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Le ramadan côté cuisine…

by sur 8 juillet 2015

Dernière mise à jour jeudi 9 juillet à 18h07

Le ramadan, c’est le jeûne du lever au coucher du soleil.

Mais c’est aussi le repas de rupture du jeûne pour lequel les ménagères doivent parfois casser leurs tirelires afin de contenter les jeûneurs en manque…

Petit tour de l’autre côté du miroir, ou « le ramadan côté cuisine ».

Approvisionnement de Bamako en viande pour la fête de Ramadan : 700 bovins en vente promotionnelle à compter de ce lundi

Yaya Samaké – 22 septembre du 9 juillet 2015

Fidèle à une politique initiée depuis 2010, le ministère du Développement Rural, sous la coupe de Dr Bocary Tréta, va remettre sur le tapis la traditionnelle vente promotionnelle de bétail à l’approche des fêtes de Ramadan et de Tabaski.

L’opération 2015, dont le lancement est prévu pour ce lundi 13 juillet 2015, à l’annexe du terrain municipal de football Chaba à Lafiabougou, va porter sur 700 bovins de qualité. Un record depuis 2011, où l’opération avait porté sur 701 bovins aussi.

Ils seront cédés à des fourchettes de prix raisonnables en faveur de la population de Bamako, afin de lui permettre d’accéder à de la viande de qualité pour cette fête Ramadan. 6ème du genre, l’opération 2015, comme les précédentes, vise à approvisionner le marché de Bamako en bovins afin de faire chuter les prix à l’occasion de cette fête.

Avec la reconduction de cette mesure et son application à la fête de l’Aïd el Fitr, on peut dire que le ministère du Développement Rural entend témoigner sa solidarité avec les fidèles musulmans, mais aussi réduire la facture des Bamakois pour l’achat de viande.

De son initiation à nos jours, l’opération Ramadan ou vente promotionnelle de bétail a permis de mettre à la disposition de la population du District  2 798 bovins, qui ont été vendus au niveau des différentes communes du District de Bamako. Les fourchettes de prix de vente ont évolué et celles retenues pour le moment sont les suivantes: 1er choix, 250 000 à 200 000 FCFA, 2ème choix, 200 000 à 150 000 FCFA, 3ème choix, 150 000 à 100 000 FCFA.

Au delà de son caractère social, cette opération va contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de revenus des agro-éleveurs et pasteurs, par la promotion et le développement durable de leurs filières. Elle s’inscrit aussi dans le cadre de la valorisation des productions animales, expression forte de la volonté politique du département du Développement Rural.

Rupture du jeûne : COMMUNION ET FRATERNITE AVEC « GALAXIE » CENTRE CULTUREL ET DIALOGUE TURCO-MALIEN

M. SISSOKO – L’Essor – 8 juillet 2015

« Galaxie » centre culturel et Dialogue turco-malien ont perpétué la tradition, en organisant pour la 4è fois une cérémonie de rupture de jeûne à l’hôtel Radisson Blu. Beaucoup d’invités, dont des anciens ministres, des parlementaires, des diplomates, des religieux et des hommes politiques ont pris par à cette cérémonie qui s’est déroulée dans la communion et la fraternité conformément au thème choisi pour la présente édition : « Expériences de vivre ensemble ».

Dès le coucher du soleil, moment de rupture du jeûne chez les musulmans, les invités ont dégusté des dattes, des beignets et des boissons, avant de gagner une autre salle aménagée, à cette occasion, pour la prière du « Fitr ».

Après avoir accompli ce devoir, les fidèles ont rejoint leurs places pour savourer le repas principal préparé dans les cuisines de l’hôtel. Comme le prévoyait le programme, les invités ont assisté à la projection d’un film de 11 minutes sur les activités de Galaxie, sous l’égide de la Fondation des journalistes et écrivains. L’organisation y explique les valeurs culturelles et religieuses de la Turquie.

La fondation qui a vu le jour le 19 septembre 1995, a construit des écoles en Turquie et dans d’autres pays dont le Mali. Elle a aussi constitué une chaîne de solidarité mondiale autour d’une plate-forme d’amour à travers des rencontres internationales sur des sujets préoccupant l’humanité.

Plusieurs interventions ont marqué cette cérémonie. En s’adressant à ses invités lors de la traditionnelle « Ifta » (mot turc désignant la rupture du jeûne), Souleymane Demirtas, le directeur de Galaxie centre culturel et Dialogue turco-malien, a expliqué que la structure œuvre à l’avènement d’un monde de solidarité, de tolérance. C’est ainsi que Galaxie a bénéficié du soutien du Collège Horizon pour l’organisation de cette cérémonie, parmi tant d’autres activités.

Il faut souligner que des milliers de familles bénéficient de plats et de vivres durant le mois béni du Ramadan. « Pour nous, la personne humaine est la plus grande richesse. Nous voulons faire en sorte que la communion des cœurs et des esprits soit une réalité, un facteur de tolérance et de paix », a souligné Souleymane Demirtas. Il a indiqué que Galaxie centre culturel et Dialogue turco-malien ont été créés en novembre 2011 pour servir de pont entre notre pays et la Turquie.

L’abbé Timothé Diallo de l’Archevêché de Bamako et Soufi Bilal du Haut conseil islamique du Mali, ont salué cette initiative de Galaxie. Après avoir dénoncé l’exclusion sociale et l’intolérance, ces leaders religieux ont fait des bénédictions pour notre pays et la Turquie.

Même son de cloche pour le représentant du maire de la Commune IV qui a imploré Dieu, le Miséricordieux, pour qu’il protège notre pays contre les attaques terroristes et nous permette de passer un bon hivernage.

De son côté, le président de l’UM-RDA, Bocar Moussa Diarra, a invité les uns et les autres à combattre l’ignorance, faciliter l’accès de l’instruction aux jeunes et organiser la société civile.

