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Les députés approuvent la DPG du Premier ministre

by sur 15 juin 2015

Les députés maliens ont approuvé la déclaration de politique générale du premier ministre Modibo Keïta.

Ce dernier a néanmoins essuyé quelques vives critiques de la part de députés de l’opposition, auxquels il a répondu.

Grand oral du Premier ministre à l’Assemblée nationale : Modibo Kéita convainc les députés à l’Assemblée nationale

Youssouf Diallo –  22 Septembre – 15 juin 2015

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Modibo Kéita, Premier Ministre

Quarante huit heures après sa lecture, le Premier ministre, Modibo Kéita, a défendu sa Déclaration de politique générale devant les députés, le vendredi dernier, à l’Assemblée nationale. Pendant 6 heures de débat, le Premier ministre a tenu bon face aux virulentes critiques de l’opposition. Mais il a dû compter sur la large majorité dont il dispose à Place de la République.

En effet, cette Déclaration de politique générale a été votée par 116 députés de la solide majorité parlementaire constituée par le RPM, l’APM et l’ADEMA-ASMA. L’opposition qui était dans son rôle après, l’avoir critiqué, a rejeté le document.

Cette DPG était bâtie autour de trois axes, à savoir: assurer la sécurité des personnes et la protection de leurs biens dans un environnement de paix, améliorer les conditions de vie et d’existence des populations et promouvoir la justice et l’équité. Dans les débats, les préoccupations ont touché à l’ensemble des problèmes auxquels notre pays est confronté présentement. Des besoins de sécurité à la justice en passant par la sécurité alimentaire, la santé des populations, l’école, et l’agriculture, notamment l’affaire dite de «l’engrais frelaté» découverte de la part de certains opérateurs  économiques pour la campagne agricole 2015.

En réponse à ces interrogations, le Premier ministre a soutenu que l’ensemble des questions soulevées par des élus de la nation avaient un dénominateur commun. S’agissant de la bonne distribution de la santé, Modibo Kéita a affirmé que l’ambition du Gouvernement est de porter la part de la santé dans le budget national de 12 à 15%, à l’image de l’agriculture. Il a aussi soutenu que d’ici à 2018, les centres de référence de la santé de Bougouni, Kita, Koutiala, San et Nioro seront érigés en centres hospitaliers. Dans la même optique, il a annoncé que les hôpitaux de Sikasso, Mopti seront transformés en Centres hospitaliers universitaires.

Aussi, dans le même registre, il a pris l’engagement de rendre l’hôpital régional de Kayes digne de ses populations. Sur le relèvement du niveau des salaires, le Premier ministre a fait savoir que la réflexion est en cours pour améliorer les conditions de vie des travailleurs. S’agissant de l’intégration des contractuels  de l’Etat dans la Fonction publique d’Etat, le Premier ministre soulevé un problème à ce niveau. Il s’agit des cadres de la catégorie A qui signent des contrats d’agent d’appui, c’est-à-dire ils acceptent de passer des contrats dans les catégories inférieures. «Et après leur intégration dans la fonction, ils viennent revendiquer leur reclassement dans la catégorie A», a-t-il déclaré. Avant de réaffirmer sa volonté de procéder à cette intégration en se fondant sur l’application des dispositions législatives et règlementaires en la matière.

Concernant l’école malienne, Modibo Kéita s’est montré très abattu sur la situation de Kidal. «Aucun cadre conscient ne peut être tranquille sachant depuis trois ans, il n’y a pas d’école à Kidal. Pas de services sociaux de base. Rien», a-t-il regretté. C’est pourquoi, il compte tout mettre en œuvre, le plus tôt possible, avec la signature de paix et de réconciliation, pour que les enfants de la 8e région puissent reprendre le chemin de l’école.

Sur le volet agricole des préoccupations des élus de la nation, le Premier ministre s’est montré intraitable par rapport à l’application de la volonté présidentielle d’accorder 15% du budget  national à l’agriculture. Mieux, sur le dossier de l’engrais présumé frelaté, il a donné l’assurance qu’il n’y aura pas d’impunité dans cette affaire. Il a informé les députés que les enquêtes sont en cours pour voir clair dans cette sulfureuse affaire qui secoue le monde rural, depuis Bamako jusque dans les champs.

En cette veille du mois de carême, les oreilles des populations étaient tendues pour entendre de bonnes annonces. Il a rassuré que les marchés sont correctement approvisionnés en produits de première nécessité, sucre, lait et céréales. Et selon lui, les prix sont inférieurs par rapport à ceux de l’année dernière. Pour preuve, il existe 50 000 tonnes de riz en stock couvrant deux mois, 200 000 tonne de sucre pour 6 mois de consommation et 25 000 tonnes d’huile pouvant servir 3 mois de consommation.

Avec toutes ces assurances données par le Premier ministre, les députés ne pouvaient, en majorité, qu’accorder leur confiance à la Déclaration de politique générale de Modibo Kéita. Il reste maintenant à traduire ces intentions en actes concrets pour le bonheur des populations maliennes.

 

Le Premier ministre Modibo Kéita face aux députés : l’opposition ‘’cravache’’, la majorité caresse

Abou Berthé – Malijet – 14 juin 2015

L’opposition et les députés non-inscrits  en l’occurrence  les élus du parti Sadi ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour évoquer les vrais problèmes du Mali.

Des problèmes qui ne sont pas suffisamment pris en compte dans la DPG du Premier ministre, Modibo Kéita.

Quant aux députés de la majorité, ils se sont contentés de caresser le PM dans le sens du poil en indiquant que sa DPG ne souffre d’aucune équivoque.

Problème de la justice malienne qui n’est pas «juste», le chômage endémique des jeunes, la spéculation sur les aires réservées aux infrastructures sportives, la crise des passeports et cartes d’identité, l’autosuffisance alimentaire qui  est loin d’être une réalité au Mali sont, entre autres, des problèmes évoqués par l’honorable Oumar Mariko.

L’opposition a dépoussiéré le dossier «Boeing IBK» qui s’est invité dans les débats. Pour l’opposition le vrai prix du Boeing présidentiel n’est pas encore connu des Maliens. Tantôt c’est 17 milliards FCFA, tantôt c’est 20 milliards FCFA, tantôt on ne sait quoi encore. Les surfacturations ont le vent en poupe et semblent  être savamment orchestrés par les gouvernants du pays, selon l’opposition.

L’indépendance de la justice demeure un vain mot. L’opposition a demandé au gouvernement avec insistance d’abandonner le prestige et faire face à l’équipement des forces armées et de sécurité afin qu’elles relèvent le défi sécuritaire auquel le pays entier fait face.

Pour le bouillant député Alkeïdy Touré, il est scandaleux de voir nommer à Koulouba des cadres soupçonnés de corruption. L’opposition parlementaire n’a pas non plus passé sous le silence le népotisme qui a pris du galon. Elle a dénoncé avec véhémence le recrutement injustifié  de 300 membres du parti présidentiel à l’EDM-SA et le recrutement à la Canam qui s’est déroulé dans l’injustice. S’y ajoute le recrutement en cours  à l’INPS qui est en passe de connaitre le même sort.

Avec une telle injustice, nul ne doit s’étonner de voir les jeunes Maliens se noyer par centaine dans la Méditerranée à la recherche du bien-être. Cette situation fait dire à l’opposition parlementaire que le Mali est à terre.

La majorité présidentielle a riposté en indiquant que l’opposition est à court d’idées pour la seule raison qu’elle n’a pas épuisé son temps de parole. La DPG pour le camp majoritaire, est d’une clarté évidente.

Après 8 heures de débats houleux, le PM a réussi, avec brio, son «examen». Sa DPG a été adopté par la majorité des députés présents. 116 voix pour et Zéro abstention. Seule  l’opposition parlementaire a voté contre avec 21 voix.

Rappelons que les débats autour de la DPG ont été émaillés de quelques minutes de cirque sur l’éternelle question des interprètes ou l’interprétation des langues non officielles à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une question tranchée par le règlement intérieur de l’Assemblée mais elle continue à troubler les débats au cours des plénières.

