Skip to content

Dénoncer l’intégrisme dans les mosquées

by sur 14 octobre 2015

L’intégrisme religieux, sur les pas du wahabisme, a peu à peu contaminé le Mali.

Après avoir dénoncé le sort fait aux maliennes, le journaliste  de Maliactu s’attaque aux pratiques religieuses intégristes prêchées dans certaines mosquées et fait appel à Chérif Ousmane Haïdara, fondateur du mouvement Ançar Dine (qui n’a rien à voir avec le mouvement islamiste terroriste du même nom fondé par Iyad Ag Ghali celui-là), plus proche du soufisme qui caractérisait la pratique musulmane malienne de rite malékite.

Mali : Sus à l’intégrisme !

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 13 octobre 2015    

Chérif Ousmane Madani Haïdara et tous les autres chefs religieux modérés doivent combattre l’intégrisme.

Depuis l’occupation du nord du Mali par les djihadistes, l’intégrisme, qui était latent dans notre pays, a pris de l’ampleur. Il se manifeste de plus en plus ouvertement dans tous les actes de la vie de tous les jours.

Le baptême est, chez nous, un événement heureux qu’on célèbre dans la joie avec la participation des parents, alliés et amis ainsi que les voisins. La naissance est le couronnement du mariage car lorsqu’un couple se dit oui le vœu consacré est : « qu’il en sorte pieds et mains », c’est-à-dire des enfants. Il n’est pas pire malheur, surtout pour la femme, qu’un couple sans enfants.

Donner naissance c’est perpétuer la race, c’est la preuve que Dieu a béni le mariage. C’est pourquoi le baptême est l’occasion de remercier Dieu et les ancêtres pour la venue d’un enfant. Il y a quelques décennies, c’est le dégè qu’on préparait pour le baptême.

A l’occasion, les femmes du village se rencontraient la veille du baptême pour piler le petit mil, passer la farine à l’étuvée et faire de l’excellent dégè sous forme de boules qu’on distribuait aux invités avec du cola.

Le jour du baptême est l’occasion de grandes retrouvailles dans la bonne humeur. Les invités se rassemblent généralement par groupes d’âge et les anciens aiment à évoquer leur jeunesse en se taquinant amicalement.

On s’enquiert de la santé des uns et des autres, des nouvelles de la famille des uns et des autres.

Or l’on assiste de plus en plus à un phénomène qui est dangereux pour notre société : le baptême à la mosquée. Sous prétexte de suivre la sunna, le baptême est transféré dans le cadre austère de la mosquée où est donné à l’enfant un prénom « tiré du coran ».

Cette pratique est nuisible à plusieurs titres. Il rompt la tradition qui fait que chez nous chaque enfant a toujours un parrain ou une marraine dont il porte le prénom.

Un enfant est toujours l’homonyme de quelqu’un : le père, la mère, un oncle, une sœur, un ami, etc.

Tirer un prénom du coran, c’est priver l’enfant de la joie future d’avoir un homonyme, un enfant que personne ne choiera et surtout une manière sûre d’arabiser tous les prénoms au détriment de ceux du terroir.

Le baptême à la mosquée empêche aussi le rassemblement qui est un facteur de socialisation de grande portée.

Chez les arabes musulmans, le baptême est célébré de façon fastueuse. On y mange et on y boit à satiété. Aucune sunna ne contredit le baptême tel qu’on le fait chez nous et c’est une grosse bêtise que d’introduire dans notre société des pratiques qui mettent son dynamisme en question.

Depuis des siècles, l’islam côtoie au Mali les traditions millénaires qui ont façonné notre peuple. Cependant, des idées venues de nulle part menacent chaque jour les fondements de notre société. Le baptême à la mosquée en est une.

Par ailleurs, on voit de plus en plus de femmes totalement voilées de noir. En pleine saison chaude, ces pauvres dames portent des gants et des chaussettes.

Pire, on voit de plus en plus de petites filles portant le voile, particulièrement des écolières des centres coraniques à qui on inculque l’obéissance et la soumission à l’homme.

Il existe des écoles coraniques où des fonctionnaires de l’Etat viennent prendre des cours en étant totalement voilées.

C’est une bonne chose que des responsables religieux aient décidé de s’attaquer au phénomène de la radicalisation qui pousse de jeunes maliens vers le terrorisme.

L’Islam malien est depuis quinze siècles un islam de tolérance qui a même vu se côtoyer les pratiques traditionnelles qui continuent encore de nos jours.

La majorité des Maliens restent encore attachés à leurs racines et beaucoup quittent régulièrement Bamako pour aller rechercher les bénédictions des anciens et des morts quand les problèmes se font pressants.

Nous ne voulons pas d’un islam inhumain qui refuse la musique, la danse, le sport et la télévision, c’est-à-dire la vie.

Si chaque musulman recherche le paradis, il n’est interdit à personne de profiter des plaisirs de la vie.

Advertisements
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :