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Quand migration et tradition se télescopent

by sur 27 juin 2015

C’est l’histoire d’une association de migrants de la région de Kayes qui voulaient monter un projet d’adduction d’eau à Kodié, un village en sérieux manque d’eau potable.

Tout allait pour le mieux jusqu’au moment du changement de chef de village.

La nouvelle autorité s’est trouvée de nouveaux financeurs et un intérêt à ce que le premier projet n’aboutisse pas au bénéfice du second…

Et comme le premier a abouti, le chef du village demande qu’on le démolisse. Il a même trouvé un  juge pour approuvé cette option par décision de justice.

Coût du gâchis : 300 millions de CFA (environ 450 000 €) une paille !

Au grand dam des élus du secteur et de la population qui salue une amélioration du bien être quotidien.

Raison du différend : querelle de pouvoir ou de gros sous ?

A vous de juger ci-dessous.

Kodié dans le cercle de Yelimané : les élus de Kayes farouchement opposés à la démolition d’un château d’eau

Dolo Modibo – Tjikan du 26 Juin 2015

Après le cri de cœur de l’Association des Ressortissants de Kodié dans le cercle de Yelimané, c’est au tour des élus de Kayes en général et du député Ahamada Soukouna en particulier de s’opposer à l’arrêt de la Cour d’Appel de Kayes demandant la démolition d’un forage de plus de 27 m3 et d’une valeur de 300 millions FCFA dans le village de Kodié.

En effet, la Cour d’Appel de Kayes statuant le 18 mars 2015 en matière civile a ordonné la destruction des tuyaux de canalisation et bornes fontaines d’un château d’eau construit par l’Association pour le Développement du Village de Kodié à la demande du Chef de village. Lequel était opposé à la construction de ce forage depuis le début de ses travaux pour des raisons de divergences communautaires entre son quartier et un autre quartier rival dont est issu celui qui a eu l’initiative de ce projet.

Selon la décision de la Cour d’Appel, les tuyaux du château d’eau concerné empiètent illégalement sur les domaines publics du village en violation des textes et des articles 25 et 19 alinéa 1 de la loi N° 02-006 du 1er janvier 2002 du code de l’eau.

Un arrêt qui a beaucoup indigné les membres de l’ADVK qui ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion nationale et internationale sur cette décision de la Cour d’Appel de Kayes ordonnant la démolition d’un château d’eau en cours de fonctionnement avec plus de 27 m3 et d’une valeur de plus de 300.000.000 de FCFA.

Pour les membres de l’association, « le président de la Cour d’Appel de Kayes a été corrompu par le Chef de village pour rendre un tel verdict avec lequel personne n’est d’accord dans le village y compris les députés de la localité plus précisément, le député de Yélimané, Ahamada Soukouna ».

Dans le but de nous rassurer sur la position des députés de Kayes qui ont eu leurs noms cités comme étant opposés à la décision de la Cour d’Appel de Kayes, nous avons contacté l’honorable Ahamada Soukouna qui a confirmé la thèse avancée par les membres de l’ADVK.

Le député s’est dit formellement opposé au verdict de la Cour d’Appel de Kayes au motif qu’il est inadmissible de songer à la démolition d’un château d’eau de plus de 27 m3 dans une zone comme le sahel où l’eau est une denrée rare. Pour lui, il agirait de la même sorte dans n’importe quel autre village qui se retrouverait dans cette situation. Car, il est de son devoir en tant qu’élu de veiller au bien être de la population en toute impartialité.

Le député Sougouna ira plus loin en soulignant qu’il n’est pas le seul à s’opposer à ce verdit de la Cour d’Appel de Kayes pour la simple raison que la lettre avec laquelle, ils ont saisi le ministre de la Justice, n’émane pas de lui seul, mais plutôt de l’ensemble des élus de Kayes appelé collectif des Elus de Kayes (KODEKA). Et d’ajouter que les démarches sont en cours pour déclarer le château litigieux d’intérêt public par le ministère de l’Eau pour bien le protéger.

Selon nos informations, l’ensemble des deux forages construits par le chef de village lui-même n’atteignent même pas 5m3 contrairement au château litigieux qui produit plus de 27 m3.

