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La baisse de l’aide française au développement

by sur 4 octobre 2015

Des chiffres qui font mal… sous un gouvernement de gauche.

Poursuivant la réduction de l’aide au développement entamée sous l’ère Sarkozy, la France voudrait bien que la partie du budget militaire consacrée à la lutte anti-terroriste, soit considérée comme une aide au développement des pays concernés.

TRIBUNE Un budget d’aide au développement en totale contradiction avec les objectifs

La Croix – 30/9/15 – 18 H 54

Des députés interpellent le gouvernement sur la partie du projet de budget 2016 consacrée à l’aide au développement.

Le projet de loi de Finances pour 2016, présenté mercredi 30 septembre par le gouvernement, affiche une nouvelle baisse des crédits de la mission Aide publique au développement (APD). La France sacrifie donc la solidarité internationale en totale contradiction avec les objectifs affichés le 28 septembre par François Hollande à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.

Deux mois avant la COP 21 et quelques jours après le sommet de l’ONU, nous nous attendions pourtant, légitimement, à voir une hausse substantielle du budget dédié à l’aide publique au développement.

PRENDRE UNE TELLE DÉCISION, C’EST RENIER DES ENGAGEMENTS ET UNE RESPONSABILITÉ

Les besoins sont immenses, nous le savons, et cela tant pour financer l’adaptation des pays les plus touchés par le changement climatique que pour mener à bien l’atteinte d’ici à 2030 des objectifs de développement durable. La France s’y est encore engagée lundi à l’ONU.

Les besoins sont immenses dans les pays émergents comme dans les pays les moins avancés. Ils sont immenses en matière de santé – l’épidémie d’Ebola nous a montré à quel point des systèmes de santé efficaces sont essentiels, comme ils le sont en termes d’éducation ou d’agriculture.

C’EST AUSSI FAIRE UN TRÈS MAUVAIS CHOIX STRATÉGIQUE

Dans bien des pays, les enjeux économiques, démocratiques, sanitaires et éducatifs sont aujourd’hui d’autant plus aigus que la faiblesse des États génère des risques de chaos. Paix et sécurité sont les deux revers d’une même médaille, dont l’alliage repose d’abord sur le développement. C’est pourquoi l’aide au développement est, et doit rester, une mission clé de notre politique publique.

Il en va également de la cohérence de nos politiques. On ne se poserait pas la question de comment accueillir des réfugiés si on luttait réellement contre ce qui fait fuir les populations, qu’il s’agisse de guerres, de la pauvreté, ou des catastrophes liées au climat.

Ce n’est pas la perspective d’une hausse des prêts dès 2020, envisagée grâce à l’adossement de l’AFD à la Caisse des Dépôts, qui viendrait combler cette baisse. Les prêts ne doivent pas être l’outil numéro un de notre politique de développement. Ils ne sont pas adaptés aux besoins de financement des politiques publiques des pays les moins avancés, des États fragiles et en crise, ceux qui justement doivent être la priorité de l’aide française.

L’AMBITION DE LA FRANCE EN LA MATIÈRE IMPLIQUE D’Y METTRE DES MOYENS IMPORTANTS, QUI SONT INCOMPATIBLES AVEC LES ÉCONOMIES DE BOUTS DE CHANDELLE QUI FONT DÉSORMAIS OFFICE DE MODUS OPERANDI DE LA POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT

Nous, parlementaires, souhaitons que le projet de loi de finances pour 2016 acte une augmentation de l’aide publique au développement de la France, avec l’objectif de reprendre une trajectoire ascendante vers les 0,7 %.

Nous attendons également du gouvernement qu’il s’engage pleinement dans la mise en place de nouvelles sources de financements publics additionnels au budget de l’aide publique au développement, notamment en augmentant le plafond et l’assiette de la taxe sur les transactions financières.

Signataires: Pouria Amirshahi, François Asensi, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Kheira Bouziane-Laroussi, Fanélie Carrey-Conte, Nathalie Chabanne, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Jean-Pierre Dufau, Hervé Féron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Philippe Noguès, Christian Paul, Patrice Prat, Denys Robiliard, Barbara Romagnan, Suzanne Tallard.

La France prévoit une baisse de l’aide au développement en 2016

Mis à jour le 30 septembre 2015 à 20h19 par Jeune Afrique (Avec Agences)

Volte-face ou communication ratée ? Deux jours à peine après l’annonce par François Hollande d’une hausse à venir de l’aide publique au développement de la France, le budget présenté par son gouvernement annonce plutôt de nouvelles coupes.

Aide au développement : Hollande annonce 4 milliards d’euros de plus à partir de 2020. La France veut qu’une partie de son budget de défense soit considérée comme de l’aide au développement

Dans le projet de loi de finances pour 2016, présenté ce mercredi par le ministre des Finances Michel Sapin, le gouvernement français alloue 2,6 milliards d’euros l’an prochain à l’aide publique au développement, soit une coupe de -6,1 % par rapport 2,77 milliards d’euros prévus en 2015. L’enveloppe dédiée à l’écologie et au développement durable a également été rabotée.

L’annonce de ces coupes a provoqué l’indignation et la surprise des ONG. Elle semble aller à rebours des ambitions affichées il y a seulement quelques jours à peine par le président français François Hollande, qui a promis lors d’un discours aux Nations unies que la France compte « augmenter le niveau d’aide publique au développement pour dégager quatre milliards d’euros à partir de 2020 ».

Baisses consécutives

« Nous sommes abasourdis, écrit dans un communiqué Friederike Röder, directrice France de ONE. C’est la 5e année de baisse consécutive du budget d’aide au développement. Pire encore, la coupe en 2016 est 2 fois plus importante que celle de l’année précédente ».

Selon les estimations de l’ONG fondée par le chanteur Bono, leader du groupe U2, la ligne budgétaire d’aide au développement de la France a baissé de 21 % depuis 2011, soit une coupe de 700 millions d’euros.

Amendement

S’exprimant sur les ondes de la radio publique France Inter, le Premier ministre français Manuel Valls a tenté de repréciser la position de Paris.

Manuel Valls a précisé qu’un amendement du gouvernement serait introduit à l’Assemblée nationale afin de tenir compte de l’annonce de François Hollande à l’ONU.

Cet amendement « sera gagé, équilibré, évidemment, par des économies sur d’autres secteurs », a promis le Premier ministre français.

 

Aide au développement : Hollande annonce 4 milliards d’euros de plus à partir de 2020

28 septembre 2015 à 13h48

Par Jeune Afrique avec AFP

 

 

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L’aide publique au développement de la France va augmenter de quatre milliards d’euros à partir de 2020 pour atteindre 12 milliards d’euros, a annoncé le président français François Hollande lors d’un discours aux Nations unies, le 27 septembre.

 

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« La France a décidé d’augmenter le niveau d’aide publique au développement pour dégager quatre milliards d’euros à partir de 2020 », a déclaré M. Hollande à l’issue d’un sommet de l’ONU sur les objectifs du développement durable qui visent à lutter contre les inégalités économiques et sociales.

 

Il n’a toutefois pas précisé la répartition de cette somme entre la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre la pauvreté.

 

Objectif

 

François Hollande avait annoncé le rapprochement entre l’Agence française de développement (AFD) et la Caisse des dépôts (CDC) lors de la semaine annuelle des ambassadeurs à Paris fin août. Il avait évoqué dans ce cadre une hausse de l’aide publique sans fournir de chiffre.

 

Avec un budget d’environ 8 milliards d’euros (0,36 % du PIB), l’aide de la France reste aujourd’hui loin de l’objectif de 0,7 % de la richesse nationale fixé par de nombreux pays développés.

 

Tendance

 

Dans un communiqué, l’ONG ONE s’est félicitée de cette annonce « à condition que cette augmentation soit concrétisée dès le budget 2016 et aille en priorité vers les pays les plus pauvres, notamment sous forme de dons ».

 

« Après quatre ans de baisse de son budget d’aide, il est grand temps que la France inverse enfin la tendance. Nous attendons de connaître les détails pour juger si la France sera aussi exemplaire que François Hollande l’a annoncé », a réagi la directrice de ONE, Friederike Röder.

 

La France veut qu’une partie de son budget de défense soit considérée comme de l’aide au développement

Jeune Afrique – 10 juillet 2015 à 16h19 – Par Pierre Boisselet

Alors que le budget français consacré au développement est en baisse constante depuis 2010, Paris voudrait qu’une partie plus importante de son effort militaire, notamment en Afrique, soit pris en compte dans les chiffres de l’aide publique au développement.

C’est une proposition audacieuse qu’a faite la secrétaire d’État française au Développement, Annick Girardin. Quelques jours avant de s’envoler pour la Conférence sur le financement du développement, à Addis-Abeba du 13 au 16 juillet, elle a plaidé pour qu’une plus grande partie du budget du ministère français de la Défense soit pris en compte dans le calcul de l’aide publique au développement (APD).

« Il ne s’agit pas de considérer que toutes nos opérations à l’extérieur relèvent de l’aide au développement, a-t-elle expliqué, au cours d’un déjeuner de presse le 8 juillet. En revanche, dans des pays comme le Mali ou la Centrafrique, après les interventions, il y a eu une phase de reconstruction et de stabilisation et l’armée française a parfois contribué au développement de certains territoires ».

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui calcule le montant l’aide publique au développement pour chaque pays, prend pourtant déjà en compte certaines dépenses de défense, notamment l’assistance aux réfugiés ou encore les missions civiles des opérations de maintien de la paix validées par l’Onu.

Ainsi, 51,6 millions d’euros de dépenses du ministère français de la Défense ont été comptabilisés comme APD en 2013. Dans cette enveloppe, on trouve par exemple du soutien budgétaire à Djibouti (36 millions d’euros) ou encore de « l’aide humanitaire » au Tchad (6 millions d’euros).

Mais la France – comme d’autres pays – voudrait aller plus loin, comme l’a déjà affirmé Annick Girardin à l’OCDE en décembre dernier. Paris souhaiterait notamment que soient comptabilisées certaines dépenses de formation de personnel militaire à des fins non militaires ou encore le « soutien à l’Etat de droit », la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. Ces propositions doivent être examinées à l’OCDE début 2016.

Un artifice comptable pour faire gonfler les chiffres de l’APD ?

L’objectif est-il de redresser les chiffres de la contribution française à l’aide au développement ? Ceux-ci sont en effet peu flatteurs. Alors que la France s’apprête à accueillir à Paris la conférence Paris-Climat, en décembre – au cours de laquelle Paris veut renforcer les financements en direction des pays les moins avancés – sa propre contribution publique au développement est en baisse constante depuis 2010.

L’aide publique au développement de la France, a reculé, entre 2013 et 2014, de 11,3 à 10,3 milliards de dollars, soit de 0,41 à 0,36% du revenu national brut (RNB).

« En 2014, nous sommes malgré tout passés devant le Japon pour devenir les quatrièmes contributeurs mondiaux [derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne], tient toutefois à préciser un membre de l’entourage d’Annick Girardin. Nous en faisons plus que ce que laisse penser notre rang dans l’économie mondiale. » Reste que la France s’est encore éloignée de l’objectif des 0,7% du RNB consacrés au développement que se sont fixés les pays du G7 en 2005.

