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Attaque de Misséni : le ver était dans le fruit

by sur 15 juin 2015

Mise à jour du Mardi 16 juin 2015

C’était une première mais désormais on en connaît un peu plus sur l’identité du groupe qui a attaqué le village de Misséni, à la frontière avec la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

Il s’agit d’un groupe local, qui a peut-être des liens avec Ansar Dine et Iyad Ag Ghali, mais qui n’est venu ni du Nord du Mali, ni du Sud de la région : il s’est développé sur place et fait davantage penser à un gang de bandits « déjà bien, connu des services de police » (comme on dit chez nous) plutôt que de djihadistes convaincus, même s’ils peuvent avoir été influencés par des prêcheurs plus ou moins autoproclamés…

Même si on sait qu’au Mali, il y a une extrême porosité entre les groupes djihadistes, salafistes, narco-trafiquants, rebelles, indépendantistes et bandits de grand chemin… un qualificatif n’empêchant pas qu’à l’occasion on en endosse un autre.

Le village de Misséni, en région de Sikasso, à quelques km des frontières de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, dans l’extrême sud du Mali a été attaqué hier matin.

On parle d’une attaque d’Ansar Dine Sud; la question est de savoir si le groupe armés est venu du Nord du Mali en passant par le Burkina Faso, où s’il est monté de Côte d’Ivoire, où de nombreuses mosquées hébergeant des étrangers ont été construites ces derniers mois.

Si de nombreuses questions se posent encore sur cette attaque qui a coûté la vie à un gendarme et fait de nombreux dégâts, le message semble clair : « nous sommes toujours là et on frappe où on veut ! »

Tous les détails connus ci-dessous.

Le député Souleymane Ouattara de Kadiolo indexe la secte Dawa comme complice des terroristes

Bruno Djito SEGBEDJI – L’Indépendant du 16 juin 2015

Après l’attaque terroriste perpétrée le 10 juin dernier dans la commune rurale de Misséni, dans le cercle de Kadiolo (et qui a fait un gendarme tué, un autre gendarme et un policier portés disparus) les responsables politiques de la zone pointent un doigt accusateur sur les responsables de la secte dite Dawa jugée très proche des jihadistes et des terroristes.

Pour  le député Souleymane Ouattara de l’ADP-Maliba, élu à Kadiolo, les populations doivent être vigilantes vis-à-vis de certaines pratiques religieuses qui font l’apologie de l’intolérance et du fanatisme.  » Il faut se méfier des gens qui viennent d’ailleurs, sous le vocable de Dawa et qui finissent par s’installer dans nos mosquées en prêchant Dieu seul sait quoi. Ces individus ne sont que des éclaireurs des terroristes et des jihadistes. Ils viennent souvent tâter le terrain pour voir ce qu’ils peuvent faire… « , déclare-t-il.

Il a expliqué que ce qui s’est passé à Misséni est le fait d’assaillants venus d’un pays voisin pour commettre leur attaque. Mais avant, on observait un certain nombre d’ingrédients du fanatisme religieux : la floraison de mosquées avec les adeptes de la secte Dawa, des écoles coraniques et une multiplication de prêcheurs non seulement à Misséni mais ailleurs aussi au Mali. « Nous devons nous demander si nous n’avons pas été défaillants en vigilance par rapport à ces individus dont les propos sont proches des croyances des jihadistes » relève-t-il.

Auparavant, l’honorable Souleymane Ouattara a salué toutes les populations éplorées par ces événements tragiques.  » Nous les appelons à garder leur calme. Ce qui nous arrive est peut-être de notre faute… Les autorités ont déjà pris à bras le corps la question sécuritaire « , a-t-il souligné. Le ministre de la Sécurité, le Général Sada Samaké, l’a personnellement rassuré que la situation est sous contrôle et toutes les dispositions  prises pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus.

Il a conclu en déclarant que ce n’est pas pour des raisons de pauvreté que les populations doivent se fier à tous ceux qui se disent des envoyés de Dieu alors que ce sont des promoteurs cachés de principes obscurantistes.

Attaque de Misseni : Le chef des opérations identifié et traqué

Diakaridia YOSSI – Envoyé spécial – L’Indépendant du 15 juin 2015

Une semaine après l’attaque perpétrée contre les positions des forces de défense et de sécurité dans la Commune rurale de Misseni, Cercle de Kadiolo, région de Sikasso, les langues commencent à se délier.

