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Le Burkina bouscule le Mali

by sur 19 septembre 2015

A Bamako, on  regarde d’un oeil inquiet ce qui se passe au Burkina Faso. D’abord parce que ce pays voisin possède plusieurs centaines de km de frontières communes, que des liens se sont tissés entre les populations, et aussi que des troupes burkinabé sont engagées au Mali au sein de la Minusma.

Mais aussi parce qu’un coup d’Etat renversant le processus démocratique en cours de finalisation ne rappelle pas que de bons souvenirs de ce côté ci de la frontière. Bien sûr l’histoire se répète rarement, mais parfois elle bégaye.

C’est le général Gilbert Dendiéré, un compagnon d’armes et fidèle de l’ancien président Blaise Compaoré destitué, qui a pris le pouvoir, à un mois des élections présidentielles. Il commandait la garde prétorienne de Blaise Compaoré (le Régiment de Sécurité présidentielle, RSP).

Il avait pourtant été ménagé par le régime de transition démocratique et a pris le pouvoir deux jours après que le président de la commission de réconciliation nationale, Mgr Paul Ouedraogo, ait remis son rapport au premier ministre; un rapport qui semble avoir recommandé la dissolution du RSP.

Il a également fomenté son coup d’Etat le jour où, après plusieurs mois d’attente, allaient être révélés les résultats de l’enquête sur l’assassinat du capitaine Sankara, dans lequel il est fortement soupçonné d’avoir joué un rôle ainsi que dans celui du journaliste Zongo…

Si le président de la transition Michel  Kafando n’est plus l’otage des putschistes, il semble néanmoins en résidence surveillé dans le palais présidentiel; en revanche on n’a aucune nouvelle du premier ministre, le colonel Isaac Zida, ex-numéro 2 du RSP, dont l’assassinat a même été annoncé mais non confirmé.

2015-09-18 Coup d'Etat BF

Une image des négociations fournie par le service de la présidence du Sénégal : (de g. à d.) colonel Alassane Moné, du ministère de la Défense ; général Zagré Pingrenoma ; Monseigneur Paul Ouedraogo ; Jean-Baptiste Ouedraogo, ancien chef d’Etat burkinabè (Service communication de la présidence sénégalaise).

Communiqué du gouvernement du Mali sur la situation au Burkina Faso

19 septembre 2015 à 13h50  

Le Gouvernement de la République du Mali suit avec une profonde préoccupation les événements en cours au Burkina Faso depuis le 16 septembre 2015.

Le Gouvernement du Mali réaffirme son adhésion pleine et entière aux pertinentes dispositions et aux déclarations de l’Union Africaine et de la CEDEAO en ce qui concerne toute prise de pouvoir par la force.

Le Gouvernement du Mali lance un appel à tous les acteurs pour qu’ils s’engagent résolument dans la voie du dialogue politique interne pour sauvegarder les acquis et mettre le Peuple frère du Burkina Faso a l’abri de bouleversements hautement préjudiciables a la paix et à la stabilité sociales.

Le Gouvernement de la République du Mali salue et appuie les initiatives entreprises par le Président en exercice de la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies dans le cadre de la recherche d’une solution conforme aux intérêts du peuple frère du Burkina Faso et préservant la paix et la stabilité de la sous-région.

Bamako, le 19 septembre 2015

Burkina Faso: des doutes sur la liberté de mouvement du président

Par RFI Modifié le 19-09-2015 à 06:40

Michel Kafando Pdt intérimaire BF

Michel Kafando est libre de ses mouvements, a assuré le chef des putschistes au Burkina Faso. Ambiance particulière autour du palais présidentiel, où le président de la transition burkinabè a, semble-t-il, pu recevoir quelques personnes vendredi 18 septembre 2015.

« Michel Kafando a été libéré et il se trouve dans sa résidence officielle. » C’est par ces mots que le général Gilbert Diendéré, chef des putschistes, a annoncé la libération de celui qui était encore, il y a quelques jours, le président de la transition du Burkina Faso. La résidence officielle, c’est la résidence réservée au chef de l’Etat, située à quelques pas du palais présidentiel et hautement protégée par les éléments du Régiment de sécurité présidentielle.

Seuls quelques privilégiés ont pu voir Michel Kafando depuis l’annonce de sa libération par le général Dienderé. « Le président Michel Kafando est là. Il reçoit beaucoup de monde », nous a répondu l’un de ses proches. Mais toutes nos tentatives pour approcher le président Michel Kafando sont restées vaines. Au téléphone, notre interlocuteur explique pourquoi Michel Kafando ne peut pas nous recevoir : « J’ai transmis votre message au président Kafando. Il est fatigué et doit se reposer. Il vous recevra en fonction de son emploi du temps. »

Dans un communiqué, Chérif Sy, le président du Conseil national de la transition, affirme que « Michel Kafando serait placé en résidence surveillée dans l’appartement qu’il occupait jusque-là », malgré les déclarations du nouvel homme fort de Ouagadougou. S’il y a des incertitudes sur la mise en liberté totale de Michel Kafando, ce n’est pas le cas pour ses ministres. « Ils sont tous en liberté. Nous les avons conduits à leur domicile », nous a confié un proche du général Diendéré

Burkina Faso: une longue nuit de négociations

Par RFI Modifié le 19-09-2015 à 04:1

Alors que l’Union africaine a annoncé que le Burkina Faso est désormais suspendu de toutes les instances au sein de l’organisation, le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, et le président du Bénin, Boni Yayi, sont à Ougadougou pour tenter une médiation. Ils doivent rencontrer tous les acteurs de cette crise : société civile, partis politiques, autorités de la transition, ainsi que les pustschistes.

Habituellement si riche et énergique, Ouagadougou est une ville éteinte. On lit sur le visage des rares passants la peur, l’inquiétude. Au loin, on peut apercevoir de longues colonnes de fumée. Ce sont des pneus que les manifestants opposés au coup d’Etat brûlent pour bloquer les rues. On entend également des tirs sporadiques d’armes automatiques, émanant, selon des témoins, d’éléments du Régiment de sécurité présidentiel, à l’origine du putsch du 16 septembre. Celui-ci veut éloigner la foule.

Macky Sall multiplie les rencontres

Cette crise burkinabè se joue aussi dans la suite 1006 de l’hôtel Laïko, suite où le président Macky Sall a engagé des concertations dès son arrivée.

La crainte des médiateurs, Macky Sall et Boni Yayi, c’est que la décision de l’Union africaine, intervenue dans la soirée, de suspendre le Burkina Faso et de sanctionner les putschistes, froisse ces derniers et complique des discussions déjà complexes, dit-on dans l’entourage du président sénégalais.

Car si cette décision était prévisible, la volonté de l’UA de revenir à un statu quo ante, c’est-à-dire à un retour de tous les organes de la transition, ce qu’exige la société civile burkinabè, notamment le Balai citoyen, paraît bien difficile à négocier pour le moment.

La seconde annonce, les sanctions, pourrait également radicaliser leurs positions alors que la tension est forte. Une délégation du Conseil national de transition est toujours en audience, à huis clos avec le président Macky Sall à l’hôtel Laïko. La classe politique sera ensuite reçue. Des cadres du CDP sont présents, et ont réagi à la décision de l’UA : « Cela ne change rien », a dit l’un d’eux. Des membres de la société civile venus à l’hôtel sont pour le moment repartis. Le couvre-feu en vigueur entre 19h et 6h du matin compliquent les déplacements mais ne posera sans doute pas de problème au CND et à son chef qui sera la dernière personne reçue par Macky Sall.

Plus tôt dans la journée, autour d’une grande table en bois étaient réunis Jean-Baptiste Ouédraogo, l’ancien président, Mgr Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo Dioulasso, le général Zagré, chef d’état-major des armées, ainsi que les représentants de la Cédéao, de l’Union africaine et des Nations unies, qui ont suivi le coup d’Etat depuis deux jours. Le président sénégalais souhaitait un point de situation.

Puis la société civile devait être entendue à son tour. Le mouvement du Balai citoyen exige un retour de la transition présidée par Michel Kafando. Mais ses membres vivent cachés, ils ne se sentent pas en sécurité.

Ce simple rendez-vous avec la présidence présente des risques, selon Me Guy Hervé Kham, porte-parole du Balai citoyen : « Cela comporte des risques, nous l’avons signifié aux autorités, parce que nous savons que l’hôtel est occupé par des éléments du régiment de sécurité présidentiel, et nous avons signifié à nos futurs que cela pouvait représenter un danger, et assurance nous a été donnée. Nous sommes là. On ne sait pas ce qui va se passer sur le chemin du retour. Nous avons les partenaires des amis du Burkina qui sont là. Nous leur disons de faire respecter l’ensemble des instruments qui régissent le fonctionnement des institutions. »

Les messages à Macky Sall des partis l’ex-opposition

Par la suite, une autre entrevue est prévue avec Chérif Sy, président du parlement de transition. Et enfin avec l’homme dont tout le monde parle ici, celui qui a en personne accueilli Macky Sall à l’aéroport à la mi-journéele général Gilbert Diendéré, chef du Conseil national pour la démocratie (CNT). Autant dire que la nuit s’annonce très longue pour les négociateurs et très compliquée car les divergences sont immenses.

De leur côté, les partis politiques de l’ex-opposition à Blaise Compaoré se sont concertés hier et aujourd’hui. Ils réclament de nouveau le rétablissement des institutions de la transition, l’arrêt de la répression et des attaques menées contre les médias par le RSP. Tel est le message qu’ils ont prévu de transmettre au président sénégalais Macky Sall.

« Le président Macky Sall a été le facilitateur qui a permis l’élaboration d’une charte de la transition, rappelle Benewendé Sankara, candidat au scrutin du 11 octobre pour le parti UNIR-PS. Concrètement, nous souhaitons que Macky Sall arrive à convaincre les militaires que leur place n’est pas au coeur de la présidence du Faso. Leur place n’est pas d’attenter à la charte de la transition, au traité de la Cédéao et à la charte de l’Union africaine. Je ne pense pas que l’on puisse être complice de ceux qui portent atteinte à l’ordre constitutionnel . Je me dis que Macky Sall ne va pas être complice de cela. Il est très attaché à la démocratie, il connaît bien sûr les règles démocratiques qui gouvernent la paix et la cohésion sociale pour ne pas créer une injustice dans une injustice. »

Gilbert Diendéré

Le général putschiste burkinabè Gilbert Diendéré

Burkina Faso: où est passé Blaise Compaoré?

Par RFI Modifié le 18-09-2015 à 20:30

Son nom est sur toutes les lèvres ces derniers jours. Quel rôle a bien pu jouer Blaise Compaoré dans le coup d’Etat au Burkina Faso ? L’ancien président burkinabè, en exil suite à l’insurrection d’octobre 2014, est officiellement établi en Côte d’Ivoire. Il observe une certaine discrétion, alors que les esprits sont spontanément tournés vers lui, le général Gilbert Diendéré, l’auteur du coup d’Etat, étant un « frère d’armes ». De sources concordantes, Blaise Compaoré aurait suivi les événements depuis le Maroc.

Où était Blaise Compaoré au moment du putsch ? Certains médias l’ont d’abord annoncé à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. C’est son lieu d’exil depuis un peu moins d’un an. Puis, les regards se sont tournés vers Brazzaville, mais la rumeur a été rapidement démentie par les autorités congolaises.

« L’information selon laquelle Blaise Compaoré serait arrivé à Brazzaville n’est pas avérée », affirme une source gouvernementale. « Aucun dirigeant du Burkina Faso n’a jamais mis les pieds chez nous », insiste cet interlocuteur.

De sources bien informées, dans les milieux diplomatiques et dans l’entourage de l’ancien président, Blaise Compaoré serait toujours à Rabat, au Maroc, où il a été hospitalisé à la mi-juillet. Selon nos sources, Blaise Compaoré, presque guéri, s’apprêtait à quitter le pays. Mais l’ancien président a dû remettre ce projet à plus tard à cause du coup d’Etat.

Est-il en lien, avec son ancien bras droit, auteur du putsch? Sur nos antennes, le général Gilbert Diendéré dément. « Blaise Compaoré n’est pas au courant de ce que l’on a fait, je ne l’ai pas contacté, ni avant, ni après » le coup d’Etat, assure le général Diendéré.

Dans sa situation, Blaise Compaoré est réduit pour le moment au silence. Et comme l’indique une source occidentale à propos de la position de Rabat, « tant que vous restez discret, et qu’il n’y a pas de relation avec les putschistes, les Marocains sont arrangeants ».

Burkina : le putschiste Diendéré s’installe au pouvoir, le président de transition libéré

(c) Par la rédaction de maliactu.net – 18 septembre 2015

Au lendemain du coup d’État au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré, nouvel homme fort du pays et fidèle de l’ex-président Compaoré s’employait vendredi à asseoir son pouvoir et multipliait les gages de bonne volonté, ordonnant la réouverture des frontières après avoir libéré le président renversé.

Le chef des putschistes devait rencontrer dans la journée le président sénégalais Macky Sall, dirigeant en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), et son homologue béninois Thomas Boni Yayi, dans la capitale burkinabè où la nuit a été calme, le couvre-feu imposé par les putschistes n’ayant pas été bravé.

Macky Sall a atterri vendredi vers 13H30 (locales et GMT) à Ouagadougou, mais il s’est refusé à toute déclaration. Le président sénégalais avait été l’émissaire de la Cédéao lors du soulèvement populaire qui en octobre 2014 avait chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré, après 27 ans à la tête du pays. Et M. Boni Yayi était le médiateur désigné par la Cédéao pour les élections présidentielle et législatives qui étaient programmées le 11 octobre et devaient clore la période de transition ouverte avec la chute de l’ex-président.

« En signe d’apaisement », le nouveau régime a libéré jeudi soir le président du régime de transition Michel Kafando et deux de ses ministres, séquestrés aux premières heures du coup d’État mercredi après-midi par les soldats du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP). Ces libérations étaient réclamées par la communauté internationale, qui a fermement condamné le putsch.

Toutefois, le Premier ministre et lieutenant-colonel Isaac Zida demeurait « en résidence surveillée », a annoncé à la presse le général Diendéré.

Le nouveau régime a également annoncé la réouverture des frontières terrestres et aériennes vendredi à 12H00 locales et GMT, 24 heures après les avoir fermées.

Dans la matinée, le général Diendéré avait déjà convoqué les secrétaires généraux des ministères pour leur demander d’assurer la continuité de leur mission. La veille, il avait rencontré des diplomates en poste à Ouagadougou.

Dans la capitale, les hommes du RSP ont de nouveau ouvert le feu vendredi pour disperser un attroupement place de la Révolution, qui avait concentré la plupart des manifestations d’octobre 2014.

De nombreux magasins restaient fermés et les rues peu fréquentées.

Les soldats avaient tiré jeudi pour disperser les attroupements, faisant au moins trois morts et une soixantaine de blessés, selon une source hospitalière.

Le président de l’Assemblée du régime renversé Cherif Sy a continué d’appeler la population à la mobilisation, tout comme le mouvement « Balai citoyen », en pointe dans le soulèvement populaire contre M. Compaoré l’an dernier.

« Il y a une condition qui est non négociable, c’est le départ de Diendéré », a déclaré vendredi l’AFP le porte-parole des organisations de la société civile, Me Guy-Hervé Kam, appelant à la formation d’un « front commun de résistance » avec les syndicats et partis politiques.

– ‘On ne va pas s’éterniser’ –

Dans plusieurs villes de province, des manifestants se sont rassemblés dans la nuit pour protester contre le putsch, notamment à Bobo Dioulasso (ouest), deuxième ville du pays, et Fada-Ngourma (est).

Le RSP, unité d’élite de l’armée forte de 1.300 hommes, a pris le pouvoir en accusant les autorités d’avoir dévoyé la transition, notamment en excluant les partisans de l’ex-homme fort des élections d’octobre.

Deux jours avant le putsch, une commission avait aussi recommandé la dissolution du RSP, qui était la garde prétorienne de l’ex-président.

Le Burkina Faso, « pays des hommes intègres », État sahélien pauvre de 17 millions d’habitants, a connu depuis son indépendance en 1960 de nombreux coups d’État militaires.

Le général Diendéré, homme de l’ombre et bras droit de l’ancien président, avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir « le beau Blaise » et s’était soldé par la mort du président Thomas Sankara.

Brusquement passé de l’ombre à la lumière, le général Diendéré a promis d’organiser « rapidement » des élections. « Nous n’avons pas l’intention de nous éterniser », a-t-il assuré.

Œuvrant dans les coulisses du pouvoir depuis 30 ans au Burkina et dans les conflits régionaux ouest-africains, ancien chef du RSP sous Compaoré, il a été porté jeudi par les putschistes à la tête de leur « Conseil national pour la démocratie » (CND). Mais il a récusé être téléguidé par Blaise Compaoré.

On ignore où se trouve l’ex-président, qui réside habituellement en Côte d’Ivoire voisine depuis son exil forcé.

Le putsch a été unanimement condamné par la communauté internationale et les principaux partenaires du pays: ONU, Union africaine, Union européenne, Cédéao, ainsi que la France et les États-Unis.

La France, ancienne puissance coloniale, qui dispose d’un contingent de 220 soldats des forces spéciales françaises à Ouagadougou, dans le cadre de son opération antijihadistes Barkhane, a assuré qu’elle n’interviendrait pas.

Burkina Faso: sanctions de l’Union africaine contre les putschistes

Par RFIPublié le 18-09-2015 Modifié le 18-09-2015 à 23:44

L’Union africaine a annoncé vendredi 18 septembre la suspension du Burkina Faso de ses instances après le coup d’Etat opéré mercredi par les hommes du général Gilbert Diendéré. L’institution a également prononcé des sanctions à l’encontre des instigateurs du coup d’Etat militaire qui a donné un coup d’arrêt aux élections présidentielle et législatives prévues le 11 octobre. Ils ont interdiction de voyager et leurs avoirs à l’étrangers sont gelés.