Cri de cœur des ressortissants du village de Kodie à Bamako : Ils demandent aux plus hautes autorités du Mali de sauver et préserver leur investissement

 Mamadou SISSOKO  – Mali Sadio – 19 juin 2015

Les ressortissants du village de Kodié ont rencontré les journalistes le mardi 2 juin 2015, pour  exprimer  leur  ras-le- bol suite à  l’arrêt de la Cour d’Appel de Kayes ordonnant  la fermeture du château et la démolition des bornes fontaines qui ravitaillent les populations de Kodié  et environs  en eau potable. Souvent, les  camions citernes viennent de la Mauritanie  pour se  ravitailler, car la qualité de l’eau  de château de Kodié est la meilleure de la zone.

Les responsables de l’association à  Bamako n’ont pas caché leur inquiétude  par rapport à la destruction des ces réalisations et ont interpellé le gouvernement  à les départager.

Rappel des faits :

L’Association pour le Développement du Village de Kodié, Cercle de Yélimané en Europe a mobilisé les ressources financières pour la construction d’un château d’eau pouvant ravitailler la population en eau potable de ladite localité.Du début jusqu’à la fin du processus, le chef de village de Kodié a été informé et a accepté. L’association a rempli toutes les formalités administratives pour la construction du château. Elle a même eu l’autorisation du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales d’alors, le Général Kafougouna KONE. Après le démarrage des travaux de construction, il y a eu volte face du chef de village avec  son refus de la réalisation de cet investissement à Kodié.  L’épisode judiciaire a donc commencé.

Selon Oumar KOITA, le porte parole, l’association  a  gagné devant le tribunal de Yélimané. Le chef de village a interjeté appel, il y a eu un arrêt infirmatif. La cour d’appel a ordonné la fermeture  du château et la destruction des bornes fontaines.

Suite à un conflit fratricide la cour d’appel de Kayes a ordonné la fermeture et la démolition.

Selon le porte parole, la rivalité ne doit pas anéantir ce gros investissement.

Djibril SOUMARE, un ancien migrant  ressortissant du village  de Kodié à la retraite, dira  que chaque migrant a payé 3.000 euros, soit 2000 000 FCFA à titre contributif.

Les responsables demandent aux plus hautes autorités du Mali de sauver et préserver le château et les bornes fontaines construits à Kodié pour les ressortissants. Cet investissement est une façon de participer au développement de leur localité.  Du début jusqu’à aujourd’hui, plus de 600.000.000.FCFA ont été dépensés qui pourraient être utilisés pour  d’autres fins. Il est temps  que les autorités  réagissent pour  limiter le dégât, au lieu de voir cet important investissement aller  en fumée.

Les autorités sont interpellées  et l’eau est l’affaire. Car avec ce château d’eau  à Kodié, la pénurie d’eau sera terminée.

 

Village de Kodié, cercle de Yélimané : Pour des divergences communautaires on empêche la construction d’un château d’eau

Modibo Dolo – Tjikan – avril 2015

Ce qui se passe actuellement à Kodiè, dans le cercle de Yélimané dépasse tout entendement. En effet, tandis que d’autres localités en pleine pénurie d’eau se battent pour l’acquisition d’eau, le chef de  ce village se bat depuis 2009 pour la destruction d’un château d’eau par la bénédiction du Président de la Cour d’Appel de Kayes.

L’histoire en question, date  de 2009 selon le Président de l’Association pour le Développement de Kodié, Oumar Koïta, lorsque BassirouKoita depuis la France en partenariat avec certains espagnols avait démarché le chef de village pour la construction d’un château d’eau à Kodiè.

Ce dernier avait dans un premier temps manifesté son accord, avant de changer brusquement d’option pour  faire valoir son refus catégorique lorsqu’il apprit que l’offre venait de Bassirou Koita, un ressortissant de l’autre quartier (jugé) rival du village. A savoir Modikanou.

Surtout qu’entre temps, une autre association considérée elle aussi comme rivale des ressortissants de ce village en France, a fait entendre sa voix de désapprobation auprès du chef de village à ne pas laisser construire le château d’eau en question.

