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Vrai responsable ou menu fretin ?

by sur 4 octobre 2015

Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab, a été remis à la Cour Pénale Internationale (CPI) par le Niger où il a été appréhendé.

Au Mali (qui n’a encore présenté aucun des terroristes arrêtés à  la CPI) la question est de savoir s’il a joué un rôle direct non seulement dans la destruction des mausolées de Tombouctou, mais aussi dans la police religieuse des moeurs qui a semé la terreur dans la ville.  

Avec une autre question récurrente : quand verra-t-on les leaders Iyad Ag Ghali ou  Amadou Kouffa, arrêté et remis, eux aussi, pour jugement ?

 

Détention d’un Malien à la CPI : De la poudre aux yeux ?

Daba Balla KEITA – Tjikan – 02/10/2015 

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Ahmad Al Faqi Al Mahdi lors de son audience de première comparution le 30 septembre 2015 devant la Cour pénale internationale ©ICC-CPI

Pour avoir démoli des mausolées à Tombouctou, classée ville patrimoine mondial de l’Unesco, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab a été remis à la Cour Pénale Internationale (CPI). Le transfèrement de ce premier Malien à la Haye a été perçu au Mali comme un non évènement. Aucune réaction du gouvernement. Pour le citoyen lambda, c’est comme du vent qui souffle : on l’a entendu.

Avant la destruction des mausolées à Tombouctou, il ya eu au Mali de pires violations des droits de l’homme à Aguel hoc le 17 Janvier 2012. Après la démolition des mausolées de Tombouctou, il ya eu des crimes beaucoup plus graves  (les massacres au gouvernorat de Kidal entre le 18 et le 21 Mai 2014). Alors question : pourquoi les auteurs (dont certains sont connus) de ces violations perpétrées contre les droits de l’homme n’ont pas été démasqués et envoyé au CPI ?  Le prétendu procès d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab n ‘est-il pas de la poudre aux yeux ?

Où sont passés Iyad et Amadou Koufa ?

Avant Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab, Iyad Ag Ghali  et Amadou Koufa, les deux commanditaires doivent être trouvés et traduits devant la CPI. L’un des auteurs présumés de la destruction des sites historiques à Tombouctou, du nom d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab, de nationalité malienne se trouve donc depuis un certain temps, dans les mailles de la Cour Pénale Internationale (CPI), à la Haye au Pays-Bas.

Le prévenu a comparu, pour la première fois le mercredi 30 Septembre 2015, au cours d’une audience dite de confirmation de son identité. L’ouverture du procès pour confirmer les charges est prévue pour le 18 Janvier 2016. En attendant, il est reproché à Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab d’avoir assisté et participé à la destruction des monuments historiques de Tombouctou, la 6ème région administrative du Mali.

Pour la plupart des Maliens, l’arrestation du djihadiste  en question, (il est un allié du mouvement d’Ançar dine d’Iyad Ag Ali), est un non évènement. Certes, la destruction des monuments historique est condamnable en soi. Mais il y a eu les pires formes de violations des droits humains au Mali.

Les crimes de sang d’abord

Mais avant Tombouctou, il y a eu Aguel Hoc en janvier 2012, où des dizaines de soldats Maliens ont été sauvagement assassinés. Jusque-là, les commanditaires et les exécutants de ces crimes courent dans la nature. Cette mise en scène, n’a pas eu de la compassion pour la CPI et ses parrains.

Les évènements de Kidal en mai 2014, où des hauts fonctionnaires du Mali (civils et militaires) ont été égorgés au gouvernorat de Kidal. Jusque-là, aussi, pas d’action. Personne n’a entendu d’arrestation s des bourreaux des plus hauts représentant du Mali à Kidal.

Où se cache Iyad Ag Ghaly, le président fondateur d’Ançar dine ? Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ou Abou Tourab qui se trouve aujourd’hui devant la CPI, n’est qu’un menu fretin face à Iyad. On dit de lui qu’il était une personnalité très active au moment de l’occupation de la ville de Tombouctou (de 2012 à 2013) individuellement et conjointement, il aurait participé à la destruction des édifices publics.

Tout le monde sait qu’au moment de l’occupation, Iyad Ag Ghali était le maître de Tombouctou et de Kidal. Où est passé un certain Amadou Koufa qui prétend être le leader du Mouvement pour la Libération du Macina ?

Nous n’avons pas dit que les mausolées ne sont pas importantes, mais  il ya plus important que les monuments. La personne humaine est sacrée et inviolable. Les crimes de sang doivent passer avant les crimes sur les monuments.

Première comparution d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi devant la CPI

Source : http://www.icc-cpi.int/ 30 septembre 2015

Affaire : Le Procureur c. Ahmad Al Faqi Al Mahdi

Aujourd’hui, le 30 septembre 2015, Ahmad Al Faqi Al Mahdi a comparu devant le juge unique de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI), M. le juge Cuno Tarfusser, au siège de la Cour à La Haye (Pays-Bas). La juge unique a fixé de façon provisoire le début de l’audience de confirmation des charges au 18 janvier 2016.

L’audience de première comparution a eu lieu en présence de l’Accusation et de la Défense. Ahmad Al Faqi Al Mahdi était représenté par son Conseil de permanence, Maître Mohamed Aouini. Au cours de l’audience, le juge a vérifié l’identité du suspect et s’est assuré qu’il soit informé des crimes qui lui sont reprochés et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome dans une langue qu’il comprend et parle parfaitement, c’est-à-dire l’arabe.

L’ouverture de l’audience de confirmation des charges est fixée de façon provisoire au 18 janvier 2016. Une audience de confirmation des charges sert à déterminer s’il y a des motifs substantiels de croire que le suspect a commis ces crimes. Si la Chambre préliminaire décide de confirmer les charges, elle renverra l’affaire devant une Chambre de première instance, laquelle sera chargée de conduire la phase suivante de la procédure, à savoir le procès lui-même.

Contexte : Il est allégué qu’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, né à Agoune, à 100 kilomètres à l’ouest de Tombouctou, au Mali, Touareg de la tribu Ansar Touareg, était une personnalité active dans le contexte de l’occupation de la ville de Tombouctou et était membre d’Ansar Eddine, opérant en étroite association avec les leaders des deux groupes armés et dans le contexte des structures et institutions mises en place par eux. Il aurait été notamment, jusqu’en septembre 2012, à la tête de la « Hesbah », « Brigade des mœurs », opérationnelle à partir de mai 2012, et également associé au travail du Tribunal Islamique de Tombouctou et aurait participé à l’exécution de ses décisions. Plus spécifiquement, il aurait été impliqué dans la destruction des bâtiments mentionnés dans le chef d’accusation.

La Chambre a conclu que les preuves présentées par le Procureur donnent des motifs raisonnables de croire que M. Al Mahdi est pénalement responsable pour avoir commis, individuellement et conjointement avec d’autres personnes, facilité ou autrement contribué à la commission, les crimes de guerre allégués par le Procureur concernant des attaques dirigées intentionnellement contre les bâtiments suivants : 1) le mausolée Sidi Mahmoud Ben Omar Mohamed Aquit, 2) le mausolée Cheick Mohamed Mahmoud Al Arawani, 3) le mausolée Cheikh Sidi Mokhtar Ben Sidi Mouhammad Ben Cheick Alkabir, 4) le mausolée Alpha Moya, 5) le mausolée Cheick Sidi Ahmed Ben Amar Arragadi, 6) le mausolée Cheick Mouhamad El Micky, 7) le mausolée Cheick Abdoul Kassim Attouaty, le mausolée Ahamed Fulane, 9) le mausolée Bahaber Babadié, et 10) la mosquée Sidi Yahia

Un touareg malien devant la CPI pour la destruction des mausolées de Tombouctou

Sahel-Intelligence  – Frédéric Powelton 28 septembre 2015 

Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi, un Touareg malien leader d’un groupe islamiste malien lié à Al-Qaïda, a été remis samedi à la Cour Pénale Internationale (CPI) aux Pays-Bas, dans le cadre de la première instruction par la cour, d’un dossier concernant la destruction d’édifices religieux et de monuments historiques.

Ce Touareg est le premier suspect arrêté dans l’enquête ouverte début 2013 au Mali portant sur les exaction commises par les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qui avaient pris le contrôle du nord du Mali en mars-avril 2012, après la déroute de l’armée face à une rébellion à dominance touarègue.

Originaire de la région de Tombouctou, Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi, remis samedi à la CPI, est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans le contexte de l’occupation de la ville de Tombouctou. Il aurait pris la tête d’une « brigade des mœurs », en étroite collaboration avec les leaders des deux groupes armés « Ansar Dine et AQMI », qui avait fonctionné entre mai et septembre 2012.

Il est également soupçonné par la CPI d’avoir participé à l’exécution de décisions prises par le Tribunal islamique de Tombouctou. Il est concrètement accusé du crime de guerre consistant à « diriger intentionnellement des attaques contre deux bâtiments (neuf mausolées et une des trois plus importantes mosquées de la ville). Le mandat d’arrêt le concernant avait été émis le 18 septembre 2015. Aucune précision n’a été donnée sur la date ou les circonstances de son arrestation.

Ce procès est déjà en soi, une victoire, pour l’Unesco qui avait lancé l’année passée, un vaste programme de reconstruction de Tombouctou, et notamment de ses mausolées. Elle estime que tous les mausolées de la ville, 16 au total, seront reconstruits d’ici la fin de l’année.

 

UN JIHADISTE MALIEN DU GROUPE ANÇAR DINE REMIS À LA CPI

Publication : samedi 26 septembre 2015 17:25

Un des leaders présumés du groupe islamiste Ançar dine, a été remis aujourd’hui à la Cour pénale internationale. Ahmad Al Faqi Al Mahdi originaire de la région de Tombouctou a été remis par les autorités du Niger à la CPI.

Il est soupçonné d’avoir pris part à la destruction en 2012 de mausolées dans la cité des 333 saints.

Cette opération de remise du suspect Ahmad Al Faqi Al Mahdi à la Cour pénale internationale est « une étape importante dans la lutte contre l’impunité, non seulement au Mali, mais aussi dans la région africaine du Sahel et du Sahara » annonce la CPI.

Ahmad Al Faqi Al Mahdi est accusé de « crime de guerre consistant à diriger intentionnellement des attaques contre dix bâtiments consacrés à la religion et des monuments historiques dans la ville de Tombouctou ».

Membre important du groupe armé « Ansar Dine », il est également connu sous le nom d’ « Abou Tourab ». Selon la Cour Pénale Internationale, « Ahmad a joué un rôle prépondérant et actif dans le fonctionnement de la structure locale établie pendant l’occupation de Tombouctou par le groupe en 2012 ».

Originaire d’Agoune, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Tombouctou, le mandat d’arrêt concernant Ahmad avait été émis le 18 septembre 2015. Toutefois, aucune précision n’a été donnée sur la date ou les circonstances de son arrestation.

« Les attaques intentionnelles contre des monuments historiques et bâtiments consacrés à la religion sont des crimes graves relevant du Statut de Rome – le traité fondateur de la CPI », a déclaré le procureur de la cour. « Un comportement aussi répréhensible ne saurait rester impuni plus longtemps », ajoute le premier responsable de l’institution.

Cette opération est la première mesure importante prise par la Cour Pénale Internationale dans le cadre de la situation au Mali et qui découle directement des enquêtes de la Cour.

Pour la première fois, la Cour Pénale Internationale va instruire un dossier concernant la destruction d’édifices religieux et de monuments historiques. Selon le procureur de la CPI, « ce travail sera poursuivi pour mettre en évidence la gravité de ces crimes de guerre avec l’espoir que ces efforts pourront contribuer à la prévention de telles exactions dans le futur ».

