Skip to content

Blocage au Comité de suivi de l’accord

by sur 7 octobre 2015

Nouveau blocage du Comité de suivi de l’accord de Paix… La CMA et la Plateforme exclue le COMPIS 15 qui dit représenter une bonne partie des populations des régions de Gao et Tombouctou.

La tentative d’exclusion de la COMPIS 15 du CSA « est une réelle menace pour la paix » (Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune)

Propos recueillis par Aliou Hasseye – © maliactu.net – 6 octobre 2015

Plus de trois mois après la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali par toutes les parties, son processus de mise en œuvre tourne au ralenti. Le dernier point de blocage se situe au niveau de la composition du Comité de suivi de l’Accord (CSA).

Opposées à la présence des mouvements de la COMPIS 15 au sein du CSA, la Plateforme et la CMA ont, dans un communiqué en date du 29 septembre, annoncé la suspension de leur participation aux travaux des sous-comités thématiques du CSA jusqu’à la clarification de la situation concernant les « nouveaux acteurs ».

A ce sujet, Mali Actu a rencontré Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, secrétaire général de la CPA et coordinateur de la Coordination des Mouvements Prônant l’Inclusivité et Signataires de l’accord du 15 mai 2015 (COMPIS 15).

Selon Monsieur Ag Mohamedoune, « il n’y a pas eu de nouvel acteur depuis la signature de l’accord », et ceux que qualifient la CMA et la Plateforme de « nouveaux acteurs » sont « ceux qui représentent véritablement les populations », défend-il, tout en alertant sur cette tentative d’exclusion qu’il juge « dangereux » et qui constitue « une réelle menace pour la paix ».

La Plateforme et la CMA ont suspendu leur participation aux travaux des sous comités thématiques, en guise de protestation à la présence des mouvements de la COMPIS 15 au Comité de Suivi de l’Accord. Comment interprétez-vous cette position ?

Tout d’abord, ce qu’il faut rappeler dans le communiqué auquel vous faites allusion, ils avaient traité les acteurs en question d’intrus. Cela est extrêmement dangereux comme qualificatif parce qu’il s’agit des propriétaires de l’accord, de ceux qui représentent véritablement les populations concernées par l’accord. Il n’y a pas eu de nouvel acteur depuis la signature de l’accord.

L’une des chances que ce processus a eu c’était son caractère inclusif. C’est ce qui fait sa différence avec les accords antérieurs qui ont malheureusement échoué.

On a eu l’accord d’Alger. Et ce qui ce passe aujourd’hui est très grave. Parce que la population a été impliquée dans les négociations. Et à sa grande surprise, dans la mise en œuvre de l’accord, c’est devenu une question de lobby, de business.

Aujourd’hui, la CMA et la Plateforme se retrouvent avec cette position, vidées même de leur légitimité populaire. Et c’est pourquoi, il y a eu le peuple dans la rue à Gao. C’est pourquoi aujourd’hui, il y eu une nouvelle coordination qui s’est créée pour préserver ces acquis de l’inclusivité, ces acquis de l’implication de la population.

Il ne s’agit pas de nouveaux acteurs. Il s’agit de ceux là même qui ont négocié l’accord. Il s’agit de ceux là même qui ont pris le risque sur eux de signer la paix le 15 mai, qu’on est en train de chercher, soit à minimiser, à sous-représenter, alors qu’ils ont tous les droits de représentation ; soit complètement à exclure pour d’autres. Cela est dangereux et cela est une réelle menace pour la paix.

Les mouvements de votre coalition seraient-ils prêts à réintégrer la Plateforme ou la CMA, si ceci vous est proposé ?

Le terme, vous l’avez bien l’utilisé, « réintégrer ». Parce que, effectivement, ils appartenaient soit à la CMA, soit à la Plateforme. Si la CMA et la Plateforme reconsidèrent leur position, pour comprendre que ça c’est une partie d’elles, il faut les impliquer avec les mêmes droits que les autres qui sont restés, il n’y a pas de problème. Le problème est réglé ! Autrement, ce qui va arriver c’est qu’il y aura une quatrième partie. Elle va s’imposer. La quatrième partie va s’imposer parce que les mécanismes de signature de l’accord imposent cela.

Un communiqué de la médiation internationale a appelé les mouvements à signer séparément ou collectivement. Le mécanisme de signature même a fait que l’ensemble des trois mouvements s’est fait mandaté pour signer alors que dans un autre ensemble de plusieurs mouvements, c’est trois qui ont signé. Rien que pour ça, on est obligé de redéfinir les parties.

Maintenant, si la redéfinition des parties fait peur à tout le monde, on est d’accord. Parce que, effectivement, il ne faut pas donner l’occasion de toucher l’accord, parce qu’il y a des choses en substance qui ne sont pas bien. Des velléités qu’on a tues, qu’on a géré, il ne faut pas les réveiller. D’accord, si c’est ça la crainte.

