Skip to content

Engrais frelatés : confrontation au PARENA

by sur 6 juillet 2015

Bien malin qui peut dire comment les engrais dits frelatés sont arrivés sur le marché, ni s’ils sont toxiques ou simplement inefficaces…

Des polémiques s’ajoutent aux déclarations, des interpellations à l’assemblée nationale ou à une table ronde du Parena, bref, on n’a pas fini de rechercher la vérité.

Sachant que, quand on touche à des marchés d’importation portant sur des millions de CFA, ce sont toutes les convoitises qui sont aiguisées par l’appât du gain  facile…

Le point complet des derniers développements ci-dessous.

Mali : Engrais frelatés sur le marché malien : Entre le ministre Tréta et le PDG de la CMDT Kalifa Sanogo, qui ment ?

Aguibou Sogodogo – Le Républicain – 6 juillet 2015

Au moment où les enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités dans l’affaire dite engrais frelatés, le Pdg de la Cmdt fait une sortie médiatique le week-end dernier à la télévision nationale pour dire haut et fort qu’il n’y a pas d’engrais de mauvaise qualité (toxique) sur le marché malien.

« L’engrais qui est importé cette année est le même que celui des autres années. Depuis janvier 2015, des dispositions ont été prises pour que les engrais non conforme à la norme ne puissent pas rentré au pays. Pourquoi cette cabale ? », a dit le Président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (Cmdt), Kalifa Sanogo sur  l’Office des radiodiffusions et télévision du Mali (Ortm), le dimanche 28 juin 2015.

Pourtant, l’analyse du député Bafotigui Diallo élus en commune VI du district de Bamako sous les couleurs du parti présidentiel, Rpm, prouve qu’il y a d’engrais frelatés sur le marché. D’ailleurs, il a le soutien de la Coordination des associations et mouvements des jeunes de la commune VI du district de Bamako pour lutter contre la prolifération d’engrais de mauvaise qualité sur le marché.

Un autre député, Bakary Koné élu à Koutiala sous les couleurs de l’Adema Pasj, qui a interpellé le ministre Tréta sur le sujet, a précisé qu’il y a sans nul doute l’engrais de mauvaise qualité au Mali. Au cours de la séance d’interpellation à l’Assemblée nationale le 18 juin 2015, il a exhibé le rapport de l’Institut d’économie rural (IER) qui prouve bel et bien de l’existence des engrais de mauvaise qualité au Mali.

Le ministre Bocary Tréta lui-même disait ce jour, jeudi 18 juin 2015 que 4 000 sur 10 000 tonnes ne correspondent pas à la norme requise. « La zone CMDT utilise 200 000 tonnes d’engrais. Notre analyse sur le prélèvement n’a porté que moins de 10 000 tonnes. Et sur les 10 000 t, 4000 t sont épinglés jugés comme qualité non correspondante à la norme », avait souligné le ministre Tréta devant les députés lors de son interpellation.

Le Parti pour la renaissance nationale (Parena) a fait aussi un diagnostic accablant sur le scandale de l’engrais frelate. « Pour vérifier la qualité des engrais livrés, des échantillons ont  été  prélevés chez tous les fournisseurs sur un total de  9000 tonnes livrées.  Les résultats provisoires, communiqués, le 8 avril, par la Direction Nationale de l’Agriculture, ont démontré que 37% des 9000 tonnes ne correspondent pas aux normes de la CEDEAO car  déficitaires en phosphate, azote, potasse et autres éléments nutritifs », souligne le mémorandum adopté le 27 juin 2015 par le comité directeur du parti du bélier blanc.

Comme on le voit, cette sortie médiatique du PDG de la Cmdt était donc inappropriée au moment où les enquêtes sont en cours et deux autres analyses du département du développement rural sont attendues. Peut-on se fier à ce que dit le PDG de la CMDT Kalifa Sanogo ? Qui dit la vérité entre le ministre Tréta et Kalifa Sanogo de la CMDT ?

De deux choses, l’une. Soit le PDG Kalifa, en voulant rectifier le tir est passé à coté, soit le ministre Tréta, en voulant fuir aux questions du député a dit ce qu’il ne fallait pas.

 

Bakary Koné, député RPM élu à Koutiala fils et petit fils de cotonculteur : « Le ministre n’a pas pu me dire que ces engrais sont sans conséquence sur la santé des populations »

Par Lerepublicainmali – 2015-07-06

« Sur cette affaire d’engrais frelatés, j’ai posé dix sept questions à Bocary Tréta qu’il n’a pas pu répondre. Je promets de l’interpeller encore sur cette affaire et il risque d’avoir plus chaud. Pour la simple raison qu’il n’a répondu à aucune de mes questions. Je lui ai posé la question de savoir si ces engrais sont nocifs pour la santé humaine. Le ministre n’a pas pu me dire que ces engrais sont sans conséquence pour la santé des populations.

L’honorable Bafotigui Diallo a eu à faire des analyses sur l’engrais qui prouve que l’engrais est frelaté. Auparavant, la Direction nationale de l’Agriculture avait envoyé une correspondance au ministre Tréta pour attirer son attention.

Ben Barka a aussi envoyé une lettre à Tréta depuis le 2 décembre 2014 pour demander au ministre de faire la commande de l’engrais avant le 1er trimestre de l’année 2015.

Mais, il ne l’a pas fait à temps. On voulait me faire taire comme quoi je suis un député de la majorité présidentielle. Il y a eu des propositions, mais je ne peux pas aller contre les intérêts des cotonculteurs, et je vais le dénoncer autant que je peux parce que le pays passe devant.

Que l’on soit de la majorité ou de l’opposition, le souci de tous les députés doit être de doter les paysans d’engrais de qualité. Et même si c’est le Président du parti du ministre qui était à sa place, j’allais le dénoncer »

Affaire dite de l’engrais frelaté : Le PARENA soumet un mémorandum aux principaux concernés

Mohamed Naman Keita    – Le 22 septembre du 6 juillet 2015

Depuis un certain temps, l’affaire dite de l’engrais frelaté fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis les « grins » jusqu’au sommet de l’Etat dans notre pays. A titre de rappel, le ministre Bocary Tréta avait été interpellé par les députés sur ce sujet brûlant de l’actualité.

C’est dans cette même optique que les responsables du  parti PARENA ont  organisé, le samedi 4 juillet au CICB, une rencontre avec les personnes directement liées à cette affaire pour leur présenter le mémorandum et en débattre le contenu. Ont pris part à cette rencontre les responsables  politiques, Tiébilé Dramé, Djiguiba Keita, professeur Salikou Sanogo, Amadou Goïta, l’honorable Mamadou Hawa Gassama, l’honorable Bakari Koné, les représentants des organisations paysannes, Bakary Togola, président de l’APCAM, Bakary Dembélé, chef de secteur des cotonculteurs de Koutiala et beaucoup d’autres invités.

Dès l’entame de son intervention, le premier responsable du parti PARENA, Tiébilé Dramé, a présenté le mémorandum  non seulement sur la gestion   de  l’affaire des l’engrais, un mémorandum contenant, par ailleurs, un diagnostic implacable de l’état de la nation.

Il a laissé entendre qu’il détenait les preuves de l’implication du ministre Tréta, de Bakary Togola dans l’affaire dite de l’engrais frelaté et que celui-ci serait dangereux pour la santé humaine et animale. Avant de demander la démission de ces responsables. Le premier responsable des coton-culteurs, Bakary Togola est revenu à la charge en donnant des précisions par rapport à la prétendue  dangerosité de l’engrais importé. « J’ai invité les cotonculteurs qui sont les premiers concernés dans l’affaire pour venir témoigner. Ils trouvent que l’engrais qu’ils ont reçu est très bon et que le problème a été résolu dès lors qu’on a retiré du lot la trentaine de tonnes litigieuses» a-t-il- soutenu.

Scandale de « L’Engrais Frelaté » : Le PARENA, solidaire du monde rural ?

Jean Goïta – Le Pouce du 6 juillet 2015

La question des engrais hors normes défraie la chronique. Pour exprimer sa solidarité à l’endroit du monde rural, le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) a organisé le samedi 04 juillet 2015 une conférence débats sur le scandale de « l’engrais frelaté » et la crise au sein des organisations de producteurs de Coton.

Il s’agissait pour le parti du bélier, à travers ce cadre d’échanges, d’éclairer davantage la lanterne de l’opinion nationale sur cette affaire qui ne dit pas toujours son nom. C’était au Centre International de Conférences de Bamako sous la présidence du président du PARENA, Tiébilé Dramé.

La conférence s’est déroulée en présence du président de l’Union Nationale des Sociétés Coopératives de Producteurs de Coton (UNSCPC), Bakary Togola, non moins président de l’APCAM et du GIE, chargé de l’Attribution des marchés d’importation de l’engrais et des matériels de traitement, des représentants des partis politiques, , des membres de la société civile, des parlementaires et des leaders d’ organisations paysannes.

Durant trois heures, les uns et les autres ont essentiellement axé le débat sur la véracité de la mauvaise qualité des engrais et leur impact non seulement sur la production agricole, mais aussi sur la santé des gens. La maladresse des propos et l’incompréhension aidant, la rencontre a, à des moments, été interrompue suite au réchauffement des esprits. Mais l’objectif recherché a été atteint puisque les différents acteurs ont pu se maîtriser et partager les préoccupations.

Le président du PARENA, Tiébilé Dramé, a fait savoir que cette initiative du parti s’inscrit dans le cadre de la bonne gouvernance au sein de secteur agricole qui concerne toute la nation malienne. Selon lui, au Mali, le marché de l’engrais et des pesticides, c’est la poule aux œufs d’or. Pour lui, cette affaire d’engrais frelatés met à nu un mécanisme éhonté d’exploitation, de paupérisation et d’enchaînement du paysan malien dont le sang et la sueur sont bus par des opérateurs économiques véreux disposant d’un large réseau de complicités au sein du pouvoir d’Etat.

Il a accusé le ministre du Développement Rural, Bocari Tréta et le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita d’avoir laisser faire sans prendre des mesures et punir les coupables de ce scandale.

Abordant la crise au sein des coopératives de Producteurs de Coton et le parti pris flagrant des autorités, Tiébilé Dramé a mis l’accent sur la mise en garde du ministre Tréta à ceux qui contestent l’autorité du président sortant, Bakary Togola dont le mandat à la tête de l’organisation a pris fin depuis 2013.

Selon lui, il ressort de lettre 00019 du 08 janvier 2015 du ministre que « .. . Toutes les personnes qui se rendraient coupables de pareils actes pourraient s’exposer à la rigueur de la loi ».

Somme toute, le président du PARENA a déploré la fuite en avant du ministre Tréta et l’incapacité de sanctionner les coupables comme dans l’affaire de l’avion présidentiel, celle des commandes de fournitures destinées à l’armée et de nombreuses autres dérives.

Au regard de tout ce qui précède, Tiébilé Dramé a demandé la démission du ministre Bocari Tréta et de Bakary de leur poste pour permettre à ce que toute la lumière soit faite sut cette affaire.

Choqués par cette déclaration du président de PARENA, les partisans de Bakary Togola ont immédiatement réagi en contestant vigoureusement la demande de démission de leur mentor. A comprendre que cela a failli tourner en une partie de combat acharné. Heureusement que les uns et les autres sont revenus à de meilleurs sentiments. Lorsque les esprits se sont un peu calmés, la parole a été donnée à l’assistance pour l’ouverture des débats. Plusieurs intervenants se sont succédé au « perchoir » pour donner leur opinion.

La première personnalité à donner sa version des faits a été le président de l’UNSCPC, Bakary Togola. Il a pour sa part, déclaré qu’il n’a rien à se reprocher. Pour Lui, tout ce qui se dit autour de cette question d’engrais vise à déstabiliser les producteurs de Coton et leur Union. Il a conclu que les résultats de l’analyse n’ont jamais dit que les engrais dits hors normes tuent.

A sa suite, l’honorable Tiassé Coulibaly député élu à Kati, non moins président de l’Association des Organisations professionnelles paysannes du Mali a fait comprendre que l’engrais en question manque des substances, mais il n’est pas mauvais. Il a invité les paysans à aller faire les tests dans leur champ au lieu de se laisser intimider par des paroles politiciennes.

Prenant la parole, au nom de l’URD, le député de Yélimané Mamadou Hawa Gassama, a souligné que même les morts savent qu’il y a de l’engrais hors normes au Mali. Mais, selon lui, tout ce scandale incombe aux autorités. Pour lui, tout le problème des maliens est lié à leur négligence.

Quand à l’honorable Bakary Koné, député élu à Koutiala, celui là même qui a interpellé le ministre Tréta à l’Assemblée Nationale, il a déclaré ceci « En tant que député de la majorité, je dois défendre le gouvernement contre les critiques de l’opposition. Mais, je dois dire la vérité, car je suis paysan. Ma démarche vise à ce que les paysans soit dans de bonne condition de travail. Avant le parti, c’est le pays qui compte d’abord. Je ne suis contre personne. Si le ministre est fautif, il doit être chassé au même titre que tous les complices ».

Pour le président de coopérative des Cotonculteurs de Kimparana, Bakary Klèdjomo Dembélé, Tiébilé Dramé doit aider les paysans à savoir la vérité. Selon lui, tout ce problème n’est que des querelles de postes et non de l’engrais. A ses dires, la Direction Nationale de l’agriculture, seule habilitée à faire les analyses n’a pas dit que l’engrais est nuisible pour la santé.

Le président du PS Yéelen Coura Amadou Koïta a déploré l’absence des fournisseurs. A ses dires, ces fournisseurs doivent s’expliquer sur la qualité de l’engrais. A la fin de la rencontre, le président de PARENA a invité les paysans de s’unir pour assainir le secteur agricole. Il leur a rassuré de l’accompagnement du PARENA.

Bakary Togola face au Parena : « Les cultivateurs ont beaucoup de considération pour toi Tiébilé, mais si tu te laisses induire dans l’erreur, saches que ça sera très grave pour ta carrière politique ».

JEAN GOÏTA

 « Nous ne pouvons pas accepter que des gens mal intentionnés sèment la pagaille dans notre organisation ». Invité spécial à la conférence du PARENA sur la question des engrais frelatés et de la crise au sein de l’Union Nationale des Sociétés Coopératives de Producteurs de Coton (UNSPC), qu’il préside depuis 2006, Bakary Togola a profité de l’occasion pour donner sa version des faits.

Interpellé et accusé par Tiébilé Dramé, le tout puissant président de l’APCAM a mis fin à certaines rumeurs. Sa réplique immédiate à la demande de démission de son hôte a été l’un des moments forts de la rencontre. Nous vous proposons un large extrait  de sa réponse à Tiébilé.

« Nous saluons le président Tiébilé Dramé et toute la Direction du PARENA pour avoir eu le courage d’initier cette rencontre. L’appel d’offres  a commencé au Mali il y a plus de 50 ans ; ce n’est pas aujourd’hui que cette procédure a été instituée dans notre pays. Les difficultés ont toujours existé. Les paysans constituent aussi un parti. Les premiers mots que tu dois retirer de tes propos, c’est la démission de Bakary Togola. Ce n’est pas toi qui m’a nommé. Ce sont les paysans qui m’ont élu. Je ne peux pas non plus te dire de quitter la présidence de ton parti. Il est important de reconnaître que cette affaire d’engrais est une grande préoccupation pour tout le Mali, car elle concerne l’agriculture, le moteur du développement.

« Il est aussi important de préciser qu’il s’agit de la zone cotonnière qui n’est pas le seul domaine de l’agriculture. Il y a la zone office du Niger, la zone de Sélingué, la zone du blé etc. C’est la direction nationale de l’agriculture qui subventionne les fournisseurs sélectionnés pour importer les engrais. Avant, les paysans cultivaient le coton sans subvention. Quand je commençais la culture du coton, l’engrais utilisé était le 14/22. Mais aujourd’hui, il est à 14/18. Sans subvention, nous vivons. Il faut qu’on se comprenne. Cela aidera aussi le PARENA à mieux faire son travail.

« C’est nous, qui avions initié depuis trois ans le contrôle sur les intrants pour nous assurer de la conformité des produits fournis par rapport au cahier de charge. Lors des dépouillements, c’est le sac vide qu’on nous montre. La première année, il a été constaté à des endroits que des commerçants ont vendu des sacs de 37kg au prix de 50kg initialement convenu. Sans analyse dans les laboratoires, le paysan n’est pas à mesure de connaitre les matières qui composent les engrais.

« La loi d’orientation agricole précise bien que la DNA doit d’abord faire le prélèvement sur les engrais avant de les remettre aux labos. Je suis paysan, mais je ne peux pas savoir si cet engrais est bon ou pas sans analyse.

« Pour cette année, le ministre du Développement Rural nous a accompagné dans cette démarche. Chacun a son travail. Nous avons payé la DNA pour que l’analyse soit faite. Quand les résultats de l’IER ont révélé que 37% des 9000 Tonnes soit 3404 Tonnes sont hors normes, j’ai immédiatement demandé à ce que ces produits soient impérativement remplacés. Malheureusement, au Mali, c’est les rumeurs de SOTRAMA qui font loi.

« Tous les présidents de coopératives qui sont dans la salle ou ailleurs ont eu cette lettre. Tout ce qui  se dit autour de cette affaire d’engrais est le résultat des querelles de clochers des fournisseurs.