La journée des deux Modibo Keita

Adam Thiam – Le Républicain du 12 Juin 2015

Hier 11 juin le Mali faisait face à deux Modibo Keita, l’un au Cicb. l’autre au Parlement. Tous deux pédagogues, tous deux d’une prestance certaine. Celui du Cicb fut un pionnier de l’indépendance et l’architecte majeur de la nation malienne. Premier président de la République du Mali, il ne gouverna que huit ans. Le 19 novembre 1968 en effet, de jeunes officiers amenés par Moussa Traoré alors lieutenant le renverse. L’intelligentsia s’émeut contre le putsch. En tout cas, l’intelligentsia progressiste – celle qui en général dit préférer « dignité dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage » sans être pauvre elle-même. Dans le même temps, les foules hystériques saluent l’action des militaires. Comme quoi, l’Histoire dépend de qui la raconte. Du président Modibo Keita, il est retenu cependant son patriotisme sourcilleux, son intégrité irréprochable, son panafricanisme éprouvé et sa passion de bâtir : plusieurs dizaines d’unités industrielles, Air-Mali allant fièrement partout, la voix du Mali dans les grandes tribunes du monde. Le Modibo Keita du Parlement, troisième Premier ministre d’un autre président Kéita -Ibrahim Boubacar de son prénom- défendait sa Déclaration de politique générale. Un rituel démocratique qui a pris, cette fois-ci, l’importance et la délicatesse de la situation globale du pays, entre velléités de relance et crise sécuritaire tenace. De ce Modibo Keita aussi, l’intégrité est reconnue. Il est le quinzième Premier ministre de notre ère démocratique qui a vingt quatre ans et qui émane d’une insurrection populaire terminée par un putsch contre le tombeur du Président Modibo Kéita.

Depuis il y aura eu deux transitions, cinq élections présidentielles et cinq élections législatives. Le pays en 1991 s’était révolté pour la démocratie et le bien-être. Plus exactement pour la démocratie en tant que raccourci pour un bien être général qui tarde. Vingt-quatre ans plus tard, le Premier ministre admet devant les députés que la corruption gangrène le pays. Il va jusqu’à de craindre que des tracteurs nouvellement acquis et destinés au paysannat ne soient détournés par la bureaucratie. Il y eut pour être impartial des routes, des écoles, des centres de santé à un niveau sans précédent sous le Mali démocratique. Mais grandes sont la corruption et la perception par la population que la politique c’est pour se servir et traire mamelles d’un pays pauvre à la démographie galopante et aux horizons peu dégagés. Un député a salué en le nouveau Premier ministre un oiseau de bon augure (sic) en raison de la pluie qui a arrosé Bamako le jour de la Dpg. Puisse Dieu l’entendre !

Le pays en ce moment a tant besoin de baraka !

Les députés valident le programme du Premier ministre Modibo Keïta

Source: AFP – 12 juin 2015

Les députés maliens ont adopté vendredi à une large majorité le programme de gouvernement de Modibo Keïta, Premier ministre depuis cinq mois, qui a appelé à la cohésion nationale pour sortir le Mali de la crise, rapporte l’AFP.

Modibo Keïta a demandé « l’implication de tous et à tous les niveaux » pour sortir le pays de la crise. Son programme a fait l’objet jeudi, jusqu’à tard le soir, de débats contradictoires avant d’être soumis au vote. Parmi les députés présents ou ayant donné une procuration, 116 ont voté pour, et l’opposition (16 députés) a voté contre.

L’Assemblée nationale malienne compte 146 élus au total, avec une majorité absolue pour le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé IBK, le Rassemblement pour le Mali (RPM) et ses alliés.

Soumaïla Cissé, chef de l’Union pour la République et la démocratie (URD, opposition) – battu au second tour de l’élection présidentielle de 2013 par IBK -, s’est déclaré « sceptique » face à la déclaration de Modibo Keïta, estimant qu’elle contenait des « imprécisions ».

« Le Premier ministre ne s’engage pas vraiment », sa déclaration de politique générale « ne comprend aucune obligation de résultats », a affirmé M. Cissé, qui a par ailleurs été nommé jeudi chef de file de l’opposition politique par le président malien.

Modibo Keïta est le troisième Premier ministre d’IBK, après Oumar Tatam Ly (septembre 2013-mars 2014) et Moussa Mara (avril 2014-janvier 2015).

D’avril 2014 jusqu’à sa nomination, le 8 janvier, il a été « haut représentant » du chef de l’Etat pour les pourparlers de paix à Alger entre le gouvernement et les groupes armés du nord du pays, qui ont abouti à un accord de paix signé le 15 mai à Bamako par le camp gouvernemental et la médiation internationale.

Cet accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, tombé à la fin du premier trimestre 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda.

Les djihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette vaste région par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013. Mais des zones échappent encore au contrôle de l’Etat malien comme des forces étrangères.

 

Modibo Keita: « L’Etat ne fait pas des dépenses de prestige, mais des dépenses utiles… »

A.Diama – Tjikan – 12 Juin 2015 

C’est du moins une déclaration faite hier devant les députés par le Premier ministre Modibo Keita en réponse à l’opposition qui estime que le gouvernement est en train de faire des dépenses de prestige pendant que les forces armées et de sécurité sont en manque criard d’équipements pour assurer leur mission régalienne de sécurisation des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire.

Lors de cette séance, les débats ont surtout porté sur l’insécurité, l’amélioration des conditions de vie des populations, la justice, les infrastructures de base, les logements sociaux, l’accord d’Alger…..

Dans leurs interventions, les députés de la majorité présidentielle ont salué cette  DPG. Même si certains ne se sont pas privés de poser des questions de compréhension  sur des aspects de ce document.

Le député Youssouf Aya, élu de l’Adema a évoqué le problème d’insécurité aux frontières entre le Mali, la Mauritanie et la Guinée-Conakry. Et de poser des questions sur les mesures que le gouvernement entend mettre en œuvre pour mettre fin à cette situation. Mais aussi, la suite réservée au projet routier de l’axe Wo-Bankass-frontière Burkina-Faso.

L’honorable Idrissa Sankaré a surtout évoqué le problème d’insécurité qui sévit au nord et partout au Mali. Avant de demander au gouvernement de prendre des mesures idoines pour juguler ce phénomène qui va crescendo.  En plus de lui, le député Yaya Sangaré a demandé un certain nombre de précisions sur la mise en œuvre de certaines mesures citées dans la DPG dont la révision constitutionnelle.

Le député Nanko Mariko du parti SADI estime que cette DPG n’a pas pris en compte les enjeux de la situation. Car, « pour l’avenir du pays, elle devrait avoir une orientation  claire  et précise sur les enjeux socio-économiques. Et de dénoncer  l’impunité institutionnalisée  et la corruption…. S’y ajoutent le sabotage organisé  de l’Etat, la spéculation foncière, le bradage de l’économie nationale, la destruction  du système éducatif, la cherté de la vie, l’insécurité galopante, les difficultés d’accès à la santé et à l’éducation. Autant de questions auxquelles le député a demandé des réponses de la part du gouvernement.

Oumar Mariko  ajoutera  qu’il ya trop d’injustice posée par l’Etat contre les citoyens. Notamment à travers la privatisation des entreprises d’Etat (Huicoma, Socima..).

L’opposition revient à la charge

Les députés de l’opposition ont rejeté cette DPG en bloc en évoquant les mêmes questions qu’elle avait évoquées lors de la DPG de l’ancien PM Moussa Mara.

D’abord, Brehima Beridogo a attiré l’attention du gouvernement sur l’attaque meurtrière de Misseni loin du nord du pays. Avant d’inviter le gouvernement à renoncer aux dépenses de luxe pour équiper les forces armées et de sécurité. A l’en croire, au moment où une maison des hôtes est en train d’être construite à Bamako, les gendarmes étaient à court de munitions à Misseni.

Amadou Maïga ajoutera que cette DPG ne prend pas en compte suffisamment les besoins des populations.

Le député Alkeidy Touré quant à lui a évoqué la détérioration de la situation sécuritaire depuis la visite, qu’il juge inopinée de Moussa Mara à Kidal. Et de revenir sur l’achat de l’avion présidentiel qui, selon lui, a été acheté à 17 milliards FCFA pour certains, à 18,19 ou 20 milliards pour d’autres.

Selon lui, le Premier ministre parle de reforme de la justice de l’administration pénitentiaire alors que la justice est vendue au plus offrant. Et d’ajouter qu’il parle de construction de nouvelles prisons alors que le terrorisme Wadoussène  s’est évadé parce que les gardes pénitentiaires n’avaient pas de moyens. Avant d’être libéré sans procès par le président IBK lorsqu’il a été arrêté par les forces de sécurité.

Le député  a aussi évoqué les récents recrutements qui ne se sont pas déroulés dans les règles de l’art à l’INPS, l’EDM et à la CANAM.

L’honorable Bakary Woyo expliquera qu’aucun accord signé ave les groupes rebelles n’a été présenté en plénière devant les députés par le gouvernement.

Le Premier ministre précis et concis

Le Premier ministre Modibo Keita pour sa part que les questions des députés visent à pousser le gouvernement à mieux faire dans l’amélioration des conditions de vie de populations. Avant d’inviter les honorables à faire le distinguo entre le programme d’activités d’un gouvernement (qui nécessite des milliers de pages) et une DPG (qui détermine les axes fondamentaux).

Selon lui, si la sécurité n’est pas au rendez-vous, les bonnes intentions  se perdent dans les dunes de sable. Et d’indiquer que l’attaque de Misseni est une alerte. C’est pourquoi il a immédiatement ordonné aux ministres concernés de réajuster le système de défense à la nouvelle situation.

Le Premier ministre a annoncé son ambition de faire passer la part du budget de la santé de 12% à 15%. Et d’annoncer la construction prochaine de l’hôpital de Kayes et son érection en CHU.

Le PM a aussi évoqué le relèvement du niveau de l’ITS et des allocations des fonctionnaires.  Et de promettre la moralisation des recrutements à la fonction publique qui se fondent sur l’égalité des citoyens.

Par ailleurs, il a évoqué la justice comme étant un facteur de stabilité et privilégié la prévention à la répression. « La justice fera son travail et le gouvernement se pliera à ses injonctions » affirme le PM.

Le PM a aussi évoqué la mise en œuvre de la justice transitionnelle qui permet l’égal accès des populations à la justice, à la réparation des préjudices subis en fonction des us et coutumes.

Il a aussi annoncé des mesures pour endiguer le phénomène de l’immigration chez les jeunes en les retenant au pays. Sur ce plan, il affirme qu’il faut détecter et détruire les réseaux qui pêchent les enfants pour les mener à une aventure qui est fatal. « Certes la migration est un phénomène culturel, mais nous allons créer des conditions pour permettre à ces jeunes de rester au pays » clame Modibo Kéita.

Modibo Keita a aussi précisé que les logements sociaux n’ont pas perdu leur sens social car les terrains sont cédés gratuitement, la viabilisation subventionnée par l’Etat. Et que c’est seulement les frais de construction qui sont remboursés par les bénéficiaires en 25 ans.

Et de préciser que le gouvernement ne fait pas de dépenses de prestige, mais des dépenses utiles pour répondre à l’opposition qui a estimé que l’Etat est en train de faire des dépenses de prestige en construisant à coût de milliards une maison des hôtes pendant que l’armée est en manque d’équipements.

Le PM a laissé entendre qu’aucun élément du document signé il ya quelques jours à Alger ne jure avec l’accord signé le 15 mai dernier à Bamako. Et de préciser que les relations entre le gouvernement et les institutions de bretton woods sont au beau fixe.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Assemblée nationale, composée en majorité par des députés de la majorité présidentielle, a adopté la DPG. Une adoption qui fait suite à des débats très houleux.  C’était prévisible : les députés de l’opposition ont rejeté en bloc  cette  DPG.

Déclaration de politique générale : ambitieux mais possible ?

Par Modibo FOFANA – 11/06/2015

Le Premier ministre Modibo Keita a présenté, dans un style volontariste, sa Déclaration de politique générale devant le Parlement, conformément à l’article 78 de la Constitution

Ambitieuse, elle pose tout de même la question de la faisabilité dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et la rareté des ressources financières.

C’est dans un style sobre, mais non moins solennel, que Modibo Keïta a présenté lundi 8 juin sa Déclaration de politique générale (DPG) à l’Assemblée nationale, soit cinq mois après sa nomination au poste de Premier ministre. Au discours fleuve de son prédécesseur, il a préféré une déclaration calibrée autour de trois axes, dont la lecture monocorde et sans emphase a à peine dépassé l’heure et demie, devant un hémicycle clairsemé dans les rangs de la majorité, alors que ceux de l’opposition étaient remplis.

Très attendue, cette DPG intervient quelques semaines après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation le 15 mai, qui devrait être également signé par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) le 20 juin. C’est donc un discours fondateur qui était attendu, pour ouvrir une nouvelle étape du mandat du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

L’issue du vote prévu le 12 juin ne fait aucun doute, tant la majorité détenue par le Rassemblement pour le Mali (RPM) et ses alliés est large. Mais la question qui se pose à Modibo Keïta, 3ème Premier ministre de l’ère IBK, est celle de la faisabilité des chantiers et des grandes réformes annoncées, articulés autour de trois axes prioritaires : la sécurité des personnes et de leurs biens dans un environnement de paix, l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations, et la promotion de la justice et de l’équité.

Rendre l’Accord possible et renforcer la sécurité nationale

Sur la question sécuritaire, la création en 2014 du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité a été un premier acte. «Sont en ligne de mire, la couverture sécuritaire adéquate et appropriée du territoire dans un premier temps et l’ajustement du maillage dans un second temps, à travers la création d’unités de sécurité et de défense, ainsi que le recrutement d’éléments nouveaux ». Selon Modibo Keïta, une attention particulière sera donnée à l’application de la loi de programmation militaire. À cet effet, le Premier ministre a lancé un appel pour la constitution d’un fonds national de soutien aux forces armées, mais selon un membre de la Commission défense à l’Assemblée nationale, le budget alloué à l’armée nationale gagnerait à être augmenté de 65 milliards de Francs CFA pour faire face à l’enjeu.