L’Union africaine n’a pas perdu de temps. Dès jeudi, le communiqué de la Commission avait condamné en des termes très virulents les évènements au Burkina Faso. Ce vendredi, c’est le Conseil de paix et de sécurité (CPS) qui a suspendu le pays.

Une mesure automatique, puisque l’action du Régiment de sécurité présidentielle a été qualifiée de « coup d’Etat ». Aucune négociation n’était possible.

C’est ce qu’explique Mull Sebujja Katende, ambassadeur ougandais et président en exercice du CPS. « Nos principes sont clairs : nous voulons un retour au statu quo ante, et nous pensons que c’est ce que la Cédéao est en train de demander», explique le président du CSP. Une fermeté affichée par l’Union africaine alors qu’au même moment, le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, et le président béninois, Boni Yayi, sont à Ouagadougou ce vendredi pour mener une médiation au nom de la Cédéao.

« Il y a une transition qui est en cours au Burkina Faso, et qui doit s’achever avec des élections qui doivent se tenir le mois prochain, insiste Mull Sebujja Katende. Tout se déroulait bien, et nous ne voulons pas d’interférences dans ce processus. Nous espérons que la Cédéao partage le même point de vue. »

COLLECTIF CONTRE LA CONFISCATION DE LA DEMOCRATIE AU BURKINA FASO

Le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso condamne avec la dernière énergie le coup d’État militaire perpétré par le Régiment de Sécurité Présidentielle, faisant basculer le peuple burkinabè dans une période des plus sombres de son histoire.

Dans notre déclaration du 23 mars 2015 exigeant la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), nous disions ceci : « l’immixtion dans la gestion des affaire de l’État, les tentatives de caporalisation du pouvoir transitoire en disent long sur les velléités du RSP, non seulement de contrôler le déroulement de la transition mais de se maintenir dans l’arène politique au-delà de la transition. De tels comportements démontrent que la garde de l’ère Compaoré rêve toujours du rétablissement d’un modèle de gouvernement qui n’est rien d’autre qu’une dictature militaire constitutionnelle »

La prise en otage du président du Faso, chef de l’État, du premier ministre et des ministres, suivi du coup d’Etat constituent en effet un acte criminel qui sonne comme une vengeance du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) et de son bras séculier, le RSP, contre le mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre derniers. La nouvelle junte prône au-delà des mots un retour à la dictature constitutionnelle, à la braderie des libertés individuelles et collectives, le retour de l’Etat d’exception.

A l’instar des organisations politiques, syndicales et de la société civile qui appellent à la résistance, notre devoir, en tant que patriotes, démocrates, est de nous dresser en solidarité avec le peuple burkinabè pour faire échec à ce putsch militaire.

Face à la gravité de la situation, Le collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso – exige la libération immédiate et sans condition du Chef de l’État, du Premier ministre et des ministres arrêtés – l’arrêt des tirs d’armes à feu dans les quartiers de Ouagadougou et le retour des militaires à la caserne – appelle tous les démocrates en France et en Europe à la solidarité avec le peuple burkinabè en lutte contre la junte militaire et pour la démocratie au Burkina Faso

TOUS AU RASSEMBLEMENT LE VENDREDI 18 SEPTEMBRE 2015 A 18H00 DEVANT L’AMBASSADE DU BURKINA FASO A PARIS 159 Bd. HAUSSMANN, 75008 PARIS Métro St Philippe du Roule

 

Burkina : les résultats de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara devaient être dévoilés le 17 septembre

Jeune Afrique – Mis à jour le 18 septembre 2015 à 10h23 – Par Benjamin Roger et Rémi Carayol

Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara avait convoqué les avocats des parties civiles ce jeudi matin pour leur communiquer les résultats de l’autopsie du corps présumé de l’ex-président.

Ce n’est sûrement pas la cause, ni même l’explication, du coup d’État mené ce jeudi 17 septembre par le régiment de sécurité présidentielle (RSP) et le général Gilbert Diendéré contre les autorités de transition. Mais ce hasard de calendrier interpelle.

Dans une lettre officielle dont « Jeune Afrique » a obtenu une copie, le juge d’instruction militaire François Yaméogo, chargé de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara, avait convoqué ce jeudi matin, à 9h00, les avocats des parties civiles impliquées dans ce dossier pour « prendre connaissance des conclusions des rapports de l’expertise balistique et de l’autopsie après exhumation des restes présumés » de l’ancien président et de ses douze camarades assassinés le 15 octobre 1987 à Ouagadougou.

Diendéré suspecté d’être impliqué dans l’affaire Sankara

Mariam Sankara, la veuve de Thomas, a elle aussi reçu cette convocation. Actuellement en France, elle n’avait pas prévu de s’y rendre mais attendait que ses avocats la tiennent informée.

Ces résultats d’enquête étaient attendus depuis près de quatre mois et l’ouverture des tombes supposées de Sankara et ses proches par des experts burkinabè et français, fin mai, au cimetière de Dagnoën, à Ouagadougou.

Étouffée par le régime Compaoré, l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara avait été relancée par le régime de transition renversé jeudi par les militaires formant le Conseil national pour la démocratie (CND). Son président, le général Gilbert Diendéré, bras droit de Blaise Compaoré depuis plus de trente ans, est suspecté d’être impliqué dans l’assassinat de Thomas Sankara.

Burkina Faso : qui est le général Gilbert Diendéré ?

RFI Publié le 17-09-2015 Modifié le 17-09-2015 à 14:40

Depuis ce jeudi midi, un homme est mis en avant par le coup d’Etat des militaires du RSP au Burkina Faso : le général Gilbert Diendéré, qui a été nommé président du Conseil national pour la démocratie (CND). Portrait de cet ancien chef d’état-major particulier du président déchu Blaise Compaoré.

Le général Gilbert Diendéré est l’ancien chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, le président déchu du Burkina. Cet homme, qui navigue entre ombre et lumière, était déjà au coeur du pouvoir burkinabè lors de la proclamation de la révolution par Thomas Sankara en août 1983. C’est lui qui a annoncé le coup d’Etat à la radio. En 1987, le 15 octobre, cette fois, il supervise l’arrestation de Thomas Sankara. En 1989, il déjoue une tentative de coup d’Etat.

Fidèle d’entre les fidèles de Compaoré, il a été son homme de confiance sur les dossiers les plus épineux : le Liberia, la Côte d’Ivoire, la Guinée. Pendant une trentaine d’années, Gilbert Diendéré a dirigé le corps d’armée qui est au coeur du coup d’Etat actuel, le RSP, le Régiment de la sécurité présidentielle. Des groupes commandos qui ont été formés aux situations les plus extrêmes.

Le portrait que nos confrères de Jeune Afrique ont fait du général Diendéré en janvier 2013 le décrit aussi comme l’homme le mieux renseigné du Burkina, le patron des renseignements généraux. Un homme qui sait tout, ce qui l’aurait rendu intouchable pendant de nombreuses années. 

Burkina : la communauté internationale réagit vivement au coup d’Etat

Plusieurs capitales ont réagi à l’annonce de la démission du président Michel Kafando et de la dissolution des institutions burkinabè, ce jeudi. Paris condamne « fermement le coup d’Etat » quand Washington se dit « profondément préoccupé »

L’Union européenne s’inquiète à la fois pour les personnes retenues et pour l’avenir électoral du pays. Dans sa déclaration, Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne appelle « au respect de la transition et de l’intérêt général. […] Les développements au Burkina Faso avec la séquestration du président de la transition ainsi que d’autres ministres, mettent en péril la transition et la voie vers les élections du 11 octobre prochain. »

Des efforts de négociation des représentants de l’ONU, de l’Union africaine et de la Cédéao sont en cours pour obtenir la libération des otages. L’Union européenne soutient ce processus de négociation.

Réaction ferme à Paris

De son côté, la France a dénoncé le renversement de régime. Dans un communiqué de l’Elysée, on peut lire que « le président de la République condamne fermement le coup d’Etat qui a eu lieu au Burkina Faso. »

A son tour, François Hollande appelle « à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées. » Il exige également « la remise en place des autorités de la transition et la reprise du processus électoral. » Par ailleurs, le quai d’Orsay demande aux ressortissants français installés au Burkina Faso de rester chez eux, par mesure de sécurité.

Les Etats-Unis « profondément préoccupés »

Le porte-parole du Département d’Etat américain, John Kirby, a déclaré que « les Etats-Unis [étaient] profondément préoccupés par les événements qui se déroulent au Burkina Faso. » Ils se joignent à l’appel de l’Union européenne et de la France pour la libération des otages. « Les Etats-Unis condamnent fermement toute tentative de saisir le pouvoir par des moyens qui ne sont pas dans le cadre de la Constitution, et tout recours à la force comme moyen de résolution des différends politiques. »

John Kirby insiste également sur la cessation « immédiate des violences, et nous encourageons vivement les personnels militaires impliqués dans les événements en cours à retourner à leur mission première. Nous réaffirmons notre soutien entier au gouvernement civil de la transition, afin qu’il poursuive la préparation d’élections libres, justes et transparentes le 11 octobre.  