« Les analyses n’ont jamais dit que les engrais hors normes tuent. Il ne faut pas confondre la faible quantité de substance recommandée par rapport à la qualité sur la santé. Pour faire face à ce problème nous avons dit de remplacer ces engrais hors normes ou de rajouter à la quantité déjà donnée. Personne ne peut nier que cette insuffisance de quantité de substance joue sur le rendement de la production agricole. Moi-même, j’utilise ce même engrais. J’ai quel intérêt à tuer mes propres parents et camarades paysans qui ont confiance en moi. Si tu bois des pesticides pour tuer des vers dans ton ventre, il faut s’attendre aussi à ta propre mort. Personne ne peut encore détourner les paysans dans cette affaire.

« Tous ceux qui parviennent à occuper des postes de responsabilité notamment dans l’Assemblée nationale, dans les Mairies, au sein des partis, passent par nous les paysans. Cette année, les paysans ont compris beaucoup de chose. Après ce mandat, on se retrouvera au tournant. Je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait mon travail.

« Notre mission est de nous assurer que les engrais fournis aux paysans respectent le cahier de charge. Et, nous nous basons sur les résultats de nos services spécialisés. Ces résultats ne devraient être une question de personnes. Nous avons le même objectif que vous Tiébilé. Nous devons nous unir pour savoir ce qui est à la base du mauvais rendement de nos récoltes. Ceci est notre droit. Personne ne déviera de cette logique. Qu’il y ait subvention ou pas, la culture des terres ne s’arrêtera pas au Mali. Nous n’arrêterons pas notre contrôle sous aucun prétexte.

« En ce qui concerne, notre organisation, l’UNSCPC, il faut que chacun sache que nous sommes dans la légalité. Tiébilé, des dissidents peuvent être dans ton parti, mais la question de notre structure est une affaire interne. Et tout comme au sein des partis, le linge sale se lave en famille. Notre gestion n’est pas une affaire d’Etat. Nous payons des consultants pour nous aider à éviter des erreurs.

« A l’adoption des nouvelles dispositions de l’OHADA, j’ai pris un consultant pour aller prendre l’avis des différents présidents de Coopération de Coton. Ils ont décidé à ce que je reste leur président. Même s’ils décident autrement, demain j’irais dans mon champ. Je suis paysan et je ne cherche que des postes de responsabilité dans le secteur agricole. Pour le renouvellement des instances de l’Union, il faut savoir qu’il a été décidé depuis au départ d’écarter les représentants des communes. Ceux qui sont entrain de crier aujourd’hui faisaient parti de ce groupe. J’ai été élu depuis la base jusqu’au niveau Central. Nous ne pouvons pas accepter que des gens mal intentionnés sèment la pagaille dans notre organisation.

« De 1992 à 2005, nous étions derrière  ceux qui veulent déstabiliser aujourd’hui l’Union. Je n’ai rien contre ceux qui n’ont pas pu avoir la confiance de leur base. Les cultivateurs ont beaucoup de considération pour toi Tiébilé, mais si tu te laisses induire dans l’erreur, saches que ça sera très grave pour ta carrière politique. Tout ce qu’on vous rapporte est faux. Déjà des cultivateurs sont entrain d’utiliser cet engrais et il ne rencontre aune difficulté. Aujourd’hui, on parle d’engrais, mais sachez qu’il n’y a rien de bon qui rentre au Mali .Personne n’est parfaite. Faites le contrôle sur la quantité du sucre dans les marchés et la qualité du lait, de l’huile et même des simples batteries des automobiles. Rien n’est en bon état. Nous devons nous faire confiance.

« Dans tous cas, les paysans sont sereins, ils n’attendent que la pluie pour aller travailler. Nous remercions le président de la République pour non seulement avoir subventionné les 1000 Tracteurs destinés aux cultivateurs, mas aussi pour la réduction à hauteur de 1500f CFA le prix des sacs d’engrais. Tout va bien dans note Union. Cette Union appartient à ceux qui cultivent le coton. Pour l’APCAM nous procéderons sans problème au renouvellement du bureau dont le mandat prend fin le 20 juillet 2015 »

Bakary Togola à Tiébilé Dramé : « je ne démissionne pas, l’affaire d’engrais n’est pas une première au Mali, le marché malien est inondé de produits de mauvaise qualité »

Abdoulaye Diakité – Malijet – 04 Juillet 2015 

Le Parti pour la renaissance nationale (Parena), fidèle à la tradition qui consiste à débattre des questions de préoccupation nationale, a organisé ce samedi 4 juin 2015, une conférence-débat au Centre international de conférence de Bamako (CICB) autour de l’affaire dite d’engrais frelatés ou de mauvaise qualité. Il y a de cela quelques jours, le parti a rendu public un mémorandum sur la même affaire.

Avec comme conférencier, Tiébilé Dramé, président du Parena, la conférence a réuni Bakary Togola, président de l’APCAM, président de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UNSCPC) et à ce tire président du GIE chargé de la gestion des engrais dans les zones CMDT, OHVN depuis 2006. La salle était remplie de cultivateurs venus de toutes les localités agricoles du pays et d’hommes politiques.

L’exposé du conférencier était basé sur le mémorandum du parti que Malijet a eu à relayer. Il a expliqué que c’est le ministre du Développement rural, Bokari Tréta, qui, commentant les résultats des tests en laboratoire, a été le premier à parler à la télévision nationale de cette affaire d’engrais de mauvaise qualité, appelés par d’autres ‘’engrais frelatés’’ (soit 40% des engrais importés) et que l’expression a été reprise par le président de la République et le Premier ministre. 

Tiébilé Dramé de rappeler que depuis le 14 janvier 2014, le ministre ivoirien de l’Agriculture, Mamadou Sangafori Coulibaly, avait déjà prévenu son homologue malien, Bokari Tréta, sur ces engrais de mauvaise qualité et que 21 mai 2015, le président du GIE (Bakary Togola) s’est vu obligé d’écrire à une vingtaine de fournisseurs bénéficiaires du marché qui s’élève à 60 milliards de Francs CFA,  pour les inviter à  prendre les dispositions utiles pour le retrait et le remplacement des quantités d’engrais hors normes. « Ce qui veut dire qu’il y a bel et bien des engrais de mauvaise qualité qui ont été importés au Mali », a expliqué M. Dramé.

Après avoir évoqué la crise qui sévit au niveau de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UNSPC) et face au danger que cette affaire d’engrais fait planer sur la tête des 17 millions de Maliens (drame alimentaire et environnemental), le conférencier a tiré la conclusion selon laquelle le président du GIE, Bakary Togola et le ministre du Développement rural, Bokari Tréta, doivent tous rendre le tablier.

Il n’en fallait pas plus pour susciter la colère noire de Bakary Togola dont les partisans tenaient à dicter leur loi.

Face à l’assistance, Bakary Togola a été clair : « Je remercie le Parena pour cette initiative, mais je dis à Tiébilé Dramé que je ne démissionne pas. Ce n’est pas toi (Tiébilé NDLR) qui m’as installé à la tête de l’UNSCPC, ce sont les paysans du Mali qui m’ont élu et c’est eux seuls qui peuvent me faire partir. Le processus a commencé depuis la base. Tu n’es pas paysan. Le jour où ils diront qu’ils n’ont plus besoin que je sois leur président, j’irai cultiver chez moi. Je suis paysan et je resterai paysan. Ceux qui sont derrière cette cabale ont eu à diriger les cotonculteurs du Mali de 1992 à 2005. On les a vus ici, on était là. Tiébilé, les paysans du Mali ont du respect pour votre personne et tu peux être président de la République demain…On se retrouvera ici après la fin de ces mandats… ».

Les engrais déjà utilisés par les paysans

Bakary Togola dit n’être rien dans cette affaire. Certes, il dirige le GIE chargé du dépouillement de l’Appel d’offre, mais il n’a pas compétence à savoir que les composantes nutritives des engrais sont déficitaires. Ce travail revient à la Direction nationale de l’Agriculture (DNA).

Togola dit que c’est lui-même qui a instruit à la DNA de réaliser des tests sur la qualité de ces engrais dès qu’il a eu vent de l’affaire. « Après que les résultats aient confirmé qu’une bonne partie desdits engrais était déficitaire, j’ai demandé à tous les fournisseurs (une vingtaine) de retirer ces engrais déficitaires, au lieu d’engrais frelatés ou toxiques comme prétendent certains. Mais, je ne peux pas vous dire si tous ces engrais ont été retirés ou pas. En la matière le GIE avait trois types de sanctions contre les coupables. Soit leur exiger de combler le déficit en éléments nutritifs, ou retirer lesdits engrais, ou encore compenser au niveau du prix. Le GIE a opté pour le retrait des engrais »,a expliqué Bakary Togola sous les ovations de ses partisans. A en croire le président du GIE, on est en train de dramatiser cette affaire d’engrais comme si c’était la première fois que des produits de mauvaise qualité sont importés au Mali. « Notre pays est inondé de produits de mauvaise qualité importés tels que le sucre, l’huile, les batteries…. ».

Intervenant après Bakary Togola, l’honorable Mamadou Hawa Gassama, député URD élu à Yélimané, a fait savoir que cette affaire d’engrais de mauvaise qualité est réelle et qu’on doit regarder la vérité en face. Il ne faut pas que les 2000 FCFA de dessous de table nous empêchent de reconnaitre la vérité comme c’est souvent le cas lors des élections où on arrive à tromper les gens avec une telle somme, a dit le député Gassama.

Mais c’est Bakary Klédioumou Dembélé de Kimparana et membre de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UNSCPC) qui a enfoncé le clou. Il doute de la compétence du laboratoire qui a réalisé les tests puisqu’il a donné deux résultats différents pour les engrais issus d’une même usine.

« Nous les paysans, nous ne croyons plus aux résultats du laboratoire tant que celui-ci ne nous montre pas la preuve du contraire. Nous sommes en train de sillonner les zones agricoles et les paysans qui ont déjà utilisé ces engrais, que certains décrient tant, sont en train de nous rassurer que c’est de la meilleure qualité et qu’ils vont même dépasser les prévisions en termes de rendement cette année. Allez-y voir les champs qui ont reçu ces engrais, vous verrez. Les paysans sont même en train d’en réclamer encore », a expliqué l’orateur.

L’honorable Bakari Koné, député élu à Koutiala, qui a été le premier à interpeller le ministre Tréta sur la question à l’Assemblée nationale, a expliqué que cette affaire d’engrais de mauvaise qualité n’est pas une affaire de partis politiques. Certes, il est de la majorité et soutient le président IBK, mais cela ne doit pas l’empêcher de défendre les intérêts des paysans. Lui-même étant paysan, fils de paysan, petit fils de paysan. « Quand j’ai décidé d’interpeller le ministre sur la question, des gens m’ont fait des propositions que j’ai refusées parce que je suis à l’Assemblée nationale pour l’intérêt des paysans ».

D’autres intervenants, notamment des paysans, ont tenu à préciser qu’il n’y a pas d’engrais frelatés ou toxiques au Mali, mais qu’il y a des engrais dont les composantes nutritives sont déficitaires.

En conclusion, le président du Parena, Tiébilé Dramé a trouvé qu’il y a la nécessité pour tous les Maliens de s’unir pour faire face à la situation. Il se dit réconforté en cela par les propos du même Bakary Togola quand il dit que « notre pays est inondé de produits de mauvaise qualité ».

« Les marchés des intrants agricoles respectent les textes en vigueur « 

 Bruno D SEGBEDJI – L’Indépendant du 4 juillet 2015

Le député Oumar Mariko s’est, hier lors de la séance de  » questions orales  » à l’Assemblée Nationale, longuement appesanti sur les préoccupations d’accaparement des terres surtout dans la zone Office du Niger, de passations de divers marchés d’intrants agricoles, dont celui connu sous le nom  » d’engrais frelatés « , de mise en place d’un GIE impliqué dans la fourniture incriminée de ces intrants  » hors norme « .