Sur la question du Nord, Modibo Keïta a mis l’accent sur le paraphe de l’accord de paix intervenu à la suite du processus d’Alger, et qui se veut pour lui un nouvel élan : « chacun de vous, dans sa circonscription fait l’objet d’interpellations et de témoignages aussi poignants les uns que les autres sur les actes de banditisme, les menaces et atteintes graves à l’intégrité physique des personnes et à leurs biens, les conflits communautaires et identitaires. Cela, nous le déplorons et le gouvernement a la ferme détermination d’y mettre fin, avec le concours de tous », a résumé l’ancien Haut-représentant du Président de la République pour le dialogue inter malien, visiblement très lucide sur les difficultés de la mise en œuvre de cet accord. Néanmoins, l’annonce, il y a quelques jours, de la signature du document par la CMA le 20 juin, a contribué à crédibiliser ses propos.

Relance de l’économie

Abordant le deuxième axe prioritaire de sa politique, consacré à l’amélioration des conditions de vie, Modibo Keïta a longuement décrit (15 pages sur 28) une stratégie de croissance qui consistera à diversifier l’économie en recentrant le programme d’action gouvernemental sur « l’amélioration du cadre macro-économique, le relèvement du pouvoir d’achat des populations, le développement social, la politique de décentralisation et de la libre administration des collectivités, l’emploi des femmes et des jeunes, la protection sociale, le développement des infrastructures de transports, et le développement du secteur privé». Dans le contexte actuel, cet axe paraît prioritaire, tant les attentes de la population semblent grandes, au point que la déception s’exprime désormais ouvertement.

Concernant le secteur de la modernisation de l’agriculture, le PM a rappelé la volonté du Président de consacrer 15% du budget national à ce secteur : « les actions du gouvernement porteront sur l’intensification et la diversification agricole ainsi que sur l’organisation des marchés céréaliers pour un meilleur accès des populations à la nourriture et à une alimentation saine » a-t-il indiqué. Le foncier, autre sujet sensible, fait aussi partie des priorités : « en matière domaniale et foncière, le gouvernement veillera davantage à permettre un accès équitable et sécurisé des citoyens à la terre », a anticipé Modibo Keïta.

Comment financer ces chantiers ?

Le Premier ministre a de nouveau rappelé l’ambition de créer 200 000 emplois d’ici 2018, conformément à la promesse du Président IBK. Un chiffre qui laisse perplexe Amadou Thiam, 2ème vice-président de l’Assemblée nationale : « quels fonds et comment financer la création de ces emplois ? »

Il est vrai que l’aspect financement a été très peu détaillé par le Premier ministre, en particulier en ce qui concerne l’ambitieux programme d’infrastructures économiques sur l’ensemble du territoire, et dont il a rappelé les principaux. Il s’agit notamment de la route 2X2 voies Bamako-Ségou, en cours, de la route Goma Coura-Nampala-Léré-Niafunké-Goundam-Diré-Tombouctou, de la route Nationale N6 par San, du 4ème pont de Bamako, de l’aménagement de la route Bamako-Koulikoro et de la construction du pont de Kayes et ses voies d’accès. Pour Moussa Bah, universitaire, «ces projets ne sont pas nouveaux, nous savions déjà tout cela ». Il est vrai que de ce côté, rien de neuf sous le soleil.

La justice pour tous

Le troisième et dernier axe de la Déclaration de politique générale concerne la promotion de la justice et de l’équité. Ce qu’il faut retenir, c’est la volonté du gouvernement d’œuvrer en faveur d’une véritable réhabilitation de l’institution judiciaire, notamment à travers la formation des personnels de la justice, mais aussi à travers la construction de nouvelles maisons d’arrêts modernes et sécurisées dans plusieurs localités. « Pourquoi, la construction de maisons d’arrêts dans notre localité alors que nous avons plus besoin de services sociaux de base ?», s’interrogeait le député Amadou Aya.

De manière globale, de nombreux parlementaires ont estimé que la DPG était ambitieuse : « elle intègre beaucoup des aspirations du peuple malien, mais lors des débats, nous ferons des propositions pour l’améliorer. Car si nous parvenons à réaliser tous les projets décrits, c’est le développement du nord et du sud qui sera garanti», conclut Fomba Fatoumata Niambaly, députée élue de San.

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