Des cadeaux ont été offerts à des invités, parmi lesquels l’honorable Djikiné qui dirige le groupe parlementaire d’amitié Mali-Turquie.

Ramadan 2015 : les marchés du pays bien approvisionnés

Safiatou THIAM –  Le reporter – 8 juillet 2015    

De Kayes à Kidal en passant par Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao, les marchés ont été bien approvisionnés avec une surveillance des prix, au jour le jour, pour mettre en exécution les dispositions du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

C’est pourquoi, bien avant le mois de Ramadan, le ministre de l’Industrie et du Commerce a tenu plusieurs réunions au niveau de son Cabinet afin de mettre les différents partenaires et opérateurs économiques dans le bain des actions qui devraient être menées pour que les Maliens puissent faire un bon mois de Ramadan.

À deux semaines de la fin du mois de Ramadan, on peut dire mission accomplie pour le ministère de l’Industrie et du Commerce. Les responsables du cabinet avaient donné le ton à travers la Direction nationale du commerce et de la concurrence. En effet, Modibo Keïta était dans les marchés pour voir les stocks des denrées de première nécessité : sucre, lait, huile, farine…Le même exercice s’est poursuivi dans toutes les régions où les stocks étaient disponibles. «Nous avons vu les produits. Les dattes, sucre, huile, farine, pattes, jus et fruits sont là en abondance. Nous venons de voir les boutiques et les marchés à Gao. Ici, l’avantage a été la signature de l’accord, parce que les camions viennent de l’Algérie et passent aujourd’hui par Ménaka, sans problème», a laissé entendre Kader Touré, représentant des Associations de consommateurs à Gao. Il s’est réjoui du travail impeccable abattu par les autorités locales et la Direction régionale du commerce.

Dans les marchés de Mopti et de Ségou, le constat était le même, seulement les populations n’ont pas assez de moyens. Cela pose problème, sans quoi, les marchés sont bien approvisionnés. «Nous avons tout ici, nous avons un stock suffisant qui va au-delà du mois de Ramadan, mais seulement, nous sommes un peu pauvres, sinon les prix des denrées de première nécessité n’ont pas pris l’ascenseur cette année. Cela nous facilite les choses», a dit Abdoulaye Sylla au marché Djenné Daga de Mopti.

Bref, dans les grandes villes maliennes, les prix n’ont pas connu une grande hausse. Dans certains marchés, au début du mois de Ramadan, les acheteurs avaient reconnu un renchérissement des prix. Le gingembre est cédé entre 600 à 800 Fcfa/kg, selon les marchés et le tamarin entre 400 à 600 Fcfa, selon la qualité et le citron était presqu’intouchable sur le marché. Cinq petits citrons sont vendus à 200 Fcfa. Mais actuellement, les choses commencent à revenir à la normale.

Le Conseil national des prix, regroupant les importateurs, les commerçants grossistes, les détaillants, les associations de consommateurs, les représentants des syndicats des travailleurs, s’est réuni le mercredi. Il a évalué la situation générale des stocks et des prix. Après une analyse des points à l’ordre du jour, les acteurs en charge de l’approvisionnement du pays ont reconnu que le marché des produits de première nécessité est stable.

Le marché enregistre tout juste quelques fluctuations à la baisse pour certains produits. «L’état d’approvisionnement des marchés est très satisfaisant. Cependant, nous demandons aux importateurs présents ici de maintenir cette tendance de stabilité. Notre pays fait face à des difficultés. Le renchérissement des prix surtout pendant ce mois de Ramadan pourrait occasionner des tensions», a recommandé le Conseil.

De façon générale, les marchés sont bien achalandés. Les prix à la consommation sont globalement stables. Mais, la vigilance doit être de mise, car comme toutes les années, les spéculateurs guettent la moindre occasion pour déséquilibrer le marché.

Marché du Ramadan : LA SURENCHÈRE SUR LA VIANDE, LA VOLAILLE ET LE POISSON NE FAILLIT PAS

D.DJIRÉ – L ‘Essor – 06/07/2015 03:30

Depuis le début du Ramadan, le coût de ces produits donne la migraine aux ménagères et scandalise les consommateurs

Les clignotants s’étaient allumés juste à la veille du mois de Ramadan. Ils annonçaient déjà une tension incompréhensible sur certains articles du panier de la ménagère. Cette tendance haussière se confirme malheureusement à chaque jour qui passe. Car l’augmentation, une fois déclenchée, reste constante lorsqu’elle ne progresse pas. Aujourd’hui la viande, la volaille et le poisson connaissent une surenchère incroyable. En effet, de mémoire de ménagère, jamais les prix de ces produits n’avait atteint un niveau aussi affolant. Ce renchérissement déstabilise aujourd’hui autant les maîtresses de maison soucieuses de servir aux leurs un repas succulent que les chefs de famille obligés d’augmenter les frais de condiments.

Il faut dire qu’habituellement, la principale préoccupation des pères de famille résidait dans le prix des céréales. Avec le bon niveau d’approvisionnement du marché, ce souci majeur s’est dissipé. Il n’en est malheureusement pas de même avec la préoccupation que constituent les prix de la viande et de la volaille. Ceux-ci prennent l’ascenseur en même temps qu’explose la demande. Comme d’habitude, les vendeurs ne manquent pas d’arguments pour expliquer le renchérissement de leurs produits. Le consommateur, lui, encaisse avec résignation la énième spéculation montée à l’occasion du Ramadan.

