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Intégrisme religieux : prise de conscience ?

by sur 20 août 2015

Les musulmans maliens, dont l’islam de source malékite est caractérisé par la tolérance proche du soufisme, sont-ils en train de prendre conscience que l’intégrisme et la pénétration d’autres formes d’islam mal assimilées constituent un réel danger pour le pays ?

Un ancien ministre a mis les pieds dans le plat, mais d’autres mouvements musulmans semblent sur la même longueur d’onde : l’urgence de former les jeunes à la religion et de retrouver les valeurs de l’islam perverti par le chômage, l’échec de l’éducation, le prosélytisme des islamistes et des groupes armés.

Lutte contre le radicalisme religieux : LES JEUNES MUSULMANS EN PREMIÈRE LIGNE

A. ALMOULOUD – L’Essor – 18 août 2015  

Jeunesse musulmane ouest-africaine et radicalisme religieux, quelles solutions ?

La question fait l’objet d’un séminaire organisé depuis samedi au CICB par la Ligue islamique des étudiants du Mali (LIEMA) en collaboration avec l’Association des jeunes musulmans du Mali et l’Organisation africaine des jeunes musulmans d’Afrique de l’Ouest.

La cérémonie d’ouverture de l’événement, présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Me Mountaga Tall, s’est déroulée en présence de plusieurs chefs religieux dont le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko.

Pendant une semaine, les participants venus du Sénégal, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Niger, du Benin, de Guinée et du Togo vont partager des expériences et réfléchir à des solutions à apporter aux problèmes nés de la mauvaise interprétation de l’islam dans la sous-région.

Les organisateurs de la session entendent constituer un front commun, avec en première ligne les jeunes qui sont victimes de la violence qui gangrène l’islam dans notre sous-région.  De leur point de vue, le thème choisi, « Jeunesse musulmane ouest africaine et radicalisme religieux, quelles solutions », va contribuer à vulgariser un islam sans violence.

Selon le président de la LIEMA, Adama Berthé, le séminaire va aider à former les militants aux valeurs intrinsèques de l’islam, consolider les liens de fraternité, unifier les peuples autour de valeurs comme l’entraide et la solidarité. L’exercice va surtout impliquer les jeunes musulmans dans la gestion des grandes crises politiques, économiques et sociales que traversent nos populations.

Le président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud Dicko, a salué la prise de conscience dont font montre les jeunes musulmans. « Fini le temps où les autres décidaient à votre place. Vous avez raison de prendre le taureau par les cornes », a-t-il souligné.

Tonalité identique chez le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Me Mountaga Tall, qui a recommandé aux jeunes d’enseigner la vérité pour apporter la lumière et barrer le chemin à l’obscurantisme.

Transmettant le message du président de la République, Me Mountaga Tall a insisté sur la formation et l’information pour que le vrai islam soit connu et vulgarisé partout où besoin sera.

L’ex-ministre Ousmane Sy à propos de la dégradation de la situation sécuritaire : « Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais de subversion et de déstabilisation… »

Bruno SEGBEDJI – L’Indépendant du 15 août 2015

Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé hier jeudi 13 août, dans ses bureaux de Consultant sur les questions de gouvernance, l’ex-ministre de la Décentralisation et de la ville, Ousmane Sy, jette un véritable pavé dans la mare en épinglant l’islamisme religieux comme un élément menaçant pour la sécurité commune.

« Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion et même de déstabilisation du pays ». Il n’a pas occulté les récentes attaques qui  « étaient  prévisibles, après la signature de l’Accord isolant les vrais ennemis de la paix ». Avant de plaider pour un renforcement des services de renseignements. « Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile », a-t-il souligné.

Pour cet expert en analyse stratégique des questions de gouvernance en Afrique, la dégradation générale du climat sécuritaire dans le pays, ces derniers jours, avec notamment la tentative de prise d’otages de Sévaré, les attaques terroristes de Baguinéda et d’ailleurs, il y a lieu de se poser des questions.

Il a indiqué que «les forces de défense et de sécurité du Mali ont été sorties de leur rôle depuis le coup d’Etat de 1968. Elles se sont politisées, clanisées et devenues partisanes». Du coup, dira-t-il, ces forces, qui devraient être républicaines, ont été plus ou moins détournées de leurs missions exclusives…

Ousmane Sy a touché du doigt le cas des services de renseignements. «Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile», a-t-il souligné. Et d’ajouter que la détérioration actuelle de la situation sécuritaire était pourtant prévisible. Il fallait donc un renforcement des capacités des renseignements notamment vers les milieux religieux, puisque l’on parle de plus en plus de cellules dormantes du terrorisme islamiste ou jihadiste.

«Pour le moment, j’ai l’impression que nos renseignement ne fonctionnent pas à hauteur de souhait». Et de s’interroger à titre d’exemple : «Combien de mosquées existent-elles aujourd’hui à Bamako? J’ai l’impression que l’Etat ne le sait pas. Certaines mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion ou même de déstabilisation du pays. Nous devons nous ressaisir. Personne ne peut venir nous apprendre l’islam…», a-t-il dénoncé.