Selon le procureur général de la CPI Fatou BenSouda : « Le peuple du Mali mérite que justice lui soit rendue pour les attaques contre ses villes, ses croyances et ses communautés. Que les choses soient claires : les charges portées à l’encontre de Ahmad Al Faqi Al Mahdi portent sur des crimes extrêmement graves; elles concernent la destruction de monuments historiques irremplaçables. Il s’agit d’une attaque contre la dignité et l’identité de populations entières, contre leurs racines religieuses et historiques. Les habitants du nord du Mali, principales victimes de ces attaques, méritent que justice soit faite.

C’est la première fois que mon Bureau, sur la base des éléments de preuve recueillis dans le cadre de ses enquêtes, porte de telles accusations contre un suspect devant la Cour. Nous allons poursuivre notre travail pour mettre en évidence la gravité de ces crimes de guerre avec l’espoir que ces efforts pourront contribuer à la prévention de telles exactions dans le futur.

Je suis reconnaissante aux autorités du Mali et du Niger pour leur coopération dans cette opération de remise ».

L’Association Malienne des Droits de l’Homme félicite les autorités nigériennes qui ont remis ce jihadiste à la CPI. Pour elle, « l’arrestation de Ahmad Al Faki Al Mahdi ne peut être qu’une bonne nouvelle ». L’AMDH estime aussi que c’est « un grand pas dans la lutte contre le terrorisme ».

Amadou Boubacar Tékété secrétaire général de l’AMDH est joint au téléphone par Ayouba Sow : « Pour moi ce n’est pas une surprise. Je sais qu’un jour l’histoire va donner raison à ceux qui sont sur le droit chemin. Parce qu’une faute comme celle-là est une faute internationalement reconnue et condamnée. Je félicite les autorités nigériennes parce que là, ils ont fait un acte de solidarité. Et, je ne peux que m’en féliciter parce que je crois que c’est une prise de conscience de la part de la société civile et des décideurs. C’est la justice qui peut approuver des accusations. En tout cas, c’est des accusations dont les fautes ne restent pas sans être sanctionnées. L’impunité est une mauvaise affaire. Il faut qu’on arrête l’impunité au niveau de l’Afrique. Parce que moi, je ne pense même pas que ça soit des religieux lorsqu’on va casser des mausolées. Là je crois que c’est tout à fait antireligieux. Moi, je crois qu’ils ont été guidés par le Satan et ils vont répondre de leur faute ».

Les habitants de Tombouctou se réjouissent de l’arrestation du jihadiste Ahmad Al Faki Al Mahdi et de son transfert à la CPI. Cependant, ils demandent que « les chefs jihadistes qui sont toujours dans la nature soient eux aussi arrêtés et traduits devant la justice ». Selon la population de la cité des 333 saints, Ahmad Al Faki n’était qu’un simple exécutant.

Un habitant de la ville sous couvert d’anonymat nous parle de Ahmad Al Faki Al Mahdi. Il est joint au téléphone par Ayouba Sow : « Avant l’occupation islamiste, c’était un habitant de Tombouctou qui enseignait. Je pense qu’il doit même être un fonctionnaire de l’état malien. Quand la ville a été occupée, il a adhéré au mouvement Ansar Dine et je pense qu’il était du secteur de l’éducation. C’était lui qui contrôlait un peu tout ce qui se passait dans les écoles qui pouvaient ouvrir à l’époque. Il était aussi un indicateur. C’est lui qui dirigeait les islamistes vers les mausolées et cimetières. Il apparaît lui, à notre avis, comme un simple exécutant. On sait qu’il y a des gros bras des islamistes comme Iyad Ag Ghali, comme Sanda Ould Boumama et Ouka Ouka; qui ont fait les pires crimes et qui ont été libérés par les autorités maliennes. Je pense qu’il est mieux qu’il soit jugé par la CPI. Parce que si on l’arrêtait au Mali, les islamistes vont tout faire, même le MNLA, parce que c’est aussi un militant du MNLA, pour mettre la main sur deux ou trois militaires maliens et demander qu’il soit échangé ».

 

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