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L’accord signé aujourd’hui par les rebelles

by sur 20 juin 2015

C’est aujourd’hui à Bamako que devraient être signés les accords de paix par les rebelles et les groupe armés; un  accord signé officiellement le 15 mai, et qui a fait l’objet de compléments sous forme « d’arrangements sécuritaires » pour qu’il le soit par toutes les parties.

Et cela au prix de deux concessions de taille par le gouvernement de Bamako : le retrait des milices pro-Bamako de Ménaka et la levée des mandats d’arrêts contre les dirigeants rebelles qui doivent faire le déplacement dans la capitale pour la signature de ce jour.

Une fois signé l’accord devra être appliqué, ce qui ne sera pas une sinécure tant la méfiance s’est installée.

Pour le Mali pacifié, c’est maintenant que tout commence !

Mali: les enjeux de la signature de l’accord de paix

Par RFI Publié le 20-06-2015  – Modifié le 20-06-2015 à 10:33

Au Mali, c’est aujourd’hui, le 20 juin, que les rebelles de la Coalition des mouvements de l’Azawad doivent signer, à leur tour, l’accord de paix pour le Nord du Mali. Un accord que le gouvernement malien et les groupes armés loyalistes avaient déjà signé le 15 mai dernier, mais en l’absence de la partie adverse. Cette signature a de multiples enjeux. Elle doit mettre fin à un conflit qui date de 2012 et qui a littéralement exténué les populations.

L’attente a été longue. Trois années et demie de conflit, près d’un an de négociations pour le moins difficiles et un mois de période de flou. Depuis que le gouvernement malien et les groupes armés loyalistes de la Plateforme avaient eux-mêmes signé l’accord le 15 mai dernier, le Mali était dans une période transitoire où l’accord de paix était officiellement en vigueur, alors que sa mise en œuvre était de fait suspendue à la signature des rebelles et que les combats continuaient sur le terrain.

Après la cérémonie de ce samedi, c’est donc une nouvelle période qui doit s’ouvrir. Une période qui s’annonce déjà compliquée avec l’application progressive du texte qui prévoit une décentralisation renforcée du pouvoir à destination des régions, la démobilisation des combattants des groupes armés, ou encore le redéploiement de l’armée nationale sur l’ensemble du territoire malien.

Le programme de la cérémonie

C’est le chef de l’Etat malien Ibrahim Boubacar Keita qui préside la cérémonie et qui la conclura par un discours. Les représentants rebelles signeront le texte après des prises de parole du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et de son homologue algérien Ramtane Lamamra, qui a dirigé la médiation internationale.

Le chef de la Mission onusienne, Mongi Hamdi, sera également présent, ainsi que des représentants de toute la médiation internationale. Les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad devraient s’exprimer eux aussi, ainsi que ceux des groupes pro-Bamako de la Plateforme. Deux coalitions de combattants qui seront officiellement, à ce moment de la cérémonie, d’anciens ennemis.

Les rebelles de Kidal représentés

Au total, une centaine de personnes sont venues du fief des rebelles pour participer à la cérémonie de signature de l’accord de paix, dont Mohamed ag Intalla, chef traditionnel des Touaregs de la tribu des Ifoghas et son frère Elrabas ag Intala. Il est considéré comme un faucon et sa venue est interprétée plutôt comme un bon signe pour le processus de paix.

D’après les informations de RFI, il pourrait même être celui qui va signer l’accord de paix et de réconciliation, au nom de la coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA. « Nous sommes venus pour faire la paix et que chacun respecte ses engagements et tout ira bien », explique un membre de l’imposante délégation venue du nord-est du Mali.

La région de Kidal couvre environ 280 000 km² et est aux mains des rebelles. Depuis les indépendances, toutes les rébellions touarègues ont été organisées à partir de cette région. Ce qui veut dire ici : qui arrive à faire la paix avec les groupes armés de Kidal, fait la paix avec tous les rebelles du nord du Mali.

Cessez-le-feu difficile à tenir

Depuis 2013, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises et dans les trois régions du nord du Mali. Et le premier enjeu de cette cérémonie de signature de l’accord par les rebelles est de pouvoir, enfin, obtenir de la part de tous les belligérants le respect scrupuleux de la fin des hostilités sur le terrain.

Une fin effective des hostilités qui permettrait de rendre le processus de paix irréversible et pour que le Malien du sud puisse se sentir chez lui au nord et vice versa. L’autre enjeu est de voir revenir dans leur pays d’origine de nombreux réfugiés dans les pays voisins. Mais la paix sur le papier n’est pas la paix sur le terrain. Il va falloir avec doigté appliquer l’accord : régler les problèmes de sécurités, militaires, politiques, institutionnels et assurer le développement des régions.

La base pour réussir tout cela est la confiance entre les différents acteurs, analyse un responsable de la Mission de l’ONU au Mali. Les rebelles étaient dans un premier temps fermement indépendantistes avec un drapeau à eux. En signant l’accord, ils mettent pour le moment de l’eau dans leur vin. Enfin, accorder des pouvoirs étendus aux régions et que le drapeau flotte sur tout le territoire national est un autre enjeu de cette signature.

Les derniers obstacles enfin levés

Le gouvernement malien a levé les mandats d’arrêt visant des responsables de la rébellion et les groupes pro-Bamako se sont engagés à évacuer la ville de Ménaka, écartant les ultimes obstacles à la signature d’un accord de paix par les rebelles. Le soulagement et l’espoir, voilà ce que suscite donc en premier lieu la signature de l’accord de paix par les groupes rebelles. « Je suis vraiment content. Tous les Maliens sont pressés de sortir de cette crise. Le pays va retrouver son intégrité territoriale. C’est une bonne décision de la part de nos amis, de nos frères qui ont décidé de déposer les armes et de nous accompagner vers cette paix », explique un habitant de Bamako.

Mais parce que le conflit a duré trop longtemps, trois ans et demi, et que d’autres accords de paix ont déjà été signés lors de précédentes rébellions, il y a aussi ceux qui n’y croient pas : « Ces accords, je n’y crois pas. Ce sont des accords politiques. Pour moi, ça ne va rien changer », s’inquiète un Malien désabusé. La prise le 27 avril par les groupes pro-gouvernementaux des positions rebelles à Ménaka, a été le point de départ d’une série d’affrontements qui ont fragilisé le cessez-le-feu.

Population, parties prenantes ou médiateurs, tous en ont conscience : c’est la mise en oeuvre de l’accord qui permettra de juger de sa réussite… et elle ne s’annonce pas simple.

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