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Insécurité : Kidal, Nampala, Bamako, Sévaré…

by sur 18 août 2015

L’insécurité frappe en plusieurs endroits au Mali, sous des formes différentes, mais qui sont inquiétantes.

Si certains auteurs sont clairement identifiés (ou revendiquent quasi fièrement leurs méfaits), d’autres actions mortelles laissent perplexes car elles démontrent l’extrême porosité cent fois relevée entre groupes armés, terroristes, djihadistes, narco-trafiquants, rebelles, indépendantistes et simples malfrats… certains coiffant d’ailleurs plusieurs casquettes en même temps !

Le point sur la semaine écoulée.

Mali : une zone de sécurité instaurée à Kidal après des combats meurtriers entre groupes armés

Par Jeune Afrique avec AFP – Mis à jour le 18 août 2015 à 10h10

La Minusma a annoncé l’établissement à compter de mardi (ce 18 août) d’une « zone de sécurité » autour de la ville de Kidal, dans le nord du Mali. Une décision prise après que des combats entre un groupe armé progouvernemental et la rébellion à dominante touareg ont fait plusieurs tués lundi.

 « Pour parer à toute éventualité d’une extension des combats qui pourraient affecter la population » de Kidal, la mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé l’établissement d’ « une zone de sécurité de 20 km autour » de cette ville. Une mesure qui « entrera en vigueur à partir » de mardi 18 août 08h00 (locales et GMT) et (qui) le restera jusqu’à nouvel ordre ».

« Tout mouvement à l’intérieur de cette zone de sécurité par des éléments de la Plate-forme, ou affiliés à la Plate-forme, sera considéré comme constituant un danger imminent pour la sécurité de la population de la ville de Kidal », a expliqué la Minusma, avertissant qu’en cas de violation, elle « agira en conséquence conformément à son mandat » de protection des civils.

Selon une source de sécurité étrangère dans la région de Kidal, « cela veut dire que la Minusma empêchera par tous les moyens toute personne » membre de groupes pro ou anti-gouvernementaux « de pénétrer dans cette zone ». Une source occidentale jointe à Bamako a évoqué à l’AFP « une sorte de zone d’exclusion », sans plus de détails.

« Violation du cessez-le-feu »

La Minusma a également annoncé qu’elle mènera des enquêtes « pour déterminer les responsabilités en matière de violation du cessez-le-feu » dont les conclusions seront transmises au Conseil de sécurité de l’ONU.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) et le Groupe d’auto-défense touareg imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) étaient impliqués, lundi, pour le troisième jour consécutif dans des violences autour de la ville de Kidal, fief de la CMA à plus de 1 500 km au nord de Bamako, la capitale.

Le Gatia et la CMA font partie des signataires de l’accord de paix conclu à Alger, signé le 15 mai par le gouvernement malien et ses groupes alliés, puis le 20 juin par la rébellion. Selon des sources au sein de la Minusma, ils avaient déjà été impliqués dans des « escarmouches » samedi vers Touzik et Amassine, puis les heurts s’étaient déplacés dimanche sur l’axe Tabankort-Anéfis, deux localités situées au sud de Kidal.

« Au moins dix morts »

Les affrontements de lundi, les plus violents, se sont déroulés à Anéfis (environ 120 km de Kidal) et ont fait « au moins dix morts et de nombreux blessés », selon une source sécurité au sein de la Minusma.

Un responsable du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, a assuré que son mouvement a fait « 15 morts dont des chefs militaires » et « une dizaine de prisonniers » dans le camp adverse. Il a ajouté que le Gatia a saisi sept pick-up, deux véhicules blindés et d’importantes quantités d’armes et de munitions, et pris le contrôle d’Anéfis, ce qui a été confirmé à l’AFP par un élu local et une source internationale.

La CMA a confirmé les combats, sans énoncer de bilan, promettant un communiqué ultérieurement. Selon la source de sécurité étrangère dans la région de Kidal, les deux camps ont utilisé lundi « de l’armement lourd » et semblaient mus par le désir de contrôler des routes stratégiques particulièrement durant la saison des pluies, actuellement en cours.

En cette période, « de nombreuses routes sont impraticables dans le Nord pour l’organisation des trafics illicites. L’une des rares routes praticables se trouve vers le secteur » des combats, a-t-elle expliqué.

Quinze morts dans des affrontements entre groupes armés du nord, selon un des protagonistes

17 août 2015 – Xinhua

Quinze combattants de la Coordination des Mouvement de l’Azawad (CMA) ont été tués lundi au cours d’un affrontement avec les mouvements de la Plateforme (pro-gouvernemental), à Anéfis (à environ 140 km de la ville de Kidal) dans le nord du Mali, selon un responsable de l’un des mouvements.

La ville d’Anéfis où se situait un poste avancé de la CMA, a été prise par la Plateforme, a indiqué à Xinhua le secrétaire général du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, membre de la CMA), Fahad Ag Almahmoud, qui a confirmé la mort des quinze combattants.

Des sources informées ont fait état de « plusieurs véhicules de la CMA brûlés et deux chefs de la CMA faits prisonniers ».

« Des combats se sont déroulés à plusieurs niveaux, à Touzik (sud-est), Anéfis (sud), Amassine (est) de la ville de Kidal », ont souligné ces sources.

Au moment même où les combats sont en cours entre les groupes armés, le Premier ministre malien Modibo Keïta a réuni des ministres de son gouvernement et des ambassadeurs des pays accrédités au Mali pour discuter sur la reprise des affrontements.

« La situation s’est fortement dégradée avec la reprise des affrontements », ce qui « constitue une menace forte quant à l’aboutissement du processus de paix », a regretté le chef du gouvernement malien, avant d’ajouter que « ce sont des fils du Mali qui s’affrontent, ce sont des fils du Mali qui sont victimes ».

Les affrontements qui avaient commencé samedi dernier, constituent les premiers entre groupes armés depuis la signature de l’accord de paix en juin dernier.

Ils ont été condamnés « dans des termes les plus fermes » par la Minusma (mission des Nations unies au Mali), selon laquelle ces actes ont été « commis en violation flagrante des accords de cessez-le-feu et de l’accord de paix ».

Dans un communiqué, elle souligne que éle nombre croissant de violations préoccupe vivement la Communauté internationale ainsi que la population et risque d’entraver les avancées effectuées vers une paix stable et durable pour le Mali ».

« La Minusma souligne qu’elle n’hésitera pas à entreprendre toutes actions nécessaires conformément à son mandat et ses règles d’engagement pour protéger les populations civiles qui seraient en danger », ajoute le texte.

Emoi au Mali après l’assassinat d’un imam 

Afrique – RFI Publié le 15-08-2015 Modifié le 16-08-2015 à 00:24

L’assassinat d’un imam dans un petit village qui jouxte la localité de Nampala, à 500 km au nord de Bamako, a semé un vif émoi au Mali. Les soupçons se portent sur des membres de la secte Dawa, des jihadistes très proches du prédicateur Amadou Kouffa.

Ceux qui connaissaient l’imam assassiné le décrivent comme un homme pieux, modéré et sans histoire. Dans son village de Barkerou, il prêchait l’unité, la paix, la fraternité. Des extrémistes religieux l’avaient ouvertement défié à deux reprises. En effet, il n’acceptait pas que ces islamistes endoctrinent les populations locales. Il était devenu leur adversaire.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux jeunes se sont présentés à son domicile et ont tiré à bout portant sur lui avant de s’éclipser.

« Dès que l’imam est sorti, les deux jeunes ont tiré sur lui ». Aba Ibrahima Ba, le maire de Nampala, revient sur les faits qui ont conduit à la mort de l’imam.

Cet assassinat a créé un vif émoi au sein de la population locale, mais également dans la région de Mopti, dans le centre du pays. C’est de cette région dont est originaire le prédicateur radical Amadou Kouffa. Après avoir prêché à Mopti, ce dernier s’installe dans sa périphérie avant de se fondre dans la nature. Ses prêches enflammés sont diffusés par des radios locales. Il recrute de nombreux élèves coraniques, les endoctrine et demande notamment l’application de la charia. Et il pactise surtout avec les jihadistes du nord du Mali. Profitant du chômage qui frappe durement la jeunesse de la région, il radicalise ses disciples, soupçonnés aujourd’hui d’avoir assassiné l’imam.

