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Les combats reprennent au Nord

by sur 19 septembre 2015

De violents combats opposent la coordination des mouvements de l’azawad et les groupes favorables à Bamako.

Une situation qui s’aggrave car, selon les accords signés, les groupes devaient être désarmés et les troupes cantonnés depuis longtemps. Au lieu de cela, les affrontements ne se comptent plus.

Mali : Combats meurtriers entre la CMA et la Plateforme près de la frontière algérienne : Des morts, des blessés, des prisonniers et de nombreux dégâts matériels

 Massiré Diop – L’Indépendant – 19 septembre 2015

 Des affrontements meurtriers ont opposé hier des éléments de la CMA à ceux de la Plateforme près de la frontière algérienne. Selon nos informations, ce sont les ex-rebelles qui ont donné un assaut tôt le matin pour déloger les unionistes de la localité d’In-Faraq, située à environ 35km d’In-Khalil, commune rurale de Tessalit, dans la région de Kidal.

La riposte des éléments de la plateforme a permis de repousser les assaillants. Bien que le bilan soit toujours incertain, l’on évoque des morts, des blessés, des prisonniers et de nombreux dégâts matériels.

Une situation qui rajoute à l’incertitude qui prévaut dans la localité d’Anefis où des ex-rebelles se positionnent aux alentours de la ville à la faveur du retrait des unionistes.

La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader au nord du Mali. C’est une tension très perceptible qui prévaut, renvoyant ainsi la mise en œuvre de l’accord aux calendes grecques. Bien que le retrait des éléments de la Plateforme de la localité d’Anefis soit quasi-effectif – comme l’a constaté la MINUSMA – le processus de paix est toujours au point mort.

Hier encore, les accords de cessez-le-feu ont une nouvelle fois été violés.

En effet, la CMA a attaqué une position contrôlée par la Plateforme dans la localité d’In-Faraq. Malgré le fait que le bilan soit incertain, une chose est sûre: l’assaut des ex-rebelles a bien été repoussé. Pourtant, des sources affirment que ces derniers étaient venus en grand nombre avec à leur tête Cheick Aoussa, le chef militaire du HCUA et Hassane Fagaga, ex-déserteur de la garde nationale actuellement en charge de la sécurité de Kidal.

Une source de la Plateforme a indiqué qu’il y aurait au moins neuf victimes dont quatre du côté de la Plateforme et cinq pour la CMA qui aurait également perdu un véhicule. Les ex-rebelles affirment pour leur part avoir intercepté huit véhicules, dont certains destinés au ravitaillement des unionistes et fait 13 prisonniers dans les rangs de ceux-ci.

Impuissance et faible déploiement de la MINUSMA 

Contactée par téléphone hier par nos soins la MINUSMA, malgré tous ses moyens humains relativement considérables ( 10 920 casques bleus sur les 11 240 autorisés par le Conseil de sécurité de l’ONU) a déclaré n’avoir aucune présence physique dans cette localité très reculée du pays, tout en confirmant des échanges de tirs opposant les deux camps.

Rappelons qu’un peu plus tôt dans la journée, une source de la CMA a justifié cet assaut par le fait que des éléments de la Plateforme s’approchaient depuis plusieurs jours des positions rebelles à In-Khalil. C’est donc pour éviter que ces positions ne leur soient reprises comme à Anefis à la mi-août qu’ils ont mené cette offensive

La CMA  viole en toute impunité les accords de cessez-le-feu

Pourtant, la Communauté internationale, surtout la MINUSMA au risque de se décrédibiliser, doit condamner l’assaut mené par la CMA et le considérer comme une violation de cessez-le-feu. En tout cas, pour éviter le scénario d’Anefis, la Plateforme s’est contentée de repousser l’attaque de la CMA sans entrer dans ses positions à In-Khalil qui étaient à portée de main.

A cette situation s’ajoute l’incertitude qui prévaut toujours à Anefis justement. En effet, après le retrait quasi-effectif de la Plateforme, des mouvements de la CMA ont été signalés aux alentours de la ville. Chose qui inquiète les populations de la localité. Par ailleurs, on assiste de plus en plus à des signes de mauvaise foi des ex-rebelles. Non seulement, ces derniers occupent illégalement deux villages du cercle de Goundam comme l’a constaté une équipe mixte d’observation et de vérification (EMOV), mais aussi et surtout, ils ont boycotté une réunion du Comité technique de sécurité tenue hier au siège de la MINUSMA. A l’évidence, c’est un nouvel écueil dressé devant la mise en œuvre de l’accord qui n’a toujours pas démarré

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT : REPRISE DES AFFRONTEMENTS ENTRE PARTIES SIGNATAIRES DE L’ACCORD

18 septembre 2015

Le Gouvernement de la République du Mali a appris avec un grand regret la reprise des affrontements entre des parties signataires de l’Accord de paix près de In Khalil dans la région de Kidal.

Il condamne sans réserve ces affrontements répétitifs qui constituent des violations graves de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

Il invite toutes les parties à s’inscrire résolument dans la voie de la mise en œuvre de l’Accord de paix et à s’abstenir de toute action de nature à retarder la réalisation des objectifs, notamment l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations qui n’aspirent qu’à vivre en paix.

Le Gouvernement invite la Médiation internationale et la MINUSMA à prendre toutes les dispositions découlant de leur responsabilité, tel qu’il ressort de l’Accord de Paix, et cela pour enrayer toutes les entraves de toutes origines à la restauration de la paix et de la stabilité sociale.

Le Gouvernement du Mali réaffirme sa ferme volonté de mettre en œuvre toutes les dispositions de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation.

Bamako, le 18 septembre 2015

La CMA de retour à Anéfis

 (c) Maliactu du 18 septembre 2015

L’ex-rébellion du nord du Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), a repris vendredi le contrôle de la localité d’Anéfis (nord-est), récemment évacuée par les groupes pro-gouvernementaux qui l’en avaient chassée en août, a appris l’AFP de sources concordantes.

« Les rebelles de la CMA ont repris aujourd’hui la localité d’Anéfis. Mais sans combat. Plusieurs de leurs véhicules sont arrivés dans la ville », a déclaré à l’AFP une source de sécurité au sein de la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

L’information a été confirmée par Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, qui a estimé « normal » de reprendre cette localité, dont les groupes pro-gouvernementaux, sous fortes pressions, ont achevé leur retrait le 14 septembre.

« Anéfis était sous notre contrôle. En violation du cessez-le-feu, les milices avaient pris la ville. Avec les pressions, elles ont quitté les lieux », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Nous, nous sommes revenus sur place », a-t-il souligné, indiquant en outre que la CMA avait renforcé ses positions militaires dans les localités de Tessalit et d’Aguelhok, dans la région de Kidal.

Interrogé par l’AFP, un membre des groupes pro-gouvernementaux, Mohamed Ag Achérif, a dénoncé une « violation du cessez-le-feu » consacré par l’accord de paix entre le camp gouvernemental et la rébellion.

« Lorsque nous avons quitté Anéfis, c’est la Minusma qui devait venir à Anéfis pour assurer la sécurité des populations. Voilà maintenant que la Minusma a laissé la CMA rentrer dans Anéfis », a-t-il déclaré à l’AFP.

Des combats ont opposé jeudi la CMA aux groupes pro-gouvernementaux à In Khalil, à la frontière algérienne, qui restait vendredi aux mains de l’ex-rébellion, selon les mêmes sources.

La Minusma a salué le 15 septembre le retrait des groupes pro-gouvernementaux, précisant qu’elle conserverait « jusqu’à nouvel ordre ses positions autour d’Anéfis afin de surveiller la situation sur place et d’assurer la protection des populations ».

Lors de la deuxième réunion vendredi de la Commission technique de sécurité mise en place par l’accord de paix, le chef militaire de la Minusma, le général Michael Lollesgaard, a exhorté les protagonistes à « revenir aux positions (qu’ils occupaient) au 20 juin 2015, date du parachèvement de l’Accord », selon un communiqué.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les groupes jihadistes y ont été dispersés et en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères malgré la signature de l’accord de paix.

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