Partis politique Mamadou Diamoutani president ceni Hadi traore gouverneur bamako sada samake ministre interieur securite

Apres la société civile dans la matinée, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Idrissa Maiga, a poursuivi les consultations autour de l’organisation des élections communales et régionales couplées. Hier après-midi, ce fut le tour des partis politiques de se prononcer sur l’organisation de ces scrutins.

Jusque là, il n’y a pas eu de propositions contraires à la décision du gouvernement de tenir le délai du rendez-vous électoral, a souligné le ministre Maïga dans son propos préliminaire, précisant que le gouvernement sait que la démarche est risquée, mais réalisable. Abdoulaye Idrissa Maïga a souligné les risques encourus si toutefois les élections sont (encore une fois) reportées. « Le déni de droit doit-il perdurer ? Peut-on suspendre la loi pour quelques communes en difficulté (sécuritaires) ? N’y a-t-il pas de solutions ? La léthargie doit-elle continuer ? ». Pour le ministre Maiga, les pièges sont évidents. La crédibilité de l’Etat du Mali est en jeu, a estimé celui qui place les échanges sous le sceau de la responsabilité de tous et à tous les niveaux.
Quel sera le sort d’un report, si cela n’est pas encadré par la loi ? Les conseillers qui sont en place depuis un septennat au lieu d’un quinquennat doivent être renouvelés, a insisté Abdoulaye Idrissa Maiga qui estime que les multiples reports sont contreproductifs. Les partis politiques sont-ils tous de cet avis ? Assurément non. La question divise, y compris dans les rangs de la majorité présidentielle.
Tour à tour, la Délégation générale au élections et la CENI se sont prononcées sur la question. Le président de la DGE fera remarquer que tout le travail technique est fait. 7 140 857 électeurs, dont plus de la moitié constituée de femmes, sont repartis entre 21 471 bureaux de vote. Son homologue de la CENI qui confirme les chiffres, a déploré que le dépôt des listes de la région de Kidal n’ait pas été supervisé par sa structure.
La majorité des leaders des partis politiques présents à la rencontre ont plutôt plaidé pour un nouveau report des scrutins. L’organisation des élections est du ressort exclusif de l’Etat, a souligné le représentant du RPM qui propose une dissociation des élections communales et régionales et envisage la possibilité d’installer des délégations spéciales au cas où les élections ne se tiennent pas avant 2016. Cette série de propositions du parti majoritaire a suscité de vigoureuses réactions. Les premières sont venues du MPR qui s’étonne des propos du représentant du RPM, étant donné que le parti du Tisserand était signataire d’un document proposant le contraire.
Les élus du Nord, par la voix d’un élu de Goundam, soutiennent mordicus que des élections ne doivent pas être tenues dans les conditions de sécurité actuelles. « C’est de la mascarade », a martelé cet élu qui constate que les représentants de l’Etat ne sont pas sur place et que, par conséquent, le Nord du pays n’est pas encore gouvernable. « Personne ne peut aujourd’hui quitter Goundam pour Tombouctou », a argumenté l’élu de Goundam.
Les partis de l’opposition abondent dans le même sens. Mettant en avant les raisons sécuritaires, ils soutiennent le report des élections. Pour eux, les conditions ne sont pas réunies parce qu’il est inutile d’aller à ce rendez-vous électoral. Pour l’URD, les mobiles qui ont prévalu aux reports antérieurs prévalent encore. Le parti de la poignée de main est favorable à la prorogation du mandat des élus locaux jusqu’au jour où la sécurité deviendra une réalité sur le terrain.
Les craintes liées à la sécurité font le tour de la table. D’autres voix se sont levées pour dire au ministre qu’il est du devoir de l’Etat de prendre ses responsabilités en décidant de l’opportunité d’organisation des élections. Le représentant de l’Union pour le développement du Mali (UDM) s’est dit prêt à aller aux élections, malgré le vent de protestation.
Les conséquences budgétaires des différents reports sont nombreuses. C’est justement pour minimiser les dégâts et éviter l’ostracisme, que le patron de la DGE met sur la table une nouvelle proposition : l’organisation d’élections séquentielles en trois temps. La première vague comprendrait les régions du sud et du centre, la deuxième les régions de Gao et de Tombouctou et la troisième la région de Kidal et le district de Bamako.
Apres avoir écouté les partisans du report (partis de la majorité présidentielle et de l’opposition) et ceux qui sont favorables au maintien de la date (les partis du centre), le ministre Maiga a expliqué que son objectif était d’écouter tous les courants politiques en vue d’un examen approfondi. En attendant la décision du gouvernement, le ministre a décidé de poursuivre la préparation du scrutin pour éviter que l’Etat soit en faute dans l’organisation électorale. « On ne peut pas rester sans délai » car cela élargit « la marge d’erreur », a analysé Abdoulaye Idrissa Maiga.
A la date 10 septembre à minuit, date limite des dépôts des candidatures, 3 324 candidats (dont 100 indépendants) se sont déclarés à travers le pays. Exception remarquée de la région de Tombouctou et d’une partie de la région de Kidal. Pour les régionales, 18 partis politiques ont présenté un total de 35 listes.