Un tour sur les différents marchés de la capitale nous permet de constater que la hausse semble s’être durablement installée surtout en ce qui concerne la viande de bœuf et de mouton ainsi que les produits dérivés. Ici, la hausse varie de 200 Fcfa à 500 Fcfa le kilogramme selon la qualité et les produits. Au marché Dibida, le kilo de viande de bœuf avec os est passé de 2000 Fcfa à 2200 Fcfa et le gigot sans os de 2250 Fcfa à 2700 Fcfa. Le filet qui représente la qualité supérieure plane à 3000 Fcfa le kilogramme. Quant au foie de bœuf, particulièrement prisé par les gargotières, il est aujourd’hui vendu à 3500 Fcfa le kilo contre 3000 Fcfa avant le Ramadan. La gousse de rognon est cédée à 1500 Fcfa.
À 11 HEURES, TOUT EST VENDU. Cependant, le comble de la surenchère se concentre sur la tête et sur les pattes, morceaux de choix pour les gourmets. La tête de bœuf vendue avant le Ramadan entre 10.000 à 12.000 Fcfa l’unité est aujourd’hui cédée entre 18.000 et 20.000 Fcfa. La patte de bœuf n’a pas fait les choses à moitié avec un prix qui est passé du simple au double, de 1.250 à 2.500Fcfa l’unité. La patte du mouton, qui constitue un mets plus raffiné, a sauté de 3000 Fcfa à 4000 Fcfa, voire à 5000 Fcfa, selon la qualité.

Pour expliquer le renchérissement quasi général, les chevillards ne sont pas à court d’arguments. Selon Ousmane Cissé, boucher au marché Dibida, plusieurs facteurs se conjuguant pour la situation actuelle. Le premier, selon lui, c’est la saison hivernale.

« Dès que s’amorce l’hivernage, nous avons des problèmes d’approvisionnement en bœufs sur pied. Les bêtes bien en chair deviennent même rares. Cette année, nous avons pu tout particulièrement constater le faible approvisionnement des marchés en bêtes. Ces marchés ont subi le contrecoup de la sècheresse qui sévit dans les zones de grande production de Douentza et du Gourma. En outre, l’insécurité résiduelle dans le Septentrion de notre pays et même dans une grande partie de la région de Mopti a dissuadé les marchands de bétail de s’aventurer dans ces zones à la recherche de bêtes. Aujourd’hui, il faut débourser entre 750.000 à 800.000 Fcfa pour un animal bien en chair. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de réorganiser un peu les prix », se défend le boucher.

Notre interlocuteur ajoutera que la tendance actuelle s’est installée bien avant le Ramadan. « Nous nous sommes débrouillés pour maintenir les prix stables. Cependant, avec le Ramadan durant lequel la demande s’avère supérieure à l’offre, nous avons été obligés de revoir les fourchettes des prix pour satisfaire les besoins du marché. Voyez-vous par vous-mêmes. A 11 heures déjà, il y a plus de viande ici, tout est vendu », insiste notre interlocuteur. Pour lui, la stabilisation des prix pourrait être obtenue avec une implication de l’Etat.

« L’année dernière, le département du Commerce avait pris des mesures spécialement pour ce mois de carême en accordant une subvention qui permettait de rabattre de 200 Fcfa le prix de chaque kilo de viande à la sortie des abattoirs. Mais cette mesure, pourtant efficace, ne s’est pas inscrite dans la durée. Il est donc temps pour nos autorités de s’impliquer dans l’approvisionnement du marché en bêtes. Elles peuvent le faire à travers des programmes comme le Padeso qui fournissent chaque année le marché en moutons et qui ont contribué à faire baisser la surenchère sur ces bêtes à la veille des fêtes. Si l’approvisionnement du marché en bêtes de qualité est garanti, je suis sûr que les prix fléchiront. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, importateurs de bœufs à partir de chez nous, arrivent à réguler leurs marchés de viande, pourquoi nos autorités ne pourraient pas en faire de même », lance-t-il.

LA SEMPITERNELLE RENGAINE DE L’HIVERNAGE. Alassane Touré, boucher au marché de MagnaMbougou, se plaint également du manque récurrent de têtes dans les différents « garbals » de Bamako pendant cette période. Et cette pénurie influe inévitablement sur le prix de la viande.

« On ne peut pas acheter à plus de 800.000 Fcfa un bœuf de 300 kilos et n’en tirer après la vente que 660.000 Fcfa, argumente le vendeur. Nous sommes obligés d’ajuster les prix en conséquence. Nous le faisons non seulement sur la viande, mais aussi sur les parties dérivées – têtes, pattes et même intestins ». Alassane Touré nous indique que le principal souci qu’ont les bouchers actuellement n’est plus de faire des bénéfices, mais de récupérer au moins l’argent engagé. Il assure que même avec les hausses opérées, il leur arrive à ses collègues et à lui de vendre très souvent à perte. Lui également est partisan d’une implication des autorités similaire à celle qui permet de stabiliser le prix des céréales.

Les consommateurs ont actuellement toutes les raisons de se sentir cernés par la spéculation. Car comme celui de la viande, les prix de la volaille et du poisson de mer se sont également laissé pousser des ailes. Cédé il y a trois mois entre 2250 Fcfa à 2500 Fcfa, le poulet est aujourd’hui vendu entre 3000 à 3500 Fcfa. La pintade est devenue intouchable, elle qui coûte entre 4000 et 5000 Fcfa. Les poulets de chair qui commençaient à conquérir les consommateurs locaux sont eux aussi pris dans le mouvement ascensionnel. Leur kilogramme s’enlève désormais entre 2500 Fcfa et 2800 Fcfa, selon les qualités et les quartiers.

Ces variations sont amenées par la volonté d’exploiter au maximum la forte demande du Ramadan. Mais pas seulement. La ruée annoncée de nos poulets vers la destination ivoirienne y est aussi pour quelque chose. Et il ne faut pas oublier la sempiternelle rengaine de l’hivernage entonnée par les vendeurs. En effet, insistant sur l’effet des premières pluies, les spéculateurs essaient de nous convaincre, la main sur le cœur, que les points d’approvisionnement en volaille sont difficiles d’accès pendant l’hivernage et que les frais de transport grimpent de manière spectaculaire.

Toutes choses qui compliquent singulièrement la tâche aux acheteurs. Ces derniers qui écument les foires et les villages pour constituer les stocks de volaille locale empruntent des pistes que les pluies rendent impraticables. Ces « spécialistes » font aussi remarquer que durant la présente période les femmes rurales sont plus investies dans les travaux champêtres que dans l’entretien de leurs poulaillers. Même chez les aviculteurs professionnels, la période ne serait guère favorable à une grande production de volaille.

A notre avis, il serait difficile d’accorder une quelconque crédibilité à ces explications plutôt tirées par les cheveux. Par contre, la combinaison de deux facteurs mérite d’être prise en compte dans l’explication à donner à la hausse actuelle : la très forte demande liée à la période du Ramadan s’entrechoque avec la diminution de l’offre qu’amène aujourd’hui l’exportation massive du poulet local malien à destination de la Côte d’ivoire.

Il faudrait peut-être rappeler que depuis février dernier, le Burkina faso est victime d’une réapparition de la grippe aviaire et ne peut donc plus approvisionner le marché ivoirien, destination de prédilection de ses poulets locaux. De source officielle ivoirienne, le Pays des hommes intègres fournissait à lui seul près de 60 % des besoins de son voisin en volaille. Le reste étant comblé par la production locale et par des importations en provenance de notre pays. Ainsi, pour combler le gap occasionné par l’interdiction par la RCI des importations burkinabées, les marchands de volaille ivoiriens se sont tournés vers le Mali. Au grand dam de l’offre disponible pour les consommateurs maliens.
DEUX HYPOTHÈSES. Difficulté supplémentaire à laquelle sont confrontées cette année, les ménagères maliennes au budget modeste, le prix du poisson de mer. En temps normal, lorsque la viande et la volaille deviennent inaccessibles, les dames se tournent vers le poisson de mer qui constitue pour elles un palliatif providentiel. Moins cher que le poisson pêché localement, apprécié pour son goût plus savoureux, le poisson congelé venait donner fumet et consistance aux repas servis dans les ménages modestes.

Le « Kokodji Diéguè » ou « Sénégal Dièguè » – parce qu’à l’origine il provenait de ce pays – arrive chez nous dans des conteneurs frigorifiques en provenance du Sénégal, de la Mauritanie, du Maroc et même de la Tanzanie via la Côte d’Ivoire.

Malgré ce long périple, ce poisson était vendu à des prix très abordables, environ 1000 à 1500 Fcfa le kilo selon les variétés, du mérou à la limande. Les détaillantes le rendaient encore plus accessible aux petites bourses en le débitant en petits morceaux vendus à 50 et 100 Fcfa.

Malheureusement cette année, comme l’an passé avec le Ramadan, le poisson de mer connaît lui aussi un surenchérissement sans précédent. D’aucuns parlent de pénurie, d’autres de spéculation suscitée par la forte demande. Mais un tour chez les grands importateurs du produit nous a permis de comprendre que les deux hypothèses se complètent.

En effet, selon Cheickna Sylla, importateur, le problème vient des pays producteurs. En Mauritanie comme au Sénégal, la pêche s’est industrialisée. Les prises de meilleure qualité sont acheminées vers les pays développés. Le reliquat de moindre valeur est destiné à nos marchés où il est malgré tout vendu cher.

Notre interlocuteur nous explique que durant la présente période, les campagnes de pêche ramènent moins de prises. Alors que c’est le phénomène inverse qui se passe au niveau de la consommation malienne. Ce décalage entre une offre en déclin et une demande qui explose amène une pénurie, et inévitablement une hausse des prix.

Toutes ces explications passent au-dessus de la tête de nos ménagères. Celles-ci désespèrent de voir le marché du Ramadan un jour régulé. Ce qui leur permettrait pourtant de planifier un tant soit peu un budget pour leurs dépenses en cette période si particulière.

Aujourd’hui, elles n’ont d’autres choix que de celui de subir. Et celui de se livrer à des acrobaties financières quotidiennes pour mettre sur la table de quoi satisfaire les jeûneurs.

Marché du Ramadan : LE PANIER DE LA MÉNAGÈRE SOUS PRESSION

D.DJIRÉ – L’Essor du 4/7/2014

 Tous les condiments prennent l’ascenseur, le département du Commerce atténue les hausses sur la viande, le « made in Maroc » fait une percée. Et les ménagères dénoncent la spéculation à ciel ouvert

Les musulmans ont entamé voilà une semaine le carême. Nous avions risqué un pronostic dans une précédente édition (voir l’Essor du 26 juin 2014) et les faits sont venus malheureusement confirmer celui-ci : la valse des étiquettes impose un vrai calvaire aux ménagères. Cette valse ne concerne pas les produits de première nécessité (sel, sucre, huile alimentaire). Les dispositions prises au niveau du département du Commerce ont permis qu’aujourd’hui les prix de ces produits restent tout à la fois stables et maintenus dans les limites du raisonnable. Tel n’est malheureusement pas le cas pour les légumes, les fruits et les condiments frais et même secs. Les prix de ces derniers ont pris l’ascenseur tout comme ceux de la viande et du poisson.

Les ménagères qui redoutent tout particulièrement l’envolée des étiquettes en période de Ramadan ont donc vu leurs craintes confirmées. Le phénomène de renchérissement pour certains produits est aggravé cette année par la coïncidence du mois sacré avec un hivernage qui a visiblement atteint sa vitesse de croisière. Les spéculateurs se servent de la conjonction de ces éléments pour s’en donner à cœur-joie.

