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Les FAMAs nettoient la forêt de Sama

by sur 17 juillet 2015

Soucieuses de stopper le développement des groupes armés au sud, alors que la radicalisation de plusieurs prêcheurs, la multiplication de mosquées intégristes, la multiplication des allers-retours aux frontières avec la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso sont patents, les Forces Armées du Mali (FAMAs) ont enfin  décidé de nettoyer la forêt de Sama.

Tout comme celle du Wagadou, à la frontière avec la Mauritanie,  elle abrite des groupes armés et des camps d’entraînements. L’un  d’entre eux a été pris et détruit, fournissant un certain nombre d’éléments intéressants aux services de sécurité.

L’armée ivoirienne a également envoyé des troupes à sa frontière nord avec le Mali.

Plusieurs jihadistes tués à la frontière ivoirienne, leur camp détruit (sources militaires)

AFP – TV5Monde -16 juillet 2015

L’armée malienne a tué plusieurs jihadistes dans le sud du pays, limitrophe de la Côte d’Ivoire, et détruit leur principal camp situé dans une forêt qui jouxte la frontière, a affirmé jeudi à l’AFP un officier de l’armée malienne sur le terrain contacté par téléphone.

« Nous venons de détruire le principal camp militaire des jihadistes au sud, dans la forêt de Sama (située à la frontière) avec la Côte d’Ivoire. Plusieurs jihadistes ont été tués, d’autres arrêtés », a déclaré cet officier, qui a requis l’anonymat.

Depuis la semaine dernière, les commandos parachutistes de l’armée, communément appelés « Bérets rouges », et des soldats basés en temps normal dans la région de Sikasso, mènent des opérations militaires contre les jihadistes, le long de cette frontière, a ajouté cet officier sous le couvert de l’anonymat.

Selon une autre source militaire malienne, « des armes, des munitions, des motos, ainsi que des documents stratégiques » ont été saisis dans le camp.

Une source humanitaire sur place a précisé que deux militaires maliens avaient été blessés au cours des opérations.

Selon les mêmes sources militaires, les opérations de l’armée malienne se poursuivaient jeudi notamment à Fakola, à environ 20 km de la frontière, attaquée le 28 juin par des jihadistes présumés, qui avaient saccagé des bâtiments administratifs et de sécurité, une incursion revendiquée par le groupe Ansar Dine.

Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le centre, puis à partir de juin au Sud, près des frontières ivoirienne et burkinabè.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont Ansar Dine, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Bien que les jihadistes aient été dispersés et en grande partie chassés de cette vaste région à la suite du lancement, en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme des forces étrangères.

 

Un camp d’entraînement de jihadistes démantelé dans la forêt de « Sama » à Sikasso

Par Studio Tamani -16 juillet 2015

La traque contre les jihadistes se poursuit au Mali. Un camp d’entraînement de jihadistes vient d’être démantelé dans la forêt de « Sama » à Sikasso. Ce démantèlement fait suite à une opération de ratissage menée le 11 juillet par l’armée malienne. Le bombardement sur le camp a provoqué la mort d’une trentaine de jihadistes, 15 personnes ont été arrêtées. Aussi, des armes et des munitions, des motos et plusieurs objets ont été saisis par les forces de défense et de sécurité maliennes.

Un cahier sur lequel est dessinée la carte de la forêt de  »Sama » de Sikasso a été retrouvé sur les lieux. Les fouilles continuent et une enquête a été ouverte. Un militaire, qui a participé à l’opération, a été joint par Issa Fakaba Sissoko : « Il y avait un camp d’entraînement jihadiste dans la forêt de Sama, le long de la frontière avec la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le camp a été détruit par l’armée malienne. Le ratissage a permis de découvrir beaucoup d’armes de guerre sur les gens là : tels des pistolets mitrailleurs, des explosifs, beaucoup de munitions, et plusieurs types d’objets. Il n’y avait pas d’enregistrement vidéo, mais ils avaient un cahier sur lequel est dessinée la carte de Sikasso et la forêt de Sama. L’armée n’a pas enregistré de victimes au cours de l’opération, du côté des jihadistes une trentaine de combattants ont été tués et une quinzaine de prisonniers. Avec les bombardements, il est difficile d’avoir un chiffre exact. Beaucoup parmi eux n’étaient pas des combattants professionnels ».

Alors que les enquêtes se poursuivent après l’arrestation des 20 présumés terroristes à Zégoua, les services de sécurité maliens ont confirmé celle d’un autre terroriste dans le cercle de Baraouéli. Les éléments d’enquêtes donnent très peu de détails, mais l’homme aurait un lien avec l’attentat contre le restaurant « La Terrasse » à Bamako.

Saouty Kouma, c’est son nom. Il a été appréhendé par les services de sécurité dans le village de Mallé, cercle de Baraouéli. Il est soupçonné d’être « le cerveau » de la fusillade du 7 mars à « La Terrasse », un restaurant de la capitale.

Les services de sécurité maliens confirment son arrestation, mais n’affirment pas qu’il soit le « cerveau » de l’attentat de Bamako. Les enquêteurs le présentent comme un « islamiste convaincu ». « Aucun détails n’est à négliger. Nous cherchons sur lui la moindre information », explique une source sécuritaire jointe par notre rédaction.

L’attentat de « La Terrasse » en mars dernier avait coûté la vie à un Français, un Belge et trois Maliens. L’attaque a été revendiquée par le groupe islamiste Al Mourabitoune, né en 2013 de la fusion des « Signataires par le sang » de Mokhtar Belmokhtar et du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Une autre enquête est en cours à Bamako. C’est celle relative à l’arrestation lundi dernier de 20 présumés jihadistes à Zégoua. Les enquêteurs des pays concernés travaillent ensemble. Transférés à Bamako, les suspects sont interrogés par les services de sécurité maliens. Parmi eux, deux français et 13 Mauritaniens. Certains ont reconnu appartenir à la secte islamiste « Dawa ».

Mali : pourquoi le Sud est menacé

Jeune Afrique – Publié le 16 juillet 2015 à 08h29 – Par Benjamin Roger

Attaques et attentats ne sont plus cantonnés au Nord du Mali. Le sud du pays devient également la cible des jihadistes. Les regards se tournent vers Hamadoun Koufa, un proche du groupe Ansar Eddine.

Toujours plus au sud. Depuis le 5 janvier et l’attaque jihadiste qui a coûté la vie à onze militaires maliens à Nampala, dans la région de Mopti, la menace terroriste, jusqu’à présent « cantonnée » au Nord, est devenue une réalité sur l’ensemble du territoire malien. Après Nampala, un attentat a pour la première fois frappé Bamako, le 7 mars, lorsqu’un homme armé d’une kalachnikov a ouvert le feu et fait cinq morts dans un restaurant fréquenté par des expatriés occidentaux. Début juin, Nara, petite ville proche de la Mauritanie, a été visée. Bilan : trois soldats maliens tués. Et plus récemment encore, les 10 et 28 juin, ce fut au tour des localités de Misséni et Fakola, près de la frontière ivoirienne (les assaillants ont exécuté un gendarme et brièvement pris possession de bâtiments administratifs).

Toutes ces attaques, à l’exception de celle de Bamako, ont été revendiquées par Ansar Eddine dans un communiqué daté du 3 juillet. Le groupe d’Iyad Ag Ghaly affirme qu’elles ont été menées par les katibas Macina et Khalid Ben Walid. De quoi conforter les responsables sécuritaires maliens, qui suspectent fortement Hamadoun Koufa et sa Force de libération du Macina d’être derrière la multiplication des attaques meurtrières dans le centre et le sud du pays ces derniers mois. « Ce ne sont pas des initiatives individuelles, mais des actions organisées par les réseaux de Koufa, qui est lui-même intimement lié à Iyad », croit savoir un haut responsable du ministère malien de la Défense.

Koufa intègre dans les années 2000 la Dawa, une secte fondamentaliste d’origine pakistanaise implantée au Mali

Si le sort de Hamadoun Koufa reste incertain – certains le disent mort, d’autres toujours en vie – une chose est sûre : c’est – ou c’était – un proche du chef d’Ansar Eddine, lui aussi toujours introuvable (lire encadré). Après des études coraniques dans la région de Nampala, durant lesquelles ce Peul se fait repérer en enregistrant des prêches enflammés en pulaar, Koufa intègre dans les années 2000 la Dawa, une secte fondamentaliste d’origine pakistanaise implantée au Mali. C’est là qu’il se radicalise et qu’il aurait noué des liens avec Iyad Ag Ghaly, qu’il a ensuite rejoint dans le nord du pays en 2012. Les deux hommes auraient participé ensemble à l’assaut sur Konna début janvier 2013, lors de l’offensive jihadiste vers le sud du Mali. Leur tentative d’expansion fondamentaliste sera finalement stoppée par les hélicoptères français et le déclenchement de l’opération Serval.

Fort de ses talents d’orateur et de son implantation dans la région du Macina, Hamadoun Koufa s’est progressivement constitué un réseau de plusieurs dizaines de fidèles, regroupés au sein de la Force de libération du Macina, un groupe dont l’objectif serait de rétablir l’empire peul du Macina, un régime théocratique de la fin du XIXe siècle. Selon des témoins interrogés par Human Rights Watch (HRW), la majorité de ses membres serait des Peuls ayant auparavant combattu sous la bannière du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ou d’Ansar Eddine.

Il y a sûrement un mélange de terrorisme et de banditisme »

Malgré la revendication d’Ansar Eddine et plusieurs pistes menant au réseau de Koufa dans les attaques de Nara, Misséni ou encore Fakola, l’identité, les motivations et le mode opératoire des assaillants sont encore mal connus. Selon une source sécuritaire malienne, ces assauts ont été menés « par des Maliens du Sud radicalisés et instrumentalisés, parlant les dialectes locaux », et non par des « gens du Nord ». Des enquêtes sont actuellement en cours, notamment pour savoir s’il s’agit d’un réseau organisé ou de cellules indépendantes. « Dans ces zones, les populations sont complètement opposées à la pratique d’un islam radical, poursuit notre source. Il y a donc eu beaucoup de dénonciations et d’interpellations. » Cinq personnes ont ainsi été arrêtées dans le secteur de Sikasso après les événements de Misséni.

Hors de leur champ d’action privilégié que constitue le nord du pays, les responsables français et onusiens, qui ne disposent pas de troupes dans le Sud, ne semblent pas en savoir beaucoup plus sur ces attaques inédites.

« Il y a sûrement un mélange de terrorisme et de banditisme, lâche un cadre du ministère français de la Défense. Mais il est encore un peu tôt pour savoir si nous sommes face à un problème structurel ou non. » La thèse d’orpailleurs ou de brigands locaux, agissant sous l’étendard noir des jihadistes pour détourner l’attention, n’est pas non plus à exclure.

Face à cette menace naissante et mal identifiée, les forces armées maliennes ont renforcé et réorganisé leur dispositif sécuritaire dans le Sud. Un défi de plus pour une armée en reconstruction, au moment même où l’accord de paix, signé le 20 juin par les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), doit progressivement être appliqué dans le Nord. De leur côté, les Ivoiriens, préoccupés par ces attaques répétées à seulement quelques kilomètres de leur frontière, ont eux aussi décidé d’envoyer des renforts.

Mais où est passé Iyad Ag Ghali ?

Activement recherché par les services de renseignements, le chef d’Ansar Eddine reste introuvable. Très mobile et prudent, Iyad Ag Ghaly se déplacerait en permanence entre son bastion de l’Adrar des Ifoghas, au nord de Kidal, et le sud de la Libye. Sa femme, elle, se trouverait à Tinzaouaten, près de la frontière avec l’Algérie. Enchaînant les frappes ciblées contre les chefs jihadistes de la région, les responsables français cherchent toujours à « neutraliser » Iyad Ag Ghaly, dont plusieurs proches ont déjà été éliminés (dont Abdelkrim el-Targui, en mai, et Mohamed Ali Ag Wadoussène, le 5 juillet). « Si on peut le taper, on le tapera », affirme-t-on à l’Élysée, sans cacher les difficultés à localiser cette HVT (high-value target), « cible de haute valeur » dans le jargon militaire.

 

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