Après cette tentative échouée entrainant la perte de l’occasion de doter gratuitement le village d’un château d’eau par les espagnols, Oumar Koita et ses alliés ne se sont pas laissé faire. Ils ont cette fois-ci décidé de cotiser à travers un regroupement dénommé  ‘’Association pour le Développement du Village de Kodié’’ pour réaliser leur rêve, à savoir la construction d’un château pour le village de Kodié s’inscrivant  cette fois –ci dans le cadre du Programme de Développement Economique, Social et Culturel de la Commune (PDESC).

Avec le Ok des notabilités du village sous l’égide du chef de village lui-même cette Association décide en 2010, d’entreprendre les travaux de construction du château avant d’être stoppée à la suite d’une contestation orchestrée par le Chef de village, qui fini même par intenter une action en justice devant le tribunal civil de Yélimané, lequel par décision N°156 17 juin 2010, ordonne l’arrêt des travaux, même son de cloche au niveau de la Cour d’Appel.

Le 06 janvier 2011, Kafougouna Koné, à cette époque Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, ordonna la possibilité à toutes les parties de poursuivre les travaux. C’est-à-dire, laisser l’opportunité à chaque partie de construire un château.

C’est en vertu de cette lettre que l’Association pour le Développement de Kodié poursuivra les travaux de canalisation des tuyaux en installant le château dans un domicile privé de Modikanou, le quartier rival de Diabakanou du village de Kodié. Pas pour servir un seul quartier, mais plutôt tout le village avec plus de 100m3 de capacité de production d’eau, d’une valeur de plus de 300.000f CFA. Et qui va finalement servir tout le village. Et une bonne source mêmes pour certains villages frontaliers de la Mauritanie en raison de la forte quantité et qualité d’eau du château, martèle Oumar Koita.

Usant de son statut de Chef de village, Hamady Koita dit Dialakoro, amena l’affaire à nouveau devant le juge de référé de Yélimané pour demander la destruction du château. A la différence de la première affaire, le Chef de village perd en Première Instance (Premier jugement), et devant la Cour d’Appel.

« Le Chef de village décida de saisir également le juge de fond de Yélimané pour la démolition du forage construit par l’association « DjamaKafo » au motif que c’est le forage construit  avec le soutien financier des ressortissants de Kodié résidant en France (association rivale) qui a été approuvé par le conseil de Yélimané et non  le projet d’adduction d’eau de l’Association pour le Développement de Kodié » confie M. Koita . Et d’ajouter que l’autorisation du 19 janvier 2010 du préfet de Yélimané ne vaut que pour le conseil de village de Kodié représenté par Kandé Assa Toure qui devrait agir avec l’association pour tous les travaux de recherche d’eau, de forage, de canalisation et de construction de château d’eau.

C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’autoriser deux adductions d’eau, mais une seule.

Pour Oumar Koita, l’Association pour le Développement du Village de Kodié a obtenu l’autorisation de réaliser ses ouvrages  d’adduction suivant les décisions du Maire des 18 et 20 mai 2010 et du Préfet en date du  19 janvier 2010. Il dira que c’est à la suite de la nomination de Mamady Koita dit Dialakoro à la chefferie de Kodié en lieu et place de Manthieu Koita N°1 que le projet d’adduction d’eau de l’Association pour le Développement du Village de Kodié fut contesté malgré des médiations sans succès.

C’est ainsi que la Cour d’Appel séant en date du 18 mars 2015 en matière civile ordonna la destruction des tuyaux de canalisation et bornes fontaines du château d’eau construit par l’ADVK tel que voulu par le Chef de village de Kodié au motif qu’ils empiètent illégalement les domaines publics du village en violation des textes, des articles 25 et 19 alinéa 1 de la loi N° 02-006 du 1  janvier 2002 du code de l’eau et au mépris des décisions sur l’affaire.

Mais qu’en revanche, le château d’eau construit dans un domicile privé ne violerait pas le domaine public. C’est-à-dire, détruire les tuyaux de canalisation en laissant le château.

Aujourd’hui, l’Association pour le Développement du Village de Kodié lance un cri de cœur contre cette décision de la Cour d’Appel de Kayes en soulignant que le président de la Cour, Saikou Diarra  est en complicité avec le chef de village de Kodié pour obtenir la démolition de leur château pour des raisons personnelles.

Sinon comment peut-on comprendre le motif de la démolition d’un ouvrage d’utilité publique  de plus de 300 millions ?

« La pénurie d’eau est tellement d’actualité qu’il est très difficile de croire que d’autres sont dans la logique de détruire ce bien précieux qu’est la source d’eau potable en demandant à détruire un château en cours de fonctionnement pour tout le village pour raison de divergences communautaires » s’interroge notre interlocuteur. Ce village, selon lui, a plus que besoin de ce château voyant que le deuxième est loin de satisfaire seul le village.

Selon nos informations, ni le Maire de Kodié, encore moins le préfet de Yélimané, ou du député Soukouna , ainsi que la majorité de la population ne sont pas pour la destruction du château de l’Association pour le développement de Kodié, vue son importance pour le village.

Accès a l’eau potable à Yelimané : Le village de Kodié inaugure son château d’eau

Zakariyaou Fomba – L’indicateur du renouveau – 5 mars 2014

Situé dans le cercle de Yélimané (région de Kayes), le village Kodié dispose son château d’eau. L’infrastructure, qui a coûté 322 586 500 F CFA, a été inaugurée le mardi 25 février 2014. C’était en présence des autorités administratives, politiques, traditionnelles de la localité ainsi que des notabilités.

C’est dans une liesse populaire que les populations de Kodié et environs ont inaugurée le mardi 25 février 2014 leur château d’eau. L’infrastructure qui a coûté au village, la  somme de 322 586 500 F CFA, va mettre fin au calvaire des femmes de Kodié qui se levaient dès l’aube, pour aller chercher de l’eau dans la rivière dénommée « Babasaga » souvent au péril de leur vie.

Fruit d’un fort investissement, ce château d’eau a été construit non seulement grâce à la volonté et  l’engagement des hommes et des femmes de Kodié, mais de la diaspora notamment en France qui a mobilisé sa force afin que ce joyau puisse voir le jour.

Le porte-parole du chef de village et des ressortissants de Kodié en France, Moussa Diarra, a remercié toutes les autorités administratives, politiques et traditionnelles pour leur engagement à la réduction de la pénibilité des tâches domestiques de la population du cercle de Yélimané, dont la réalisation du château d’eau est une parfaite illustration. Il a aussi remercié tous ceux qui ont porté ce projet et tous ceux qui, dans leur domaine de savoir-faire,  ont mené à bien sa réalisation et ainsi qu’aux entrepreneurs, aux conducteurs de travaux, aux chefs d’équipe, aux maçons, aux ouvriers pour leur travail historique.

Une occasion pour Moussa Diarra de rendre au nom de l’ensemble de la population de Kodié, un vibrant hommage au regretté entrepreneur Bandiougou Doucouré qui n’a pas pu vivre ce moment inoubliable. Une minute de silence a été observée en sa mémoire. Il a aussi profité de cette tribune pour remercier au nom du chef de village de Kodié les populations de Yagueita, Foungou, Diafounou, Guidimé, Kaniaga et Tirigan-Marena.

Unité et cohésion

Si ce château d’eau est de nature à contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations de Kodié, il n’en demeure pas moins qu’il soit un facteur de l’unité et de la cohésion retrouvée. En effet, le chef de village de Kodié par la voix de son porte-parole, Moussa Diarra, a déclaré que ce château d’eau appartient à toute la population de Kodié du Nord au sud, de l’Est à l’ouest sans aucune distinction.

Selon Moussa Diarra, le village Kodié de leurs anciens ayant un passé glorieux, un présent prometteur, doit être dépourvu de tout aspect négatif afin de l’orienter vers un optimisme en raison du sang fraternel qui coule dans les veines et qui les unit de force ou de gré.

« Certes nous avons des conflits au sein de notre village, mais le plus important est que nous avons l’obligation ainsi que le devoir moral, de lutter contre l’acceptation de l’antagonisme afin que tous les frères et sœurs de Kodié puissent s’asseoir sur la table de la réconciliation, de l’unité et de la prospérité », a déclaré Moussa Diarra avant d’ajouter qu’il sollicite des autorités administratives, politiques et traditionnelles une aide à la mise en place d’un processus de réconciliation de la population de Kodié.

A en croire le porte-parole du chef de village, leur diversité ne devrait pas constituer un obstacle au développement de leur village car, dira-t-il, Kodié est un et indivisible. « Nous avons été déchiré, nous avons été séparé, à présent, l’heure de la réconciliation a sonné, car nul ne peut rendre le développement de notre village sans l’unicité de ses enfants », a expliqué Moussa Diarra. Et de déclarer que : « Nous avons le devoir de nous demander pardon les uns aux autres car nous n’allons pas utiliser le passé pour détruire le présent et confisquer notre avenir commun ».

Conflit social autour d’une adduction d’eau à Kodié (Yelimané) : Le député Diaby Gassama est-il le catalyseur ?

A.Touré – 23 février 2012

Kodié est un village soninké situé dans la commune rurale de Yélimané, dans la région de Kayes. Des rivalités sont nées entre les habitants du village à cause de la construction d’une adduction d’eau destinée a fournir de l’eau potable aux habitants.

           Depuis 2008, Bassourou Koita, un natif de la localité, a pris l’initiative de construire une adduction d’eau sur un financement qui sera mobilisé par les ressortissants expatriés du village de Kodié en France. Pour qui sait, l’eau, une source de vie, est des plus précieux, surtout dans cette zone. Elle est indispensable dans l’utilisation domestique, le jardinage et l’élevage.

Le cercle de Yelimané compte 42 villages .Chacun de ces villages a au mois un château d’eau fonctionnel, sauf à Kodié. Selon une source du village, l’opposition du chef du village s’explique par le seul fait qu’il n’a pas été impliqué dès le début de la réalisation.

Du coup, il  bénéficiera d’un allié de taille, le tout puissant député de Yelimané, Diaby Gassama. Pourtant, l’initiative avait été saluée par le Ministre de l’Administration territorial, le Général Kafougouna Koné, qui a même demandé à chaque clan de construire son forage. Mais malgré tout, le chef du village et Gassama Diaby continuent à s’opposer au projet, un joyau qui est un rêve pour les habitants de Kodié.

Les ressortissants interpellent les autorités et toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles s’impliquent afin qu’ils puissent sortir de cette situation. Aujourd’hui, les travaux connaissent un retard énorme à cause de ce blocage dont les responsables sont le chef du village et son allié Gassama Diaby .

 
Approvisionnement en eau potable : Les populations de Kodiè s’impatientent

Touré M.D.K. – Le Guido 21 février 2012

Kodiè est un village soninké situé dans la commune rurale de Guidimé, cercle de Yélimané dans la  région de Kayes au Mali. Cette zone est sahélienne et n’a aucun forage lui permettant de s’approvisionner en eau potable. Or, ces dernières années, le Gouvernement malien mobilise des moyens financiers, matériels et moraux importants pour la fourniture et la bonne gestion de l’eau potable à travers tout le territoire. Outre l’Etat,  l’apport des expatriés maliens occupe une grande place dans le développement local.

La première région (Kayes) enregistre plus d’émigrants que les autres régions. Ces expatriés qui songent plus au développement de leur pays, particulièrement de leurs villages natals, ont l’habitude d’y financer la réalisation de grands projets telle que la construction d’infrastructures routières, des châteaux d’eau, de lieux de culte (Mosquées), etc.

L’eau, source de vie, est de plus en plus précieuse surtout dans la zone sahélienne. C’est pourquoi, sur la Route Nationale N°1, dès qu’on rentre dans le territoire régional de Kayes, les mihrabs des Mosquées, les rôniers et les multiples châteaux d’eau donnent une parfaite beauté à la vue du paysage. Dans cette zone, l’eau est presque tout : elle est indispensable dans l’utilisation domestique, le jardinage et l’élevage.

C’est pourquoi depuis 2008,  Bassourou Koïta, un natif de la localité, a pris l’initiative de construire un château d’eau sur un financement qui sera mobilisé par les ressortissants expatriés du village de Kodiè en France. Les premières tentatives de la réalisation du nouveau joyau datent du 25 mai 2009. Dès lors, des rivalités  se sont enclenchées entre les habitants de Kodiè. Le clan proche du chef de village s’opposa d’une manière acharnée.

Pourquoi s’opposeraient-ils à la construction d’une infrastructure destinée à fournir de l’eau potable à tout un village 24H/24 ?

Selon une source du village, tout s’explique par le seul fait que le chef n’a pas été impliqué dès le début de la réalisation du projet. Après plusieurs ruptures des travaux imposés par le chef de village et ses acolytes, de multiples implications des chefs coutumiers et culturels, en passant par certaines autorités notamment le général Kafougouna Koné, la tension a un peu baissé. Ce qui a permis aujourd’hui d’avancer profondément dans les travaux.

«Tous les matériels nécessaires sont disponibles pour faire jaillir de l’eau potable à travers tout le village de Kodiè. Le forage est déjà creusé, le château est monté. Nous utilisons déjà l’eau du forage d’une manière indirecte. Mais, la meilleure solution, c’est de faire passer l’eau d’abord par un château avant de la faire évacuer dans le réseau de tuyauterie. La toute dernière phase qu’il nous reste, c’est d’achever le réseau de tuyauterie pour en finir à jamais. Moi-même, je suis pressé de rentrer chez moi», nous explique Bougouna Adama Sanogo, chef d’équipe de l’entreprise chargée du projet.

En plus de ce dernier, nous avons interviewé plusieurs autres personnes à savoir des femmes, des maîtres d’école, de medersa, etc. Le constat est simple : aucune agression verbale de la part d’aucun à l’endroit du clan opposé. Seulement, des explications de leur souffrance due au manque d’eau potable, des prières et des suggestions afin de trouver des solutions idoines à une telle situation étonnante et inexplicable.

Ainsi, la présidente des femmes du village de Kodiè, Sokona Soukouna,  nous révèle : «Nous n’avons qu’un seul grand puits pour servir tout un village. Il faut que chaque ménage se déplace pour s’approvisionner en eau à partir de ce puits. Certaines femmes peuvent marcher sur plus de 2 kilomètres pour puiser une eau qui n’est ni potable, ni traitée. Moi-même, je suis sexagénaire et souvent je suis obligée de me déplacer pour satisfaire mes besoins en eau, soit en acheter. La barrique est à 500 francs CFA. Ce qui nous coûte très cher surtout en période de disette. En plus de la cherté, la rareté aussi s’impose car le seul puits ne peut pas assurer tous les besoins en eau de tout le village. Je suis l’actuelle présidente de toutes les femmes de Kodiè. Je dirige plus de 800 femmes aujourd’hui. Donc, je sais ce que les femmes subissent  dans cette situation tragique.

Le cercle de Yélimané compte 42 villages. Chacun de ces villages a au moins un château d’eau fonctionnel, sauf ici à Kodiè. Nous avons aujourd’hui, Dieu merci, tous les matériels pour pouvoir utiliser à notre guise de l’eau potable quand nous voulons et comme nous voulons.

Comment certaines personnes parviennent à nous priver d’une chance que nous trouvons divine ? Lors de l’hivernage passé, une fillette de six ans s’est noyée dans le puits dont on parle. Tout cela constitue des tragédies pour nous. C’est pourquoi, j’interpelle les autorités et toutes les personnes de bonne volonté à s’impliquer afin que nous puissions sortir d’une manière paisible de cette situation tragique».

Dans un pays où la devise nationale est «Un peuple, Un But, Une foi», où les autorités parlent de réconciliation nationale, où la rébellion fait déjà des victimes dans nos rangs, où la vie est si chère, les autorités doivent-elles échouer dans la résolution d’un tel problème, avant qu’il y ait mort d’homme ?

Tout compte fait, la population de Kodiè qui attend avec impatience la mise en marche de leur nouveau château, sollicite une implication parfaite des autorités afin de trouver une solution idoine à ce problème.

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