Exclusif – Général Gilbert Diendéré : « Nous sommes passés à l’acte pour empêcher la déstabilisation du Burkina »

Jeune Afrique -Mis à jour le 17 septembre 2015 à 13h19 –Benjamin Roger

« Jeune Afrique » a réussi à joindre par téléphone le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’État-major particulier de Blaise Compaoré qui a pris jeudi matin la tête du coup d’État contre le régime de transition au Burkina Faso.

Bras droit de Blaise Compaoré depuis plus de trente ans, le général Gilbert Diendéré a été proclamé jeudi 17 septembre président du Conseil national pour la démocratie (CND), la junte militaire qui a renversé les autorités de transition au Burkina Faso.

Selon le patron historique du régiment de sécurité présidentielle (RSP), que nous avons joint par téléphone, une « grave situation d’insécurité pré-électorale régnait au Burkina ». Lui et ses hommes sont donc « passés à l’acte » en raison « des mesures d’exclusion prises par les autorités de transition » et pour « empêcher la déstabilisation du pays ».

Concernant l’arrestation du président de transition, Michel Kafando, et de son Premier ministre, Isaac Zida, le général Gilbert Diendéré explique qu’ « ils ont été placés en résidence surveillée » depuis hier. « Ils vont bien et seront relâchés », ajoute-t-il.

« Des élections auront lieu »

Le président du CND déclare aussi vouloir organiser des élections. « Nous souhaitons discuter avec tous les acteurs politiques pour repartir sur de bonnes bases. Des élections auront bien lieu, mais nous devons d’abord nous concerter », explique-t-il.

Enfin, il affirme que les putschistes ne font pas front commun avec le Congrès pour le progrès et la démocratie (CDP), le parti de Blaise Compaoré exclu des élections par les autorités de transition. « Nous avons des amis au CDP comme dans tous les autres partis politiques. Mais cette proximité avec le CDP n’est pas la raison de notre passage à l’acte », assure Gilbert Diendéré.

Coup d’Etat au Burkina Faso: Gilbert Diendéré prend le pouvoir

Journal du Mali – Par Moussa MAGASSA – 17/09/2015

Un homme en uniforme a annoncé ce matin à la télévision nationale la dissolution du gouvernement de transition et du Conseil national de transition.

Le président Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida ainsi que plusieurs ministres sont retenus depuis hier dans le palais présidentiel de Ouagadougou par des hommes armés, le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP). Alors que la situation était confuse depuis hier après-midi, un homme en uniforme, qui serait Abdoulaziz Korogo, est apparu tôt, ce 17 septembre au matin, à la télévision nationale et a annoncé la dissolution du gouvernement et la « démission » du président. À un mois de l’élection présidentielle qui devait permettre au pays de sortir de son régime de transition, voilà que le Burkina se plonge à nouveau dans une nouvelle impasse.

La réaction de la communauté internationale ne s’est pas fait attendre. L’Union africaine, la Cédéao et les Nations unies condamnent avec la plus grande fermeté cette violation flagrante de la Constitution et de la Charte de Transition. Mieux, elles exigent que les forces de défense et de sécurité se soumettent à l’autorité politique et, dans le contexte actuel, aux autorités de la transition.

Alors même que la situation est encore incertaine au pays des hommes intègres, Kaboré Souleyman, étudiant à Ouagadougou exprime sa déception, « je suis abattu. Et dire que c’est le bras droit de Blaise Compaoré qui est derrière ce push, le général Gilbert Diendéré. C’est décevant » a-t-il dit.

A l’heure actuelle le général vient d’être nommé à la tête du conseil national de la démocratie. Le peuple marchera pour aller manifester son mécontentement au chef traditionel du Burkina Faso, Moro Naba a témoigné notre source.

Burkina : la deuxième journée du coup d’État minute par minute

17 septembre 2015 à 09h38 — Mis à jour à 20h18 – Par Jeune Afrique

Un homme en uniforme est apparu ce matin à la télévision nationale pour annoncer la dissolution du gouvernement de transition et du Conseil national de transition. Des tirs sont en cours à Ouagadougou, quadrillée par des patrouilles du RSP. Le général Gilbert Diendéré a été proclamé président.

Alors que la situation était confuse depuis mercredi 16 septembre dans l’après-midi, et la prise d’otage du président de la transition, Michel Kafando, et du Premier ministre, Isaac Zida par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à Ouagadougou, un homme en uniforme, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, est apparu tôt, ce 17 septembre au matin, à la télévision nationale et a annoncé la dissolution du gouvernement et la « démission » du président.

Le général Gilbert Diendéré a ensuite été proclamé président du Conseil national pour la démocratie (CND), tandis qu’un couvre-feu était instauré. Les populations tentent de se mobiliser alors que le RSP cherchent à maintenir l’ordre. De nombreux blessés ont été constatés. Il y aurait au moins six morts.

EN DIRECT

20h17 : C’est la fin de ce direct.

20h14 : Un calme précaire règne au Burkina Faso, alors que la pluie et le vent se sont abattues sur Ouagadougou. Les populations tentaient en fin de journée de se mobiliser, sous l’oeil du RSP, qui tente de maintenir l’ordre et de juguler l’opposition au coup d’État. Michel Kafando et ISaac Zida sont toujours détenus par le RSP.

18h50 : Notre collaborateur Damien Glez a livré son regard sur le coup d’État.

18h34 : Le secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, demande aux militaires de faire preuve de « retenue ».

18h23 : Difficile d’obtenir un bilan clair de ces deux journées au Burkina. Il y aurait au moins six morts et soixante blessés, selon une journaliste présente à l’hôpital de Ouagadougou. Toutefois, le Collectif des femmes pour la défense de la Constitution évoque, comme le Balai citoyen, une dizaine de personnes décédées.

18h14 : Image du domicile du candidat Jean-Baptiste Natama, attaqué ce jeudi.

17h53 : Voici les photos des journées du 16 et 17 septembre au Burkina Faso.

17h07 : Tout ce qu’il faut savoir sur Gilbert Diendéré

17h00 : Le groupe international de soutien à la transition au Burkina Faso condamne logiquement le coup d’État.

16h55 : Guy Hervé Kam, porte-parole du Balai citoyen, sur RFI : « Nous pensons que dans les heures à venir, ce régime putschiste comprendra qu’il ne peut pas rester au pouvoir ».

16h23 : Macky Sall, chef de l’État sénégalais, condamne lui aussi le coup d’État.

16h16 : Gilbert Diendéré affirme sur France 24 avoir le soutien de toute l’armée et nie avoir agi sur ordre de Blaise Compaoré.

15h56 : Un premier bilan à l’hôpital Yalgado Ouédraogo fait état d’un mort et de soixante blessés.

15h43 : C’est confirmé, selon un habitant de Yako, la maison de Diendéré a bien été incendiée. Une fumée noire s’échappe encore du domicile actuellement.

15h34 : Le studio de Smockey, leader du Balai citoyen a été attaqué par des éléments du RSP, à balles réelles ou à la roquette, selon les témoignages. L’organisation « Tournons la page », qui soutient la société civile burkinabè, assure toutefois que les principaux responsables du Balai citoyen sont en lieu sûr à l’heure qu’il est.

15h21 : Dans plusieurs quartiers, à Ouagadougou comme dans le reste du pays, à Bobo Dioulasso ou Fada N’Gourma, les observateurs signalent que la population tente de se rassembler, malgré le déploiement du RSP dans certains d’entre eux. La coordination des partis politiques comme la société civile a appelé à la désobéissance civile.

15h09 : La population aurait incendié le domicile de Gilbert Diendéré dans son village natal, à Yako, selon les médias locaux. De même source, le domicile, en construction, de l’actuel président du CDP, Eddie Komboïgo, serait également en flammes.

15h05 : À la suite de la rencontre des leaders politiques qui vient de se terminer, « la coordination des partis politiques appelle tout le peuple burkinabé à la désobéissance civile jusqu’à la libération sans condition du président Kafando, du Premier ministre Zida et des autres membres du gouvernement », explique l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République, dont le président Adama Kanazoe a assisté à la concertation. La coordination « exige le rétablissement du fonctionnement régulier des institutions dans les plus brefs délais et réitère son ferme attachement à la tenue effective des élections le 11 octobre 2015 ». Et d’ajouter : « Tout contenu que l’on peut donner à la désobéissance civile pour faire barrage à cette forfaiture contre la République serait la bienvenue. »

14h58 : Il y aurait d’ores et déjà des victimes à l’hôpital de Yalgado Ouédraogo. Le Balai citoyen a quant à lui annoncé que le studio de son leader Smokey avait été attaqué. « Ils ont tiré sur mon studio Et viennent d’y mettre le feu, ma vieille mère a du escalader le mur avec mes enfants et ma femme…Je ne sais même pas où ils sont actuellement… », a déclaré ce dernier.

Un corps sans vie vient d’être transporté hors du service trauma de Yalgado. Il y a des morts. #Burkina#Lwili

— Ludivine Laniepce (@ludilani) 17 Septembre 2015

14h49 : La Présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma a réitéré sa « ferme condamnation de cet enlèvement injustifiable et la séquestration continue des responsables de la transition, qui constituent un acte terroriste à tous égards, ainsi que de la tentative inacceptable de remise en cause totale de la transition engagée au Burkina Faso depuis novembre 2014 ». Elle a également appelé « tous les États membres de l’UA et la communauté internationale dans son ensemble à faire échec à cette tentative de remise en cause de la Transition ». L’UA, ajoute-t-elle, « rejette comme nulle et de nul effet l’annonce par des militaires de la « destitution » du Président Michel Kafando et la prétention de lui substituer de « nouvelles autorités » ».

La Présidente de la Commission, rappelant les instruments pertinents de l’UA, y compris la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance, a indiqué qu’elle allait saisir le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, qui se réunit demain 18 septembre 2015.

14h32 : La CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies ont publié un communiqué de presse condamnant le coup d’État « avec la plus grande fermeté ». Les trois organisations « exigent que les forces de défense et de sécurité se soumettent à l’autorité politique et dans le contexte actuel aux autorités de la transition ». « La CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies exigent la libération immédiate des otages. Elles soulignent avec force que les auteurs de cet enlèvement inacceptable répondront de leurs actes et seront tenus responsables de toute atteinte à l’intégrité physique du Président du Faso, du Premier Ministre et des autres personnalités qu’ils détiennent », menace le communiqué.

14h27 : Après s’être réunis en concertation, les partis politiques ont appelé à la désobéissance civile jusqu’au retour de Michel Kafando, selon un leader de l’opposition, cité par les médias locaux.

14h22 : Les blessés sont majoritairement dirigés vers l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

14h12 : Le contingent militaire français présent au Burkina Faso, fort de 220 soldats des forces spéciales qui participent à l’opération antiterroriste Barkhane au Sahel, n’a pas à interférer, a dit à la presse François Hollande. « Je condamne ce coup d’État, je le condamne fermement parce qu’un processus électoral était en cours, les dates étaient arrêtées, le corps électoral était recensé et il y avait donc un processus », a-t-il souligné.

« Il ne peut pas être expliqué que des groupes puissent empêcher cette transition démocratique qui était en cours. J’appelle donc ceux qui ont commis cet acte à libérer les personnes qui sont retenues, et notamment le président de la transition qui encore aujourd’hui est pris en otage, et j’appelle ces groupes à cesser immédiatement leur action », a ajouté François Hollande.

13h52 : Le domicile de Jean-Baptiste Natama, candidat à la présidentielle, a été saccagé jeudi. Il avait condamné le coup d’État mais s’était également montré très critique envers le gouvernement de transition.

13h48 : Selon les médias locaux, le siège du CDP, l’ancien parti de Blaise Compaoré, et dont la femme de Gilbert Diendéré est une des vice-présidentes, a été saccagé à Bobo Dioulasso, où une grande manifestation a également eu lieu.

13h45 : Du matériel médical arrive au fur et à mesure de l’extérieur à l’hôpital de Yalgado, où des blessés ont été emmenés. Ils seraient une vingtaine depuis mardi, pris dans la répression des manifestations par le RSP.

Une vingtaine de blessés comptabilisés à Yalgado depuis hier.#Burkina #Lwili

— Ludivine Laniepce (@ludilani) 17 Septembre 2015

13h32 : L’artiste musicien, Sams’k;, activiste du mouvement « Le Balai citoyen », aurait été arrêté, rapportent les médias locaux. Pas de confirmation pour le moment.
13h28 : Pour l’heure, selon des sources diplomatiques, l’armée « régulière » et la gendarmerie ne suivent pas le RSP. Ils ne s’y opposent pas non plus.

13h24 : Le Burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo, président de la commission de la Cedeao, et le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial de Ban Ki-Moon pour l’Afrique de l’Ouest, sont à Ouagadougou. Ils doivent rencontrer des représentants de la communauté internationale en poste au Burkina dans les heures qui viennent.

13h19 : Les partis politiques sont actuellement en concertation. Une déclaration commune est attendue. L’autre interrogation concerne l’attitude de l’armée, qui pourrait s’opposer au RSP.

13h08 : Selon des sources proches de la présidence béninoise, le chef de l’État du Bénin, Boni Yayi, médiateur de la Cedeao dans la crise burkinabè, a eu Gilbert Diendéré au téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi. « Un dialogue de sourds », selon notre source. Gilbert Diendéré a annoncé son intention de prendre la tête d’une transition d’un an afin de contenir le RSP. Ce à quoi le président béninois s’est opposé fermement, demandant au général de retenir ses hommes. La Cedeao serait par ailleurs en train de préparer une résolution afin de demander la libération de Michel Kafando et Isaac Zida et leur retour à la tête de la transition. L’Union africaine devrait suivre ces recommandations.

12h58 : En exclusivité, Jeune Afrique est parvenu à joindre le général Gilbert Diendéré. Voici les premières déclarations du nouvel homme fort du Burkina : « Nous sommes passés à l’acte pour empêcher la déstabilisation du Burkina » >>http://jafri.co/1NzisZk

12h55 : Après la dispersion des manifestations, des blessés ont été constatés et envoyés notamment à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

12h53 : Le président français François Hollande a pris la parole pour évoquer la situation. « Il ne peut pas y avoir de légalité avec des putschistes », a-t-il déclaré.

12h48 : Selon nos informations, l’ancien président Blaise Compaoré est actuellement à Rabat, au Maroc. Il y séjourne depuis le mois de juillet après s’y être fait opérer suite à une chute à Abidjan.

12h40 : « Face à cette situation d’une extrême gravité, l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République (AJIR) condamne avec la plus grande fermeté ces agissements hautement répréhensibles qui mettent à mal le fonctionnement régulier des institutions », annonce un communiqué de l’AJIR. « L’AJIR exige la libération immédiate et sans condition des autorités retenues en otage, appelle tous les patriotes à se mobiliser autour des mots d’ordre des forces du changement afin de faire barrage à ce nouvel assaut des forces du mal contre notre démocratie, et appelle les militaires patriotes du RSP à se désolidariser de ce coup de force », ajoute-t-il.

12h33 : Shérif Sy, président du Conseil national de transition, pourtant dissout par le CND, a annoncé qu’il prenait la tête du pays en attendant la libération du président. Il tente ainsi de s’opposer à la prise de pouvoir de Gilbert Diendéré, proclamé président du CND, et demande aux « chefs d’État-major des armées de prendre toutes les dispositions pour arrêter cette forfaiture ».

12h31 : John Kirby, porte-parole du département d’État américain : « Les États-unis sont profondément préoccupés par les événements qui se déroulent au Burkina Faso. Nous appelons à la libération immédiate du président Kafando, du Premier ministre Zida, et de tous les autres officiels en détention. Les États-unis condamnent fermement toute tentative de saisir le pouvoir par des moyens qui ne sont pas dans le cadre de la constitution, et tout recours à la force comme moyen de résolution des différends politiques. Nous appelons à la fin immédiate des violences, et nous encourageons vivement les personnels militaires impliqués dans les événements en cours de retourner à leur mission première. Nous réaffirmons notre soutien entier pour que le gouvernement civil de la transition, afin qu’il poursuive la préparation d’élections libres, justes et transparentes le 11 octobre ».

12h29 : Les partis politiques ont annoncé qu’ils devaient se retrouver pour une réunion à 11 heures, heure de Ouagadougou (13 heures, heure de Paris). Comme nous l’annoncions dans ce direct, Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, ont d’ores et déjà condamné le coup d’État du CND.

12h15 : Homme d’influence, Gilbert Diendéré peut également compter sur son épouse, Fatou, l’une des figures qui comptent au sein du CDP, l’ancien parti au pouvoir. Elle en est la 7ème vice-présidente, en charge de la promotion des femmes, depuis le mois de mai. Elle était auparavant députée et membre du bureau exécutif. Déjà connue sous la révolution sankariste, cette femme au fort caractère aurait lancé, un jour, lors d’une réunion privée : « Si Blaise est là, pourquoi pas mon mari ? ». Gilbert et Fatou Diendéré vivent ensemble depuis des années et se sont unis devant Dieu en août 2014. L’un des témoins de leur mariage n’était autre qu’Eddie Komboïgo, le président du CDP, dont l’invalidation de la candidature à la présidentielle par le Conseil constitutionnel est très certainement à l’origine du coup d’État.

12h11 : Dans un message publié sur son compte Facebook, Le Balai citoyen a lancé un appel à la « résistance dans tous les quartiers ». La nation burkinabè est en péril (…) Nous appelons les populations à s’organiser chacun dans sa rue, son quartier, son secteur pour démontrer que la stratégie de terreur et de psychose que tente d’instaurer les groupuscules de miliciens du RSP ne saurait paralyser cet élan patriotique qui nous a animé ».

12h07 : Alors qu’à Ouagadougou, les tentatives de manifestations sont réprimés par le RSP, une mobilisation est actuellement à la place Tiéfo Amoro de Bobo Dioulasso. « Ils sont des milliers de manifestants surchauffés », annonce la radio locale.

11h47 : La fermeture des frontières a été décidée ce jeudi par le Conseil national de la démocratie, dont Gilbert Diendéré a été proclamé président. Ce dernier,homme fort mais discret du régime Compaoré, tout puissant jusqu’en 2014, avait continué à jouer de son influence dans plusieurs dossiers majeurs. Il est également au cœur des affaires Thomas Sankara et Norbert Zongo.

11h33 : La télévision nationale vient d’annoncer que le général Gilbert Diendéré était le président du Conseil national pour la démocratie (CND). Un couvre-feu est décrété de 19h à 6h.

11h29 : Selon nos informations, l’homme ayant pris la parole à la télévision nationale afin d’annoncer la démission du président n’est pas Abdoulaziz Korogo. Il s’agit du lieutenant colonel Mamadou Bamba. Celui-ci ne portrait pas l’uniforme spécifique du RSP mais celui de l’armée burkinabè.

11h27 : Le rappeur Smockey a appelé à la mobilisation autour du Balai citoyen. « Le retour des fantômes du passé nous guettent si nous ne faisons pas front ensemble », a-t-il déclaré.

11h25 : Une réunion de la haute hiérarchie militaire devrait avoir lieu dans la matinée pour faire une « évaluation de la situation », selon notre journaliste.

11h23 : Selon un haut gradé contacté par Jeune Afrique, le président Kafando et le Premier ministre Zida sont « en résidence surveillée et bien traités » par les membres du RSP.

11h17 : L’Union pour le progrès et le changement (UPC), à travers la voix de son Président Zéphirin Diabré, condamne le coup d’État. « Elle appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble du peuple burkinabè à rester mobilisés et à s’organiser pour défendre la démocratie et l’État de droit », précise un communiqué.

11h13 : La présidence française « condamne fermement le coup d’État qui a eu lieu au Burkina Faso », a indiqué l’Élysée jeudi matin. Elle « appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées, à la remise en place des autorités de la transition et à la reprise du processus électoral ».

11h07 : Les militaires du RSP s’attachaient ce matin à disperser les manifestations hostiles à leur coup de force, notamment à la place de la Nation. Des tirs ont retenti depuis tôt dans la matinée afin de dissuader les manifestants. D’autre part, les membres du RSP ont sécurisé les accès à la radio-télévision nationale.

11h05 : Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) « condamne fermement cet acte inadmissible et exhorte toutes les parties à la retenue ».

10h57 : Depuis une dizaine de minutes, les putschistes font lire leur déclaration en langue locale à la télévision nationale.

10h55 : Selon une journaliste sur place, des tirs continuent de se faire entendre dans le centre de Ouagadougou. Ceux-ci seraient réguliers depuis 7 h du matin, tandis que des manifestants tentent toujours de s’opposer au coup d’État dans la rue en scandant « Libérez Kosyam », notamment devant le palais du Mogho Naba.

10h48 : La chef de la diplomatie de l’Union européenne a appelé à la libération immédiate du président et des membres du gouvernement. « L’UE appelle à la libération immédiate des personnes retenues et au respect de la transition et de l’intérêt général », a indiqué Federica Mogherini dans un communiqué.

« Les développements au Burkina Faso avec la séquestration du président de la transition ainsi que d’autres ministres, mettent en péril la transition et la voie vers les élections du 11 octobre prochain, estime Mme Mogherini. « L’UE soutient les efforts en cours par les représentants de l’ONU, de l’Union africaine et de la Cedeao pour obtenir la libération des otages », précise-t-elle.

10h40 : L’homme en uniforme s’étant exprimé à la télévision nationale serait Abdoulaziz Korogo. Ce militaire est chef de corps par intérim du RSP depuis août, date à laquelle le lieutenant-colonel Coulibaly, le titulaire du poste et ancien aide de camp de Blaise Compaoré, a débuté une formation à l’étranger.

10h23 : Plusieurs candidats à la présidentielle d’octobre ont réagi au coup de force du RSP. Le premier a été Jean-Baptiste Natama. « Nous désapprouvons tout acte de nature à remettre en cause le processus électoral devant mettre fin à la transition », a-t-il déclaré sur Twitter. « Les autorités de la transition par leur compromission et tricherie face aux principes de justice et de neutralité ont mis en péril le Burkina Faso », a-t-il ajouté.

Françoise Toé, tout comme Adama Kanazoé, a quant à elle condamné les agissements du RSP et a appelé « tous les démocrates et tous les républicains à s’opposer à cette énième tentative de restauration de l’ancien régime ». Enfin, l’un des favoris du scrutin présidentiel, Roch Marc Christian Kaboré a tenu « à réaffirmer avec force que la transition politique engagée depuis novembre 2014 doit aller jusqu’à son terme et que le calendrier électoral doit être scrupuleusement respecté, dans l’intérêt supérieur des burkinabè ». Il « réaffirme qu’il est contre la prise du pouvoir par la force qui est contraire à l’idéale et aux principes démocratiques, à la constitution et à la charte de la transition » et « exige la libération immédiate et sans condition du gouvernement et la reprise de ses activités ».

10h19 : Il n’y aucune nouvelle du président Kafando, dont la démission a été annoncée, et du Premier ministre Zida, toujours détenus par les soldats du RSP.

10h10 : « Les forces patriotiques et démocratiques alliant toutes les composantes de la nation et réunies au sein du Conseil National pour la Démocratie (CND), ont décidé de mettre un terme au régime déviant de la transition », annonce un communiqué diffusé le 17 septembre. « Le régime de transition s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle », se justifie le Conseil national pour la démocratie, qui explique son opposition à la loi électorale excluant certains anciens proches de Blaise Compaoré de la présidentielle d’octobre.

« L’intervention du CND a pour but principal d’enclencher un processus cohérent, juste et équilibré devant conduire à la mise en place d’un système institutionnel robuste », poursuit le document qui annonce la démission du président de la transition, Michel Kafando, la dissolution du gouvernement et du Conseil national de transition et la mise en place d’une concertation en vue de la formation d’un nouveau gouvernement de cohésion nationale.

Putsch au Burkina : un proche de Compaoré à la tête du pays

RFI Modifié le 17-09-2015 à 15:08

Au Burkina Faso, les militaires du RSP ont annoncé, ce jeudi, avoir dissout les autorités de la transition. Ils souhaitent désormais organiser des élections inclusives. Depuis mercredi après-midi, la garde présidentielle, contestée dans le pays, retient en otages les membres de l’exécutif, dont le président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida.

Les heures sont données en temps universel TU,

Selon un dernier bilan d’un médecin de l’hôpital de Ouagadougou, relayé par l’Agence France-Presse, les derniers affrontements à Ouagadougou ont fait un mort et une soixantaine de blessés. L’agence Reuters fait elle état de trois morts et une soixantaine de blessés, citant une source hospitalière.

Le Conseil national pour la démocratie (CND) du général Gilbert Diendéré annonce l’instauration d’un couvre-feu de 19h à 6h, heure locale, 21h, heure de Paris, dès ce soir. Les frontières sont désormais fermées.

La communauté internationale a vivement réagi. Paris condamne « fermement le coup d’Etat », Washington se dit « profondément préoccupée » et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, appelle « au respect de la transition et de l’intérêt général ».

18h35 : Autre réaction à l’international. Celle du secrétaire général de l’ONU. Ban Ki-moon demande ce jeudi aux militaires burkinabè de « faire preuve de retenue et de respecter les droits de l’homme et la sécurité » de la population. Il a également à nouveau condamné le « coup d’Etat » et estimé que les responsables de ce putsch militaire devaient « rendre des comptes ».

18h30 : Nous vous proposons de revenir en images sur la journée de ce jeudi dans les rues de Ouagadougou, où un couvre-feu doit être instauré ce soir à partir de 19h TU.

18h15 : Un dernier bilan de Reuters citant une source hospitalière fait état de trois morts et d’une soixantaine de blessés dans les affrontements survenus à Ouagadougou depuis l’annonce du coup d’Etat. Selon des témoins interrogés par l’agence, des soldats auraient effectué des tirs de sommation pour disperser des manifestants qui lançaient des pierres en direction des forces de l’ordre.

15h50 : Le général Gilbert Diendéré, chef des putschistes du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) a répondu aux questions de RFI. Il assure que les putschistes souhaitent désormais organiser des élections « inclusives » et « éviter un bain de sang ». Il assure aussi qu’il n’a « pas appelé Blaise Compaoré, […] ni avant ni après cette action ». Consultez son interview détaillée en cliquant ici.

