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Ousmane Sy, les élections et les mosquées

by sur 20 août 2015

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Ousmane Sy, le père de la décentralisation malienne, ne pratique pas la langue de bois dans l’interview qui a accordé à l’Indépendant la semaine dernière.

Que ce soit en matière d’organisation des élections ou sur l’intégrisme islamique qui envahit les mosquées maliennes.

Un bel exemple de courage politique…

L’ex-ministre Ousmane Sy à propos de la sortie de crise : « Les prochaines élections sont une étape urgente pour un retour à la normalité » 

Bruno D SEGBEDJI – L’indépendant du 17 août 2015

Pour l’ancien ministre de la Décentralisation et de la ville, Dr Ousmane Sy, le Mali n’est pas encore un pays  « normal  » pour vouloir aller à ce que le président de la transition, Pr Dioncounda Traoré avait appelé des « élections cinq étoiles « , c’est-à-dire des opérations électorales totalement satisfaisantes.

Il faut, à le croire,  résolument expliquer à toute la classe politique que ces élections urgent et ne sont qu’une étape par laquelle il faut passer rapidement pour renforcer la sortie de crise.

Au moment où des voix s’élèvent pour contester l’agenda électoral du gouvernement pour la tenue des communales et régionales le 25 octobre prochain, l’ancien ministre Ousmane Sy rappelle, lui, qu’il est de ceux qui avait vigoureusement milité pour la tenue de ces élections juste après la présidentielle et les législatives de 2013.

Il a explique que les Maliens doivent comprendre que le Mali est jusqu’à aujourd’hui un pays en guerre. Et, il n’est pas normal de vouloir des conditions idéales de sérénité avant d’aller aux urnes pour donner plus de légitimité aux représentants des populations.

Et M. Sy de rappeler que durant la transition, il a accompagné le président Dioncounda Traoré, qui disait à tous ses interlocuteurs qu’il ne fallait pas attendre des élections 5 étoiles au Mali et qu’il fallait aller aux urnes le plus rapidement possible. De la même façon, indique-t-il, après la signature de l’Accord, il urge d’asseoir une base de légitimité par une gouvernance locale issue des urnes.

Pour lui, il est important que le gouvernement explique à la classe politique et à la société civile que « ces élections sont une étape urgente pour renforcer la sortie de crise « . Avant d’ajouter que le plus important c’est que partout où il y a des Maliens, qu’il y ait des élus qui puissent parler légitimement en leur nom. Cela est parfaitement possible. Je ne dis pas qu’il faut nécessairement être aux urnes le 25 octobre prochain, mais il faut y aller dans les meilleurs délais. Et les forces internationales doivent nous y aider.

Par ailleurs, concernant la recrudescence des attaques terroristes poussant certaines personnes à plaider pour un dialogue avec les Iyad Ag Ghaly et autre Amadou Kouffa, Ousmane Sy rejette une telle analyse. «Le projet terroriste et jihadiste de ces individus ne concerne pas que le Mali, mais il va au-delà de notre pays. C’est pourquoi ces criminels ont donné aujourd’hui le nom d’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) à Boko Haram et ses groupes alliés… Alors sur quelle base négocier avec ces criminels. Seuls, nous ne pouvons pas faire face à ces gens ; il faut que la communauté internationale se résolve à donner la réponse qu’il faut à ces terroristes et autres narcotrafiquants».

Pour revenir à la crise malienne, l’ancien ministre exhorte les Maliens à valoriser la diversité légendaire de ce grand peuple, au lieu de la considérer comme une menace.  « La question de l’unité nous a tellement hanté que toute expression de la diversité est vue comme une menace. Et elle nous rattrape à chaque fois. Le Mali a connu 3 coups d’Etat militaires et 4 rébellions armées en 55 ans d’indépendance. Cette instabilité annihile tous nos efforts de développement »,a-t-il déclaré.

Avant d’appeler les gouvernants à des réformes en profondeur. « Le statu quo est intenable. Nous ne pouvons qu’avancer vers les changements attendus « , a-t-il conclu.

L’ex-ministre Ousmane Sy à propos de la dégradation de la situation sécuritaire : « Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais de subversion et de déstabilisation… »

Bruno SEGBEDJI – L’Indépendant du 15 août 2015

Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé hier jeudi 13 août, dans ses bureaux de Consultant sur les questions de gouvernance, l’ex-ministre de la Décentralisation et de la ville, Ousmane Sy, jette un véritable pavé dans la mare en épinglant l’islamisme religieux comme un élément menaçant pour la sécurité commune.

« Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion et même de déstabilisation du pays ». Il n’a pas occulté les récentes attaques qui  « étaient  prévisibles, après la signature de l’Accord isolant les vrais ennemis de la paix ». Avant de plaider pour un renforcement des services de renseignements. « Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile », a-t-il souligné.

Pour cet expert en analyse stratégique des questions de gouvernance en Afrique, la dégradation générale du climat sécuritaire dans le pays, ces derniers jours, avec notamment la tentative de prise d’otages de Sévaré, les attaques terroristes de Baguinéda et d’ailleurs, il y a lieu de se poser des questions.

Il a indiqué que «les forces de défense et de sécurité du Mali ont été sorties de leur rôle depuis le coup d’Etat de 1968. Elles se sont politisées, clanisées et devenues partisanes». Du coup, dira-t-il, ces forces, qui devraient être républicaines, ont été plus ou moins détournées de leurs missions exclusives…

Ousmane Sy a touché du doigt le cas des services de renseignements. «Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile», a-t-il souligné. Et d’ajouter que la détérioration actuelle de la situation sécuritaire était pourtant prévisible. Il fallait donc un renforcement des capacités des renseignements notamment vers les milieux religieux, puisque l’on parle de plus en plus de cellules dormantes du terrorisme islamiste ou jihadiste.

«Pour le moment, j’ai l’impression que nos renseignement ne fonctionnent pas à hauteur de souhait». Et de s’interroger à titre d’exemple : «Combien de mosquées existent-elles aujourd’hui à Bamako? J’ai l’impression que l’Etat ne le sait pas. Certaines mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion ou même de déstabilisation du pays. Nous devons nous ressaisir. Personne ne peut venir nous apprendre l’islam…», a-t-il dénoncé.

Ousmane Sy

Et l’ancien mùinistre de mettre l’accent sur la nécessité des réformes en profondeur au sein de la gouvernance. Des réformes du secteur de sécurité, comme prévu dans l’Accord, des réformes constitutionnelles et institutionnelles, des réformes économiques et sociales. «La soif de changement est très grande chez nos compatriotes surtout chez les jeunes. Nous devons y aller rapidement, de notre propre vouloir. Si non, ces réformes s’imposeront à nous. Le monde ne nous attendra pas!», a-t-il conclu.

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