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Une commission difficile à constituer

by sur 7 octobre 2015

Le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, Ousmane Oumarou Sidibé, a été nommé, mais la commission elle-même à des difficultés à voir le jour.

En cause : sa composition.

En attendant la nomination des membres

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 5 octobre 2015

La Commission Vérité, Justice et Réconciliation tarde à se mettre en place après la désignation de son président, Ousmane Oumarou SIDIBE.

Celui-ci est pour le moment en train de consulter les hauts responsables du pays, chefs des grandes Institutions de la République.

Si la vérité et la réconciliation peuvent aller de pair, il n’en va pas de même de la justice que revendiquent les victimes car celle-ci peut aboutir à des emprisonnements. Comment peut-on se réconcilier quand une partie est condamnée par la justice ?

Il faut penser à régler cette épineuse question suivant les canaux traditionnels.

La CVJR travaillera essentiellement avec les communautés qui ont subi des exactions de toutes sortes qui vont des violences corporelles aux viols et assassinats.

Ces exactions ont souvent été commises par des personnes qui connaissent les victimes et sont parfois même leurs voisins. L’ampleur de ces exactions est telle qu’elles ont conduit à de profonds traumatismes psychologiques qui mettront du temps à se résorber.

C’est donc des communautés profondément meurtries qu’il va falloir rassembler pour évoquer leurs souffrances et y trouver des remèdes.

L’entreprise paraît très difficile d’autant plus que du temps passe qui peut faire croire que l’on joue au pourrissement de la situation ce qui est très dangereux. Certes le ministre de la réconciliation a déjà entrepris des actions sur le terrain qui ont abouti à la réconciliation de certaines communautés dans certaines localités.

Cependant toutes les communautés n’ont pas été touchées dont une grande partie des réfugiés qui ont été si marqués qu’ils n’ont pas encore été convaincus de rentrer au pays.

C’est pourquoi la CVJR doit être composée de personnes qui ont une grande expérience du terrain, qui ont une grande expérience dans le règlement des conflits et qui connaissent parfaitement les mécanismes de gestion des conflits en milieu traditionnel.

Ces qualités seront indispensables pour amener les victimes à affronter les regards des bourreaux d’hier quand il va falloir les rassembler pour évoquer le passé douloureux. Il apparaît l’impérieuse nécessité pour les membres de l’CVJR de connaître au moins une langue du nord pour éviter d’avoir à traduire du Français.

Parler aux populations directement dans leurs langues serait de nature à faciliter les contacts, à libérer les esprits et à instaurer un climat propice à la concertation.

Il est indispensable, en s’adressant aux populations, de le faire par les canaux traditionnels. S’appuyer sur les chefs locaux (chefs de village, leader religieux, communicateurs traditionnels) serait la meilleure formule car les populations se sentiront plus à l’aise et s’approprieront directement les débats.

Autrement, il y aurait des blocages car il ne faut surtout pas faire croire qu’on leur en impose. Les membres de la CVJR ne doivent pas être sentis comme des gens de Bamako qui viendraient avec des solutions toutes faites. C’est pourquoi la CVJR doit avoir des démembrements dans les zones concernés.

La religion et les us et coutumes sont favorables au pardon dans notre société. Encore faut-il que ceux qui ont commis des actes criminels puissent demander le pardon, publiquement. Cependant il ne faut pas pour autant s’attendre à des séances faciles. L’ampleur des actes posés a parfois atteint un haut degré de cruauté qui fait que les cœurs sont encore loin de l’apaisement.

Le fait que l’on n’assiste plus à des actes de vengeance est déjà un bon signe. Il appartiendra à la CVJR d’user de beaucoup de tact pour amener les uns et les autres à vouloir se rencontrer et à se parler. C’est cela le plus difficile.

La paix au nord ne se construit pas seulement avec les groupes armés. Le plus important est d’amener les populations à retrouver le vouloir vivre ensemble qui était le leur avant l’occupation. Ce vouloir vivre ensemble est à reconstruire et il faut du temps pour que les esprits l’acceptent.

Il faut donc l’inscrire dans la durée. Accepter de se rencontrer et de se parler serait déjà un pont départ car le reste se construira au fil des années.

Les rapports séculaires de paix et d’entente ne sont sans doute pas profondément entamés. On pourra s’y appuyer pour que les populations du nord retrouvent la sérénité des esprits et la paix des cœurs.

 

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