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Les Bô contre les discriminations

by sur 19 juillet 2015

Dernière mise à jour mercredi 22 juillet 2015 à 9h50

Faut-il prendre les armes pour se faire entendre ?

C’est, en résumé, la plainte de l’association des Bô qui se plaint de discrimination et dénonce l’insécurité grandissante dans le cercle de Tominian; selon eux,  ce sont les non-musulmans qui sont désormais ciblés par les jihadistes.

Mali : Admission dans la fonction publique : Niimi-Présence Buwa dénonce la fixation d’un quota pour les ressortissants du Nord

Gabriel TIENOU/Stagiaire – Source : Reporter – 21 juillet 2015

L’association Niimi-Présence Buwa a tenu une conférence de presse à l’hôtel Djenné, le mardi 14 juillet 2015. Faisant suite à celles du 18 avril 2012 et du 15 septembre et du 24 novembre 2014, elle a porté essentiellement sur l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali et les attaques perpétrées contre les populations du Buwatun. Au présidium, il y avait Raphaël Diarra, président de Niimi ; l’honorable Abdoulaye Dembélé, élu à Tominian ; Me Habib Alpha Koné et le secrétaire général Houssé Germain Diarra.

D’entrée de jeu, le président de Niimi, Raphael Diarra, a rappelé que les Buwa   n’ont jamais failli à leur devoir de citoyenneté. «Nous n’avons jamais manqué, un seul instant, notre part de sacrifice pour l’édifice national. En 1916, nos pères ont amené une révolte implacable contre le colonisateur et depuis lors, nous n’avons cessé de prouver que nous sommes des hommes. Et dire qu’à la veille du centenaire de cette révolte, les autorités maliennes continuent de faire la sourde oreille devant nos revendications citoyennes de nos droits, ce serait dommage que l’histoire se répète, car nous sommes en mesure de nous organiser pour défendre nos intérêts».

«Nous rappelons notre opposition à toute négociation et à toute revendication portées à bout de canon, notamment sur les dangers qu’elles comportent pour le devenir de notre nation. Nous avons dénoncé les différents accords dits de paix qui ont été signés. Des accords qui, au lieu de mettre fin aux revendications fallacieuses, ont plutôt servi de prétexte (leur prétendu non mise en œuvre) pour d’autres attaques contre le Mali», a ajouté Me Koné.

Ce, avant de poursuivre : «Nous avions, en son temps, dénoncé ces négociations, et sur le principe, et sur le fond. Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ou fondement du projet d’effritement et de désagrégation de la patrie ? Ces accords revêtent un fort caractère d’incongruité, les principaux points étant déjà partie intégrante du vécu institutionnel et démocratique malien. Comment peut-on envisager l’idée de réserver un quota de postes de la fonction publique aux ressortissants du Nord ? La citoyenneté malienne n’est-elle pas le même critère pour tous les candidats ? L’octroi de postes, notamment ministériels, sur la base de l’appartenance à une région géographique ne saurait se limiter aux régions du Nord. Il doit se faire sur la base du mérite à travers la compétition. Il s’agit d’une question qui comporte des risques certains pour la cohésion nationale, à moins que cette représentation à travers des quotas ne soit élargie aux autres régions géographiques et communautaires du pays».

«L’intégration dans l’armée d’individus ayant pris des armes contre la République et commis des exactions pour construire quelle armée républicaine ?», se demande-t-il. Et d’ajouter que dans le cadre du redéploiement, confier la sécurité des régions du Nord à des officiers de ladite zone ne s’accommode pas à la construction d’une armée républicaine. Il serait, selon lui, malsain d’intégrer, sans discernement et sans tenir compte des expériences passées, des éléments des groupes armés, au risque de créer et d’entretenir des frustrations au sein de l’armée.

«Parler de retard considérable du Nord par rapport au reste du Mali relève d’une négation cynique de la réalité. D’énormes ressources ont été investies par le Mali pour le développement des régions nord, notamment à travers divers programmes spéciaux, eu égard à leur spécificité géo-climatique et au risque d’un déséquilibre de financement du développement sur l’ensemble du territoire», a-t-il lancé.

Abordant la problématique du développement socio-économique et culturel du pays Bô, il dira que l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures sont des secteurs clés dans lesquels l’assistance de l’Etat au Buwatun demeure insignifiante. «S’il était vrai que les nations se construisent à travers les crises, nous regrettons que les représentants du pays à ces pourparlers aient ignoré les exigences de justice exprimées, même par le silence, par tous les citoyens».

 

Menace Jihadiste sur Tominian :« Présence “Bwa-Niimi » tire la sonnette d’alarme

Sory I. Konaté – 20 Juillet 2015 – Les Echos

L’association « Présence Buwa-Niimi » a organisé mardi dernier une conférence de presse à l’espace culturel « Le Djenné« pour dénoncer la situation sécuritaire avec la menace jihadiste qui plane sur le cercle de Tominian. L’association a critiqué certaines parties de l’accord pour la paix et la réconciliation signé entre l’Etat et les groupes rebelles.

Depuis quelques mois, les populations du cercle de Tominian sont dans l’insécurité. Une psychose jihadiste plane sur la localité à tel point que toutes activités commerciales et agricoles sont menacées. Face à cette situation, « Niimi » est sortie de sa réserve.

La conférence de presse était animée par l’honorable Abdoulaye Dembélé, élu à Tominian. Il était accompagné du président de « Niimi », Raphaël Diarra, le vice-président de l’association, David Kéita, le secrétaire général, Houssey Germain Koné, et Habib Koné, membre de l’association.

Raphaël Diarra a expliqué que la population de Tominian est tourmentée actuellement par la menace jihadiste. A l’en croire, depuis plus d’un mois, les jihadistes attaquent les forains et c’est les non-musulmans qui sont toujours ciblés.

« La 1re attaque a eu lieu le 14 juin au carrefour de Djenné, puis le 17 vers Bandiagara et il y a eu des menaces sur le marché de Yangasso. Le village de Djamanka a aussi été attaqué en pleine nuit et les jihadistes ont même exécuté un homme sur la place public devant tout le village. Ils ont aussi proféré des menaces à l’endroit de tous les non-musulmans et dit qu’ils ont une liste », selon l’honorable Abdoulaye Dembélé.

Un mauvais accord

Il ajoutera que dès le début de la situation, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Sada Samaké, et la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale ont été alertés par les élus du cercle. « Souvent, le déploiement des forces de sécurité a été un problème, mais nous voulons que le ministre s’y attèle pour que règne la quiétude dans la localité pour le bon déroulement de l’hivernage », a-t-il indiqué.

A propos de l’accord pour la paix et la réconciliation, Habib Koné a souligné que les documents qui ont été signés au nom de la paix n’ont jamais pu mettre fin aux revendications fallacieuses, mais ont servi de prétexte pour d’autres attaques contre le Mali.

Pour lui, l’idée de réserver un quota de postes dans la fonction publique territoriale aux ressortissants du Nord, l’octroi de postes notamment ministériels sur la base de l’appartenance à une région géographique, l’intégration dans l’armée d’individus ayant pris des armes contre la République et commis des exactions… sont des points faibles de l’accord.

« Parler du retard considérable du Nord sur le reste du Mali relève d’une négation cynique de la réalité. D’énormes ressources ont été investies par le Mali pour le développement des régions du Nord. Chez nous au Bwatun, l’Etat n’a rien investi. Le gouvernement doit mesurer ce qu’il fait actuellement pour résoudre cette crise », a suggéré M. Koné.

L’association promet de multiplier les rencontres de dénonciations de ce genre, jusqu’à ce que le gouvernement trouve une solution définitive à la situation qui prévaut à Tominian.

Accord pour la paix et la réconciliation nationale : La Communauté Bô brise le silence et crie à la marginalisation

Boubacar SIDIBE – Le Prétoire du 17 juillet 2015

Le mardi dernier, l’association Bô a organisé une conférence de presse. L’objectif était de faire partager leurs inquiétudes face à la nouvelle donne : la marginalisation de leur communauté  et les menaces djihadistes qui planent sur leur communauté majoritairement de confession chrétienne.

«Notre souhait n’est pas d’être obligés de parler tout le temps. Mais nous nous sentons dans l’obligation de parler, et de parler très fort. Parce que nous semblons être inaudibles ou ne pas être pris au sérieux »,  a déclaré Raphael Diarra, président de l’association Bô. Et de rappeler que depuis 2012, ils se sont exprimés sur le processus en dénonçant  deux choses principales: la signature  des accords et la mauvaise gouvernance.

Selon lui, cette forme de gouvernance a affaibli le pays et le rend incapable de faire face à un groupuscule. « Nous, les Bô avons toujours été patriotes. Nous nous sommes toujours sacrifiés quand il le fallait .Aujourd’hui, un accord a été signé, il y a des gens qui s’en sont sortis avec moult avantages. Nous estimons que cet accord consacre de plus la marginalisation et la discrimination que nous avons toujours dénoncées. »

Et de préciser que l’Etat est en passe d’instaurer un principe qui accorde une prime à la terreur, à la violence contre la République .Est-ce qu’on voudrait que chaque composante de la nation s’inscrive dans ce cadre pour obtenir un tant soit peu d’égard ? S’interroge t-il.

Les Bô tirent la sonnette d’alarme sur la discrimination communautariste

Me Habib Alpha Koné, pour sa part, a indiqué que  la communauté Bô est réputée muette. Mais quand la survie est en jeu, même le muet bredouille quelques phrases. L’occasion pour lui de rappeler qu’ils ont exprimé  leur inquiétude sur la situation le 18 Avril 2012, le 15 septembre et le 24 novembre 2014.

« Le vin est semble t-il tiré, il faut qu’on boive mais la communauté  Bô estime qu’il n’est pas encore tard qu’elle exprime de nouveau son inquiétude .Nous faisons partie intégrante  de la nation malienne. En  1916, nous avons combattu le colon avec bravoure et pour des  raisons bien connu. Nous avons l’impression qu’on est en train de revivre les évènement qui ont poussé la communauté Bô à se soulever contre le colonisateur. Serons-nous obligés de nous soulever cent ans après pour qu’on nous redonne notre dignité ? » s’insurge t-il.

Par ailleurs, il a fait savoir que le dialogue inter malien qui était annoncé inclusif  n’a pas tenu ses promesses. « Nous avons été complètement mis de côté. A aucune occasion, nous n’avons été consultés, a fortiori écoutés .On nous considère peut être pas partie intégrante de la nation ou nous sommes une communauté de seconde zone ? » Selon lui, les  différents accords qui ont été signés entre l’Etat et ces communautés, au lieu de mettre fin aux conflits, ont toujours  été sources d’autre conflits. « L’accord qui vient d’être signé contient les germes d’une autre guerre dans quelques années, c’est là notre inquiétude. »

Et d’ajouter que les responsables du pays renvoient une mauvaise image aux fils du même pays. «  On nous donne l’impression que dans cette république, si vous êtes correct, vous serez le dernier. Et pour qu’on vous écoute, il faut que vous ayez un canon .Ceux qui ont pris les armes contre la république après avoir déserté les rangs feront leur réintégration à la faveur de l’accord avec à la clé des grades supplémentaires et ceux qui sont restés dans la République attendent. »

Concernant les quotas prévus dans la fonction publique des collectivités pour les ressortissants du nord, selon lui, l’Etat est en passe de créer un fossé entre les fils du même pays. Un laissez-passez à l’accès à la fonction publique  est accordé à une communauté sur la base de la couleur de sa peau. Et au même moment, on nous apprend que des portefeuilles ministériels seront donnés à ceux qui ont poignardé la République. Depuis 1960, nous sommes dans la République, notre communauté estime qu’il est temps de faire le point pour voir quelle a été notre récompense. Il faut qu’on nous dise quelle est notre place dans cette République.

L’association Buwa Niimi monte au créneau contre l’accord d’Alger et l’insécurité à Tominian

Yaya Samaké – 22 septembre du 16 juillet 2015

 «Est-ce qu’on voudrait que chaque composante de la Nation s’inscrive dans la violence pour obtenir un tant soit peu d’égards?»

Même après sa signature multi-phases, le 15 mai et le 20 juin, la polémique ne s’estompe pas autour de l’accord dit de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Le mardi 14 juillet, la puissante association Buwa Niimi a passé au crible le document, qu’elle qualifie de «prime à la violence» et «de prime à la terreur contre la République».

C’était au cours d’une conférence de presse tenue au restaurant Le Djenné.

Animée essentiellement par Koussé Germain Koné, Me Alpha Koné et l’Honorable Abdoulaye Dembélé, cette conférence a été l’occasion pour l’association Niimi de rappeler son opposition à toute négociation et à toute revendication portée à bout de canon, comme exprimé lors de ses communications avec la presse, notamment sur les dangers qu’elles comportent pour le devenir de notre Nation.

Parlant du document issu des négociations d’Alger, Niimi le qualifie «d’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ou les fondations du projet d’effritement et de désagrégation de la patrie Mali?».

Pour Koussé Germain Koné «ces accords posent un problème fondamental. Tout le contenu laisse constater qu’ils ne tiennent aucunement compte de l’histoire, la culture, les fondements, l’organisation et le fonctionnement institutionnel de notre République. Une République résolument démocratique, avec une libre administration à tous les niveaux de collectivité (commune, cercle, région), dans le cadre d’une décentralisation intégrale. Est-ce d’ailleurs une méconnaissance? Sinon, à quel dessein nous soumet-on cette chaîne de pièges?» s’est-il interrogé.

Avant d’ajouter «est-ce qu’on voudrait que chaque composante de la Nation s’inscrive dans la violence pour obtenir un tant soit peu d’égards. Nous sommes dans la Nation malienne et tous les fruits qui seront récoltés sur le champ de cette nation nous appartiennent à nous tous. Il n’est pas question qu’ils tombent dans les greniers de quelques-uns et que les autres aient des calebasses vides».

Le 2ème point de la conférence portait sur la hantise que vit chacun, la menace djihadiste. Pour les conférenciers, cette menace se présente avec une certaine particularité, qui se caractérise par des attaques contre la population civile, faisant dire à certains que cette communauté est attaquée à cause certainement de sa religion.

Le samedi 11 juillet déjà, souligneront les conférenciers, il y a eu mort d’homme, un certain Karaba Emile Traoré de Kèrèdaga. Face à cette situation, les responsables de l’association Niimi en appellent à l’Etat, à qui il est fait obligation d’assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire.

 

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