Au moins, puisque ces mouvements appartiennent à des ensembles, il faut les réintégrer de la façon la plus respectable. Il ne faut pas les réintégrer comme des minables. Il s’agit de la population, il s’agit d’une armée. Il faut les respecter et leur donner leurs droits dans ses ensembles auxquelles elles ont été parties prenantes jusqu’à la signature. C’est tout à fait légitime.

Est-ce à dire qu’aujourd’hui, vous vous sentez trahis ?

Nous pensons même qu’il y a une sorte de conspiration contre le peuple. Nous pensons que la paix est menacée. C’est ça la vérité. Nous pensons que la paix est menacée parce que si on racole des choses pour dire que des ensembles se sont entendus, c’est la paix. Alors qu’à l’intérieur, ces ensembles n’existent que de noms, toute la substance est partie, elle est fâchée, elle est frustrée, c’est une paix de facette.

Aujourd’hui, c’est 90 % de la communauté sédentaire et pareil de la communauté nomade. C’est pratiquement deux régions qui se sentent complètement frustrées, mises à l’écart du processus. Ce qui est dangereux, extrêmement dangereux. Cela doit être corrigé le plus rapidement possible.

Quelles sont ces deux régions ?

Je parle de Tombouctou et Gao.

A ce stade, que propose la médiation en vue de décrisper la situation ?

A la réunion du comité de suivi dernier, un groupe de contact a été mis en place, présidé par son Excellence, le président Buyoya. Nous sommes en contact. Nous sommes en train de discuter. Ils sont dans la logique de plusieurs scénarii.

Au dernier contact, ils nous ont donné l’assurance qu’ils feront tout pour que le caractère inclusif de l’accord soit préservé. Ils feront tout pour que les mouvements signataires de l’accord soient totalement dans leur droit, et leur représentation soit améliorée de la meilleure façon, c’est-à-dire les mouvements signataires qui composent la COMPIS 15, et qui le sont en vertu de l’article 58 et 67 de l’accord. Voilà ce qu’on nous a appris.

On continue de discuter. Ce qui est sûr, c’est que nous avons toujours été disponibles et prêts pour maintenir la cohésion, pour maintenir la paix. Mais pas jusqu’à sacrifier l’essentiel de nos population. Jamais ! Nous ne sommes pas dupes.

Vous êtes optimiste quant à une sortie de crise ?

Nous sommes tout à fait optimistes. De la même manière quand le 13 mai, on nous disait : est-ce que vous pensez que le 15 mai, il y aura une signature ? C’était plus compliqué qu’aujourd’hui. Nous étions dans des bases militaires avec les hommes. Nous étions dans des camps de refugiés de M’Berra qui est le camp le plus dangereux, le plus peuplé de toute ces régions aujourd’hui. Nous avons dit qu’on allait signer le 15 mai. Nous l’avons dit militairement. Nous l’avons dit politiquement. Parce qu’on croyait à la paix, on croyait en notre pays. Et on était là.

Alors ici aussi, nous sommes optimistes parce que nous avons toujours fait le premier choix, fait le bon choix. Nous ferons aussi le premier choix, nous ferons le bon choix. Nous sommes optimistes qu’une solution se trouvera. Mais on ne cédera pas pour sacrifier nos populations.

Malgré ce désaccord, le CSA continue ses activités. Etes-vous associés à toutes les discussions et décisions au sein de cet organe ?

Le CSA essaie de travailler sur un certain nombre de points. Mais le CSA ne fonctionne pas encore parce qu’il ne connait pas sa composition. La structure n’est pas mise en place. Elle fonctionne avec des parties mais elle ne connait pas ses démembrements. Elle ne peut pas s’organiser parce qu’on ne connait pas ses démembrements.

Nous sommes associés dans les activités. La dernière fois, il y a eu un format un peu spécial. Le CSA s’est déroulé dans deux couloirs. Un couloir partie internationale, gouvernement, CMA, Plateforme et un couloir partie internationale, gouvernement et nous autres mouvements constituant notre ensemble, la COMPIS 15.

Il est clair que la médiation a toujours dit qu’elle n’accepte pas la COMPIS 15 comme quatrième partie. Nous avons dit : il n’y a pas de problème. La médiation a dit : nous n’accepterons jamais que quelqu’un soit exclu du processus. Alors là, on leur a dit : Nous parlons le même langage. Mais apportez la formule qui garantisse à chacun son inclusion dans le processus. Parce que vous n’avez pas en face de vous de nouveaux acteurs. Il s’agit de ceux-là avec qui vous avez fait Alger, ceux-là qui ont signé l’accord.

Nous avons dit : nous ne vous imposons pas la création d’une quatrième partie. Nous ne vous imposons pas la COMPIS 15. Mais elle est née, elle fait son chemin. Elle va exister puisqu’elle existe déjà pour préserver à jamais le caractère inclusif de l’accord. Pour préserver à jamais l’intérêt supérieur de notre pays, le Mali. Pour qu’on ne sombre dans aucun autre agenda encore.

 

 

Advertisements
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :