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Elections : des politiques s’expriment

by sur 6 août 2015

Mardi 4 août, en rendons compte due la réunion extraordinaire du conseil des ministres, exceptionnellement tenue mardi en raison des vacances, nous annoncions le maintien de la date des élections locales le 25 octobre prochain.

Nous avons ensuite évoqué les questions que le maintien de cette date (après trois reports) provoquait.

Voici aujourd’hui la réaction de quatre leaders de partis politiques.

Elections communale et régionale du 25 octobre 2015 : Les leaders politiques réagissent

Propos recueillis par Aguibou Sogodogo, Moussa Samba Diallo et Ousmane Baba Dramé – Lerepublicainmali – 6 août 2015

Après quatre reports (décembre 2013, avril 2014, novembre 2014 et avril 2015), l’élection des conseillers communaux, des conseillers régionaux et des conseillers du District de Bamako est fixée au 25 octobre 2015 par le gouvernement. A cet effet, le Conseil des Ministres a adopté, le lundi 03 août 2015, le projet de décret portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale.

Face à cette décision du gouvernement malien, quelques leaders de partis politiques rompent le silence et donnent leurs avis sur la question de savoir si les dispositions sécuritaires permettent aujourd’hui d’aller aux élections à la date indiquée sur toute l’étendue du territoire national.

2015-08-06 Leaders politiques

Il s’agit de Nankouma Kéïta, secrétaire politique du Rassemblement Pour le Mali (RPM), Timoré Tioulenta, Secrétaire général-adjoint de l’Adema PASJ, tous deux de la majorité présidentielle, de Lassana Koné, vice-président de l’Urd et Amadou Koïta, président du Parti socialiste Yéelen Coura de l’opposition républicaine.

Nankouma Kéïta, secrétaire politique du Rassemblement Pour le Mali (RPM) : «Vu la recrudescence des violences, il y a des interrogations.»

« Je pense que ceux qui sont chargés du dossier, en l’occurrence les membres du gouvernement, ont dû réunir toutes les conditions. Sinon, il faut tenir compte des engagements préalables, tels que le début d’une mise en œuvre de l’accord dans, un climat de confiance naturellement.

Et puis, tenir compte du fait que la prorogation des mandats était une décision exceptionnelle. Au cas où il y aurait des difficultés quel langage et quelle explication on va trouver encore pour justifier une autre façon de proroger ou en tout cas de mettre une délégation spéciale.

Il faut tenir compte de ces facteurs là avant de décider, mais  je pense que ceux qui ont décidé tiennent toutes les données. Vu la recrudescence des violences, il y a des interrogations. Je pense que les autorités supérieures sont très responsables ; si les conditions ne sont pas réunies, les décisions les plus sages seront certainement arrêtées.

Mais pour le moment, on est obligés d’observer en même temps l’évolution des choses dans la réalité quotidienne et de se poser des questions, le cas échéant.

Lassana Koné, vice-président de l’Urd : ‘’ C’est au gouvernement de sécuriser les élections’’

« Il y aura une réunion extraordinaire du bureau exécutif national de l’Urd (Union pour la république et la démocratie). C’est après cette réunion que notre  position officielle sera connue.

Lors de notre réunion avec le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Abdoulaye Idrissa Maïga à laquelle certains journalistes ont pris part, ce dernier nous a fait savoir que les élections se tiendraient là où ça sera possible.

Cela veut dire que le gouvernement tient à la tenue des élections, et de toute façon, si le gouvernement organise les élections, l’Urd ne fera pas la chaise vide; c’est au gouvernement de sécuriser les élections.

Timoré Tioulenta, Secrétaire général-adjoint de l’Adema PASJ : ‘’Le parti Adema PASJ souhaite qu’on aille aux élections, mais à cette étape nous estimons que les conditions sécuritaires doivent êtres  réunies.’’

« Dans le processus électoral, les différentes parties ont des prérogatives et chacun devrait jouer sa partition. Aux partis politiques de mobiliser les électeurs pour que le suffrage leur soit favorable,  à l’administration  d’assurer la bonne organisation  de ces élections. Les prérogatives de convocation du collège électoral relèvent  de l’autorité administrative, donc le ministre de l’Administration territoriale est dans son bon droit en convoquant  le collège électoral,  surtout qu’il y a eu plusieurs reports déjà. Les arguments avancés par  les partis politiques et par le gouvernement étaient que les conditions sécuritaires ne permettaient pas la tenue des élections sur toute l’étendue du territoire national parce que  notre combat à tous est pour un Mali un et indivisible.

Nous l’avons tous martelé, car aller aux élections si ce n’est pas sur toute l’étendue du territoire, constituait un risque au moment de la prise de cette décision.

Chemin faisant, il y a eu l’accord de paix qui a été signé, après quoi le processus électoral a été engagé. Bref pour résumer, le parti Adema PASJ souhaite qu’on aille aux élections, mais à cette étape, nous estimons que  les conditions sécuritaires que les conditions sécuritaires doivent êtres  réunies.

Reconnaissons, pour notre part, que nous ne sommes pas plus patriotes que le gouvernement, nous ne sommes pas plus engagés que les autres. Nous considérons que le gouvernement, en convoquant le collège électoral, a pris les dispositions nécessaires afin que les scrutins se déroulent sur toute l’étendue du territoire malien. D’ailleurs, le gouvernement dans la convocation a déclaré que les élections devraient se passer sur toute l’étendue du territoire national ; nous sommes donc optimistes et  nous pensons  que d’ici le jour ‘’J’’ toutes les conditions seront réunies pour que tous les Maliens puissent participer aux élections.

Amadou Koïta, président du Parti socialiste Yéelen Coura (PS Yéelen Coura) : ‘’ Le préalable pour les élections est le retour de la paix’’

« Nous avons tous appris à la télé la convocation du collège électoral. Ces élections ont été reportées plusieurs fois. Je pense que si les conditions sécuritaires sont réunies, le retour de la paix et la sécurité, le retour des déplacés et réfugiés, le redéploiement de l’administration, pourquoi pas la tenue des élections ?  Mais ces conditions ne sont pas encore réunies.

Nous voulons que ces élections communales, régionales et du District de Bamako soient tenues comme celles des présidentielles et législatives.

Trois mois nous séparent des élections. Nous osons espérer que d’ici là, le gouvernement mettra les bouchées doubles pour que les conditions sécuritaires permettent d’aller aux élections sur toute l’étendu du territoire national. Mais dans le cas contraire, le gouvernement doit annuler les élections. Le préalable pour les élections est le retour de la paix. Nous y préparons nos candidats  en espérant que ces différents scrutins réaffirmeront l’unité et la réconciliation nationale.

 

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