Ousmane Sy

Et l’ancien mùinistre de mettre l’accent sur la nécessité des réformes en profondeur au sein de la gouvernance. Des réformes du secteur de sécurité, comme prévu dans l’Accord, des réformes constitutionnelles et institutionnelles, des réformes économiques et sociales. «La soif de changement est très grande chez nos compatriotes surtout chez les jeunes. Nous devons y aller rapidement, de notre propre vouloir. Si non, ces réformes s’imposeront à nous. Le monde ne nous attendra pas!», a-t-il conclu.

Instrumentalisation de l’islam à des fins terroristes : Le Cnas-Faso/Hèrè en appelle à la vigilance des leaders religieux

Bréhima Sogoba – L’Indicateur du Renouveau du 11 août 2015

Le bureau politique national de la Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas-Faso/Hèrè) invite les leaders religieux à se démarquer plus clairement et à condamner toute instrumentalisation de l’islam à des fins contraires à la nature pacifique, conviviale… des principales confessions religieuses monothéistes qui coexistent dans notre pays.

          Dans un communiqué déposé à notre rédaction, le BPN de la Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas-Faso/Hèrè) condamne avec la dernière rigueur les attaques terroristes récemment perpétrées contre des cibles civiles et militaires dans plusieurs zones du Mali.

Présentant ses condoléances émues aux familles des innocentes victimes de ces attentats insensés, le parti du Dr. Soumana Sacko salue la bravoure, le professionnalisme et le patriotisme dont les forces armées et de sécurité font de plus en plus preuve dans l’accomplissement de leur mission.

« La Cnas invite les autorités religieuses à se démarquer plus clairement et à condamner fermement et explicitement toutes instrumentalisations terroristes de la religion à des fins contraires à la nature fondamentalement pacifique, conviviale et humaniste des principales confessions religieuses monothéistes qui coexistent si heureusement dans notre pays », indique le communiqué.

Le BPN de la Cnas-Faso/Hèrè estime que la recrudescence et l’extension géographique des attentats terroristes à travers le Mali confirment l’inadéquation du mandat de la Minusma par rapport aux défis politiques et sécuritaires qui se posent à notre pays, l’incapacité congénitale de l’accord d’Alger à résoudre la crise qui secoue le Nord depuis plusieurs années déjà et à ramener la paix, la sécurité et la concorde nationale.

« La Cnas-Faso Hèrè engage fortement le gouvernement et la communauté internationale à réviser entièrement leur approche de la crise du Nord et à réaliser enfin que les forces rebelles séparatistes ainsi que les groupes jihadistes soient considérés comme des forces négatives devant être également combattues parce que constituant les deux faces de la même nébuleuse narcoterroriste menaçant l’intégrité territoriale du Mali, le caractère unitaire, républicain, démocratique et laïc de l’Etat… », conclut le communiqué.

Lutte contre le fondamentalisme religieux : de la nécessité d’une stratégie nationale concertée

Amadou SANGHO – Le Prétoire – 11 août 2015

La boîte de pandore a été ouverte depuis la mort du guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi et la désagrégation totale de son empire, désormais  aux mains de factions rivales, toutes mues par des velléités capitalistes.

A ce chaos général est venu se greffer un  phénomène beaucoup plus  préoccupant,  à l’image de la folie meurtrière  qui en découle.

Autant l’intégrisme religieux inquiète au proche orient, autant il est pris au sérieux  par les gouvernements africains  qui multiplient  les initiatives  régionales  et sous -régionales  afin de l’éradiquer sous toutes ses formes.

Quelles soient sous la forme Boko Haram, Ançar Dine, Al-Qaïda ou encore  Al Mourabitoune. Le combat reste le même, car le péril est énorme et les enjeux aussi. Le Mali  qui a connu ce phénomène  islamique dans le sillage de la rébellion de janvier 2012, semble devenir un véritable sanctuaire où pullulent  des intégristes de tout acabit. Pas  un seul centimètre  du territoire ne respire la sécurité véritable. C’est dire que l’heure est grave, très grave même.

Ce qui amène  à penser à l’élaboration d’une vraie stratégie nationale pour contrer ce cancer des temps modernes.

Ce faisant, le gouvernement du Mali, dans sa quête inlassable  de paix durable après la signature d’un accord avec les indépendantistes Touaregs, se doit de regarder le problème sous un angle autre que celui qu’il a toujours privilégié à savoir, l’usage de la force.

Aujourd’hui, à l’aune des actes crapuleux qui continuent d’être posés  et le sentiment d’impuissance qui se dégage , l’on est en droit de penser à cette autre approche, à savoir celle de l’implication des leaders religieux qui pourrait bien être  la mieux indiquée et donc la plus efficace .

Le cas du Sénégal est là pour rappeler le rôle  éminemment stratégique de ces hommes de Dieu pour aboutir à une stabilité sociale. L’histoire antique  tout comme celle contemporaine du Mali autorise à croire que ce pays peut satisfaire à cette demande, eu égard à cette flopée d’érudits disséminés à travers toutes ses contrées.

Sauf leur respect et leur honneur, Ousmane Madani Haïdara, Mahamoud  Dicko, Cheick  Bouyé,  le chérif de  Nioro, Komani Tanapo et tous les chefs  spirituels  non cités ici   pourraient bien volontiers  servir de figures de proue à cette guerre  à nous imposée par les extrémistes qui prêchent tout sauf les préceptes sacro-saints  de la religion  musulmane se voulant tolérant, une religion de paix. Mais encore faut-il que l’Etat – Nation du Mali adhère fermement à cette logique  intégratrice. Ce, en convoquant à travers le département  en charge  des cultes un grand forum  national qui, à terme, élaborera  une politique nationale   des cultes , de laquelle  se dégagera  une stratégie  nationale  de lutte contre  l’intégrisme  religieux.

Son effectivité  permettra  de mieux  normer un domaine  laissé longtemps en friche et propice à la prolifération  de courants religieux  mettant en péril l’unité nationale. Que dire de tous ces arabisants rentrés au pays avec comme  seule connaissance, la théorie islamique  selon leur pays de formation.

Quand on sait que le monde  arabo-musulman  est entrainé dans un bicéphalisme impliquant fortement, les  sunnites saoudiens et les chiites iraniens  aux côtés  d’autres courants de pensée, tels les Tidjanites, les Malikites, les hamalites etc. Or la religion, dans sa pratique,  est  souvent tributaire  de ces courants  qui se  distinguent  les uns des autres  par  des détails   qui rappellent fort la ligne directrice de leurs chefs spirituels. En témoigne, ce débat sur l’accoutrement  du bon et  du vrai musulman,  selon certains, qui doit avoir, pour les hommes,  un pantalon  «  sauté », donc au-dessus des chevilles, avoir  une barbichette bien soignée, s’abstenir  des stupéfiants et de l’alcool, ne pas commettre l’adultère et porter le voile intégral pour les femmes. D’où le choc  des cultures qui fait rejaillir ces  us et coutumes  qui restent  collés  à certaines civilisations.

Ne percevant la religion qu’à travers leur foi  en  un Dieu unique avec une allégeance au prophète Mohamed ( PSL), son envoyé,  à l’observance des cinq piliers de l’islam, et  comme seule boussole, le coran.

L’histoire récente a démontré que  les arabisants, autrement dit ceux ayant effectué des études  coraniques  poussées ou non, se  plaisent beaucoup dans les prêches  d’autant qu’aucune  autre  perspective ne leur est entrouverte par le gouvernement, d’où  ce vœu pour cette politique nationale  des cultes qui  permettra de mettre  des garde-fous  à leur récupération subtile à d’autres fins.

Cette  stratégie  de lutte  contre  l’instrumentalisation  de ces « cerveaux religieux » passe par une prise  en compte de certains facteurs  motivants et intégrateurs. Comme l’enseignement de la théologie, donc l’apprentissage du coran  ou de la Bible  dans tous les ordres d’enseignement à travers  une dissémination intelligente des  sourates et  versets selon les niveaux d’étude, l’ouverture de centres de formation professionnelle islamiques ou biblique dans un pays qui se veut laïc, des centres de prêche pour mieux fortifier la foi, en dehors des offices religieux hebdomadaires.

Egalement, ouvrir des créneaux dans la fonction publique pour les arabisants dont le seul salut reste ces écoles coraniques  privées qui échappent à tout contrôle donc à la merci du tout-venant, prêt selon ses desseins à travestir  l’islam et saper ses fondements.

La création de centres de formation professionnelle avec l’enseignement des religions  permettra de fixer les jeunes, et leur garantir un avenir certain à travers  l’apprentissage d’un métier.  En mettant aussi nos érudits, les marabouts recensés dans tous les recoins du pays  dans des conditions  financières  et matérielles optimales, ils pourront être d’un apport  utile dans la lutte contre  l’embrigadement  des jeunes par les extrémistes. En assurant  un maximum vital  à ces leaders religieux, les exempter de certaines charges trop contraignantes dans leur vie quotidienne et leur offrir un cadre d’enseignement en conformité avec leurs exigences académiques, ceux-ci pourraient contribuer  fortement à la stabilisation  sociale  et à la lutte contre  le phénomène djihadiste.

Car l’ignorance, la misère, et surtout l’indifférence restent  en grande partie les, facteurs savamment exploités par les ennemis de l’islam- vrai pour commettre  leurs forfaits  et tenter de le  discréditer  aux yeux du monde. Comme  pour faire dire, c’est quelle religion où les musulmans  tuent d’autres musulmans, même dans les mosquées.

La réponse à cette  interrogation  reste  que la vérité, la seule  qui vaille pour cette religion demeure celle du coran, son fondement. Facile à lire  et à comprendre, on peut bien se demander à quel dessein lui prête-t-on des interprétations aussi confuses les unes que les autres. Sauf à être sous l’emprise d’empires financiers qui veuillent lui associer des  pratiques découlant de centaines cultures arabes. De tout ce qui précède, le rôle et la responsabilité des leaders  religieux  sont engagés dans la lutte contre le travestissement de l’islam et donc dans le combat contre l’enrôlement des jeunes dans une entreprise  terroriste aux desseins non avoués.

Cela est possible  à travers une sensibilisation accrue, une meilleure gestion des réseaux  sociaux  et  des sites  afférents à cette désacralisation. Au plus fort de la crise  malienne, avec l’occupation du Nord du pays  par les djihadistes, l’action du Haut conseil islamique, à travers  son président  Mahamoud  Dicko, a été déterminante dans la libération  de prisonniers maliens.

Tout comme les discours lénifiants du chérif Ousmane Madani Haïdara qui contribuèrent à l’apaisement social. Pour tout dire, l’Etat du Mali doit pouvoir altérer la force militaire, et la sensibilisation à outrance qui demeure un vecteur non négligeable.

La mise en route  d’une telle initiative  pourrait être discutée lors d’un forum national des religieux qui dégagera  la stratégie nationale de lutte contre  le terrorisme pour qu’enfin vive sereinement ce Mali de nos ancêtres, dans un islam de paix et de tolérance

 Fier d’être djihadiste !

 L’Indépendant du 7 août 2015

Aujourd’hui, avec la mondialisation et la globalisation, l’occident s’est donné une mission civilisatrice de l’humanité, qui masque un dessein manifeste d’exploitation et qui se caractérise par la domination, l’acculturation et la stigmatisation.

La réussite de cette mission occidentale nécessite aujourd’hui l’anéantissement de l’islam : cette religion qui dérange.  Ainsi, depuis l’effondrement du bloc communiste, l’arsenal de destruction est désormais dirigé dans sa totalité contre l’Islam et les musulmans. Dans le monde en proie à l’injustice, à l’horreur, au désespoir, aux amalgames délibérés et entretenus entre certains principes de l’Islam comme  le jihad (actions salvatrices) et le terrorisme, bref à l’inversion des valeurs de toute sorte, vivre sa foi (la conscience du bien et du mal) est devenu un exercice périlleux.

L’islam ; fidèle synthèse des religions révélées depuis Adam jusqu’à Mohamed (PSL), est présenté dans plusieurs versets comme la religion parfaite. Il ne souffre donc pas de désuétude et d’altération et doit logiquement conduire les hommes jusqu’aux temps derniers. Ce rôle de guidance, l’islam l’exerce dans la perspective du salut des hommes.

Djihadisme est utilisé au sens péjoratif avec tout ce que cela peut comporter comme dérives extrémisme, terrorismes, etc.Avec la politique de l’intox, tout est fait afin que le poison de l’amalgame obsède les esprits et exacerbe les passions. Ainsi, certaines presses  occidentales  et même africaines se sont muées  en relais du mensonge, de la désinformation et de l’intox  en ont fait leur choux gras. Cette stigmatisation a permis  aujourd’hui d’expulser, de condamner, d’emprisonner, ou de  tuer, sans aucune peur des organisations de droit de l’homme. Le Djihadisme est devenu un crime de lèse-majesté. La stigmatisation de la secte DAWA Islamique en est une parfaite illustration à travers le monde.

C’est pourquoi, devant cet état de fait,  je saisis par  voie de  presse,  pour interpeler l’opinion nationale et internationale sur une situation très préoccupante, et qui nécessite des mises au  point  du fait des conséquences qui en découlent : l’amalgame délibéré et entretenu entre le Djihadisme et le terrorisme.  Nous laissons aux ennemis de l’Islam la couverture sensationnaliste d’un islam dépeint à travers le prisme déformant  des  clichés comme Djihadisme et terrorisme font bon ménage. Notre objectif ici est d’apporter une modeste  contribution à l’éclairage d’une certaine compréhension ou interprétation non fondée qui stipule que Djihadisme et terrorisme font bon ménage.

Si autrefois  la terreur et la violence étaient l’œuvre des organisations criminelles  comme : les Brigades  Rouge Italie, l’Armée Républicaine Irlandaise : IRA, le Mouvement Corse en France, ETA espagnole,  la Mafia italienne et japonaise, Sein Fine en Grande Bretagne, les escadrons de la mort au Brésil et en  Afrique du sud, de Toupac Amaru et Sentier lumineux du Pérou, les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie FARC, PKK Turquie, aujourd’hui, la relève de ces organisations terroristes semble être assurée par des organisations dites islamiques.

En Afrique nous citerons,  entre autres :Al-Mourabitoun, Mujao, Ansar al-Charia, Ansar Dine, Al-Qaïda au Maghreb islamique, BokoHaram, Cheebabs,Al-Mouakaoun Be Dam, Al Moulathamoun,Jama’atu Ansarul Muslimina Fi Biladi Sudan, Katiba Ansar Al-Charia, Ansar Beït al-Maqdess, etc

En  Asie :   Abou Sayyaf, Al-Qaïda, Émirat du Caucase, JemaahI slamiyah, Lashkar-e-Toiba, Mouvement islamique d’Ouzbékistan, Mouvement islamique du Turkestan oriental, Talibans.

Au Moyen-Orient :  Al-Qaïda dans la péninsule arabique, AnsarBeït al-Maqdess, Daech, Front al-Nostras.

Aujourd’hui, si une religion dérange, c’est bien l’Islam, et pour le combattre, il faut créer en son sein ou l’infiltrer par des taupes qui  agiront  en son nom avec des objectifs nobles, mais de pratiques peu orthodoxes. Comment expliquer la folie meurtrière des  organisations ou regroupements dits islamiques causant des milliers  de morts, de mutilés, et de veuves à chaque parution de presse? Qui tue autant d’hommes ?  L’homme n’a jamais (en dehors des deux guerres mondiales) au cours de l’histoire,  éliminé son semblable en si grand nombre, de manière inimaginable et pour des motifs peu fiables. Supprimer la vie par coup de feu à bout portant, par mutilation, par des tortures spécialement raffinées pour la cause ou par des moyens non moins horribles (voiture piégée, ceinture explosive) et pour des motifs variés est devenu banal. Partout,  la folie des hommes a banalisé la vie : «les  hommes, quand ils perdent la morale, trouvent  la jungle et deviennent des loups».

Toutes ces organisations  dites islamiques citées en amont ont  presque toutes les mêmes  objectifs déclarés : l’établissement d’un califat islamique,  l’instauration de la charia, chasser les croisés de la terre d’Islam, renverser les gouvernements sur place, le rejet « d’un enseignement perverti par l’Occidentalisation ».

Curieusement à la concrétisation de  ces objectifs déclarés, elles sèment la mort, détruisent les acquis matériels et moraux des pays,  compromettent les projets de développement, et mettent en danger la sécurité à travers des attentats suicides, ceintures explosives, voitures piégées,  prises d’otages, narcotrafic, rançons, trafic d’armes, terrorisme, et que sais-je encore ?

Souvent, certains de ces tragédies ou crimes sont effectués dans les mosquées,  ou par  déguisement ou camouflage  à travers le  hijab (voile intégral) comme accoutrement de crimes. Certaines de ces organisations, sorties tout droit d’une autre époque, ont occupé et souillé les terres musulmanes,  heurté les consciences  nationales et internationales, humilie les populations, viole les femmes. Elles se sont souvent  attaquées aux cultures millénaires islamiques  et ont jeté  sur les routes de l’exode,  femmes, enfants, jeunes et vieux dans le cadre de la mise en œuvre de leurs projets démoniaques,  criminels et tentaculaires avec comme doctrine : la terreur, terreau  de la mal gouvernance et la misère sociale. Pour preuve, comment comprendre des motivations  comme  » l’éducation occidentale est un péché « , alors que le premier verset du Saint Coran a exhorté le prophète Mohamed (PSL) à apprendre « IKRÂA » : lis.

Le prophète de l’Islam nous a encouragé à la recherche du savoir partout dans le monde :  » aller rechercher la connaissance, même s’il faut aller en Chine « , durant toute sa vie :  » la recherche du savoir est un impératif pour tout musulman du califourchon jusqu’à la tombe « , et dans toutes les langues, car  le prophète lui-même : «  a exigé de son scribe Zeïd d’apprendre la langue juive « .

Et même pour l’établissement du Califat ou de la Charia dans un pays,  la religion musulmane a posé des préalables assortis de conditionnalités qu’il faut d’abord satisfaire, et non par la violence. La condamnation de la violence est explicite dans le coran :  » vous ne viderez plus  vos querelles dans le sang comme à l’ère de l’ignorance « .

Le Coran précise, s’agissant du prosélytisme et des conversions : «  point de contrainte dans la religion  » : sourate II verset 256. Cette attitude pacifique à l’égard  du non musulman est prescrite plusieurs fois  dans le Coran : sourate XVI verset 126 :  » appelle au sentier de ton seigneur par la sagesse et la bonne exhortation. Discute avec eux de la meilleure manière…… « 

Cette interdiction du recours à la contrainte, à la violence est rappelée de différentes manières  dans le Coran,  y compris au Prophète Mohamed (PSL) lui-même :  » si ton seigneur avait voulu, tous ceux qui sont sur terre en totalité aurait  cru. Et quoi ! Peux-tu  contraindre les hommes  à être des croyants alors qu’il n’est donné à une âme de  croire qu’avec la permission d’Allah….. « Sourate X verset 99.

L’islam condamne le meurtre et le classe parmi les péchés majeurs, du fait que  tuer son semblable, c’est le priver de l’ensemble des droits qu’Allah a octroyés à ses créatures. C’est pourquoi, Allah a prescrit en la  matière une démarche préventive et éducative assortie des pires châtiments. A la sourate 5 verset 32 Dieu dit :  » quiconque tue une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque  sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes « .

L’homme meurtrier n’est pas humain, c’est-à-dire qu’il n’a plus les caractéristiques de noblesse inhérentes qu’Allah lui a octroyées.  » Au moment où l’homme commet un péché, la foi le quitte  » a dit le prophète Mohamed (PSL). Car l’homme n’est humain que s’il est habilité par Dieu.