En avril dernier, c’est le chef du village de Dogo qui avait été assassiné. Là encore, des disciples d’Amadou Kouffa avaient été accusés. S’en prendre à des personnalités de localités maliennes qui empêchent l’implantation de l’islam radical sur leur terre est donc visiblement une de leurs stratégies.

 

Mali: l’armée veut rassurer, une semaine après l’attaque d’un hôtel de Sévaré

AFP – mis à jour le 16/08/2015 à 0:30

Une semaine après l’attaque, le 7 août, d’un hôtel ayant fait 13 morts à Sévaré, près de Mopti, l’armée malienne a renforcé sa présence dans le cadre d’une mission « contre le terrorisme », saluée par des habitants qui se disent rassurés.

« Les patrouilles vont chasser les jihadistes et les bandits », a déclaré à l’AFP Alhassane Kouyaté, notaire à Sévaré, à 12 km de Mopti – le chef-lieu de région – et à plus de 620 km de Bamako. « Les gens ont moins peur la nuit maintenant, il faut qu’elles continuent ».

Vendredi, plusieurs centaines de militaires – leur nombre précis n’est pas communiqué – ont été rassemblés dans le camp militaire de Sévaré pour une cérémonie symbolique, durant laquelle ils ont reçu les dernières consignes avant leur déploiement, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Assurer la sécurité des biens et des personnes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme »: c’est la mission que leur a assignée le colonel Saibou Doumbia, chef de la région militaire du centre du Mali, à la lisière du vaste Nord. Selon lui, le ministère malien de la Défense a mis à leur disposition « les moyens qu’il faut pour faire face à la situation » et leur mission durera le temps nécessaire.

Depuis vendredi, on peut voir deux avions militaires maliens survoler la ville et ses environs. Devant plusieurs bâtiments officiels et hôtels, sont postés des policiers et soldats en armes. Les forces maliennes procèdent également à des patrouilles.

Pour Alioune Coulibaly, restaurateur à Sévaré, une présence militaire forte et visible rassure la population et peut avoir un effet dissuasif sur les malfaiteurs et les terroristes. « Les patrouilles vont amener la paix », espère-t-il.

Mahamane Cissé, guide touristique à Mopti, partage son avis: « Les patrouilles protègent tout le monde », elles auraient dû être menées depuis longtemps.

« Par exemple, quand les terroristes ont attaqué la semaine dernière à Sévaré, j’étais dans le pays Dogon avec huit touristes français. Aussitôt, l’ambassade de France a téléphoné pour (leur) demander de regagner Bamako », ce qui ne se serait pas passé « si les patrouilles militaires avaient été mises en place auparavant », a-t-il expliqué.

Rumeur d’attaque imminente

Le 7 août, des hommes armés ont attaqué l’hôtel Byblos de Sévaré, où séjournaient des étrangers. Ils en ont été délogés près de 24 heures plus tard par les forces maliennes. L’assaut a fait 13 morts, dont cinq assaillants, quatre militaires et quatre employés étrangers de sociétés sous-traitantes de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).

L’attaque a été revendiquée par Souleyman Mohamed Kennen, un cadre jihadiste proche du prédicateur musulman radical malien Amadou Koufa.

D’après des spécialistes des milieux jihadistes, Amadou Koufa pourrait avoir des liens – de nature encore indéterminée – avec un mouvement armé apparu au début de l’année, le Front de libération du Macina (FLM, Macina étant le nom traditionnel d’une partie du centre du Mali).

Le FLM est allié à Ansar Dine, un des groupes jihadistes ayant contrôlé le Nord de fin mars-début avril 2012 jusqu’au déclenchement en janvier 2013 d’une intervention militaire internationale, qui en a chassé et dispersé les jihadistes. Mais plusieurs zones échappent encore au contrôle des forces nationales et internationales.

Les enquêteurs maliens soupçonnent le FLM d’être derrière l’attaque du Byblos. Le 9 août, le gouvernement malien avait annoncé l’arrestation de sept suspects. Une source proche de l’enquête a fait état samedi à l’AFP d’une douzaine de suspects appréhendés au total, dont trois dans la nuit de mercredi à jeudi dans la région de Mopti. Ces derniers seraient des disciples de Koufa.

Aucun des habitants interrogés par l’AFP n’a fait part de doutes quant à l’efficacité du renforcement de la présence militaire dans la zone. Pourtant, il a suffi d’une rumeur d’attaque imminente quelques jours après l’attaque du Byblos pour faire vaciller cette confiance affichée.

« La rumeur disait que les hommes d’Amadou Koufa allaient attaquer vendredi Sévaré », a précisé un policier.

Conséquence: jeudi soir, des femmes se sont précipitées au marché de Sévaré pour faire des provisions qui tiendraient plusieurs jours. Et vendredi matin, d’après le policier, l’affluence en ville était plus faible que d’habitude.

Attaque d’un poste de police à Bamako : La piste terroriste privilégiée

AFP – le 15.08.15

Les auteurs de l’attaque, mercredi, d’un poste de police à Bamako ayant fait deux blessés sont «suspectés d’être des terroristes», a affirmé le gouvernement malien, alors qu’un ministre a parlé à l’AFP d’un «acte isolé».

Dans la nuit du 12 au 13 août, deux individus «armés, suspectés d’être des terroristes, se sont introduits dans la gare routière de Sogoniko (quartier du sud-est de la capitale) et ont ouvert le feu sur le poste de police, faisant deux blessés», a indiqué le gouvernement dans un communiqué reçu hier par l’AFP.

Les deux blessés sont «un policier et un civil non voyant» et leur vie «n’est pas en danger», a-t-il précisé, en dénonçant un «acte lâche» visant notamment «à semer la psychose» au sein des populations. Dans son communiqué, le gouvernement malien invite les Maliens et les hôtes étrangers à garder leur sang-froid, et à «signaler toute présence d’individus suspects aux forces de sécurité».

Il assure que «toutes les mesures appropriées ont été prises pour arrêter les assaillants». Joint par l’AFP peu après l’attaque dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre malien de la Sécurité intérieure, Sada Samaké, avait qualifié l’attaque d’«acte isolé». Et d’estimer : «Pour l’heure, il pourrait s’agir d’un règlement de comptes.» Mais des sources militaire et policière n’excluaient pas une action de djihadistes, qui multiplient depuis des mois les opérations contre les forces nationales et internationales déployées au Mali depuis 2013.  En deux semaines, le Mali a enregistré une série d’attaques, dont la plus meurtrière (13 morts dont quatre assaillants, selon le bilan officiel) a visé un hôtel fréquenté par des étrangers à Sévaré, dans la région de Mopti (Centre), et qui a été revendiquée par des djihadistes.

Le 7 mars, Bamako a été frappée par un attentat qui avait fait cinq morts (trois Maliens, un Français et un Belge) dans le bar-restaurant La Terrasse, haut lieu de la vie nocturne de cette ville.

Attaque de l’hôtel de Sévaré, des rescapés et voisins traumatisés

(c) Par la rédaction de maliactu.net – 15 août 2015 Mali 2

Ils sont chauffeur, ouvrier ou voisins de l’hôtel attaqué le 7 août à Sévaré, dans le centre du Mali, où 13 personnes ont été tuées. Une semaine après, ils demeurent traumatisés, la plupart sans soutien médical et psychologique, selon leurs témoignages à l’AFP.

Un homme armé, sac en bandoulière, a fait irruption en criant « +Allahu Akbar! (Dieu est le plus grand, en arabe) » devant le portail d’entrée du Byblos, raconte un chauffeur chargé de conduire à l’aéroport de Sévaré des résidents de l’hôtel Byblos. Des employés de compagnies sous-traitantes de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) séjournaient régulièrement dans ce bâtiment à un niveau comptant 16 chambres.

« Il a tiré sur moi », il a également jeté des grenades dans le minibus qui a pris feu, « j’ai fui me cacher », raconte le chauffeur, qui a survécu, des balles ayant été extraites de son corps. Depuis une semaine, il revit la scène, « chaque nuit », lâche-t-il: « Dans ma tête, j’entends toujours des bruits. Ça crie fort ».

Oumar Dicko, ouvrier dans le bâtiment travaillant occasionnellement au Byblos, s’est caché dans un coin de la cour « quand ça tirait », se souvient-il. « C’est vraiment Dieu qui m’a sauvé. Je n’ai pas vu de jihadistes, mais j’ai entendu trop de tirs. Jusqu’à maintenant, j’ai mal à l’oreille. »

Pour Mamadou Cissé, mécanicien dans un garage jouxtant Le Byblos, « c’était comme la guerre. J’ai cru que j’allais mourir ». Depuis le 7 août, « tout mon corps et mon esprit me font toujours mal », affirme-t-il.

Selon Gouro Diallo, agent immobilier qui louait Le Byblos à une société étrangère pour ses employés, deux expatriés ont pu s’échapper des lieux en escaladant un mur.

L’attaque a pris fin le 8 août tôt le matin, après près de 24 heures de siège par les forces maliennes. Elle a fait 13 morts (quatre assaillants, quatre militaires, un chauffeur malien et quatre étrangers contractuels de la Minusma). Plusieurs suspects ont été arrêtés, une douzaine au total depuis une semaine, selon des sources de sécurité.

« Les 16 agents contractuels de la Minusma opérant à Mopti, y compris les quatre » rescapés de l’hôtel Byblos, « ont été transférés à Bamako le 8 août pour recevoir l’appui psychologique requis », a indiqué la Minusma dans un communiqué le 11 août.

Mais aucune démarche de ce genre n’a été mise en place pour les nationaux rescapés et voisins de l’hôtel, selon les témoins interrogés par l’AFP et des fonctionnaires locaux. Aucune source autorisée n’a fait de commentaire.

 

 

TERRORISME: DEUX MOIS APRÈS L’ANNONCE DE SA MORT, BELMOKHTAR FAIT ENCORE PARLER DE LUI.

Studio Tamani – samedi 15 août 2015 15:51

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Environ deux mois après l’annonce de sa mort par la Libye, le chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar fait encore parler de lui. Dans un communiqué diffusé jeudi dernier, Al-Mourabitoune a désigné Mokhtar Belmokhtar comme chef de « Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest« .

Dans un communiqué signé par Al-Mourabitoune et diffusé par le site de surveillance des activités jihadistes, SITE, Mokhtar Belmokhtar aurait été désigné par les responsables du mouvement comme émir de « Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest« . Si cette information se confirmait, « Al-Quaïda en Afrique de l’Ouest » pourrait bien devenir le nouveau nom de cette organisation jihadiste née en 2013.

La mort de ce chef jihadiste a été annoncée à maintes reprises. La dernière remonte au mois de juin dernier, quand la Libye avait annoncé sa mort par une frappe américaine. Toutefois le Pentagone avait indiqué que Belmokhtar avait bien été la cible d’une frappe américaine, mais n’avait pas confirmé sa mort.

Mokhtar Belmokhtar était au Nord du Mali pendant l’occupation. Il est un ex-chef d’Aqmi, responsable d’attaques sanglantes, notamment sur le complexe gazier d’In Amenas et dont la tête était mise à prix par Washington.

Mi-mai dernier, selon des sources sécuritaires maliennes, ce chef jihadiste s’était retiré en Libye d’où il entendait contrôler tout le Sahel. Al-Mourabitoune est né en 2013 de la fusion des « Signataires par le sang » et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes jihadistes ayant contrôlé le nord du Mali jusqu’au lancement de l’opération française Serval en janvier 2013.

Pour certains spécialistes des questions sécuritaires, l’annonce de cette nomination de Mokhtar Belmokhtar comme Émir d’Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest n’est qu’une « propagande » de ses éléments. Pour eux, même si cette annonce se confirmait, « elle ne change pas fondamentalement la donne dans le nord du Mali ». Selon Serge Daniel, journaliste écrivain : « Belmokthar est en rupture de ban avec Al-Qaida au Maghreb Islamique. Il a demandé, il cherche par tous les moyens de se faire adouber par Al-Qaida. Ce n’est pas encore fait et ce sont ses propres éléments, sa propre Katiba qui ne sait même pas s’il vit toujours. Ce sont ses éléments qui décrètent qu’il est désormais le patron d’Al-Qaida en Afrique de l’Ouest. À mon avis, la grille de lecture que moi j’ai, c’est plutôt que la querelle intestine à l’interne d’Al-mourabitoune se poursuit. Il est trop tôt de considérer que cette décision est une décision qui a été prise au sommet d’Al-Qaida puisque Al-mourabitoune n’a pas encore été adoubée par Al-Qaida. Ça va être difficile pour Belmokhtar. De toutes les manières, il vit plus caché, qu’il était traqué actuellement s’il vit bien sûr. Ce n’est pas parce qu’on va le nommer chef d’Al-Qaida en Afrique de l’Ouest que du jour au lendemain il va parader en tenue. Je ne le crois pas du tout. Ça ne change pas fondamentalement la donne à mon avis dans le nord du Mali ».

Attaque de Sévaré : trois disciples d’amadou Koufa arrêtés par les forces de sécurité

Par Studio Tamani – Date: 13 Aout 2015

Trois nouveaux suspects de l’attaque du 7 août d’un hôtel à Sévaré, ont été arrêtés cette nuit par les services de sécurité. L’information a été confirmée par une source sécuritaire, alors que le gouvernement avait évoqué sept arrestations après l’assaut.

Les trois nouvelles arrestations seraient liées à l’attaque la semaine dernière du Bybelos à Sévaré. Selon certaines sources sécuritaires, « l’interpellation s’est déroulée dans le courant de la nuit dans la région de Mopti. Les suspects sont des disciples du prédicateur islamiste radical, Amadou Koufa dont un proche, Souleymane Mohamed Kennen, a revendiqué l’attaque.

Un plan de la ville de Sévaré, avec un point noir sur l’hôtel « Byblos », aurait notamment été retrouvé sur une des personnes arrêtées. Outre quatre des assaillants, dont on ignore le nombre total, neuf personnes avaient été tuées lors de cette attaque : quatre militaires maliens, quatre employés de la Mission de l’ONU au Mali et un chauffeur malien, selon le gouvernement.

Cette arrestation intervient alors qu’hier on a appris que 12 personnes avaient été appréhendées dans le cadre de la traque contre les jihadistes. Un suspect parmi eux aurait un lien direct avec l’attaque de Sévaré, a expliqué hier une source sécuritaire proche de l’enquête.

Alors que les enquêtes se poursuivent dans l’attaque de Sévaré, la ville de Bamako fait face à une insécurité grandissante. Hier, des hommes armés non identifiés ont tiré sur un poste de police. Cet acte intervient cinq jours après l’attaque meurtrière contre un hôtel à Sévaré revendiquée par des jihadistes. A ce stade les autorités parlent de deux blessés, un policier et un civil.

Selon une source militaire, « deux individus enturbannés ont tiré sur le poste de police de la gare routière vers 20H 30 ». Ce lieu est habituellement très fréquenté. C’est là que convergent de nombreux véhicules, passagers et commerçants. Les assaillants ont fui « à moto », laissant derrière eux « un civil et un policier blessés ».

Selon des sources sécuritaires, le policier blessé est toujours en vie. Il est admis à l’hôpital du Mali. Le ministre de la sécurité Sada Samaké, a indiqué que les hommes armés « sont descendus d’un taxi. Ils se sont attaqués à un poste de police » à Sogoniko, mais selon lui, il s’agit d’un acte isolé.

La gare de Sogoniko, « vidée de ses occupants », a été bouclée par les forces de sécurité au cours de la nuit. Selon des personnes proches de l’enquête « rien ne prouve formellement que c’est une attaque terroriste, mais la méthode y ressemble ».

Un cadre jihadiste revendique l’attaque de Sévaré auprès de l’AFP

Slate- Afrique – AFP – mis à jour le 11/08/2015 à 8:30

Un cadre jihadiste, proche du prédicateur islamiste radical malien Amadou Koufa et ex-combattant dans une unité de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, a revendiqué mardi auprès de l’AFP l’attaque d’un hôtel à Sévaré, dans la région de Mopti (centre du Mali).

« La main de Dieu a guidé les moudjahidine à Sévaré contre les ennemis de l’islam. Quinze +cafres+ (infidèles) et leurs complices ont été tués », a déclaré ce cadre jihadiste, Souleyman Mohamed Kennen, dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako.

Le bilan officiel de cette attaque, ayant visé le 7 août l’hôtel Byblos de Sévaré, est de 13 morts: quatre militaires maliens, cinq employés de sociétés sous-traitantes de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et quatre assaillants.

Selon Souleyman Mohamed Kennen, « le cheikh Amadou Koufa a aussi donné sa bénédiction pour l’attaque ».

Il a par ailleurs affirmé que « la même main de Dieu (a permis) aux moujahidine » de tuer trois militaires dans la région de Mopti, et promis « d’autres attaques contre les ennemis de l’islam ».

Lundi soir, le gouvernement malien a annoncé que trois militaires maliens avaient été tués et quatre blessés lundi « vers 12H30 » (locales et GMT) dans la zone de Ténenkou, située, comme Sévaré, dans la région de Mopti. Leur véhicule « a sauté sur un engin explosif improvisé près de la localité de Diabozo, cercle (département) de Ténenkou », a-t-il dit.

Souleyman Mohamed Kennen est réputé proche d’Amadou Koufa, prédicateur islamiste originaire de la région de Mopti. Mais il a aussi fait partie en 2012 de l’aile malienne de combattants pour Mokhtar Belmokhtar, alors que le nord du Mali était sous contrôle de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – dont Belmokhtar est un membre fondateur – et Ansar Dine.

Avant cette revendication, les soupçons des enquêteurs maliens se portaient sur un groupe récent allié d’Ansar Dine, le Front de libération du Macina (FLM). Le Macina est le nom donné par certains à une partie du centre du Mali.

Apparu début 2015, le FLM, qui recrute essentiellement dans la communauté peule, est un mouvement allié à Ansar Dine.

« Il y a une passerelle entre tous ces groupes jihadistes. En revendiquant le coup de Sévaré, Souleyman parle aussi pour les autres groupes jihadistes », a affirmé à l’AFP une source de sécurité régionale.

« Il n’est pas du tout impossible que des groupes islamistes traditionnels ont aidé à l’organisation de l’opération » jihadiste à Sévaré, Souleyman Mohamed Kennen étant « prêt à faire une alliance avec le diable pour l’application de la charia », a-t-elle commenté.

La région de Mopti se situe à la lisière du vaste Nord malien d’où les jihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés par une intervention militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

Cette opération militaire a stoppé les islamistes qui progressaient du nord du pays vers le sud et qui avaient pris Konna, à 70 km de Mopti.

Selon des spécialistes des milieux jihadistes au Mali, Amadou Koufa – dont le vrai nom serait Amadou Barry, un Peul originaire de Mopti né vers 1950 – a, de notoriété publique, participé à la prise de Konna.

Peu avant l’attaque de Konna, Souleyman Mohamed Kennen avait participé à Tombouctou (nord-ouest) à une formation militaire organisée par le chef d’Ansar Dine, l’ex-rebelle touareg malien Iyad Ag Ghali, d’après des sources de sécurité malienne et étrangère. Il pourrait avoir « d’autres noms de guerre », indique-t-on, sans autres détails.

Lutte contre le terrorisme: Quand les pays du G5 Sahel ne jouent pas franc-jeu avec le Mali

Badou S. Koba  – Tjikan – malijet.com

Lorsque le président Amadou Toumani Touré a pris le pouvoir en 2002, il avait appelé les pays du sahel à former un front commun contre le terrorisme transnational. Pour montrer sa bonne foi, il avait accordé le droit de poursuite à tous les Etats voisins du Mali. Dans la foulée, les pays du champ ont vu le jour. Mais à la faveur de la crise libyenne, tous ces Etats ont fermé les yeux quand les islamistes qui ont pillé les arsenaux militaires libyens ont pris la direction du Mali via ces mêmes pays. Récemment, la Mauritanie a franchi le seuil de l’hypocrisie en libérant Sanda Ould Boumama, un terroriste hors pair qui a semé la terreur pendant près de 9 mois à Tombouctou.

Aucune nation au monde ne peut douter de  la bonne foi des autorités maliennes en termes de lutte contre le terrorisme au Sahel. En son temps, le président Amadou Toumani Touré  avait même remis en cause la souveraineté du Mali  en autorisant les pays du Sahel à poursuivre, sur son territoire, les groupes terroristes. Ce qui a permis à des pays comme laMauritanie  de mieux lutter contre la nébuleuse AQMI  qui avait multiplié les attaques sur le territoire mauritanien par l’assassinat d’expatriés occidentaux à Nouakchott  et par l’attaque de la base militaire mauritanienne de Bassikounou.

Le président   Amadou Toumani  Touré avait répondu  à l’appel à l’aide du président Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est ainsi que main dans la main, les forces mauritaniennes et maliennes  dans le cadre de l’opération « BENKAN » vont nettoyer la forêt classée de Ouagadou. Mieux les occidentaux passaient par Bamako pour pouvoir libérer leurs compatriotes.

Les 14 Autrichiens et Allemands qui avaient été enlevés par AQMI ont été libérés grâce aux bons offices du Mali. Mieux, quand Pierre Camatte a été enlevé à Menaka, le Mali a libéré des terroristes en échange de sa libération. Le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy ému avait effectué une visite nocturne pour rencontrer ATT, qu’il a couvert d’éloges. Parmi les otages relâchés, il y’avait le même Sanda Ould Boumama.

Pour seule récompense, le Mali sera  victime de chantage au point qu’il a été qualifié de pays qui encourage le terrorisme international et le maillon faible du dispositif de lutte contre le narco-djihadisme au Sahel. A cela s’ajoute   le trafic de drogue qui, selon des fausses informations distillées par les medias occidentaux, était   l’œuvre de certaines personnes en poste à Bamako.

Pour mieux camoufler leurs mensonges, certains pays voisins  ont fait le jeu des ennemis du Mali en permettant  à l’avion « AIR COCAINE » de survoler en toute impunité leurs espaces aériens pour finir sa course à Tacharane non loin de Gao.  Pour ce qui est de ce trafic de drogue, des medias ont relayé l’implication de certains hauts gradés de l’armée algérienne.

Ce qui explique le manque d’engouement de cette dernière à empêcher  les terroristes de se ravitailler  à  partir de son territoire. Au pire moment de la lutte armée entre le Front Islamique du Salut, le Groupe Salafiste pour la prédication et le Combat de  l’islam et l’armée algérienne, cette dernière a mené régulièrement des incursions sur le sol malien parfois sans l’aval de Bamako. Sur insistance de Bamako, un état-major conjoint  Mali- Algérie avait été mis en place basé à Tessalit. Quand  l’ex-rébellion touareg a attaqué cette garnison, les militaires algériens ont simplement plié bagage.

Le gouvernement mauritanien a d’abord soutenu le MNLA avant de se rendre compte qu’en fait, c’est le couvercle des groupes terroristes.

Au moment de l’occupation du nord du  Mali, le président mauritanien a échappé de justesse à une mort atroce. Son cortège qui regagnait Nouakchott a essuyé des tirs. Blessé,  il sera évacué sur la France à l’hôpital de Val De Grâce. Après l’arrivée au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita, beaucoup pensaient que certains pays du Sahel qui en voulaient à ATT  allaient changer de fusil d’épaule en soutenant le Mali. Mais apparemment, ce fut l’effet contraire.

Les terroristes qui avaient attaqué la ville de Nampala,  il y a quelques mois, sont venus de la Mauritanie. Or selon des sources concordantes, il y avait des forces mauritaniennes dans le secteur qu’ils ont emprunté. Pourtant l’armée mauritanienne  a été associée à l’opération « Zekene » menée conjointement par le France et le Mali.

Récemment, des medias avaient fait Etat de la présence du sinistre Amadou Kouffa, un lieutenant de Iyad  qui serait derrière la prise d’otage de l’hôtel Byblos de Sevaré qui a pris fin par un bain de sang. Le terroriste n’a pas d’amis. Les voisins du Nigeria ont pendant  longtemps  cru que Boko Haram est l’affaire intérieure du géant de l’Afrique avant de se rendre à l’évidence. Ils ont enfin compris qu’il faut une synergie d’actions pour venir à bout de la secte qui est devenue depuis peu l’Organisation Etat Islamique en Afrique de l’Ouest.

Une secte qui est devenue sans frontière et qui, du Tchad au Niger en passant par le Nord-Est du Nigeria endeuille chaque jour des centaines de familles. La Turquie qui, pendant longtemps, a fermé les yeux sur les agissements de DAESH  en Syrie commence à en subir les conséquences.   Comme pour dire que le terroriste n’a pas d’amis et le terrorisme n’a pas de frontière.

 

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