Skip to content

Le bac, le jeûne et le ramadan

by sur 18 juin 2015

Coïncidence du calendrier : tous les musulmans démarrent le ramadan le même jour et c’est aussi le premier jour des épreuves du baccalauréat.

De l’importance du jeûne pour les musulmans.

Début du ramadan ce jeudi, en plein bac et avec des jeûnes les plus longs

Le Parisien – 18 Juin 2015, 09h03

Le ramadan, le mois sacré de l’islam, a commencé ce jeudi à l’aube en France, où il s’annonce particulièrement éprouvant pour les travailleurs… et les candidats au bac, avec les journées de jeûne les plus longues depuis une trentaine d’années.

Durant le 9e mois du calendrier lunaire hégirien, les musulmans sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, des premières lueurs de l’aube – dès que l’on peut «distinguer un fil blanc d’un fil noir», prescrit le Coran, soit bien avant le lever du soleil – jusqu’à son coucher.

Des jeûnes extrêmement longs

Autrement dit le jeûne sera de plus de 18 heures, dès 3h50 environ et jusqu’à presque 22 heures, dans les premiers jours de ce mois sacré qui rappelle celui durant lequel le Coran a été révélé au prophète Mahomet, selon la tradition. La première semaine du ramadan, cette année, sonnera aussi le début de l’été, avec les jours les plus longs et un risque de températures élevées.

Le jeûne du ramadan, quatrième pilier de l’islam, concerne tout musulman pubère. En France, où vit la première communauté musulmane d’Europe avec cinq millions de membres (pratiquants ou non), c’est d’ailleurs un rite culturel autant que cultuel massivement suivi, avec plus de 70%, voire 80% de jeûneurs, selon les études.

Tenir le coup pour les candidats au bac

Des dispenses appelant des compensations – par un jeûne différé – sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Mais théoriquement ni pour les travailleurs ni pour les candidats à des examens…

«Passer un examen n’est pas considéré comme une raison valable d’abandon du jeûne», selon Anouar Kbibech, prochain président du Conseil français du culte musulman (CFCM). «Il peut cependant y avoir des situations où la personne n’arrive pas à assumer le jeûne. A l’impossible nul n’est tenu», ajoute-t-il, comme en écho à un passage du Coran («Dieu veut pour vous la facilité et non la difficulté»).

Pour le musulman orthodoxe Fateh Kimouche, blogueur influent sous le nom d’Al Kanz, «le problème ce n’est pas le ramadan, c’est soi-même. C’est sûr que le jeûne est plus facile à supporter si on ne fait pas d’orgie le soir», lors du repas de l’iftar, glisse-t-il. «Beaucoup se sentent plus léger, se sentent mieux lors du ramadan», assure-t-il en vantant ses vertus d’«ascèse spirituelle» et de «thérapie corporelle».

Un ramadan commencé dans l’unité

Fait notable cette année, les fidèles de la deuxième religion de France entament ce mois sacré dans l’unité, puisque les partisans de l’observation lunaire – l’islam institutionnel algéro-marocain qui tient le CFCM, mais aussi les courants fondamentalistes salafistes – ont fait mardi dernier le même choix de date d’entrée dans le ramadan que les adeptes de la détermination à l’avance du calendrier par le calcul astronomique. Le ramadan s’achève par l’Aïd el-Fitr, la «fête de la rupture du jeûne», l’une des deux grandes fêtes de l’islam.

 Le jeûne, un pilier sacré pour les musulmans

Par MDD – 15/06/2015

Quatrième pilier de l’Islam, le jeune du mois de Ramadan est un moment unique dans la vie des croyants musulmans pour se rapprocher d’Allah, en se privant de boire et de manger de l’aube au soir…

Deux versets divins ont institué le jeûne comme une obligation pour le musulman. Ainsi revêt-il une grande valeur car c’est durant cette période que le Coran fut révélé : « Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran fut révélé pour servir de guide pour les gens, il [le Coran] comporte les preuves claires d’une bonne direction et c’est un discernement [entre le bien et le mal]. Aussi, quiconque aura aperçu la nouvelle lune [marquant le début du mois de ramadân] jeûnera !», décrète le verset 185 de la sourate Al-baqara [la vache].

Institué durant la seconde année de l’hégire, cet exercice hautement spirituel a lieu durant le mois de Ramadân, 9ème mois de l’année lunaire. Dieu le Très Haut a dit : « Ô vous qui croyez ! Il vous est prescrit de jeûner à l’instar de ceux qui vous ont précédés, ainsi atteindrez-vous la piété. » Al-baqara [la vache] 183.

Vertus du jeûne 

À l’approche du mois de Ramadan, dont le début est déterminé par la vision du croissant de lune, le croyant musulman entre dans une période de préparation spirituelle et peut effectuer des jeûnes les lundis et jeudis, ou jeûnes de purification, pour entamer le carême dans les meilleures dispositions.

Après le ramadan, le jeûne des six jours du mois de Chawal [mois qui vient après le Ramadân] équivaut à avoir jeûné toute l’année. Le jeûne du jour d’Arafa efface les péchés commis durant l’année précédente et celle en cours. Le jeûne des trois jours dits « les jours clairs » correspondent aux 13, 14 et 15 de chaque mois lunaire. Il faut préciser que le jeûne durant le mois de Chabâne ainsi que durant les mois sacrés : Dhou al-qîda, Dhou al-hidja, Muharam et Radjeb sont aussi recommandés. D’ailleurs, le roi David, souvent cité en exemple, jeûnait un jour sur deux. C’est le plus important et le plus magnifique des jeûnes, rapporte la tradition.

Actes surérogatoires

Si le jeûne concerne l’ensemble des musulmans, une communauté mondiale d’un peu plus d’1,6 milliards de fidèles, ses vertus ont toujours été louées. Selon Abu Horaira, le Messager (PSL) de Dieu a dit : « Le jeûne est une protection, si c’est un jour de jeûne pour l’un de vous, qu’il s’abstienne des propos indécents et injurieux, [et qu’il] ne vocifère pas. Si un homme l’injurie ou le combat, qu’il dise : « je suis en état de jeûne, je suis en état de jeûne ».

Ainsi de nombreux théologiens conseillent aux pratiquants de discipliner tous leurs sens, en ayant le regard plus chaste, la parole plus sensée et mieux tenue, et les fréquentations plus saines. Cela dit, des dérogations existent pour ceux à qui le jeûne est trop pénible. Elles concernent les malades, les voyageurs, les femmes allaitantes, enceintes ou en menstrues. La dette envers Allah se paiera sous forme de nourriture donnée aux pauvres. Il est du reste conseillé aux croyants de rattraper les jours de jeûne manqués avant le Ramadan de l’année suivante.

Outre l’aspect jeûne, le mois de Ramadan comporte trente nuits exceptionnelles où toutes les exhortations ou « nafilas » sont permises pour être exaucées par Dieu, et parmi lesquelles se trouve la « nuit du Destin », durant laquelle le Coran est descendu.

La sourate « Leylatul Qadr » symbolise l’essence de cette nuit meilleure que mille mois, et célébrée partout dans le monde, avec ardeur et lors de grandes séances de récitations de Coran durant toute la nuit.

C’est aussi l’occasion d’expier ses fautes et de remettre le compteur des pêchés à zéro : « Le jeûne et le Coran intercèdent en faveur du serviteur le jour de la résurrection », rapporte Abdallah Ibn Omar, messager du Prophète. « Le jeûne fait ouvrir les portes du paradis et fait fermer celles de l’enfer » (Abou Horeira).

Générosité et solidarité familiale 

S’il y a une chose sur laquelle, musulmans et non musulmans sont unanimes, c’est que le jeûne favorise la tolérance et les regroupements des familles. Il permet de comprendre la souffrance des nécessiteux, et incite à plus de solidarité les uns envers les autres.

Mais le Ramadan, ce n’est pas seulement la spiritualité, c’est aussi les cultures qui s’expriment durant les repas de coupure, où l’on partage mets variés et entraide. C’est tout l’objectif de l’opération Ramadan, initiée en 2010 par Habib Kane, présentateur de l’émission « Le viatique du jeûneur » sur la chaîne panafricaine Africable. Elle consiste à organiser des repas collectifs de rupture du jeûne dans des quartiers de Bamako comme Hamdallaye, Missabougou, Djicoroni, Badalabougou, Samé, où vivent des familles défavorisées.

« Les femmes du quartier cuisinent, les bonnes volontés s’expriment pour financer l’opération tout comme les associations de Maliens de l’extérieur parfois », témoigne Habib Kane. Dattes, lait, fruits, repas copieux à base de couscous ou de ragoûts de viande sont offerts et envoyés à des familles, tout cela au nom de la foi commune. Ensuite, a lieu une prière collective. Puisque l’Islam, et cela est encore plus vrai durant le mois de Ramadan, a de tout temps recommandé la prière en groupe.

 

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :