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Bako Dagnon est décédée

by sur 9 juillet 2015

La célèbre chanteuse et griotte mandingue Bako Dagnon est décédé mardi.

Le conseil des ministre lui a rendu hommage à la fin de sa réunion hier mercredi 8 juillet.

On lira ci-dessous les hommages rendus par la presse malienne.

Biographie

par Lucy Duran. (accent-presse.com)

Bako Dagnon dcd le 7 juillet 2015

La carrière de Bako Dagnon est unique : Une collaboration de vingt ans dans les années 70 avec l’Ensemble Instrumental National et quelques enregistrements sur cassettes au début des années 90. Elle a passé la plupart des 40 ans de sa carrière à chanter pour ses mécènes.

Et pourtant Bako Dagnon est une chanteuse qu’admirent les autres chanteurs.
Ses chansons sont ancrées dans l’histoire et la culture Mandingue. Elles font renaître les vieilles fables et les rendent résolument contemporaines. C’est pourquoi beaucoup des célèbres artistes de la musique malienne se tournent vers Bako lorsqu’ils ont besoin de renseignements sur l’histoire du pays – un témoignage qu’elle livre avec générosité, tout comme les anciens l’ont fait pour elle.

Ali Farka Touré admirait beaucoup son chant et la consultait souvent à propos de l’histoire du Mali lorsqu’il était à Bamako.

Banzoumana Sissoko, « le vieux lion », l’invitait régulièrement chez lui dans les années 80 pour chanter de vieilles chansons comme Janjon. Il pleurait et lui tendait un billet de 1000 Francs Maliens.

Jeli Bakari Soumano, feu le Chef des Griots du Mali, un homme extrêmement cultivé, appréciait grandement la sagesse de Bako ; elle était souvent à ses côtés lorsqu’il devait pratiquer des cérémonies rituelles.

Lorsque le producteur Sénégalais Ibrahim Sylla décide en 2003 de rassembler sur le disque Mandekalu (Syllart / Discograph) les meilleurs talents griots pour chanter les grands classiques, il fait appel à l’expertise de Bako pour interpréter les grands morceaux épiques tels que Nare Maghan ou Turamagan. Sa voix est le liant et la clé du succès de ce disque.

C’est pendant la conception de Mandekalu qu’on arrive enfin à la convaincre d’enregistrer son premier album : Titati (2007 Syllart / Discograph).

Sidi Ba, produit à Bamako et à Paris par Jean Lamoot (Salif Keita / Alain Bashung) est son deuxième album solo. Il a nécessité plus d’un an de production, un an d’allers et retours entre Bamako et Paris, d’échanges entre les musiciens maliens, colonne vertébrale de l’album et leurs comparses français interprétants les très subtils et respectueux arrangements de Jean Louis Solans et Jean Lamoot.

Histoires :

Bien qu’elle vive à Bamako depuis presque 30 ans, Bako continue à considérer son petit village natal de Golobladji, comme la source spirituelle à laquelle elle retourne s’abreuver dès qu’elle le peut.

Le village fut fondé en 1881 par un chasseur Fula nommé Nyakalemba Moussa Diallo. Le chasseur lui donna son nom qui signifie « tremper la peau de l’animal dans l’eau ». Le village se trouve au fond de la savane, à une vingtaine de kilomètres de Kita sur la route qui mène à la frontière Guinéenne, proche de la région de Biriko. Golobladji est peuplé de quelque 1500 âmes ; une piste coupe le village en deux. On trouve d’un côté les Fulas, qui sont des maîtres griots, de l’autre les Maninkas, dont sont issus les Dagnon.

Aujourd’hui encore, le village n’a ni eau courante ni électricité, ni téléphone ; pour passer un appel avec un portable, il faut quitter le village et se tenir en haut de la plus haute colline. Les seuls contacts avec le reste du monde sont la radio et les visites de parents venus de la capitale. Mais grâce aux Dagnon, Golobladji a une vie musicale particulièrement active, qui a largement contribué à la renommée de Kita comme capitale musicale.

Bako descend d’une longue lignée d’interprètes virtuoses et de joueurs de n’goni remontant au temps de Sunjata Keita, fondateur de l’empire Malien au début du XIè siècle. Les Dagnon (prononcer « Danyó ») sont considérés comme de « nobles griots ».

Dans les villages de la région, les Maninkas cultivent le riz et le millet qu’ils consomment et marchandent avec les Fulas contre la viande et le lait. Pendant la saison des pluies, les jeunes de Golobladji pratiquent le sansene, le labourage et le désherbage communal. Ils chantent des chansons pleines d’entrain accompagnées des djembés pour rythmer leur dur labeur.Lorsque le sansene a été particulièrement réussi, le nama, un masque qui représente le plus fort des jeunes fermiers – un masque fin décoré de coquillages, de miroirs et de trois cornes d’antilopes- vient danser, tournoyer et bondir comme un animal sauvage. C’est cette tradition séculaire qui fut l’une des premières expériences musicale de Bako.

Le grand-père de Bako, Bouloukoumba Dagnon, qui vécut jusqu’à 112 ans, fut le premier Dagnon à s’installer à Golobladji. Sa femme, Bako Diarra (dont Bako prit la succession) était une prise de guerre remportée d’une bataille victorieuse à Segou. Il la ramena vivre avec lui à Golobladji, ainsi que Saran, la femme qui tressait les cheveux de l’épouse préférée de Samory Toure. Aujourd’hui encore, les villageois sont fiers d’indiquer aux visiteurs la hutte ronde qu’habitait la coiffeuse dont la beauté était célèbre, et qui portait aussi le nom de Dagnon.

C’est dans cet environnement que naît Bako (vraisemblablement en 1953). Son père est un fameux joueur de n’goni et sa mère une grande chanteuse. Elle apprend son art de manière informelle auprès des Dagnon du village. Sa grand-mère lui enseigne les chansons mélancoliques de Segou, et son grand-père, les chansons des champs de bataille de Samory. De sa mère, elle apprend les chants ondulants et harmoniques de la Guinée.

Mais à l’âge de 7 ans, la tragédie s’abat sur la famille : sa mère, Djeli Fili Diawara, meurt soudainement. Son père, Tiemogoninkoumba Dagnon confie Bako à la femme d’un griot de Kita qui n’a pas d’enfants.

« Ce fut une période très dure pour Bako. Chaque jour, elle devait aller vendre des oranges sur le marché », raconte son frère aîné, Baîry. « Notre père pensait que la femme du griot apprendrait à l’aimer, mais en fait elle l’a très mal traitée, l’a battue et l’a même coupée avec des couteaux. Elle ne laissait même pas Bako chanter, mais Bako avait déjà appris des chansons au village, et elle chantait toute seule. »

Libérée de sa famille adoptive, elle étudie les tariku, les histoires précoloniales de l’empire mandingue avec le grand maître de chant Kele Monson Diabate dont les interprétations de l’épopée de Sunjata sont admirées à travers le monde Mande.

« J’ai étudié avec Kele Monson aux côtés de son propre fils, [l’écrivain] Massa Makan Diabate [l’auteur de L’Assemblée des Djins]. C’était un maître assez sévère. Je le suppliais de me donner des informations, mais il était peu disposé à le faire. J’ai fini par lui dire : « Un jour, tes histoires vont disparaître ; qui s’en souviendra si tu ne les transmets pas ? » Alors, petit à petit, il s’est mis à m’enseigner les tariku. »

« Le savoir, les tariku, les kuma koro (ancien terme) que je connais, je les ai tous appris de Kele Monson. Mais lorsqu’il y a plusieurs anciens dans un village, je fais le tour en leur posant des questions. Si six d’entre eux répondent la même chose, je sais que ce doit être vrai ».

Bako rit en racontant l’histoire de la première fois qu’elle a gagné une somme importante d’argent en chantant.

« J’avais un mécène à Kita du nom de Sayon Tounkara, qui m’a donné une vache et 50 000 Francs Maliens. Un second mécène m’a donné la même chose, plus 20 grammes d’or ! C’était beaucoup pour moi, à l’époque. J’étais si heureuse que j’ai couru chez Kele Monson pour lui montrer ce que l’on m’avait donné pour les tariku qu’il m’avait enseignés. Et vous savez quoi ? Il m’a demandé de tout lui donner sur-le-champ ! »

Puis Kele Monson lui enseigne d’autres tariku. « J’avais beaucoup de mal à les apprendre, mais j’ai persévéré. Il m’a même donné un remède spécial pour protéger ma voix et améliorer ma mémoire » – un privilège que peu de chanteurs ont reçu de ce grand ngara (maître).

« Une jelimuso [griotte] doit avoir confiance en elle, en son for intérieur, ce que l’on atteint grâce un véritable apprentissage ; elle ne doit jamais mentir, ni jamais porter de bijoux lorsqu’elle visite un mécène. De cette façon, elle sera récompensée pour son savoir et son talent, pas pour son apparence. Les bijoux sont éphémères, la connaissance de l’histoire et des chansons ne l’est pas. »

Dans les années 60, durant la première décennie de l’indépendance, la scène musicale du Mali se nourrissait de rencontres durant la « Semaine de la Jeunesse » qui avait lieu une fois par an au niveau local puis régional et national. Nombre des meilleurs chanteurs du pays ont émergé grâce à ces rencontres pour devenir de grandes vedettes.

Vers 1966, Bako Dagnon, encore jeune adolescente, fait sa première apparition publique à Kita, à la « Semaine de la Jeunesse » locale. Elle chante Yirijanko Le, un morceau Fula qu’elle interprète en Bambara. Cette chanson parle de femmes qui vont cueillir des oignons sauvages pour faire face à la famine, lorsqu’il n’y a pas de récolte de millet.

Pour cette chanson, elle reçoit un prix qui lui permet d’être sélectionnée pour la « Semaine de la Jeunesse » régionale de la province de Kayes l’année d’après. Elle y remporte un autre prix, puis elle participe à la compétition nationale. Elle est aussi régulièrement invitée à chanter avec l’Orchestre Régional de Kita, un groupe qui interprète des versions dansantes de morceaux Malinka.

C’est autour de cette période qu’elle effectue sa première visite à Bamako, accompagnée de la présidente de l’association de femmes de Kita, Mme Souko, une amie proche et un mécène. La scène musicale de Bamako est en pleine effervescence et offre de multiples opportunités à une jeune jelimuso qui souhaite montrer son talent. Bako et Mme Souko font le tour des fêtes de mariages et sa voix fine et claire est vite remarquée.

Au début des années 70, le Ministre des Arts, du Sport et de la Culture invite Bako à rejoindre le prestigieux Ensemble Instrumental National. L’EIN est composé à l’époque d’une quarantaine des meilleurs chanteurs et musiciens du pays et représente le Pays à chaque grande occasion. Même si elle continue à vivre à Kita, où elle est maintenant mariée et mère de famille, ses années passées au sein de l’EIN sont fondamentales pour elle. Elle y rencontre quelques-uns des musiciens les plus légendaires de l’époque, comme le joueur de kora Sidi Diabate, auquel elle fait référence dans son émouvante chanson Kono, et ajoute aussi beaucoup de nouveaux morceaux au répertoire du groupe, se forgeant ainsi une réputation de chanteuse savante.

La chanson qui la rend célèbre à travers le pays, Tiga Monyonko (« en épluchant les cacahuètes »), qu’on appelle simplement Tiga, parle d’une usine ouverte dans les années 60 à Kita pour fabriquer de l’huile et de la pâte d’arachides.

« Certaines personnes étaient contre l’ouverture de l’usine. Ils se disaient que l’usine risquait de leur voler leur travail. Tous les griots de Kita furent invités à composer une chanson qui parlerait de l’usine pour l’inauguratio. On nous montra les machines. Quand j’ai vu la facilité avec laquelle les machines épluchaient les cacahuètes et les transformaient en huile et en pâte que les femmes utilisent pour faire la cuisine, effectuant un travail qui prenait des heures à faire à la main, une chanson m’est venue en tête : « Salut, les fermiers de Kita, vous qui travaillez dans les champs ! Cette usine est votre amie et votre alliée, pas votre ennemie. Vous aimerez cette usine, vous les fermiers et les travailleurs, comme une vieille amie. »

Si l’usine est le symbole d‘un Mali nouveau et moderne, l’idée qu’une jelimuso écrive une chanson pour en faire l’éloge l’était aussi. Le refrain entraînant et les harmonies ondulantes rappellent celles des chansons d’amour jouées à la guitare à Kita. Elle l’enregistre pour la RTM, la radio nationale, et la chanson remporte un succès immédiat. Bako a enregistré une nouvelle version pour l’album Sidi Ba, dans laquelle, suivant la parfaite tradition griotte, elle remercie ses mécènes et les gens qui l’ont soutenue dans ses premières années à Kita, comme Mme Souko qui l’a amenée à Bamako pour la première fois, et Sayon Tounkara celui qui lui a donné la vache et les 50 000 Francs Maliens.

En 1978, elle voyage à l’étranger pour la première fois avec l’EIN : en Corée et en Chine.

« J’ai été surprise de constater les similitudes entre la musique Chinoise et la musique Bambara. Ils nous demandaient de chanter des chants Bambara et les imitaient à la perfection. Et j’ai appris l’hymne national Coréen, je m’en souviens encore. »
Et de le chanter mot pour mot.

« En Chine, nous avons été invités à chanter pour Mao », se souvient-elle. C’était pendant la révolution culturelle, mais cela ne l’empêchait pas d’apprécier les musiques venues d’ailleurs.

« Moussa Traore (le Président du Mali de l’époque) avait offert à Mao une marmite de style Malien en or massif. On m’a demandé de chanter en solo pour le Président Mao, et qu’est ce que j’ai chanté ? La chanson sur l’usine de cacahuètes, bien sûr ! »

En 1980, avec maintenant quatre enfants, elle s’installe à Bamako pour pouvoir se consacrer plus pleinement à l’EIN.

« J’ai passé la plupart des années ’80 avec l’EIN, de bonnes années, jusqu’à ce que j’aie un gros accident en rentrant de Djenne avec le groupe. J’ai été gravement blessée et traumatisée – j’ai encore très peur en voiture. Je l’ai pris comme un signe qu’il fallait que je parte en retraite anticipée de l’EIN ».

Le Mali traverse une période difficile durant la fin des années 80. La corruption fait rage au sein du gouvernement de Moussa Traore, beaucoup de fonctionnaires ne sont pas payés durant des mois et l’EIN n’est plus que l’ombre de lui-même alors que nombre de ses meilleurs musiciens sont partis entreprendre des carrières solo.

En 1990, Bako signe un contrat avec un producteur du Liberia et enregistre sa première cassette. Il a entendu sa chanson Tiga et veut qu’elle l’enregistre avec le jeune Ballake Sissoko à la kora et Fousseyni Diabate de Kita à la guitare.

Une seconde cassette est enregistrée avant que la guerre au liberia fasse disparaître label et producteur…

Bako n’enregistrera plus jusqu’à Mandekalu et ses deux albums solo, qui lui offrent enfin la notoriété internationale que sa voix tellement unique mérite depuis si longtemps.

« Depuis toutes ces années », dit-elle, « je survis grâce à la bonne volonté et la générosité de mes mécènes. Vous voyez ce toit au-dessus de ma tête ? Je l’ai bâti grâce à l’argent qu’ils m’ont donné. Il est temps pour moi d’enregistrer à nouveau, mais j’ai toujours une profonde loyauté envers mes mécènes ».

Parmi lesquels on compte quelques-unes des plus grandes figures du Mali.

« Je ne chante pas pour n’importe qui. Seulement pour ceux que je connais bien. J’ai toujours partagé tout ce que mes mécènes m’ont donné, et c’est pour cela que Dieu a été généreux avec moi. »

Elle vit dans une grande maison en béton de deux étages dans l’ouest de Bamako avec ses trois fils, leurs femmes et leurs enfants, et les parents de passage dans la capitale.

Son nouvel album Sidi Ba reflète sa vie : il concilie le moderne et l’ancien, et les différentes formes de griots maliens qu’elle rassemble avec son style inimitable et irrésistible.

« Plus personne ne veut étudier le véritable jeliva (l’art des griots). J’appartiens à la dernière génération des griots qui passent plusieurs heures par jour avec les maîtres des tariku » dit Bako. « Si vous désirez connaître les secrets du Mandé, il vous faudra vous rendre dans les lieux d’où proviennent les histoires. J’y ai été, pour étudier avec les anciens. »

Elle ajoute : « Si tu sais qui tu es et d’où tu viens, tu ne feras jamais rien de mal. Le jeli qui connaît vraiment son art te dira : « tu es ceci ou cela, ton père a fait ci, ton grand-père a fait ça, donc tu n’as pas le droit de mal te conduire. » Si vous voyez quelqu’un commettre un acte répréhensible, il ne faut pas avoir peur de lui dire : « ce que tu fais n’est pas digne de ta culture, de ton pays. » »

Elle est à l’aise dans tous les différents styles régionaux de Mandé – du style de son Biriko natal (dont il existe très peu d’enregistrements), jusqu’au son lyrique de la musique Malinke de Guinée ou le style pentatonique et minimal Bambara de Segou. Elle connaît les liens de chacune de ces traditions avec les terres dont elles sont issues.

Au delà du répertoire classique et moderne, elle compose ses propres chansons, des commentaires subtils et souvent gais sur la société d’aujourd’hui.

Elle s’inspire des chansons rythmées qu’enfant, elle chantait en travaillant les champs ; des morceaux du troubadour qui jouait de la calebasse ; des récits que les chasseurs rapportaient le soir aux enfants du village ; des comptines que les jeunes filles jouaient au clair de lune ; des chansons d’amour jouées par des guitaristes de Guinée pour le départ des jeunes mariées vers leur nouveau foyer, et qui faisaient fondre tout le monde en larmes.

Hommage à Bako Dagnon : Vivante parmi les vivants et vivante parmi les morts !

Seydou CISSE, Prof. Assistant de Philosophie à l’ENSUP / FSHSE – 9 juillet

En toi la vie a précédé la mort voilà pourquoi tu ne pourras plus disparaitre totalement des cœurs et des esprits des hommes et des femmes qui t’ont connue au triple plan comme maman ou grand-mère, comme griotte ou femme de culture et comme patriote.

En toi la vie a précédé la mort voilà pourquoi tu es devenue mère et grand-mère dans une  nation qui ne pourra jamais t’oublier car tu as définitivement gagné la guerre contre la mort biologique.

En toi la vie a précédé la mort voilà pourquoi, griotte par héritage, tu es devenue une grande  femme de culture aux qualités humaines de modestie, d’humilité, de fidélité et de sociabilité sans pareil.

Mandinka de naissance, de vie, d’inspiration, de physique, de beauté et de voix, maman BAKO, qui, mieux que toi, a intégré la mort dans son schéma de vie? Qui, mieux que toi, a vite été habité par la certitude de l’humaine condition : la finitude?

Chantant Simbo, Soundjata KEITA, tu nous rappelais sans cesse que les braves hommes sont au cimetière et que tout existant est invité infailliblement à gouter à la sauce de l’inexistence. Ton rappel de la finitude humaine fait partie désormais des nombreux et précieux souvenirs que nous gardons  du gigantesque et  valeureux  patrimoine folklorique manding  que tu nous as légués maman  Bako DAGNON.

En toi la vie a précédé la mort voilà pourquoi tu as mené une vie pleine et nourrie essentiellement d’engagement patriotique sans réserve pour ta Kita natale. Présente à tous les événements socio-politiques, artistiques et culturels de Kita, maman Bako, tu as su donner un sens hautement humain à ton existence par ton engagement patriotique exemplaire pour le rayonnement économique et culturel de ta ville natale et par extrapolation de ton pays le Mali. Tel un baobab bien ancré dans le sol et les branches ouvertes à l’univers, maman Bako, de même fortement enracinée dans ta  culture, tu as ouvert au monde entier les portes invisibles du folklore manding à travers  ton titre fétiche Tita-Ti dans les années quatre vingt.

Que sais-je encore et que dois-je dire de plus de maman Bako qui, du haut de ses soixante huit ans et au point d’inflexion de son art et de son engagement patriotique, dégusta la sauce de la finitude?

Que maman Bako, tu n’as ni été surprise, ni été brutalisée par la mort car tu t’y étais déjà préparée. Grâce à ta grande et quotidienne préparation tu as affronté la mort  la tête haute pour ainsi devenir, à jamais, immortelle au triple plan biologique, artistique et culturel. Maman Bako, tu  as conçu et réalisé ta propre sépulture dans le Panthéon immatériel de la nation malienne c’est-à-dire dans la conscience collective des Maliens.

Sortie victorieuse de ta rencontre avec la mort, ta famille, la nation malienne et l’humanité tout entière te chantent  le Janjo pour ta bravoure et  elles continueront surtout à écouter  ta  belle et mandingue voix qui  chante  l’usine d’arachide de Kita, Simbo, Tita-Ti car tu es et restera désormais vivante parmi les vivants et vivante parmi les morts.

Dors en paix et adieu maman Bako…….. !

Contacts : Cell : 00223-79131986 – Mail : cseydou44@yahoo.fr

In memoriam : Bako Dagnon – Elle est de ceux dont la mort ne mangera pas le nom

Adam Thiam – Le Républicain du 8 juillet 2015

Le temps s’est voulu clément sur Bamako :  il a tenu à être en berne pour toi et pour la foule éplorée qui t’a confiée ce matin au cimetière de Lafia-Aci. Ce temps adouci exprès a tenu à te rendre hommage aussi. Hommage pour ton talent qui a traversé les décennies ; hommage pour ta voix caractéristique celle d’une Oum Khaltoum mandingue ; hommage pour la sagesse particulière de ton art, le message de ton art qui est, en fait,  un livre de la vie et de la mort.

Nous sommes des millions auxquels tu manqueras, auxquels manqueront ta simplicité, ta tendresse et ta fidélité, signes d’une éducation familiale solide qui sait donner au prince et au sujet la même qualité de sourire. Personne ne restera. Nous n’avons qu’un temps pour rester, un autre pour partir. Mais les plus méritants auront tout le temps d’être présents et de rester par la force de l’œuvre. De ce petit monde de privilégiés dont la terre mangera la coque périssable mais jamais le nom, tu fais partie, Bako.

L’image immortelle est ce portrait  de toi barrant depuis hier le portail de Maliweb. Sans les  bijoux de la vanité, avec ton seul charisme soutenu par ce regard qui a toujours été le tien, serein et prenant la vie telle qu’elle se présente et non telle qu’on voudrait la soumettre. Parce que de Dieu la loi est la plus forte. Parce qu’à cette loi, personne ne dérogera.  La trame est tel que mêmes les semeurs peuvent partir en temps de récoltes.

Merci pour le moment, merci pour les bons moments, Merci l’artiste et merci la soeur !

Bako Dagnon : La gardienne de la tradition mandingue n’est plus

Youssouf Z – Le Républicain du 8 juillet 2015

« koulou nafsin zaikhatil mawt» ou « Toute âme goûtera la mort » en français, Dieu a encore tenu à sa promesse en endeuillant le monde des artistes maliens, hier matin aux environs de 6 heures du matin. Et pour signifier que la force et sa puissance n’a pas de limite, il a décidé de frapper là où il fait le plus mal en arrachant à l’affection des milliers d’auditeurs maliens l’une des pionniers de la musique malienne, Bako Dagnon.

C’est-à-dire celle, qui, au courant de sa longue carrière musicale, s’est érigée en ambassadrice du Mali en portant très haut la voix du Mali sur les scènes continentales et mondiales.  La très belle voix de la musique mandingue s’est tue à jamais. Ses milliers d’auditeurs seront aussi nostalgiques pour l’éternité. Et les larmes des proches n’y pourront rien.

La grande cantatrice tire sa révérence pour de bon. Cela après quelques années de lutte farouche contre une persistante maladie qui a, finalement, eu raison d’elle. Adieu maman Dagnon. Tu t’en vas la tête haute après avoir superbement marqué ton temps en alliant musiques traditionnelles et modernes dans la langue malinké. Dors en paix Maman Bako!

Mali : Décès de Bako Dagnon : LA GRANDE VOIX DE LA TRADITION

D. DOUMBIA – L’Essor – 8 juillet 2015

Elle chantait les valeurs de bravoure, de l’honneur, du travail bien fait, du respect du prochain…

Tôt dans la matinée d’hier, la nouvelle du décès de la grande cantatrice Bako Dagnon s’est répandue à travers la capitale comme une traînée de poudre. La triste nouvelle a surpris presque tout le monde car l’artiste s’était produite en public très récemment à deux reprises à Bamako sans montrer de signe de faiblesse. D’abord le 11 juin au stade Omnisports Modibo Kéïta lors du concert du Centenaire du premier président de la République du Mali, et quelques jours après, soit le dimanche 14 juin dernier, elle anima le Grand prix de la nation au champ hippique.

Dans un communiqué déposé à notre rédaction, la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme « salue la mémoire de cette grande figure de la musique malienne qui a su mettre son talent au service du rayonnement artistique du Mali et qui fit connaître au-delà de nos frontières, les richesses de la musique traditionnelle du Mali ».

Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, accompagnée d’une forte délégation, s’est aussi rendue hier matin dans la famille de l’illustre disparue pour présenter ses condoléances. De nombreuses autres personnalités maliennes et étrangères ont tenu, dès l’annonce du décès, à présenter leurs condoléances à la famille.

Née vers 1953 à Kita, Bako Dagnon a émergé dans les orchestres « Apollo » qui animaient les soirées pendant les week-ends. Elle a connu un premier succès en reprenant un morceau très populaire à l’époque, « Le guide de la révolution », sur un rythme de salsa. C’était un hommage aux Pères de l’indépendance de la Guinée Conakry, Ahmed Sékou Touré, du Mali, Modibo Kéïta, et de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët Boigny, à travers leur parti politique le RDA.

Bako Dagnon intégra l’Ensemble instrumental en 1974, au même moment que Souadou Soumano, Djélimady n°1 et n°2, entre autres. Elle décidera de voler de ses propres ailes à partir de 1985.

Son morceau « Tiga mognogo », devenu un tube populaire, lui valut alors un énorme succès au plan national. Dans cette chanson, elle évoque l’arachide, un aliment très prisé des Malinkés, et vante par ce biais, la culture mandingue. « Tiga mognogo » fait les beaux jours de la télévision nationale et son interprète truste toutes les émissions musicales.

Bako Dagnon va franchir nos frontières avec un premier album international intitulé «Sidiba». Produit et managé par Syllard production en France, cet album a valu à la cantatrice une tournée en Europe qui l’a conduite en France, en Angleterre, en Italie et en Allemagne pendant l’été 2010. Les tubes extraits de cet album ont tourné en boucle pendant longtemps sur les radios internationales comme RFI et les chaînes de télévision comme TV5.

« Sidiba », le titre de l’album, et « Ounhoumba » sont des onomatopées qui indiquent le « grand bruit » pour le premier, « l’acceptation » pour le second. Ils sont aussi tirés du répertoire des orchestres « Apollo », à la fois louanges et conseils aux femmes afin de les aider à bien tenir leur foyer. Une femme qui obéit à son époux et sait se réserver a de fortes chances d’avoir un foyer équilibré et des enfants épanouis. Ce sont là des valeurs qui ont fait la force de nos sociétés traditionnelles.
Bako Dagnon était désormais considérée comme une gardienne de la tradition mandingue.

Grâce à son sens de l’histoire et de la musicalité, elle a perpétué des histoires séculaires. Dans sa musique, elle alliait la tradition et modernité. Mais pas n’importe laquelle. «Je ne veux pas de mélange qui ne colle pas à notre tradition et qui en dénature le sens, le contenu et même les messages», insistait-elle. Ses chansons sont à la fois des louanges et des conseils. Elles font l’éloge du respect d’autrui, de l’honneur. Bako Dagnon a abordé aussi des thèmes liés aux valeurs comme l’agriculture, la bravoure des paysans. Elle s’est autorisée un tour dans le répertoire bambara avec « Faden Tô » qui traite du respect de la femme d’autrui, de l’honneur.

La musique de Bako Dagnon n’est pas une simple récitation de ses connaissances expertes. Avec sa voix puissante et agile, elle séduit l’audience et communique l’authenticité de sa musique.

Admiratif, notre confrère Africulture écrivait récemment à son sujet : « Par son intensité et sa tessiture, son expressivité et son extrême souplesse, la voix de Madame Bako Dagnon n’a évidemment rien à envier à celles des plus grandes divas de l’opéra occidental, ni d’ailleurs à celles des plus fameuses stars du blues, du flamenco ou de la soul – dont elle se rapproche plus encore par ses formidables facultés d’improvisation ».
Auteur de cinq albums sortis localement, Bako Dagnon s’est fait discrètement entendre au-delà de nos frontières sur l’Electro Bamako (2001) de Marc Minelli, ou sur quelques titres « Kêmê Bourama », « Touramagan », « Naré Maghan » avec le collectif de griots éponyme de l’album Mandekalu (2004), produit par Ibrahima Sylla.

Tout récemment, son titre « Donsokè » (le chasseur en bambara), un merveilleux morceau acoustique, concocté avec la complicité du musicien guinéen Mory Djéli, a achevé de convaincre de l’étendue du talent de Bako Dagnon et de l’héritage qu’elle laisse au monde de la culture qui y retrouvera un concentré de ce qui fait l’âme malienne.

Mali : décès de la chanteuse Bako Dagnon, « la grande voix de la tradition »

(c) maliactu.net – 8 juillet 2015   

La chanteuse Bako Dagnon, griotte et figure de la musique malienne qualifiée par la presse nationale de « grande voix de la tradition », a été inhumée mercredi à Bamako, au lendemain de son décès, a-t-on appris auprès de sa famille.

« Elle est décédée hier (mardi 7 juillet 2015)) après cinq jours d’hospitalisation. Elle a été inhumée ce (mercredi 8) matin à Bamako », a affirmé à l’AFP Habibou Kouyaté, un de ses quatre enfants.

Selon lui, la chanteuse, sexagénaire, souffrait notamment de diabète.

Des milliers de personnes, dont plusieurs autorités et de nombreux artistes lui ont rendu hommage lors de ses obsèques, selon des images diffusées mercredi soir par la télévision publique malienne ORTM.

Chevalier de l’Ordre national du Mali depuis 2009, Bako Dagnon a été élevée mercredi par les autorités au grade d’Officier de l’Ordre national du Mali, d’après l’ORTM.

La ministre de la Culture Ramatoulaye Diallo Ndiaye s’est inclinée devant « la mémoire de cette grande figure de la musique malienne qui a su mettre son talent au service du rayonnement artistique du Mali », dont elle a fait connaître « les richesses de la musique traditionnelle ».

La chanteuse a également été saluée par plusieurs journaux dans leurs éditions de mercredi, L’Essor (pro-gouvernement) l’appelant « la grande voix de la tradition » et Le Républicain (privé) déplorant la perte de « la gardienne du temple mandingue », sa communauté.

Issue d’une famille de griots, Bako Dagnon est née vers 1953 à Kita, dans l’ouest du Mali.

En quatre décennies de carrière elle a réalisé cinq albums, selon l’ORTM, dont « Titati » et « Sidiba » qui ont été salués par la critique internationale.

Très populaires au Mali, ses chansons étaient aussi bien connues dans les pays issus du morcellement de l’ancien empire mandingue, particulièrement en Guinée.

Ancienne membre (1974-1985) du mythique Ensemble instrumental national du Mali, Bako Dagnon a aussi participé à plusieurs projets collectifs, comme « Mandékalou » avec les griots malien Kassé Mady Diabaté et guinéen Sékouba Bambino Diabaté.

« Grâce à son sens de l’histoire et de la musicalité, elle a perpétué des histoires séculaires », souligne L’Essor.

« Avec sa voix puissante et agile, elle (séduisait) l’audience et (communiquait) l’authenticité de sa musique », loin d’être « une simple récitation de ses connaissances expertes », ajoute ce journal.

Bako Dagnon, la Griotte titulaire du président IBK n’est plus

Issa KABA – L’Express du 8 juillet 2015

La mort a encore frappée dans le monde de la musique, mais aussi parmi les proches collaborateurs du président de la république, après Fantani Touré décédée le 03 décembre 2014, l’équipe de campagne du candidat IBK vient d’enregistrer une très grosse perte, il s’agit de Bako Dagnon.

On la considérait comme la préférée du chef de l’Etat car selon les informations il dit que c’est elle seule qui sait tracer sa lignée, Bako est décédée hier mardi 07 juillet  dans les environs de 06 a l’hôpital du point G.

Originaire de KitaBako Dagnon, fille d’une animatrice de cérémonies familiales, grandit dans un milieu fidèle à la tradition des griots. Ces conditions qu’elle mettra à profit pour emmagasiner une connaissance incomparable de la culture mandingue.

En 1974, et durant dix ans, elle s’illustre dans l’Ensemble instrumental du Mali.
Auteur de cinq albums, Bako Dagnon, n’était pas de ces  artistes qui vont passer des centaines de concerts en Europe, mais il est très difficile au Mali de parler de musique sans parler de Bako

Son secret était une voix rock, mais qui a une particularité, et une manière unique de chanter, personne au Mali n’est jamais parvenu a imité la voix de Bako on peut imiter ses chansons, mais jamais sa voix, la plus célèbre de ses chanson a été reprise par plusieurs artistes (TITATI)maissa chanson qui a marqués l’histoire est sans nul doute «TIGA MOGNOGO» une chanson atypique a sa région natale KITA qui est la région ou se culture la plus grande quantité d’arachide de notre pays a l’époque

Bako Dagnon détestait la dépigmentation, la dépravation des mœurs et ce qu’ait devenu la musique malienne aujourd’hui

Dors en paix tanti Bako !

Après Fantani Touré en décembre 2014, Bako Dagnon décédée hier : IBK pleure la perte de l’une de ses griottes attitrées

Alou B HAIDARA –  L’Indépendant du 8 juillet 2015

Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta (il se trouve en déplacement en Turquie) vient de perdre sa griotte préférée, Bako Dagnon, décédée, hier matin, à l’âge de 62 ans, à l’hôpital du Point – G. Tout comme Fantani Touré, disparue en décembre 2014, en France, Bako a été une figure majeure de la campagne électorale d’IBK en 2002 et 2013. Ses obsèques auront lieu, ce mercredi à 10 heures, à son domicile à l’ACI 2000.

Après le décès de Fantani Touré, le 3 décembre 2014, dans un hôpital à Créteil, en France, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, vient de perdre l’une de ses cantatrices préférées.

La diva de la musique mandingue Bako Dagnon, a tiré sa révérence des suites d’une maladie. C’était hier mardi aux environs de 6 heures. C’est à l’hôpital du point – G qu’elle a rendu l’âme, à l’âge de 62 ans. De sources proches de la famille, elle était admise dans cet hôpital depuis la semaine dernière et elle souffrait de l’hypertension et du diabète.

La disparition de Bako Dagnon est ressentie  comme une grande perte pour la culture malienne, plus particulièrement le  monde de la musique. Dès l’annonce de son décès, la Première dame, Mme Kéïta Aminata Maïga et plusieurs personnalités politiques et administratives, se sont rendues  au  domicile de la défunte à l’ACI 2000. Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta se trouve en déplacement  à Ankara, capitale de la Turquie, mais il a adressé ses condoléances les plus attristées à la famille de la défunte.

Pour ceux qui ne le savent pas, Bako Dagnon était la griotte préférée du Chef de l’Etat. En un mot, IBK adorait les belles chansons de Bako tirées du terroir mandingue. Raison pour laquelle la campagne électorale de l’actuel locataire de Koulouba a été animée en 2002 comme en 2013 par cette grande voix de la musique malienne.

La dernière sortie publique de Bako Dagnon remonte au 14 juin dernier au champ hippique de l’Hippodrome, lors de la 72ème édition du Grand Prix de la Nation, présidée par le premier ministre Modibo Kéïta. Ce jour – là, elle était accompagnée par une autre icône, Tata Bambo Kouyaté. Apparemment, Bako avait de la peine à marcher. On sentait en elle que son corps la lâchait, même si sa belle voix unique et inimitable était là.

Dans un communiqué déposé à notre rédaction, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme salue la mémoire de cette figure emblématique de la musique malienne, qui a su mettre son talent au service du rayonnement artistique du Mali.

Bako Dagnon fut une ancienne pensionnaire de l’Ensemble instrumental du Mali. Elle faisait partie du riche paysage musical depuis plus de 40 ans. C’est en 2009  qu’elle a été décorée par  le Président Amadou Toumani Touré au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mali. « Bako Dagnon est restée la gardienne du temple mandingue et de ses histoires multisécuritaires, qu’elle n’a eu de cesse de véhiculer auprès des jeunes générations » précise le communiqué du département de la Culture.

Il faut noter que Bako Dagnon avait à son actif six albums comme Sidiba. Ses chansons puisent aux racines de l’histoire et la culture mandingues. Elles font revivre les gestes (hauts faits passés) et les rendent résolument contemporaines.

C’est ce mercredi, à 10 heures, que Bako Dagnon a été conduite en sa dernière demeure au cimetière de Lafiabougou. Elle laisse derrière elle quatre orphelins et des milliers d’admirateurs inconsolables.

Mort de Bako Dagnon, chanteuse et mémoire de la culture malienne

Publié le 07-07-2015 Modifié le 08-07-2015 à 02:08 Par RFI

La chanteuse Bako Dagnon est morte ce mardi 7 juillet dans la matinée à Bamako. Une grande voix de la musique traditionnelle malienne s’est éteinte. C’est le label Syllart Records qui l’a annoncé, lui qui avait produit son premier album international « Titati » en 2007.

On l’avait baptisée « le secret le mieux gardé de la musique malienne ». Il faut dire qu’au moment où sort son premier album international en 2007, Bako Dagnon a déjà 40 ans de carrière au Mali, et plusieurs cassettes à son actif.

Née dans la région de Kita, dans une famille de griots, elle passe dans les années 70 par les Biennales de la jeunesse lancées par le père de l’Indépendance Modibo Keïta pour dynamiser les traditions culturelles du Mali.

Puis comme beaucoup de grands artistes de sa génération, elle appartient pendant dix ans à l’Ensemble instrumental du Mali, où chacun devait maîtriser le répertoire musical des différentes ethnies qui composent le pays.

Les chansons de Bako Dagnon reprenaient les fables de la culture mandingue. Garante de cet héritage, la griotte était pour beaucoup une « bibliothèque vivante », que les grands noms de la musique malienne n’hésitaient pas à consulter, à l’image de feu Ali Farka Touré.

Le monde des artistes attristé : Bako Dagnon tire sa révérence

Lucy Duran. (accent-presse.com) maliweb – 7 juillet 2015

Bako Dagnon l’une des grandes voix de la musique malienne est décédée ce mardi 07 Juillet 2015 à 06 heures du matin à l’hôpital du Point G à Bamako.

La rédaction de maliweb.net présente  ses condoléances à l’ illustre disparue et que son âme repose en paix.

La Rédaction de maliweb.net

BAKO DAGNON

Biographie

La carrière de Bako Dagnon est unique : Une collaboration de vingt ans dans les années 70 avec l’Ensemble Instrumental National et quelques enregistrements sur cassettes au début des années 90. Elle a passé la plupart des 40 ans de sa carrière à chanter pour ses mécènes.

Et pourtant Bako Dagnon est une chanteuse qu’admirent les autres chanteurs.
Ses chansons sont ancrées dans l’histoire et la culture Mandingue. Elles font renaître les vieilles fables et les rendent résolument contemporaines. C’est pourquoi beaucoup des célèbres artistes de la musique malienne se tournent vers Bako lorsqu’ils ont besoin de renseignements sur l’histoire du pays – un témoignage qu’elle livre avec générosité, tout comme les anciens l’ont fait pour elle.

Ali Farka Touré admirait beaucoup son chant et la consultait souvent à propos de l’histoire du Mali lorsqu’il était à Bamako.

Banzoumana Sissoko, « le vieux lion », l’invitait régulièrement chez lui dans les années 80 pour chanter de vieilles chansons comme Janjon. Il pleurait et lui tendait un billet de 1000 Francs Maliens.

Jeli Bakari Soumano, feu le Chef des Griots du Mali, un homme extrêmement cultivé, appréciait grandement la sagesse de Bako ; elle était souvent à ses côtés lorsqu’il devait pratiquer des cérémonies rituelles.

Lorsque le producteur Sénégalais Ibrahim Sylla décide en 2003 de rassembler sur le disque Mandekalu (Syllart / Discograph) les meilleurs talents griots pour chanter les grands classiques, il fait appel à l’expertise de Bako pour interpréter les grands morceaux épiques tels que Nare Maghan ou Turamagan. Sa voix est le liant et la clé du succès de ce disque.

C’est pendant la conception de Mandekalu qu’on arrive enfin à la convaincre d’enregistrer son premier album : Titati (2007 Syllart / Discograph).

Sidi Ba, produit à Bamako et à Paris par Jean Lamoot (Salif Keita / Alain Bashung) est son deuxième album solo. Il a nécessité plus d’un an de production, un an d’allers et retours entre Bamako et Paris, d’échanges entre les musiciens maliens, colonne vertébrale de l’album et leurs comparses français interprétants les très subtils et respectueux arrangements de Jean Louis Solans et Jean Lamoot.

Histoires :

Bien qu’elle vive à Bamako depuis presque 30 ans, Bako continue à considérer son petit village natal de Golobladji, comme la source spirituelle à laquelle elle retourne s’abreuver dès qu’elle le peut.

Le village fut fondé en 1881 par un chasseur Fula nommé Nyakalemba Moussa Diallo. Le chasseur lui donna son nom qui signifie « tremper la peau de l’animal dans l’eau ». Le village se trouve au fond de la savane, à une vingtaine de kilomètres de Kita sur la route qui mène à la frontière Guinéenne, proche de la région de Biriko. Golobladji est peuplé de quelque 1500 âmes ; une piste coupe le village en deux. On trouve d’un côté les Fulas, qui sont des maîtres griots, de l’autre les Maninkas, dont sont issus les Dagnon.

Aujourd’hui encore, le village n’a ni eau courante ni électricité, ni téléphone ; pour passer un appel avec un portable, il faut quitter le village et se tenir en haut de la plus haute colline. Les seuls contacts avec le reste du monde sont la radio et les visites de parents venus de la capitale. Mais grâce aux Dagnon, Golobladji a une vie musicale particulièrement active, qui a largement contribué à la renommée de Kita comme capitale musicale.

Bako descend d’une longue lignée d’interprètes virtuoses et de joueurs de n’goni remontant au temps de Sunjata Keita, fondateur de l’empire Malien au début du XIè siècle. Les Dagnon (prononcer « Danyó ») sont considérés comme de « nobles griots ».

Dans les villages de la région, les Maninkas cultivent le riz et le millet qu’ils consomment et marchandent avec les Fulas contre la viande et le lait. Pendant la saison des pluies, les jeunes de Golobladji pratiquent le sansene, le labourage et le désherbage communal. Ils chantent des chansons pleines d’entrain accompagnées des djembés pour rythmer leur dur labeur.Lorsque le sansene a été particulièrement réussi, le nama, un masque qui représente le plus fort des jeunes fermiers – un masque fin décoré de coquillages, de miroirs et de trois cornes d’antilopes- vient danser, tournoyer et bondir comme un animal sauvage. C’est cette tradition séculaire qui fut l’une des premières expériences musicale de Bako.

Le grand-père de Bako, Bouloukoumba Dagnon, qui vécut jusqu’à 112 ans, fut le premier Dagnon à s’installer à Golobladji. Sa femme, Bako Diarra (dont Bako prit la succession) était une prise de guerre remportée d’une bataille victorieuse à Segou. Il la ramena vivre avec lui à Golobladji, ainsi que Saran, la femme qui tressait les cheveux de l’épouse préférée de Samory Toure. Aujourd’hui encore, les villageois sont fiers d’indiquer aux visiteurs la hutte ronde qu’habitait la coiffeuse dont la beauté était célèbre, et qui portait aussi le nom de Dagnon.

C’est dans cet environnement que naît Bako (vraisemblablement en 1953). Son père est un fameux joueur de n’goni et sa mère une grande chanteuse. Elle apprend son art de manière informelle auprès des Dagnon du village. Sa grand-mère lui enseigne les chansons mélancoliques de Segou, et son grand-père, les chansons des champs de bataille de Samory. De sa mère, elle apprend les chants ondulants et harmoniques de la Guinée.

Mais à l’âge de 7 ans, la tragédie s’abat sur la famille : sa mère, Djeli Fili Diawara, meurt soudainement. Son père, Tiemogoninkoumba Dagnon confie Bako à la femme d’un griot de Kita qui n’a pas d’enfants.

« Ce fut une période très dure pour Bako. Chaque jour, elle devait aller vendre des oranges sur le marché », raconte son frère aîné, Baîry. « Notre père pensait que la femme du griot apprendrait à l’aimer, mais en fait elle l’a très mal traitée, l’a battue et l’a même coupée avec des couteaux. Elle ne laissait même pas Bako chanter, mais Bako avait déjà appris des chansons au village, et elle chantait toute seule. »

Libérée de sa famille adoptive, elle étudie les tariku, les histoires précoloniales de l’empire mandingue avec le grand maître de chant Kele Monson Diabate dont les interprétations de l’épopée de Sunjata sont admirées à travers le monde Mande.

« J’ai étudié avec Kele Monson aux côtés de son propre fils, [l’écrivain] Massa Makan Diabate [l’auteur de L’Assemblée des Djins]. C’était un maître assez sévère. Je le suppliais de me donner des informations, mais il était peu disposé à le faire. J’ai fini par lui dire : « Un jour, tes histoires vont disparaître ; qui s’en souviendra si tu ne les transmets pas ? » Alors, petit à petit, il s’est mis à m’enseigner les tariku. »

« Le savoir, les tariku, les kuma koro (ancien terme) que je connais, je les ai tous appris de Kele Monson. Mais lorsqu’il y a plusieurs anciens dans un village, je fais le tour en leur posant des questions. Si six d’entre eux répondent la même chose, je sais que ce doit être vrai ».

Bako rit en racontant l’histoire de la première fois qu’elle a gagné une somme importante d’argent en chantant.

« J’avais un mécène à Kita du nom de Sayon Tounkara, qui m’a donné une vache et 50 000 Francs Maliens. Un second mécène m’a donné la même chose, plus 20 grammes d’or ! C’était beaucoup pour moi, à l’époque. J’étais si heureuse que j’ai couru chez Kele Monson pour lui montrer ce que l’on m’avait donné pour les tariku qu’il m’avait enseignés. Et vous savez quoi ? Il m’a demandé de tout lui donner sur-le-champ ! »

Puis Kele Monson lui enseigne d’autres tariku. « J’avais beaucoup de mal à les apprendre, mais j’ai persévéré. Il m’a même donné un remède spécial pour protéger ma voix et améliorer ma mémoire » – un privilège que peu de chanteurs ont reçu de ce grand ngara (maître).

« Une jelimuso [griotte] doit avoir confiance en elle, en son for intérieur, ce que l’on atteint grâce un véritable apprentissage ; elle ne doit jamais mentir, ni jamais porter de bijoux lorsqu’elle visite un mécène. De cette façon, elle sera récompensée pour son savoir et son talent, pas pour son apparence. Les bijoux sont éphémères, la connaissance de l’histoire et des chansons ne l’est pas. »

Dans les années 60, durant la première décennie de l’indépendance, la scène musicale du Mali se nourrissait de rencontres durant la « Semaine de la Jeunesse » qui avait lieu une fois par an au niveau local puis régional et national. Nombre des meilleurs chanteurs du pays ont émergé grâce à ces rencontres pour devenir de grandes vedettes.

Vers 1966, Bako Dagnon, encore jeune adolescente, fait sa première apparition publique à Kita, à la « Semaine de la Jeunesse » locale. Elle chante Yirijanko Le, un morceau Fula qu’elle interprète en Bambara. Cette chanson parle de femmes qui vont cueillir des oignons sauvages pour faire face à la famine, lorsqu’il n’y a pas de récolte de millet.

Pour cette chanson, elle reçoit un prix qui lui permet d’être sélectionnée pour la « Semaine de la Jeunesse » régionale de la province de Kayes l’année d’après. Elle y remporte un autre prix, puis elle participe à la compétition nationale. Elle est aussi régulièrement invitée à chanter avec l’Orchestre Régional de Kita, un groupe qui interprète des versions dansantes de morceaux Malinka.

C’est autour de cette période qu’elle effectue sa première visite à Bamako, accompagnée de la présidente de l’association de femmes de Kita, Mme Souko, une amie proche et un mécène. La scène musicale de Bamako est en pleine effervescence et offre de multiples opportunités à une jeune jelimuso qui souhaite montrer son talent. Bako et Mme Souko font le tour des fêtes de mariages et sa voix fine et claire est vite remarquée.

Au début des années 70, le Ministre des Arts, du Sport et de la Culture invite Bako à rejoindre le prestigieux Ensemble Instrumental National. L’EIN est composé à l’époque d’une quarantaine des meilleurs chanteurs et musiciens du pays et représente le Pays à chaque grande occasion. Même si elle continue à vivre à Kita, où elle est maintenant mariée et mère de famille, ses années passées au sein de l’EIN sont fondamentales pour elle. Elle y rencontre quelques-uns des musiciens les plus légendaires de l’époque, comme le joueur de kora Sidi Diabate, auquel elle fait référence dans son émouvante chanson Kono, et ajoute aussi beaucoup de nouveaux morceaux au répertoire du groupe, se forgeant ainsi une réputation de chanteuse savante.

La chanson qui la rend célèbre à travers le pays, Tiga Monyonko (« en épluchant les cacahuètes »), qu’on appelle simplement Tiga, parle d’une usine ouverte dans les années 60 à Kita pour fabriquer de l’huile et de la pâte d’arachides.

« Certaines personnes étaient contre l’ouverture de l’usine. Ils se disaient que l’usine risquait de leur voler leur travail. Tous les griots de Kita furent invités à composer une chanson qui parlerait de l’usine pour l’inauguratio. On nous montra les machines. Quand j’ai vu la facilité avec laquelle les machines épluchaient les cacahuètes et les transformaient en huile et en pâte que les femmes utilisent pour faire la cuisine, effectuant un travail qui prenait des heures à faire à la main, une chanson m’est venue en tête : « Salut, les fermiers de Kita, vous qui travaillez dans les champs ! Cette usine est votre amie et votre alliée, pas votre ennemie. Vous aimerez cette usine, vous les fermiers et les travailleurs, comme une vieille amie. »

Si l’usine est le symbole d‘un Mali nouveau et moderne, l’idée qu’une jelimuso écrive une chanson pour en faire l’éloge l’était aussi. Le refrain entraînant et les harmonies ondulantes rappellent celles des chansons d’amour jouées à la guitare à Kita. Elle l’enregistre pour la RTM, la radio nationale, et la chanson remporte un succès immédiat. Bako a enregistré une nouvelle version pour l’album Sidi Ba, dans laquelle, suivant la parfaite tradition griotte, elle remercie ses mécènes et les gens qui l’ont soutenue dans ses premières années à Kita, comme Mme Souko qui l’a amenée à Bamako pour la première fois, et Sayon Tounkara celui qui lui a donné la vache et les 50 000 Francs Maliens.

En 1978, elle voyage à l’étranger pour la première fois avec l’EIN : en Corée et en Chine.

« J’ai été surprise de constater les similitudes entre la musique Chinoise et la musique Bambara. Ils nous demandaient de chanter des chants Bambara et les imitaient à la perfection. Et j’ai appris l’hymne national Coréen, je m’en souviens encore. »
Et de le chanter mot pour mot.

« En Chine, nous avons été invités à chanter pour Mao », se souvient-elle. C’était pendant la révolution culturelle, mais cela ne l’empêchait pas d’apprécier les musiques venues d’ailleurs.

« Moussa Traore (le Président du Mali de l’époque) avait offert à Mao une marmite de style Malien en or massif. On m’a demandé de chanter en solo pour le Président Mao, et qu’est ce que j’ai chanté ? La chanson sur l’usine de cacahuètes, bien sûr ! »

En 1980, avec maintenant quatre enfants, elle s’installe à Bamako pour pouvoir se consacrer plus pleinement à l’EIN.

« J’ai passé la plupart des années ’80 avec l’EIN, de bonnes années, jusqu’à ce que j’aie un gros accident en rentrant de Djenne avec le groupe. J’ai été gravement blessée et traumatisée – j’ai encore très peur en voiture. Je l’ai pris comme un signe qu’il fallait que je parte en retraite anticipée de l’EIN ».

Le Mali traverse une période difficile durant la fin des années 80. La corruption fait rage au sein du gouvernement de Moussa Traore, beaucoup de fonctionnaires ne sont pas payés durant des mois et l’EIN n’est plus que l’ombre de lui-même alors que nombre de ses meilleurs musiciens sont partis entreprendre des carrières solo.

En 1990, Bako signe un contrat avec un producteur du Liberia et enregistre sa première cassette. Il a entendu sa chanson Tiga et veut qu’elle l’enregistre avec le jeune Ballake Sissoko à la kora et Fousseyni Diabate de Kita à la guitare.

Une seconde cassette est enregistrée avant que la guerre au liberia fasse disparaître label et producteur…

Bako n’enregistrera plus jusqu’à Mandekalu et ses deux albums solo, qui lui offrent enfin la notoriété internationale que sa voix tellement unique mérite depuis si longtemps.

« Depuis toutes ces années », dit-elle, « je survis grâce à la bonne volonté et la générosité de mes mécènes. Vous voyez ce toit au-dessus de ma tête ? Je l’ai bâti grâce à l’argent qu’ils m’ont donné. Il est temps pour moi d’enregistrer à nouveau, mais j’ai toujours une profonde loyauté envers mes mécènes ».

Parmi lesquels on compte quelques-unes des plus grandes figures du Mali.

« Je ne chante pas pour n’importe qui. Seulement pour ceux que je connais bien. J’ai toujours partagé tout ce que mes mécènes m’ont donné, et c’est pour cela que Dieu a été généreux avec moi. »

Elle vit dans une grande maison en béton de deux étages dans l’ouest de Bamako avec ses trois fils, leurs femmes et leurs enfants, et les parents de passage dans la capitale.

Son nouvel album Sidi Ba reflète sa vie : il concilie le moderne et l’ancien, et les différentes formes de griots maliens qu’elle rassemble avec son style inimitable et irrésistible.

« Plus personne ne veut étudier le véritable jeliva (l’art des griots). J’appartiens à la dernière génération des griots qui passent plusieurs heures par jour avec les maîtres des tariku » dit Bako. « Si vous désirez connaître les secrets du Mandé, il vous faudra vous rendre dans les lieux d’où proviennent les histoires. J’y ai été, pour étudier avec les anciens. »

Elle ajoute : « Si tu sais qui tu es et d’où tu viens, tu ne feras jamais rien de mal. Le jeli qui connaît vraiment son art te dira : « tu es ceci ou cela, ton père a fait ci, ton grand-père a fait ça, donc tu n’as pas le droit de mal te conduire. » Si vous voyez quelqu’un commettre un acte répréhensible, il ne faut pas avoir peur de lui dire : « ce que tu fais n’est pas digne de ta culture, de ton pays. » »

Elle est à l’aise dans tous les différents styles régionaux de Mandé – du style de son Biriko natal (dont il existe très peu d’enregistrements), jusqu’au son lyrique de la musique Malinke de Guinée ou le style pentatonique et minimal Bambara de Segou. Elle connaît les liens de chacune de ces traditions avec les terres dont elles sont issues.

Au delà du répertoire classique et moderne, elle compose ses propres chansons, des commentaires subtils et souvent gais sur la société d’aujourd’hui.

Elle s’inspire des chansons rythmées qu’enfant, elle chantait en travaillant les champs ; des morceaux du troubadour qui jouait de la calebasse ; des récits que les chasseurs rapportaient le soir aux enfants du village ; des comptines que les jeunes filles jouaient au clair de lune ; des chansons d’amour jouées par des guitaristes de Guinée pour le départ des jeunes mariées vers leur nouveau foyer, et qui faisaient fondre tout le monde en larmes.

 

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