au Port d’Abidjan,  d’engrais de mauvaise qualité destiné au Mali. Lettre que nous avons eu la chance de lire.

Mais au lieu d’identifier les fournisseurs de ces engrais frelatés et à les mettre hors d’état de nuire aux récoltes, le ministre du Développement Rural, Bocary Tréta, met le black-out sur cette affaire. Avant d’accuser tous les fournisseurs d’engrais  d’avoir fourni, aux cotonculteurs, de l’engrais de mauvaise qualité.  C’était lors d’une rencontre, organisée courant mars, dans la salle de conférence de son département.

Surprise et colère des fournisseurs d’engrais, qui n’entendent pas se  laisser  mêler à cette affaire. Du coup, la presse s’en mêle, accusant à tort des fournisseurs et fabricants d’engrais, dont la réputation ne souffre d’aucun doute. Sur le plan national, comme sur le plan international.

La somadeco-sarl dans  le viseur des enquêteurs

Entre-temps, l’honorable Bafotigui Diallo, député du parti au pouvoir, se saisit de l’affaire. Avant d’envoyer, à Paris et en Lituanie,  des échantillons de l’engrais dit frelaté dans des laboratoires spécialisés.  Les résultats donnent le tournis. Selon le rapport d’analyse de la SGS (Société Générale de Surveillance)  l’engrais fourni par SOMADECO-sarl – du moins si on peut l’appeler ainsi – «  n’a aucune solubilité, ne répond en rien aux normes et ne pourrait que tuer la production nationale ». Et le même rapport d’ajouter : « Il manque jusqu’à 21 nutriments dans l’engrais de Somadeco-sarl, sur les 50 que doit compter la tonne d’engrais livré. Ceci représente donc un manque de l’ordre de 42 % par rapport aux nutriments requis ».

En clair, pour les sols qui seront fertilisés par l’engrais de Somadeco-sarl, les pertes en rendements sont estimées à 42 %. Du moins, si l’on en croit les spécialistes. Et ces 42 % représentent une production de 130.000 tonnes, soit l’équivalent de 40 milliards CFA.

L’engrais produit par  Toguna Agro-industries  jugé irréprochable

Pour noyer le poisson dans l’eau et, du coup, jeter l’opprobre sur toutes les sociétés et entreprises retenues à l’issue du dépouillement des plis, le ministre du Développement Rural, Bocary Tréta, avait réuni les fournisseurs d’engrais dans la salle de conférence de son département pour leur annoncer que les engrais livrés, aux cotonculteurs, sont de mauvaise qualité. Sans leur préciser c’est, plutôt, ceux fournis par Somadeco-sarl qui sont mis en cause.

Pour montrer, à l’opinion publique nationale, sous- régionale et internationale, la qualité de ses productions, le Groupe Toguna Agro-industries a, en prélude à la fête du travail célébrée le 1er mai, organisé une journée portes ouvertes. C’était mardi 28 avril.

Entreprise malienne spécialisée dans la production d’engrais agricoles, le Groupe Toguna a lancé ses activités en 2006. Il emploie 900 personnes. Ses engrais se caractérisent, surtout, par leur taux élevé en nutriments.

Depuis le lancement de ses activités, en 2006, aucun client n’a mis la qualité de sa production en doute. Ni au Mali, ni dans  les pays d’Afrique de l’Ouest, dont Toguna Agro-industries est l’unique fournisseur. La qualité des produits de Toguna Agro-industries a été sanctionnée par plusieurs distinctions internationales. Entre autres, l’international Trophy for quality obtenue en 2010 ; Star Quality en 2011 ; l’international Star for quality en 2012….

Contrairement à ce que certains avait tenté de faire croire, Toguna Agro-Industries n’importe pas d’engrais. Mais des matières premières pour la fabrication de ses engrais pour les filières cotonnières et céréalières du Mali. Et des pays de la sous-région ouest-africaine. Ses produits obéissent à la certification ISO.

L’engrais frelaté, déjà, livré aux paysans

Le plus affligeant, dans cette affaire, c’est la précipitation avec laquelle  Somadeco-sarl  a livré ces engrais frelatés aux paysans. Sans attendre les contrôles en cours. Ce qui laisse supposer qu’elle disposerait de complices dans le circuit.

Plus grave, à la réception, les pauvres paysans auraient été invités à en faire usage. Sans modération. Histoire, peut-être, d’effacer toute trace de ces engrais, jugés nocifs pour les hommes ; mais aussi, pour les céréales qui en seront issues.

D’où la détermination du président de la République à faire toute la lumière sur cette affaire. Afin que les coupables soient démasqués et punis, conformément, à leur crime.

Reste, maintenant, à joindre la parole à l’acte : la  chose la plus difficile pour nos autorités.

 

Mali: Lancement officiel de la campagne agricole 2015-2016 sous le ciel de scandale d’engrais frelaté

Courrier d’Afrique – Lord K (Correspondant à Bamako) – 3 juin 2015

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a promis 1000 tracteurs modernes aux producteurs maliens pour la campagne 2015-2016. L’annonce a été faite le mardi 26 mai 2015 par IBK lors du Conseil supérieur de l’agriculture qu’il a présidé  à Koulouba (Présidence de la République du mali). C’était en présence de l’ensemble des acteurs  du secteur agricole.

La cérémonie a été marquée par  une présentation  faite par le ministre du Développement rural, Bocari Treta du bilan de la campagne agricole 2014-2015 et le plan de campagne 2015-2016. Il y a eu ensuite l’intervention du président de l’APCAM et le discours d’ouverture du président de la République.

Le président de la République IBK après avoir validé le plan de campagne agricole 2015-2016, a promis aux producteurs 1000 tracteurs. Il s’agit, bien entendu, des tracteurs qui seront subventionnés par l’Etat malien à 50%.

Cette promesse lui a value les encouragements et salutations des agriculteurs à travers la voix du président de l’APCAM, Bakary Togola, lequel a assuré que tout sera mis en œuvre pour l’atteinte des objectifs de la campagne agricole qui démarre. Pour lui, c’est une honte pour le Mali d’importer certains produits comme le poisson, le lait et le riz. Et le président  de la République de conclure qu’il sera intraitable envers tous ceux qui tenteront de saboter le secteur agricole dans notre pays.

Après le palais de Koulouba, le président de la République s’est rendu dans l’après-midi à Samanko pour le lancement officiel de la campagne agricole 2015-2016 où il a symbolisé la cérémonie par la remise en main de quelques tracteurs aux paysans.

Une agriculture touchée par un scandale d’engrais frelatés

Une affaire secoue le secteur de l’agriculture du mali. Près de 40 000 tonnes d’engrais importées pour les semences seraient frelatées. Du mauvais engrais entraînant des pertes estimées en millions de dollars.

Pour booster la production dans les champs, les paysans maliens ont besoin d’engrais pour les semences. Mais près de 40 000 tonnes d’engrais importées sont frelatées selon une enquête menée par un parlementaire. Il s’agit de l’honorable Bafotigui DIALLO, député élu sous les couleurs du Rassemblement pour le Mali (RPM, parti majoritaire) en Commune VI, membre de la commission du développement rural de l’A. N. qui a saisi le président de l’institution d’un questionnaire à l’intention du ministre du Développement rural.

C’est un véritable scandale, estime le député du parti au pouvoir : « C’est vraiment un scandale. Les paysans sont beaucoup plus endettés qu’avec la culture du coton. Et s’il faut leur envoyer encore des engrais de mauvaise qualité, ça va leur créer encore d’autres problèmes », assure en colère Bafotigui Diallo.

Au Conseil supérieur de l’agriculture, tenu à Koulouba le mardi 26 mai 2015, l’affaire d’engrais frelatés importés par la SOMADECO a refait surface de la bouche même du président de la République.

Le ministre du Développement rural, Dr. Bocar TRETA, et son mentor de l’Assemblée Permanente de Chambre de l’Agriculture (APCAM), Bakary TOGOLA ne se sont pas prononcés sur cette situation qui menace fortement la campagne agricole 2014-2015. Ils ont au contraire promis l’incroyable au chef Etat aux termes de la saison, c’est-à-dire 650 000 tonnes de coton et 2 millions de tonnes de céréales.

Mais le président de la République leur a fait savoir que pour le moment la question d’engrais de mauvaise qualité introduit dans notre pays en vue de cette campagne qui s’annonce l’importe au plus haut point. Il a prévenu les auteurs et leurs complices des sanctions sévères pour que plus jamais cela ne se reproduise au Mali.

« Il faut que nous soyons sérieux. Que la question des intrants frelatés m’importe énormément. Je ne tolérai aucune espèce de faiblesse dans ce domaine-là que les gens puissent s’amuser à fournir à nos paysans des engrains frelatés. Non ! Il s’agit d’une question de santé publique, de morale et l’éthique avec laquelle je serai intraitable. Donc tous ceux qui se cachent dans ce secteur-là et pensent pouvoir se jouer de nous, se jouent d’eux-mêmes. Ils se trompent parce que nous les démasqueront et ils auront le sort qu’ils méritent », a averti le président IBK.

Evoquant les effets de ces produits sur la production agricole et sur la qualité de nos eaux, il a jugé que l’entreprise importatrice est « d’ordre criminel » et que toute la lumière sera faite sur cette affaire afin de punir les fraudeurs.

Les spécialistes craignent même que les populations rurales, par méconnaissance, utilisent ces engrais sur des produits de consommation comme les tomates, la salade, les choux, les patates et les aubergines. Ce serait là une catastrophe sanitaire majeure en raison des taux élevés de composants chimiques (métaux lourds) des engrais incriminés.

 

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