A cause d’eux, les ménagères qui chaque matin prennent d’assaut les marchés de la capitale pour s’approvisionner en condiments ont le plus grand mal à faire leurs emplettes. Oignons, tomates, pommes de terres, carottes, haricots verts et autres légumes frais sont beaucoup plus chers qu’attendu.

Il faut savoir qu’à Bamako comme partout à travers le pays, les ménagères privilégient les premiers jours du mois de Ramadan pour l’achat groupé des condiments conservables. Aussi elles portent une attention très particulière aux prix pratiqués pendant les premiers jours de carême, car ceux-ci dictent le comportement général du marché tout au long du mois sacré.

Pour le moment ce qui se passe sur les différents marchés de condiments de la capitale indique que les ménagères auront du souci à se faire au cours des prochaines semaines.

Du marché Wonida, au marché de Dibida en passant par le marché de légumes de Médine et le marché de Banankabougou jusqu’au marché de légumes de Sabalibougou, l’ambiance est électrique. Il faut préciser que ces marchés constituent les principaux lieux de réception des produits frais en provenance des zones de production. Mais aussi et surtout ils représentent les centres d’approvisionnement des autres marchés de légumes de la capitale. Aussi des cargaisons de légumes y affluent et s’y déchargent à un rythme soutenu. Ces marchés ne s’animent véritablement qu’à partir de 11 heures le matin.

A Banankabougou, vendeuses et acheteurs sont unanimes pour reconnaître la flambée des prix. Et les explications pour justifier cette situation sont légion. Cependant, l’hivernage semble être la cause la plus souvent avancée par les vendeurs. Ceux-ci évoquent aussi les retombées de la ruée vers l’or qui a privé de nombreux villages de bras valides et qui a amoindri la production maraîchère. Mais il nous est impossible pour le moment de vérifier la validité de ce facteur.

LA VIANDE INQUIÈTE. Lorsque nous avons abordé Ramata Samaké, vendeuse de tomates et d’aubergines, elle venait de débarquer à Banankabougou avec une Sotrama remplie de tomates et autres légumes frais. Sa cargaison a aussitôt attiré une nuée de commerçantes qui se sont lancées dans d’interminables marchandages. Selon notre interlocutrice, c’est la période hivernale qui est à la base du renchérissement des produits.

« De façon générale, l’hivernage n’est pas la période propice à la production de légumes. Les rares légumes qui s’écoulent maintenant dans les foires hebdomadaires et les zones de production sont chers et pas de très bonne qualité. Pire, les producteurs aussi profitent de cette période pour augmenter les prix parce qu’ils doivent aussi faire des achats d’intrants. La situation est encore compliquée par le Ramadan. C’est un moment où la demande de légumes explose alors que l’offre n’est pas au rendez-vous. Je me ravitaille dans la zone de Ouéléssébougou où j’ai acquis le panier de tomates à 20.000 Fcfa alors qu’il y a un mois la même qualité était vendue entre 7.500 à 10.000 Fcfa », analyse la spécialiste.

Cependant, notre interlocutrice reconnait que le panier est cédé sur le marché de Bamako entre 30.000 Fcfa et 35.000 Fcfa selon la qualité. « Il faut ajouter au prix d’achat, les frais de transport et autres frais de route. Nous sommes obligés de vendre ainsi pour avoir un peu de bénéfice », nous lance-t-elle, très absorbée dans ses marchandages. Bintou Sidibé, une autre grossiste de condiments, confirme la tendance haussière sur les légumes. Elle assure qu’elle a acheté le kilogramme d’oignon entre 250 et 300 Fcfa à la foire de Niono. « Bamako est approvisionné en oignons et en échalotes à partir de Niono, de Dioro et du plateau dogon. Cependant, dans ces zones de production, l’hivernage s’est déjà installé. Donc les productions maraîchères sont à l’arrêt. D’où la pénurie et la hausse des prix actuelles de tous les produits frais sans exception. Nous, on ne peut rien faire, on est obligé de vendre comme ça », indique-t-elle.

Autre produit qui inquiète les ménagères, la viande. En effet, depuis trois semaines, le marché de bétail s’est enflammé. La viande de bœuf sur laquelle la demande explose pendant le Ramadan constitue aujourd’hui la grande angoisse des consommateurs. En réalité, depuis une année, le prix de la viande n’a cessé de monter. De 1600 Fcfa, le kilo de viande de bœuf avec os s’est hissé jusqu’à 2.200 Fcfa aujourd’hui et celui de la viande sans os à 2.600 Fcfa.

Le très animé marché de bétail de Niamana bourdonne de commentaires. En effet, les prix des animaux sont inhabituellement élevés. Aujourd’hui pour se procurer un bovin, il faut débourser facilement 250 000 Fcfa. Certaines bêtes bien en chair sont proposées jusqu’à 800.000 Fcfa, voire1 million. Et le pire est que le bétail est rare sur les marchés.

Ici, l’angoisse se lit sur les visages de tous les acteurs du marché : vendeurs, intermédiaires, acheteurs. « La situation est catastrophique. Les bœufs manquent », constate un professionnel de la filière. Les têtes qui débarquent sont très disputées. Dans cette épreuve, ce sont les bouchers qui ont généralement le dernier mot. « Pendant la période hivernale, les bœufs deviennent rares sur le marché, nous explique Baya Diallo, un commerçant de bœufs très connu à Niamana, car les éleveurs ont tendance à garder leurs animaux pour leur assurer une bonne embouche et augmenter leur valeur marchande. Pire, avec la crise sécuritaire qui sévit dans notre pays, le cheptel malien a beaucoup migré dans les pays voisins.

Autre facteur  qui explique la situation : l’installation tardive de l’hivernage dans les régions du Nord où le bétail a été véritablement affecté par la longue saison sèche à cause du manque d’eau, d’herbes et de pâturages ».

LE COÛT EXORBITANT DU TRANSPORT. Selon Abdoulaye Barry, un autre spécialiste, cette tendance haussière sur le bétail se dessine depuis trois ans. Chaque année, le prix du bœuf renchérit. Le spécialiste explique qu’à l’approche de l’hivernage, les éleveurs amenaient leurs bêtes dans les zones au climat pré guinéen où l’herbe est abondante. C’est à dire notamment dans le Wassoulou, le Kénédougou, le cercle de Bougouni et à la frontière avec la Côte d’ivoire. Ces contrées avec les zones de bourgoutières du cercle de Macina et de Ténenkou étaient les zones traditionnelles de pâturages.

« Malheureusement, indique Barry, avec la diminution du volume des précipitations et l’aménagement effréné des zones de bourgoutière en  terres de culture du riz, les éleveurs s’étaient rués sur la zone du Wassoulou. Mais, chaque année, de graves conflits opposent les éleveurs aux habitants de cette zone. Les premiers ont lâché prise et ont dû aller chercher d’autres terres de pâturage à l’extérieur du pays.

« Aujourd’hui près de 70 % du cheptel malien de bovins se trouve dans des pays voisins, notamment en Guinée, en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et en Côte d’ivoire. Les rares  marchands qui amènent des bœufs se sont approvisionnés à partir de ces pays. Or les bêtes sont acheminées de leurs nouveaux lieux d’accueil vers les marchés de nos villes par camion. Le coût de transport est exorbitant. La hausse des prix au détail est donc inévitable», explicite le spécialiste.

Conscient de l’urgence de cette question et désireux d’atténuer les appréhensions des consommateurs, le gouvernement s’est résolu à prendre les choses en main. Après discussion avec les acteurs de la filière, le département du Commerce a pris des dispositions nécessaires.

« Pour circonscrire cette tendance haussière de la viande à Bamako pendant ce mois de Ramadan, nous avons décidé d’accorder une subvention de 200 millions de Fcfa aux bouchers qui en contrepartie s’engagent à rabattre de 200 Fcfa le prix sur le kilogramme de viande. La mesure prendra effet à partir vendredi », assure le ministre Abdel Karim Konaté en invitant les acteurs de la filière viande pour une bonne exécution de cette mesure particulière. Cependant, rassure le ministre, d’autres discussions sont en cours pour assurer la maitrise des prix et la disponibilité et de la viande sur le long terme. « Pour le moment, nous essayons de gérer l’urgence avec cette subvention. Mais nous allons développer d’autres approches plus concrètes pour accompagner véritablement cette filière et stabiliser les prix de la viande », indique Abdel Karim Konaté.

UN BOULEVARD POUR LE « MADE IN MAROC ». La pénurie annoncée des légumes a encouragé certains commerçants à se tourner vers une importation massive des légumes « made in Maroc », cela au grand soulagement des ménagères.  Aujourd’hui, les produits maghrébins arrivent sur le marché, et en force. Ainsi, sur les étals de fruits, de légumes et d’agrumes l’offre est dominée par les produits d’importation. Ces derniers nous viennent d’un peu partout (Espagne, Maroc, Gambie et Sénégal).

Sur les différents marchés de notre pays, des énormes oignons blancs, rouges ou violacés s’arrachent quotidiennement. Il en est de même pour les grosses tomates, les carottes très luisantes, la pomme de terre et l’aubergine, toutes d’importation. Il faut dire que cette arrivée massive des produits frais et légumes venus d’ailleurs a un impact réel sur les prix. En effet, les étiquettes ne cessent d’enregistrer des baisses au fur et à mesure que se régularisent les arrivages.

Mais ce phénomène de baisse ne concerne pas tous les produits. La pomme de terre qui fait partie des denrées les plus sollicitées par les ménagères pendant cette période connaît une hausse. Elle est passée de 300 à 450, voire 500Fcfa le kilo pour la pomme de terre locale. Et la « made in Maroc », qui à l’œil parait plus fraiche et plus grosse, est cédée entre 350 à 400 Fcfa le kilo. En outre, la pomme de terre et les gros oignons d’origine malienne se font rares dans les marchés bamakois, si l’on excepte l’arrivée la semaine derrière de la production de Niono. Autant dire que la rareté des produits locaux ouvre un boulevard à la pomme de terre marocaine.

Les ménagères se disent sidérées par la situation actuelle. Selon elles, l’envolée des prix est imposée plus par la spéculation que par les raisons qu’évoquent les commerçants. Nos interlocutrices rencontrées sur les marchés de légume ne cachent pas leur désarroi. « A l’exception du sel, tout est devenu cher, les prix des condiments ont grimpé de façon inexplicable », se lamentent-elles en choeur en invitant les autorités à surveiller le marché pendant cette période.

Enfin, voilà comment se comporte le panier de la ménagère en ce mois sacré de Ramadan. Le marché de condiments se montre impitoyable dans son fonctionnement. L’on comprend donc le sentiment de crainte, de colère et d’incompréhension qui anime désormais les ménagères. Ces dernières savent qu’elles n’ont pas le choix. Quelque soit les prix qui leur sont imposés, elles sont obligées de se débrouiller pour offrir à leurs familles le repas savoureux attendu.

Mali : Veille de Ramadan : LORSQUE LES STOCKS VONT, TOUT VA

D. DJIRÉ – L’Essor – 17 juin 2015

Le risque de pénurie et son corollaire de spéculation semblent cette année être écartés en ce qui concerne les produits de première nécessité

Nous entrons dans les tout derniers jours du compte à rebours. La communauté musulmane de notre pays, à l’instar de celles du monde entier, se prépare à observer le mois béni de Ramadan. L’entrée dans la période de jeûne sera comme de tradition confirmée par la Commission d’observation du croissant lunaire, mais d’ores et déjà l’atmosphère de Ramadan s’est installée dans la capitale.

Nos concitoyens se préparent à se plier à la triple obligation d’humilité, d’abstinence et de sobriété. Toutes vertus qui doivent se traduire à travers les actes de la vie quotidienne. Car, au-delà du jeun qu’ils observent, les fidèles sont invités à se recueillir, à ressentir l’incitation à la la spiritualité qu’amène cette période très particulière. « Jeûner avec son cœur, jeûner pour Dieu uniquement, jeûner avec sa langue, ses actes, ses paroles, son comportement. Le véritable jeûne réside dans notre sincérité et se confirme par nos actions les plus nobles. C’est un mois où nos récompenses sont multipliées, et nos cœurs purifiés. Le meilleur profit à en tirer quant à l’accomplissement de nos œuvres bonnes réside dans ce mois », nous enseigne le Saint Coran.

Les mosquées ont procédé à des grandes opérations de nettoyage afin que leurs abords puissent accueillir les foules de fidèles qui viendront chaque soir aux «Nafila» (prières). « L’hôte que nous attendons est un cadeau du ciel. C’est un mois plein de grâce durant lequel il est conseillé de multiplier les bienfaits, car la récompense du Seigneur y est immense. Si Dieu a ordonné aux musulmans de se passer de manger et de boire, c’est pour que chacun de nous reconnaisse la puissance de son Créateur à travers l’épreuve du jeûne. C’est aussi l’occasion pour les nantis de ressentir ce que peuvent éprouver les démunis», explique un iman.

Mais le Ramadan a aussi ses aspects domestiques qui imposent parfois un vrai casse-tête aux chefs de famille. Ces derniers sont pratiquement astreints à des efforts supplémentaires pour rendre les moments de rupture de jeûne agréable aux leurs. Les marchés de Bamako ont depuis longtemps pris la mesure les bonnes affaires qu’ils peuvent réaliser tout au long des prochains jours et les vendeurs se sont donc préparés en conséquence. Les étals sont exceptionnellement bien fournis pour accueillir les acheteurs qui viennent s’approvisionner en produits de première nécessité (riz, mil, sucre), mais qui ne négligent pas pour autant ces marchandises dont la consommation explose en cette période particulière (dattes, lait, pain, beurre, fruits, jus locaux, sodas, produits de boucherie, poulets et poissons).

RÉJOUISSANTE, MAIS PRÉPARÉE. A chacune de ses éditions, le marché du Ramadan offre constamment des produits nouveaux, mais ceux-ci ne détrônent pas les valeurs sûres qui continuent à dominer les ventes. Nattes et tapis de prières, chapelets, bouilloires, dattes maghrébines, tenues de circonstance (niqab et djellaba) refont surface et leurs vendeurs envahissent les moindres recoins de la capitale. Idem pour les accessoires indispensables à la préparation des repas matinaux ou de rupture de jeûne.
Les chefs de famille qui ne savent parfois plus où mettre la tête en raison de la diversité de l’offre et de la multiplicité des demandes, choisissent souvent la solution la plus sage. Ils concentrent l’essentiel de leur force de frappe financière sur les produits de première nécessité.

Cette année comme l’an passé, le marché est bien achalandé et les prix restent acceptables. Cependant, cette situation, bien que réjouissante, ne s’est pas créée d’elle-même. Elle a été atteinte à travers les dispositions prises par le département du Commerce et par les importateurs. Grâce aux efforts déployés par les deux parties, les prix demeurent stables. Pour le moment.

Au niveau de la direction nationale du Commerce et de la concurrence, le directeur adjoint, Boucadary Doumbia, est formel sur l’effet des précautions prises. « Le niveau d’approvisionnement du pays est excellent, indique-t-il. Il n’aura ni pénurie, ni hausse de prix. Nous avons accentué le suivi régulier du niveau des stocks, et cela depuis l’année passée. A ce jour, les stocks disponibles sur le territoire couvrent plus d’un mois de consommation pour le riz (46.902 tonnes), 229 jours pour le sucre (106.247 tonnes), 55 jours pour le lait en poudre (4.176 tonnes), 58 jours pour la farine de blé (6.726 tonnes) et 89 jours pour l’huile alimentaire (24.090 tonnes). En outre, il a été demandé aux chargeurs et aux importateurs d’accroître le rythme d’importation pour prévenir toute spéculation », explique notre interlocuteur.

Pour accompagner les grands importateurs, la DNCC a pris des dispositions spécifiques, notamment l’abattement de la valeur transactionnelle de certains produits. Ainsi le sucre sera taxé à 165.000 Fcfa la tonne à l’importation contre 255.000 Fcfa en temps normal. Pour le riz, la taxe passe de 265.000 Fcfa la tonne à 130.000 Fcfa pour la période du Ramadan.

« Cependant, assure Boucadary Doumbia, les missions de la Direction ont été renforcées. Un suivi régulier et sans complaisance est effectué chaque semaine dans les magasins de stocks des importateurs. Et un cahier de charge a été élaboré pour le respect strict de la pondération à observer en réponses aux facilités accordées par l’Etat. Les spéculateurs ne seront pas épargnés. Car rien ne saurait expliquer une flambée de prix au moment où le marché est à l’abri de toute pénurie ».

Du côté des importateurs, l’heure est à la mobilisation. Chacun réactive son réseau de distribution. Car les grands achats ont commencé, demi-grossistes et détaillants ont pris d’assaut les entrepôts pour consolider leurs stocks. Les véhicules de distributions débordés peinent à enlever toutes les commandes.

Dans les locaux du Grand distributeur céréalier du Mali (GDCM) de Modibo Keita, tous les produits de grande consommation (sucre importé, riz local et importé, huile alimentaire et lait) sont vendus au prix de grossistes. Ainsi la tonne de sucre est cédée à 430.000 Fcfa, soit 21.500 Fcfa le sac de 50 kilogrammes. Le riz est négocié entre 320.000 à 375.000 Fcfa la tonne selon la qualité. Et le bidon de 20 litres de l’huile importée est vendu entre 14.000 à 14.500 selon les marques.