Le chef du raid meurtrier s’appelerait Abdramane Sanogo, natif de la zone frontalière ivoiro-malienne et connu des forces de sécurité de la localité.

Plusieurs sources nous rapportent qu’il en voulait personnellement à l’adjudant de gendarmerie, Basiaka Koné, qu’il aurait lui-même abattu avant d’emporter sa moto Sanily à bord de son véhicule 4X4.

Si les forces de défense et de sécurité, comme d’habitude, se refusent à tout commentaire sur l’attaque mortelle de Misseni, les populations, quant à elles, ont commencé à parler. C’est ainsi qu’il nous est revenu que l’attaque a été perpétrée par deux groupes dirigés par un certain Abdramane Sanogo, parlant le dioula de la frontière ivoiro-malienne.

Il serait arrivé avec deux groupes. Le premier, composé d’une dizaine d’éléments transportés par cinq motos et le second, lui-même y compris, serait venu à bord d’un véhicule Pick Up.

Une source locale précise : « Je suis convaincu qu’il s’agit d’un règlement de compte car, lors de l’attaque, il y avait trois gendarmes mais c’est l’adjudant Koné que le raid a particulièrement visé et abattu. Pour preuve, le numéro de téléphone de Abdramane Sanogo, le bourreau, aurait été trouvé dans le téléphone de la victime, le gendarme Basiaka Koné. Ce n’est pas tout, beaucoup de gendarmes ont le numéro de téléphone d’Abdramane Sanogo ».

Une autre source d’affirmer : « On ne sait pas si Abdramane Sanogo et ses éléménts sont des jihadistes ou des bandits ordinaires. Toutefois, ils opéraient dans la zone minière à la frontière entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Les autorités ivoiriennes ayant ordonné la fermeture de tous les sites d’orpaillage qui alimentaient toutes sortes de commerces et de trafics dont vivaient tous les bandits de la zone, ceux-ci n’ont eu d’autre choix que de se replier dans la partie malienne pour continuer leur sale besogne« .

Dans nos précédentes parutions, nous révélions la peur panique qui règne désormais dans la zone de Kadiolo. C’est pour rassurer les paisibles populations que le Chef d’état -major général adjoint des armées du Mali, le Général Didier Dakouo et ses hommes ont effectué une tournée dans la zone, il y a quelques jours avec comme principal objectif de prévenir un grand mouvement de fuite des populations vers la Côte d’Ivoire ou vers d’autres contrées maliennes.

Pour ne rien arranger dans cette situation, dans la nuit de samedi à dimanche, une éventuelle attaque du même groupe a été signalée dans le village de Kadiéna, Cercle de Kolondiéba. La psychose venait de se généraliser. Renseignement pris, il s’agirait plutôt de tirs d’entrainement des forces de défense et de sécurité dépêchés pour la sécurisation de la zone.

Une source sécuritaire de Sikasso nous a tout de même révélé que l’auteur du raid meurtrier, Abdramane Sanogo et ses hommes sont traqués depuis une semaine. Les forces de défense et de sécurité ivoiriennes en état d’alerte maximum, les assaillants n’ont plus d’issue. C’est ainsi qu’ils cherchent, coûte que coûte,  à sauver leur peau entre les Cercles de Kadiolo et Kolondiéba.

Les forces de défense et de sécurité du Mali doivent faire de la neutralisation de ce groupe de bandits une question d’honneur pour que leur camarade d’arme, l’adjudant de gendarmerie Basiaka Koné, puisse reposer en paix. En plus, tant que les armes et munitions emportées par ces assaillants ne sont pas récupérées, toutes les forces de défense et de sécurité constitueront des cibles potentielles pour ces individus sans foi ni loi.

Les terroristes de Misséni identifiés: Une opération dirigée par Moussa Sanogo alias Abou Khalid, chef de la Katiba de Sikasso…

B.S. Diarra – La Sentinelle – 15 juin 2015

C’est bien un enfant du terroir qui a perpétré le coup à Misséni le 10 juin dernier. Il a été clairement identifié. Et contrairement à la croyance populaire, le groupe n’est pas venu du nord.