La question que nous posons, est de savoir est-ce  que certaines de ces organisations ne sont-elles pas infiltrées ou  des créations judéo-chrétiennes afin de saper les grands principes de l’Islam comme le Djihad ou le Djihadisme ?  Des amalgames délibérés pour les besoins de la cause sont distillés partout  pour créer la confusion entre  terroristes, criminels, et  anarchistes  et Djihadistes. le mot djihad ou Djihadisme n’est utilisé que seulement dans un sens péjoratif.

Le concept djihad en Islam compte quatre types : par le cœur comme la condamnation de la violence, par la langue à travers les bonnes paroles, par la main à travers des écrits pour l’apaisement dans une société en crise et par l’épée dans une situation défensive contre les envahisseurs. Donc,  s’instruire est un djihad, prôner le bon comportement est djihad, être patient face aux épreuves de la vie est un djihad. Ainsi, tout bon musulman est djihadiste au sens noble du terme. Nous sommes tous des djihadistes et non des terroristes.

Chers musulmans du monde entier, la règle N°1 de la guerre est de connaitre son ennemi et de comprendre sa stratégie et sa tactique. La 2ème est d’adapter la stratégie et la tactique aux circonstances.

Ensemble, travaillons pour l’émergence d’un islam débarrassé de tous  clichés et amalgames délibérés.

Soyons fiers d’être des djihadistes et non des terroristes sans foi ni loi.

A bon entendeur, salut!

Mohamed KIMBIRI

1er Secrétaire à l’Organisation du Haut Conseil Islamique du Mali et 1er Secrétaire à la presse et à la communication de  l’AISLAM.

 

Mohamed Maky Bah, président de l’Ujmma : « Des courants religieux sont pires que la Cocaïne »

Propos recueillis par Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 7 Août 2015

Nourris d’une fausse couverture religieuse (l’islam notamment), les mouvements terroristes semblent se donner comme mission de contrôler la marche du monde.

Quelles sont les origines de ce phénomène et ses répercussions sur le Mali ? Notre société est-elle à l’abri d’une forte radicalisation ?

Pour nous entretenir de la question, nous avons approché le président de l’Union des jeunes musulmans du Mali (Ujmma), Mohamed Maky Bah, non moins influente personnalité du Groupement des leaders spirituels et du Haut conseil islamique du Mali.

Entretien !

Afribone : L’islam fait l’objet d’une attention particulière à travers le monde entier du fait de la propagation du terrorisme perpétré au nom de cette religion. Quelle est votre lecture de cette forme de criminalité qui ne semble épargner aucun pays ?

Mohamed Maky Bah : Effectivement, quand on parle de terrorisme, les gens pensent automatiquement à l’islam mais, il y a des terroristes parmi les adeptes de toutes les religions, il y a des criminels dans toutes les religions.

Tout récemment, un jeune de 18 ans a mis le mis sur une maison à Gaza, en Israël, tuant un enfant. Il a été arrêté. C’était un juif. Il y a aussi les cas, aux États-Unis, de l’affaire Charleston, en Caroline, un jeune chrétien est entré dans une église pour ouvrir le feu sur des fidèles. Neuf personnes dont un Pasteur sont morts. Ce n’était pas ici l’islam qui était en cause, hein ! Certains s’adonnent de ces basses besognes au nom même de la race.

La criminalité n’est pas liée à une religion. La forte exposition de l’islam dans cette pratique est due à la gouvernance mondiale de cette religion. C’est la gouvernance des grands pays musulmans du monde qui a détruit l’islam et l’a mis au devant de la scène sur cette pratique du terrorisme.

Quels sont ces pays, selon vous ?

Il s’agit notamment des pays du golfe (rire). Ils ont l’argent, l’islam est venu de ces pays, ils doivent prêcher la bonne image de cette religion à travers le monde. Ce sont eux, les arabes parmi lesquels sont issu le prophète (PSL), qui sont la vitrine de cette religion.

Dans nos pays, on confond islam et arabe alors que les deux sont diamétralement opposés. L’islam n’est pas la propriété d’une race. C’est ce qui n’est pas compris chez nous. Nous cherchons à imiter les arabes dans tous les domaines (comportement, langage, etc). Pour nous, c’est cela l’islam, et c’est une grave erreur.

Toute cette criminalité qu’on impute à notre religion tire ses origines dans ces pays arabes. La mauvaise gouvernance mondiale de l’islam a mis la religion dans ce trou. Il n’y a pas de coordination, pas de dialogue sincère entre les leaders religieux.

Mais pour quelle raison, selon vous, les terroristes ont endossé cette couverture religieuse ?

Les groupes terroristes qui se réclament de l’islam sont bien loin de cette religion. C’est un phénomène mondial, souvent encouragé par l’occident. C’est de l’islam politique : conquérir le pouvoir au nom de la religion. Avant que les gens ne découvrent leur logique, çà trouvera qu’ils ont atteint leurs objectifs.

Un acteur politique est prêt à tout dans sa quête du pouvoir. C’est pourquoi, des oppositions politiques peuvent se muer en oppositions armées. Les exemples sont légion à travers le monde. Voyons aujourd’hui, l’Égypte, la Tunisie, la Libye, etc. On vise par tous les moyens le pouvoir et cela sous la couverture de l’islam.

