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Insécurité, terrorisme et accords de paix

by sur 25 juillet 2015

Les Bamakois ne se sentent plus en sécurité et cela se ressent dans les prises de position publiques, telle celle d’Ousmane Chérif Madany Haïdara, le fondateur du mouvement Ansar Dine et leader des leaders religieux du Mali, s’adressant directement au général Sada Samaké, le ministre de la sécurité intérieure..

Les Maliens sentent bien que la Paix ne sera pas possible si la sécurité n’est pas revenue dans tout le pays. Et l’arrestation de présumés terroristes ensuite relâchés (il s’agissait en fait de membres de la secte Dawa qui ont eu plus de chance que la quinzaine de leurs confrères tués, l’an dernier, par l’armée à un barrage dans le centre du Mali) fait partie des bavures qu’il vaudrait mieux éviter pour éviter de faire monter la tension et de favoriser les amalgames.

La « réponse par le feu » ne suffira jamais à éradiquer le terrorisme qui doit être aussi combattu dans les têtes.

Et c’est dans cette atmosphère difficile et pesante que le comité de suivi des accords de paix peine à se mettre en place…

Insécurité grandissante à Bamako : Ousmane Chérif Madane Haïdara interpelle publiquement Sada Samaké

Y Doumbia – L’Indépendant du 24 juillet 2015

Face à l’insécurité grandissante dans la capitale et à l’intérieure du pays et les menaces d’attentats sur la ville de Bamako, le guide spirituel de l’Ançar-dine internationale et le président du groupement des leaders religieux, Ousmane Chérif Madane Haïdara a profité de son grand prêche de la nuit de « Laïlatoul kadr » pour interpeller les autorités maliennes sur ces deux questions brulantes du jour

Particulièrement, le guide a invité  publiquement le ministre de la sécurité ’intérieure et de la protection civile, général Sada Samaké, de poser des actions concrètes  visibles pour mettre fin à cette situation qui n’a que trop duré.

L’insécurité à Bamako aujourd’hui est devenue un problème majeur pour la population de Bamako. Dans la nuit comme dans la journée, des bandits armées opèrent partout ni foi ni crainte. Elle est caractérisée par des braquages des usagers des motos Djakarta, des boutiques, des banques et même des simples citoyens se promenant dans la nuit.

Face à cette situation, dont les autorités semblent monter leur limite, le guide spirituel à profiter de son grand prêche de « Laïlatoul kadr » dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet 2015 au terrain d’Hippodrome, pour dénoncer cette situation qui n’arrange personne avant de proposer un certain nombre de solutions pour éradiquer ce fléau.

Devant des milliers de fidèles musulmans venus pour la circonstance, Ousmane Cherif Haïdara s’est attelé à plusieurs questions brulantes du pays, notamment l’insécurité et les menaces d’attentats à Bamako.

Pour le guide, l’insécurité grandissante est sans nul doute les conséquences de la mauvaise pratique de la religion musulmane, car selon lui, un bon musulman ne se permettrait jamais de tuer  son prochain à cause de l’argent ou de la moto. Selon lui, les leaders religieux doivent jouer leur rôle d’éducateur et de sensibilisateur en disant toute la vérité aux musulmans. Pour Haïdara, seul l’union des leaders religieux dans le but de défendre uniquement  la religion musulmane pourra sauver ce pays dans l’avenir.

Ousmane chérif Haïdara a interpellé le président  de la république et son gouvernement, particulièrement le ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, général Sada Samaké, de poser des actes concrètes et visibles par les maliens afin d’anéantir définitivement l’insécurité dans nos villes.

Selon Haïdara, Sada Samaké, en tant que ministre de la sécurité doit être au premier rang de lutte contre les bandits. Autrement dit, il doit sortir de son bureau climatisé pour accompagner les agents de sécurité sur le terrain a-t-il ajouté. Pour le guide, l’heure est tellement grave que si rien n’est fait par les autorités, les maliens seront obligés de s’occuper de leur propre sécurité.

Mais en attendant, il a invité le ministre de la sécurité à doubler d’efforts pour satisfaire les attentes des maliens. Aux dires de Haïdara, Sada est certes venu trouver la situation empirée, mais en tant que général, il doit chercher les solutions. Il a aussi demandé à tous les maliens de coopérer avec nos forces de sécurité afin de lutter contre les malfrats. Le guide Ousmane chérif a reconnu et salué l’effort de nos porteurs d’uniformes dans le cadre de la sécurisation du pays. Il a prôné aussi pour des sanctions exemplaires et sans pitiés contre les bandits armés.

Concernant les menaces d’attentats qui planent sur la ville de Bamako, Haïdara a appel » les maliens à l’union sacrée. Il a aussi invité la population a dénoncé toute personne suspecte à la police ou à la gendarmerie. Il a ensuite invité les autorités à faire la lutte d’insécurité une priorité des priorités.

Zégoua : les 20 présumés terroristes relâchés faute de preuve

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 24 Juillet 2015

Arrêtés à Zégoua dans le cadre de la lutte anti-terroriste : Les 20 présumés terroristes relâchés faute de preuve

Les enquêtes effectuées auprès des pays d’origine de certains suspects n’ont pas permis de déceler un passé de jihadiste pour ces personnes encore moins d’établir une connexion avec des terroristes sévissant au Mali ou dans le Sahel.

Les 20 présumés terroristes qui avaient été arrêtés à Zégoua ont été relâchés par les services de renseignement maliens faute de preuves. On se rappelle que ces personnes avaient été arrêtées au poste de contrôle de Zégoua alors qu’elles revenaient d’Abidjan où elles avaient, dit-on, pris part à une cérémonie religieuse organisée par la secte Dawa. Plusieurs nationalités en faisaient partie notamment des Français (5) des Mauritaniens (13), des Maliens.

Après leur arrestation, ces personnes avaient été transférées à Bamako sous une très forte escorte sécuritaire.

Les divers services de renseignement de notre pays sont rentrés en contact avec leur pays d’origine en vue d’établir un quelconque lien pouvant exister avec des cellules terroristes. Il nous revient que les enquêtes effectuées en France et en Mauritanie n’ont pas permis de déceler une quelconque activité terroriste des personnes suspectées. On nous précise que seulement l’un d’entre eux de nationalité française avait été arrêté par le passé dans son pays pour » délinquance « .

Selon une source sécuritaire, les services de renseignement seront constamment sur le qui-vive et continueront à suivre les moindres faits et gestes de ces sympathisants de la secte Dawa.

On nous signale que la délégation mauritanienne à peine relâchée a pris le chemin du retour. S’agissant des ressortissants français dont beaucoup de binationaux, ils ne sont pas encore tous rentrés.

Attaques jihadistes : la réponse par le feu

Par Célia d’ALMEIDA – 23/07/2015

Depuis début juin, les mouvements islamistes et particulièrement Ansar Dine, refont parler d’eux. Ils multiplient les attaques, semant la mort et la peur. L’armée malienne répond au coup-par-coup

« Au nord, ils ne peuvent plus rien faire. Avec les FAMa qui ont repris du terrain, avec Barkhane et les autres troupes de la MINUSMA, ils sont obligés de se trouver d’autres territoires », affirme un officier sous-couvert de l’anonymat. « Personne n’est plus en sécurité au Mali car nous vivons chaque jour avec la peur d’une éventuelle attaque » se lamente de son côté Aly Traoré, menuisier à Baco Djicoroni.

Ces propos résument assez bien ce que pensent aujourd’hui les Maliens de la nouvelle vague d’attaques jihadistes au sud du Mali. Diabali, Tominian, Fakola, Kolondiéba, Nara… la liste n’est pas exhaustive et le fait qu’elle ne cesse de s’allonger inquiète, du sommet de l’Etat au citoyen lambda. Le mode opératoire est le même : attaque éclair, assassinat ciblé, départ et si possible retour sur place. Objectif avoué, imposer la charia, et selon bon nombre d’observateurs, trouver d’autres voies pour continuer à faire prospérer les trafics de toutes sortes.

Une différence cependant avec Janvier 2012, où Konna, et le Mali avec elle, tremblait devant l’avancée des jihadistes : la réponse « rapide et ferme » des forces armées et de sécurité. Les FAMa, comme on les appelle, ont réussi à circonscrire la menace et ont mené des opérations sur le terrain pour détruire les bases repérées des islamistes.

© DIRPA L’arsenal saisi sur les terroristes dans la forêt de Sama illustre la force de feu de ces groupes armés

Un plan de conquête du sud ?

16 Juillet 2015. Des explosions retentissent dans la forêt de Sama, près de Sikasso. L’armée malienne vient de procéder au démantèlement d’un camp d’entraînement de jihadistes. Bilan, une trentaine de jihadistes tués, quinze autres arrêtés, des motos, des armes ainsi que des munitions saisies ainsi qu’un cahier sur lequel est dessinée la carte de la forêt.

Cette opération fait suite à une autre qui avait permis de ratisser la zone le 11 juillet. Depuis le 10 juin, la zone est en alerte maximale. Ce jour-là, à Misséni, près de la frontière avec la Côte d’Ivoire, des hommes puissamment armés tuent un gendarme, incendient des véhicules. Pas de revendication mais le drapeau noir que les assaillants hissent dans le camp militaire avant de disparaître indique clairement que ce sont des jihadistes.

Le 28, toujours dans la région de Sikasso, des individus prennent pendant quelques heures le contrôle de la ville de Fakola, avant de se replier. Un drapeau noir portant l’inscription « Ansar Dine-Sud » a été retrouvé à la mairie de la ville.

Le 9 juillet, un homme en provenance de Gao et qui se dirigeait vers Bamako est arrêté. Il assure être un émissaire d’Iyad Ag Ghali, le chef d’Ansar Dine.

Le 13, vingt personnes suspectées de vouloir rejoindre les groupes insurgés sont arrêtées au poste-frontière de Zégoua, à bord d’un car en provenance de Côte d’Ivoire.

Parmi eux, treize Mauritaniens, deux Maliens, deux Français et trois binationaux franco-maliens. Sur l’un des suspects, se trouvaient de nombreux téléphones portables ainsi que des radios-cassettes. Ces vingt hommes, finalement reconnus membres de la Dawa, ont depuis été relâchés, après avoir été longuement interrogés à Bamako.

De nombreux signaux d’une activité terroriste dans cette zone qui jusque là n’avait pas connu d’évènements de ce genre.

Pour Serge Daniel, journaliste-écrivain, interrogé par Studio Tamani, « le principe des mouvements jihadistes est de s’installer là où il n’y a pas de sécurité renforcée ». Prenant l’exemple de la localité de Diamakan, il explique que « la zone de Tominian, c’est un peu le ventre mou de la sécurité dans la zone […], il est facile d’en faire une base». «

Ce qui se passe aujourd’hui au sud, c’est un plan savamment monté que les jihadistes sont en train d’appliquer. En plus, ils ne peuvent plus remonter dans le nord, c’est plus facile pour eux de se métastaser dans le sud», conclu le journaliste. Au ministère de la Défense, la question est tranchée et il est clair que les groupes jihadistes qui d’étaient attaqués aux régions nord du Mali en 2012 n’ont pas démordu et entendent imposer leur volonté politique au moyen de la violence.

Vigilance et prudence

Cette situation, les autorités maliennes l’ont prise à bras le corps et mettent tout en œuvre pour y faire face efficacement. A commencer par la mise en condition des troupes afin qu’elles soient le plus à l’aise possible au front.

Un soldat sur le front à Léré témoigne : « nous avons reçu des équipements neufs, trois jeux complets de tenue et des armes. Nous faisons des patrouilles de jour comme de nuit pour empêcher toute infiltration par la frontière. Aujourd’hui, on peut dire que Léré est plus sécurisée que Bamako, toutes les compagnies ont des hommes ici, à part l’armée de l’air ».

Aux frontières avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, les patrouilles conjointes s’organisent pour sécuriser ces zones hautement sensibles. De quoi rassurer des populations que la menace jihadiste a fait fuir, comme c’est le cas à Diamakan. « Ils ont aussi proféré des menaces à l’endroit de tous les non-musulmans et dit qu’ils ont une liste », s’inquiète l’honorable Abdoulaye Dembélé, élu de la localité.

« Nous ne sommes pas trop informés sur la dangerosité de la menace  », se plaint pourtant un habitant de Yanfolila, joint par téléphone. Il est vrai qu’au Mali, il n’existe aucune catégorisation officielle du risque terroriste, comme en France par exemple, où le plan Vigipirate, mis en place depuis 1995, est un outil alimenté par l’évaluation de la menace terroriste faite par les services de renseignement.

Selon le commandant Sibiry Konaté de la Direction de l’Information et des Relations publiques des armées (DIRPA), on peut dire qu’aujourd’hui « l’alerte est maximale ». Ce qui se caractérise par une très grande vigilance et prudence de toutes les forces de défense et de sécurité, à travers un dispositif dont le déploiement va s’intensifier dans les jours à venir ». Une nécessité, car la force des djihadistes réside dans le fait qu’ils tissent des réseaux afin d’avoir des informateurs un peu partout.

Mais si tous les regards sont désormais braqués sur le sud du Mali, les régions du nord n’en demeurent pas moins sous la menace des mouvements islamistes. L’attaque d’un convoi des FAMa à 30 km de Gao ce 21 juillet est venu le prouver à suffisance

Faute de consensus sur la représentativité : La mise en place effective du Comité de suivi de l’accord de paix échoue une fois de plus

Massiré Diop – L’Indépendant du 24 juillet 2015

Initialement prévus pour deux jours (21 et 22 juillet) les travaux de la troisième réunion du comité de suivi se sont poursuivis jusqu’hier jeudi 23 juillet. Ainsi, les parties continuent de buter sur la question de la représentativité. Bien que le règlement intérieur eût été adopté, son article 10 continue à diviser les mouvements. Ce qui constitue donc un blocage dans la mise en œuvre effective du Comité de suivi.

Malgré tout, un consensus s’est dégagé pour désigner de manière informelle les membres devant siéger dans les quatre sous-commissions mises en place après la discussion et l’amendement du chronogramme de mise en œuvre de l’accord.

Apparemment, la troisième réunion du Comité de suivi de l’accord n’a débouché que sur de maigres avancées. En effet, malgré l’adoption du règlement intérieur, dès le premier jour ( Mardi 21 juillet) son article 10 n’a toujours pas été tranché. Lequel article stipule que seules les parties signataires seront représentées sur la base d’un quota de 5 membres + 1. Une manière d’intégrer la CPA et la CMFPR en tant qu’entité. Pourtant, à propos de ces deux mouvements, la CMA reste radicale : elle ne reconnait pas les mouvements signataires de l’accord en son nom le 15 mai dernier. Toutefois, elle se dit prête à accepter ces deux mouvements non pas en tant que signataires de l’accord, mais comme simples adhérents.

Par ailleurs, un nouveau mouvement s’est invité aux débats. Il s’agit de la CMFPR III. Celle-ci entend également être considérée comme une entité à part entière. Pour régler définitivement cette question, les discussions ont été renvoyées à une date ultérieure. C’est donc toute cette confusion qui est, une nouvelle fois, à la base d’une nouvelle suspension des travaux en attendant la finalisation de l’article 10. Pourtant, ce scénario était prévisible depuis la première réunion du comité de suivi qui s’est tenue dans des conditions très chaotiques.

L’on reproche notamment au gouvernement d’avoir entretenu certains mouvements en leur faisant signer l’accord alors que leur représentativité n’était pas aussi évidente. Ce, alors que d’autres mouvements tels que le GATIA ont lutté en faveur de l’unité du pays et payé un lourd tribut, malgré l’indifférence du gouvernement devant tout leur sacrifice.

Visiblement, la volonté du gouvernement était de casser la dynamique de la cohésion au sein des groupements en procédant à des débauches et en entretenant certains au détriment d’autres. Mais là, il faut reconnaitre que cette situation a produit un effet contrairement étant donné que les mouvements débauchés  de la CMA  (CPA et CMFPII) ne sont plus reconnus et sont même considérés comme des  » traitres « .

Il semble donc que la période d’avant l’Aïd El Fitr, qui devait être mise à profit par la médiation pour tenter de rapprocher les points de vue, n’a pas produit les résultats escomptés, puisque les divergences sont toujours persistantes. Ainsi, pour surmonter ce blocage, il a été proposé aux parties (gouvernement, plateforme et CMA) de désigner de manière informelle des membres devant siéger au sein des quatre sous-commissions à savoir politique et institutions; défense et sécurité; développement économique et social, et, enfin, réconciliation, justice et questions humanitaires.

En attendant d’autres démarches de la médiation pour tenter de régler définitivement la question de la représentativité, la mise en place effective du comité de suivi de l’accord a été reportée à une date ultérieure.

 

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