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A propos de corruption : l’oeuf ou la poule ?

by sur 11 octobre 2015

Un article intéressant à verser au dossier de la corruption : et si l’on avait le courage d’arrêter de se faire plumer ? Une amie malienne me disait à propos de la lutte contre la corruption : « on parle toujours des corrompus, mais quid des corrupteurs sans lesquels la corruption n’existerait pas…« 

Mali : Les corrompus existent grâce aux corrupteurs

Aliou Hasseye – © maliactu.net – 9 octobre 2015

 

Le phénomène de la corruption au Mali a atteint des proportions si dramatiques qu’il est pratiquement érigé en règle dans la quasi-totalité des différentes sphères de l’Etat.

Rares sont les services publics qui sont épargnés par la perversion galopante des agents qui doivent les faire tourner. Les dessous-de-table ne méritent plus leur appellation au Mali tant ils circulent de nos jours au vu général. Sans vergogne, certains fonctionnaires font de leur quotidien, la perception illégale de pots-de-vin en contrepartie de services qu’ils sont censés rendre aux usagers moyennant uniquement leur salaire mensuel.

Aujourd’hui, le fléau de la corruption touche l’ensemble du pays. Les domaines concernés sont aussi variés que les formes qu’elle peut revêtir.

Certes la corruption est présente dans toutes nos activités, mêmes sociales et religieuses, mais il ressort d’un sondage que les maliens la ressentent davantage dans trois secteurs : la police, la justice et la mairie.

Les forces de l’ordre sont en effet identifiées par les maliens comme les plus corrompues du pays, selon le dernier sondage d’opinion Mali-mètre. Une perception fondée ou exacerbée par le paradoxe ? Ce qui est, en tout état de cause, patent, c’est que les policiers maliens sont ceux chez qui la perversion de la conscience professionnelle s’étale flagramment aux yeux du spectateur.

Dans une récente lettre ouverte adressée au président de la république, le Mouvement Vert-Jaune-Rouge attire l’attention du Chef de l’Etat sur ce qui est devenu le lot quotidien sur les routes du pays : le rançonnement des usagers par la police, la douane et la gendarmerie.

S’il est indéniable que la police rackette les citoyens, il est cependant séant de reconnaitre que dans nombre de cas, nous ne sommes pas si victimes qu’il n’y parait.

« Il y a deux genres de corruption : l’un, lorsque le peuple n’observe point les lois ; l’autre, lorsqu’il est corrompu par les lois » (Montesquieu)

Un examen de conscience s’impose à chaque malien. En ces temps de refondation des institutions de l’Etat, ne s’impose-t-il pas un renouvellement de la philosophie populaire ?

La corruption doit son existence à deux facteurs ou acteurs dont l’un engendre l’autre : le corrupteur et le corrompu.

La corruption entre policiers et usagers de la route est un phénomène si courant que parait bien intègre celui qui peut se targuer de n’avoir jamais cédé au moins une fois. Etions-nous, toutes les fois, sous la contrainte de débourser illégalement de l’argent ? Les conséquences d’un refus étaient-elles si périlleuses que nous n’avions d’autres choix ? Assurément non.

A ce sujet, l’exemple de ce malien est frappant. Arrêté, selon lui, par un policier véreux prétendant faussement qu’il avait brulé le feu rouge, ce propriétaire de voiture a préféré perdre des heures de son temps dans les démarches afin de s’acquitter en bonne due forme de la contravention qu’il était injustement obligé de payer que de s’arranger avec les policiers en poste.

Cet exemple multiplié dans tous les secteurs, et reflété à l’échelle nationale, ébranlerait à coup sûr le  phénomène grandissant de la corruption dans notre pays. Mais encore faut-il le vouloir ! Car nous le pouvons.

Mahatma Gandhi ne nous disait-il pas : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde » ?

Cependant, notre action ou inaction n’enlève rien en la responsabilité des pouvoirs publics. La lutte contre la corruption relève des dirigeants actuels, davantage que les précédents, car celui qui préside aux destinées du Mali l’a historiquement été sur la base de cette espérance. Il est malheureux aujourd’hui de constater que les résultats dans ce domaine, bientôt la moitié du mandat consommée, se font toujours attendre.

Mais il est encore temps. Toutefois, à la fin du délai imparti, nous devrons méditer sur cette pensée de l’écrivain anglais Georges Orwell : « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ».

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