Ce sont deux tendances qui s’affrontent : les salafistes d’une part, ceux qui combattent l’islam politique d’autres part. L’une ou l’autre est liée à un pays pétrolier du golfe qui lui sert de repère. Ces pays influents du golfe, à leurs tours, sont assujettis à des pays occidentaux qui leurs servent d’alliés stratégiques.

N’est-ce pas là une raison de plus de mêler l’islam au phénomène du terrorisme ?

C’est du calcul stratégique en vu de s’imposer dans le monde. Avant le 11 septembre [2001, Ndlr], des pays représentaient « la voix de l’islam » dans le monde. Après cette date, la donne a changé. D’autres pays ont pris le leadership, à travers un islam politique. Il y a une concurrence farouche entre ces grands pays musulmans.

Pouvez-vous nous citer quelques-uns de ces pays ?

Non. Je ne vais pas trop m’aventurer parce que ce n’est pas une conférence islamique. Faites vous même votre analyse, en tant que journaliste.

Prenons seulement la situation égyptienne. Lorsque les frères musulmans sont venus au pouvoir, des de grands pays musulmans se sont réjouis parce qu’ils les avaient aidés à s’installer. Par contre, d’autres ont manifesté leur hostilité et n’ont jamais collaboré avec les Frères musulmans jusqu’à leur chute. Aujourd’hui Sissi est au pouvoir, le même monde arabe est partagé au sujet de la reconnaissance de son pouvoir. Mais ils sont tous de pays musulmans. Ces luttes d’influence n’ont rien à voir avec l’islam. C’est purement stratégique.

Nous en Afrique, surtout dans la bande sahélo-saharienne, compte tenu de notre pauvreté, ces pays viennent nous construire des mosquées et des medersas, forment nos imams. Mais ce sont des formations idéologiques qu’ils donnent à nos ressortissants. Pas islamiques.

Au Mali, où l’islam a fait son entrée il y a plus de 1000 ans, on a un islam authentique. Nous n’avons pas de problème de compréhension de cette religion. C’est une fois arrivé dans ces pays à l’islam politique qu’ils nous procurent des études idéologiques. Ils financent ensuite pour ces personnes qu’ils ont formées des ONG, assurent leur salaire. Au finish, l’apprénant devient totalement dépendant d’eux et de leurs idéaux. C’est un facteur lié au chômage de la jeunesse.

Donc la diversité de ces courants d’idées participe à l’animation de l’islamisme dans nos pays ?

Ce n’est pas propre au registre religieux. Notre pays comme un marché où toutes les pratiques sont permises. J’ai discuté avec un responsable politique qui m’a dit que nous responsables religieux ont importé toutes sortes d’esprits, je lui ait rétorqué que la même accusation était valable pour la classe politique.

Nous avons des acteurs politiques qui coopèrent avec toutes les courants d’idées dans le monde. Nous avons ceux qui pactisent avec la France, certains se disent libéraux où socialistes, il y en a qui travaillent avec le Venezuela, Cuba, la Russie. Ils sont dans tous les réseaux mondiaux et on trouve le reflet de toutes ces politiques dans notre pays.

C’est pareil pour nous responsables religieux. Que ce soit l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Égypte, le Bahreïn, l’Iran, etc., tous ces pays ont des politiques et des pratiques de l’islam propres à eux. Tous ces pays viennent à la recherche d’adeptes chez nous et nous nous montrons récepteurs de toutes ces idéologies. Cela crée une division dans notre société alors qu’eux-même vivent leur vie normalement.

Quel enseignement retient-on de l’histoire de la religion et sa pratique de guerre sainte (le jihad) ?

Le « Jihad » ne veut nullement dire tué quelqu’un. Le mot Jihad signifie effort. C’est le mot « Kital » qui veut dire bataille. Aujourd’hui, le Mali est à 95 % musulmans mais cet exploit n’est pas le résultat d’une épée. C’est la résultant de l’effort de personnes pacifistes. C’est ce qu’on appelle l’islam Soufi, l’islam authentique, l’islam tolérant. Le comportement du fidèle incite les gens à adhérer la religion.

De grandes familles au Mali comme celles des Cheickna Hamala, Cheick Oumar Tall, Oumou de Dily, elles font nourrir des centaines de personnes. Ces personnes étaient sociables et solidaires.

L’histoire nous enseigne que Dieu a bien dit au prophète (PSL) que s’il était une personne méchante, il n’aurait eu aucun fidèle. C’est le comportement du prophète qui a fait et fera prospérer cette religion. L’islam est une religion pacifique, une religion de tolérance. Des criminels peuvent y adhérer mais cela ne fait pas de l’islam une religion de criminels.

Toutes les guerres qui ont eu lieu au nom de l’islam l’ont été au titre de la légitime défense. Le prophète a été maltraité à la Mecque et contraint à se réfugier à Médine pendant huit ans. C’est au nom de la religion, qui est un droit, qu’il s’était réfugié. Lorsque que ses adversaires ont voulu l’atteindre la-bas, Dieu lui ordonna de se défendre. Cela a donné lieu à la première bataille de l’islam, communément appelé la bataille de Badr. Après avoir eu le succès, il a dit à ses détracteurs : « Pratiquez votre religion, je pratiquerai la mienne ». Quelle autre preuve de liberté de culte y a-t-il au-delà de ces mots ? Ce que nous voyons de terrorisme dans le monde aujourd’hui n’a rien de religieux.

Depuis des années, le Mali est soumis à une crise sociale et sécuritaire dont les ficelles sont également tirées par les islamistes. Quelles informations pouvez-vous donnez aux maliens pour la compréhension du phénomène qui est le nôtre ?

Nous appelons seulement le gouvernement à assumer ses responsabilités. Les institutions de la République ont été trop affaiblies pendant les vingt années de la démocratie. On a vue une apparence d’État qui marchait mais il était trop infecté de par sa base. Ce qui a entraîné son effondrement. Les politiciens ont mal gouverné le pays pendant ces vingt ans. Ils n’ont rien prévu dans l’aspect sécuritaire, encore moins dans celui religieux.

Les pays les plus puissants du monde n’ont pas marginalisé la religion. J’ai quitté les États-Unis récemment dans le cadre d’un programme de leadership et dialogue interreligieux. Dans leur politique de gouvernance, les religieux occupent toutes les rôles qui les reviennent de droit. C’est pareil pour tous les grands pays. Les religieux sont encadrés pour bien assurer leur mission dans le respect de la laïcité.

Au Mali, nous sommes promptes à reconnaître toute sorte de culte, en y offrant même des récépissés. Ils ont des facilités pour ouvrir des mosquées et des radios pour prêcher toutes sortes d’idéologie. Il y a des courants religieux qui sont pires que la Cocaïne. Le gouvernement a tout autorisé.

Faut-il donc craindre un radicalisme religieux au Mali ?

L’islam naturel que nous avons réprime l’extrémisme. Mais si le gouvernement continue dans son rôle de spectateur, il faut craindre la menace. Tout mouvement armé a une branche politique. Des cellules dormantes de ces groupes armés sont un peu partout au Mali. C’est bien connu mais rien n’est fait pour y mettre un terme. C’est cela le désastre.

On nous dit que la communauté internationale est avec nous mais le résultat sur le terrain, c’est zéro. Minusma, Barkhane, Eutm, on ne sait pas dans quel cadre ces forces travaillent. Il en est de même pour nos propres services de sécurité. Ce qui se passe en ville et dans les mosquées dépassent l’entendement. C’est comme si nous n’avions pas connu de crise. Cette période devrait nous servir de leçon pour refonder notre système de gouvernance.

Par ailleurs, nous avons une pratique sociale positive qui a tendance à jouer contre nous : toute initiative marquée du sceau de la religion est respectée par nos autorités. Des chefs religieux ont abusé de cette mansuétude pour porter une couverture religieuse à leurs actions repréhensibles.

Comment les leaders religieux, eux-mêmes, œuvrent-ils pour circonscrire cette situation ?

Les leaders religieux font ce qu’ils peuvent mais ils sont partagés entre divers sensibilités. Dans un pays en crise, il est indispensable que le gouvernement joue son rôle d’arbitre. Nous devons avoir une politique de gouvernance sur laquelle chacun est censé se fier. Les cellules dormantes dont je fais allusion sont animées par des chefs religieux. Il y en aurait parmi nous qui ne veulent pas que la situation se rétablisse.

Un dialogue est nécessaire entre les leaders religieux et les autorités afin de mettre la République au dessus de tout. C’est ce dialogue qui n’a pas pu s’instaurer à présent. Chacun essai de se positionner en fonction de ses intérêts.

Les partis islamiques qui se trouvent dans les pays arabes ont tous implantés des cellules au Mali. A l’époque, nous avons dit qu’un partenariat entre un parti politique et une mosquée était contre-nature. La logique voudrait que ces partis islamiques collaborent avec d’autres partis politiques au Mali mais pas avec les associations islamiques et les mosquées. Que ce soit les Frères musulmans, Ennahda, etc., ils sont tous là. C’était bien qu’ils collaborent avec nos partis politiques.

Quelles sont les dispositions nécessaires pour y mettre fin ?

Nous avons proposé au gouvernement un dialogue sur la question. Mais la proposition n’a pas été prise en compte. Nous l’avons proposé entre nous religieux, elle a été rejetée. D’autres nations s’inspirent de la crise malienne pour tirer des leçons afin d’améliorer leurs gouvernances. Le Sénégal a tenu récemment une conférence sur la paix. Le Maroc a fait de même. Nos imams sont en formation au Maroc sur l’islam tolérant mais l’initiative est née de la crise malienne. Et nous en tant que maliens, nous ne faisons rien. Nous n’avons rien tiré comme leçon de cette crise.

Quel est le rôle des religieux dans le maintien de la paix et la stabilité ? Il faut un échange qui fera ressortir des recommandations pertinentes.

 

 

 

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