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Aminata Traoré, la Grèce et l’Afrique

by sur 20 août 2015

A l’occasion de l’émission le « Grand débat économique « , la militante altermondialiste Aminata Dramane Traoré a fait un parallèle avec la Grèce pour parler de la situation économique africaine en général et malienne en particulier.

Aminata Dramane Traoré au «Grand débat économique» : «Le système économique actuel du Mali est dans l’impasse»

Diango COULIBALY – Le Reporter – 19 août 2015

L’émission «Le Grand débat économique» avait comme face-à-face, le samedi 15 août 2015 à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Aminata Dramane Traoré et Pr. Oumar Bouaré. La première est altermondialiste et présidente du Forum pour un autre Mali et le second est libéral, économiste, universitaire et directeur du Centre de recherche en sciences économiques et sociales. Ces deux personnalités se sont affrontées autour du thème : «Quel modèle économique pour le Mali après la crise ?».

«Le Grand débat économique», animé par notre confère Issa Fakaba Sissoko, est une initiative d’un groupe de journalistes réunis au sein de l’association Forum de la presse. L’initiative vise à mettre les universitaires, les ténors des grandes organisations du secteur économique et financier du pays sur le gril. C’est aussi pour donner la parole aux professionnels de l’économie pour décrypter, critiquer et proposer afin de renforcer le niveau d’information des citoyens.

À la question «Le modèle économique que nous vivons, nous est-il imposé ?, Oumar Bouaré pense que dans le cas du Mali, en dehors du premier régime dirigé par le président Modibo Keïta, il y a eu rarement une vision éclairée de la direction que notre pays devrait prendre. Selon lui, les différents régimes qui se sont succédé, ont géré notre pays suivant une situation qui se présentait à eux.

L’économiste Oumar Bouaré croit que les différentes politiques que nous menons nous ont été imposées. À ses dires, «nous sommes aussi responsables de notre devenir.  C’est au gouvernement malien de dégager ce qu’il estime être son intérêt. Il faudrait savoir quel est l’intérêt de notre pays et dans quelle direction nous devons aller», a-t-il dit.

Aminata Dramane Traoré pense également que «nous avons une part de responsabilité. Historiquement parlant, nous faisons partie, dès le départ, d’un monde global». Elle dira que la première République était le résultat d’un processus de décolonisation qui est resté inachevé. À en croire l’altermondialiste, la superficie de l’Afrique est l’arrière-cour d’une Europe qui s’est construite en puisant dans les richesses du Sud. Pour elle, le Mali, seul, ne peut pas sortir de cette situation. D’autant que l’histoire dramatique de l’Afrique est une longue histoire de déstabilisation, de Lumumba à aujourd’hui.

Après la crise, quel modèle économique pour le Mali ?

L’économiste Oumar Bouaré a situé cette question sur plusieurs points. À  court terme, selon lui, «il nous faut instaurer la paix et la sécurité du pays  en équipant notre armée ; en organisant le groupement de milices dans le quartier pour les villes du Mali afin qu’ils puissent être en contact permanant avec la police, la gendarmerie et l’armée pour signaler tout phénomène nouveau».

Dans le moyen et le long termes, selon lui, il faut également rendre le service militaire obligatoire dans notre pays ; favoriser la production agricole ; développer des agropoles pour pouvoir donner à manger aux Maliens et exporter nos produits agricoles. À l’en croire, s’il y a une augmentation de ces structures, il y a aura création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

À cela s’ajoute la commercialisation de ce que nous produisons. Oumar Bouaré estime que le gouvernement doit s’engager à se focaliser sur ce marché d’exportation pour pouvoir générer de la richesse au Mali. Il a aussi parlé de la mise en place d’une structure embryonnaire de transformation de nos produits et de la réforme du système de l’éducation nationale.

Aux dires du libéral, «depuis l’indépendance jusqu’à maintenant, nous sommes à la traîne des autres pays. Ce qui veut dire que le chemin que nous avons emprunté n’est pas bon. Il faut former des scientifiques, des ingénieurs qui puissent procéder au contrôle et à la création des machines. Une fois que ce problème de l’éducation est réglé, il faut penser à la modernisation du tissu industriel embryonnaire pour créer des laboratoires pharmaceutiques», a-t-il déclaré.

Selon Aminata Dramane Traoré, le système économique actuel du Mali est dans l’impasse et l’état de notre pays est le reflet de cette situation.  À l’en croire, tout ce qui nous est arrivé dans ce pays, nous donne aujourd’hui le droit d’être audacieux en disant à la communauté internationale : «Vous vous trompez de modèle de développement non seulement au Mali, mais aussi dans d’autres pays».

Le facteur déterminant, pour elle, c’est le changement de nos propres comportements. Elle a dénoncé l’absence de perspectives économiques prometteuses pour le Mali. Pour cette altermondialiste, le modèle économique actuel ne peut pas favoriser le développement du Mali. Elle prône la rupture et plaide pour la création d’une économie nationale.

« La Grèce est une mine inépuisable d’enseignements pour l’Afrique » dixit Aminata Dramane Traoré

Boniface Dembélé – L’Enquêteur – 17 août 2015

 Les deux invités Aminata Dramane Traoré, ancien Ministre de la Culture et militante altermondialiste, Présidente du « Forum pour un autre Mali » et le Pr. Oumar Bouaré, économiste et universitaire, Directeur du Centre de recherche en Sciences économique et sociales, ont été très persuasifs sur le sujet.

L’éloquence et à la poigne de Aminata Dramane Traoré, une bête des face-à-face,  n’ont laissé personne indifférent dans la salle. Pluridisciplinaire, la militante altermondialiste et écrivain  a surfé sur l’actualité politico-économique mondiale (dont la plus saisissante reste le cas grec) pour critiquer le modèle économique du Mali et de l’Afrique.

Le Professeur Bouaré, très posé et pondéré, défend de son côté ses idées sur les différents modèles économiques que le Mali a connus de l’indépendance à nos jours.

Pour l’altermondialiste, traiter du modèle économique du Mali reviendrait à le transposer à celui des autres pays africains ayant accédé à l’indépendance dans les mêmes contextes. Il s’agit pour Aminata Dramane Traoré d’un modèle économique imposé par l’Occident, aujourd’hui prisonnier du diktat des banques. Elle cite pour l’exemple, le cas grec. Le pays d’Alexis Tsipras souffre aujourd’hui de la rigueur budgétaire que lui imposent ses créanciers occidentaux. Tout comme le projet économique du Président Modibo Kéita gênait les grands d’alors, l’histoire de la dette grecque est « dramatique » et la « liste des victimes du système est très longue », compare Aminata Dramane Traoré, prenant à témoin Lumumba, Nkrumah et Sankara.

En clair, pour Aminata Dramane Traoré, ce sont les banques qui contrôlent le monde et ce sont elles qui dictent leurs lois aux dirigeants de l’Europe. Parlant justement du cas grec, Aminata Dramane Traoré pense que François Hollande n’est pour rien dans cette guerre économique contre la Grèce.

Le Président français aurait pu être à la place de Tsipras, argue-t-elle. « La Grèce est une mine inépuisable d’enseignements pour l’Afrique. Les socialistes ne sont plus vraiment loin des libéraux et cette crise constitue un tournant… », poursuit-elle. Un avis que ne partage pas le Pr. Bouaré, plutôt libéral. Le choix de modèle économique du Mali est la conséquence de la mauvaise gouvernance. Les institutions financières de Bretton Woods n’interviennent que par ce qu’elles sont sollicitées par les pays concernés, pense-t-il.

Remontant à la période des indépendances, Aminata Dramane Traoré estime que nous ne sommes toujours pas dans un schéma de développement tant le modèle économique post-période socialiste « a produit des inégalités et des guerres. » Elle appelle le Mali et l’Afrique à revaloriser et à consommer les produits locaux.

La guerre au Mali étant la trame du débat, Aminata Dramane Traoré et le Pr. Bouaré ont donné leur point de vue sur l’intervention militaire française en Afrique et donc, au Mali.

Pour la Présidente du Forum pour un autre Mali, qui a toujours vu d’un mauvais œil toute intervention étrangère dans son pays, « la France n’est intervenue au Mali que parce qu’elle avait besoin de l’aéroport de Tessalit. La France n’était pas venue nous sauver. Il s’agissait pour le pays de François Hollande de se repositionner face à la Chine,  devenue un partenaire privilégié de plusieurs pays d’Afrique et de la sous-région ». Elle qualifie cette politique française de la « diplomatie offensive. »

Le Professeur Bouaré est, quant à lui, moins critique vis-à-vis de l’intervention de la France au Mali. Le Directeur du Centre de recherche en Sciences économique et sociales, est catégorique : « les terroristes seraient venus jusqu’à Bamako, le Mali serait entièrement sous le contrôle des jihadistes. Le peuple malien doit se montrer plutôt reconnaissant envers la France et la communauté internationale. », commente-t-il en substance.

Dans le fond, les deux invités se rejoignent sur le modèle économique à bâtir pour le Mali. L’on retient pour l’essentiel qu’il faudrait plutôt aller vers une économie qui mette en valeur les ressources locales. De toutes les façons, il est très difficile voire impossible d’imaginer une théorique économique indépendante des autres aujourd’hui. Le monde étant devenu un village planétaire.

Les débats se sont déroulés dans la salle de conférence de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, où se sont déplacés de nombreuses personnalités du monde de l’économie et des finances et des journalistes de la presse privée malienne.

Gestion de la crise grecque: Aminata Dramane Traoré interpelle les africains à s’en servir comme exemple

D. Doumbia – Le Débat – 24 Juillet 2015 

Aminata Dramane Traoré, coordinatrice du forum pour un autre Mali (Foram) interpelle les africains à s’en servir de la gestion de la dette grecque comme un exemple. C’est pourquoi, elle a invité les autorités africaines à revoir les différents accords entre Afrique–Europe en demandant de consulter le peuple avant toute conclusion des contrats avec les européens.

Dans le cadre de l’université citoyenne pour un  autre développement (UCAD), le Forum pour un autre Mali (Foram) en partenariat avec le Centre Amadou Hampaté Ba (CAHBA) a organisé le samedi 11 juillet 2015 au CICB, une conférence débat sur la crise de la dette Grecque.

Animée par Aminata Dramane  Traoré, coordinatrice du Foram et Demba Moussa Dembélé, économiste sénégalais, cette conférence portait sur le thème « la justice, la paix et la sécurité humaine font-elles bon manage avec  la dictature des créanciers.

« L’objectif de cette conférence est de discuter sur la gestion de la dette grecque et d’interpeler nos autorités à prendre la gestion de la crise grec comme un exemple. C’est pourquoi, la coordinatrice de Foram a invité les autorités africaines à consulter le peuple avant de conclure des contrats avec les européens.

Pour ce faire, Aminata Dramane Traoré a demandé au peuple africain de s’organiser afin  de dénoncer certaine situations de  la coopération Afrique-Europe.

Selon elle, l’Ebola, et des différents conflits en Afrique sont sans nul doute des fonds de commerce des européens. «  La situation de la grecque est le résultat des mauvais projets et programmes  économiques mis en place par l’union européenne.  La situation de la Grèce doit servir de leçon aux pays africains. En Afrique, nous avons le droit de changer nos dirigeants, mais des directions. Le changement que  nous les africaines aspirons n’aura pas lieu si la situation ne change pas en Europe. Notre combat est une interpellation de nos autorités à user de leur force pour revoir les relations Afrique-Europe et de  lutter contre l’immigration des jeunes vers l’occident. Il est donc temps que nous changions notre système de  coopération avec l’Europe».

Pour Demba Moussa Dembélé, économiste sénégalais, l’Europe est un continent en crise. La situation de la Grèce est une parfaite illustration, car l’Europe est aujourd’hui prisonnière de son système.

Concernant les relations Afrique-Europe. Nous sommes liés à l’Afrique dans le cadre de l’accord économique. Mais malheureusement, cette relation n’a pas profité aux africains, car tous les programmes de réajustement structurel menés depuis l’indépendance ont échoué. Pour  le conférencier, les  accords monétaires qui lient les anciennes colonies à la France sont toujours à l’avantage de la France. Il a aussi noté que l’Afrique n’a jamais tiré profit du francs CFA depuis sa création en 1945.

A cet effet, il interpelé nos autorités à suivre l’exemple de la dette grec, autrement dit demander l’avis du peule avant toue signature de prêt avec les occidentaux. Selon Dembélé, le  courage et la détermination des autorités et du peuple grec face au système catastrophique de l’union européenne doit servir de leçons pour  les pays africains. Le système capitalisme  européen est un système moribond et il n’a pas d’avenir a-t-il ajouté.

Les différents intervenants ont édifié l’assistance sur le processus de la crise grecque, l’historique du Francs CFA et les inconvénients des relations Afrique –Europe, notamment les différentes exploitations économiques que l’Afrique subit de la part des occidentaux. L’occasion était également bonne pour les conférenciers de débattre sur les inconvénients de l’immigration. Des témoignages poignants ont été faits par des mères des défunts, mais aussi par les rescapés.

 

 

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