Bocary Tréta

A toutes ces questions, non dépourvues d’intérêt, le ministre Bokary Treta, qui a peiné à prouver qu’il est blanc comme neige,  a apporté des réponses avec des documents pour les appuyer. Pour lui, ces marchés respectent les textes en vigueur et en particulier les cahiers des charges en la matière. Avant de souligner que pour « une meilleure sécurisation de l’approvisionnement, le GIE se réserve le droit de diviser le lot entre plusieurs soumissionnaires en fonction de leur prix pour prévenir les cas de défaillance de nature à compromettre la campagne « .

Pour l’honorable Oumar Mariko, il y aurait eu la création d’un GIE spécialisé en approvisionnement en intrants agricoles et en pesticides. «  Sur quelle base ce GIE a-t-il été créé ? Quelles sont ses ressources ? Est-il soumis aux règles applicables aux marchés publics ? Par rapport à l’attribution des marchés, la règle est qu’un lot est indivisible, cependant l’avis d’adjudication fait ressortir qu’un même lot est attribué à plusieurs fournisseurs et à des prix différents. Comment expliquez-vous cela ? Pouvez-vous nous lire la liste des fournisseurs ?… « . C’est à croire qu’il y a des odeurs de magouilles dans ces marchés pour qu’ils suscitent deux questions orales en l’espace de trois semaines (celles de l’honorable Mariko intervenant après celles du député Bakary Koné de Koutiala).

Les GIE régis par l’Acte uniforme de l’OHADA

Dans ses réponses, le ministre du Développement rural dira que les coopératives au Mali sont régies par l’Acte Uniforme de l’OHADA et qu’à la faveur de cette harmonisation, il a été procédé à un regroupement de l’ensemble des différentes organisations de producteurs de coton telles que l’UN-SCPC/CMDT/OHVN (le GIE en question), SYVAC et d’autres.

Et Dr Bokary Treta de préciser que ces coopératives sont sous la tutelle du ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la reconstruction du Nord.

A propos du GIE UN-SCPC/CMDT/OHVN, qui intervient dans l’approvisionnement en intrants et appareils, il dira qu’il a pour objet «d’assurer une meilleure organisation de l’approvisionnement des producteurs de coton en intrant-coton, céréales et appareils de traitement dans le but de consolider et de pérenniser les systèmes de production». Et de souligner que «le GIE est sans capital…et son statut le dispense d’inscrire ses marchés dans le domaine des marchés publics».

A la question de savoir si le ministre confirme la mise en place de la structure faitière de ce GIE avant le renouvellement des structures de base, Dr Bokary Treta répondra par la négative. «Je ne saurais confirmer  ce propos qui ne me semble pas être exact, car il ne s’agit pas d’un renouvellement d’instance mais plutôt d’une harmonisation conformément aux dispositions légales prévues par  l’Acte Uniforme Relatif au droit des Sociétés Coopératives (AURSCOOP) entré en vigueur le 15 Février 2011».

Pas d’accaparement de terres?

Il dira que les problèmes posés par les villages de Sanamadoubou et de Saou résultent de la conclusion du bail ordinaire N°001/PDG-ON du 31 mai 2010 entre l’Office du Niger et la société Moulin Moderne du Mali conformément aux modes de tenure des terres affectées à l’Office du Niger précemment cités. Sur la base des résultats des études d’impact environnemental et social du bail, la compensation des champs affectés porte, en nature, sur 10% de la superficie aménagée.  A la date du 31 août 2014, a-t-il poursuivi, la compensation a porté sur une superficie aménagée de 100 ha au profit du village de Sanamadougou, de 32 ha au profit du village de Diado et de 8 ha de parcelle de maraîchage au profit des femmes, soit au total 140 ha.

Par ailleurs une école de six classes a été construite dans le village de Diado, qui est déjà opérationnelle. Aussi une compensation en espèce a été faite aux populations affectées à concurrence de 60 516 000 FCFA.

Et le ministre d’ajouter que suite à la persistance dans la contestation du village de Sanamadougou, une commission régionale de suivi a été mise en place sous l’égide du gouverneur de la région de Ségou.

Cette commission est à pied d’œuvre pour concilier les parties et faire appliquer la loi comme cela a toujours été en zone Office du Niger où les modes de tenure des terres sont clairs et précis. « Enfin, dans la gestion de ce confit, une mission de la primature s’est rendue en décembre 2014 sur le terrain. Elle  a formulé des recommandations qui sont en cours de traitement au sein de la commission régionale installée par le Chef de l’exécutif régional « , a expliqué Dr Bokary Treta.

Avant d’assurer les populations de Sanamadoubou, Saou, et Niono que la politique poursuivie par son département est celle de l’équité dans l’attribution des terres agricoles dans le respect des textes en vigueur. «  Mon département, ne saurait entreprendre aucune action qui puisse entraver l’épanouissement de notre secteur rural qui est l’épine dorsale de l’économie nationale et duquel environ 80% de la population tirent l’essentiel de leurs revenus »  a-t-il indiqué.

 

Bakary Togola, président de l’Apcam à la conférence-débat du Parena : « Tout ce qui est importé au Mali est frelaté : sucre, lait en poudre, engrais, batterie pour voiture… »

Aguibou Sogodogo – Le Républicain du 4 juillet 2015

Invité par le Parena à venir s’expliquer sur ses responsabilités dans l’importation et la distribution d’engrais de mauvaise qualité dans notre pays, le président de l’Apcam et du Gie d’attribution des marchés d’engrais, Bakary Togola a cru bon se faire accompagner par certains cotonculteurs.

C’est lui qui les a choisi, donc des individus bien triés qui lui sont plutôt favorables. Invité à démissionner pour avoir été responsable de l’importation de mauvais engrais, Bakary Togola soutient qu’il n’y a pas que l’engrais seul qui est mauvais au Mali, mais plutôt tout ce qui est importé : sucre, lait en poudre, engrais et même les batteries de véhicule …

Il souligne donc l’état général du pays, où rien ne semble se faire avec la rigueur requise. Alors pourquoi le Parena fait-il de la fixation sur le seul engrais ?

La problématique d’engrais de mauvaise qualité est une préoccupation majeure des maliens dont 80% de la population vit de l’agriculture. Face à cette question d’intérêt national, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) a pris le taureau par les cornes en inscrivant le sujet au centre d’une conférence-débat.

Ainsi, après un Mémorandum implacable sur le scandale de « l’engrais frelaté » et la crise au sein des organisations de producteurs (adopté par le comité directeur du parti le 27 juin 2015), le Parena, dans le cadre de ses activités d’animation politique a organisé le samedi 4 juillet 2015 au Cicb, une conférence débat sur le thème « la question de l’engrais et la crise au sein des organisations de producteurs de cotons ».

Cette conférence débat était animée par le premier responsable du parti, Tiébilé Dramé, non moins ancien ministre en présence de nombreuses autres personnalités.

Dans sa déclaration liminaire, le président Tiébilé Dramé a évoqué l’existence au Mali d’engrais hors norme et a demandé la démission du ministre du Développement rural Bocary Tréta et celle du président de l’Apcam et du Gie Bakary Togola. Si le ministre n’était pas là, le président de l’Apcam lui était là en chair et en os, lorsque Tiebilé Dramé lui a demandé en face de démissionner.

La salle de Banquet du centre internationale de conférence de Bamako (Cicb) a servi de cadre le week dernier pour la tenue d’une conférence débat de plus de trois heures d’horloge sur l’engrais hors norme au Mali. Sur les banderoles exhibées dans la salle où se tenait ladite conférence, on pouvait lire : « Le Parena avec les paysans pour les engrais conformes aux normes de la Cedeao », « Le Parena solidaire des producteurs de coton pour la gouvernance au sein de l’Un-Scpc ».

Parmi les personnalités présentes, on peut citer, les anciens ministres, Younouss Hamey Dicko, Salikou Sanogo, Amidou Diabaté, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali N Diallo, les honorables députés, Mamadou Hawa Gassama, Bakary Koné, Tiassé Coulibaly, le président du Ps Yeelen Coura Amadou Koïta, le président de l’Apcam Bakary Togola, qui avait mobilisé certains cotonculteurs pour défendre sa cause.

Dans son allocution, le président du Parena, Tiébilé Dramé a fait savoir que ce n’est pas la première fois que son parti fait des débats allant dans le sens de l’intérêt général tels que les débats sur le nord, sur l’éducation etc. Faisant le point sur l’évolution de la question d’engrais frelaté, le président du Parena indique : « le 21 mai 2015, le président du GIE s’est vu obligé d’écrire à une vingtaine de fournisseurs  pour les inviter à prendre les dispositions utiles pour le retrait et le remplacement des quantités d’engrais hors normes… Lors du Conseil supérieur de l’agriculture tenu le 26 mai 2015, le président de la République a dénoncé le scandale de l’engrais frelaté. Il a exprimé son indignation, a parlé d’éthique et de morale et a promis qu’il n’y aurait pas d’impunité… Le 14 janvier 2014, le ministre ivoirien de l’agriculture, M. Mamadou Sangafori Coulibaly, a prévenu son homologue malien : Il nous revient de manière récurrente, que des engrais non conformes aux normes de qualité, telles que définies dans le manuel de procédure de contrôle des engrais de la CEDEAO, sont importés et commercialisés en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Les sociétés importatrices sont, pour la plupart, installées en Côte d’Ivoire et au Mali… Entretemps,  notre ministre du développement rural n’avait même pas daigné répondre au courrier du chef du gouvernement prévenu, le 2 décembre 2014,  par le ministre de l’industrie d’alors ».

A l’en croire, le 4 octobre 2014, le GIE dirigé par Bakary Togola, a délibéré et attribué les marchés d’importation de l’engrais de la campagne agricole 2015-16 à seize opérateurs pour les 210.000 tonnes du secteur coton et à huit opérateurs pour les 37.000 tonnes destinées au secteur céréales pour des prix unitaires oscillant entre 317.000 F et 245.000F la tonne. Tiebilé Dramé a invité tous ceux qui disent qu’il n’y a pas d’engrais frelaté au Mali, d’arrêter ces allégations, car « on ne peut pas dire que l’existence d’engrais hors normes n’est pas vrai », a-t-il dit.

Acculé par les questions interpellatives de Dramé, Bakary Togola de l’Apcam et du GIE a fait savoir qu’au délà de l’engrais, tous les produits importés au Mali sont de mauvaise qualité. « Ce n’est pas seulement l’engrais, tout ce qui est importé aujourd’hui au Mali est de mauvaise qualité. Au marché, le sachet du sucre n’atteint pas le kilogramme, le lait en poudre n’est pas de bonne qualité, même la batterie pour les véhicules n’est pas de bonne qualité. Je pense qu’on doit se comprendre et se faire confiance», a dit Bakary Togola. A l’en croire, l’engrais hors norme a été retiré des magasins.

L’honorable Mamadou Hawa Gassama a remercié le Parena pour cette initiative tout en  faisant savoir que Tiébilé Dramé est entrain de faire la lutte pour les paysans.

Quant à la présidente des femmes du Parena, Mah Keïta, le problème d’engrais concerne tout le monde. La subvention faite par IBK est effectué sur la base des impôts payés par les Maliens, a-t-elle dit.

Selon Amadou Koïta du Ps Yéelen Coura, le problème d’engrais frelaté est plus grave que la crise du nord du Mali.

En conclusion, le président Tiébilé a fait savoir que le ministre Tréta a été le premier à parler 40 000 tonnes d’engrais frelatés. Selon lui, le président et le premier ministre ont tous eu à reconnaitre l’existence d’engrais hors norme au Mali.

« Si l’engrais n’est pas complet, la production ne le sera pas et ça va se répercuter sur les paysans et amener la pauvreté. On doit se donner la main pour lutter contre l’importation des produits de mauvaise qualité au pays. Nous souhaitons la paix et l’entente au Mali », a conclu Dramé.