PAS DE SURENCHÈRE. Dans son confortable bureau, le PDG de GDCM, Modibo Kéita est catégorique. « Il n’y aura ni pénurie, ni hausse de prix. Nous avons assez de stocks dans les magasins pour supporter la consommation pendant le mois de Ramadan et même au-delà. Les opérations d’importation continuent et se sont d’ailleurs intensifiées pour certains produits comme le riz. Le prix du sucre, qui a baissé sur le marché international, connaît une stabilité réelle cette année. Le riz local inonde littéralement le marché », énumère l’importateur.

Chez le Grand grenier du bonheur de Bakoré Sylla, l’offre porte sur le sucre local dont la tonne est cédée à 400.000 Fcfa, ce qui place le sac à 20.000 Fcfa. Le patron de la société explique que les usines locales (Sukala S.A et N-Sukala S.A) ont enregistré des productions exceptionnelles cette année. « Nous avons donc décidé de les accompagner, indique-t-il, et d’écouler la production nationale avant de puiser dans le stock importé. Par ailleurs, nous avons une grande quantité de riz importé cédé entre 315.000 à 325.000 Fcfa la tonne selon les qualités ».

Le diagnostic sur l’état des réserves est tout aussi optimiste chez cet autre baron de l’importation de produits de première nécessité, Barou Niangadou dit Petit Barou. En quelques années, le patron de la Sodima s’est imposé comme un acteur incontournable dans l’approvisionnement correct du pays en produits de première nécessité (riz, sucre, lait, huile alimentaire, farine).

DE PLUS EN PLUS D’AMATEURS. Les assurances données par les plus grands importateurs sur l’excellent niveau d’approvisionnement du marché et surtout sur la stabilité actuelle des prix se vérifient aujourd’hui à la base, c’est-à-dire au niveau des commerçants détaillants.

Au marché de sucre et de lait de Dibida, où les vendeurs ont embauché des jeunes gens pour conditionner les produits en sachets d’un kilogramme, les témoignages sont unanimes. Les prix n’ont pas bougé pour le moment. Le kilogramme de sucre est vendu entre 425 et 450 Fcfa selon la qualité, tandis que le lait en poudre est cédé entre 2500 à 3000 Fcfa le kilo et la farine entre 400 à 500 Fcfa le kilo. « Si les grossistes ne font pas de surenchère, je ne vois pas pourquoi nous nous y mettrions », fait remarquer avec bon sens un détaillant.

Au marché de céréales de Bagadadji et Niaréla, règne la fièvre du petit mil, céréale fort prisée pour la préparation de la bouillie de rupture de jeûne. Dans le magasin de Salif Diarra où nous nous sommes rendus, l’ambiance est bouillante. Tandis que certains clients discutent avec le boss de la quantité et du prix, les manutentionnaires exécutent une noria ininterrompue, chargeant et déchargeant les voitures privées et les véhicules de livraison. Le sac de 100 kilos de la précieuse céréale pilée est vendu ici 28.000 Fcfa, soit 280 Fcfa le kg contre 21.000 à 22.500 Fcfa le quintal de mil non pilé.

Pour le commerçant céréalier, les prix connaissent cette année une stabilité qui manquait lors des Ramadans antérieurs. Il faut cependant savoir que le prix du mil varie en fonction de la qualité de la céréale et selon les zones de production. Par exemple, le mil en provenance des régions de Sikasso et de Mopti est réputé être de meilleure qualité et est donc vendu un peu plus cher que celui des régions de Ségou et Koulikoro.

« De façon générale, relève Salif Diarra, comme la demande sur ce produit explose pendant le Ramadan, la céréale coûte alors un peu plus cher dans les zones de production. Mais cette année la fluctuation est minime et n’influe pas de manière notable sur les prix pratiqués à Bamako. Si bien que le produit est plus abordable que l’an passé ».

Les chefs de famille rencontrés dans les marchés corroborent les propos des vendeurs et ne cachent pas leur satisfaction. L’un d’eux nous raconte avoir acheté son sac de sucre à 21.000 Fcfa et un bidon de 20 litres d’huile à 14.000 Fcfa. On lui a même proposé un bidon équivalent d’huile locale à 12.000 Fcfa. Mais l’euphorie de notre interlocuteur se tempère nettement lorsqu’il souligne que malgré tout, ses économies restent soumises à rude épreuve pendant la période du Ramadan. Et que de manière générale le pouvoir d’achat ne suit pas le rythme de progression des étiquettes.

Au niveau des services de l’administration publique comme des entreprises privées, les achats groupés et les commandes faites par des comités syndicaux paraissent gagner en ampleur. Ce que nous confirment devant un magasin d’importateurs les représentants d’un comité syndical qui s’affairaient à faire charger dans leurs camions les dotations de sucre destinées à leurs adhérents. L’un des syndicalistes assure que le procédé, qu’il renouvelle depuis plus de dix ans, attire de plus en plus d’amateurs. Surtout que le remboursement déduit des salaires est étalé sur trois à quatre mois.

Ainsi va le marché en cette veille de Ramadan. Un marché qui se caractérise aujourd’hui par son excellent niveau d’approvisionnement. Sa structure qui se caractérisait naguère par une extrême fragilité et des variations spectaculaires s’en trouve stabilisée.

Aujourd’hui, l’éventualité de mauvaises surprises pour les consommateurs n’est pas totalement écartée. Mais elle a été sérieusement circonscrite par les dispositions prises au niveau du département du Commerce et surtout par le niveau des stocks jugés abondants. La vigilance reste cependant de mise. Même si aucune menace apparente ne semble peser sur la bienvenue stabilité des prix.

 

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