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Intégrisme religieux et enfants enlevés

by sur 19 octobre 2015

L’intégrisme religieux a fait d’énormes progrès au Mali; les enfants enlevés par les djihadistes et endoctrinés sont également des points à traiter d’urgence.

Mali : Sus à l’intégrisme !

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 13 octobre 2015    

Chérif Ousmane Madani Haïdara et tous les autres chefs religieux modérés doivent combattre l’intégrisme.

Depuis l’occupation du nord du Mali par les djihadistes, l’intégrisme, qui était latent dans notre pays, a pris de l’ampleur. Il se manifeste de plus en plus ouvertement dans tous les actes de la vie de tous les jours.

Le baptême est, chez nous, un événement heureux qu’on célèbre dans la joie avec la participation des parents, alliés et amis ainsi que les voisins. La naissance est le couronnement du mariage car lorsqu’un couple se dit oui le vœu consacré est : « qu’il en sorte pieds et mains », c’est-à-dire des enfants. Il n’est pas pire malheur, surtout pour la femme, qu’un couple sans enfants.

Donner naissance c’est perpétuer la race, c’est la preuve que Dieu a béni le mariage. C’est pourquoi le baptême est l’occasion de remercier Dieu et les ancêtres pour la venue d’un enfant. Il y a quelques décennies, c’est le dégè qu’on préparait pour le baptême.

A l’occasion, les femmes du village se rencontraient la veille du baptême pour piler le petit mil, passer la farine à l’étuvée et faire de l’excellent dégè sous forme de boules qu’on distribuait aux invités avec du cola.

Le jour du baptême est l’occasion de grandes retrouvailles dans la bonne humeur. Les invités se rassemblent généralement par groupes d’âge et les anciens aiment à évoquer leur jeunesse en se taquinant amicalement.

On s’enquiert de la santé des uns et des autres, des nouvelles de la famille des uns et des autres.

Or l’on assiste de plus en plus à un phénomène qui est dangereux pour notre société : le baptême à la mosquée. Sous prétexte de suivre la sunna, le baptême est transféré dans le cadre austère de la mosquée où est donné à l’enfant un prénom « tiré du coran ».

Cette pratique est nuisible à plusieurs titres. Il rompt la tradition qui fait que chez nous chaque enfant a toujours un parrain ou une marraine dont il porte le prénom.

Un enfant est toujours l’homonyme de quelqu’un : le père, la mère, un oncle, une sœur, un ami, etc.

Tirer un prénom du coran, c’est priver l’enfant de la joie future d’avoir un homonyme, un enfant que personne ne choiera et surtout une manière sûre d’arabiser tous les prénoms au détriment de ceux du terroir.

Le baptême à la mosquée empêche aussi le rassemblement qui est un facteur de socialisation de grande portée.

Chez les arabes musulmans, le baptême est célébré de façon fastueuse. On y mange et on y boit à satiété. Aucune sunna ne contredit le baptême tel qu’on le fait chez nous et c’est une grosse bêtise que d’introduire dans notre société des pratiques qui mettent son dynamisme en question.

Depuis des siècles, l’islam côtoie au Mali les traditions millénaires qui ont façonné notre peuple. Cependant, des idées venues de nulle part menacent chaque jour les fondements de notre société. Le baptême à la mosquée en est une.

Par ailleurs, on voit de plus en plus de femmes totalement voilées de noir. En pleine saison chaude, ces pauvres dames portent des gants et des chaussettes.

Pire, on voit de plus en plus de petites filles portant le voile, particulièrement des écolières des centres coraniques à qui on inculque l’obéissance et la soumission à l’homme.

Il existe des écoles coraniques où des fonctionnaires de l’Etat viennent prendre des cours en étant totalement voilées.

C’est une bonne chose que des responsables religieux aient décidé de s’attaquer au phénomène de la radicalisation qui pousse de jeunes maliens vers le terrorisme.

L’Islam malien est depuis quinze siècles un islam de tolérance qui a même vu se côtoyer les pratiques traditionnelles qui continuent encore de nos jours.

La majorité des Maliens restent encore attachés à leurs racines et beaucoup quittent régulièrement Bamako pour aller rechercher les bénédictions des anciens et des morts quand les problèmes se font pressants.

Nous ne voulons pas d’un islam inhumain qui refuse la musique, la danse, le sport et la télévision, c’est-à-dire la vie.

Si chaque musulman recherche le paradis, il n’est interdit à personne de profiter des plaisirs de la vie.

Enfants enlevés par les terroristes : quel avenir pour eux et pour le Mali une fois adultes ?

Aïcha SANGARE – MaliJet – 15 octobre 2015

Dimanche dernier, c’était la journée internationale des petites filles. Mais je veux que l’on parle aussi des petits garçons. Je veux que l’on parle de tous ces fils qui sont enlevés par les groupes terroristes à des fins suspectes et en tous les cas infâmes.

Nombreux sont les rapports des associations humanitaires sur le sujet, faisant état de milliers de nos gamins soustraits à leurs mères par Ansar Dine et les autres groupes, que ce soit à Kidal, à Gao, à Tombouctou et dans le reste du Mali.

Je voudrais aussi comprendre quelle utilité peuvent avoir ces jeunes enfants, âgés de 12 à 14 ans à peine, parfois moins, pour les terroristes ? Oui, bien sûr, les enfants sont plus facilement manipulables, surtout lorsqu’ils sont éloignés des leurs, qu’ils sont brutalisés et qu’ils vivent dans une peur constante.

Mais ils restent bien trop frêles et inexpérimentés pour être des combattants efficaces. Dans tous les autres pays qui souffrent comme nous du terrorisme, il y a aussi des enlèvements d’enfants, utilisés comme des gilets pare-balles par des adultes qui ne pensent qu’à imposer leur loi aux autres et leur vider les poches. Mais quelle lâcheté de se cacher derrière des enfants !

Ansar Dine, Daech, Boko Haram et Aqmi sont aussi connus pour les enlèvements d’enfants, petites filles et petits garçons, afin de les envoyer prendre des risques à leur place et aussi pour en faire des esclaves sexuels. Mais au Mali, c’est surtout pour nos fils que les mères craignent, car c’est eux qui intéressent Iyad ag Ghaly…

Moi, je me demande que deviendront ces petits enfants, non scolarisés, enlevés, rendus dociles par la prise de drogue forcée, transformés en esclaves, maltraités, élevés dans la haine et pour certains contraints à tuer ses semblables ? Je crois que nous n’avons même pas idée de ce qu’il doit se passer pour eux sous les tentes où ils sont forcés à loger !

Et que deviendra le Mali une fois qu’ils seront devenus des adultes sans aucune éducation et à l’esprit irrémédiablement déformé par la haine ?

Soyons honnêtes et réalistes, ce sont nos enfants et personne d’autre qui sont en train de payer le plus lourd tribut au terrorisme au Mali. Je ne suis pas la seule à le dire, les associations humanitaires tirent la sonnette d’alarme depuis fort longtemps !

Alors, nous, mères maliennes, nous sommes dans la crainte et nous voulons des réponses à toutes ces questions, et des actes pour que tout cela cesse : la place des petits garçons et des petites filles est nulle part ailleurs qu’auprès de leur mère et sur les bancs de l’école !

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