Mais selon les proches de la secrétaire d’État, l’éventuelle modification du calcul de l’APD changerait peu les chiffres de l’aide française. « La différence serait de quelques dizaines de millions d’euros au maximum, affirme un membre de son entourage. Ce n’est pas notre objectif. Ce que nous voulons, c’est une reconnaissance du fait que la consolidation des appareils sécuritaires des États participe au développement. Comme on l’a vu en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali ou encore en Centrafrique, les crises sécuritaires peuvent faire reculer brutalement l’économie et le développement de certains pays. Cela incitera peut-être d’autres pays développés à faire plus en ce sens. »

En dehors de ses budgets de la Défense, la France promet par ailleurs de faire de nouveaux efforts en matière de développement et de lutte contre le changement climatique. « L’ensemble du gouvernement est d’accord pour faire de nouvelles annonces d’ici à décembre, notamment en direction de nos seize pays prioritaires [tous africains, ndlr] », affirme Annick Girardin.

 

Aide au développement : quels pays ont tenu leurs promesses ?

Mis à jour le 09 juillet 2015 à 14h31 Par Aurélie Bazzara

L’approche de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra du 13 au 16 juillet prochain à Addis-Abeba, est l’occasion de faire le point sur les bons et les mauvais contributeurs à l’aide au développement. « Jeune Afrique » décrypte.

Lors de la 1ère Conférence internationale sur le finalement du développement, organisée à Monterrey au Mexique en 2002, les pays développés se sont engagés à consacrer 0,7 % de leur Revenu national brut à l’aide au développement [PDF], dont au moins 0,15-0,2 % aux 48 pays les moins avancés (PMA) dont 34 se trouvent en Afrique.

Plus d’une décennie après cette promesse, et alors qu’approche la troisième Conférence internationale sur le financement du développement prévue du 13 au 16 juillet prochain à Addis-Abeba, l’analyse des politiques d’aide des pays développés, notamment celle des membres du G7 et des 34 États de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rappelle l’écart important entre leurs engagements et la réalité.

Aide

Selon les données de l’OCDE, compilées par l’ONG One dans son rapport Data 2015, entre 2005 et 2014, le Royaume-Uni a été l’unique État membre du G7 à avoir respecté cet engagement… à deux reprises seulement : en 2013 et en 2014. L’aide publique au développement (qui exclut les allègements bilatéraux de dette bilatéraux mais tient compte de l’aide bilatérale et multilatérale) de trois d’entre eux – le Japon, les États-Unis, l’Italie – atteint à peine la barre des 0,2 % du RNB durant toute cette période.

Quels sont les bons élèves parmi l’OCDE ?

Sans surprise, les pays scandinaves figurent parmi les meilleurs élèves. Depuis 2005, la Norvège, la Suède, le Danemark et le Luxembourg ont consacré chaque année au moins 0,7 % de leur RNB à l’aide publique au développement (APD). Cela a aussi été le cas des Pays-Bas entre 2005 et 2011.

Quels sont les mauvais élèves ?

Les États-Unis, l’Italie et le Japon ne sont pas les seuls pays membres de l’OCDE dont l’aide au développement n’atteint pas 0,2 % de leur RNB. À leurs côtés, on retrouve aussi la Grèce, la Slovénie, la Corée ou encore la Pologne.

Quels sont les plus gros donateurs ?

Il est important de noter que si la contribution de la plupart des grands pays développés est en dessous des objectifs annoncés à Monterrey, ils restent néanmoins les plus gros donateurs.

Les États-Unis ont beau figurer parmi les « mauvais élèves » lorsqu’il s’agit de la proportion du RNB dévolue à l’aide au développement, l’aide publique américaine demeure pourtant la plus importante au sein des pays membres de l’OCDE, avec 32 milliards de dollars apportés en 2014.

Depuis 2009, le Royaume-Uni est le second plus gros contributeur parmi les membres de l’OCDE, devant l’Allemagne. L’an dernier, la Grande-Bretagne a accordé 19,38 milliards de dollars en aide au développement, devant l’Allemagne (16 milliards), la France (10,36 milliards de dollars), le Japon (9,19 milliards) et la Suède (6,19 milliards).

 

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