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La corruption : mal endémique du Mali ?

by sur 29 juillet 2015

Le 6ème Mali-mètre avait pour objet d’interroger les Maliens sur les accords de Paix, ce dont nous avons rendu compte ici même.

 Il a néanmoins abordé d’autres sujets dont la corruption; pour la population, les services les plus corrompus sont,  dans l’ordre, la police, la justice et… la mairie !

Pas rassurant dans le cadre de la décentralisation et de sa volonté de rapprocher le pouvoir de décision des populations…

La Radio Renouveau FM organisait à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali un « grand débat économique » dont les premiers invités étaient le Pr. Abdoulaye Niang, directeur du Centre de recherche et d’études stratégiques «Sènè» et Moussa Mara, jeune et éphémère premier ministre qui traîne la « casserole » de Kidal, son cortège de morts et ses conséquences sur la désertion de l’Etat de la zone. Il n’empêche qu’il demeure populaire et, interrogé sur la corruption, il n’a pas mâché ses mots.

Moussa Mara lors du premier numéro du grand débat économique : «Lutter contre la corruption n’est pas une affaire simple au Mali»

Oumar B. Sidibé –  L’Indicateur du Renouveau – 29 juillet 2015

Moussa MaraMoussa Mara

La salle de conférence de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali a abrité jeudi 23 juillet le lancement  de «Le Grand débat économique ». Une émission radiophonique dont le premier numéro avait pour thème «Comment la croissance peut-elle favoriser la relance économique au Mali ?».

Elle recevait l’ancien Premier ministre Moussa Mara et le Pr. Abdoulaye Niang, chercheur, directeur du Centre de recherche et d’études stratégiques «Sènè».

Pour ce tout premier numéro de «Le Grand débat économique», qui est une initiative d’un groupe de journalistes réunis au sein de l’association dénommée Forum de la presse au Mali, M. Issa Fakaba, journaliste et animateur de ce débat, recevait sur son plateau Moussa Mara, expert-comptable, ancien Premier ministre du Mali, et Pr. Abdoulaye Niang, chercheur, directeur du Centre de recherche et d’études stratégiques «Sènè».

Avant de donner la parole à ses invités, le présentateur a laissé entendre que cette initiative vise à mettre les universitaires, les ténors des grandes organisations du secteur économique et financier du pays sur le gril autour d’un thème d’actualité dans le but de combler le vide en termes de débats contradictoires dans le milieu des intellectuels maliens.

Après avoir salué les initiateurs de ce débat, les invités étaient unanimes à reconnaître que l’économie n’a été jamais un sujet de débat au Mali contrairement à beaucoup de pays, où le choix des dirigeants s’opère en fonction de leurs projets économiques.

Au sujet du taux de croissance de 7,2% en 2014, les perspectives de 5% pour 2015 et la pauvreté presque galopante de la population, les débateurs ont eu des points de vue divergents. Selon l’expert-comptable, une croissance de 7,2 est une bonne chose mais «elle ne se mange pas », parce qu’elle peut être obtenue dans un secteur qui n’est pas inclusif, comme les réseaux téléphoniques, alors que ceux-ci appartiennent à quelques personnes et non aux millions de Maliens.

«Nous devons diversifier nos sources de croissance pour que si un secteur est en panne, l’autre puisse le soutenir afin d’en avoir une croissance plus robuste pour ne plus être trop dépendant des aléas climatiques», a-t-il affirmé.

Au-delà de cette explication sectorielle de la productivité, Moussa Mara pense que la croissance démographique peut masquer les performances économiques. Et que le surcroît de production peut être capté par le surcroît démographique.

«Les ressources supplémentaires que la croissance génère, si ces ressources sont orientées pour faire face à l’impact de la démographie, alors elles n’iront pas à l’amélioration des conditions de vie. Ce qui fait que le citoyen lambda ne va pas voir que sa vie s’améliore», a-t-il expliqué. Cet avis n’est pas partagé par M. Niang. Pour le chercheur, une croissance de 7,2 est antinomique avec la pauvreté galopante de la population. C’est d’autant plus paradoxal que selon lui, «ceux-là qui ont produit cette performance, dont la redistribution n’est pas perceptible par la population, doivent être poursuivis pour crime contre l’humanité». Pr. Niang dit ne pas comprendre que le pays soit riche alors que la population s’appauvrit au même moment.

Suivant ses propos, la démographie ne peut pas être un poids pour l’économie. «Les causes de cette situation se situent au niveau de la gouvernance. Au Mali, si tu es homme d’affaires, chercheur, société civile, tu n’es pas adossé à un clan politique, tu n’iras nulle part», a déclaré le chercheur.

Moussa Mara reconnaît que la gouvernance a bien sa responsabilité d’autant que le problème de mal gouvernance est visible à l’œil nu, a-t-il déclaré. Cependant, reconnaît-il, «Lutter contre la corruption n’est pas une affaire simple au Mali. Quand j’étais Premier ministre, nous avons commis des audits qui ont décelé des détournements de fonds et nous avons envoyé des rapports à la justice. Mais le Premier ministre ne peut pas mettre quelqu’un en prison. Dans un Etat de droit, on envoie le dossier à la justice… Tout le monde connaît les insuffisances et les faiblesses de notre justice, la réalité est complexe. La justice est vraiment de l’injustice au Mali».

En somme, ce premier numéro de «Le Grand débat économique» aura tenu toute ses promesses. Et à en croire son animateur, Issa Fakaba Sissoko, il s’inscrira dans la continuité.

Moussa Mara, ancien Premier ministre et expert-comptable à l’émission de Renouveau FM : «Il n’est pas facile de se battre avec un système de gouvernance pourri»

Abdel HAMY – Le Katois du 29 juillet 2015

L’ancien Premier ministre Moussa Mara n’est pas allé avec le dos de la cuillère lors du débat sur la relance économique initié par la Radio Renouveau FM, le 23 juillet dernier à la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali.

Répondant à la question d’un  confrère de savoir pourquoi, il n’a pas résolu la question de corruption pendant qu’il siégeait aux affaires du pays. Sans détour,  l’expert comptable répondra qu’il n’est pas facile de se battre avec un système gouvernemental pourri depuis longtemps, faisant allusion aux régimes précédents.

«Les pays africains ne sont pas solidaires comme ils le prétendent»

Mara n’a vraiment pas sa langue dans la poche, il a estimé devant le parterre de journalistes prenant part à l’enregistrement de l’émission que le Mali a lui seul peut pas faire face à la fronde internationale sans l’aide des pays africains. Mais que malheureusement, les pays africains ne sont pas aussi solidaires comme, ils l’estiment. Cela selon ses propos ne remet en cause l’ensemble des efforts d’un pays qui décide d’affronter la communauté internationale tout seul. Ayant séjourné à la tête du gouvernement pendant plus d’une année, il sait de quoi, il parle.

«J’ai ordonné l’audit de la gestion de mon prédécesseur…»

Décidément Moussa Mara après son départ de la primature veut tout déballer. Il a affirmé devant les hommes de médias le 23 juillet dernier, que pour lutter contre la corruption, dès son arrivée à la Primature, il a ordonné l’audit de la gestion de son prédécesseur, Oumar Tatam Ly. Cette vérification selon lui, a démontré des cas de mauvaises gestions criardes et que l’ensemble des dossiers ont été transmis à la justice. Mais son rôle s’arrêtait là. Donc à la justice de faire son boulot.

«Je ne suis sous l’emprise de personne et je n’ai aucun dossier»

Très sur de lui l’ancien Premier ministre à qui d’aucuns prêtent la responsabilité d’une gestion téléguidée pendant son séjour à la primature, ne semble pas se laisser faire. Selon lui, il n’est sous l’emprise de personne et ne dispose d’aucun dossier compromettant. Et cela, il affirme le dire à quiconque croit le contraire.

Une façon pour le super Mara, l’homme de Kidal de montrer patte blanche en attendant la publication du rapport d’enquête parlementaire et celui de la Minusma sur ce qui est à arriver à Kidal et aux pauvres soldats maliens lors de sa visite à Kidal. Le défi est lancé.

« Pour multiplier les Salaires, il faut diminuer le train de vie de l’Etat»

Sans vouloir réellement le dire, le Premier ministre Mara pense que la multiplication des salaires des fonctionnaires maliens ne peut se faire sans une réduction considérable du train de vie de l’Etat. Pour lui, il ne suffit pas de faire des augmentations sur plusieurs mois ou années, comme c’est le cas actuellement au Mali. La solution réside inéluctablement dans les coupures budgétaires du train de vie exorbitant de l’Etat.

Niveau de corruption au Mali : La police en tête, suivie de la justice et de la mairie

Bakary SOGODOGO – Le Prétoire – 27 juillet 2015

C’est du moins l’opinion des Maliens, selon une enquête réalisée par «Mali-Mètre» de la Fondation Friedrich Ebert.

Le sondage dont les résultats ont été présentés à la presse le jeudi dernier est le sixième du genre réalisé Mali-Mètre depuis son initiation par la Friedrich Ebert Stiftung en 2012. Axée principalement sur l’Accord pour la paix et la réconciliation, cette enquête d’opinion s’est déroulée du 18 au 25 mai 2015 et a concerné 1803 individus tous âgés d’au moins 18 ans. Elle a touché le district de Bamako et toutes les capitales régionales, excepté Kidal.

Des résultats de ladite enquête d’opinion, il ressort que seulement 19% des Maliens connaissent quelques points importants de l’Accord, quand bien même 80,1% de citoyens trouvent que la signature dudit Accord est une bonne chose. Pour plus de la moitié de la population, soit 55,9%, l’Accord ne porte en aucun cas atteinte à l’unité nationale, contre 29,4% d’avis contraire. Ils sont 14,7 à ne pas pouvoir donner d’avis sur ce point. Aussi, l’écrasante majorité de la population (60,6%) des Maliens pensent-ils que le gouvernement pourra difficilement mettre ce document en œuvre, malgré sa signature par les groupes armés de la CMA.

Au chapitre de la corruption, les résultats de l’enquête révèlent que plus de 2 citoyens sur 3, soit 67%, estiment que le niveau du fléau est élevé (23,8%) ou très élevé (43,2%). Les secteurs les plus concernés par la corruption sont la police (52%), la justice (44,4%), la mairie (36,8%). Les douanes occupent la 4ème position (34,5%), suivies de la santé (32%) et l’école (30).

Il faut noter par ailleurs que les Maliens, dans la grande majorité (66,3%), placent toujours leur confiance en le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Cette marge est de 59,1% et 52,4% respectivement pour le gouvernement et l’Assemblée nationale.

Ils sont de l’ordre de 71 %, les enquêtés qui estiment que l’insécurité doit être le principal défi auquel le gouvernement doit faire face, contre 49,9% pour le chômage et 44,3% pour l’insécurité alimentaire.

Il faut rappeler que d’autres aspects de l’enquête ont concerné la notion de l’Azawad, la régionalisation, le mandat de la Minusma, la présence de Barkhane, l’Eutm, entre autres.

La cérémonie de présentation des résultats s’est déroulée en présence du Représentant résident de la FES, Jan Henrik Fahlbusch, de l’Ambassadeur allemand, Günter Overfeld, dont les missions viennent de prendre fin, et du représentant spécial de la Cedeao pour la crise malienne, Cheaka Aboudou Touré.

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