15h45 : un témoignage à Yako confirme l’incendie de plusieurs maisons dans la ville et notamment celle du nouveau président du Conseil national de la démocratie, à l’origine de ce coup d’Etat, le général Diendéré. « Ce matin, nous nous sommes retrouvés avec les organisations syndicales et la société civile. Il y avait beaucoup de monde. On n’a pas pu contenir la population. On a demandé aux jeunes de ne pas le faire, mais ils n’ont pas pu s’empêcher de le faire. Les maisons sont totalement détruites », précise Aurélien Ouédraogo, président local du mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP).

15h15 : S’il ne soutient pas officiellement le putsch, le CDP, le parti de Blaise Compaoré, ne le condamne pas non plus. La formation politique n’avait pas eu le droit de présenter un candidat à la présidentielle qui était programmée le 11 octobre prochain. Aujourd’hui, le CDP dit espérer que les putschistes puissent à terme organiser de nouvelles élections « inclusives ». « Les putschistes partagent certaines de nos convictions », déclare Bouda Boubacar, le président du groupe CDP au Parlement de transition : « Le chemin emprunté à un moment donné ne garantissait pas le résultat tel que nous avons tous souhaité. Avec ce qui arrive aujourd’hui, nous, en démocrates, nous ne pouvons qu’espérer que cela va être une occasion que le Burkina renoue avec le meilleur ».

14h55 : la radio privée radio Omega, qui était de nouveau diffusée au Burkina Faso depuis quelques minutes, a une nouvelle été coupée.

14h45 : Kamsie Arsène, un habitant de Bobo Dioulasso, témoigne sur les événements de ces dernières heures : « Les jeunes sont dehors et on est en train de s’organiser pour faire face à l’usurpation du pouvoir. Les jeunes sont dehors depuis hier. On se sent trahis, nous qui avons été à l’avant-garde par rapport à la lutte lors de l’insurrection. On n’a rien vu venir. Pour l’intérêt de tous, il était bon que les élections apaisées aient lieu. Nous sommes plongés dans un désespoir ».

14h20 : près d’un an après la révolution et la chute du président Blaise Compaoré, le Burkina Faso se préparait aux premières élections démocratiques organisées dans le pays depuis son indépendance avant ce coup d’Etat. Le 11 octobre, les Burkinabè devaient être appelés aux urnes pour élire leur nouveau président et pour les élections législatives. Un processus qui est aujourd’hui remis en cause par les putschistes menés par le général Diendéré.

14h05 : première déclaration sur RFI de l’homme à la tête de ce coup d’Etat, une action que le général Diendéré justifie sur notre antenne : « Nous pensons que les élections qui devaient se tenir dans trois semaines, un mois, n’auraient pas été bien organisées compte tenu des problèmes que l’on a constatés comme l’adoption de la loi sur le code électorale qui exclu un certain nombre de personnalités. Cela pouvait amener des troubles soit avant les élections, pendant la campagne, ou bien après lors des résultats ». Et le général Diendéré ajoute que d’autres éléments sont aussi entré en ligne de compte lors de cette décision de mener un coup d’Etat : « Il y a d’autres éléments, notamment au sein des forces armées nationales où il y avait par rapport au régiment un acharnement, une instrumentalisation de la question pour créer une crise permanente au sein des forces de défense et de sécurité ».

14h00 : un autre incendie à Yako a visé la maison du président du parti de Blaise Comparoré, le CDP, Eddie Komboigo.

13h50 : l’AFP donne un premier bilan des derniers évènements au Burkina Faso, selon un médecin de l’hôpital de Ouagadougou il y aurait au moins un mort et une soixantaine de blessés.

13h40 : France 24 annonce un entretien exclusif de Gilbert Diendéré, le président du CND, diffusé à 16 heures ( heure de Paris, 14h TU). Le militaire affirme avoir le soutien de l’armée avant de déclarer : « Nous allons libérer Kafondo et Zida. Ils vont rentrer chez eux ».

13h30 : les frontières terrestres et aériennes du pays sont donc fermées depuis ce matin. Plus aucun avion ne peut décoller ou atterrir notamment de l’aéroport de Ouagadougou.

13h10 : Le domicile du général Diendéré, président du CND à la tête du coup d’Etat, aurait été incendié dans son village natal, selon des sources locales.

13h05 : le Balai citoyen annonce que le studio de son leader Smokey avait été attaqué à Ouagadougou.

13h00 : autre condamnation à l’Union africaine qui vient cette fois-ci de la présidente de la Commission de l’UA. Nkosazana Dlamini-Zuma condamne « cet enlèvement injustifiable et la séquestration continue des responsables de la transition, qui constituent un acte terroriste à tous égards, ainsi que de la tentative inacceptable de remise en cause totale de la transition engagée au Burkina Faso depuis novembre 2014 ».

12h55 : Pour Guy-Hervé Kam, du Balai citoyen la mobilisation ne peut pas être un échec : « Nous avons pour consigne de rester mobilisés. Le peuple ne peut jamais accepter d’être dirigé par le RSP. Nous sommes en symbioses avec les partis politiques et actions syndicales. Nous avons des actions prévues dans les heures à venir. Dans le reste du pays, il n’y a pas de RSP. Les militaires ne pourront pas tenir tant que les autres forces resteront républicaines. Il faut que la communauté internationale donne un ultimatum à ces putschistes ».

12h50 : « Je suis le chef d’Etat intérimaire », estime Chérif Sy, le président de l’Assemblée de transition en direct sur RFI.

12h45 : « Ceux qui ont pris cette responsabilité de mener le pays vers cette incertitude, le moment venu, auront à assumer. Le Burkina a besoin de ses partenaires et en agissant de la sorte, ils vont pénaliser tous les Burkinabè. Il est encore temps que ceux qui ont fait ce coup puissent se ressaisir », a réagi Smaïl Chergui, le commissaire paix et sécurité de l’Union africaine.

12h40 : témoignage du correspondant de RFI à Ouagadougou, Yaya Boudani évoque une « chasse à l’homme dans les rues de la capitale » où des barricades ont été dressées. Chaque tentative de manifestation est dispersée par des tirs. « Il y a au moins un mort », confirme Yaya Boudani qui explique aussi que les populations sont terrées chez elle, que le marché central et les stations-service sont fermés.

12h35 : le Balai citoyen annoncent sur Facebook qu’une dizaine de personnes auraient été tuées à Ouagadougou par les membres du RSP.

12h30 : dans un quatrième et dernier communiqué, les putschistes ont chargé les secrétaires généraux des ministères d’exécuter les affaires courantes dans leurs ministères respectifs.

12h25 : les partis politiques qui s’étaient réunis en concertation appellent à la désobéissance civile jusqu’au retour au pouvoir du président de la transition, Michel Kafando.

12h10 : sur Twitter, le candidat à la présidentielle Jean-Baptiste Natama annonce que son domicile a été saccagé ce jeudi.

12h00 : si à Ouagadougou, les tentatives de manifestations ont été dispersées par l’armée, en province certains rassemblements ont peu avoir lieu comme à Bobo Dioulasso où les bureaux du CDP, ancien parti Compaoré, auraient été incendiés.

11h50 : le signal est de nouveau coupé au Burkina Faso. D’autres radios sont aussi concernées comme la radio privée Oméga, très écoutée dans le pays.

11h40 : sur RFI, le journaliste Alpha Barry, ancien correspondant de la radio au Burkina Faso, revient sur les liens qui existe entre le CDP, le parti de Blaise Compaoré, et le général Diendéré : « Il est l’époux d’une députée du CDP, une ex-députée du parti de Blaise Compaoré dont la candidature a été invalidée parmi les nombreuses candidatures invalidées. Le général Diendéré est aussi inquiété dans la mort de Thomas Sankara. Pour toutes ces raisons, on peut penser que Gilbert Diendéré avait des raisons tout à fait personnelles de prendre le pouvoir ».

11h30 : jointe par RFI, Saran Sérémé, candidate pour le PDC (Parti pour le développement et le changement) adresse une mise en garde au général Gilbert Diendéré : « Il est calme, effacé et plein de sagesse, je ne comprends pas qu’il se laisse aller dans cette tentative de vouloir récupérer la lutte du peuple burkinabé. Elle ajoute : Je ne suis pas non plus d’accord avec toute autre proclamation, que ce soit celle du président du Conseil de la transition (Chérif Sy) ou de toute autre personne, qui profiterait de cette situation pour se proclamer président du Burkina Faso comme nous venins de l’entendre ».

11h20 : les partis politiques sont actuellement en concertation. Une déclaration commune est attendue.

11h15 : sur RFI, Abdoul Karim Sango, juriste constitutionnaliste et membre de la Céni, Commission électorale nationale indépendante revient sur la situation à Ouagadougou : « Les citoyens essayent de se mobiliser pour faire de la résistance. Il y a une sorte de répression organisée de l’armée pour disperser les manifestations. Le centre-ville est encerclé ».

11h00 : première déclaration du président du CND, le général Diendéré, à nos confrères de Jeune Afrique. Il déclare être passé « à l’acte pour empêcher la déstabilisation du Burkina ». Il annonce aussi que les dirigeants de la transition vont bien et qu’ils ont été mis en résidence surveillée et seront bientôt relâchés.

10h55 : selon radio Omega, l’un des leaders du Balai Citoyen, Sam’sk Le Jah, aurait été arrêté. Une information qui n’est pas confirmée par le mouvement.

10h45 : selon plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux, des tirs nourris sont toujours entendus dans le centre-ville de Ouagadougou. Des sirènes d’ambulance sont régulièrement signalées. L’hôpital de Ouagadougou aurait reçu des blessés.

10h30 : pour le président français, François Hollande : « Il ne peut pas y avoir de légalité avec des putchistes ».

10h25 : sur RFI, Zéphirin Diabré, de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) fait part de sa surprise : « Nous étions déjà en train de nous préparer pour aller aux élections à partir de dimanche. Donc il y a là une prise de pouvoir par la force. Bien entendu en tant que républicains et démocrates, nous ne pouvons que condamner très fermement toute tentative de prise de pouvoir par la force ».

10h20 : nouvelle intervention sur RFI de Chérif Sy, le président de l’Assemblée de transition. Il en appelle aux forces armées pour mettre fin à ce coup d’Etat : « Dans la situation où le chef de l’Etat et le Premier ministre et le gouvernement sont actuellement séquestrés, j’assume désormais les pouvoirs dévolus au chef de l’Etat. Et c’est à ce titre que j’invite le chef d’Etat major des armées et les chefs d’Etat major des différentes régions militaires à prendre immédiatement toutes les dispositions pour que cette forfaiture soit arrêtée puisque c’est un groupe armé qui s’oppose à la volonté du peuple, c’est pour cela j’en appelle aux forces républicaines, militaires ». Revenant sur les négociations de la nuit, Chérif Sy explique que désormais, il n’est plus question de discuter : « Manifestement la volonté de ce groupe armé n’est pas de dialoguer, mais de prendre le pouvoir justement en connexion avec les partis politiques de l’ancien régime ».

10h10 : sur Facebook, le Balai citoyen appel à « la résistance dans tous les quartiers.

10h05 : première réaction américaine avec cette déclaration de John Kirby, porte-parole du département d’Etat : « Les Etats-unis sont profondément préoccupés par les événements qui se déroulent au Burkina Faso. Nous appelons à la libération immédiate du président Kafando, du Premier ministre Zida, et de tous les autres officiels en détention. Les Etats-unis condamnent fermement toute tentative de saisir le pouvoir par des moyens qui ne sont pas dans le cadre de la constitution, et tout recours à la force comme moyen de résolution des différends politiques. Nous appelons à la fin immédiate des violences, et nous encourageons vivement les personnels militaires impliqués dans les événements en cours de retourner à leur mission première. Nous réaffirmons notre soutien entier pour que le gouvernement civil de la transition, afin qu’il poursuive la préparation d’élections libres, justes et transparentes le 11 octobre ».

10h00 : les partis politiques annoncent qu’ils se retrouveront à 11h00 pour une réunion.

09h50 : selon les informations de radio Omega, une radio privée burkinabè, l’ancien chef de l’Etat Blaise Compaoré est actuellement à Brazzaville où il est arrivé mercredi soir en provenance du Maroc.

09h45 : l’ambassade de France au Burkina Faso a envoyé un message aux ressortissants français pour leur demander de rester confiné à leur domicile. Un numéro d’urgence a été mis en place, il s’agit du +226 25 49 66 20.

09h40 : le CND annonce l’instauration d’un couvre-feu de 19h à 6h, heure du Burkina, à partir de ce jour. Les frontières sont désormais fermées.

09h30 : le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier de l’ex-président Compaoré, est nommé président du CND, le Conseil national pour la démocratie, mis en place par les militaires à l’origine de ce coup d’Etat.

09h25 : à Kossyam, le président, le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement restent retenus par les militaires du RSP depuis mercredi. Seules quatre femmes membres du gouvernement ont été libérées dans la nuit.

09h15 : la France condamne le « Coup d’Etat » au Burkina Faso et appelle à la reprise du processus électoral. Les élections mettant fin au régime de la transition doivent se tenir le 11 octobre prochain.

9h00 : le signal de Radio France internationale, coupé depuis mercredi à Ouagadougou, a été rétabli.

8h30 : l’Union européenne demande la « libération immédiate » des membres de l’exécutif retenus par les militaires de la RSP. Dès mercredi soir, l’Union africaine, la Cédéao et les Nations unies avaient diffusé un communiqué de presse commun appelant aussi à cette libération.

8h00 : les militaires souhaitent disperser la centaine de personnes qui tentent de se rassembler place de l’indépendance pour contester ce coup d’Etat militaire.

7h45 : des tirs sont entendus dans la capitale. Il s’agit de tirs de sommation, selon l’AFP, dans une ville aujourd’hui quadrillée par les militaires du RSP.

7h40 : Sur RFI, le président de l’Assemblée de transition, Cherif Sy, dénonce un « coup d’Etat » : « Ils ont les armes, c’est une question de rapport de force. Nous, nous sommes mains nues, mais je suis sûr que le peuple se mobilisera. » Il a appelé les Burkinabè à sortir en masse dans les rues aujourd’hui.

7h30 : à la télévision publique burkinabè, un militaire portant l’uniforme du RSP a annoncé la démission du président de la transition Michel Kafando. L’homme s’est présenté au nom d’un Conseil national pour la démocratie (CND) qui a décidé « de mettre un terme au régime déviant de la transition qui s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle. » Le Comité militaire dit vouloir « enclencher un processus cohérent, juste et équilibré devant conduire à la mise en place d’un système institutionnel robuste. Ancré sur les principes cardinaux de la démocratie comme l’égalité politique devant la loi, la libre expression politique et l’alternance, ce système institutionnel sera le socle du développement socioéconomique partagé du Burkina Faso. » Le CND annonce aussi qu’une « large concertation est engagée pour former un gouvernement qui se dévouera à la remise en ordre politique du pays et à la restauration de la cohésion nationale pour aboutir à des élections inclusives et apaisées. »

Burkina : le coup de force en cours du RSP provoque l’indignation internationale

17 septembre 2015 à 08h57 — Mis à jour à 12h02 – Par Jeune Afrique avec AFP

Des militaires du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), l’ex-garde prétorienne de Blaise Compaoré, ont pris en otage mercredi le président intérimaire du pays et son Premier ministre, à Ouagadougou. Un coup de force qui intervient à moins d’un mois de la présidentielle et qui a provoqué l’indignation de la communauté internationale, laquelle exige la libération des dirigeants de la transition.

Les Nations unies, l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont exigé mercredi soir la libération immédiate et inconditionnelle du président intérimaire du Burkina Faso, Michel Kafando, et de son Premier ministre, Isaac Zida, retenus en otage par des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à Ouagadougou depuis mercredi en début d’après-midi. Les trois organisations internationales ont annoncé dans un communiqué conjoint que les auteurs du coup de force répondront de leurs actes et seront tenus pour responsables de toute atteinte à l’intégrité physique du président du Faso, du Premier ministre et des autres personnalités qu’ils détiennent.

Le Conseil de sécurité

Par ailleurs, les trois organisations qui condamnent la violation flagrante de la Constitution et de la Charte de Transition exigent que les forces de défense et de sécurité se soumettent aux autorités de la transition.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a également condamné la détention des deux dirigeants de la transition, réclamant leur libération. Dans une déclaration adoptée à l’unanimité de ses 15 membres sur proposition de la France, le Conseil souligne que cette pris d’otage par des éléments du RSP est une violation flagrante de la Constitution du pays.

La France et les États-Unis

Les membres du Conseil exhortent tous les acteurs au Burkina Faso à s’abstenir de toute violence et réaffirment l’importance de respecter le calendrier électoral qui prévoit des élections le 11 octobre. Les membres du Conseil soutiennent les efforts du représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, de la Cedeao et de l’UA pour résoudre cette crise et soutenir la transition. Les États-Unis, par la voix du porte-parole du département d’État, John Kirby, ont réagi de manière similaire, exigeant la libération de Kafando et Zida.

« Nous condamnons toute tentative de prendre le pouvoir par des moyens extra-constitutionnels », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine dans un communiqué appelant à mettre immédiatement un terme à la violence. « La France est préoccupée par les développements survenus au Burkina Faso et condamne fermement tout usage de la force », a aussi déclaré dans un communiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal, qui exige la libération immédiate des otages du RSP.

Le Maroc

Par ailleurs, assez rapidement après la prise d’otage, le Maroc, pays où Blaise Compaoré se rend fréquemment, a « dénoncé avec vigueur la tentative de coup d’État et le coup de force perpétré contre les institutions de la transition politique au Burkina Faso », dans un communiqué des Affaires étrangères. Il a appelé « les auteurs de cet acte à y mettre fin et à permettre le retour au fonctionnement normal des institutions ».

 

 

 

 

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