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25 octobre : la grande peur

by sur 24 août 2015

L’organisation des élections locales, déjà reportées trois fois, posent toujours autant de questions.

Le moins qu’on puisse dire c’est que ces élections ne sont pas du goût de tout le monde, mais pour des motifs extrêmement différents.

A la loupe : La peur du 25 octobre

 Cheick TANDINA – Le Prétoire du 24 aout 2015

Prévues depuis longtemps mais reportées plusieurs fois, les élections communales et régionales sont censées enterrer définitivement la période de transition politique au cours duquel le président de la République a été élu, de même que les députés. Ce qui a permis au pays d’avoir des institutions plus crédibles et légitimes car issues d’élections populaires.

Les élections communales et régionales sont censées également marquer le point de départ d’un Mali nouveau embarqué dans une nouvelle phase du processus de décentralisation. Pour justifier leurs nombreuses demandes de report, les partis politiques avaient, entre autres, demandé et obtenu du gouvernement des gages d’un scrutin crédible.

A cet effet, un fichier électoral, élaboré sur la base du Recensement administratif à vocation d’état-civil, a été établi. Le financement des opérations électorales a été bouclé. Les acteurs électoraux sont préparés. Les populations réfugiées ont été visitées et consultées dans leur site d’accueil.

Les autorités des pays dans lesquels elles se trouvent ont été informées. Bref, toutes les conditions techniques et financières sont réunies pour que ces élections se tiennent à la date prévue.

Populations réfugiées ou déplacées

Mais apparemment, ce 25 octobre n’est pas du goût de tout le monde. A commencer par la Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA qui évoque justement le problème des populations réfugiées ou déplacées. Ceci ne saurait être une excuse valable, car c’est presque dans ces conditions que la présidentielle et les législatives ont été organisées en 2013.

A l’époque, il y avait beaucoup moins de personnes réfugiées ou déplacées qu’aujourd’hui. En réalité, le seul problème de la CMA, c’est que le gouvernement a fixé la date du 25 octobre sans l’avoir consultée auparavant. Depuis qu’ils ont traité d’égal à égal avec les plus hautes autorités maliennes, les groupes rebelles entendent être associés à toute grande décision. Comme celle touchant des élections qui sont censées être le point de départ de la nouvelle politique de décentralisation avant la mise en œuvre du nouveau découpage territorial.

Mais les populations du nord, dans cette phase de régionalisation, gagneraient beaucoup à l’organisation, le plus tôt possible, des élections de proximité afin de doter les régions et les communes d’organes crédibles. De plus, la mise en œuvre correcte de l’Accord de paix signé le 20 juin ne peut être efficiente sans la nouvelle forme d’administration demandée par ses signataires.

La CMA peut donc faire l’économie de son folklore et aller le plus tôt possible aux élections. Autrement, elle donnerait raison à tous ceux qui sont en train de croire que ses responsables n’ont négocié que pour des privilèges individuels.

L’insécurité

Concernant les responsables politiques, ils cachent bien mal leur jeu. Pour justifier leur nouvelle demande de report, ils évoquent l’insécurité et la difficulté pour eux de battre campagne. Mais ils disent aussi que ce sont des élections de proximité, c’est-à-dire des élections au cours desquelles les candidats et les électeurs vivent ensemble dans la même circonscription. Nul n’est alors besoin de parcourir des kilomètres pour raconter sa vie. Candidats et électeurs se connaissent et vont s’apprécier sur cette base.

De plus, pour ce qui est du nord et du centre, la sécurité est assurée par les forces maliennes, onusiennes et françaises. Et ce n’est pas à cause des élections que les actes de terrorisme ou de banditisme vont se multiplier. Cette insécurité qu’évoquent les acteurs politiques ne va pas cesser du jour au lendemain. Au contraire, elle durera tant que l’accord du 20 juin n’est pas mis en œuvre.

En réalité, la seule crainte des acteurs politiques responsables de demande de report, c’est la nouvelle composition du paysage politique. Un haut cadre de l’Adema que son parti ne sera pas triché même si les élections se tenaient en octobre, et qu’il restera la plus grande force politique, en termes d’élus locaux.

Or, depuis qu’IBK a remporté la présidentielle, il y a eu une véritable ruée vers son parti, le RPM qui dispose aujourd’hui d’une majorité écrasante et  humiliante à l’Assemblée nationale. Les élections locales peuvent connaitre la même issue, avec un parti présidentiel qui confortera sa position de parti majoritaire en raflant la quasi-totalité des sièges en jeu. Alors, ils  ne sont certainement pas pressés de voir se tenir ces élections qui risquent de les dépouiller de leurs derniers restes.

 

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