Les premiers résultats des enquêtes sont déjà disponibles. Le groupe terroriste à l’origine de l’attaque de Misséni (cercle de Kadiolo, région de Sikasso), n’a nullement traversé les sables, ergs et regs du nord pour se retrouver en plein sud, dans le KENEDOUGOU, la région verte.

Ce sont les enfants du territoire qui ont perpétré le coup.

Il nous revient en effet que le groupe était dirigé par un nommé Moussa Sanogo (un patronyme propre à la région). Son nom de guerre est Abou Khalid et il est le chef de la Katiba de Sikasso, affiliée à Ançardine d’Iyad Aghali, lequel, rappelons-le, a fait allégeance à AQMI.

Une katiba s’apparente à une unité composée d’au moins 30  combattants puissamment armés, se déplaçant rapidement et  discrètement et procédant à des attaques surprises pour disparaître ensuite comme ils sont arrivés. Ils évitent l’affrontement direct avec une force régulièrement constituées et ne cherchent pas à occuper un territoire, mais plutôt, à y signaler leur présence de manière spectaculaire et en terrain connu.

C’est justement ce détail qui a permis aux enquêteurs de trouver la marque de Moussa Sanogo. Lors de l’attaque en effet, les assaillants ont laissé la nette impression  qu’ils connaissaient parfaitement tous les coins et recoins de cette localité et environs. C’est sans hésitation qu’ils se sont dirigés sur leurs cibles pour ensuite s’évaporer dans la nature en direction de la Côte d’Ivoire voisine.

Aussi, Abou Khalid (de son vrai nom Moussa Sanogo) est bien connu pour son radicalisme. Le groupe (Katiba) qu’il dirige faisait par conséquent, objet d’une surveillance, peut-être trop timide. A l’heure actuelle, l’on pense qu’il se trouve à l’autre côté de la frontière, en territoire ivoirien.

Signalons que des éléments de la Garde Nationale ont été déployés pour sécuriser toute la zone et retrouver les auteurs.

 

Attaque de Misséni : un député de Kadiolo (Souleymane Ouattara) se plante en s’attaquant à la secte Dawa

A.Diakité  – Malijet – 15 juin 2015

Après l’attaque de Misséni le 10 juin dernier, les langues commencent à se délier. Et puisque les auteurs ne sont pas encore arrêtés pour connaitre leur vraie identité, cela laisse la porte grandement ouverte à tous les commentaires, suspicions et fausses accusations.

Alors que certains parlent de bandits armés qui opèrent dans la contrée entre la Côte d’Ivoire et le Mali en faisant régner leur loi sur les orpailleurs surtout, d’autres parlent d’Ançar Eddine d’Iyad Ag Ghaly eu égard au message qui a été retrouvé derrière les assaillants : «Batyon de Kalid, Anido, Bon walid, Ansardine au Sud du Mali ». D’autres encore parlent d’éléments de Boko Haram, venus de la Côte d’Ivoire voisine.

Mais un député de Kadiolo, le cercle d’où relève la Commune de Misseni, Souleymane Ouattara, n’a pas trouvé pire bouc émissaire que la secte Dawa. Dawa ? Ça  vous dit certainement quelque chose. C’est une pratique religieuse où on voit les adeptes séjourner dans les mosquées pour prêcher la parole de Dieu, la tolérance, la paix….. La secte religieuse n’est pas seulement au Mali, elle est maintenant mondiale avec une accentuation en Inde, Pakistan, Bangladesh.

L’honorable Ouattara s’est planté dans une interview qu’il a accordée à un journal de la place. « Les populations doivent être vigilantes vis-à-vis de certaines pratiques religieuses qui font l’apologie de l’intolérance et du fanatisme. Il faut se méfier des gens qui viennent d’ailleurs, sous le vocable de Dawa et qui finissent par s’installer dans nos mosquées en prêchant Dieu seul sait quoi. Ces individus ne sont que des éclaireurs des terroristes et des jihadistes. Ils viennent souvent tâter le terrain pour voir ce qu’ils peuvent faire…. ».

Des éclaireurs des terroristes et des jihadistes ? Allahou Akbar !! Que Dieu ait pitié de lui. La Dawa n’a rien à avoir avec ces allégations. Dans les mosquées (que l’honorable ne fréquente certainement pas pour savoir ce qui y est dit), les pratiquants de la Dawa prêchent la parole de Dieu, appellent les gens à l’effort de la religion pour renforcer la foi.

Ils vous demandent par exemple de sortir pendant 3 ou 40 jours voire même 4 mois au service de Dieu, comme l’ont fait le prophète (PSL) et ses disciples (les sahabas).

Pour la gouverne du député, c’est pour cet effort de la religion que les tombes de certains des disciples du prophète Mohamed (PSL) se trouvent en Afrique, au Maghreb. Au cours de cette sortie, on apprend à l’intéressé les vertus de l’islam, la sunna du prophète (PSL)……et rien d’autre.

Ces groupes de gens ne sont jamais agressifs dans ce qu’ils disent et font….a fortiori avoir une arme de guerre. S’ils ont une arme, c’est peut-être le couteau avec lequel ils font eux-mêmes leur cuisine. Il faut vraiment fréquenter ces gens pour savoir l’utilité qu’ils ont dans notre société. Des bandits de grands chemins qu’on croyait vraiment irrécupérables ont été ramenés dans les bonnes mœurs par les gens de la Dawa. De nombreuses personnes du quartier sollicitent les pratiquants de la Dawa pour soigner le comportement de leurs enfants. Toutes choses que l’honorable Ouattara ignore, lui qui préfère jeter la secte Dawa en pâture.

« Ce qui s’est passé à Misséni est le fait d’assaillants venus d’un pays voisin pour commettre leur attaque. Mais avant, on observait un certain nombre d’ingrédients du fanatisme religieux : la floraison de mosquées avec les adeptes de la secte Dawa, des écoles coraniques et une multiplication de prêcheurs non seulement à Misséni, mais ailleurs aussi au Mali. Nous devons nous demander si nous n’avons pas été défaillants en vigilance par rapport à ces individus dont les propos sont proches des croyances des jihadistes », persiste l’honorable Ouattara dans son amalgame.

Qu’est-ce que la secte Dawa, la floraison des mosquées, les écoles coraniques ont à voir une attaque dont l’identité des assaillants n’est pas encore connue ? Pourquoi le député voit rouge au premier soupçon contre la religion musulmane ? Trahison de foi ou mauvaise foi ?

En tout cas, la Dawa qu’on veut souiller n’a rien à voir avec tout çà. La Dawa est pratiquée au Mali depuis 1985 et depuis cette date jusqu’à maintenant, ses pratiquants n’ont rien posé d’acte négatif. Les pratiquants de la Dawa sont aussi en France, pays engagé dans la lutte contre le terrorisme au Mali. Des frères de chacun de nous pratiquent certainement la Dawa, ils vivent avec nous et n’ont jamais nourri de mauvaises intentions contre nous.

Certains diront qu’Iyad Ag Ghaly a fait la Dawa et fréquentait son grand QG à Banankabougou. Ceux-ci oublient que c’était depuis vers 2009 et qu’au même moment, Iyad était reçu au palais présidentiel puisqu’il était impliqué dans la libération de l’otage français, Pierre Camate. En 2009, pouvait-on savoir qu’en 2012, Iyad Ag Ghaly allait épouser cette aventure ?

 

Première attaque jihadiste dans le sud du Mali

Par RFIPublié le 11-06-2015 Modifié le 11-06-2015 à 07:47

Un gendarme tué, deux personnes blessées, des véhicules et motos brûlés, c’est le bilan de l’attaque qui s’est déroulée tôt dans la matinée du mercredi 10 juin contre une localité malienne du sud. Une attaque attribuée aux jihadistes qui ont hissé leur drapeau dans un camp militaire de la ville avant de disparaître.

C’est la première fois qu’une attaque attribuée aux jihadistes se déroule dans la région malienne de Sikasso, frontalière avec la Côte d’Ivoire et le Burkina-Faso. Misséni, le long de la localité malienne où s’est déroulée l’attaque, est même située à 20 km du premier village ivoirien.

Si les assaillants ne venaient probablement pas de la Côte d’Ivoire, ce pays peut aussi être une cible. Pour le député de cette région, Souleymane Ouattara (député de l’ADP Maliba, de la majorité présidentielle NDLR) il peut y avoir des cellules dormantes de djihadistes, ou bien ces jihadistes ont pu franchir la frontière en venant de Côte d’Ivoire.

«Comme c’est une zone qui fait frontière avec la Côte d’Ivoire, explique le député, si des jihadistes ont été repoussés du nord de la Côte d’Ivoire ils ne pourront trouver refuge que dans cette zone frontalière avec le Mali ».

Dans tout le Mali « on assiste à une floraison de mosquées, d’écoles coraniques… A certains endroits on peut trouver une jolie mosquée construite et à côté on ne trouvera même pas même pas de centre de santé, poursuit Souleymane Ouattara. Et des personnes étrangères qui viennent dans le cadre de ce qu’ils ont appelé la « dawa »… Ils logent carrément dans les mosquées, ils dorment, ils mangent, ils font tout. Tous cela concourt à créer des situations favorables pour des actes pareils. Moi j’ose appeler ceux-ci des complices, des cellules dormantes qui sont là, puisque nous avons chez nous aussi des personnes qui prêchent un islam radical ».

Une grande mobilité

Plusieurs centaines de kilomètres ont été visiblement parcourus par les jihadistes avant d’arriver à Misséni. Ils viennent probablement du nord du Mali en transitant par un pays voisin avant de revenir sur le territoire malien, ce qui suppose une grande marge de manœuvre sur le terrain et une grande mobilité.

Mais pourquoi attaquer cette localité ? Un expert explique que les jihadistes veulent montrer qu’ils peuvent mener des actions très loin de leur base traditionnelle.

Cependant un autre expert fait observer que le mode d’opération, une attaque surprise avant de disparaître, n’est pas une première au Mali. Et d’ajouter : « la guerre asymétrique continue mais on est loin de voir les jihadistes pouvoir contrôler des villes du Sud. »

Rébellion : Après le nord Ansar Dine attaque Misseni au sud du Mali

Youssouf Z KEITA – Lerepublicainmali – 11 juin 2015

Ansar Dine a attaqué dans la nuit du mardi au mercredi 10 juin, vers 3h du matin, le village de Misseni dans le cercle de Kadiolo, région de Sikasso. Bilan: un militaire tué, deux blessés (un gendarme et un policier) indiquent des sources militaires. L’attaque a aussi occasionné la fuite des populations vers la capitale régionale, Sikasso.

Comme  pour dire qu’aucune région du Mali n’est désormais à l’abri des menaces terroristes, des attaques Jihadistes, Sikasso, une des régions restée jusque là tranquille depuis l’éclatement de la rébellion au nord, n’est pas, elle aussi épargnée.

Ainsi, ce mercredi 10 juin 2015, tôt le matin, la région a été attaquée par des assaillants scandant « Allah Akbar » dans sa partie proche à la frontière ivoirienne.  Pour ce faire, les terroristes sont tombés sur le village de Misseni, une localité située dans le cercle de Kadiolo, mettant dans le deuil les paisibles populations du Kénédougou.

Selon un communiqué du ministère de la Défense on déplore la mort d’un militaire et deux blessés : un gendarme et un policier.  Quant aux dégâts matériels : un véhicule militaire a été brûlé et un autre saccagé par les assaillants avant de s’éclipser dans la nature.

A en croire la direction de l’Information et des Relations publiques de l’armée, les assaillants venus entre 3h et 4h à moto Jakarta et sanili s’en sont automatiquement pris aux postes militaires et de sécurité de Misseni au cri de « Allahou Akbar ».

Selon la DIRPA, les assaillants avaient un drapeau noir comportant des insignes de Ansar Dine [Ndlr : le groupe armé islamiste de Iyad Ag GHaly]. Selon la DIRPA, une mission d’investigation est déjà sur les lieux pour apporter plus de lumière sur l’identité des assaillants.

Cette attaque terroriste a été perpétrée contre trois postes des forces sécurités maliennes, à savoir : la police frontalière, un détachement milliaire stationné dans la localité depuis la crise ivoirienne et la gendarmerie.

Après les régions du nord et des localités du centre, ainsi que la capitale Bamako, la région de Sikasso a désormais droit de citer parmi les victimes des attaques Jihadistes.

Dans un communiqué, du département de la Défense « le ministre engage les FAMa dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux et invite les partenaires et la communauté internationale à leur apporter tout leur soutien ».

Première attaque jihadiste au Sud du Mali : Beaucoup de questions, peu de réponses

Par Adam Thiam – Lerepublicainmali –  11 juin 2015 

En frappant pour la première fois dans l’extrême Sud du pays, le terrorisme accroit les défis que le Mali chahuté par la crise du Nord et les récentes menaces du Centre doit relever pour assurer sa stabilité et la sécurité de ses citoyens.

Misseni, capitale de la commune à 50 km du chef-lieu de cercle Kadiolo et 150 km de Sikasso, capitale régionale, aurait passé une nuit tranquille comme les autres, si ce mercredi, à 2h du matin, les 40 000 habitants de la ville n’avaient pas été réveillés par des bruits de motos suivis rafales de Kalachnikov et du traditionnel cri d’assaut Allahou Akbar.

Les assaillants étaient « au plus une vingtaine » déclarent des sources villageoises, « une quarantaine » affirment d’autres. Cagoulés ? Enturbannés ? Peaux claires -allusion à la possibilité d’une attaque perpétrée par des Arabes, Touareg ou Peul- ? Assaillants de teint noir ? « Il faisait nuit et nous nous sommes terrés chez nous, donc très peu d’entre nous pourront décrire les assaillants » comme le reconnaît B.D. que nous avons interrogé mercredi soir.

Qui sont-ils et d’où viennent-ils ?

Au moins quatre ou cinq autres de nos informateurs abondaient dans son sens. Mais, « ceux que j’ai aperçus étaient de teint noir » affirme Y.T. qui dit avoir vu certains des assaillants au moment où ils quittaient Misseni vers 4 heures du matin. Seule certitude en tout cas et cela est confirmée par des sources sécuritaires et administratives : les présumés jihadistes ont laissé la signature. « Ansardine Sud ».

Bilan de leur attaque : ils ont occupé le petit camp militaire qui avait été installé à Misseni par l’opération Soutoura initiée à  la frontière malienne au plus fort de la crise ivoirienne pour sécuriser les populations maliennes. La résistance de la poignée de soldats de ce camp -une dizaine- aura été brève, « faute de munitions »  semble t-il. Les assaillants y brûleront deux voitures de l’armée avant de hisser le pavillon jihadiste sur le camp.

Auparavant, ils avaient saccagé le poste de gendarmerie local. L’assaut sur ce poste a fait un mort, l’adjudant chef Bassiaka Koné, ressortissant de Bamako et plusieurs blessés dont certaines sérieuses, de source hospitalière. En fin de matinée, où les renforts étaient venus de Sikasso, la situation à Misséni était calme.

Les hypothèses

L’attaque a ému, au-delà de Misséni la région de Sikasso. A Bamako, on s’interroge encore. Qui sont ces assaillants ? D’où viennent-ils ? Ils seraient venus de la Côte d’Ivoire et ont repris la direction de ce pays. Mais l’anthropologue et député malien, Brehima Beridogo appelle à la prudence. « Pour venir de Kolondiéba, localité voisine de Kadiolo au Mali, les gens traversent souvent le fleuve Bakoe par la Côte d’Ivoire ».

Histoire de dire que les assaillants peuvent bien être venus de l’intérieur du Mali du côté de Kolondieba où il y a une forêt classée ? En tout cas, précise l’anthropologue, dire comme on l’entend, que la zone de Misseni, est devenu un foyer fondamentaliste depuis quelques années est tout sauf correct. « D’ailleurs, cette zone est le sanctuaire des derniers rites animistes de nos temps ».

Cela calme un peu. Mais il est aussi un fait que l’islam surtout wahabite a fait une véritable percée dans la région de Sikasso a ces dernières décennies et que les sécuritaires regardent avec beaucoup d’angoisse l’implantation du hezbolla libanais en Côte d’Ivoire.

En juin 2013, le Crif en France s’en était ému en ces termes « S’appuyant sur l’importante communauté libanaise locale, embrigadée de gré ou de force, le Parti de Dieu a fait de l’Afrique occidentale l’une de ses principales sources de financement extérieur ». Le Sud de la Côte d’Ivoire et du Burkina, c’est  souvent relevé dans la presse et les milieux initiés, est un foyer d’activités du hezbollah libanais.

S’agissant de Misseni, la signature Ansardine Sud ne signifie t-elle pas simplement que Iyad Ag Ali, de son extrême Nord, a fait des petits dans l’extrême Sud malien ? Il serait trop tôt de l’affirmer mais aussi trop naïf de l’écarter.

Le brassage, on le sait, se fait à travers la Dawa, comme ce fut le cas avec Hamadoun Kouffa, le patron de la zone Mopti devenu le cauchemar de l’administration et des casernes. Le temps le dira. En tout cas, cette première attaque jihadiste dans la Région de Sikasso ajoute une note plus qu’inquiétante aux préoccupations sécuritaires du Mali.

Communiqué du ministère de la Défense suite à l’attaque terroriste à Misséni

Par Ministère de la Défense – 10 juin 2015

Le Ministre de la Défense et des anciens combattants informe l’opinion nationale et internationale que tôt ce matin du mercredi 10 juin 2015 les postes militaires et de sécurité de Misseni, cercle de Kadiolo, ont été attaqués à l’arme automatique par des hommes armés non encore identifiés.

Les assaillants sont arrivés sur motos pour attaquer d’une façon simultanée les dits postes au cri de « Allahou Akbar ». Un drapeau aux couleurs et aux insignes d’Ansar Eddine a été retrouvé sur les traces.

L’on déplore la mort d’un militaire malien et la blessure de deux autres ; les blessés ont été évacués sur Sikasso pour y recevoir des soins. Des dégâts matériels ont été aussi enregistrés.

Le ministre présente ses condoléances à la famille du disparu et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Le ministre engage les FAMa dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux et invite les partenaires et la communauté internationale à leur apporter tout leur soutien.

Bamako le 10 juin 2015

Pour Le ministre/PO

Le secrétaire Général

Général de Division Mamadou Lamine Ballo

Commandeur de l’ordre national.

 Dernières nouvelles de l’attaque terroriste au Sud du Mali : après avoir tué un gendarme, les jihadistes ont quitté la ville de Misseni, des renforts sont arrivés de Sikasso

Abdoulaye Diakité – Malijet – 10 juin 2015

Selon les informations que Malijet tient du maire de Misseni, Nampaga Coulibaly, les jihadistes qui ont attaqué sa localité (à la frontière avec la Côté d’Ivoire dans le cercle de Kadiolo) tôt ce matin ont aussitôt quitté la ville après leur forfaiture. Ils seraient une quarantaine d’assaillants qui sont arrivés vers 2h du matin à motos. Ils ont attaqué deux postes sécuritaires à savoir le détachement de la gendarmerie et le poste de contrôle de la ville.

Selon notre source, l’attaque a fait au moins un mort et plusieurs blessés. C’est un gendarme qui a été surpris dans son sommeil.

Les assaillants après avoir mené leur funeste opération, sans rencontrer de résistance en fait, puisqu’il n’y avait pas assez de forces de sécurité sur les lieux, ont implanté leur drapeau noir à la place de celui du Mali.

Ils ont finalement quitté la ville vers l’aube. Des témoins les auraient aperçus dans le village de Kalè, toujours à la frontière avec la Côté d’Ivoire.

Misseni est un chef-lieu d’arrondissement situé à la frontière ivoirienne.

Mais qui sont ces jihadistes ? Pour le moment, c’est la question qui n’a pas de réponse, puisqu’ils n’ont pas été identifiés et l’attaque n’a pas été pour le moment revendiquée.

S’agit-il des jihadistes maliens qui sont au Nord du pays ? Ou seraient-ils des éléments de Boko Haram ? La réponse à suivre sur Malijet dans les heures à venir.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cette attaque intervient dans cette partie du Mali après que les autorités ivoiriennes aient déjoué une tentative d’attaque du groupe islamiste Boko Haram sur leur territoire, il y a deux semaines.

Terrorisme : Quand le mal se généralise à tout le Mali

Aliou Hasseye – © maliatu.net – 10 juin 2015

La région de Sikasso vient de subir sa première attaque djihadiste. Misséni, située dans ladite région, est la nouvelle localité non septentrionale ciblée par les obscurantistes.

Après leur règne d’une année dans le grand nord du Mali, les incursions régulières à Mopti et Ségou, et les attentats à Bamako, les terroristes s’en prennent pour la première fois à la région de Sikasso.

L’attaque de la trentaine de terroristes de ce mercredi a visé non seulement un camp militaire, dont ils auraient un temps pris le contrôle et érigé leur drapeau noir, mais aussi des postes de police et de gendarmerie. Un gendarme a laissé la vie dans cet assaut qui a tout d’une opération minutieusement organisée.

Avec ces attaques de plus en plus récurrentes dans le centre et le sud du pays, les groupes djihadistes sont en train de prouver leur capacité de nuisance au-delà des sanctuaires traditionnels qu’on leur connait.

Comment faire face au terrorisme généralisé ?

Le Mali, dans son état actuel, n’a pas les moyens de sécuriser l’ensemble de son territoire. L’armée malienne, dont les capacités ne lui permettant même pas de s’acquitter convenablement de sa mission régalienne dans  le nord, n’est évidemment pas préparée à assumer toutes ses responsabilités si l’insécurité que connait le septentrion devait se généraliser.

Pourtant, au rythme auquel vont les évènements, elle semble condamnée à faire face à davantage de menaces.

Si jamais personne n’a cru le Mali incapable de mater un million de fois la rébellion si elle devait ressurgir autant de nombre de fois, tout le monde s’accorde à dire que le pays est démuni contre la nouvelle menace mondiale que constitue le terrorisme.

Les autorités maliennes, déjà soutenues par de nombreux partenaires extérieurs, auront besoin accroître cet appui international si davantage le chaos et la terreur devait s’exporter au sud du pays. Or, sur ce plan, l’aide multiforme mais surtout militaire de la communauté internationale a peu de chance d’évoluer.

Avec une opération française étalée sur 5 pays, son effectif dérisoire, et une mission onusienne (MINUSMA) militairement inexistante, le Mali se retrouve bien obligé à assumer seul la sécurisation de son sud.

Seul…avec l’aide de ses voisins

Car il est de sa responsabilité de protéger et de défendre le pays contre toute agression, l’armée malienne, à défaut d’avoir à court terme les moyens de sa politique, doit, dans un premier temps, briller tout en adoptant la politique de ses moyens. Sa restructuration, en cours selon les autorités, doit être mise en œuvre en suivant la marche du train.

Beaucoup de promesses du gouvernement à ce propos. Mais, quoi qu’il en soit, pour la menace spécifique qu’est le terrorisme, le Mali devra agir de concert avec ses voisins.

L’implication des pays voisins est cruciale pour une lutte efficace contre le terrorisme. Une coordination de la lutte aux frontières et l’échange des renseignements s’imposent à nos Etats pour endiguer la menace terroriste.

Car les faits ont avéré que les attaques sont souvent préparées dans un pays pour être perpétrées dans un autre, la France a compris que son opération anti-terroriste au Mali devait s’étendre à tout le Sahel pour qu’elle soit couronnée de succès.

L’attaque de ce mercredi dans la région de Sikasso n’échappe pas à cette règle. En effet, le Burkina ou la Côte d’Ivoire a surement servi de base arrière aux assaillants pour mener l’offensive.

« La lutte contre le crime organisé dépasse le cadre d’un seul Etat » reconnaissait récemment le premier ministre, Modibo Keita.

« Pour combattre la criminalité transnationale, le Gouvernement travaillera inlassablement à l’avènement d’une véritable convention sahélienne sur la question » a-t-il déclaré lundi lors de la présentation de sa Déclaration de Politique Générale (DPG) devant les députés.

La sécurité est la première des trois priorités qu’il a dégagées pour son action à la tête du gouvernement.

Pour ce secteur, il entend rendre opérationnel son programme à travers notamment deux mesures fortes qui seront mises en œuvre en deux temps : « la couverture sécuritaire adéquate et appropriée du territoire dans un premier temps et l’ajustement du maillage dans un second temps, à travers la création d’unités de Sécurité et de Défense ainsi que le recrutement d’éléments nouveaux ».

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