 

Engrais frelaté, pénurie de passeport : Les ministres Tréta et Sada en panne d’arguments face à Mariko

Par Maliki Diallo – L’Indicateur du Renouveau – 3 juillet 2015

 

Les ministres du Développement rural (MDR), Bocary Tréta, et celui de la Sécurité et de la Protection civile (MSPC), Sada Samaké, interpellés hier, jeudi, à l’Assemblée, respectivement sur l’affaire d’engrais frelaté, l’accaparement de terres des paysans, l’insécurité, la pénurie de passeports et de cartes d’identité, l’affaire des élèves commissaires etc., n’ont pas pu convaincre leur interpellateur Oumar Mariko.

Dans son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, le député Sadi élu à Kolondiéba, Dr. Oumar Mariko, a interpellé hier les ministres Bocary Tréta du Développement rural et Sada Samaké en charge de la Sécurité, qui sont sans doute les plus « critiqués » du gouvernement Kéita ces derniers temps.

Ces ministres n’étaient pas à leur première interpellation par le député sur les mêmes sujets. Encore une fois, aucun d’eux n’a développé des arguments convaincants ni proposé des solutions correctives aux scandales qui relèvent de leurs responsabilités.

Le ministre du Développement rural fut le premier ce jeudi à comparaître devant la représentation nationale. L’interpellateur Oumar Mariko voulait des précisions sur la problématique de l’accaparement des terres agricoles des populations de Sanamandougou, Saou, Zemesso et de Niono, sur la mise en place des structures de l’UN-SCPC et sur la mise en place de GIE-UN-SCPC/CMDT/OHVN, sur l’affaire de l’engrais frelaté et le marché gré à gré de plus 4,2 milliards de F CFA attribué à la société Stone pour 17 000 tonnes de chaux agricole.

En réponse, le ministre Tréta a reconnu que des paysans des zones indiquées ont été spoliés de leurs terres. Selon lui, il y a un conflit d’intérêt entre le choix de l’agro bisness et les petits exploitants qui se pose à Saou et à Sanamandougou à la suite de la mise en œuvre des instruments juridiques de la gestion des terres agricoles, ce qui explique la dépossession de ces populations de leurs terres cultivables. Il a affirmé que le dossier est instruit à la justice afin de trancher entre les protagonistes.

Le ministre du Développement rural a poursuivi « qu’on a diminué les petit exploitants au profit d’un industriel », le PDG du Grand distributeur céréalier du Mali (GDCM), Modibo Kéita. Le ministre a reconnu que 20 000 hectares ont été octroyés à ce denier à la suite d’une convention avec des autorités. L’industriel a déjà aménagé 7400 ha.

Il s’est engagé à aménager 1000 ha pour ses victimes selon Tréta et affirmé qu’il a déjà aménagé 100 ha pour eux, une information qu’Oumar Mariko a démentie en signalant comme preuve le rapport d’une mission de la Primature sur le terrain. Le député a déploré que 34 villages dans ces zones de l’Office du Niger soient dépossédés de leurs superficies agricoles sans leur montrer où ils vont pratiquer leurs activités de survie. Aucune solution n’a été proposée par le ministre pour soulager les sinistrés.

La réponse du berger à la bergère

Se prononçant sur l’affaire dite engrais frelaté, le ministre du Développement rural a affirmé qu’une quantité importante d’intrants est hors normes. Il a précisé que sur la totalité des engrais (209 000 tonnes) seulement 10 000 tonnes ont été analysées et qu’il est avéré que 4200 tonnes, soit 37 %, sont hors normes.

L’honorable Mariko, voulant en savoir sur les effets des engrais sur la production agricole et sur la vie humaine n’a pas satisfaction. Tréta l’a affirmé que les analyses consistaient seulement à vérifier les normes des engrais alors que le député parlait des métaux lourds dans les engrais qui pourront affecter la santé humaine.

Après une heure de discussions, l’honorable Mariko s’est dit insatisfait des réponses du ministre qui, selon lui, n’a proposé aucune solution pour éradiquer les problèmes qui l’incriminent personnellement.

Le ministre de la  Sécurité et de la Protection civile a comparu pour la troisième fois ce jeudi devant l’Assemblée nationale à l’invitation d’Oumar Mariko. Il l’interpellait sur l’éventuelle pénurie de passeports et cartes d’identité, l’insécurité grandissante dans le pays, le refus d’exécution d’une décision de justice relative au maintien des élèves commissaires dans les rangs des forces de l’ordre et surtout l’exclusion abusive des certains syndicalistes de la police nationale.

Encore une fois, le ministre du  Sada Samaké a affirmé qu’il n’y a pas de pénurie de passeports et de cartes d’identité au Mali. Selon lui, il y a suffisamment de cartes d’identité et passeports disponibles et que la distribution se passe bien. Il a qualifié l’élu national « d’agitateur ».

Mariko a encore démenti les allégations du MSPC en soutenant que les Maliens dorment toutes les nuit devant les commissariats, à la police des frontières et aux ambassades pour se procurer de ces pièces sans succès. Il a ajouté que s’il n’y a vraiment pas de pénurie à ces niveaux, que le ministre lui-même entretient un réseau mafieux autour de l’attribution des dites pièces pour s’enrichir. Comme une réponse du berger à la bergère, il a traité le ministre ne lui « d’agitateur professionnel ». Cette réponse d’Oumar Mariko n’a pas plu au président de l’institution qui a suspendu les débats avant la fin de l’heure.

Mariko a promis au ministre que la commission parlementaire sera mise en place ce jeudi pour démanteler son réseau mafieux.

Sur les autres points, les deux hommes ne sont pas entendus. Le général Sada Samaké au lieu de répondre aux questions s’est permis de dire que sa « présence au gouvernement dérange l’honorable Oumar Mariko ». Comme pour dire que les débats ont par moment frôlé les pâquerettes naines.

 

 

 

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :