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La CMA a signé à Bamako

by sur 21 juin 2015

Depuis hier, tous les protagonistes ont signé l’accord de paix d’Alger. Mais chacun s’accorde à dire que c’était le plus facile… alors qu’il a quand même fallu près d’un an pour y parvenir !

C’est dire que la suite n’est pas gagnée et qu’il faudra rétablir un climat de confiance avant de pouvoir avancer sur le chemin de la Paix tant souhaitée.

Sachant aussi que le Mali fait désormais partie d’une région très déstabilisée par les mouvements jihadistes et terroristes, et que  trafics (de drogue, de carburants, de migrants…) et corruption participent aussi à la déstabilisation des Etats.

On lira ci-dessous les compte rendus de la cérémonie qui a eu lieu hier, ainsi que la liste des différents mouvements armés concernés et quelques dates depuis le début de l’opération Serval.

Signature de l’accord de paix par la CMA : les Maliens entre espoir et incertitude

Source: Studiotamani.org – 21 juin à 8h30

2015-06-20 Sidi Brahim Ould Sidati signataire CMA

Sidi Brahim Ould Sidati, un dirigeant du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), a ratifié l’accord de paix dans le nord du Mali, ce 20 juin 2015. Photo Minusma

Les groupes armés de la coordination, CMA, ont signé aujourd’hui l’accord de paix d’Alger. Cet accord, qui avait été signé le 15 mai dernier par le gouvernement malien et les mouvements armés de la plate-forme, sous la houlette de la communauté internationale, n’avait pas encore bénéficié de l’adhésion de la CMA. C’est maintenant chose faite, conformément l’engagement pris à Alger le 5 juin dernier. Retour sur ce long processus de négociations.

Cette cérémonie intervient après près d’une année de négociations entre le gouvernement du Mali et les groupes armés du Nord, menées sous l’égide de l’Algérie, chef de file de la médiation internationale. Mais la cérémonie d’aujourd’hui fait suite à la signature de deux deux documents à Alger par la CMA et le gouvernement malien. L’un sur « le relevé des conclusions issues du processus d’Alger », prenant en compte les préoccupations de la CMA exprimées le 17 mars dernier lors de la rencontre de Kidal.

Le second document, lui, est intitulé « arrangement sécuritaire pour la cessation des hostilités sur le terrain ». Ce document qui exige le retrait de la plate-forme de Ménaka s’est heurté à la fois à l’opposition de la population de cette ville, mais également des groupes armés de la plate-forme. Ceux-ci avaient pris le contrôle de la ville après de violents affrontements avec les combattants de la CMA.

Après plusieurs jours de tractations, un compromis a été arraché ce jeudi. La CMA qui s’était engagé le 5 juin à Alger de signer l’accord à Bamako, a confirmé hier sa participation à la cérémonie d’aujourd’hui.

Pour favoriser la signature de cet accord, le gouvernement du Mali a du lever des mandats d’arrêt contre une quinzaine de responsables rebelles. Pour de nombreux observateurs, « la cérémonie de cet après midi devrait marquer un nouveau tournant dans le processus de paix au Mali ».

Pour cette cérémonie de signature de l’accord de paix, plusieurs délégations sont présentes à Bamako, dont le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtam Lamamra, chef de file de la médiation, et le représentant spécial de l’ONU Mongi Amdi.

La cérémonie de signature a été présidée par le Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita. Les représentants de la médiation internationale étaient également présents. Les responsables des mouvements rebelles sont venus en grand nombre à cette cérémonie de signature. On peut apercevoir plusieurs dizaines dans la salle.

Plusieurs interventions ont marqué cette cérémonie. Pour le ministre malien des affaires étrangères, cette cérémonie est le fruit d’un long processus. Abdoulaye Diop a salué les efforts de la médiation internationale à travers l’Algérie.

Abondant dans le même sens, son homologue algérien, Ramtam Lamamra, qui a conduit les négociations, a déclaré qu’il s’agit d’un « jour historique et d’un nouveau tournant dans l’histoire du Mali. »

Le représentant de la CMA, lui, a déclaré qu’ « une paix ne se gagne jamais sur la base d’une simple signature. Pour Mamadou Djéri Maïga, la CMA s’engage à s’appliquer pour l’instauration d’une paix durable et définitive ».

C’est l’intervention du chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui mit fin à la cérémonie. IBK a salué « le sens du dialogue de ses frères de la coordination ». Pour le président malien, cette journée est historique, car elle marque la réconciliation entre les frères Maliens ». « Cet accord est le fruit d’un effort collectif », a déclaré IBK.

Au Centre international de conférence de Bamako, un important dispositif sécuritaire a été déployé cet après midi pour la cérémonie de signature l’accord de paix. Sur place on remarque la présence de la garde nationale, de la gendarmerie et de la police nationales.

La signature aujourd’hui de l’accord de paix par la CMA suscite beaucoup de réactions au sein de l’opinion malienne. Dans plusieurs localités du Nord, dont Ménaka, cette signature suscite de l’espoir et les personnes interrogées insistent sur « le respect des engagements de chaque partie ».

Alhousseini Abba Touré a recueilli les impressions de certaines populations à Ménaka, Bintagoungoun et Tessalit.

« Je dis que c’est un grand rendez-vous, c’est une grande responsabilité face à l’histoire. Par ce qui nous concerne, nous qui sommes nordistes et qui vivons au Nord, tout ce que nous voulons, aujourd’hui, c’est qu’il y ait la paix. Pendant que nous sommes en train de faire la guère, les autres sont en train de se développer. Ce n’est pas la division des liens séculaires qui nous unissaient, ce n’est pas le fait de transformer notre terroir en lieu le plus dangereux du monde, ce n’est pas la destruction des services sociaux de base, etc. qui vont faire avancer. Notre conscience doit nous interpeller aujourd’hui ».

« Aujourd’hui si la signature doit se faire, ma joie est complète, dans la mesure où tous les acteurs auront apposé leurs signatures sur l’accord de paix et de réconciliation au Mali. Et par la même occasion seront engagés à le respecter et à l’exécuter ».

« Aujourd’hui ce qui se passe, c’est que ce sont les Maliens qui perdent leurs vies. C’est de la bêtise humaine. Il est normal aujourd’hui qu’on soit pour une paix durable. Une paix qui garantit la justice, la liberté et la stabilité pour tout le monde ».

« Dans le nord c’est un symbole, mais en réalité la signature ne veut pas aussi dire forcement la paix. Signer un papier et garantir la paix, c’est deux choses différentes. Mais aujourd’hui tout le monde doit travailler pour aller vers une paix définitive ».

« La communauté internationale a mis beaucoup de pression sur le Mali, et nous pensons que cette communauté internationale va rapidement accompagner le Mali pour que la paix règne ».

Comme au Nord, nombreux sont les Maliens dans les régions du sud à se réjouir de la signature d’aujourd’hui. Cependant, préviennent-ils, « le plus dur reste la mise en œuvre de l’accord ». Ils insistent sur « la sincérité des acteurs », notamment « des groupes armés ».

Mariam Coulibaly et Mohamed Salaha ont joint des habitants de Djenné, Kayes et Bamako.

« Nous pensons que c’est une bonne chose à condition que chacun joue sa partition, que chacun respecte ses engagements. Je pense cela va amener la paix et la sérénité, c’est ce que nous, nous pensons à Djenné ».

« Comme tout le monde, tous le Maliens prient le bon Dieu que ça se passe bien aujourd’hui. Le Mali et toute sa population ont beaucoup souffert. Les autorités ont donné de leurs temps de leurs patience. C’est tout ce qu’elle pouvait faire pour que le Mali retrouve sa quiétude. Il faut que les Maliens de Kayes à Kidal soient réconciliés. Donc s’ils arrivent à le faire aujourd’hui ceci est bonheur ».

« Disons que cela a été laborieux, maintenant notre inquiétude c’est par rapport à la mise en application. Nous, nous souhaitons vraiment un traitement égalitaire de toutes les région par rapport a tout ce qui est aspect développement. C’est notre souci ».

« Le peuple malien est fatigué, ça fait plus de 3 ans qu’on est dans cette situation. L’économie va mal, l’école va mal, la santé va mal rien ne va dans ce pays. On espère que cela va consacrer le retour de la paix définitivement dans notre pays ».

« Si les différentes parties acceptent aujourd’hui de signer, ce n’est que la joie pour un citoyen malien. Tous les protagonistes sont maintenant arrivés a cette conclusion qu’il faut aller vers la paix ».

L’accord de paix pour le nord du Mali officiellement ratifié

Par RFI – Publié le 20-06-2015 Modifié le 21-06-2015 à 08:20

La Coalition des mouvements de l’Azawad (CMA) a définitivement signé, ce samedi 20 juin, l’accord de paix pour le nord du Mali. Un texte déjà validé le 15 mai dernier en l’absence des groupes rebelles armés représentés par la CMA. L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du pays et à mettre fin au jihadisme.

L’accord de paix, déjà entériné par le camp gouvernemental et la médiation internationale, a été signé au nom de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) par Sidi Brahim Ould Sidati, un dirigeant du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), lors d’une cérémonie en présence du président malien Ibrahim Boubacar Keïta et du chef de la Mission de l’ONU, Mongi Hamdi.

Les youyous ont éclaté dans la salle de conférences lorsque Sidi Brahim Ould Sidati a apposé sa signature après celles figurant déjà sur l’accord depuis la cérémonie du 15 mai. Auparavant, le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, chef de file de la médiation internationale dans ces pourparlers, avait salué « un nouveau départ » pour le Mali.

La participation internationale était d’ampleur et de niveau moindre que lors de la cérémonie du 15 mai, devant un parterre de chefs d’État africains. La France et les États-Unis étaient représentés par des responsables de leur diplomatie et plusieurs pays voisins, tels la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso, par des ministres. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé son intention de se rendre à Bamako lundi. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a quant à lui salué un « accord excellent ». « C’est une satisfaction considérable », a-t-il ajouté, soulignant « l’excellente coopération internationale » qui a rendu possible « un accord qui n’a jamais existé, désormais signé sur le papier entre les groupes du Nord et le gouvernement ».

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touarègues depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d’opérations jihadistes, jusqu’au lancement par la France de l’opération Serval en janvier 2013.

« La signature n’est pas l’acte principal, une signature ne mettra pas fin à ce conflit, il faut l’application sur le terrain, que cette signature ne soit pas comme les précédentes, qu’elle soit appliquée » a déclaré Mohamed El Maouloud RamadaneL’un des porte-parole de la coordination des mouvements de l’Azawad

 Mali: la rébellion signe à son tour l’accord de paix

Par Serge DANIEL | AFP – 20 juin 2015 minuit

La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a signé samedi à Bamako l’accord de paix entériné le 15 mai par le camp gouvernemental et la médiation internationale, censé permettre de tourner la page du jihadisme dans cette partie du Sahel.

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement à l’initiative de la France de l’opération Serval en janvier 2013.

Au nom de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion), Sidi Brahim Ould Sidati, un dirigeant du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), a ajouté sa signature à celles figurant déjà sur l’accord, sous les youyous de l’assistance.

Lors de cette cérémonie marquée par de nombreuses effusions et expressions de fraternité entre dirigeants de groupes qui s’affrontaient encore sur le terrain récemment, le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, chef de file de la médiation internationale, a salué « un nouveau départ, une nouvelle opportunité et une nouvelle destinée pour cette grande nation malienne ».

« La communauté internationale sera toujours à vos côtés mais elle ne peut faire la paix à votre place », a prévenu le chef de la Mission de l’ONU (Minusma), Mongi Hamdi.

« Il y aura des moments de doute et de découragement, des tensions et de la méfiance », a-t-il prédit, juste après la signature, appelant les protagonistes à faire preuve de « bonne foi et bonne volonté ».

« Faites-moi confiance », a lancé aux participants le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. « Nous ferons en sorte que nul ne soit déçu », a-t-il assuré.

Selon un représentant de la CMA, Mahamadou Djeri Maïga, « il ne faut pas que ça ressemble aux accords précédents » entre Bamako et les rébellions antérieures, restés pour l’essentiel lettre morte. « Il faut que chacun respecte ses engagements », a-t-il déclaré à l’AFP.

La délégation rebelle s’est ensuite rendue au palais présidentiel pour rompre le jeûne du Ramadan avec le chef de l’Etat, a-t-on appris auprès du Palais.

Au même moment, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a fait savoir qu’il se rendrait lundi au Mali « pour marquer la présence et le soutien de la France à cet accord », selon son entourage.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a quant à lui salué l’accord et « félicité » la médiation algérienne dans le processus. « Nous continuerons à oeuvrer avec la communauté internationale pour accompagner la mise en oeuvre de cet important accord », a-t-il ajouté dans une déclaration.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a également félicité les signataires de l’accord et les médiateurs, les assurant du soutien des Nations Unies dans sa mise en oeuvre.

« La paix au Mali demeure la responsabilité du Mali et des Maliens, et le Secrétaire général exhorte toutes les parties à continuer à ?uvrer de bonne foi afin de progresser dans cette direction et à appliquer intégralement les dispositions du cessez-le-feu » a déclaré M. Ban dans un communiqué.

– ‘Rôle essentiel de l’ONU’ –

La CMA avait paraphé l’accord négocié depuis des mois à Alger la veille de sa signature le 15 mai à Bamako par le camp gouvernemental et la médiation internationale, mais exigeait pour le signer des discussions supplémentaires.

Elle s’y est finalement engagée après avoir signé le 5 juin à Alger avec le gouvernement deux documents, portant l’un sur des garanties d’application prévoyant l' »insertion prioritaire et majoritaire des combattants des mouvements politico-militaires notamment de la CMA » au sein des forces de sécurité dans le Nord, et l’autre sur des « arrangements sécuritaires ».

L’accord prévoit la création d’Assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au suffrage universel direct, mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni fédéralisme.

Dans une tribune publiée vendredi, les ministres français et néerlandais des Affaires étrangères Laurent Fabius et Bert Koenders, ce dernier ancien chef de la Minusma, ont encouragé la rébellion à franchir le pas et les pays européens à soutenir davantage la force de l’ONU.

Cette crise touche « aux intérêts de l’Europe entière, au travers de la montée du terrorisme et de l’amplification des flux de migrants, et la mission de l’ONU joue un rôle essentiel dans la stabilisation du Mali et, indirectement, de la région », selon eux.

Le chef militaire de cette force, le général danois Michael Lollesgaard, a déploré mercredi au Conseil de sécurité de graves lacunes de ses troupes en termes d’entraînement, de logistique et de capacités de renseignement, qui les rendent « extrêmement vulnérables ».

Cette signature doit « permettre de clarifier la situation sur le terrain », en isolant les « bandes incontrôlées, jihadistes, narcotrafiquants qui continuent les violences », a affirmé à l’AFP l’éditorialiste malien Souleymane Drabo, soulignant néanmoins que le rétablissement de la sécurité prendrait du temps.

Bien que les jihadistes aient été dispersés et en grande partie chassés de cette région par Serval – relayée depuis août 2014 par « Barkhane », dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble sahélo-saharien – des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme des forces internationales.

Accord de paix signé au Mali: Jean-Yves Le Drian à Bamako dès lundi

Par LEXPRESS.fr avec AFP publié le 20/06/2015 à 21:11

L’entourage du ministre des Affaires étrangères a fait savoir que ce dernier se rendrait à Bamako ce lundi pour soutenir l’accord de paix conclu ce samedi entre la rebellion et le camp gouvernemental.

Au-delà du cas grec, il faudra aussi garder un oeil lundi sur ce qui se passera du côté de Bamako. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rendra lundi au Mali pour soutenir l’accord de paix signé samedi dans la capitale pour le nord du pays, a-t-on annoncé dans son entourage. Le ministre « y va pour marquer la présence et le soutien de la France à cet accord, indispensable au retour de la paix  et du développement au Mali », a-t-on souligné. « Après avoir gagné la guerre contre les groupes terroristes, il faut gagner la paix ».

La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a signé samedi l’accord de paix entériné le 15 mai par le camp gouvernemental et la médiation internationale, censé aider à tourner définitivement la page du jihadisme dans cette partie du Sahel.

« Un exemple de méthode militaire »

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement par la France de l’opération Serval en janvier 2013.

« Avec Serval, l’opération des Nations Unies et de l’Union européenne, le retour de la démocratie et maintenant ces accords de paix, la boucle est bouclée au Mali. C’est un exemple de méthode militaire et politique réussie dans la résolution d’une crise », a-t-on ajouté de même source au ministère de la Défense.

Jean-Yves Le Drian Le Drian rencontrera le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à Bamako ainsi que les soldats français déployés dans le nord du Mali dans le cadre de l’opération Barkhane. Il saluera aussi « les efforts engagés par la médiation algérienne » pour aboutir à cet accord. La force Barkhane, présente sur cinq pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Burkina Faso), va « poursuivre ses efforts contreterroristes » dans la région, a-t-on également souligné

Mali: la rébellion touareg signe l’accord de paix à Bamako

AFP le 20/06/2015 à 15:25

Un représentant de la rébellion à dominante touareg du nord du Mali a signé samedi à Bamako l’accord de paix déjà entériné par le camp gouvernemental et la médiation internationale, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’accord a été signé au nom de la Coordination des mouvements de l’Azawad(CMA, rébellion) par Sidi Brahim Ould Sidati, un dirigeant du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), lors d’une cérémonie en présence du président malien Ibrahim Boubaca Keïta et du chef de la Mission de l’ONU, Mongi Hamdi.

Le nord du Mali, une région écumée par une myriade de groupes armés

Rebelles ou loyalistes touareg et arabes, groupes d’autodéfense sédentaires, jihadistes repentis ou non: une myriade de mouvements armés écument le nord du Mali, où la seule force régulière permanente est celle de l’ONU, soit à peine 10.000 militaires et policiers pour un territoire deux fois plus grand que l’Irak.

REBELLION – COORDINATION DES MOUVEMENTS DE L’AZAWAD–

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), fédère les principaux groupes rebelles. Elle est dirigée notamment par Bilal Ag Achérif.

Le MOUVEMENT NATIONAL DE LIBERATION DE L’AZAWAD (MNLA), est une organisation politico-militaire majoritairement touareg née en octobre 2011 de la fusion de groupes rebelles.

Ouvertement indépendantiste en 2012, elle a évolué vers la revendication d’une forte autonomie, voire d’un système fédéral, pour « l’Azawad », la partie nord du Mali, considérée par le MNLA comme le berceau des Touareg.

Le MNLA avait été à l’origine de l’offensive lancée contre l’armée en janvier 2012 avec des islamistes, dont des groupes proches d’Al-Qaïda dans le Nord, qui lui ont ensuite damé le pion.

Ses combattants sont ensuite réapparus à Kidal, dans l’extrême Nord-Est, dans la foulée de l’opération Serval, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France contre les jihadistes.

Le HAUT CONSEIL POUR L’UNITE DE L’AZAWAD (HCUA) a été créé en mai 2013. L’essentiel de ses forces est constitué de dissidents d’Ansar Dine, un des groupes jihadistes qui ont contrôlé le Nord jusqu’à l’opération Serval, dirigé par Iyad Ag Ghali, ancien chef historique des rébellions touareg depuis les années 1990.

Son quartier général se trouve à Kidal et la majorité de ses combattants sont issus de la tribu des Ifoghas, considérée comme la plus noble dans la hiérarchie touareg.

Le MOUVEMENT ARABE DE L’AZAWAD (MAA), créé en mars 2012, regroupe majoritairement les membres de cette communauté dans le Nord. A partir de 2013 et surtout de 2014, le mouvement est fragilisé par une scission entre deux tendances, l’une alliée aux rebelles, et une autre, appelée le MAA loyaliste, fidèle à Bamako.

Outre ces trois mouvements, la CMA comprend la Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA), créée en mars 2014 par un ancien cadre du MNLA et formée essentiellement de Touareg, ainsi qu’une aile des mouvements d’autodéfense « sédentaires ».

GROUPES PRO-GOUVERNEMENTAUX–

Le GROUPE D’AUTODEFENSE TOUAREG IMGHAD ET ALLIES (GATIA):

Ce groupe qui se dit d' »autodéfense » a été créé en août 2014 par des Touareg de la tribu Imghad, autrefois tributaire des Ifoghas, pour y « défendre les intérêts de notre communauté, notamment contre le MNLA », selon son secrétaire général Fahad Ag Almahmoud.

Ce nouveau groupe, qui affirme « reconnaître l’intégrité territoriale du Mali et ne pas réclamer l’autonomie », constitue le gros des troupes pro-gouvernementales.

Depuis l’automne dernier, de rudes combats ont opposé le Gatia à la rébellion.

La prise le 27 avril par le Gatia des positions rebelles à Menaka (nord-est), près de la frontière nigérienne, a mis le feu aux poudres, la CMA ripostant par une série d’attaques qui ont fait des dizaines de tués de part et d’autre, les combats les plus meurtriers entre rébellion et armée en pratiquement un an.

La COORDINATION DES MOUVEMENTS ET FORCES PATRIOTIQUES DE RESISTANCE (CM-FPR) est composée de groupes d’autodéfense, comprenant essentiellement des communautés noires du Nord, peules et songhaï.

LE MAA LOYALISTE. Il compte de nombreux anciens combattants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes jihadistes qui ont contrôlé le Nord.

Le Mali depuis l’opération Serval

(c) maliactu.net – 20 juin 2015

Rappel des dates-clés depuis le lancement début 2013 au Mali, à l’initiative de la France, de l’opération Serval, relayée en 2014 par l’opération Barkhane, visant les groupes jihadistes actifs dans l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.

– OPÉRATION SERVAL –

– 11 jan 2013: La France lance l’opération Serval pour arrêter la progression des jihadistes qui contrôlent le nord du Mali, et soutenir les troupes maliennes face à la menace d’une offensive vers Bamako.

Dès le 14 janvier, les islamistes évacuent les grandes villes après des bombardements français et Paris engage des troupes au sol.

Les 26 et 28 janvier, les soldats français et maliens conquièrent le bastion islamiste de Gao (nord-est), avant d’entrer sans combat dans Tombouctou (nord-ouest). Deux jours plus tard, les forces françaises s’emparent de l’aéroport de Kidal (extrême nord-est), les soldats tchadiens « sécurisant » la ville quelques jours après.

En février, une opération est lancée dans l’Adrar des Ifoghas (extrême nord-est) et de violents combats opposent soldats français et tchadiens aux jihadistes. Fin février, un chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, est tué par l’armée française.

En octobre, des soldats français, maliens et de la force de l’ONU lancent une opération dans le Nord, où les groupes jihadistes ont repris leurs attaques en septembre, après plusieurs mois d’accalmie.

– DEPLOIEMENT DE LA MINUSMA –

– 1er juil 2013: La Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est officiellement mise en place, prenant le relais de la Misma (force panafricaine).

– ELECTION PRESIDENTIELLE –

– 11 août 2013: Ibrahim Boubacar Keïta est élu au second tour de la présidentielle (77,6%) face à Soumaïla Cissé.

– DEROUTE DE L’ARMEE A KIDAL –

– 21 mai 2014: Des groupes rebelles touareg et arabes infligent une lourde défaite à l’armée malienne à Kidal, dont ils s’assurent le contrôle. Un cessez-le-feu est signé par Bamako et trois groupes armés, dont la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

– BARKHANE REMPLACE SERVAL –

– 13 juil 2014: La force Serval est remplacée par Barkhane, une opération plus large de lutte contre le jihadisme avec 3.000 soldats français mobilisés dans cinq pays du Sahel, effective à partir du 1er août.

– ATTAQUES JIHADISTES –

– 5 jan 2015: Onze soldats sont tués dans l’attaque, revendiquée par Aqmi, d’un camp militaire à Nampala, près de la frontière mauritanienne. En octobre, neuf soldats nigériens de la Minusma avaient été tués dans une attaque jihadiste près de Gao.

– ATTENTAT DE BAMAKO –

– 7 mars 2015: Un attentat dans un restaurant au coeur de Bamako – le premier visant des Occidentaux dans la capitale – fait cinq morts, trois Maliens, un Français et un Belge.

L’attaque est revendiquée par Al-Mourabitoune, le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. La mort de ce dernier a été annoncée une fois de plus, le 14 juin dans un raid américain en Libye, mais démentie, notamment par son groupe.

– ATTAQUES REBELLES/GROUPES PRO-GOUVERNEMENTAUX –

– 27 avr 2015: Un groupe armé favorable à Bamako s’empare des positions rebelles à Ménaka (nord-est). La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg) réplique par une série d’attaques. Ces affrontements, les plus meurtriers depuis un an, mettent en péril le cessez-le-feu.

– ACCORD DE PAIX SANS LES REBELLES –

– 15 mai 2015: Le gouvernement et les groupes qui le soutiennent, ainsi que la médiation internationale, signent à Bamako l’accord de paix négocié à Alger, sans les principaux groupes rebelles, qui minimisent une « signature unilatérale ».

– SIGNATURE DE L’ACCORD PAR LES REBELLES –

– 5 juin 2015: La rébellion s’engage à signer l’accord le 20 juin après la signature de deux documents à Alger.

– 19 juin: après la levée par le gouvernement des mandats d’arrêt visant des dirigeants rebelles, les groupes pro-Bamako évacuent Ménaka, écartant les ultimes obstacles à la signature par la rébellion.

– 20 juin: la rébellion signe l’accord de paix à Bamako.

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